■v?'-A: WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSITY. THE GIFT OF J. ]). WHITNEY, Sturi/is Hoopev Prof essor l.N THK MUSEUM or COMPARATIVE ZOOLOGY («WrWW-^A'^fcl r^^K jtr^' \' \:^f^^; mW'"'''^ ^ ':^'^vi:^. mM:h ■'''"^1. -::i.f^h .m^^:^\ if/^i^^' COMPTES RENDUS IIEBDOMADAIIŒS DES SÉANCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES PARfS. — ISlPUIMlilUE DE GAUTlilEll-VILLAUS, RUE DE S ElNE-SAIM'-GEUiMAl.N, lO, PUES LINSTITUI V é & COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES PDBtIES, CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE i; ACADÉMIE C-I1 vccXe, t)u i3 cJuiHe-t- ^835, PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS TOME SOIXANTE-DIXIÈME. JANVIER — JUm 1870. PARIS, GAUTHIER- VILLARS , IMPRliMEUR- LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE KALLET-BACHELIER, Quai des Augustins, 55. "^ 1870 ÉTAT DE L'ACADEMIE DES SCIENCES AU l" JANVIER 1870. SCIENCES MATHEMATIQUES. Section I"^*^. — Géométrie. Messieurs : Lamé (Gabriel) (o. ^), CH.4SLES (jMichel) (C. ^). Bertrand (Joseph-Louis-Francois) (o. ®). Hermite (Charles) (O. ^). Serret (Joseph-Alfred) (o. ^). Bonnet (Pierre-Ossian) ®. Section II. — Mécnnicjne. I.e Baron Dupin (Charles) (g. o.^). PiORERT (Gniliaiime) (G. O. ^). MORlN (Arthur-Jules) (g. O.^). Combes (Charles-Pierre-Mathieu) (c. ^). DE Saint-Venant (Adhémar-Jean-Claude Barri?;) (o. €î). Phillips (Edouard) ^i. Section III. — astronomie. Mathieu (Claude-Louis) (c.^). LiouviLLE (Joseph) (o. ®). I^AUGIER (Paul-Auguste-Ernest) (o. ^). Le Verrier (Urbain-Jean-Joseph) (G. o.i§). Faye (Hervé-Augiiste-Élienne-Albans) (o.#). DELAUN.iY (Charles-Eugène) (o. ^). Section IV. — Géographie et Naviijnlion. De Tessan (Louis-Urbain Dortet) (o. ^). Le Contre-Amiral Paris (^François-Edmond) (g. O. ®). JuRiEN DE la Gravière (Jean-PieiTe-Edmond J (g. o. ®:). DuPUY DE LOME (Stanislas-Chailes-Henri-Laurenl) (g. o. ^) Abbadie (Antoine-Thomson d') ^. YvON ViLLARCEAU (Antoiiie-Joseph-François) ^. ÉTAT nii L ACADEMIE DES SCIENCES. Section V. — Phjsique c/énérale. Messieurs : Becquerel (Antoine-César) (c. ^). BabijSET (Jacques) ^. Duhamel (Jean-Marie-Constant) (c. ^). FiZEAU (Armand-Hippolyte-Louis) ^. Becquerel (Alexandre-Edmond) (o. ^). Jamin (Jiiles-Célestin) (o. ^). SCIENCES PHYSIQUES. Section YI. — Chimie. Chevreul (Michel-Eugène) (G. o.^). Regnault (Henri-Victor) (c^^). Balard (Antoine-Jérôme) (c. ^). Fremy (Edmond) (o. ^). Wurtz (Charles-Adolphe) (c. ®). Cahours (Augiiste-André-Thomas) (o. *). Section- VII. — Minéralocjie. Delafosse (Gabriel) (o. ®). Sainte-Claire Deville (Charles-Joseph) (o. §<). Daurrée (Gabriel-Auguste) (c. i^). Sainte-Claire Deville (Étienne-Henri) (c. ^). Pasteur (Louis) (c. ^). Des Cloizeaux (Alfred-Louis-Olivier Legrand) Section YIll. — Botanique. BrONGmart (Adolphe-Théodore) (c.®). TULASNE (Louis-René) ©. Gay (Claude) ^. Duchartre (Pierre-Élienne-Simon) (o. ®). Naudin (Charles-Victor) ^. Trécul (Auguste-Adolphe-Lucien) ^. ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. Section IX. — Economie rurale. Messieurs : BoussiNGAULT ( Jean-Baptiste-Joseph-Dieudonné) (c.^). Payen (Anselme) (c.^). Decaisne (Joseph) (o. ^). Peligot (Eugène-Melchior) (o. ^'). Le Baron Thenard ( Arnonld-Panl-Edmond ) ^. BOULEY (Henri-Marie) (o.^). Section X. — Ânnlomie et Zoologie. Edwakds (Henri-Milne) (c. ®). COSTE (Jean-Jacques-Marie-Cyprieu-Viclor) ^. De Quatrefages de Bréau ( Jean-Louis-Armand) (o. ^). LONGET (François-Achille) (c. ^). Blanchard (Charles-Emile) ^. Robin (Charles-Philippe) ^. Section XI. — Médecine et Chinmjie. Andral (Gabriel) (c. §'). Bernard (Claude) (c. ^). Le Baron Cloquet (Jules-Germain) (c.^). Nélaton (Auguste) (g. o. ^). Laugier (Stanislas) (o. ^). BouiLLAUD (Jean) (c. ^). SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. Élie DE BEAUMONT(Jean-Baptiste-Armand-Louis-Léoncc) ( G.o. ^), pour les Sciences Mathématiques. Dumas (Jean-Baptiste) (g.c.®), pour les Sciences Physiques. ÉTAT DE l'académie DES SCIENCES. ACADÉMICIEIVS LIBRES. Messieurs : Le Baron Skguier (Armand-Pierre) (o.^). BUSSY (Antoinc-Alexandre-Brutiis) (o.^î)- BiENAYMÉ (Irénée-Jules) (o. ^). Le Maréchnl Vaillant (Jean-Baptiste-Philibeit) (c.c.^). De Verneuil (Philippe-Edouard Poulletier) ^. Passy (Antoine-François) (c.^). Le Comte Jaubert (Hippolyte-François) (o. ®). RouLiN (François-Désiré) (o. ^). Le Baron Larrev (Félix-Hippolyte) (c. ©). DuMÉRiL ( Auguste-Henri-André) ^. ASSOCIÉS ÉTRANGERS. Herschel (Sir John WiUiam), à Londres, Angleterre. Owen (Richard) (O. ^), à Londres, Angleterre. Fhrenberg (Christian-Gotlfried), à Berhn, Prusse. Le Baron de Liebig (Justus)' (c. ^), à Munich, Bavière. WôiiLER (Frédéric) (o. ^), à Gottingue, Prusse. De la Rive (Auguste) ®, à Genève, Suisse. MUHCHISON (sir Rotlerick Impey) #, à Londres, Angleterre. RuMMEU (Ernest-Édouard), à Berhn, Prusse. CORRESPO^DAÎVTS. NinA Le règlement du 6 juin 1808 donne à chaque Section le nombre de CoiTebpondants suivanl. SCIENCES MATHEMATIQUES. Sfxtiox I'*. — Géométrie (6). Le BESGUt: ^, à Bordeaux, Gironde. TcHÉBYCHEF, à Saint-Pétersbourg, Bussie. Neumann, à Roenigsberg, Prusse. SvlveSTER (James-Josepli), à Woolwich, Angleterre. WeierstraSS (Charles), à Berhn, Prusse. Rronecker (Léopoldj, à herliu, Prui.se. ÉTAT DE l'académie DES SCIENCES. g Section II. — Mécunique (6). Messieurs ; BuRDlN (O. ^), à Clermont-Ferrand, Piiy-ilc-Dùnie. Seguin aîné (Marc) (O. #), à Montbard, Càie-d'Or. MoSELEY, à Londres, Jtujlelenr. Fairbairn (William)^, à Manchester, Jiu/lnieire. CLAUSirs (Jiilius-Eniii)aniiel-Rufloli'}, à Vv'iii fz!>()nrtî, Bnvièie. (JaLIGNY (x\natole-Fraiu;ois riiJE, Martjuis De)@, à Versailles, ^V;;/c'- et-Oise. Section m. — Jstianoinie (^i6 >. AïKY (Bidfiell)CS à Greenwich, JiujIcUnv. HAN8EN, à Golha, Saxe. Ducale. Santini, à Padoue, halle. Argelander, à Bonn, Prusse. HiKD, à Londres, Amjleleire. Pëters (C.-A.-F.), à Altona, Prusse. AUAMS (J.-C), à Cainljridge, Ju(/lelerre. LePereSECCHi {o.^), à Rotiie, Éim Pouùfual. Cayley (Arthur), à Londres, .-JuglcUrre. Mac-Lear (Thomas), au Caj) de lionne-Espérance, Colonie du Cap. Struve (Otto Wilhelai), à Puikowa, Piussie. Plantamour (Emile), à Genève, Suisse. N N N ^ N Section IV. — Géoijraphie el Navigation {S). Le Prince Anatole DeDÉMIDOFE, à Saint-Pétersbourg, liussie. L'Amiral deWuangell (Ferdiriand ), à Saint-Peiersboiu-g, Ilus.ie. L'Amiral Lùtke (Frédéric), à Saint-Pétersbourg, Russie. De TCHiiiATCHEF (Pierre-Alexandre) {c. ^) , à Sainl-Pétersboiug, Russie. Richards (le Capitaine Geo-ge-lleurv ), à Linulres, AmiUlerre. LlVINGSTO^E. GilAZALLON (Anî')ine-:Jarie-Rciui), à Dcsaignes. .-/nlèche. N C. 11., ]tl70, \" Semestre. (T. LXX, N" 1.) a lO ETAT DK L ACADEMIK DES SCIENCES. Section V. — Ph/sicjae ijéiiërdie [g). Messieurs : Hansteen, à Christiania, Norvège. WllEATSTONE ^, à Londres, Aiujlelene. Plateau (J.), à Gand, Belgique. Magnus (Henri-Gustave), à Berliiv, Prusse. Weber (Wilhelm-Ediiard), à Gotlingue, Prusse. HiKN (Gustave-Adolphe), au Logelbach, liaul-Bhin, N N N SCIENCES PHYSIQUES. Section VI. — Chimie (9). Bunsen (o. ^), à Heidelberg, Grand-Duché de Bade. Malaguti (o. ^), à Rennes, llle-el-ViUiine. HoFMAN]N,à Londres, Angleterre. Favke (Pierre-Antoine) ^, à Marseille, Bouches-du-Bhùiie. Marignag (Jean-Charles Galissahd de), à Genève, Suisse. Frankland (Edward), à Londres, /Angleterre. Dessaignes (Victor), à Vendôme, Loir-tl-Cher. N N Section VII. — Minërnlogie{8). Rose (Gustave), à Berlin, Prusse. D'Omalius d'Halloy (Jean-Paptiste-Julien), à Halloy, près de Ciuey, Belgique. Haidinger (Guillaume de), à Vienne, .Autriche. Sedgwick, à Cambridge, .higlelcrre. Lyell (Sir Charles), à Londres, Angleterre. Damour (Augustin-Alexis) (o.^), à Villemoisson, Seine-et-Oise. N N ÉTAT DE l'académie DES SCIENCES. I l Section VIII. — Botanique (lo). Messieurs : MOHL (Hugo), à Tubingiie, IVurtembercj . Lestiboudois (Gaspard -Thémistocle) C*, à Lille, Nord. Candolle (Alphonse de) CS à Genève, Suisse. SCHIMPER ^ , à Strasbourg, Bas-Rhin. Thuret, à Antibes, Far. , Lecoq (Henri) ^, à Clermont-Ferranfl, Puy-de-Dôme. Br-vun (Alexandre), à Berlin, Prusse. HOFMEISTER (Friedricli-Wilhelm) , à Heidelberg, Grand-Duché de Bade. HOOKER (Jos. Daltoii), à Kew, Angleterre. PringSHEIM (Nathanael), à Berlin, Prusse. Section IX. — Economie rurale [lo). GiRARDiN (o.S;), à Lille, Nord. IvUHLMANN (c.fî), à Lille, Nord. Pierre (Isidore)®, à Caeii, Calvados. Chevandier (o. ^), à Girey, Meurtlie. ReiseT (Jules) (o. C^), à Écorchebœuf, Seine-Inférieure. Martins (Gbarles-Frédéric) ^, à Mont|)ellier, Hérault. Le Marquis DE A^IBRAYE (Gnillaume-Marie-Paul-Louis Huraijlt), à Clieverny, Loir-et-Cher. Le Vicomte DE Vergnette-Lamotte (Gérard-Élisabeth-Alfred), à Beaune, Côte-cfOr. Mares (Henri-Pierre- Louis), à Moiilpellier, Hérault. CORNALIA (Émile-Baltliazar-Marie), à Milan, Italie. Section X. — Anatomie et Zoologie (lo). AgaSSIZ (o. i^), à Cambridge, Etats-Unis. Pouchet (o. ®), à Rouen, Seine-Inférieure. IOe Baer, à Saint-Pétersbourg, Russie. Gervais (François-Louis-Paul) ®, à Montpellier, Hérault. Van Beneden (Pierre-Joseph), à Louvain, Belgique. De Siebold (Ch;irles-Théo(lore-Ernest), à Munich, Bavière. PiCTET (François-Jules), à Genève, Suisse. N N N 2.. j2 |':TAT DF. L'ACAnKMIE DES SCIENCES. Section XI. — Médecine et Chiniiyie [i^) Mossieurs : SÉDlLLOT (c.#), à Strasbourg, Bas- Rhin. GuYON (c.®), à Alger, Alijéne. De VinCMOW (Rodol|)lie), à Berlin, l'rnsst. BOUISSON (Etienne-Frédéric) ^, à Montpellier, Hérault. Ehrmann (Cliarles-Henri) (o. ^), à Strasbourg, Bas-Rhin. GiNTRAC (Élie) (o. ^), à Bordeaux, Gironde. N N Commission pour alminisircr les propriétés et fonds purliculiers de l'Académie. Chasees, Dt'XAISiNE, Et les Membres composant le Bureau. Conservateur des Collections île C Académie des Sciences. Becquerel. Changements snrveiuis dans le cours de l'année 1869. (Voir à la page 16 de ce volume.) COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 5 JANVIER 1870. PRÉSIDENCE DE M. LIOUVILLE. RENOUVELLEMEÎVT ANiXUEL DU BUREAU ET DE LA. COMMISSION ADMINISTRATIVE. L'Ac.iflémie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'nn Vice- Président, qui doit être clioisi, cette aimée, dans les Sections des Sciences Physiques. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant l\i^, M. Coste obtient 27 suffrages. M. Balard 20 » M. de Quatrefages 1 » M. Coste, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est proclamé Vice-président pour l'année 1870. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de deux Membres qui seront appelés à faire partie de la Commission centrale adminis- trative. Sur 49 votants : M. Chasles obtient 44 suffrages. M, Decaisne 4^ >> M. Chevreid 5 » M. Combes 3 » M. Mathieu i Tl y a trois billets blancs. I^IM. Chasles et Decaisne, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, sont déclarés élus. ( '4 ) Conformément an Règlement, le Président sortant de fonctions doit, avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état où se trouve l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements arrivés parmi les Membres et les Correspondants de l'Académie dans le cours de l'année. M. Claude Bernard donne à cet égard les renseignements suivants : État de r impression des Recueils de V Académie au \" janvier 1870. Volumes jjiihliés. « Comptes rendus de l' Académie. — Les tomes LXVI et LXVII (1*'' et a* semestre 1868) ont été mis en distribution avec leurs Tables. Volumes en cours île publication. » Mémoires de f Académie. — Le tome XXXYÏ a cent trois feuilles tirées. » Les feuilles i à 67, dont le lirage était déjà aclievé l'an dernier, con- tiennent : » 1° Un travail de M. Chevreul intitulé : « Mémoire sur des phénomènes » d'affinités capillaires »; » 2° Un Mémoire du même auteur portant pour litre : « Examen cri- » tique, au point de vue de l'iiistoire de la Chimie, d'un écrit alchimique M intitulé : Jrlefii clavis majoris sapientiœ » ; » 3" Quatre Mémoires de M. Becquerel père; — sur les zones d'oragesà grêle dans les départements d'Eure-et-Loir et Loir-et-Cher; — siu- la dis- tribution de la chaleur et de ses variations depuis le sol jusqu'à 36 mèirrs au-dessous;' — sur les pluies; — sur les effets chimiques produits dans les espaces capillaires; 1) 4" Un Mémoire de M. Ch. Robin siu* l'évolution de la notocorde des cavités des disques intervertébrau.\ et de leur contenu gélatineux ; » 5° Un Mémoire de M. Becquerel père sjir les effets chimiques. « Les feuilles 68 à 85 renferment les cinquième et sixième Mémoires de M. Becquerel sur Les phénomènes électro-capillaii-es. )) Un autre Mémoire du même auteur, sur la distribution de la ch.ileur au-dessous du sol, est contenu dans les feuilles 86 et 87. » Les feuilles 88 à gS sont réservées à un travail sur la température de l'air sous bois et hors des bois. » Un Mémoire sur les quantités d'eau tombées prés et loin des bois est ( '5 ) renfermé dans les feuilles 94 et ç)5; enfin un sei^tième Mémoire sur les phé- nomènes électro-capillaires absorbe les feuilles 96 à io3. )) L'imprimerie a encore en épreuves les feuilles io4 à ' 10. » Le tome XXXVIl (2" partie) contient la suite du Méinoiie de M. Re- gnault sur la vitesse de propagation des ondes. L'imprimerie a les bons à tirer des feuilles ^3 à 91 . » Les feuilles 92 à 112 sont en épreuves. » Le tome XXXVIII a quatorze feuilles tirées. » Les feuilles i à 3 contiennent un Mémoire de M. Phillips sur l'équilibre des corps solides élastiques semblables. » Les feuilles 4 à 12 sont réservées au Mémoire de M. le général Morin sur l'insalubrité des poêles en fonte ou en fer exposés à atteindre la tempé- rature rouge. )) Les feuilles i3 et i4 renferment un second travail de M. Phillips sur le mouvement des corps solides élastiques semblables. » L'imprimerie a épuisé sa copie. » Mémoires des Savants élramjers. — Le tome XX de ce Recueil a vingt- trois feuilles tirées. 1) Les feuilles i à 10 renferment le Mémoire de M. Maïuilicim siu- le déplacement d'une figure de forme invariable. » Les feuilles 11 à 23 contiennent le travail de M. Tresca sur l'écoule- ment des solides (suite). )) Le Mémoire de M. le général Didion sur le tracé des roues lijdrau- liques à aubes courbes de M. le général Poncelet suivi a les Mémoires de MM. Maimheim et Tresca, et formera les feuilles 24 à 35, qui sont à cor- riger. Cinq planches accompagnent ce travail. )) Le tome XXI est également en cours d'exécution. le Mémoire de M. Van Tieghein, intitulé : « Sur la strntture du pistil et du fruit », se trouve en tète du volume et formera environ trente-deux feuilles. » Vingt-neuf feuilles sont en épreuves. Les trois dernières feuilles sont en placards. M Seize planches accompagnent ce Mémoire. » Comptes rendus de i Académie. — Le tome LXVIII [\" semestre 18G9) paraîtra prochainement avec sa Table. » Les numéros ont paru, chaque semaine, avec leur exactitude habi- tuelle. ( 'G ) » Table (jénérale des Comptes niukis (tomes XXXII à LXl) ((3 janvier i85i à 3o décembre i865). — Cette Table a cent cinquante et une feuilles tirées, six feuilles eu bons à tiier et deux feuilles en composition. » Elle pourra être achevée et distribuée sous peu. » MM. les Membres de l'Acadénue ont reçu en avril un lirage provisoire de la « Table des Auteurs. » (^lumgcmci)ts arrivés parmi les Membres depuis le i"' ja/ix'ier 1869. Membres élus. » Sertion de Minémlcxjie : M. Dks Ct.oizicAi'x, le i5 novembre, en rem- |)lacemenl de M. d'Akciii.4C. )> Aradétniciem libres : M. A. Duméuil, le 4 janvier, eu remplacenieut de M. Fii. I>Ei,EssEiiT. Cliaiiyemeiits arrivés parmi les Corresponrlaiits depuis le i'^'' janvier 1869. Coricspondaiits décades. » Section de Chimie : M. BÉUAito, à .Montpellier, le 10 juin; M. T. (jii.i- iiAsi, à Londres, le iG septembre. » Section de Pliysi(iue cjénérale : M. Fobbics, à Edimbourg, le 3i dé- cembre 18G8. » Section de Minéralogie : M. Foukxet, à Lyon, le 8 jaiivier. » Set tion d'Analomie et Zoologie: M. Carus, à Dresde, eu 18G9; M. Qrov, à Brest, le 4 juillet ; M. Pi;bkinje, à Breslau, le 28 juillet. Cnircijxindiiiits élus . » Section de Mécaniijue : M. i,e M'" de Caligxï, à Versailles, le 3 mai, en remplacement de M. Berxakd^ décédé. I. Section (le Géogrojiliie et Nnvii^atimi : M. Livix«;stoxe, le i5 février, en remplacement de M. D. BAr.in:, décédé; M. Ciiazai.i.ox, à Desaignes. le 5 juillet, en remplacement de M. Givry, di'cédé- » Section de Chimie : M. Dessaigxes, à V^'iidôme, le y.fi juille!, eu rem- placement de M. SciitExisEix, décédé. ( >7 ) » Section de Botanùjue : M. Prixgsheim, à Berlin, le 12 novembre, en remplacement de M. de Martius, décédé. » Section d' Economie rurale : M. Cornalia, h INIilan, le 23 août, en remplacement de M. Lindley, décédé. Corresjjo/idants à remplacer. » Section d'Jstrononiie: M.. Encke, à Berlin, décédé en septembre i865; I^!. Smyth (Amiral), à Londres, décédé en septembre i865; M. Petit, à Toulouse, décédé le 27 novembre i865; M. Valz, à Marseille, décédé le 22 février 1867. » Section de Géographie et Navigation : M. d'Abbadie, élu Membre de l'Académie le 22 avril 18G7. ■' Section de Physique générale : M. Marianixi, à Modéne, décédé le 17 février 1867; M. Matteucci, à Pise, décédé le 20 juin 1868; M. Forbes, à Edimbourg, décédé le 3i décembre 1868. » Section de Chimie : M. Bérard, à Montpellier, décédé le to juin 18G9; M. T. Graham, à Londres, décédé le 16 septembre 1869. )) Section de Minértdogie : M. Merchison, élu Associé étranger, le aS mars 1868; M. Fourxet, à Lyon, décédé le 8 janvier 186g. » Section d' Jnalomie et Zoologie : M. Quoy, à Brest, décédé le 4 juillet 1869; M. Carus, à Dresde, décédé en 1869; M. Pitrki.\je, à Breslau, dé- cédé le 28 juillet 1869. » Section de Médecine et de Chirurgie : M. Panizza, à Pavie, décédé le 17 avril 1867; M. Lawrence, à Londres, décédé le 5 juillet 1867. MEMOIRES ET COMMIJIMCATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. GÉOMÉTRIE. — Sur la démonstration relative à la somme des angles d'un triangle; par M. Bertrand. « En exposant devant l'Académie, dans la séance du 20 décembre der- niei-, la démonstration proposée par M. Caiton, relative à la somme des angles d'un triangle, je disais, dès les premières lignes : C R., 1870, \" Semestre. (T. LXX, No 1.) 3 ( i8 ) a La prétention de faire reposer la science sur le raisonnement seul, » sans y laisser intervenir le sentiment intime relatif aux idées d'espace, » semble absolument chinjérique; l'évidence, quoi qu'on fasse, doit être » invoquée. » » Celui qui prétend démontrer le postulatum d'Euclide s'adresse natu- rellement aux esprits assez difficiles pour n'eu pas admettre l'évidence, et cherche à leur montrer, dans le cas où ils refuseraient de l'accepter, des conséquences tellement absurdes, qu'il soit impossible à personne de s'y arrêter. » Cette manière d'envisager la question est formellement contestée par plusieurs géomètres fort distingués, qui m'ont fait l'honneur de m'écrire à ce sujet. Voici, car ils sont tous d'accord, le terrain sur lequel ils entendent se placer, en refusant absolument d'en sortir. » On admet sur la ligne droite quatre principes : >i 1° On peut d'un point à un autre mener une ligne droite, et l'on n'en peut mener qu'une; i" une ligne droite peut être prolongée indéfini- ment dans les deux sens; 3" deux portions de ligne droite peuvent coïn- cider; 4° 1^ ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre. On suppose enfin qu'il existe une surface indéfinie nommée plan, et telle que toute ligne droite qui passe par deux de ses points y soit située tout entière. » Sur ces principes, on n'a pas d'explication à donner, ils sont la base delà science, il faut les accepter si l'on veut étudier la géométrie; mais cela fait, tout doit être démontré par des syllogismes dont les prémisses soient prises parmi les j)rincipes précédents, et toute phrase qui commence par : // est évident que... est absolument interdite, on n'en écoute pas la fin, et la démonstration où elle figiu'e est par cela même déclarée insuffisante. Rien nest évident, les principes énoncés ne le sont pas plus que le reste; on les admet : voilà tout, et l'on exerce sur eux sa logique. » On voit assez quelle déception attend auprès de tels juges ceux qui, comme M. Carton, s'efforcent de faire appel, sous inie forme dont l'évi- dence soit irrécusable, à ce sentiment intime relatif à la ligne droite, dont il est impossible d'affranchir le géomètre. » Le postulatum d'Euclide, dont, pour ma part, l'évidence me satisfait complètement, équivaut à cette idée, insé|)arable de celle de la ligne droite, qu'on peut exprimer en langage vulgaire, en disant que « la ligne » droite ne peut présenter aucune déviation, si légère qu'elle soit. » La démonstration de M. Carton suppose seidement que les lignes qui corn- ( 19 ) posent sa figure ne sont pas entièrement crochues : c'est ce que no veulent pas accepter les contradicteurs assez nombreux qui m'ont fait l'honneur de m'écrire. » Voici l'objection qu'on lui adresse : Si l'on veut bien se reporter à la figure de la page 126g, t. LXIX, on y voit la ligne C, C2...C„_, qui s'étend indéfiniment au-dessus de la droite ABB|...B„, sans s'en écarter à une distance plus grande que la hauteur du triangle ABC; la ligne droite KDD,...D„_, , perpendiculaire à la hauteur de ce triangle, est tout entière au-dessus de la précédente. On conteste la possibilité de réiniir ces deux lignes par une droite C„_| n„_2, partant du point €„_, et ne pénélrant pas au-dessous de la première. Qui sait, dit-on, si, pour aller trouver cette ligne, tout entière au-dessus de CC,.. . €„_, , il n'est pas nécessaire de s'enfoncer d'abord au-dessous pour remonter ensuite, en coupant deux fois la ligne ce,... C„_,, qui n'est pus droite? » L'objection, il faut en convenir, est autorisée par les règles du jeu, telles que les ont faites les auteurs de la géométrie imaginaire. L'assertion de M. Carton conserve une entière évidence; mais le parti est pris et an- noncé d'avance de ne pas examiner ce genre de preuves. » Si l'on s'attache à l'idée essentielle de la démonstration, on peut, au lieu de disposer en ligne droite les n triangles égaux qiji y figurent, les placer arbitrairement sur le plan, et les renfermer ensuite dans un quadri- latère arbitrairement choisi. La démonstration s'achève ensuite en toute rigueur, et c'est ainsi que je l'avais rédigée d'abord. Mais on conteste alors la possibilité de former sur un plan un quadrilatère aussi grand qu'on le voudra. Les partisans de la géométrie imaginaire n'admettent rien. Ils ne contestent pas davantage; on fait appel à l'évidence, cela leur suffit, ils ne se chargent plus d'apprécier. » Si l'on insiste cependant en recherchant les conséquences absurdes de la supposition qud faut faire, ils les admettent sans hésiter, en disant : Les choses sont ainsi en effet dans la géométrie imaginaire. Entrons dans le dé- tail. Pour prouver que l'on peut, dans un plan, former un quadrilatère aussi grand qu'on voudra en surface, prenons une droite AB, aussi longue qu'on le voudra, élevons à ses extrémités, et du même côté, deux perpen- diculaires AP et BQ, égales entre elles et, de même que AB, aussi longues qu'on le voudra. Joignons PQ, n'cst-il pas évident que le quadrilatère ABPQ peut croître sans limite? » Non, répond-on, et, sans se retrancher dans la réponse sommaire : Rien n'est évident, dont on manitient pourtant la légitimité, ce/n n'est pas vrai, 3.. ( 20 ) dit -on , dans In (jéométrie imaginaire , et nous le savons depuis loncjtemps. La ligne PQ, pour aller directement (en ligne droite) de P en Q, doit suivre le contour PABQ, en se rapprochant de plus en plus des trois côtés PA, AB, BQ, à mesure qu'ils deviennent plus longs, et Je rectangle que vous avez voulu construire se compose de trois bindes extrêmement étroites dont la surface totale ne peut croître sans limite. Les angles en P et ten- dent vers zéro. M De tels exercices de logique sont fort intéressants, ils mettent en jeu de très-brillantes facultés intellectuelles, mais la science de l'étendue doit- elle s'en préoccuper? M Dnns cette affectation de pure logique, n'y a-t-il pas même une con- tradiction choquante? On admet que d'un point à un autre on ne peut mener qu'iuie seule ligne droite; cela ne se démontre ni ne peut se dé- montrer, cela est eï'iV/e»< (il faut bien se résigner à le dire), mais cela cesse de l'être dés que l'on admet les lignes droites contournées qu'exige la géo- métrie imaginaire. On répondra, je le sais, qu'il sagit d'une vérité de défi- nition, et qu'évidente ou non, on se borne à en suivre les conséquences; mais les autres principes sur la ligne droite sont aussi des vérités de défi- nition ; et n est-ce pas s'éc;irter de la saine logique que d'accumuler (l;ius une définition plus de conditions qu'il n'est nécessaire? » En résumé, les objections produites contre la démonstration de ]\L Carton ne m'empêchent pas de la trouver ingénieuse et exacte, mais il n'a pas satisfait, il faut en convenir, aux conditions posées depuis long- temps par les partisans de la géométrie imaginaire, d'après lesquels il ne s'agit pas, pour eux, d'établir l'entière certitude d'une vérité, mais de la rattacher à certaines autres arbitrairement choisies à l'avance. B Je dois ajouter qu'une lettre, reçue hier seulement, me signale dans les Annales de Terquem, pour l'année 1849, luie démonstration semblable à celle de M. Carton, publiée il y a vingt ans par un géomètre italien, Miiia- relli, et qui en effet repose identiquement sur les mêmes principes. » CHIMIE. — De réial naissant; par M. H. Sainte-Claire Deville. (( Il est absoliuiient indispensable de donner à chacune des expressions dont on se sert dans les sciences, une définition précise et invariable. Le mot étal, usité en chimie, a particulièreuient besoin de recevoir nue accep- tion qui ne permette plus de l'employer dans un sens vague et indécis, d'où résultent presque nécessairement des itlées toujours confuses et sou- ( 21 ) vent fausses. On doit entendre d'une manière générale par étal d'un corps l'ensemble de toutes les propriétés dont il est doué, y compris sa composi- tion, ou la propriété qu'il possède d'être réduit par l'analyse à un ou plusieurs corps déterminés. Aujourd'hui un très-grand nombre de sub- stances peuvent se présenter sous des états différents qu'il est encore bon de définir dans chaque cas particulier. Un corps simple n'est caractérisé que par les composés qu'il est susceptible de fournir, et non plus, comme autrefois, par certaines propriétés spécifiques et invariables. Les grandes découvertes de la science moderne, depuis Milscherlich, ont en effet prouvé qu'un corps simple peut présenter plusieurs états allotropiques, suivant l'expression de Berzélius : le nombre de ces états est illimité. Ainsi nous appelons p/i05p/iore un corps simple qui, en se combinant avec l'oxygène, donne de l'acide phosjihorique. Mais quand on étudie le phosphore lui- même, on voit qu'il possède divers états. Un certain nombre de propriétés constitue le phosphore rouge deSchrotter; un autre ensemble constitue le phosphore blanc. Si l'on prend le soufre dont les états si nombreux ont été observés avant les états du phosphore, on rencontre dans la multiplicité des propriétés si différentes des divers soufres, dont le plus intéressant a été découvert par mon frère, l'argument le plus puissant qu'on puisse fournir aux partisans de l'unité de composition de la matière. » Le mot état, quand il est appliqué aux diverses manifestations d'un corps composé, l'état isomérique par exemple, se définit, comme l'état allotropique, par l'ensemble des propriétés du corps composé que l'on con- sidère. M Maintenant, que peut signifier ce qu'on appelle Vélat tinissant d'un corps quelconque? Pouvons-nous donner à cette expression une définition précise, même en la détournant de ce sens vague qu'on lui prête aujour- d'hui? Je ne le crois pas : l'état naissant représenterait un ensemble de propriétés n'appartenant à un corps simple ou composé qu'au moment pré- cis où celui-ci se sépare d'une combinaison quelconque. Ne voit-on pas de suite que, ces propriétés étant nécessairement inconnues, celles que nous supposons exister introduisent dans nos explications un cercle vicieux ou l'intervention d'une cause occulte. » Un corps, au moment oii il sort d'une combinaison, est né ou n'est pas né. Il ne peut en même temps être combiné et non combiné, simple et composé; il ne peut être naissant. On ne suppose un état naissant que pour prêter à la matière un système de propriétés arbitrairement choisies afin d'expliquer des faits qui n'en sont pas plus clairs. Je vais essayer de ( " ) démontrer par des expériences et par quelques raisonnements que cette fiction est inutile, et par- suite nuisible à la science. » En général on fait intervenir l'état naissant pour expliquer des phéno- mènes qui se passent dans le sein de liquides, où des échanges d'éléments s'effectuent entre des matières dissoutes? Qui peut dire quel est l'état d'agré- gation de ces éléments dans de pareilles conditions? Qui sait, par exemple, dans un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique répandu dansune certaine quantité d'eau, quels sont les liens qui unissent ensemble les élé- ments : chlore, azote, hydrogène, oxygène? Dans un précédent travail (i), j'ai montré que des différences d'état physique du même ordre ne permet- taient pas plus de supposer l'existence de l'acide sulfurique et de la potasse, dans le sulfate de potasse dissous, qu'il n'est possible aujourd'hui d'iden- tifier le phosphore rouge et le phosphore blanc, le soufre octaédrique ou prismatique et le soufre insoluble. Les mêmes raisons, fondées surtout sur le dégagement de chaleur produit au contact de l'eau avec l'acide chlorhy- drique et l'acide nitrique et sur la chaleur de contraction de ces matières au moment de leur mélange, ne nous permettent guère de préjuger l'état de ces acides dans de pareilles dissolutions. Puisque cet état est inconnu, il n'est pas rationnel de supposer qu'il puisse changer au contact d'une (}ua- trième substance, jîour prendre pendant un temps indéfiniment court une forme également inconnue : l'état naissant. Je vais développer cette pensée et montrer que toutes ces hypothèses sont inutiles, en m'appuyant sur une série de phénomènes qu'on rapporte ordinairement à l'état naissant. J'étudierai donc l'action que le zinc exerce sur des dissolutions d'acide sulfurique, ou d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique, le résultat final étant la production du sulfate, du nitrate ou du chlorure de zinc, et la formation de l'ammoniaque. M On lit dans le Traité de Chimie de M. Regnault (t. I^ p. 1^3) les lignes suivantes, qui représentent bien, à mon sens, l'opinion actuelle sur les phénomènes que je viens de citer : Quand on dissout du zinc dans de l'acide azotique étendu d'eau, la liqueur se trouve renfermer une quantité notable d'azotate d'ammoniaque. Cette formation s'explique de la manière suivante : en disf.olvant du zinc dans de l'acide azotique Irès-étendu d'eau, il se dégage du gaz hydrogène, et il se forme de l'azotate d'oxyde de zinc; la réaction est la même que celle qui a lieu au contact du zinc et de l'acide sulfurique étendu d'eau. Si l'on traite, au contraire, le zinc par l'acide azotique concentré, le zinc s'oxyde aux dépens d'une portion (i) Sur C affinité : Lerniis de la Société cliiniiqne ; Hachette. ( 23 ) de l'acide azotique. Il se forme encore de l'azolatede zinc, et il se dc'gage de l'azote et des oxydes de l'azote. Enfin si l'on traite le zinc par l'acide azotique d'une concentration moyenne, les deux réactions ont lieu à la fois, le zinc s'o.xyde aux dépens de l'oxygène de l'eau et aux dépens de l'o.xygène d'une portion de l'acide azotique ; et il se sépare un mélange d'hydrogène et d'azote. Ces deux gaz, se rencontrant à l'état naissant dans la liqueur, se combinent alors et produisent de l'ammoniaque. Aussi trouve-t-on une grande quantité d'ammoniaque dans la liqueur. On obtient une quantité encore plus grande d'ammoniaque en dissolvant le zinc dans un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique étendu d'eau. On verse d'abord la dissolution d'acide sulfurique sur le zinc, puis on ajoute, goutte à goutte, l'acide azotique jusqu'à ce ijiie le dégagement de gaz hydrogène cesse entièrement; le zinc continue à se dissoudre sans df gagement d'hydrogène, qui reste en entier dans la liqueur à l'état d'ammoniaque. Nous constaterons par la suite un grand nombre de faits semblables. Des gaz qui ne se combinent pas, lorsqu'on les mélang^e à l'état gazeux, se combinent souvent au moment où ils deviennent libres dans une dissolution. On dit alors qu'ils se combinent à l'état naissant. » i" Je commencerai par démontrer que jamais, dans aucune circon- stance de température ambiante ou de concentration, l'acide nitrique ne peut donner de l'hydrogène au contact du zinc et que la quantité d'ammo- niaque produite est absolument itulépcndante de l'état de concentration de l'acide. » Je prends de l'acide nitrique pur, contenant 48,3 poiu' loo d'acide anhydre, je le dissous dans de l'eau distillée, bouillie et refroidie dans de l'acide carbonique, de manière à chasser aussi complètement que possible l'air dissous dans la liqueur; j'y introduis du zinc, en ayant soin d'écarter entièrement l'action de l'air. » Le vase dans lequel je fais l'expérience étant absolument plein et fertile, la dissolution du zinc s'effectue sans qu'il y ait dégagement visible de gaz ; mais si je fais bouillir la liqueur dont j'ai s-^paré le zinc, ce gaz devient apparent : c'est du protoxyde d'azote sans bioxyde. Ainsi une dissolution contenant, pour 600 grammes d'eau, i^', 20 d'acide hydraté ou 08'', 58 d'acide anhydre (jjrr)» dissout le zinc avec production de aS cen- timètres cubes de protoxyde d'azote et formation d'une quantité notable d'ammoniaque. » Le protoxyde ainsi obtenu pouvait bien contenir un peu d'azote, mais ne renfermait pas trace d'hydrogène. En mettant en contact avec au zinc une liqueur contenant 20 grammes d'acide hydraté, ou 9^*^,66 d'acide an- hydre, mélangé avec 800 parties d'eau (-jV)» •' ^^ produit à l'ébullition, en outre de lazotate de zinc et de l'azotate d'ammoniaque, im gaz ayant un volume de 4^0 centimètre cubes et contenant les éléments suivants : ( 24 ) Bioxvde d'azote 58,8 Protoxyde d'azote 'j ,6 Azoti' 3o , 2 Oxygène (accidente) ) 3,4 ioo,o M Dans ces expériences et dans d'autres plus nonibreiises, que je réserve pour un Mémoire détaillé, je n'ai pu trouver aucune trace d'hydrogène. » Aucune expérience ne nous permet, aujourd'hui, de déterminer la cha- leur de combinaison de l'azote avec l'oxygène, correspondante à la forma- tion de I équivalent d'acide azotique étendu. Les expériences que je viens de décrire nous autorisent à conclure que celte quantité de chaleur est moindre que 34462 calories, chaleur de combinaison de i équivalent d'hy- drogène avec 1 équivalent d'oxygène. Les travaux de M. Favre nous ap- prennent que la chaleur nécessaire jjour transformer i équivalent d'acide nilrique étendu en bioxyde d'azote et oxygène est égale à 20 655 calories, nombre bien inférieur à 34 4^2 calories nécessaires |)our décomposer r équi- valent d'eau. Ceci explique comment l'oxydation du zinc s'effectue unique- ment aux dé[K'ns des éléments do l'acide azotique, dans ce cas particidier où le produit de la réaction est du bioxyde d'azote. » 2" Voyons maintenant quelles sont les circonstances qui accompagnent la foriuation de l'azotate d'ammoniaque dans la réaction du zinc sur l'acide nitrique. » Quand on tiaite du zinc par ini excès d'acide nitrique, on obtient dans la licpieur de l'acide nitreux ( \zO^) (1), du bioxyde d'azote en petite quan- tité (à cause de son insolubilité) du protoxyde d'azote en quantité souvent considérable [à cause de son coefficient élevé de solubilité (v,")], de l'azote en très-faible proportion et enfin de l'anunoniaque. Il est clair qu'il ne se dégage à l'état de gaz que les éléments insolubles dans la liquctu-, ou dont elle est saturée. » L'explication de tous ces phénomènes peut être donnée sans auciuie hypothèse et sans faire intervenir l'idée d'im état particulier ou naissant de l'hydrogène, lequel, on le sait maintenant, ne peut jamais être fourni par la réaction. » Le flégagpinent de l'azote dans la réaction du zinc sur l'acide nitrique (1) Je rappellerai que M. Terreil a coiislaté déjà la ])résence de l'acide nitrcnx dans la li(liieiii' acide et a fait à ce piopos des observations iiien inléiessanles, dont je i<;.'ieHc de ne pouNoir parler ici. ( 25 ) s'explique ordinairement par la formule suivaiiie : 5Zn + 6AzO= = 5 (ZnO, AzO'' j + Az. » Eu simplifiant, un seul équivalent d'acide nitrique supposé anhydre se décompose en présence de 5 équivalents de zinc, de sorle que, dans la liqueur, où l'acide nitrique peut être considéré comme bihydralé (AzO'j 2 HO), si l'on enlève à ce système 5 équivalents d'oxygène, il restera AzH^O- = |(AzO', AzH'O), c'est-à-dire de l'azotite d'ammoniaque. L'expérience prouve qu'une |)artie seulement de cet azote reste combinée avec les éléments de l'eau, l'autre se dégageant sous forine gazeuse, ce qui rend compte de la formation, dans la liqueur, de l'acide lùtreux, de l'azote et d'une |)artie de l'ammoniaque. » Le dégagement de protoxyde d'azote s'inlerpiéle par la formule 4Zn + 5AzO' = 4 (ZnO, AzO') + AzO. » En simplifiant, i équivalent d'acide nitrique supposé aniiyiire se dé- compose en présence de 4 écpiivalenls de zinc, de sorle que l'acide ni- trique pouvant être considéré dans la liqueur comme Irihyd raté (AzO', 2 HO), si l'on enlève à ce système 4 équivalents d'oxygène, il restera AzH='0' = |(AzO^ AzH% O), c'est-à-dire du nitrate d'ammoniaque. L'expérience prouve qu'une partie seulement du protoxyde d'azote (AzO, H'-O^) reste combinée avec les élé- ments de l'eau, l'autre se dégageant sous forme gazeuse ou restant dissoute, ce qui rend compte de la formation du protoxyde d'azo(e et d'iuie portion de l'ammoniaque. » Dans ce genre d'explications, qui n'exige l'hypothèse d'aucun état nou- veau et inconnu de la matière, l'ammoniaque proviendrait des éléments de l'acide nitrique bihydraté; le nitrite d'ammoniaque (AzO'H') et le nitrate d'ammoniaque (AzO' H") sont considérés conu)ie deux termes de désoxy- dation de l'acide nitrique à 1 équivalents d'eau (AzO'lP). i> L'azote et le protoxyde d'azote pourraient aussi provenir d'une dé- composition incomplète ou dissociation du' nitrite et du nilrale d'ammo- niaque, si instables de leur nature (i). J'ai eu occasion de faire voir comment SiiiioiU dans un courant de gaz. [loir les expériences de iM. Gcriiez.) C. K., itjo, l'f ^emcslre. (,1, LXX, ^o 1.) 4 ( .6 ) la diffusion des sels dans l'eau (i) pouvait en provoquer la dissociation. Les grands travaux de Graliam sur la diffusion et la dialyse en sont une preuve manifeste. Les dernières expériences de M. Marignac l'auiènent à la même cojiclusion. » Tous ces phénomènes rentrent donc dans la classe de ceux que nous connaissons, et que nous exi)l!quons sans hypothèses spéciales. M 11 me leste encore à montrer dans quelle proportion l'ammoniaque et le protoxyde d'azote, l'azote et l'acide azoteux se produisent dans une li- (pieur où la com[)Osition, la température et la tension des gaz dissous sont connues. J'ai fait un grand nombre de déterminations de ce genre, dont les résultats ne peuvent trouver place dans cet extrait, au moyen d'appareils assez compliqués qui seront déciils dans lui Mémoire détaillé. J'ai traité le zinc successivement par looo grammes d'eau contenant 2, ^,6,..., -îo grammes d'acide nitrique anhydre. Voici les tabieux de la première et de la dernière expérience, où je ramène les quantités de zinc dissous à l'équivalent 33, et dans lesquels je détermine les quantités de zinc que chacun ties éléments trouvés dans la liqueur a transformé en oxyde : Acldo anhydre ... 2 Acide anliydre. . . . 20 Eau - . , 1000 Acide Ean.. Quaiililcs Zinc 1000 Quantités Zinc Acide produites. oxydé. consommé. produites. osydé. coiisoninie, Ammoniaque . 0,825 12,81 2 ,62 0,826 12,83 2,63 Azote . 1,004 11,83 3,87 Protoxyde d'azote. . 1 ,888 11,33 4,63 Acide azoteux . 4,8i3 8,36 6,84 5,095 8,84 7,23 33,00 i3,33 33,00 . i4i49 » Mes expériences prouvent que la quantité d'anunoniaqtie, la quantité de zinc dont celle-ci, en se formant, a provoqué l'oxydation et la quantité d'acide nitrique aidiydre qui lui a fourni l'azote ne varient pas beaucoup quand la richesse en acide de la dissolution varie. La quantité d'azote décroît et la quantité de protoxyde d'azote croît lorsque la concentration de la li- quetu' augmente. » Dans tuic procliainc Comnninicatioii, je ferai conuaîli-e les résidtals d'ini trè-s-graiid nombre d'expériences et de déterminations numériques re- latives à l'action du zinc et des métaux siu- les mélanges de l'acide sulfu- rique et les acides hydrogénés. » (1) Voir Leçons devant la Société chimique (1866, Hachette', mr lu dissocialinn, pages 269 et suivantes. f 27 ) M. LE Secrétaire perpétuel donne lecture d'une Lettre (|ui lui a été adressée p;ir le P. Secrhi, le 20 décembre dernier. Cette Lettre est relative aux idées émises par M. Gouid siu- la constitution de l'auréole solaire, et aux modifications t|ue présentent les si^ectres des gaz traversés par les cou- rants induits, quand on les observe dans des ttdjes consécutifs de différents diamètres. Cette Lettre, qui doit être accompagnée de planches dont la gravure exige un certain temps, ne pourra être insérée que dans l'un des prochains numéros des Comptes rciuliis. NOMINATIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination li'un Correspondant, pour la Section de Physique, en remplacemeiU de feu M. Marianini. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 44, M. Helmholtz oblient jj suffrages. M. Kirchhoff 3 » M. W. Thomson 2 » M. Angstrôm i » M. Mayer i » M. Helmholtz, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé élu. MÉMOIRES PIIÉSENTÉS. MiicANiQfJE APPLIQUÉE. — Mémoire Sur le poinçonnage des mëlmix el des mcUières plaslupies; par M. Tresca. (Extrait par l'Auteur.) (Commission précédemment nommée : MM. Moriu, Combes, de Saint-Venant. ) « Dans le Méinoire que nous avons eu l'honneiu' de présenter à l'Aca- démie le 26 mai dernier, nous avons cherché à établir la théorie mathé- maticjue de la déformation des corps solities, amenés, par une compression suffisante, au delà de la limite d'élasticité, et nous avons fait n tn,a'C|uer que ces solides se comportaient alors comme si le travail de charpie iléfor- mation élémentaire était toujours proportionnel au déplacemeni corres- pondant. 4.. ( 28) » Nous avons en même temps (.lôinoiitié, par les résullals de noin- hreiises expériences de poinçonnage, faites sur le plomb, que le coefficient caractéristique de la pression par mètre carré, qui amené cet état de flui- dité, est précisément égal à la résistance au cisaillement, également rap- portée au mètre carré. Enlin, nous avons déduit de cette théorie qu'en désignant par R le rayon d'un bloc cylindricjue, par R, le rayon du poin- çon que l'on y f^'t pénétrer de paît en part, par L la longueur de la dé- bonchure expulsée, cette longueur doit satisfaire à la formule L = R, lo^i)- » Cette fonction géométrique ne contient pas de terme relatif à la hau- teur du bloc et, sous sa forme générale, elle ne suppose aucune hypothèse sur la nature delà matière soumise au poinçonnage. » Cette circonstance a appelé l'attention des Commissaires auxquels vous avez bien voulu renvoyer l'examen de notre Mémoire, et , avant de leur affirmer que la nature de la matière n'a aucune influence sur la lon- gueur de la débouchure, il est devenu indispensable de faire une série d'expériences sur diverses substances, afin de nous assurer si les lon- gueurs / des débouchures obtenues confirmeraient, dans tous les cas, la valeur numérique I^ tirée île la formule. » Nous avons ainsi été conduit à opérer sur la cire à modeler, les pâtes céramiques plus on moins sèches, le plomb, l'étain, le cuivre et le fer, et nous nous proposons, dans ce nouveau travail, de faire connaître les résultats de tous ces essais. » Les expériences nouvelles, faites spécialement dans le but de la véri- fication qui nous a été demandée, sont au nombre de vingt-six, mais nous avons pensé qu il ne fallait pas les isoler de toutes les expériences anté- rieures qui, au nombre de quinze, pouvaient nous fournir d'autres élé- ments de comparaison. Dans le tableau suivant nous mettons, en rei^ard les uns des autres, tous les éléments numériques de comparaison déduits de ces quarante et une expériences. 29 ) TABLEAU DES EXPÉRIENCES. K"» Hauteurs Rayons Rayons (les des dus des expér. blocs, H. blocs, R. poinçons R,. Lonf^ueurs Rapporta des Valeurs , de R (lebouchures, observées à R,. /. de/:R^. Cire a modeler. 1.... o,o5i 0,0255 ,oo5 5,1 0,012 2,2 2. . . . o,o49 ,o3oo o,oio 3,0 0,023 2,3 3. .. 0,070 o,o5o5 0,020 2 , 525 0,0345 1,725 /|.. . . o,o5o 0,025 o,oio 2,5 0,01 53.5 1,525 Rapporls Valeurs entre les calculées colonnes deL:R,. G et 7. 2,62g 0,913 2 , 098 I , 097 I ,926 0,895 I ,916 °»795 Pâtes céramiques. Terre h porcelaine. Moyenne o>925 5 • . "49 0,029 0,010 2,9 0,023 2,3 2 , 064 T,..4 6. . . , 06 1 o,o5o5 0,020 2,525 0,045 Moy 2,25 enne. . . 1,926 1 ,168 .,.4. Terre à ftiïence. 7 . . 0,070 o,o5o5 0,010 5,o5 0,029 5,9 2,619 1 ,107 8. .. . o,o48 0,028 0,010 2,8 0,024 ',4 2 , 029 1 ,o52 9. . . . 0,072 o,o5o5 0,020 2,525 o,o4i 2,o5 1,926 1 ,064 10. . . o,ot)5 0,040 0,020 2,0 0,042 Moy 2,10 enne. . . 1 ,693 1,2.40 1 ,116 Terre n brique. ï ^ 11. . 0,070 , o5o5 o,oi5 3,367 o,o35 2,333 2 , 2 1 3 I ,o54 12. . 0,070 o,o5o o,oi5 3,333 0,082 2 , 2o4 2 , 2o4 0,968 13. . o,o5i ,026 0,010 2,6 0,0205 .,955 1,955 .,o48 14.. . 0,072 o,o5o5 0,020 2 , 525 o,o4o5 1,926 I ,926 I ,o52 15. o,o5o , 025 , r 2,5 0,0235 1,916 1,916 1 ,226 16. . , 052 0,025 0,010 2,5 , 1 85 Moy 1,916 enne . . . 1,916 0,965 I ,o52 Plomb. 17... . o,o3o 0,060 o,oo5 12,0 o,oi5 3 ,0 3,485 0,861 18... 0,0295 o,o55 o,oo5 II ,0 o,ot5 3,0 3,398 o,883 19... o,o5o o,o5o o,oo5 10,0 o,oi5 3,0 3,3o3 0,909 20... . 0,073 0,060 ,010 6,0 o,o3o 3,0 2,792 1,074 21... o,o5o 0,060 0,010 6,0 0,028 2,8 2,792 I ,oo3 22.. . • 0,0277 o,o55 0,010 5,5 0,0235 2,35 2,704 0,868 23... , o65 o,o5o 0,010 5,0 0,026 2,6 2 , 609 0-997 2i... 0,070 (),o5o 0,01 5,0 ,0259 2,59 2 ,609 0,993 25... . 0,070 , o5o 0,010 5,0 0,026 2,6 2,609 o>997 26. . . 0,060 o,o5o , 1 5 3,33 0,034 2,27 2,2o4 1 ,02y ( 3o ) NOS. H li P, R:H, ' '"-K, L:n, Rappoiis. 27... m . 0,034 o,o3o 0,010 3,0 0,023 2,3 2,098 1 , 096 28... , 060 o,o5o5 ,020 2,525 0,039 '.95 1,926 I ,012 29.. . 0,070 o,o5o 0,020 2,5 0,0399 '.995 1,916 1,041 30. . . , 060 ,OÎjO ,020 2,5 0,039 1 ,9^ 1,916 1,017 31... , 060 o,o5o , 020 2,5 o,o38 1,90 I ,916 0,992 32. . . o,o5o ,025 0,010 2,5 0,020 2,0 1,916 1,043 33. . . o,o5i 0,ct)2 0,025 2,48 o,o46 .,84 1,908 0,964 34... . 0,070 o,o5o 0,025 2,0 0,042 1,68 I ,693 0,992 3o... 0,070 o,o4o ,020 2,0 0,037 1,85 1,693 0,093 36. . . • 0,070 o,o5o o,oa5 2,0 0,042 1,68 1 ,693 o,99-'- 37... 0,100 o,o5o 0,025 2,0 0,043 1,72 . ,693 1 ,016 38... 0,023 o,oi85 0,010 1,85 0,016 1 ,60 ivcnnp . . . . 1,6,4 0,99' 0,994 Étain. 39.. . o,o5o 0,025 0,010 2,5 CuiVUE 0,0201 2,01 1,916 1 ,048 40... o,o5o 0,025 0,010 2,5 Fer. 0,022 2,2 1,916 i,'47 41... o,o385 o,o4o 0,0175 2,285 ,o325 Moyenne 1,856 générale . , 1,82,5 1,017 1 ,020 » Les nombres inscrits dans les différentes colonnes du tableau qui pré- cède s'expHquent suffisamment par eux-mêmes-, il nous suffira d'indiquer que les longueiu'S /, mesurées sur les débouchures, sont celles de la paroi cylindrique, abstraction faite de la convexité de la calotte. Lorsque celte hauteur n'était pas la même sur toutes les génératrices, par suite d'un dé- faut de symétrie, on a pris chaque fois la moyenne des hauteurs mesurées sui' plusieurs génératrices différentes. M Les résultats sont tous parfaitement probants au point de vue de la longueur théorique de la débouchure. » La cire à modeler nous a donné des débouchures un peu plus courtes que ne l'indique la formide, dans le rapport de 0,926 à 1,00. Les pcâles céra- miques ont presque toujours donné lieu à un coefficient de correction plus grand que l'unité » Les expériences sur le plomb sont toutes très-concordantes, et le coef- ficient moyen 0,996 vérifie la loi indiquée avec une précision que nous n'au- rions su prévoir. La moyenne des trois expériences faites sur l'élain, le cuivre et le fer donne 1 ,062 pour la valeur du rapport entre les longueurs observées ( 3. ) rt les longueurs calculées par la formule; le plus graïul écart a eu lieu pour le cuivre, qui n'a pu être poinçonné qu'on opérant plusieurs recuils. » Pour mieux faire ressortir encore les résultats de cette comparaison, nous avons représenté, sur une même figure, Ions les rapjiorls /". R,, en prenant pour abscisses les différentes valeurs de R : R , . La courbe théorique dont l'équation est est figurée à la même échelle, et l'on y voit, d'un seul cou|) d'œil, com- ment toutes les valeurs particulières du rapport ZlR, sont grou[)ée5 sur le l)arcours de cette courbe théorique. M Cette représentation de tous les résultats sans exception nous permet de formuler, comme conclusion, que, pour toutes les matières susce|)tibles d'élre poinçonnées, et lorsque la hauteur du bloc est suffisante pour que le poinçonnage ne consiste pas en un simple découpage, la longueur de la débouchure est réellement donnée par notre formule théorique, et la véri- fication à posteriori que nous venons d'en faire nous permet d'atfiriDer avec une nouvelle confiance toutes les bases de notre théorie de la déformation des corps solides. » La mesm-e des efforts exercés pour effectuer les divers poinçonnages nous a fourni facilement la valeur de la résistance au cisailleinent, pour les trois métaux qui terminent la série : cette résistance par mètre carré, cal- culée avec l'ensemble de tous les éléments, est la suivante : Ploml) I 830 000''" Étain pur . 2 090 000 Alliage de plomb it dClain. . . 3390000 Zinc .... 9 000 000 • Cuivre 18 980 000 Fer 3; Syo 000 GKOMiniîlK. — Sur le postulalum d'Euclide. Note de M. Lion.vet, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « La démonstration de M. Carton exposée par M. J. Bertrand, dans la séance du 20 décembre dernier, n'est que la reproduction de celle de M. C. Minarelli, laquelle avait été communiquée par M. A. Genocchi, de Turin, à M. Terquem, qui l'a fait insérer dans les Nouvelles Annales de Malhémolicjues^ l. VIII, p. 3i2. Mais une objection que j'ai insérée dans le même Recueil en janvier i85o, t. IX, p. ^7, est restée sans réponse. ( 32 ) » Peu de temps après, la même objection fut aussi communiquée a M. Terquem par M. Le Resgue, M. Breton (de Champ) et M. Finck. » M. Flf.ury adresse, de Marseille, une Note relative à la même démons- tration. Il pense avoir prouvé, dans son Mémoire siu" - La géométrie affranclne du postulahim d'Euclide », que ce jioshdalwti n'est pas démon- trable, même en accordant comme évidentes ou démontrées, non-seule- ment la proposition sur la somme des angles d'im triangle, mais toutes les vérités géométriques. Ces deux dernières ISotes sont renvoyées à l'examen de la Commission noiiuDée pour la cpiestion de la théorie des parallèles. CORRESPOM)Al\CE. M i,E Ministre nv. l'Instruction publique adresse l'amplialion de l'extrait d'un Décret impérial, rendu le 27 décembre 1869, par letpiel, entre autres dispositions, l'Académie est autorisée à accepter le legs qui lui a été fait par M. Laccize, pour la fondation de trois prix, de dix mille francs chacun, à décerner tous les trois ans. Ces trois prix devront être déternés, l'un à l'auteur de l'ouvrage qui aura le plus contribué aux progrès de la Physio- logie, l'autre à l'auteur du meilleur travail sur le Physique, le troisième à l'auteur du meilleiu' Ir.ivail sur la Chimie ; les étrangers élant admis à con- courir pour chacun d'eux. M. LE Ministre de l'Agriculture et du Commerce adresse, pour la Bi- bliothèque de l'Institut, un exemplaire des n"* 5, 6 et 7 du Catalogue des brevets d'invention |)ris en 1869, et le tome LXVIII de la Collection des brevets. M. le Ministre de la Guerre adresse, par l'intermétliaire de M. Lairey, un exemplaire du nouveau Formulaire pharmaceutique des hô|ilaux mili- taires, ouvra;:e rédigé, sous la direction du Conseil de santé des armée:-., ])ar une Commission de médecins et de pharmaciens militaires, et public aux frais de son département. M. Zastedeschi, dans une Lettre adressée à M. le Secrétaire perpétuel, donne «le nouviaux détails sur la manière dont il conçoit que les pulsa- tions du courant électrique transmises d'Européen Amérique par le Hl inté- rieur du câble lélégrapliique peuvent être ramenées en Europe par l'ainia- tnie métallique extérieure du même câble, et venir se répéter et s'écrire ( 33 ) au point de ilépart, comme elles le font au point d'arrivée. 11 ajoute que, dans une expérience de cabinet faite avec des fils immergés dans l'eau, sur 4 mètres de longueur, il est jjarvenu à rendre manifeste le synchro- nisme des pulsations électricjues et des Aeux appareils écrivants que les fils réunissaient. HYDRODYNAMIQUE. — Essfii suK (a théorie de l^ écoulement d'un liquide par un orifice en minre pnroi. Note de M. .1. Boussinesq, présentée par M. de Saint- Venant. B M. de Saint-Venant a obtenu [Comptes rendus, t. LXVIl, 20 et 27 juil- let 1868, et t. LXVIII, 1 et 8 février 1869) l'expression des vitesses cpie pren- nent les divers points d'un corps ductile contenu dans un vase rectangulaire ou cylindrique à fond horizontal, lorsque ce corps s'écoule, sous la pression d'un piston, par un orifice de forme pareille à celle du vase, ouvert au milieu du fond; et lorscju'on admet, outre l'hypothèse de la conservation des volumes, cpie les conqjosantes de ces vitesses suivant trois axes fixes de coordonnées rectangles x, y, s, sont égales aux dérivées en x, j, z d'une fonction », ou plus généralement à ces dérivées multi|iliées chacune par une constante arbitraire, et que la vitesse verticale en chaque point de l'ori- fice est connue à tout instant. Je me propose de trouver nue expression pa- reille des vitesses, mais en me boiiiant au cas d'un liquide pesant, et eu admettant que l'orifice, de forme cjuelcouque et pratiqué dans une mince jiaioi plane de direction également quelconque, à une distance assez grande des bords de celte paroi, ait ses dimensions très-petites par rap|)ort à celles du fluide contenu dans le vase. I/cxpérieiice prouve que la vitesse (le la veine est alors, à qnelc[ues centièmes près de sa valeur, donnée par la lègle de Torricelli, et que, par suite, les frottements ont assez peu d'in- fluence pour qu'on puisse admettre le principe de l'égalité dépression, et appliquer ce théorème, démontré par Lagrange el Canchy, que, si les vi- tesses initiales de la masse fluide ont été nulles on produites par tles pres- sions exercées à sa surface, les coiu])osantes u, v, w de la vitesse V seront à toute époque les dérivées eu x, j, z d'une fonction ?p. » Je prendrai pour origine le centre de gravité de l'orifice, et une per- pendiculaire à son plan, dirigée vers l'intérieur ùu vase, ppiir axe des z; de plus, j'appellerai, à l'époque t, /{x^.y) la valeur de — iv pour z=ro, valeur nulle, excepté aux points de l'orifice. La fonction (p devra : 1° véri- fier l'équalion de continuité ou d'incompressibilité A2! W?«^1 (0 ~^J J .„ v'~' + ï" + i" ~2"X ^""A s/^ En effet : i° le second membre de cette relation est analogue aux potentiels d'attraction et a son A, nul pour z positif; i" il est sensiblement égal à zéro, ainsi que ses dérivées, pour jc--{'j- + z'^ assez grand, c'est-à-dire à des distances de l'origine très-grandes pnr rapport aux valeurs de ^, •/; égales aux coordonnées dos divers points de rorilice, valeurs qui sont les seules pour lesquelles la fonction f ne s'annule pas; 3° différentions en z le der- nier membre de (i), et posons, dans le résultat, p = zp' : il viendra (a) J. ou «'= / do> /(jr+zp'cosw, j+r^o'sinw) (i+f/-) 'p'(ip', relation qui, pour z^= o, se réduit bien à i\'= — f{^^ j)- » Observons : i° que la vitesse au point (cr, j, z) est égale, en grandeur et en direction, à l'attraction exercée au même point, sur l'unité de masse, par une coucbe très-mince de matière, qui serait répandue sur Torifice, et V aurait en chaque point (.r, j) une densité superficielle proportioinielle à /(x,j>); a° que, si l'orifice, composé d'un nombre fini ou infini d'ouver- (*) .l'ai obtenu celte intégrale en partant de celle-ci, qu'indique immédiatement la formule de Fourier, ^ o=-\ f[l,r.)dldr, \ CCS g ( ^- - £ ) COS P ( J- — -/, ) dy. ,1^, et en effectuant dpux intégrations, rendues possibles par la substitution de coordonnées po- laires à a, p, considérées comme coordonnées rectangles. Ces intégrations se font an moyen des deux foiniulcs r z^-h b^ /: rfO I V Z' ( ^' + P' -I- 7' ) sin 9 — arc tang - c^-f (/jcos9 +<7sin9)= ^32(22+^2+ q') " [z' -h p') cosB -h /jq s\nd dont la première est connue et dont la seconde se vérifie aisément, bien (ju'il m'ait fillu d'assez longs calculs pour la trouver. ( 35 ) tares, est symétrique par rapport à certains plans, les vitesses le seront aussi, et que ces plans pourront devenir des parois, partout où ils sont en contact avec le liquide, sans que le mouvement soit modilié. Cette se- conde remarque permet d'étendre la solution (i) à des cas de vases non indéfinis latéralement, tels que ceux de vases rectangulaires, triangulaires réguliers, etc. ; seulement la vitesse ne sera plus alors, pour 2 = co , géné- ralement nulle, mais constante et parallèle à Taxe des z. » Les expressions de m, v s'obtiendront en différentiant, par rapport à x ou à j^, soit le dernier membre de (1), soit le second. Dans ce dernier cas, le résultat contiendra la fonction f et non ses dérivées. On pourra y intro- duire, comme dans (1), au lieu de ^, -rj, les variables ^', /:', et puis t) et u. Si alors on observe qu'intégrer par rapport à oj de tî à 271 levient à intégrer de o à ;:, en changeant de signe cosw et sinw, il viendra, pour il ou — par exemple, (3) u=z COS'or/ro/ ■'-^ ^- ^- ' -"-^ ' ~- ^ p-(/p. On en déduirait v par le simple changement de cos w^oj en sin w^A/j. Pourvu que les dérivées premières de J soient partout finies, ces expressions restent finies et déterminées pour 2 = 0, malgré le dénominateur p qui s'annule à la limite inférieure d'une intégrale; car le numérateur s'annule aussi, et la limite de son quotient par p s'aperçoit aisément. » Aux points situés sur les bords de l'orifice, la vitesse normale — u' ou f{x, j), doit être nulle, pour que u, t'n'y soient ])as infinis. En effet, x, Y étant les coordonnées d'un de ces points, x — ocosw, j — psinw et ■r + pcosu, ^ + ,osinw sont, pour p très-petit et des valeurs convenables de &), celles de deux points voisins, dont l'un est forcément dans l'orifice, l'autre au dehors. Comme la fonction/est nulle pour celui-ci, les intégrales considérées deviendront infinies, i-i elle ne l'est pas aussi pour l'autre point. » La fonctiony devra encore s'annuler, ou à très-peu près, vers le centre de l'orifice, car l'expérience prouve que la pression y est sensiblement la même que si tout le fiuide était en repos [Reclierclies hydrauliques de MM. Poncelet et Lesbros [Mémoires des Savants étrangers, t. III, 1 832, p. 4oi)] • Et en effet, à l'instant où l'on ouvre l'orifice, toutes les molécules qui lui sont adja- centes se trouvent à peu près soiunises, du côté de l'intérieur, à la même pression, et doivent s'échapper, suivant l'axe des z, avec la niènie vitesse; en même temps, les molécules intérieures acquerront des vitesses données par les relations précédentes, dans lesquelles on ferait/ = const. poiu' les 5.. ( -^6 ) poinls de roiiverture ety=: o pour les aiilres points du plan des xj. Ces vitesses seront très-grandes pi-ès des bords île l'orifiee, tandis qu'elles seront seulement finies près de l'axe des z. Donc, avant que le liquide qui se trouve sur cet axe soit arrivé à l'ouverlnre, les molécules parties des bords l'au- ront occupée et seront même sorties. A partir de ce moment, les vitesses iionnales les plus grandes se produisant assez près du contour de l'orifice, le fluide qui est sur Taxe des z sera incomparablement moins appelé que celui lies bords, et cet état de choses subsistera (*). » La fonction / vérifie une troisième condition, qui varie un peu suivant que le liquide contenu dans le vase est poussé par un piston animé d'une vitesse connue, ou se trouve soumis, dans sa partie supérieure, à une pres- sion donnée. Le premier cas, où cette pression est inconnue, se ramène au second ; car on peut raisonner comme si elle ne l'était pas, sauf a la déter- miner finalement de manière à obtenir la dépense effective, qui est alors donnée. Je ne m'occujierai donc, dans tout ce qui suit, que du second cas, et je supposerai, pour simplifier les formules, que la pression exercée à la partie supérieiu-e du vase soit la même que celle de l'atmosphère à l'orifice. Comme la hauteur h du liquide au-dessus de l'ouverture varie lentement, le mouvement permanent sera bientôt, à fort peu |irés, établi à loiil in- stant, et le principe de Daniel Bernoulli donnera, sur le contour de l'ori- fice, V,- = 2gh ou ir -\- ('■ = 2^h. » l'HYSlQUli. — /hlion du inngnélisme sur tes cjaz. Note de M. Trêve, présentée jiar M. Jamin. « On sait que si l'on soumet, à l'aii' libre, l'élincelle d'un courant d'in- duction A l'action des pôles d'un puissant électro-aimant, l'auréole est insufflée, se transforme en nappe de feu sillonnée par un grand nond)re de filets lumineux et offrant un certaui nombre de zones, alternativement obscures et lumineuses, concentriques et diversement nuancées. » J'ai étudié l'effet de ces réactions magnétiques sur l'oxygène, l'hydro- gène, l'azote, l'acide carbonique, etc., et constaté que chacun de ces gaz (*) Si l'orifice t'Sl, par exemple, un polygone reclangiilaire ou régulier, on verra de même que ses sommets sont, de tous les points de riiéniisphère qui a your base le cercle circonseril à ce polygone, ceux où la vitesse au moment où l'on ouvre l'orifire est très-grande el analyiiqiiemint inlinie. Par suite, l'appel le i>Uis grand du fluide et les grandis vitesses auront lieu aux angles ' Il était 3 heures lorsqu'iuie nouvelle secousse s'est fait sentir, en même temps qu'un autre panache de poussière se voyait à une centaine tie kilo- mètres au sud de Biskra et à l'ouest du villae;e d'Hebbai. Deux nonveiles secousses se sont encore fait sentir dans la matinée du 19 : la première à 3 heures, et la seconde, qui a été la plus forte, à 'j^ i3™. » Les secousses de tremblements de terre, à Biskra, se sont continuées jusqu'au 19 inclusivement. Elles ont été plus ou moins vivement ressenties dans les autres oasis des environs, telles que Seriana, Sidi-Okba, Giirta, Thouda, Droh, Mechonnech, Branis, Djemorah, Beni-Souk, Beui-Ferali. Dans les quatre dernières localités, luie nouvelle secousse s'était fait sentir le 18, à /(""So™ de l'après-midi. » Seriana, au sud -ouest de Biskra, a été des plus fortement secouée. A la deuxième secousse qu'elle a éprouvée, on a vu de Biskra, qui en est à peu de distance, un gros nuage de poussière s'élever au-dessus de ses décombres et fermer l'horizon de ce côté. Celles des maisons restées debout après les secousses étaient plus ou moins lézardées, conspromises. Une femme avait été tuée par un pan de mur. » Sidi-Okba, à 26 kilomètres sud-est de Biskra, n'a pas été moins mal- traitée que Seriana. Quarante-cinq maisons (1) ont été renversées et toutes les autres plus ou moins eudomm.igées. On comptait huit morts et trois blessés. » A Gurta, faible population; le tiers des maisons a été détruit, les magasins de céréales ont été ensevelis sous terre, cl on comptait deux tués et sept blessés. » A Thouda, très-minime population; trois maisons étaient tombées, et toutes les autres plus ou moins lézardées, compromises. » A Droh, aussi très-minime population; deux maisons avaient été ren- versées, et toutes les autres étaient plus ou moins compromises par des lé- zardes multipliées. » A Mechonnech, au nord de Thouda, quatre maisons s'étaient écrou- lées et quatre enfants avaient été tués. La route de ce point à Lahmar- (i) Une correspondance en porte le nombre à plus de quatre-vingts. ('.. R., 1870, l" Semesue. (T. I,XX, N " ^.) ( 5o ) Kaddoiir et cello du même point à Edista ont été interrompues par des ava- lanches de terre et de pierres détachées des montagnes voisines. » A Branis, Djemorah, Beni-Sonk et Beni-Ferah, aucun dégât n'a été constaté. Seulement, des montagnes escarpées qui dominent le village d'El-Hebbal, s'était opéré un éboulcment qui eût pu l'ensevelir tout entier, s'il n'avait pris une autre direction. De là, sans doute, ce panache ou nuage de poussière aperçu de Biskra, dans la journée du i6, à la deuxième secousse du tremblement de terre. » Du 19 novembre an 6 décembre inclusivement, aucune autre secoiisse de tremblement de terre ne s'est fait sentir ni à Biskra ni dans les environs. » En prenant Biskra comme centre de l'ébranlement général, dans le tremblement de terre dont nous parlons, cet ébranlement a paru suivre un quart de cercle, du nonl à l'est et au sud-est, sur ini rayon de 3o à 4o kilomètres, la corde sud-est de cet arc étant formée par la chaîne des Aurès. » A Biskra, une dépendance de l'hôpital était tombée. Les maisons avaient été plus ou moins ébranlées; une seule s'était écroulée. Au Vieux- Biskra, tout voisin du nouveau, et où l'ébranlement paraîtrait avoir été plus fort que dans le dernier, tontes les maisons étaient ou renversées, ou plus ou moins endommagées. » Nous ferons remarquer, à cette occasion, que les maisons et autres constructions des oasis, n'ont que peu de solidité, étant toutes bâties en pisé ou en briques séchées au soleil. )) Aucune victime n'a été à déplorer, ni dans le vieux, ni dans le nouveau Biskra. Ajoutons que, dès la première secousse du treznblement de terre, et par ordre supérieur, toutes les maisons avaient été évacuées et leurs ha- bitants obligés d'aller camper dans les environs. » Batna, à 126 kilomètres nord de Biskra, et qui avait éprouvé une se- cousse de tremblement de terre le i^'' septembre (i), n'est pas resté étran- ger à celles ressenties sur ce dernier point. Ainsi, le 16, deux secousses ver- ticales et sèches y ont été perçues : la première, à i''2o"' de l'après-midi; la seconde, à 8''3o™. A la première, quatre à cinq fois plus forte que la seconde, les malades du deuxième étage de l'hôpital, poussés par la frayeur, s'étaient échappés des salles pour courir aux escaliers. » Le 19, à '^''aS™ du matin, deux nouvelles secousses, plus fortes que les précédentes, se sont succédé à deux secondes d'intervalle. La première (i) Compti's rendus, séance du 2'j septembre. ( 5i ) a été de deux secondes, et la deuxième de quatre. Elles ont coïncidé avec celles qui ont été ressenties à Biskra vers la même heure (7''i^"). A leur suite, ont été constatées de légères lézardes dans diverses constructions, et des chutes de plâtre dans des maisons. » Ajoutons que, dans la journée du i6, un léger tremblement de terre a été perçu à Sétif (i), au nord-ouest de Biskra, dans le Tell. Nous rappel- lerons, en même temps, que Sétif, comme Batna, est élevé de plusieurs cen- taines de mètres au-dessus de la plaine sablonneuse où sont Biskra et les autres oasis qui l'entourent. » GÉOLOGIE. — Elude sur les blocs erraluiues et sur les déjièls diluviens de la Russie. Note de M. de Helmersen, présentée par M. Daubrée. « Le phénomène erratique qui a rayonné des régions septentrionales sur une partie considérable de la Russie, a tléjà été l'objet des études de plu- sieurs savants, notamment de MM. Bœthlingk, Durocher, Murchison, de Verneuil, et de Keyserling. I.e Rapport que M. Elle de Beaumont a fait sur un Mémoire de M. Durocher, en 1842 (2), a montré combien ce phénomène est remarquable. M. de Helmersen , dont les explorations ont éclairé la constitution géologique de diverses régions de la Russie d'Europe et d'Asie, a poursuivi l'étude de ces dépôts de transport et des principales circon- stances qui s'y- rattachent. » Dans le Mémoire que vient de publier l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, dit M. Daulirée, M^. de Helmersen pMsse successive- ment en revue : les roches qui ont fourni les matériaux erratiques dans leur position originelle; la grosseur et la forme ties blocs, ainsi que les diverses manières dont ils sont disposés; le gisement des cailloux et du gra- vier, et particulièrement les accumidations désignées depuis longtemps en Suède sous le nom de Osar; les hauteurs absolues et rehitives dans les- quelles se trouvent les blocs erratiques et les cailloux, par r;ipport aux roches dont ils ont été détachés; enfui les caractères des roches polies et striées et des phénomènes énergiques de friction c[ui se voient de toutes parts. De nombreuses figures, habilement faites, accompagnent le texte. H En recherchant parmi les jihénomènes de l'époque actuelle ceux qui peuvent expliquer les princi[)ales circonstances du phénomène, l'auteur (i) Moniteur de i' Algérie. {2) Séance du 17 janvier 1842. ( 5-2 ) iiipiilioniie h' singulier transport de blocs qui a eu lieu cette année même, nu mois de fcvi-ier, aux environs de Rêvai. » A côté de l'acliou des grandes niasses de glace, (jui, pendant la périodt; quaternaire, ont couvert des régions considérables, et dont les glaciers de la Scandinavie ne sont que les résidus, M. de Helmersen fait aussi la part de l'eau : l'auteur est amené à reconnaître que, dans la première pé- riode du pliénomène, le golfe de Finlande n'existait pas; qu'un affaisse- ment graduel du sol a ensuite donné accès à l'eau de la mer, sur une partie de pays antérieurement occupée par la glace; enfin que le pays s'est élevé de nouveau. Ces périodes successives de mouvements lents, en sens inverse, sont d'accord avec celles que j'avais signalées, en 1842, pour la .Scandi- navie (i). » ClliMii'; INDUSTRIELLE. — Sur In fabrication des glaces et miroirs j)lalinisés. Note de M. Joitclet. (Extrait.) n I^e .système employé à l'usine de Wailly (Aisne) est celui qui a été imaginé par M. Dodé. C'est le chlorure de platine qui forme la liase de l'opération. Après le nettoyage, la glace, posée verticalement, reçoit le liquide qui doit la métalliser. On l'étend d'aljord de bas en haut, puis de gauche à droite, puis de bas en haut, et enfin de droite à gauche : on égalise ainsi la couche huileuse qui, contenant une forte quantité d'es- sence de lavande, s'étend spontanément et sèche lentement, sans couluie. 1) La composition platinifère se prépare de la manière suivante. On prend 100 grammes de platine laminé très-mince; on le fait dissoudre dans l'eau régale; on évapore à sec, au bain de sable, en évitant de décomposer le chlorure de platine; on l'étalé alors sur une glace à broyer, et l'on y ver.se, par petites portions, de l'essence de lavande rectifiée. La réaction se fait sur la glace même; aussi faut-il éviter, par une trop rapide affnsion d'essence, une trop grande élévation de température, qui détruirait le com|)osé plalinifèi-e. Lorsque l'on a versé environ i4oo grammes d'essence de lavande, on place le mélange dans tnie capsule de porcelaine, et on l'aban- donne |)endant huit jours à un repos absolu. On décante et on filtre; ou dé- cante de nouveau, après six jours, le liquide filtré, qui doit marquer .'i de- grés au pèse-acide. Comme fondant, pour la quantité de platine indiquée ci-dessus, on prend aS grammes de litharge, aS grammes de boraie de (1) Du phriioiiirnc fitinitjue dans le iinrd de l'Europe et des mouvements réernts du sol sciindinnve. [Rapport de In Cominissitm scientijiiiue du Nord.) {, 53 ) plomb, qu'on broie jusqu'à porphyrisation coniplète, avec 8 à lo grammes (l'essence de lavande. On remue, et l'on mélange ce fondant avec le liquide platinifére; on emploie ce liquide comme il a élé dit plus haut. 1) Lorsque le verre qu'il s'agit de platiniser est couvert d'une couche de métal el qu'il est suffisamment sec, on le place dans des moufles d'une con- struction spéciale, où la décomposition de la résine platinifére et sa trans- formation en charbon se font sans fusion, sans ébullition, sans bonillon- nements, et le squelette spongieux d'abord, qui représente les cendres, se fixe et se transforme en un platinage parfait. » Les miroirs ainsi préparés sont fort brillants. Le platine s'applique en avant du verre : il en résulte luie notable économie. Les verres platinisés qui forment les miroirs sont transparents. Avec i franc de platine, on peut métalliseï' i mètre carré de glace. » Les échantillons adressés par M. Jouglet seront soumis à l'examen de M. Fizeau. M. Maumexé adresse une nouvelle Note concernant la nature du sucre interverti. Suivant M. Maumené, le sel considéré |iar M. Duhrunfaut comme un lévnlosate ne serait pas insoluble dans l'eau pure, et le poids de ce sel ne correspondrait jamais a la moitié du sucre interverti dans lequel on l'a formé. Le sucre interverti serait un mélange des plus variables, et, quelles que soient les précautions prise-; dans sa pré|)aration, jamais il n'olfrirait les caractères d'un ensemble pouvant être reproduit d'une manière identique. L'auteur signale enfin diverses erreurs qui auraient été commises par M. Dubrunfauf, et dont les lUies auraient déjà été indiquées, tandis que quelcpies autres seraient jusqu'ici passées inaperçues. M. G. Fleury adresse une Note « Sur deux produits de l'agaric blanc ». Le champignon du mélèze, pulvérisé, desséché, et traité par l'éther, donne une solution qui fournit, par l'évaporation, un résidu solide : ce résidu paraît formé presque luiiquement de deux substances, que l'auteur nomme résine d'agaric, et acide agnriciqiie. L'auteur donne à la résine d'a- garic la formule C"H''Ô'", et à l'acide agaricique la formule €'«H^'0'. M. P. GuYOT adresse, sur la valeur toxique de quelques rosolates, une Note qui se termine par les conclusions suivantes : ( 54 ) '> 1° Les rosolates de potasse, de soude et de baryte n'agissent aucune- ment sur la peau ; » a" Les selssodique et potassique ne sont pas vénéneux lorsqu'ils sont introduits dans l'économie animale; » 3" Le rosolate baryliqiie, introduit à forte dose dans l'économie; ani- male, est vénéneux: dans ce cas, il agit par sa base; » 4° Les rosolates peuvent être employés en teinture, soit pour le genre uni, soit pour la variété dite rayée. » M. JuNOD adresse luie Note relative à l'histoire des applications médi- cales de l'air comprimé. Cette Note sera transmise à la Commission des prix de Médecine et de Chirurgie. A 5 heures et demie, l'Académie se forme en Comité secret. COMITÉ SECRET. La Section cle Physique, par l'organe de son doyen M. Bkcquerel, présente la liste suivante de candidats à la place de Correspondant, vacante par suite du décès de M. Malteucci : En première licjne M. J.-R. Mayer, à Heilbronn. 31. AxGSTROM, à LTpsal. M. Billet, à Dijon. M. DovE, à Berlin. M. Grove, à Londres. M. Hexry, à Philadelphie. „ , ,■ . , M. Jacobi, à Saint-Pélersbovu-er. Ln seconde linne et nar ordre u, -, . ,, ■ __i I , ,,• ( ■*!• Joule, a Manchester. M. KiRCHHOFF, à Heidelberg. M. Riess, à Berlin. M. Stockes, h Cambridge. M. W. Thomson, à Glascow. M. Tyndall, à Londres. \ M. VoLPicELLi, à Rome. Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. La séance est levée à 6 heures. E. D. B. nlphabélique ( s,'; ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUR. L'Académie a reçu, clans !a séance du 3 janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent : Description des machines et procédés pour lescpiels des brevets d'invention ont été pris sons le réqi)ne de ta loi du r> juillet i 8445 publiée par les ordres de M. le Minislrede l' yéqriculture, du Commerceet des Truvaux publics, t. LXVIII. Paris, 1869; in-4° avec planches. Formulaire pharmaceutique des hôpitaux mllilaires de In France, rédigé par le Conseil de santé des armées et approuvé par le Ministre de ta Guerre. Paris, 1870; I vol. in-S". (Présenté par M. le Baron Larrey.) La mnsica... La musique: Science et art; par M. G. Privitera, fasci- cules 9 et 10. Sans lieu ni date, in-4°. Biographia... Biographie de Alphonse de Lamartine, lue à la cérémonie funèbre célébrée en Idionneur et à la mémoire de l'illustre poète, te 27 avril 1869; pa»- M. J. Nabuco de Aranjo. Rio-de-Janeiro, 1869; br. in-S". The... Athenœum, n°' 5oo à 5o2. Londres, 1869; 3 br. in-4°. Die... Les roclies porpli/riques de l' Autriche de V époque géologique moyenne; par M. G. Tschermak. Vienne, 1869; in-8''. Studien... Elude sur les blocs erratiques de la formation diluvienne de la Russie; par M. G. Helmersen. Saint-Pétersbourg, 1869; in-4''. (Présenté par M. Daubrée.) ERRATJ. (Séance du 27 décembre 1869.) Page i353, ligne 7, au lieu de F -^» /tsez F = -p- Page i355, ligne 6, nu lieu de pression conslante, lisez volume ronslant. Page i355, ligne -23, au lieu de — 1 lisez —• a j; ai COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES SEANCE DU LUNDI 10 JANVIER 1870. PRÉSIDENCE DE M. LIOUVILLE. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDAKTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — Sur la constitution physique de la Lune; par 'M.. Delaunay. « Dans un Mémoire lu à la Société astronomique de Londres, le lo no- vembre 1854, et imprimé dans le tome XXIV des Mémoires de cette So- ciété, M. Hansen établit que le centre de gravilé de la Liuie ne coïncitle pas avec son centre de figure; il trouve que le centre de gravité est plus loin de nous que le centre de figure, et que la distance de ces deux points, proje- tée sur le rayon vecteur qui joint la Terre à la Lune, est d'environ 69 kilo- mètres. Cette importante proposition résulte de ce que les inégalités de la longitude de la L\me, calculées parla théorie de l'atlraclion, ne concordent comj)létemenl avec les indications fournies par les observations, qu'à la condition d'avoir été préalablement multipliées par un facteur plus grand que l'unité, que M. Hansen trouve égal à i,oooi544- » L'explication eu est très-simple. On sait que la Lune tourne toujours la même face vers la Terre, ce qui indique que les durées moyennes de la rotation de la Lune sur elle-même et de sa révolution autour de la Terre sont exactement les mêmes. Mais comme la rotation de la Lime s'effectue uniformément, tandis que son mouvement de révolution autour de la Terre présente des variations continuelles et périodiques de vitesse angulaire, ces C. R., 1870, i>'^ Semestre. (T. LXX, N» 2.) 8 ( 58 ) deux mouvements, (ont en concordant rigoureusement l'un avec l'autre en moyenne, présentent cependant des discordances de détail plus ou moins grandes, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. I.e point de la surface de la Lune, qui nous paraît en général occuper le centre du disque de cet astre, se |iorle tantôt à l'est, tantôt à l'ouest du point central du disque, suivant que le mouvement angulaire périodiquement variable de la Liuie autour de la Terre est en avance ou en retard sur le mouvement de rotation de la Lune sur elle-même : c'est ce qui constitue la libration delà Lime en longitude. Quand on calcule, par la théorie de l'attraction, les inégalités du mouvement de la Lune autour de la Terre, c'est au mouve- ment du centre de gravité de notre satellite que ces inégalités se rap- portent; quand on observe la position de la Lune sur la voûte céleste, c'est son centre de figure que l'on considère et non son centre de gravité. Si ces deux points ne coïncident ])as lun avec l'autre, comme la rotation a lieu autour du centre de gravité, le centre de figure doit participer à la libration en longitude dont nous venons de parler: et comme la grandeur du dé- placement apparent dû à cette libration est à chaque instant proportion- nelle à la somme des inégalités périodiques de la Lune, il s'ensuit que, pour passer du centre de gravité, considéré par la théorie, au centre de figure auquel se rapportent les observations, il faut faire à l'expression théorique de la longitude du centre de gravité une correction proportionnelle à la somme des inégalités périodiques qu'elle renferme. Cela revient à nudti- plier la somme des inégalités périodiques par ini facteur différent un peu de l'unité, plus grand que i si le centre de giavité est plus loin de nous que le centre de figure, plus petit que i, au contraire, si c'est le centre do figure qui est le plus éloigné de la Terre. » Ces idées de M. Hansen et la conséquence à laquelle elles l'ont con- duit sont loin d'être restées inaperçues; elles ont vivement frappé tous ceux qui prennent intérêt aux progrès des sciences. Récemment elles ont été l'objet d'mi examen spécial de la part de M. Simon Newcomb, de Was- hington, qui se livre avec tant de succès aux recherches d'astronomie théorique; j'ai rhonneurde présenter en son nom, à l'Académie, un exem- plaire de la Note très-intéressante dans laquelle il a consigné le résultat de cet examen (voir au Biilleliii hibliocjraphique). M. Newcomb montre dans cette Note que la conclusion à laquelle M. Hansen est arrivé, relativement à la non-coïncidence du centre de gravité de la Lune avec son centre de figure, ne repose sur aucun fondement loijique. Voici les raisons qu'il en donne. i ( ^^^9) M Si le centre de gravité de la Liino est plus éloigné de nous que son centre de figure, le facteur plus grand que l'unité par lequel on doit mul- tiplier les inégalités de la longitude du centre de gravité pour en déduire les inégalités correspondantes du centre de figure, doit affecter aussi bien VécjHcilion du centie que les inégalités dues à l'action perturbatrice âw Soleil. Or l'équation du centre se détermine par l'observation du centre de figure de la Lune, et la valeur que l'on trouve ainsi doit être égale à celle que l'on trotiverait si l'on observait le centre de gravité, augmentée dans le rapport indiqué par le facteur dont il s'agit; l'excentricité conclue de celte valeur de l'équation du centre, dont la partie principale lui est propor- tionnelle, doit donc aussi être égale à l'excentricité relative au centre de gravité multipliée par le même facteur. Or la plus grande des inégalités liniaires dues à l'action perturbatrice du Soleil, ïévection, est aussi, du moins dans sa partie principale, proportionnelle à l'excentricité, et, si l'on en fait le calcul en partant de la valeur de cette excentricité telle que la donnent les observations, on trouve, non pas l'évection correspondant au centre de gravité de la Lune, mais bien l'évection corrigée déjà dans le rapport convenable pour devenir ce qu'elle doit être relativement au centre de figure; donc « l'évection théorique doit s'accorder avec celle que four- )) nit l'observation, lors même que les centres de gravité et de figure de la » Lune ne coïncideraient pas l'un avec l'autre. » Ce n'est, d'après cela, qu'en considérant les inégalités autres que l'évection, que l'on peut par- venir à décider si ces deux centres sont réellement éloignés l'un de l'autre d'une quantité appréciable pour nous. De ces autres inégalités, il n'y a que la variation qui éprouve un changement sensible quand on la nuiltiplie par le facteur i ,000 i 54 4 trouvé par M. Hansen, et encore le coefficient de cette inégalité ne se trouve-t-il modifié par là que d'enviren -^ de seconde; or la nécessité de l'application d'une pareille correction à la variation, pour faire concorder sa valeur théorique avec les indications de l'observation, n'est pas suffisamment établie pour qu'on |)uisse en faire le point de ilépart d'aucune conclusion sur les positions respectives des centres de gravité et de figure de la Lune. » Après avoir rappelé, comme je viens de le faire, la théorie établie par M. Hansen sur cette question, et indiqué l'objection capitale qui lui a été faite par M. Newcomb, j'ajouterai quelques réflexions que les idées de M. Hansen m'avaient suggérées ilepuis longtemps, et qui me portaient à n'admettre qu'avec une grande réserve les coiiso''quences auxquelles il avait été conduit. 8.. ( 6o) » Par siiile de la position fortement excentriqne qn'il attribnait an centre de gravité de la Lnne par rapport à son centre de figure, M. Hansen disait : « D'après cela on doit considérer les deux hémisphères de la Lune, » dont l'nn est visible et raulic invisible pour nous, comme essentielle- » ment diltérents par rapport aux couches de niveau, aux climats et à tout » ce qui en dé|)end. Comme les couches de niveau se règlent principale- « ment par rapport au centre de gravité, l'hémisphère de hi Liuie tourné » vers nous s'élève beaucoup plus au-dessus du niveau moyen que ne le » fait l'hémisphère opposé; et quoique celui-là se présente à nous comme » inie contrée stérile, exempte d'une atmosphère et de tout être vivant, » on ne peut plus conclure que l'autre hémisphère ne soit doué d'une at- » mosphère, et qu'il n'y ait de végétation et d'êtres vivants. Aux bords de » la Lune doit régner à peu près le niveau moyen, et, en effet, on ne peut » pas dire que là il ne se serait montré aucune trace d'une atmosphère (i).» » Certes nous ne pouvons pas dire à priori que les choses ne sont pas telles que M. Hansen les indique dans ce passage; et si des observations précises et irrécusables venaient établir que c'est bien ainsi que la Lune est constituée, noTis serions bien obligés de l'admettre. Mais nous ne pou- vons nous dissimuler que cela ne concorderait pas le moins du monde avec les idées auxquelles l'ensemble des phénomènes observés nous ont conduits relativement à la figure des corps célestes et aux circonstances qui doivent se présenter sur leurs surfaces. » Tout nous porte à regarder les planètes et leurs satellites, la Ltuie en particulier, comme ayant été fluides à une époque plus ou moins reculée, et comme ayant pris naturellement, par suite de leur fluidité, la forme arrondie et presque sphérique que nous leur voyons. Dans ces conditions, si les diverses parties matérielles d'un astre n'avaient été soumises qu'à leurs actions mutuelles, et si la masse entière n'avait pas été animée d'un mouvement de rotation sur elle-même, cette masse aurait pris exactement la figure d'une sphère. L'existence d'une rotation autour d'un axe, en développant des forces centrifuges perpendiculaires à cet axe, a dû pro- duire lui aplatissement plus ou moins prononcé, analogue à celui de notre globe ; et de plus, dans le cas de la Lune, dont le mouvement de rotation maintient toujours un même hén)isphère du côté de la Terre, l'attraction terrestre a dû produire un allongement du globe lunaire suivant le dia- mètre dirigé vers la Terre. Mais, dans tous les cas, la surface extérieure de (i) Cette citation est textuelle. Le Mémoire de M. Hansen est écrit en français. ( 6i ) cette masse fluide devait être une surface de niveau. En passant de l'état fluide à l'étal solide, par suite du refroidissement progressif qu'elle éprou- vait, la masse que nous considérons a dû conserver la forme qu'elle avait prise antérieurement; il a pu, tout au plus, en raison de l'inégale contrac- tion des diverses parties, se produire, dans la croîile solitie formée à la surface, des rides, des plissements, des dislocations, qui ont amené des dénivellations partielles; mais ces altérations de forme n'ont pas pu avoir, sur la figure de l'ensemble, une telle influence que les traits caractéristiques qu'elle présentait avant la solidification fussent complètement masqués. C'est ainsi que, sur la Terre, où de pareilles déformations de la croûte superficielle sont rendues évidentes par l'étude de la constitution des divers terrains, la forme générale de cette croûte solide présente tous les caractères d'une surface de niveau; en effet, les eaux de la mer, qui sont répandues dans les cavités de cette croûte, et qui, par leur ensemble, constituent, à proprement parler, un immense niveau, montrent que partout, sauf quel- ques exceptions peu étendues et toutes locales, la surface du globe s'éloigne fort peu de la surface de niveau que ces eaux déterminent. » Comment admettre, après cela, avec M. Hansen, que la surfiice de la Lune serait assez différente d'une surface de niveau, pour que l'atmosphère lunaire, s'il y en a une, se trouvât reportée tout entière sur l'Iiémisphère que nous ne voyons pas, tandis que l'hémisphère tourné vers nous eu serait complètement privé? Il me semble que cela n'est pas possible, tant que nous n'aurons pas des raisons puissantes pour croire que la Lune pré- sente, dans sa constitution, des conditions tout autres que celles du globe que nous habitons. » La base sur laquelle M. Hansen s'appuyait pour établir l'idée que je combats en ce moment venant d'être fortement ébranlée, sinon tout à fait anéantie, par M. Simon Newcomb, les considérations que je viens de pré- senter perdent certainement de leur importance; j'ai pensé cependant qu'il n'était pas inutile de les soumettre à l'Académie. » CHIMIE MINÉRALE. — Recherches sur l'acide azoteux; par M. E. Freny. « La chimie minérale, trop délaissée aujourd'hui, offre cependant encore aux chimistes des sujets de recherches nombreux et intéressants. Les ques- tions de chimie élémentaire, que l'on croit épuisées, peuvent presque tou- jours être reprises utilement, et le corps qui paraît le mieux étudié présente souvent de grandes lacunes dans sou histoire. ( 6-2 ) » Ces considérations s'appliquent à plusieurs acides minéraux, et parti- culièrement à l'acide azoteux, qui, par la mobilité de ses éléments, se prête, comme les substances organiques, aux réactions les plus variées. » Déjà, dans mes recherclies sur les acides sulfazotés, j'ai démontré le parti (pie l'on pouvait tirer de l'acide azoteux pour produire toute une classe nouvelle d'acides doubles. » Dans cette Communication, je me propose d'étudier de nouveau cet acide, qui intervient dans un grand nombre de phénomènes chimiques et qui joue un rôle si considérable ilans la fabrication, encore obscure, de l'acide sulfurique. » L'acide azoteux présente trois caractères qui le recommandent à l'at- tention des chimistes : » 1° L'eau le dédouble en acide azotique et en deutoxyde d'azote; » 2" Il agit comme réducteur ou comme oxydant dans plusieurs réac- tions; M 3" Il peut être lui-même décomposé sous l'influence des corps hydro- génés et se modifier par substitution. » C'est l'élude de ces trois phénomènes qui m'a particulièrement occupé dans ce travail; je parlerai d'abord de l'action de l'eau sur l'acide azoteux. » On admet généralement que cet acide se dédouble dès qu'il arrive au contact de l'eau; cette décomposition est représentée par la formule sui- vante : 3AzO'-l-HO = AzO»,IIO + 2AzO^ C'est elle qui, dans la théorie de la fabricalion de l'acide sulfurique, permet d'expliquer la régénération de l'acide azotique. » Pour étudier ce curieux dédoublement, je me suis placé dans deux conditions différentes. J'ai fait arriver, dans une première série d'essais, une petite quantité d'eau dans un grand excès d'acide azoteux; dans d'au- tres expériences, l'acide azoteux se rendait au contraire lentement dans un excès d'eau : les phénomènes ont varié avec les quantités d'eau que j'em- ployais. » Lorsqu'une faible proportion d'eau vient réagir sur un excès soit d'acide azoteux pur, soit d'acide hypoazolique, Az^O', soit d'acide azoto- sulfurique, 2S0% AzO',110, j'ai constaté qu'il se forme de l'acide azotique el qu'il ne se dégage que du deutoxyde d'azote. I^our vérifier ce fait, j'ai produit ainsi plus de 20 litres de deutoxyde d'azote qui a été absorbé par le sulfate de protoxyde de fer sans laisser de résidu; il était donc absolu- ment |)ur. ( 63 ) » Les phénomènes ne sont plus les mêmes lorsqu'on tait arriver clans un grand excès d'eau froide de l'acide azoteux pur, on les combinaisons de cet acide avec les acides azotique et sulfnrique. J'ai constaté alors un fait qui m'a surpris, parce qu'il est en contradiction avec ce que l'on pro- fesse d'habitude : c'est que l'acide azoteux, soit pur, soit eu combinaison avec d'autres acides, peut se dissoudre dans l'eau sans éprouver de décom- position. » Une pareille dissolution, qui, pour d'autres corps, n'aurait aucune importance, est au contraire très-intéressante lorsqu'il s'agit de l'acide azo- teux; on sait en effet combien il est difficile d'étudier cet acide à l'état de vapeur; sa dissolution dans l'eau m'a permis de constater sur ce corps pUi- sieurs propriétés nouvelles. )) La dissolution d'acide azoteux est beaucoup plus stable qu'on ne pour- rait le croire : elle se conserve pendant plusieurs jours à la température ordinaire; l'ébullition la décompose en produisant de l'acide azotique et du deutoxyde d'azote; même dans ces conditions, la décomposition de l'acide azoteux n'est pas instantanée. » L'eau froide dissout également, sans décomposition immédiate, les combinaisons de l'acide azoteux avec les acides sulfnrique et azotique. Ces liqueurs permettent même de faire toutes les expériences que l'on pourrait exécuter avec la dissolution d'acide azoteux, car elles sont beaucoup plus stables qu'elle. )) Les corps divisés agissent d'une manière remarquable suv la dissolu- tion d'acide azoteux. Lorsqu'on introduit dans ce liquide des substances pulvérulentes qui ne peuvent agir que |)ar leur présence, telles que du sable, du plâtre et surtout du charbon, l'acide azoteux se dédouble immé- diatement en dégageant du deutoxyde d'azote et en produisant de l'acide azotique. » J'ai dit que la seconde propriété intéressante de l'acide azoteux était son pouvoir réducteur; sous ce rapport, il peut être en quelque sorte assi- milé à l'acide sulfureux. » Dans mon Mémoire sur l'osmium, j'avais déjà employé avec avantage les azotites pour réduire les osmiates et produire, à l'état cristallisé, les nouveaux sels que j'ai décrits sous le nom iVosmites. » Cette puissance de réduction appartient aussi à l'acide azoteux ; la dissolution dans l'eau décompose à froid le permanganate de potasse et réduit inunédialeuient le chlorure d'or. » Une liqueur titrée de permanganate de potasse m'a servi souvent pour C 64 ) déterminer la quantité d'acide azoteux libre qui se trouve dans une liqueur, ou celle qui est engagée en combinaison avec l'acide sulfiiriquc dans l'acide azotosulfurique. M L'acide azoteux agit sur l'acide sulfliydrique comme l'acide sulfureux ; il le décompose immédiatement en précipitant du soufre. » Il déplace le brome et l'iode des bromures et des iodnrcs, en oxydant les métaux et en donnant d'abord à ces sels une réaction alcaline, comme M. Cloëz l'a prouvé : la dissolution trés-étendue d'acide azoteux exerce donc absolument la même réaction que l'ozone sur les papiers ozono- métriques. » De toutes les propriétés de l'acide azoteux, les plus intéressantes sont celles que l'on observe dans la réaction de l'acide sulfureux et de l'hydro- gène sur cet acide. » Lorsque l'acide sulfureux réagit à froid sur l'acide azoteux, il se forme d'abord quelques-uns de ces acides doubles que j'ai décrits dans mes recherches sur les sels sulfazotés. » Ces acides ne résistent pas à l'action de la chaleur ; aussi lorsqu'on fait agir, à chaud, l'acide sulfureux sur l'acide azoteux, obtient-on les produits de dédoubleir.ent des acides sulfazotés, c'est-à-dire de l'ammo- niaque, du deutoxyde d'azote et même du protoxyde d'azote. » Si l'on fait passer à froid de l'acide sulfureux dans de l'acide azoto- sulfurique, tel que celui qui se produit dans la colonne de Gay-Lussac, c'est du deutoxyde d'azote pur qui se dégage. » Mais lorsqu'on mélange deux dissolutions d'acide sulfureux et d'acide azoteux et qu'on chauffe légèrement la liqueur, on obtient alors du prot- oxyde d'azote. » En présence de ces deux faits importants, l'action de l'acide sulfureux qui décompose l'acide azotosulfureux et qui en dégage du deutoxyde d'azote, et la transformation de l'acide azoteux en protoxyde d'azote sous l'uiflueuce de l'acide sulfureux, il m'est impossible de ne pas faire ressortir ici tout l'intérêt que présentent ces observations au point de vue de la pro- duction industrielle de l'acide sulfurique. » On saitque, théoriquement, dans la fabrication de l'acide sulfurique, le composé nitreux agissant sur l'air et sur l'eau devrait se régénérer toujours. » Mais la pratique ne confirme pas les indications de la théorie ; on est loin de régénérer en grand tout l'acide azotique que l'on a employé, et c'est par des sommes considérables qu'il faut représenter les quantités de composés nitreux qui sont perdues. ( 65 ) » Les causes de celte perle sont à peu près inconnues : les réaclions de l'acide azoteux que je viens de signaler me paraissent de nature à les taire connaître et permettront peut-être de les éviter. » En m'appnyant sur les faits qui précèdent, je n'hésile pas à dire que c'est l'acide sulfureux en excès qui est la cause principale de la perle du composé niireux dans la fabrication de l'acide sulfurique ; c'est lui (jui, en traversant la colonne de Gay-Lussac, décompose l'acide azotosulfurique qui s'y trouve et en dégage du deutoxyde d'azote, qui est absolument perdu pour la fabrication; c'est encore lui qui décompose à cliaud le com|)osé nitreux et le change en protoxyde d'azote, qui ne peut plus être utilisé dans les chambres de plomb. » Il faut encore ajouter que l'acide azoteux n'est pas le seul composé nitreux qui soit transformé en protoxyde d'azote pai- l'action de l'acide sulfiueux : j'ai recoiuiu que l'acide azotique lui-même est ramené facile- ment à l'état de protoxyde d'azote, lorsqu'on le chauffe avec une quantité suffisante d'acide sulfureux. » En me résumant sur ce point, je dirai donc cjue l'excès d'acide sulfu- reux dans les chambres et réchauffement exagéré des gaz, sont les causes véritables de' la consommation inutile des composés nitreux dans la fabri- cation de l'acide sulfurique. » Les considérations théoriques que je viens de présenter sont du reste confirmées par les observations industrielles. Des fabricants attentifs ont souvent signalé la présence du protoxyde d'azote dans les chambres de plomb. » Si l'action de l'acide sulfureux sur l'acide azoteux m'a conduit à des conséquences qui intéressent la chimie industrielle, la décomposition de l'acide azoteux par l'hydrogène me permettra d'établir plusieurs faits qui me paraissent |)réseuter, au point de vue de la théorie, une importance incontestable. » Pour apprécier les proportions d'acide azoteux contenu dans une li- queur, j'ai souvent eu recours à la réduction de cet acide par l'hydrogène, que j'aurais appelé naissatit, avant le Mémoire si intéressant que notre sa- vant confrère M. H. Sainte-Claire Deville a lu dans la dernière séance île l'Académie. » J'oxyde l'acide azoteux par le permanganate de potasse, et ensuite je transforme par l'hydrogène l'acide azotique en ammoniaque, que je dose au moyen de l'acide sidfurique titré. C.K., 1870, i" Si-meHie.(T.L\X, N" 2.) 9 (66) » Pour arriver à des détermirlations exactes, j'ai dû examiner toutes les circonstances qui accompagnent celte rédnction. Dans le cours de cette étude, j'ai obsei'vé un fait que je crois iuiportant. » Lorsque l'acide azotique est soumis à l'action de l'hydrogène, il se transforme d'abord en acide azoteux, comme M. Terreil l'a constaté, puis en amtuoniaque. Mais ces deux corps ne sont pas les seuls qui se forment dans la réaction ; il s'en produit un troisième, que j'ai reconnu à l'influence qu'il exerce sur le permanganate de potasse. » Les azotites alcalins n'agissent pas sur ce réactif, tandis que le nou- veau corps décompose le permanganate de potasse, même en présence d'un grand excès d'alcali. » C'est ce caractère, en apparence peu important, qui m'a guidé cepen- dant dans les recherches difficiles dont je vais faire connaître les résultats. » J'ai pensé que le nouveau corps devait être produit par l'action des réducteurs sur l'acide azoteux ou sur les azotites; j'ai donc soumis ces deux composés à l'influence de tous les agents de réduction que nous con- naissons, tels que l'hydrogène, l'acide sulfureux, l'acide sullhydrique, les sulfures, les métaux alcalins, le zinc, l'aluminium, le magnésium, etc. Presque tous ces corps, en agissant sur l'acide azoteux ou sur les azotites, ont produit le composé que je cherchais, mais toujours en quantité trop faible pour en faire même une étude superficielle. » Après bien des essais infructueux, je suis arrivé enfin à trouver vuie réaction très-simple qui m'a permis de produire en quantité notable le corps que je n'avais fait qu'entrevoir jusqu'alors : je veux parler ici de la décomposition des azotites par l'amalgame de sodium. » Pour éviter toute influence des corps étrangers, je prépare d'abord l'azotite de potasse en calcinant du nitre dans une capsule de platine, je le fais dissoudre dans l'eau et je le soumets à i'action de l'amalgame de sodium : j'ai opéré également sur l'azotite de soude que l'on peut obtenir très-pur, car il cristallise avec luie grande facilité. » Dans ce cas, l'azotite est réduit, et j'obtiens alors facilement le corps que j'avais produit dans d'autres réactions et qui se reconnaît aux carac- tères suivants : » Il possède un pouvoir réactif très-énergique; il décompose immédia- tement et à froid les sels d'or, d'argent, de mercure et de cuivre; les trois |)remiers sels laissent précipiter les métaux purs; le sel de cuivre produit de l'hydrate de protoxyde; il décolore le permanganate de potasse, même en présence d'un excès d'alcali, ce que ne fait pas un azolite; il peut être ( fi? ) évaporé à sec dans le vide sans se décomposer, il résiste pendant longtemps à l'action de l'ean bouillante; l'acide acétique ne le détruit pas, mais il est décomposé par les acides énergiques; dés qu'on le chauffe avec un excès d'alcali, il dégage de l'aaunoniaque et perd immédiatement ses propriétés réductives : dans celte décomposition, il se dégage en même temps du ])rot- oxyde d'azote. » Quelle est la nature d'un pareil corps, qui se forme dans l'action de l'hydrogène sur les azotites et qui est un réducteur plus énergique que l'acide azoteux? » Doit-on le considérer comme une sorte de corps amidé, comme un acide azoteux hydrogéné, ou comme lui acide moins oxygéné que l'acide azoteux? » On comprend que je n'oserai me prononcer sur un fait aussi important que lorsqu'il me sera possible de produite le nouveau corps à l'état de pureté et en quantité suffisante pour en faire une étude complète. » Ce qui, du reste, augmente à mes yeux l'intérêt de la question que je traite devant l'Académie, c'est que l'acide azoteux n'est pas le seul acide qui puisse produire un composé réducteur par l'action de l'amalgame de sodium : cette propriété s'étend aux acides de la même classe. Je me trouve donc probablement en présence d'un nouveau groupe de composés chi- miques. » J'ai reconnu, en effet, qu'en soumettant l'acide arsénieux ou les arsé- nites à l'influence de l'amalgame de sodium, ou obtient un corps réducteur aussi actif que celui qui dérive de l'acide azoteux, mais qui est encore moins stable. » Il réduit à froid le permanganate de potasse, les sels d'or, d'argent, de mercure et de cuivre. Il se dissout dans l'eau; sa dissolution est incolore, mais elle se décompose spontanément en devenant d'abord brune et en laissant déposer de ihydrure d'arsenic. » Dès que l'hydrure arsenical s'est précipité, la liqueur a perdu tout pouvoir réductif, comme le composé azoté lorsqu'il a dégagé de l'ammo- niaque. « Ces deux composés azotés et arsenicaux me paraissent donc être abso- lument de même nature : le but principal de cette Communication était de faire connaître leur mode de prodticlion et leurs caractères. » Je présenterai prochainement à l'Académie la suite de ces études, dans lesquelles je suis aidé avec beaucoup de zèle et d'intelligence par un jeune chimiste, M. Maudet. » 9" ( 68) ÉLECTRO-CAPiLLAUiTÉ. — Huitième Mémoire sur les pliénonènes électro- capilldircs (deiixiènie Partie : de lu cause des courunls imis< ulaiies, nerveux, osseux cl (uiUes); par M. Becquerel. (Extrait.) « Galvaiii, Nol)ili, Matteucci, M. chi Bois-Reymond, et autres physiolo- gistes on physiciens éininents ont cherché à jeter les hases de l'électro-phy- siologie, en s'appnyant sur ce fait, que les muscles et les nerfs sont des électronioteurs, quand ils forment des circuits fermés, soit avec un ai'c métallicpie, soit en mettant en comininiication un nuiscle avec le nerf cor- respondant dégagé des tissus adjacents; mais cette propriété ne suffit pas pour démontrer que ces électromoteurs foiiclionnent comme tels dans les coi'ps vivants et interviennent dans les fonctions organiques, attendu qu'on ne trouve pas dans ces corps les conditions vouhies pour qu'il en soit ainsi. Jusqu'ici on n'y a reconnu que l'existence des courants électro-capillaires décrits dans la première Partie de ce Mémoire. » Je me suis attaché, dans la deuxième Partie, à prouver que les cou- rants dont il est question ont une origine chimique et nullement organique, en indiquant et mesurant les forces qui les produisent, et ne prenant pour base que l'expérience. Je ne parle de l'irritabilité des nerfs et de l'excita- bilité des muscles que sous le rapport de l'influence qu'exercent les cou- rants électriques sur ces propriétés. » Les muscles et les nerfs ne doivent donc pas être considérés, dans la théorie électrotonique, comme des piles composées d'éléments organiques, possédant une électiicité propre et qui interviennent dans Us fonctions musculaires et nerveuses. Matteucci et autres chimistes et j)hysioIogistes n'ont pas admis l'existence de ces piles; mais il faut dire aussi qu'ils n'ont rien substitué à la place. » Avant de parler des bases de la théorie électrotonique, j'ai cru conve- nable (le passer en revue les principales théories mises successivement en avant par Davy, Berzélius et Ampère, à l'aide desquelles ils ont cherché à prouver que les actions chimiques avaient une origine électrique, théories que j'ai combattues quand elles parurent. Les objections qu'elles soule- vèrent s'appliquent également à la constitution moléculaire électrique des coijjs organisés; c'est pour ce motif que je les ai exposées avec d'assez grands développecnents. » Davy, en partant de la théorie de contact, avait admis en principe que les substances qui se coudjuient chimiquement présentent des états élec- triques opposés : « En supposant, dit-il, une liberté parfaite, dans le mou- f 69 ) » veinent de lenrs particules, elles doivent s'attirer l'une et l'autre, en vertu )) de leurs pouvoirs électriques, et si ces pouvoirs sont assez exaltés pour » leur donner une force attractive supérieure au pouvoir de l'agrégation, » il se forme une combinaison, en même temps qu'il se dégage de la clia- » leur par la recomposition des deux électricités. » Cette théorie, qui repose sur les effets électriques de contact, a été abandonnée quand j'eus démontré que le contact de deux corps conducteurs qui n'est pas suivi d'une action mécanique, physique ou chimique, ne trouble pas l'équilibre des forces électriques. » Berzélius suivit une autre marche : il supposa que les atomes possé- daient une certaine polarité électrique et une différence d'intensité dans l'ac- tion de chaque pôle. Dans cette hypothèse, les corps étaient électro-positifs ou électro-négatifs, dans les combinaisons, selon que l'un ou l'autre pôle pré- dominait. Il assimilait, en un mot, les atomes des corps à des tourmalines qui deviennent électriques par échauffement ou par refroidissement. Cette assimilation n'était pas justifiée |)ar l'expérience, car les cristaux de tour- maline n'étant électriques que lorsque leur température s'élève ou s'abaisse, et cela encore jusqu'à i5o degrés environ, il devait s'ensuivre que les atomes hétérogènes n'exerçaient aucune action les uns sur les autres, lorsque leur température était constante et ne dépassait pas i5o degrés. Cette théorie ne fut donc pas acceptée. » Ami)ère essaya de lever cette difficulté en admettant que les atomes possèdent, chacun, suivant leur nature, une électricité propre, les uns étant positifs, les autres négatifs, et en outre une atmosphère d'électricité contraire, qui dissimule leur électricité propre. Une combinaison a-t-elle lieu, les atomes se débarrassent de leurs atmosphères, en produisant de la chaleur, et restent unis en vertu de l'attraction réciproque de leur élec- tricité désigne contraire. Dans la décomposition, les atomes reprennent leurs atmosphères. Celte théorie présentait de graves difficultés, elle n'ex- pliquait pas, par exemple, comment deux corps électo-positifs ou électro- négatifs pouvaient se combiner ensemble, comment deux atomes possé- dant une électricité contraire entourés de leurs atmosphères pouvaient réagir l'un sur l'autre, etc., etc. » Cette théorie, quoique très-ingénieuse, ne fut pas adoptée. Dans la théorie électrotonique, on considère les molécules organiques comme ayant une forme cylindrique dont les axes sont parallèles à l'axe du nuiscle; la surface des cylindres est éleclrisée positivement, les laces des bases tour- nées vers les sections transversales des muscles sont chargées d'électricité ( 7o) négative; tous les cylinrlres se trouvent dans un liquide conducteur indif- férent. D'après cette description, les électricités de même nom de deux surfaces tournées l'une vers l'autre, se détruisent réciproquement (i). Or, on ne peut admettre que les électricités de même nom de deux surfaces tournées l'une vers l'autre se détruisent; elles se repoussent seulement. D'un autre côté, cette pile jouirait de cette singulière propriété qu'en ia coupant en deux, les deux surfaces séparées posséderaient la même électri- cité, ce qui est contraire à la constitution de la pile voltaïque; d'autres objections peuvent être encore faites à cette théorie, qui ne peut être admise, comme je le démontre dans mon Mémoire. » Je parle ensuite des courants musculaires et nerveux. Il ne suffit pas d'avancer qu'il y a un courant électrique dans les êtres vivants, par cela même qu'on observe une production d'électricité lors de la réaction entre deux liquides différents, séparés par une membrane ou lui tissu cellulaire; il faut encore faire connaître le corps conducteur solide, à l'aide duquel se produit le courant électrique qui agit comme force physique et comme force chimique : cette condition est remplie en ce qui concerne les courants électro-capillaires auxquels je rapporte les phénomènes de nutrition des tissus, et nullement dans l'hypothèse dont il est question. » Je passe ensuite à l'état électrotonique. » Lorsqu'on fait passer un courant constant dans une certaine longueur de nerf, ce nerf éprouve un changement dans son irritabilité. M. du Bois- Reymond a appelé ce nouvel état élecliotonique. M. Pfluger, en analysant ce phénomène, a constaté que l'irritabilité du nerf, dans le voisinage de l'électrode négative est augmentée, et diminuée près de l'électrode positive, et que dans l'intervalle se trouve un point neutre. Dans ce mode d'expéri- mentation il y a des effets physiques et des effets chimiques produits; Fa- raday a appelé les |)remiers éleclro Ioniques, acception différente de celle que l'on a doiuiée à l'état du nerf |)arcouru par un courant; ces effets résul- tent de l'état de tension dans lequel se trouvent les molécules du nerf pendant le passage du courant dans un fil conducteur, lequel produit, quand il cesse, un courant d'induction dans le même sens que le courant initial; dans un métal, le retour des molécules à leur état naturel d'équilibre est inunédiat; mais on ignore s'il en est de même dans les corps médiocres conducteurs comme les nerfs. D'un autre côté, le courant électrique opère des transports de matières du pôle positif au pôle négatif, au travers des tissus. Quant à (i) Eléments de Physiologie du D'' Ermann, traduction du D'' Onimus, p. ■}.^i. ( V ) l'action électio-chiinique du courant, elle consiste en ce que le coiu'ant dépose, sons l'électrode négative, de l'alcali, et de l'acide sous l'électrode positive; l'acide coagule en même temps l'albumine, dans la zone acide; toutes ces causes doivent agir sur l'irritaLililé du nerf, notamment l'al- cali en l'augnienlant, comme on le sait, l'acide en la diminuant dans les zones où ils se trouvent; les effets produits sont donc complexes. Entre les deux zones, où \\ n'y a ni acide, ni alcali, l'irritabilité du nerf n'est pas changée. » Dans le courant propre de la grenouille, tel que l'ont mis en évidence d'abord Galvani, puis Nobili, la cessation de la contraction du muscle de la jambe, au bout de peu de temps, dépend non-seulement de 1 affaiblissement de l'irritabilité du nerf, mais encore d'une polarisation secondaire donnant lieu à \\n courant en sens inverse, dont on démontre l'existence. w II est à remarquer, toutefois, que l'expérience de Galvani ne réussit qu'autant que les nerfs lombaires sont isolés des tissus environnants, ce qui exclut déjà la possibilité de l'existence de semblables courants dans les êtres vivants. Des expériences rapportées dans mon Mémoire vieiuient à l'appui de cette conclusion. » r.e courant musculaire, découvert par Matteuci, et le courant nerveux par M. du Bois-Reymond, est celui que l'on obtient lorsqu'on met en com- munication métallique un point de la surface avec un autre d'une section transversale ou près de la svu'face, ou sans comnuuiicaliou métallique immé- diate, comme on le fait avec l'appareil de M. du Bois-Reymond ; ces courants allant de l'intérieur à l'extérieur du tissu, en suivant le conducteur, ont sans aucun doute une origine chimique, et on peut en constater l'existence pendant plusieurs semaines avec certaines précautions ; ce courant est dià à la réaction des liqnides intérieins, qui sont alcalins, sur les liquides extérieurs, qui le sont moins, ou à l'état neutre. Quand la pulréfitction est avancée, l'intérieur devenant plus fortement acide, le cornant a lieu quelquefois en sens inverse. » Les tendons, les artères, les veines, les intestins, les os et tous les tissus, comme on l'a vu dans mon précédent Mémoire, donnent des courants dans le même sens et dans les mêmes conditions. » Le courant osseux, qui ne diffère en rien du courant nuisculaire sous le rapport de sa formation, est remarquable par l'intensité de la force élec- tromotrice de l'électricité qui le produit et par sa durée: aussi en ai-je fait une étude spéciale. Voici la marche que j'ai suivie pour mettre en évidence ses propriétés. ( 72 ) » La première question à résoudre est la détermination de la force électromotrice des liquides qui humectent les tissus, et qui dépend de leur composition, force qui a une grande importance dans les phénomènes de la vie, abstraction faite de celle qui concerne le sang artériel et le sang veineux, dont on s'est déjà occupé, et sur laquelle j'ai l'intention de re- venir. >> J'ai commencé par chercher la force électromolrice des liquides du tissu osseux, qui est plus stal)le que celle des liquides des autres tissus. Le con|)le osseux d'un animal nouvellement tué est formé de deux lames de |ilatine dépolarisées, en rapport avec im galvanomètre, et d'eau dis- tillée; l'une est introduite dans la moelle, l'autre est appliquée sur la surface de l'os, qui est plongé ensuite dans un vase contenant de l'eau distillée. Ce couple donne naissance à un courant dirigé de l'intérieur à l'extérieur, comme celui du muscle, lequel polarise les lames aussitôt que le circuit est fermé; il fallait donc chercher un moyen de déterminer avec exactitude la force électromolrice au moyen de la déviation de l'aiguille aimantée par première impulsion ; ou y parvient à^ l'aide de la méthode connue, dite /^nr opposition, laquelle consiste à op|)oser, au courant qui produit celle déviation, un coiu'ant variable, provenant d'un certain nombre de couples possédant, chacun, la même force électromolrice; le nombre de couples nécessaire pour que l'aiguille garde le zéro donne la force électromotrice du courant par rapport à celle d'un couple pris pour unité. » Au lieu d'employer une pile thermo-électrique, j'ai fait usage d'une pile composée de couples hydro-électriques, d'un usage facile, et qui se trouve dans les conditions voulues pour résoudre la question. Cette pile a été étudiée, d'une manière toute spéciale, par M. Edm. Becquerel, et dont il fera connaître à l'Académie les résultais qu'il a trouvés dans les recherches qu'il a entreprises sur la force électromotrice produite au contact des liquides. » (2ette méthode est applicable également à la détermination des forces électromotrices des liquides dans les tissus des animaux vivants, sans y produire de lésions bien sensibles, forces qui donnent naissance aux cou- rants électro-capillaires auxquels je rapporte les phénomènes de nutrition dans les tissus. » Les uf)uduxMises expériences que j'ai faites sur la force électromolrice des liquides qui humectent la moelle des os et les parties contiguès ont montré que cette force est environ moitié de celle du couple à stdfaie de ( 7^ ) cuivre, force à laquelle on était loin de s'attendre. En accouplant deux de ces couples eu pile, on a une force éleclroniotrice double, ainsi de suite. Celte force, qui est constante pendant quelque temps, augmente ensuite peu à peu, à mesure que l'eau distillée dans laquelle plonge l'os se charge de matières organiques, qui, en se décomposant, rendent l'eau acide. Cette eau, en réagissant sur le liquide alcalin de la moelle, donne une force électromotrice d'autant plus grande, qu'elle contient plus d'acide, mais ne dépasse guère jusqu'ici les trois quarts de celle du couple à sulfate de cuivre très-légèrement. » L'explication que j'ai donnée du courant osseux reposant sur la struc- tiu-e de l'os, j'ai dû faire un exposé détaillé de cette structure et de ses relations avec les tissus adjacents. Il résulte de cet exposé que le courant osseux a une origine semblable à celle du muscle et du nerf, quand l'inté- rieur et l'extérieur sont mis en comnuuiication avec un arc métallique non oxydable. Or, la moelle se trouvant non-seulement dans le canal médullaire, mais encore dans toutes les cavités osseuses et les canicules, elle est ainsi répartie dans toutes les parties de l'os, excepté dans les nerfs, les vaisseaux et les parties solides des os; il en résulte que, partout où elle se trouve, il se déga^^e de l'électricité négative, par suite de sa réaction sur les liquides am- biants, qui prennent de l'électricité positive; il se manifeste des courants aussitôt que la communication métallique est établie. 1) Que se passe-t-il avec cette communication, non-seulement dans les os, mais encore dans les autres tissus ? Les effets doivent être les mêmes que dans les appareils à tubes fêlés ou à membranes poreuses, quand les deux liquides communic[uent ensemble au moyen d'un fil et de deux lames de platine; dans ce cas, la presque totalité de l'action électrochimique, au lieu d'avoir lieu dans les espaces capillaires, s'opère sur les lanips dont la con- ductibilité est meilleure que celle des parois de ces espaces. Vient-on à enlever les lames, les actions électro-capillaires recommencent aussitôt. On peut tirer de là la conséquence qu'avec l'os, la lame de platine placée dans la moelle s'empare de l'électricité négative devenue libre, dans toutes les parties où elle se trouve, tandis que l'autre lame, appliquée sur le périoste, prend l'électricité positive des liquides ambiants, et alors les actions capil- laires cessent à peu près partout; avec les muscles et les autres tissus, de pareils effets doivent être produits. » Si donc on avait un moyen de mettre en communication métallique la partie intérieure d'un muscle ou dun os avec sa surface, dans un corps vivant, on ferait cesser probablement les actions électro-capillaires, et, par C. R., 1870, !«■• Semestre. { T. LXX, N" 2.) ' '^' suite, les phénomènes s raiumal avec cet appareil. J'entre ensuite dans de nouveaux détails sur les changements qui s'o|iérent dans l'irritaliilité des nerfs par l'ac- tion d'un courant, et qui sont dus à une action physique et à une action chimique. )) J'ai examiné également le courant produit dans la contraction mus- culaire; mes expériences m'ont amené à conclure qu'il n'y a seulement (pi'une diminution dans l'intensité du courant résultant d'un changement instantané dans la composition du suc musculaire intérieur, qui devient un peu moins alcalin que lorsque le nuiscle est à l'élat de repos. En répé- tant un certain nonibre de fois la contraction, on finit par constater le fait : cette opinion est également celle de M. du Bois-Reymond. » En résiuné, les faits exposés dans ce Mémoire conduisent aux consé- quences suivantes : les courants musculaires nerveux, osseux et autres, que l'on observe dans les êtres vivants ou morts, lorsque les tissus forment . des circuits fermés, en mettant en communication l'inlériein- avec la surface, soit avec un fd de métal, soit avec un nerf isolé de tous les tissus adjacents, ont une origine chinnque et ne proviennent nullement d'une organisation électrique des muscles et des nerfs ; de sorte que l'on i\e peut faire dépendre les fonctions musculaires et nerveuses de cette organisation. « Les courants électro-capillaires jouent le principal rôle dans ces mêmes fondions; ce sont les seuls courants dont l'existence soit bien constatée jusqu'ici; dans les corps vivants, ils sont produits partout où il y a deux liquides différents séparés par une membrane cellidaire. La vie duninuaut, les cellules s'agrandissent, les liquides se mêlent, les courants électro- capdlaires cessent, et la putréfaction commence; la s'arrêtent les recher- ches du phy.sicien, car tout ce qui tient à l'excitation cérébrale transmise au système sensitil, qui réagit par une action réflexe sur les nerfs moteurs, ainsi qu'à l'action mécanique du cœur, dépend de la physiologie et non de la physique. » ÉLECTRO-CHIMIE. — Nolc sur In (lëtrntiiiintion fies fnncs ëlectroiiinliiccs failles; jiar M. Edm. Bfxqiierei.. « La déteruiii'.alion des forces éleclromotrices dues aux réactions chi- miques qui ont hci! dans les corps organisés, et dont mon père vient d'en- ( 75 ) tretenir l'Académie, est une question délicate, car il est souvent nécessaire, poiM- manifester la production des cotnants électriques, d'emjdoyer des électrofles en platine qui se polarisent proniptement; en outre, la grande résistance à la conductibilité des liquides et des corps de l'organisme, résis- tance trés-variable dn reste, est un obstacle à ce que l'intensité du coin-ant électrique dévelojipé puisse conduire à donner une mesure exacte de ces effets. » On peut obtenir cependant ce résultat à l'aide de la métliode par opposition, consistant, comme on le sait, à interposer dans le circuit par- couru par un courant, et renfermant uis galvanomètre très-sensible, une pile d'un certain nombre d'éléments avant tous la même force électr'omo- trice, de façon à détruire l'effet de ce courant; on prend alors le nombre des éléments de celle pile normale, qui est nécessaire j)Our atteindre ce point, comme mesure de la force électromotrice chercbée, ou plutôt comme l'expression de la tendance à la production du courant électrique dans le circuit que l'on considère, la résistance à la conductibilité du système n'entrant pas comme élément dans la question. )) Mais il est nécessaire de prendie des précautions sans lesquelles les déterminations ne sauraient être exactes : d'abord la pile normale doit avoir des éléments aussi identiques que possible, et la foice électromotrice de ces éléments ne doit être ni trop forte pour que les éléments à inter- poseï' dans le circuit ne soient pas en petit nombre, ni trop faible de sorte qu'il soit nécessaire d'un trop grand nombre de couples pour réduire à zéro l'intensité du courant. » J.es |)iles ihermo-éleciriques déjà utilisées dans ce but par M. J. Re- guaidt et |)ar M. Gaugain, sont très-propres à cette détermination; car, bien que de faibles quantités de matières étrangères donnent aux nu^- taux un pouvoir tbermo-électrique différent , cependant avec (pielques précautions on peut construire des couples qui ont à peu près la même force électromolrice. Mais si l'on veut mesurer des forces électromo- ti'i( es allant jusqu'à celle d'un couple à acide azotique, à moins d'em- ployer des éléments tliermo-électriqnes formés avec les alliages que j'ai tait coimaître (i), il faut employer un nombre d'éléments de la pile normale pouvant aller jusqu'à 25o ou 3oo et même au delà, et s'astreindre à main- tenir parfaitement constantes les températures des différentes jonctions de ces éléments thermo-électriques pendant toute la durée des expériences. (i) Annales de Chimie et (le P/iysii/ue, ^' sriic, t. ^ III, p. 38i.) ; 1866. 10. ( 76 ) Nénnnioins, quand la température est la même, ces piles ont toujours la même force éloctromolrice. )) On a bien employé également des piles électro-chimiques, mais doul les forces élecfromotrices étaient, en général, trop grandes, de sorte que l'erreur commise en s'arrètant à un petit nombre de couples, pour équili- brer à peu près l'action du courant que l'on étudie, peut être trop considé- rable. Les conditions d'une pile normale de comparaison, dans le cas dont il s'agit ici, peuvent être suffisamment remplies en utilisant la propriété que H. Davy a reconnue au zinc amalgamé de pouvoir former avec le zinc ordinaire lui couple voltaïque. La force électromotrice développée quand deux électrodes semblables aux précédentes sont plongées dans une disso- lution saturée de sulfate de zinc est très-variable et dépend non-seulement de l'état de la surface des lames, mais encore de l'acidité de la dissolution. Cependant elle peut être rendue à peu près constante pendant un temps assez long, même pendant plusieurs jours. C'est une des plus basses unités élec- tro-chimiques dont on puisse faire usage et qui est d'un emploi facile, mais avec cette précaution indispensable d'éviter la polarisation des lames et de comparer fréquemment la force électromotrice d'un certain nombre d'élé- ments, aussi semblables entre eux que possible, avec celle de couples con- nus, comme celui formé par le zinc amalgamé et le cadmium plongeant dans leurs sulfates respectifs, ainsi qu'avec le couple zinc amalgamé-cuivre, sul- fate de zinc-sulfate de cuivre, dont la force électromotrice est généralement prise pour unité. » Voici comment on peut disposer une pile électro-chimique normale de ce genre : chaque couple renferme deux électrodes en zinc laminé ordinaire, dont l'une seulement est amalgamée, et qui plongent dans une dissolution saturée à froid de sulfate de zinc piu-; cette dissolution est rendue la moins acide possible par une ébullition prolongée avec du carbonate de zinc. Afin que les lames ne se touchent pas, on les sépare dans chaque couple au moyen d'un diaphragme poreux en biscuit de porcelaine, comme dans les couples à deux liquides, mais de sorte que la même dissolution se trouve des deux côtés du diaphragme. Il n'est pas nécessaire que les couples aient de grandes dimensions : des diaphragmes de 2*^, 5 de diamètre sur 4 centimètres de hauteur suffisent; les vases extérieurs de chaque élément ont alors 3*^,5 de diamètre sur 5 centimètres de hauteur. Cependant, avec de plus grandes dimensions la composition du licpiide reste plus longtemps la même, et la force éleclromotrice des couples varie moins vite; on a donc avantage à se servir de plus grands couples, quand on veut maintenir pendant longtemps ( 77 ) la constance de la pile. On réunit les pôles opposés de chaque cou|)le par des fils de cuivre soudés aux hunes de zinc, lesquels fils plongent dans des tubes contenant du mercure, de sorte qu'à l'aide de ces derniers on peut aisément interposer dans un circuit un nombre variable de couples depuis l'unilé jusqu'à la somme totale des éléments de la pile. » Une pile de ce genre qui vient d'être montée n'a pas immédiatement toute son énergie; il faut plusieurs heures pour qu'elle offre une force élec- tromolrice à peu près constante, et qui se maintieiuie telle pendant quel- que temps. Avec une dissolution saturée de sulfate de zinc pur, rendue la plus neutre possible, et une pile de la dimension indiquée plus haut, j'ai reconnu que, pour compenser l'action exercée sur un galvanomètre par un couple zinc amalgamé-cadmium, sulfate de zinc-sulfate de cadmium, il a fallu un nombre d'éléments qui a été d'abord de 67, et qui s'est maintenu à peu près tel pendant quelque temps. Au bout de troisjours, la pile étant restée moulée, l'action avait changé, et le nombre d'éléments nécessaires pour cette compensation était devenu l\o. La force électromotrice de chaque couple de cette pile par rapport à celle du couple zinc-cadmium était donc d'abord -r-; et était arrivée à -y-- » Avec une autre dissolution, également saturée mais un peu moins neutre, une pile de 4o éléments, après vingt-quatre heures d'action, a donné pour chaque élément, par rapport à la même unité, le nombre -^tt'i puis ce nombre, s'abaissant très-lentement d'un jour à l'autre, est devenu = J 19,5 quatre jours après; ainsi pendant ces quatre jours, le nombre de couples équivalent au couple zinc-cadmium en force électromotrice n'a varié que de 18,5 à 19,5. En laissant fonctionner la pile, la force éleclromotrice de chaque élément est devenue — après six jours, et -^ dix jours après le commencement de l'action. Mais chaque jour, pendant plusieurs heures, la force électromotrice ne changeait pas d'une manière notable, de sorte que l'appareil pouvait servir aux comparaisons des forces électromotrices qu'on avait en vue d'étudier. » Une autre pile dont la dissolution de sulfate de zinc avait été légère- ment acidulée a donné d'abord, pour chaque élément, une force électromo- trice de —7 par rapporta la même unité; puis un nombre qui, deux jours après, a commencé à diminuer. En acidulant davantage la dissolution, la ■( 7» ) fraction représentanl la force électromotrice de chaque couple a de nou- veau augmenté de valeur. M Ainsi, en ayant soin de rapporter aux unités connues les forces élec- tromotrices des couples d'une pile seiublable aux précédentes dont la force électromotrice n'est pas toujours la même, avec loo éléments lorsque le sulfate de zinc n'est pas trop neutre, on peut faire la plupart des compa- raisons dont on a besoin dans les expériences physiologiques dont il s agit ici. Dans une des comparaisons ci-dessus, il a fallu entre i8 et 19 éléments, mais plus près de 19, de la pile de comparaison pour égaler en force électromotrice le couple zinc amalgamé-catlmium ; pour le couple zinc amalgamé-cuivre, sulfate de zinc-sulfate de cuivre, il a fallu uu uombn; d'éléments compris entre 58 et 59, très-près de Sg. D'après cela, le rapport des forces électro-motrices de ces deux couples serait ^^ 0,322; or, avec le magnétomètre et la balance électro-magnétique, j'avais trouvé antérieu- rement o, 324 pour le rapport des forces électromotrices de ces deux cou- ples, nombre qui diffère à peine du précédent. » Il y a des précautions à prendre, sans lesquelles les déterminations expérimentales ne donneraient pas des résidtats exacts : lorsqu'on com- pense l'action d'un couple électro-chimique par un nombre d'éléments d'iuie pile normale également électro-chimique, on n'établit qu'un équi- libr'e instable entre les deux courants opposés l'un à l'autre; si c'est le cou- lant de la pile normale (jui l'emporte pendant un instant, les lames du couple opposé se polarisent par dépôt électro-chimique, et sa force électro- motrice baisse aussitôt; alors le premier coiuant tend à l'emporter encore davantage. Si c'est celui du coiq^le qui prédomine,*toules les lames de zinc amalgamé devenant des électrodrs négatives dans les couples, se recouvrent de zinc par la décomposition électro-chimique du sidfate de zinc, et la force électromotrice de chaque élément tend à diminuer. On voit donc que, lorsque le courant l'emporte dans uu sens ou dans l'autre, l'effet s'accen- tue toujours de plus en plus dans le sens du courant le pins fort. Il faut donc opérer par essais successifs, et, après chacun des essais, fermer le circuit de chaque pile sur lui-même pendant plusieuis minutes au moins avant chaque opposition ; il faut ensuite laisser les circuits ouverts pendant |)lus ou moins de temps; de cette manière, on déiruit les effets inverses dus aux dépôts et à la polarisation des lames, et, lors des comparaisons, les choses se présentent toujours dans les mêmes conditions relatives. Quand il s'agit de la détermination de la force électromotrice, due à la ( 79 ) réaction chimique de deux dissolutions dans lesquelles plongent des lames de platine, le circuit formé par ce système doit rester préalablement ouvert pendant un temps suffisant pour flétruire toute polarisation. » Avec ces précautions et en ayant soin de maintenir le liquide an mènn^ niveau dans les couples, ces piles, malgré les changements dont il vient d'être question et les effets de polarisation cju'elles présentent, peuvent être employées utilement. » ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Sui' la istitiition de ranréole solaire, et sur (fiiel- ques purliritlarilés offertes par les qnz raréfiés, lorsqu'ils sont rendus incnn- descenls par les courants électriques. Lettre du P. Secchi à M. le Secré- taire perpétuel (i). « Rome, re 20 décembre i86q. » Dans le Compte rendu de la séance du 6 décembre, M. Gould a exposé quelques idées particulières sur la constitution de l'auréole solaire qu'on a obtenue en photographie en Amérique, pondant l'éclipsé i]u 7 août 18G9. Selon ce savant, l'auréole photogra|jhiée ne serait |ias proprement la cou- ronne, mais cette couche qu'on appelle maintenant la rhromosplière. Celle interprétation touche à une question importante, pour la solution de la- quelle j'ai entrepris quelques recherches : bien qu'elles soient encore incomplètes, je demande pei'missifin de les communiquer à l'Académie. » Je ferai d'abord observer que ce n'est pas la première fois qu'on obtient en photographie l'auréole solaire. Nous l'avons obtenue en Espagne, en 1860, avec la Commission espagnole, en employant le système qu'on a adopté dernièrement en Américpie, c'est-à-dire en prenant l'image directe du Soleil au foyer de l'objectif, sans grossissement. Je donne ci-contr'e une reproduction de ces photographies. Dans le n° 3, qui a été obteiru par une exposition de tr-enle secondes, on observe cette auréole très-diffrrse, s'éten- dant en quelques points jusqrr'à un demi-rayon solaire, j^resque 7 minutes. Mais elle n'est pas régulière tout airtour, el l'on remarque que, dans toirte la région équatoriale, elle est beaucoup plus vive et plus haute qu'aux pôles; elle atteint son maximum dans les régions qui correspondent aux zones où l'activité salaire est le plirs pirissante, c'est-à-dire aux zones des taches et des facules. Dans la relation que j'ai donnée des observations de cette éclipse, et qui a été publiée à part et reproduite dans les IMémoir'es de i863, j'ai fait (i) Cette Letti'e est celle dont il avait été fait mention an Compte rendu du la séance du 3 janvier-. ( 8o ) remarquer ces détails; mais il paraît qu'on n'y a pas fait assez d'attention. Les observations nouvelles viennent donc prouver la prt^cision des nôtres. Photographies directes obtenues en Espagne, le 18 juillet 1860, (ivi-c lu lunette de Cauclioix, du Collège Romain. -1. ! Lqualeur solaire. Êi]iiatoiir solaiie. )) Cette structure, élevée et inégale, de la couche la plus voisine du Soleil, a été confirmée par les observations faites sur les raies do la ehromosphère, et par la grandeur des protubérances, que nous avons toujours trouvées plus élevées dans la zone des taches qu'aux pôles; elle vient d'être plus clairement établie encore par les dernières observations de M. Respighi sur la distribution des protubérances. L'auréole fixée sur nos photographies serait donc, en grande partie, la chromosphère. » Cette coïncidence cependant ne me paraît |ias infirmer l'opinion que la couronne visible soit aussi cette chromosphéie, et que les gloires, ou rayons, dépendent des protidiérances elles-mêmes, au moins en partie, tout en laissant à lillumination produite par eux, sur notre atuiosphcre, ( 8I ) une influence considérable. En effet, il est liors de doute que (ies observa- teurs qui ont fait alleution à cette coïncidence l'ont constatée, comme le P. Cappelletti au Cliili, dans Téclipse de i86S, et les jirofessenrs de Manila à Montarvaloa-Kekée, près de Célèbes, en 1868. » On voit donc l'importance qu'il y aurait à constater cette relation et ces circonstances dans les éclipses futiu'es. M L'étendue de cette atmosplière, qui serait, tant dans nos photographies que dans les dernières photographies américaines, (\e6 à 7 minutes, ne peut pas étonner, car il y a des protubérances qui ont quelquefois au moins 3 mi- nutes, et, an-dessus de celles-ci, des couches d'hydrogène encore plus éle- vées. C'est ce que l'on peut prouver facilement. Nous savons maintenant qu'il est facile de reconnaître l'existence des protubérances sur le disque même du Soleil, en observant les points où la raie noire C de l'hydi-ogène devient plus étroite; la disparition complète et le renversement s'observent dans les taches, mais, en plein disque, on ne réussit ordinairement à obtenir que le rétrécissement de cette raie. On peut donc conclure de là que, au- dessus de ces proéminences, qui, vues directement, donneraient ime raie luiiiineuse, il y a une couche qui absorbe leurs rayons et produit une raie obscure. D'ailleurs, il est certain cpie la limite des raies brillantes dans les proéminences rouges n'est pas, et ne peut pas être, la limite de l'atmosphère d hydrogène ou du mélange d'hydrogène et d'autres gaz. La hautein- des raies n'indique que la région à laquelle l'hydi'ogène a la température voulue pour produire ces raies : lorsqu'il est à une température plus basse, leffet est contraire, et l'on a une absorption. » Mais quelle est la température à laquelle le gaz cesse de donner des lignes brillantes? Cette température n'est pas encore connue: je n'ai pas pu réussir à la déterminer-, mais je vais exposer des recherches qui, peut-être, y pourront conduire. Les résultats obletuis pour quelques gaz nous prépa- reront pour l'intelligence de ce qui appartient à l'hydrogène. Je connnen- ceiai par les expériences sur l'azote. » Si l'on fait passer, au travers d'un tube contenant de l'azote raréfié et formé + ?? et la densité (poids du mètre cube) p. » Il y a, dans ce mouvement, perte de travail d'un côté et gain de l'autre. En égalant la perte au gain pendant l'instant dt, l'équation des magasins de travail donne en négligeant fo^, très-petit par hypothèse. » Faisons o = (/.;. -4- i)c?, â étant la densité du gaz sous la pression atmo- sphérique zs. » 1° Le gaz ayant conservé sa chaleur de compression, on aura (3) v=v/¥xv/^' » 2° Le gaz ayant perdu sa chaleur de compression, on aura (93 ) M 3° Le gaz sortant clans le vide, on aura (5) . V = \/-t- » D'après cette théorie, le ga/- franchit l'orifice avec tonte sa pression et se détend ensnite hitéralement en ref'ouhmt la pression atmosphériqne. La loi de la détente à l'air libre est donc la même que celle de la détente en vase clos. » Foice niolrice d'un courant Jhtide. — Si la vitesse de ce coin-ant est con- stante, la force dont il s'agit aura ponr expression, d'après l'équation (i) du n° 2, (6) t =.- = ,»'., en désignant par m! la masse qni s'écoule par seconde. » Double pression des fluides élastiques. — En remplaçant, dans la formule précédente, s'il s'agit d'un gaz, m' par '^> on obtient (7) F = »A'='^ = 2p. Cette loi est déjà établie pour les liquides. Je l'ai vérifiée par des expériences pour l'air comprimé [voir ma deuxième Communication aux Ingéniem-s civils, octobre i868). » Entrainement de l'air par l'air. — Un jet d'air comprimé, dont la force est /«y, étant lancé dans l'axe d'iui iube ouvert à ses deux bouts, il y aura entraînement de l'air par l'air. Soit M la masse qui sort du tube par seconde avec la vitesse U, la loi de la double pression donne MU (8) mM=~- )) Ventilation par l'air comprimé. — Il suffit de quelques transformations pour obtenir la valeur de la vitesse d'entraînement U, savoir : (9) u = y^^x^xV^., ^diamètre de l'ajutage, D diamètre dn tube, y coefficient de contraction de la veine aérienne, p. nombre d'atmosphères effectives de la pression de l'air moteur. )) 6. Sut! LA COMPRESSiBiLiTii DES GAZ PERMANEiNTS. — Un gaz perma- nent étant renfermé dans un cylindre vertical de longueur ) et de i mètre carré de section, si zs est la pression atmosphérique qui s'exerce à la ba^e (94 ) du cylindre et q le poids du gaz, il est clair que le gaz pourra porter le piston massif zû — q, au-dessus duquel le vide existera. Ce piston tû — q sera son jmlon ntniospliériqite. Si l'on comprime ce gaz par un poids p ajouté à ce piston, la loi théorique de Mariotte donnera {rs - q)l = ip -h^- q)[l — x,); soit (i) X — a-, = — • » Les gaz permanents sont donc inégalement compressibles. Ils se com- priment d'autant moins qu'ils sont plus légers. » Expériences de M. Rerjtiatilt sur la (ompressibilitë des qaz air, azote, acide carhoni(iHC et hydroqcne. — Les gaz éiMut comprimés par des colonnes mercuriclles, le pistou atmosphérique tz — Y, et pour l'hydrogène on avait toujours Y^ ■< Y,. » Ce qui explique ponrquoi les écarts observés marchent dans le même sens pour les trois premiers gaz, et dans le sens contraire pour l'hydrogène. » Du reste ces écarts peuvent se calculer, et j'en ai établi mécanique- ment la formule. En comparant ainsi les écarts donnés par les expériences à ceux que la théorie indique, on trouve des différences très-|)etiles et tout à fait négligeables pour les trois g;iz permanents air, azote et hydrogène. » Les belles expériences de M. Regnault sont donc une vérification écla- tante de la loi théorique de Mariotte. » 7. Mouvements vibratoires des corps élastiques. — La nouvelle méthode permet de déterminer très-simplement le nombre de vibrations N par seconde d'un corps élastique vibrant, quand son centre de gravité se déplace également de part et d'autre de la position d'équilibre. » Le corps étant disposé pour qne le magasin statique reste constant pendant le mouvement vibratoire, s'il s'agit d'un corps solide, le travail ne prendra que les deux formes dynamique et élastique. » Au moment où la vitesse est nulle, le corps est à son maximum de déformation , et possède le magasin élastique maximum E, » Dans une position quelconque, le corps possède : » i" Le magasin élastique E; » i" Le magasin dynamique D. i 95 ) » L'équation des magasins de travail est donc (1) D = E, -E. )) Soit maintenant ele déplacement dn cctilre de gravité dn corps vibrant ou de la portion de corps vibrant dont la niasse est m, j'am-ai d'abord E est évidemment fonction de e. Je puis donc poser (3) E=/(.) = /(o)+/'(o). + /"(o)|+/"'(o)^4-/-(o)^+.... >i Dans les conditions où le problème est posé, on a nécessairement f[o) = o, f'io)=o, /"'(o) = o,.... » On a donc simplement, en négligeant les puissances paires de e supé- rieures à la seconde. e' 2 (4) E = /"(o )) L'équation (i) devient alors (5) feT = -M«ï-^'). 2 \dt 1) J'en tire, pour le temps employé par le corps vibrant, à passer d'une position extrême à la position d'équilibre, (6) i=^l\/'. m 2Â' » Le nombre N de vibrations complètes par seconde étant égal à i-? j'obtiens finalement (7) N = fyf » Le coefficient se déterminera, dans chaque cas particulier, par la rela- tion (8) A = ^. )) Cette formule générale (7) va me permettre de déterminer le nombre de vibrations transversales et longitudinales des cordes flexibles et des verges élastiques, ainsi que la vitesse dn son dans les verges élastiques. En l'appliquant aux vibrations des colonnes gazeuses, elle me conduira, avec ( 96 ) le concours de la nouvelle lliéorie de la compression et de la délente des giiz, à la vérUable valeur de la vitesse théorique du son dans un g;iz per- manent. » CHIMIE. — Aclion du chlore sec sur l'azotale d'arcjenl desséclié. Note de MM. Odet et ViGxox, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « Dans une Note sur une nouvelle méthode de préparation de l'acide azotique anhydre, que nous avons eu l'honneur de présenter à l'Académie dans la séance du 29 novembre 1869, nous disions : « On pourrait peul- » être expliquer la préparation donnée par M. Henri Sainte-Claire Deville, )) pour obtenir l'acide azotique anhydre, en admettant deux phases dans » la réaction. Dans la première, il y aurait production de chlorure d'azo- « lyle avec dégagement d'oxygène, puis réaction du chlorure d'azotyle sur )) l'excès d'azotate d'argent. » » Les équations de ces réactions seraient : AzO^)^, Cl Cl ^ AzO< Aq j°^+Cl=Aq^°--^Cl Cl Cl Cl ~" 'Aq^ |0' Cl ^Aq eq AzO« AzO' ) ^ Cl AzO" ) 2° + '0'= -4- ' 0'. Cl Aq \ Aq ^ AzO^ ( » Nous soumettons aujourd'hui à l'Académie le résultat des expériences que nous avons entreprises, pour vérifier celle manière d'expliquer la mé- thode de préparation donnée par M. H. Sainte-Claire Deville. » Nous avons pu constater qu'il se formait du chlorure d'azotyle, par l'action du chlore sec sur l'azotate d'argent desséché. L'appareil que nous avons employé est celui que décrit JNL H. Sainte-Claire Deville dans son Mémoire [Jnnales de Chimie et de Physique^ ?>" série, t. XXVIII, p. 241). » Le tube à azolate d'argent contenait 80 grammes de ce sel; on le maintenait à une température coniprise entre g5 et 100 degrés. Le courant de chlore sec était réglé de telle manière, qu'il ne passait qu'un litre de gaz en deux heures. » Au bout de cinq heures, nous avons obtenu environ 2 centimètres cubes d'un liquide sans cristaux, condensé dans le petit réservoir. Nous avons détaché le tube à azotate d'argent du tube condenseur, en laissant ce drrnier plongé dans le mélange réfrigérant; puis, pour chasser l'excès de chlore, nous avons fait passer un courant d'acide carbonique sec, jusqu'à ce que les vapeurs entraînées ne décolorassent plus la teinture de tourne- sol. f 97 ) )) Le liquide restant présentait les caractères suivants : il était légère- ment coloré en jaunebriinàtre. Le contact de la main suffisait poui le faire bouillir. Traité par l'eau, il s'y dissolvait sans |iroduciion de vapeurs ruti- lantes. La solution acide donnait, i)ar l'azotate d'argent, un lièsabondaiit précipité blanc, caillebollé, de chlorure d'argent; elle contenait une forle proportion d'acide azotique. » Ces réactions, cpie présente aussi le chlorure d'azolyle, nous autoi iseni à dire que ce corps prend naissance dans l'action du chlore sec sur l'azotate d'argent desséché; elles viennent donc justifier ce (]ue nous avions avancé sur le mode de formation de l'acide azotique anhydre, dans la méthode de préparation de M. H. Sainte-Claire Deville. » Pour faciliter aux chimistes les moyens de reproduire la préparation de l'aride azotique anhydre, nous croyons utile d'indiquer ici une légère modification apportée au système d'ajustage que M. H. Sainte-Claire De- ville décrit dans son Mémoire (p. 241^). Ce système permet d'employer lin appareil formé de plusieurs pièces, en évitant les soudures, qui sont ton- jours fort difficiles, poin- les appareils d'une grande longueur. Voici en quoi il consiste. M Pour raccorder deux tubes, on fait au tube abducteur un renflement dont le diamètre extérieur soit à peu près égal au diamètre intérieur du second tube; au-dessus de ce renflement, on tasse, entre les deux tubes, 2 ou 3 centimètres d'amiante, puis on coule 3 centimètres de paraffine fondue. C'est ainsi que, dans notre appareil, le tube abductem- du chlore élail relié au tube à azotate d'argent, et que ce dernier était ajusté au tube condenseur. La paraffine a parfaitement résisté, durant tout le cours de l'expérience, et à l'action du chlore sec sous pression, et à l'action des vapeurs de chlorure d'azolyle. Nous avions aussi employé ce mode d'ajus- tage dans notre préparation de l'acide azotique aidiydre; la paraffine n'avait pas été attaquée. » Ce travail a été fait au laboratoire de la Faculté des Sciences de Lyon, sons la direction de notre professeur M. Loir. » CHIMIE. — Synlhèse de l'acide suifliydrKjue; par M. A. Boili.ot. « J'ai déjà eu occasion de signaler la combinaison directe de la vapeur de soufre avec l'hydrogène, à la tenq^éralure rouge. i> Aujourd'hui, je viens communiquer à l'Académie le résultat que C, R., 1870, I" Semestre. (T. LXX, N" 2.) '^ ( 98) j'ni obleim, en cherchant à effectuer la combinaison du soufre avec le ^az hytiroi^ène, an moyen de l'électricité. Dans un dé à coudre, rempli de fleur de soufre, j'ai f.iiî arriver deux fils de platine, dont les extrémités étaient distantes de 3 ou 4 millimètres. Ces fils métalliques étaient isolés en passant chacun dans un tube de verre rccoin-bé et fermé à ses deux extiéuiités avec de la cire à cacheter. Les deux tubes étaient fixés verticalement l'un contre l'autre et s'élevaient de i -i- décimètre environ, sur un vase d'eau dans lequel ils plongeaient de quelques centimètres. Les autres extrémités de ces tubes, recourbés en dehois, permettaient de mettre les fils de platine en communication directe avec les électrodes d'une bobine de Ruhtnkorff, produisant l'étincelle d'induction an moyen de /^ éléments ordinaires de la pile (le Bunsen. » Avant de produire l'étincelle, j'ai rempli avec de l'hydrogène, recueilli sur l'eau, une éprouvelte d'un peu plus d'un demi-litre de capacité. » J'ai ensuite recouvert l'ensemble des tubes verticaux portant le dé à leur sommet, avec cette épronvette, ayant eu soin, pendant cette opération, de laisser dégager de l'hydrogène dans l'épronvetle (renversée bien en- tendu), jusqu'à ce que les tubes fussent plongés dans son atmosphère. » L'éprouvette reposait ainsi sur l'eau, et j'eus la précaution, pendant quelque temps encore, de laisser dégager le gaz hydrogène dans son inté- rieur, afin de me mettre aussi complètement que possible à l'abri de l'ac- tion de l'air. » Les choses ainsi disposées, je fis jaillir l'étincelle pendant plus d'une demi-heure. Le soufre, en se volatilisant, communiquait à la lumière élec- trique une belle teinte bleue. L'eau monta de quelques centimètres dans l'éprouvette, et je pus constater la formation d'une très-notable quantité d'hydrogène sulfuré. « CHIMIE AGRICOLK. — /hial/se des eaux contenues (Itins les terres mrihics ; par 31. Th. Schlœsing. V Depuis que certains principes minéraux ont été reconnus nécessaires à la végétation, on s'est beaucoup occupé des conditions de leur assimila- tion. On a d'abord admis qii'ils ne pouvaient être absorbés qu'après avoir été (lissons dans l'eau du sol. Les mémorables expériences de MM. Hux- table et Thompson, et de M.Way sur la propriété absorbante des terres, ont modifié cette opinion, et plusieurs savants éminents, M. Liebig entre autres, ont attribué aux racines le jiouvoir d'assimiler directement les (99) alcalis et les phosphates précipités sur les particules de la terre arah'Ie. Un assez grand nombre d'expériences ont été instituées sur ce sujet, surtout en Allemagne : mais dans les documents venus à ma cotmaissaiice, je li'ai pas encore rencontré d'analyses des solutions contenues dans les sols cultivés, analyses qui semblent cependant essentielles dans la question débattue. Les eaux de drainage, dont la pauvreté a servi d'argument, recueillies après avoir filtré sur un mètre de terre, ne peuvent représenter fidèlement la dissolution qui imbibe la couche arable. Les lysimètres de M]\L Fraas et Zoeller, qui donnent l'eau de drainage de cette seule couche, fournissent des éléments de discussion plus utiles; toutefois les sols ne s'égouttent que sous certaines conditions indépendantes de l'observateur, et les lysimètres ne sauraient recueillir la solution existant à un moment donné, à une profondeur donnée, sous des conditions données de tempéra- ture, décomposition d'atmosphère confinée, d'humectation. » La méthode que j'ai fait connaître [Comptes rendus,\ 866) pour déplacer et obtenir leseaux contenues dans les sols est certainement plus propre à l'étude des corps dissous : elle permet d'opérer au laboratoire et dans les circonstances les plus variées. Depuis sa publication, je l'ai sensiblement améliorée : j'opère actuellement sur 3o à 35 kdogramnies de terre émiettée dans une grande cloche à douille, au moment même où elle est prélevée sur le champ. La pluie artificielle chargée de déplacer la solution est distribuée par un mécanisme dont le moteur est un petit tourniquet hydraulique. Je ne puis décrire ici l'appareil; je dirai seulement qu'il distribue la pluie aussi lentement qu'on le veut, par exemple un demi-liUe en vingt-quatre heures, et avec une telle uniformité que la ligne de démar- cation entre la nuance de la terre saturée d'e.iu et celle de la terre sim- plement humide se maintient constamment horizontale, pendant sa descente, qui peut durer trois, quatre et même huit jours. Je dirai encore que les dis|)ositions adoptées dans mes expériences pei mettent d'analyser l'air confiné dans la terre, d'y faire circulei" de l'air \:,uv ou chargé d'un taux voulu et constant d'acide carbonique;, que les liquides sont recueillis à l'abri de l'air, sous l'atmosphère même de la terre, précaution qui évite la déperdition de l'acide caibonique et le dépôt des matières que ce gaz retient en dissolution. » Je ne puis non plus m'étendre sur mes procédés d'analyse : je sais ce- pendant combien il est nécessaire d'indiquer les méthodes à côté des résul- tats; je renvoie sur ce sujet au Mémoire détaillé que je prépare. Qu'il me soit seulement permis d'appeler l'attention sur le dosage de l'acide carbo- i3.. i ( inn ) nique dans les eaux : on détermine cet acide en deux fois; une première ébidlition donne celui qui est libre ou engagé dans les bicarbonates; une seconde ébullition, après addition d'un acide, donne celui des carbonates neutres. Or j'ai constaté que, dans une liqueur bouillante, la silice dissoute décompose partiellement les carbonates de cbaux et de magnésie; de là une certitude jusqu'ici inévitable : la première opération donne un excès de gaz si elle est trop prolongée, ou une perte si elle ne l'est pas assez. On ne sera donc pas étonné si, dans mes analyses, il n'y a pas égalité absolue entre la somme des équivalents des bases et celle des équivalents des acides (non compris la silice et Tacide carbonique dégagé par la jiremière ébullition). » Je crois utile de fournir quelques renseignements sur les ferres qui m'ont servi : ( a Cii.ini|) (le Boulogne (Seine] cultivé, sans engrais, en tabac, depuis dix ans. ( b iMénie champ, même culture, engraissé avec nitrate de potasse, cendres, terreau. . n Champ à Issy ^Seine), récolte de iSGg: 89 hectolities de blé. ' h Même cliamii. c Mémo champ traversé, du 24 avril au 12 mai, par de l'air pur. tl Même champ traversé, du 24 avril au 6 mai, par de Pair conlenanl 24 jxn'r 100 CO^ C Champ à Neauphle-le-Château (Seine-et-Oise). \ a Autre champ à Neauphle, récolle 1869 : 28 hectolitres de blé. ( b Même champ. n Autre chani]) à Neauphle, récolte nSGc) : ■yS hectolitres d'avoine. b Même champ traversé, du 28 mars au t) avril, par de l'air contenant iSpour 100 f:0". a' C'est a qui, après un premier déplacement, a été traversé, du 9 au i4 avril, par de l'air contenant 25 pour 100 CO'. c Même champ. I a Autre cham|) à Neauphle, récolte : 34 hectolitres de blé. / b Même champ. , a Autre champ à INeauphle, récolte : 35 hectolitres de blé. 1 a' C'est a qui, après un premier déplacement, a été traversé, du i5 au 21 aviil, par un courant d'air contenant 23 pour 100 CO'. . b Même champ. Analyses incc(ini" '7»" 9'^ ^'4 3,8 3,7 Résida de la i Sable siliceux. =4,8 22, C) 39,4 44'' -~>4 21,8 22,9 décantation ( Sablecalcaire 20,2 21,4 o o o o o Sable fin.... 20,6 i i ,5 27,2 35,6 53,9 54i4 55,5 Calcaire 18, 4 19,7 indet. 2,4 0,37 0,63 0,28 Argile 9,3 18, 4 12,7 i5,8 18, 4 17,0 i5,7 I). bris organiques. ..... . » 2,3 2,6 -2,9 1,5 1,7 1 ,g Terre sèche . 99,4 100,1 98,9 100, 4 99.97 99j33 99-98 D \ Terre décantée. loi ) û ■x.- c^ ^n ™" r^ ^^ in ESD n* ce ■X) in ^n rr CO 55 a -/ t^ o co *-T co Cl Cl " co co cr. QO 00 00 co Oi 00 ^ 01 _ r^ „ ^_ ^_ -^^ CO i; Cl c* _ Cl ^— ^— fi. t/ï •ù . in ts 00 — 1^ i^ — f^ co CTï co Cl Cl co •; Cl PI •" ce <^ ■" co " (Tl r^ Cl Cl Cl co - ^^ ^- r^ n- t^ 00 co Cl co i^ co C71 uO en CO u '^ co co •" ■^ in co CO Cl co co co z u — Cï ^ CT. >— m i-n CO CO m rO u u ro Cl co «- Cl Cl co tO Cl co co Cl m in •W S W s ffl iJ s; P. " o" 5 t t uo s in co t Cl 0" 1 § i S a: lO CO Cl Cl co m en m co ro r^ Cl co es u !^ 1 ■= r^ v,^ ^4: c^ f3 'Tl en J' to m -y-! ^, to co C-1 ^^ ■^ ~ ~ c-i co Cl in Cl ■ cl' m m CI r.1 en co en co in 10 Ci en iO Cl in rr* Cl co T. o m CO un in c/î u o ■g i • .n O - 00 fO eo co i^ 00 Cl c ■0 co Cl i'' C71 5 -^— r> r^ î; ï i-. co ^— _ ^— i-^ d Cl UJ < o -^ ^^ co Ln m Cl ^^r co CO f^ co •* Z — o 3 a =: £ ^ £ en = £ = co t CO_ cT ^ = t--; cr> CC' m r^ ^_ t-' „ Cl r^ en S" ^1 V— CJ co C-; i 1 " = co ^ Cl ■■yi co en i ; •" " "" "" co ^ co 5 1 -J- " ]■=„•- m iO v:i ^^ rr> l 1 ii co m O) VS» m d CTi co Cl < ' =- Cl "" "• — m t^ CD !> •-rr in in r>. Cl co en a ^ H o. o -^^ iM cT co £ Cl c CO in Cl S: in Cl en Cl J. 'CsJ a ^ m in in D S H "1 Cl a Q S S a> =o M m m m J" 00 yi' co 3 in rr! m n> 3 e- ^^^ « H :S S 'S d >• é ej uî CJ S -* S .2= s es i2J s •^ 2 13 -d •^ 2 3 s S .Xs m t^ ^-r V.— 1^ ;.-: i~^ ■ - t-^ ._ J " Cl c: Cl S ^ -a c •^ ^ ■13 1 -a 5 -c ~^ï ^ 5 -a ï ~« Cj 0= — ^ -- ^^. - — — — — - — — — — . ^_^ H -^ sz fi m L- ( I02 ) •■' . Les quantités de calcaire île D, E, F, G sont calculées d a]o6 ) ANATOMIE COMPAliÉE. — L'intelligence des animaux est-elle en rapport avec le développement des centres nerveux? Note de M. P. Colin. (Extrait par l'Auteur.) « On a cherché depuis longtemps à mesurer l'inteUigence de l'homme et des animaux par le volume de l'encéphale; mais les documents recueillis dans ce but par Ilaller, Cuvier, Carus, Leuret, sont encore loin de donner des éléments suffisants à la solution du problème. En effet, d'une part, on s'est souvent contenté, surtout pour l'homme et les grandes espèces, de mettre en regard le poids des centres nerveux avec le poids du corps évalué par simple approximation ; d'autre part, on n'a pas fait assez de pesées, dans chaque espèce, pour obtenir une relation moyeime vraie, entre des organes dont la masse change peu et le corps qui éprouve des variations énormes. » C'est pour arrivei' à des déterminations plus exactes, que j'ai pesé tous les animaux sur lesquels ont porté mes recherches, et que j'ai pris, pour chaque espèce, un grand nombre d'individus d'âges, de races, de sexes dif- férents et à divers degrés de maigreur ou d'embonpoint. J'ai pesé successi- vement l'animal entier, le cerveau, le cervelet, le mésocéphale et le bulbe, la moelle épinière; puis j'ai établi les rapports de ces parties entre elles et avec le poids du corps. Mes résultats, qui ne portent, celle fois, que sur les animaux domestiques, sont résumés dans onze tableaux. » En les dépouillant, on peut voir : )) i" Que le rapport entre le poids des centres nerveux, pris en bloc, et celui du corps varie, dans de très-grandes limites, non-seulement d'espèce à espèce, mais encore dans une même espèce, surtout suivant l'âge des sujets, le degré de développement du système musculaire, l'état du système adipeux. » 2° Que la masse cérébrale ou encéphalique est, proportionnellement à la taille, beaucoup plus considérable dans les petits animaux que dans les grands. Aussi l'homme se trouve-t-il, quant au volume du cerveau, infé- rieur à plusieurs singes, à divers carnassiers tels que la belette, aux petits rongeurs et même à un grand nomdre d'oiseaux comme la mésange, le chardonneret, etc. » 3° Que dans la même espèce animale, le volume des centres nerveux est, relativement à la masse du corps, en raison inverse de l'âge; qu'ainsi les jeunes sujets peuvent avoir 2, 3, 4, G et jusqu'à 8 fois autant de cerveau que les adultes. ( to7 ) » 4° Que les animaux domestiques se trouvent classés, d'après le poids de leur eucéphale, dans l'ordre suivant, qui n'est pas exactement celui de leur intelligence : chat, chien, lapin, mouton, âne, porc, cheval et boeuf: le premier a environ six fois autant de cerveau que les deux derniers. » 5° Que, dans les espèces dont les races sont de statures très-différentes, les plus petites ont proportionnellement le plus grand cerveau, quel que soit leur degré relatif d'intelligence. » 6" La masse de la moelle épinière n'est constannuent en rapport ni avec le poids de l'encéphale, ni avec celui du corps, ni avec la puissance musculaire des animaux : elle peut être très-petite chez les animaux à grand cerveau on énorme dans le cas contraire; elle est souvent deux ou trois fois aussi considérable sur les petites espèces que sur les grandes. » En somme, il n'y a pas, chez les animaux, de relation exacte entre le volume de l'encéphale et le degré d'intelligence constaté par l'observation. Conséquemment les animaux seraient mal classés au point de vue psycho- logique, s'ils l'étaient d'après les poids de leurs centres nerveux. » M. P. Vekdeil adresse une Note ayant pour objet d'indiquer deux expériences à réaliser au moyen du pendule, expériences qui lui paraissent devoir faire connaître, si les observations sont faites avec une grande pré- cision, la loi suivant laquelle varie la résistance de l'air avec la vitesse. Cette Note sera soumise à l'examen de M. Bertrand. A 5 heures, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures trois quarts. D. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQCE. L'Académie a reçu, dans la séance du lo janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent : Le Jardin fruitier du Muséum; parM. J. Decaisne, Membre de l'Institut; liv. io3. Paris, 1870; in-4'', texte et planches. Tableaux de population, de culture, de commerce et de navigation, formant, pour l'année 1867, la suite des tableaux insérés dans les Notices statistiques sur les colonies fançaises.Varis, 1869; in-8''. ( loS) Flore voqéso-rhénane, t. P', comprenant les plantes dicotyles pétalées; jjarM. F. Rikschlegeh. Paris, iSOg; in-12. (Présenté par M. Brongniart.) Des maladies simulées et des moyens de les reconnaître. Leçons professées an Val-de-GrâceparM. E. BOISSEAU, médecin-major. Paris, 1870; i vol. in-8" avec figures. (Présenté par M. le Baron Larrey.) Des accidents de la foudre : autopsie ; par M. So^'RIER. Paris, 1869; br. in-S". (Présenté par M. le Baron Larre}'.) Mémoire sur l'aphasie on dysphasie traumatique ,• par M. A. MARTIN. Paris, 1869; br. in-8°. (Présenté par M. le Baron Larrey.) Mémoire sur quelques phénomènes nerveux sympathiques qui se produisent pendant l'iiijlammation aicjuë delà membrane du tympan^ etc.; par M. BONMA- FONT. Paris, 1869; br. in-8°. (Extrait du journal l'Union médicale.) [Pré- senté par M. le Baron Cloquet.] Les petites chroniques de la Science; par M. S. -H. -Henry Berthoud, 9* an- née. Paris, 1870; in-12. La campacjne d'Italie en 1869 au point de vue médico-chirurgical et admi- nistratif. Statistique médico-chirurgicale de la campagne d Italie; par M. J. Chenu. Paris, 1869; br. in-8°. On... Sur la théorie d'Hansen concernant la constitution physique de la Lune; par M. Newcomb. Washington, 1869; opuscule in-8°. (Présenté par M. Delaunay.) (La suite du Bullelin au prochain numéro.) ERRATA, (Séance du 27 décembre 1869.) Page i382, ligne 7, au lieu de non levé, lisez levé. (Séance du 3 janvier 1870.) Page 29, ligne 7, colonne 7, au lieu de 2,2, lisez 2,4- » 25, » ' 2,204, " 2,i33. » 26, » » I ,g55, >> 2,o5. .) 27, » » 1,926, » 2,025. „ 28, » " I )9it'> " 2,35. » 29, » >• 1,916, " 1,85. Page 3o, ligne 1 1 , colonne 9, nu lieu de o ,093, lisez i ,093. » 'i'j, au lieu de 0,996, lisez 0,994. I COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 17 JANVIER 1870. PRÉSIDENCE DE M. LIOUVILLE. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. DE Verneuil présente à l'Académie, de la part de M. de Moeller, olfi- cier des Mines de Rnssie, une carte géologique du versant occidental de l'Oural. «*Je ferai remarquer, dit M. de Verneuil, l'étendue considérable qu'oc- cupe, sur cette carte, le terrain perniien, y compris les grès et les marnes irisées qui le recouvrent. » A eux seuls, ils occupent la plus grande partie des vastes plaines si- tuées à l'ouest de l'Oural, et recouvrent, sur près de i5 degrés de latitude, une aréa plus grande que la France. Quand, en i84o et 1841, MM. Mur- chison, Keyserling et moi, nous fûmes chargés de faire une caite géolo- gique de la Russie d'Europe, y compris l'Oural, quelques grandes coupes à travers ces contrées nous avaient permis de reconnaître ce fait intéressant, et sous ce point de vue il règne un heureux accord entre la carte de M. de Moeller et la nôtre. » Comme nous aussi, ce géologue n'a pu découvrir aucun fossile déler- minable dans les marnes rouges et les grès qui surmontent le terrain per- niien, mais cependant il les rapporte au trias d'une manière plus explicite que nous ne l'avons fait. Cette absence de tout fossile caractéristique du trias C. R., it^^o, i" Semestre (T. LXX, IS° 5.) • 5 ( l'o ) rapprochée de ce fait, résnllaiU de nos recherches, que le has n'existe pas en Russie, nous avait portés à croire qu'il pouvait y avoir une lacune entre les dépôts paléozoïques et ceux du Jura moyen, et qu'à cette époque la Rnssie avait été placée au-dessus du niveau de la mer. » Selon M. de Moeller, le terrain perniien présente, sur le versant occi- dental de l'Oural, une double série, l'une composée de grès et de conglo- mérats argileux ou calcifères, de couleur bigarrée, souvent imprégnés de minerais de cuivre et contenant quelques traces de houille, l'autre carac- térisée par des calcaires blancs, gris ou jaunâtres, avec amas de gypse et de sel. Ces deux séries ne seraient pas superposées, mais passeraient latérale- ment de l'une à l'autre ; elles seraient contemporaines et ne formeraient qu'un seul terrain ayant deux faciès géographiques différents. Une ligne diagonale, qui traverse la légende, exprime cette idée, que nous n'arloptons pas sans réserve. » Comparée à la carie que nous avons publiée en i8/|5, après quelques mois seulement de voyages à travers ces immenses pays, la carte de M. de Moeller présente, outre de certains perfectionnements de détail, un chan- gement notable qui modifie beaucoup la disposition des couleurs. Il a co- lorié comme permienne une région assez étendue que nous avons rapportée au terrain houiller : c'est cellaVles grès d'Artinsk qui sont caractérisés par des Goniatites et des Nautiles, dont 1 analogie avec des espèces carbonifères nous avait paru frappante. La découverte, dans ces couches, du Prodiictus Cancrini et de quelques autres espèces permiennesa déterminé M. deMoeller à apporter ce changement à notre classification. M. Pander l'avait proposé avant lui. » J'hésite encore à me ranger de leur avis : il ne serait pas impossible, en effet, que certaines espèces permiennes eussent apparu pendant l'éjjoque houillère, et nous en avons un exemple à Nebraska, sur le haut Missouri, où MM. Hayden et Marcou ont observé dans les mêmes couches des espèces carbonifères et permiennes mélangées. » En résumé, je me plais à rendre justice à la carte de M. de Moeller, (pii lui a coûté sept années de travail, mais en même temps je suis heureux de constater que s'il a amélioré beaucoup la carte que nous avons publiée il y a vingt-cuiq ans, il n'en change pas cependant les grands et principaux contours. » 1 1 I RAPPORTS. ASTRONOMIE. — Rapport sur un travail de M. Pniseiix, nya»! pour titre: Mémoire sur l'accélération séculaire i3) science se féliciteront de ce que le donte qui pouvait rester sur ce point soit complètement dissipé. » Nous proposons à l'Académie de décider que le Mémoire de M. Pui- seux sera inséré dans le Recueil des Savants étrangers. » Les conclusions de ce Rapport sont adoptées. MÉMOIRES LUS. MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Nole comparative des résultais obtenus et à obtenir, sur les chemins de fer, de la traction par laminage^ dite à rail central; jiar M. DUMÉRY. (Commissaires : MM. Morin, Combes, Phillips, Séguier.) « M. Duméry lit une Communication relative à la traction p;u- le rail central. Il divise cette Communication en deux parties : » Dans la première, il démontre : » 1° Que la traction par laminage dépasse de beaucoup, comme incli- naison, les limites du nécessaire, puisqu'elle a pu permettre de gravir des rampes de o'", o85 par mètre; » i" Que, toutes les fois qu'il s'agit d'une même altitude, elle permet, toutes choses égales d'ailleurs, de construire les chemins à plus de looooo francs de moins par kilomètre qu'avec la pesanteur pour cause d'adhérence; » 3° Que les frais d'exploitation y sont infiniment moindres; » 4° Qu'il n'est nullement nécessaire qu'il y ait pente exagérée, ni même que l'on ait dépassé les limites d'action des moyens ordinaires, pour que la supériorité du rail central se manifeste, et que les lignes, telles qu'elles sont autorisées aujourd'hui par les cahiers des charges en vigueur, auraient le plus grand intérêt à en faire l'application. » Dans la seconde partie, il fait ressortir que le principe du rail central n'est pas avantageux seulement alors qu'il y a pente abrupte, comme on l'a prétendu jusqu'à présent; mais qu'il y a un plus grand avantage encore à l'appliquer partout où il y a profil irrégulier : à la condition d'opérer la traction par des machines à deux vitesses, l'une grande sur les parties de la voie en palier; l'autre réduite pour le parcours des parties en rampe. » Le premier mérite de la deuxième vitesse consiste à pouvoir obtenir des machines légères un service aussi puissant cju'avec des uiachines deux fois plus lourdes adhérentes par la gravitation. ( ii4 1 » La résistance d'un convoi de 1860 tonnes, moteur compris, marchant à la vitesse de 18 kilomètres à l'heure sur palier, exige un effort de trac- lion de 7440 kilogrammes [expérience Peliel); alors (pi'il se présente une rampe de i5 millimètres, le même convoi exigerait, s'il marchait à la même vitesse, un effort de traction de 35 34o kilogrammes impossible à obtenir d'une machine dans lacpielle l'adhérence est due à la pesanteur. » Or, de deux choses l'une : » La machine pourrait, en palier, entraîner un convoi de 1860 tonnes; mais, comme sa vitesse n'est pas modifiable; comii;e, sur les rampes qu'elle a à franchir (rampes considérées aujourd'hui comme bien mo- destes), elle ne peut traîner que 409 tonnes, il arrive qu"or! ne peut lui confier que cette dernière charge miuima, et que les 78 pour 100 du par- cours en palier, qui devraient être les plus avantageux, s'effectuent dans des conditions telles, que les machines n'utilisent que 25 pour 100 de la puissance qu'elles pourraieni développer, tout eu écrasant inutilement les rails. » Si, au contraire, on avait pu modifier la vitesse au momclit où une rampe se présente, on eût opéré une conversion de vitesse en force, et l'on eût, avec la même machine, grâce au laminage, entraîné le maximum, soit 1860 tonnes. » Voici donc deux convois, ayant chacun à leur tète une machine de même puissance : l'une pouvant entraîner 1860 lonncs, l'autre seulement 409 tonnes, el cela uniquement parce que l'iuic est douée de deux vitesses avec laminage, et que l'autre n'a qu'une seule vitesse et une traction (hie à la pesanteur. )) Or, si la machine peut ne peser cpie 3o tonnes au lieu de 60, et pro- duire un même travail, il se présente une aulre série d'avanlages; il ;id- vient : » 1° Que . le poids mort en moins correspond sur im convoi de 388 tonnes à une économie de -^ ; » 2" Que ce dixième, fr.idiiit en argent, est supérieur à la dépense de combustible à faire en plus dans les rampes; » 3" Qu'il reste nu boni d'environ aS j^oiu' 100 de l'économie réalisée sur le poids niort des machines; » 4" Qu'enfin, on obtient de la sorle, sur des prodis accidentés, nue traction aussi économique que si les penles et rampes ne variaient que de 3 à 8 millimèlres par mètre. » Si l'on examine au prix de quel sacrifice sur la vitesse ces avaulages ( u5 ) sont réalisés, on reconnaît bien vite que, sur les parties de niveau, la vitesse ne varie pas ; que, sur les parties en pente, la dépense est nulle et la vitesse aussi grande qu'eu palier, et qu'enfin il n'y a que sin- les rampes elles- niêmes que le ralentissement peut peser. » Or si, sur un chemin de loo kilomètres, les pentes et rampes occu- |)ent y, il advient que l'usage de la deuxième vitesse n'a lieu que sur inie étendue de -j^, puisque, au retour, la rampe devient pente. » Dans ces conditions, sur une vitesse moyenne de f\o kilomètres à l'heure, on éprouve un retard de 5" 42' : retard que les meilleures condi- tions de légèreté, d'arimage, d'énergie relative permettent de compenser avec avantage. » Après avoir établi que les nouveaux chemins à rail central peuvent être construits à près de 5o pour 100 moins cher que les chemins ordinaires, tout en possédant même voie et même échantillon de rails, M. Duméry fait remarquer que le principe de M. le baron Séguiei', comme tous les vrais principes de mécanique, se prête aux applications les plus réduites sans altération par les résultats de l'exploitation. Aussi est-on autori^é à pro- clamer le principe de la traction par le laminage, conune réalisant dans l'industrie des chemins tie ter un progrés au point de vue technique et économique. » M. Maumené lit un Mémoire intitulé « Théorie générale de l'action chi- mique : nécessité de son emploi pour éviter l'erreur ». (Renvoi à la Section de Chimie.) MÉMOIRES PRÉSENTÉS. PHYSIQUE MATHI-IMATIQUE, — Sur la dispersion de la lumière. Deuxièuie Note de SI. Tii. RicoiiR, présentée par M. Bertrand. (Extrait par l'Auteur.) (Commissaires précédenuiient nommés: MM. Bertrand, Serret, Fizeau.) « Sur un prisme de quartz taillé parallèlement à l'axe, recevons, nor- malement à l'une des faces, un rayon lumineux, et ne considérons que les indices ordinaires. Le rayon s'étalera suivant \m spectre. Si nous désignons par y l'angle du prisme, par R l'indice de réfraction d'un layon sim|)ie, et par ù l'angle que forme le rayon émergent avec la normale, la loi connue ( ii6 ) fie la réfraction est exprimée |)ar la formule sine? =: R sin^. » En supposant l'angle (p très-petit, cette formule se réduit à » Nous raisonnerons dans celte hypothèse. » Soient â,^ et â^ les valeurs de â qui correspondent aux raies A et H, nous aurons (?A = 1,539029, (?„ = i,558i6(p, <^A — '9 ) desquels se condensent, en quelque sorte, les vibrations, d'une part dans le spectre visible, et d'autre part dans le spectre invisible. » Tout corps est composé de molécules physiques : toute molécule phy- sique est un assemblage de molécules chimiques : deux ordres de vibrations, de périodes très-différentes, correspondent à ces deux ordres de molécules; ce sont ces vibrations moléculaires qui, en communiquant une partie de leur puissance vive à l'éther, donnent naissance à deux ordres de mouve- ments ondidatoires, constituant le rayonnement de la lumière et de la cha- leur : les uns plus lents émanent des molécules physiques ; les autres plus rapides émanent des molécules chimiques. » La formule qui répond à ces vibrations explique à la fois la fusion des corps et la dispersion de la lumière. Les développements dans lesquels il serait nécessaire d'entrer feront l'objet d'une troisième Note. » , M. Baitdrimoxt, à propos des Communications faites récemment à l'Aca- démie sur des méthodes de préparation de pierres précieuses artificielles, fait remarquer qu'il a préparé autrefois des grenats artificiels à bases de magné- sie, de chaux, de strontiane, de baryte et d'oxyde de plomb. « Afin que l'Académie ne puisse avoir le moindre doute à cet égard, ajoute M. Baudrimont, et qu'elle puisse par elle-même apprécier les résul- tats que j'ai obtenus, j'ai l'honneur de lui adresser huit de ces pierres, qui ont été ladlées à Paris, il y a dix ans, ainsi que je pourrais le prouver par les factures du lapidaire. » Je me borne, pour le moment, à soumettre à l'Académie les échantil- lons que je lui envoie. Aussitôt que j'en aurai le temps, je lui ferai parvenir des détails sur la fusibilité et la dureté relatives de ces pierres, sur leur poids spécifique, leur indice de réfraction, sur l'action dispersive qu'elles exercent sur la lumière, ainsi que sur les difficultés considérables que j'ai dû surmonter pour les préparer. ■> (Commissaires précédemment nommés: MM. Chevreul, Dumas, Becquerel, Daubrée, Fizeau, H. Sainte-Claire Deville.) PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE. — Notices sur quelques végétaux silicifiés des environs d'Autun; par M. B. Renault. (Extrait par l'Auteur.) (Commissaires : MM. Brongniart, Daubrée.) « Ces trois Notices que j'ai l'houneur de soumettre au jugement de l'Académie ont pour objet des échantillons de très-petites dimensions, ( I20 ) mnis d'un intérêt particulier, trouvés parmi les nombreux fragments de végétaux silicifiés qui ont rendu célèbres quelques localités des environs d'Aulun, et qui proviennent, connue on le sait, soit des parties supérieures du terrain hoiuller, soit des couches qui le recouvrent immédiatement. « Les échantillons, objets de ces recherches, se rapportent à des tiges de Fougères accompagnées de leurs pétioles, appartenant aux genres Zygojiterh et Anachoropteris de Corda, et à des tiges de Lycopodiacées. » 1° Éludes sur la tige et les espèces de Zygopteris. — Ce genre avait été fondé pour comprendre des pétioles de Fougères parcourus par un seul faisceau vasculaire d'une forme toute particulière, dont la section transver- sale présente une bande horizontale terminée par deux bandes perpendicu- laires à celles-ci, et rappelle la forme d'un H. On ne connaissait que deux espèces^de ce genre, trouvées en Allemagne, et la tige qui donnait naissance à ces pétioles était restée inconnue. » L'échantillon principal d'Autuu appartient à une espèce bien distincte, Zyrjopteris Brongniarlii, B. Ren.; mais il est surtout intéressant en ce qu'il montre une portion de la tige qu'accompagne un des pétioles. Cette tige diffère beaucoup de celle de la plupart des Fougères, mais elle se rattachera probablement à certaines formes de cette famille c|ui n'ont pas été suffisam- ment étudiées. Elle présente ini cercle vasculaire épais et continu entou- rant un tissu médullaire peu étendu. » L'examen d'autres échantillons de la même localité indique, d'après les pétioles seulement, l'existence de trois autres espèces nouvelles à joindre à la précédente; ce sont les Zygopteris elliptirn, Laratlii et hihractciisis. » 2° Étude sur la tige de /'Anachoropteris. — Le genre Anachoropteris de Corda comprend également des pétioles de Fougères caractérisés par un faisceau vasculaire unique, formant dans sa section tran.sversale un demi- cercle dont les extrémités se recourbent et s'enroulent à l'intérieur. « On ne signalait que deux espèces dans ce genre, et l'une d'elles, V Ana- clioropteiis pulclira, avait déjà été trouvée à Aulun dans un état de conser- vation qui avait permis d'en faire une élude très-complète. Mais, jusqu'à ce joiu-, la lige qui donne naissance à ces pétioles n'avait pas été observée. Un échantillon d'une espèce nouvelle, Anachoropteris Decaisnii, B. Ren., vient combler cette lacune. » Cette tige ressemble, à plusieurs égards, à celle du genre précédent; le système vasculaire forme également une zone continue autour d'une moelle peu étendue; mais la moelle et le systènie vasculaire qui l'entoure se prolongent à l'extérieur en cinq lames saillantes qui donnent sur la coupe ( 121 ) transversale k ces parties l'apparence d'une étoile à cinq branches, qui sont elles-mêmes bifnrquées à leur extrémité. La zone vasculaire, clans celte plante comme clans la précédente, parait entièrement formée de vaisseaux rayés ou scalariformes. » 3° Éludes de deux tiqes de Lycopodincces. — Parmi les tiges fossiles trouvées aux environscrAutnn, on compte, au nombre des plus fréquentes, diverses espèces de Psaromus ; mais on n'avait jamais observé, ni dans cette localité ni dntis celles qui renferment des fossiles analogues, des tiges qui, par leur volume et leur structure, pussent être assimilées à celles des Lycopodes ordinaires. » Deux petites tiges silicifiées, de 6 millimètres environ de diamètre, montrent dans la disposition des faisceaux vascnlaires qui sont dispersés dans ]eur*axe, et dans la nature des tissus qui l'environnent, la plus grande analogie avec ce qu'on observe dans les Lycopodes actuels. Dans l'une de ces espèces, les vaisseaux offrent une structure qu'on n'a pas signalée jus- qu'à ce jour, ni parmi les Lycopodes, ni parmi les Psnronius : leurs parois sont couvertes d'aréoles hexagonales, très-régulières, marcpiées d'un pore central lorsque cetle paroi correspond à celle d'un autre vaisseau. Dans l'autre espèce, on observe des vaisseaux analogues, mais dont les aréoles sont dépourvues de ces pores, et on trouve, en outre, des faisceaux de vaisseaux plus fins à parois rayées transversalement. » Par les caractères les plus importants de leur structure, ces tiges con- cordent avec celles des Lvcopodiacées, qui présentent tant de diversités non-seulement dans les différents genres de cette famille, mais d'une espèce à l'autre du grand genre Lycopodiwn. » Appartiennent-elles à des Lycopodiacées fierbacêes dont on a si peu d'exemples dans les terrains de celte époque, on à des tiges jeunes de Psa- ronius, dans la période de leur développement qui précède la formation de leur tige arborescente? Sans préjuger cette question, la première hypothèse nous paraissant la plus vraisemblable, nous désignons la première espèce sous le nom de Lycopodiwn punclalum; la seconde a reçu de M. Brougninrt le nom de Lycopodiiim Rennullii. Les dessins qui accompagnent ce' Mémoire font mieux apprécier la structure de ces végétaux que ne pourrait le faire une description plus détaillée. » M. Dei.aurif.r adresse un Mémoire jiorlant pour titre « Expériences sur l'éiectricilé : objections à la théorie électrochimique ". (Commissaires : MM. Becquerel, Edm. Becquerel, Fizeau.) ( 122 ) M. A. Marinier soumet à rexanien de l'Académie : i° un collyre, de composition végétale saline, contre les affections des paupières; 2° un in- jecteur-filtre. (Renvoi à la Section de Médecine et de Chirurgie.) SÉRICICULTURE. — Dit miirier et du ver à soie, considérés en eux-mêmes et dans leurs rapports. Mémoire de M. Tigri. Ce Mémoire, que l'auteur, pour prendre date, a adressé au Ministère ita- lien d'Agriculture et du Commerce, et qui contient les résultats de ses obser- vations, est divisé en trois parties : La première, qui a pour titre : « Sur les êtres parasites du ver à soie, dans leurs diverses phases », cherche à établir, par des observations, que la mala- die désignée sous le nom de maladie des morts-Jlats [morti bianchT) est due essentiellement à un état de parasitisme que constituent desmicrozoaires du genre Bncterium. Cette maladie s'est manifestée en 1869, dans quelques par- ties, avec violence; en d'autres, elle s'est montrée plus bénigne, sur des vers nés de graines qui, dans quelques parties du même établissement, réussis- saient très-bien. L'auteur rappelle les symptômes que présentent les vers ma- lades et signale surtout l'accumulation, dans l'estomac, de matières alimen- taires et d'un liquide verdàtre dans lesquels le microscope fait découvrir une foule de Bactéries, nageant généralement dans luie position verticale. Dans la seconde partie, l'auteur s'occupe de la fumtu'e du mûrier adulte, considérée au point de vue des matières nutritives qu'il peut fournir au ver à soie. 11 rappelle qu'il a attribué depuis longtemps la cause de l'épidémie à la feuille du mûrier, laquelle, par défaut de culture ou autrement, ne four- nit pas à l'insecte, à l'état de larve, l'élément urique qui lui est indispen- sable pour sou développement normal et pour fournir la soie nécessaire à son cocon. Des expériences auxquelles il s'est livré, il résulte encore que les vers nourris avec de la feuille échauffée tombent infailliblement malades, à cause des microzoaires qui se forment par cette altération. La feuille four- nie par des miiriers exposés au nord, et contenant une trop grande quantité d'eau, produit les mêmes effets. L'addition d'un petite quantité d'eau à un magma de feuilles saines pilées et réduites en pâte suffit pour y développer, en quelques heures, une masse de Bactéries. Enfin, la troisième partie est consacrée aux recherches de l'auteur sur la contagion des Bactéries et la transmission de la maladie des morts-flats par ces microzoaires. (Renvoi à la Commission de Sériciculture.) ( 1^3 ) M. P. Levert adresse, pour le concours du legs Bréant, une Note concer- nant « l'action des amers, et du sulfate de quinine en particulier, sur l'économie, dans la guérison des fièvres de tous les degrés ». (Renvoi à la Commission du legs Bréant.) M. GocLiER demande et obtient l'autorisation de retirer un Mémoire pré- senté par lui et ayant pour titre « Étude analytique sur les appareils propres à déterminer les distances » . CORRESPONDANCE. M. Helmholtz, nommé Correspondant pour la Section de Physique, adresse ses remercîments à l'Académie. M. LE SEcnÉTAiRE PERPETUEL sigualc, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, un volume portant pour titre « Bibliothèque de l'École des Hautes-Études, publiée sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique (Section des Sciences naturelles); t. I ». M. LE Ministre de la Guerre informe l'Académie que M. Chasles et M. Combes sont nommés Membres du Conseil de perfectionnement de l'École Polytechnique pour 1870, au titre de Membres de l'Académie des .Sciences. M. Dumas communique à l'Académie la Lettre suivante de M. Gaijfe, relative au dépôt du nickel sur divers métaux. Il rappelle les travaux sur le même sujet de notre illustre confrère M. Becquerel. Leur application vient d'être amenée au plus haut degré de perfection à l'aide de précautions très-intéressantes pour la théorie de ce genre d'opérations. La méthode de M. Isaac Adams, dont il est question dans la Lettre qui suit, montre en effet combien les moindres impuretés peuvent influer sur l'état des métaux déposés. « J'ai l'honneur de vous prier de présenter à l'Académie divers objets nickélisés par les procédés de M. Isaac Adams, de Boston. Voici, en quelques mots, en quoi diffèrent ces procédés de ceux qui ont été indiqués jusqu'à ce jour. Lorsqu'on prépare un bain pour les dépôts galvaniques, tout en cher- ( «^4 ) chant à faire des produits purs, on s'occupe peu, et assez généralement sans inconvénient, des faibles quantités de soude ou de potasse qne les diverses opérations de sa fabrication y introduisent; on doit agir tout autrement pour les bains de nickel. M. Adams a remarqué que la moindre trace d'un métal alcalin ou alcaliiio-terreux est nuisible et détermine, non |)lus sim- plement un dépôt de nickel pur, mais en même temps, sur l'anode et sur le catode, du peroxyde du même métal, ce qui altère rapidement le bain. Les sels d'ammoniaque n'ayant pas le même inconvénient que ceux des autres bases, M. Adams a préparé des bains de chlorure et du sidfate double de nickel et d'ammoniaque parfaitement purs, et il en a oblerui d'excellents résultats. L'opération très-facde du nickelisage peut être aujourd'hui con- fiée à tout le monde. Le nickel se dépose en couches très-régulières; même quand il est arrivé à une foi'te épaisseur, sa sui'face est assez unie pour que la roue de Drap, chargée de rouge à polir, soit seule en)|jloyée tlar.s le polissage des pièces. » « M. Becquerel fait remarquer que, conjointement avec M. Edm. Bec- querel, il a publié, il y a huit ans environ, un procédé analogue à celui dont il vient d'être question pour déposer électrochimiquement le nickel, le cobalt, sur des surfaces conductrices de l'électricité. » Dans ces expériences, pour déposer le nickel et le cobalt, on a fait usage de doubles sulfates alcalins de ces métaux, mais principalement de doubles sulfates ammoniacaux. Des médailles et des cylindres de ces deux métaux ont été obtenus par ce procédé^ et présentés à l'Académie. » Voici quelques lignes de celte publication, qui se rapportent au" nickel (i) : « Nickel. On opère avec la dissolution de sulfate de nickel, à laquelle on ajoute de la potasse caustique, de la soude ou de l'ammoniaque, mais principalement ce dernier alcali, pour saturi-r l 'excès d'acide, comme on l'a fait pour le chlorure de col)alt » La dissolution ammoniacale de double sulfate de nickel et d'ammoniaque, et même celle qui n'est pas ammoniacale, donnent également le nickel métalliiiue : elle reste, à la vérité, toujours au maximum de concentration, en mettant au fond du vase une certaine quantité de double sulfate; mais l'acide sulfuriqiie devenant libie pendant l'action décomposante du courant, on le sature avec de l'ammoniaque. Dans ce dernier cas, la méthode employée est analogue à celle dont on fait iisaye habituellement ])our obtenir ini dépôt galvanique de fer métallique. >■ (i) Comptes rendus, t. LV, p. 19; 1862. ( 1=5 ) « M. DiTMAS, entièrement d'accord avec son excellent confrère sur ce poinl, qu'il a sii^nalé l'emploi des sels doubles de nickel et d'ammoniaque pour en obtenir des dépôts galvaniques, iait rem;uquer que l'intérêt de la nou- velle Communication repose tout entier sur le rôle fâcheux reconnu par M. Isaac Adams aux moindres traces de potasse, de soude ou d'un métal alcalino-terreux, circonstance qui était ignorée jusqu'à lui. » PHYSIQUE. — Sur les spectres des gaz simples. Note de M. A Wijliver, présentée par M. Faye. « Je viens de lire dans le Compte rendu du i3 décembre 1869 les re- marques de M. Dubrunfaut, relativement à mes recherches sur les spectres de quelques gaz enfermés dans des tubes de Geissier. M. Dubrunfaut pense que chaque gaz donne un seul spectre : l'azote, le spectre brillant décrit par Pliicker et par M. Morren ; l'hydrogène et l'oxygène, les specti-es à raies brillantes décrits par Pliicker. Il admet que les spectres nndtiples de gaz simples, qui ont été observés par Pliicker et pnr moi-même, sont dus à des impuretés des gaz, et en particulier les spectres de l'hydrogène et de l'oxygène à la présence de l'azote. » Je ne sais trop de quels s[jectres entend parier M. Dubrunfaut, lorsqu'il dit que les deux premiers spectres de t'hjdrogène observés pnr Pliicker peuvent élre à priori attribués à la présence de l'azote. Pliicker n'a décrit en tout que deux spectres de l'hydrogène, dont l'un se corn|iose des trois raies a, |3, y. Quant à mes observations personnelles, M. Dubrunfaut paraît n'avoir lu que l'extrait que M. Berlin m'a fait l'honneur de donner de mes Mémoires dans les Annales de Chimie et de Physique; s'il avait connu le détail de mes observations (i), il serait probablement arrivé à des conclusions différentes. En effet, la première observation qui m'a doinié le troisième spectre de l'hydrogène rend impossible l'explication de M. Duljrunfaut, qui invoque la présence de l'azote. » Cette observation, quej'ai publiée pour la première fois dans la séance du mois de mai 1866 de la Société bas-rhénane des sciences naturelles et médicales, m'avait beaucoup surpris. Pour mes recherches sur la relation qui existe entre les indices de réfraction et la densité des corps réfringents, je me servais des trois r.iies spectrales a, |3, 7 de l'hydrogène. Un jour, un (0 Annales de Poggendorff, t. CXXXV, 1868; t. CXXXVII, 1869. C. R., 1870, 1" Semestre. (T.I.XX, N"5.1 f I2G ) tube à hydrogène que j'employais depuis longtemps changea subitement d'aspect : la lumière, jusqu'alors d'un beau rouge, devint blanche; dans le spectre, la raie bleue y s'éteignit, et le spectre se montra continu. Il olirait, notamment dans le vert, des nuances très-riches. Je crus d'abord que le tube ne fermait plus herméliquement, et que des traces d'air y étaient eniréps; mais le spectre était tout diflérent de celui de l'azote, et pendant qup j'examinais ce spectre, en employant toujours la même bobine d'in- duction et la même pile, la lumière du tube changea aussi brusquement que la première fois : elle redevint rouge et ne donnait plus que les trois raies a, [i, y. Comment M. Dubrunfaut voudrait-il expliquer ce phénomène par la présence de l'azote? » Des observations analogues ont été faites par M. Bœrner, à Marbonrg; il les a consignées dans un Mémoire sur les indices de réfraction des dis- solutions salines. « On a fait, dit-il, sur plusieurs tubes des observations » fort singulières. Après avoir constaté longtemps une lumière blanche » tirant sur le violet et un spectre continu, on a vu la teinte de la lumière » vers le milieu de la partie capillaire du tube se changer en rouge, pendant » qu'elle restait blanche au-dessus et au-dessous. Au même moment, le )) spectre de cette partie rouge montrait les trois raies Ha, H|j, Ily. Cette » teuite rouge de la partie moyenne persista dans quelques-uns des tubes » peu de jours seulement, dans d'autres plusieurs semaines. J'ai vu souvent » le changement instantané de la lumière des tubes qui a été décrit par » M. Wûllner. » )> J'ajoute une autre observation, consignée à la page 5o2 de mou pre- miei' Mémoire; elle a été faite avec des tidjes à hydrogène qui montraient d'habitude la lumière blanche et le spectre continu. Ou pouvait réduire le spectre de ces tubes aux trois raies a, |5, 7 par la machine de Hoitz. Lors- qu'on faisait passer le courant de celte machine par les tubes, sans recourir au condensateur, la lumière était blanche et le spectre continu, surtout dans le vert; mais lorsqu'on ajoutait le condensateur, la lumière devenait sur-le-champ rouge et ne donnait que les raies a, |6, y. On obtenait le même résultat avec une petite bouteille de Leyde. Quand j'avais fait passer ces décharges par les tubes, ils donnaient eiicore pendant quelque temps la lu.mière rouge avec le simple courant d'une petite bobine de Ruhm- korff, laquelle servait pour toutes ces expériences. » M. Dubrunfaut a raison de dire que l'on peut découvrir par l'analyse spectrale les plus légères traces d'azote; mais pour admettre la présence de ce gaz, il faut au moins voir le spectre qui le caractérise. Les parties les plus ( J27 ) canictéristiqiies du spectre de l'azote ce sont les bandes bleues et violettes dessinées par Plûclver et par M. Morreii. J'ai constaté moi-même que ces parties du spectre deviennent toujoiu's visibles les premières lorsqu'on com- mence à le distinguer. Le spectre de l'hydrogène ne présente rien de sem- blable : il s'étend à peu près de lia jusqu'au milieu de l'espace compris entre H, 6 et Hy, mais il n'offre que les bandes cannelées du spectre de l'azote. » M. Dubrunfaut dit que les spectres multiples de l'oxygène et de l'azote ayant élé obtenus par les mêmes moyens que ceux de l'hydrogène, il est difficile de croire que ces moyens n'aient pas produit des causes d'erreur analogues. Celte remarque, je l'ai faite moi-même; elle a été pour moi une preuve que les spectres de l'oxygène ne sont pas dus à l'azote. En effet, le spectre à bandes de l'oxygène était tout différent de celui de l'hydrogène. Tandis que ce dernier était brillant depuis Ha jusque vers Hy, le spectre à bandes de l'oxvgène présentait siu'tout quatre bandes dans le vert et le bien, il était exempt de rouge et presque exempt de jaune. En opérant sur l'azote de la même manière que sur les autres gaz et avec les mêmes appa- reils, on n'avait qu'un spectre, celui de Plûcker et de M. Morren. Si donc M. Dubrunfaut veut soutenir que tovis ces spectres soient dus à l'azote, il lui faudra admettre que l'azote mêlé à l'hydrogène donne un autre spectre que s'il est mêlé à l'oxygène, et un autre lorsqu'il est pur. » Ees nouveaux spectres à raies brillantes de l'hydrogène et de l'oxygène s'expliqueraient, selon M. Dubrunfaut, par la vapeur du mercure que la pompe de S|)rengel introduirait dans les tubes. M. Dubrunfaut pouvait aisément vérifier cette hypothèse. En effet, Plûcker a donné les longueurs d'onde des raies principales du mercure; j'ai donné moi-même les dévia- tions minima des raies observées avec un prisme dont j'avais mesuré les indices pour Ha, HjS, H -y; on pouvait donc comparer les longueurs d'onde de mes raies avec celles des raies du mercure. Yoici ces longueurs d'onde, calculées par la formule de M. Christoffel, pour l'hydrogène aussi raréfié que possible; elles sont exprimées en cent-iuillionièmes de millimètre. Wiillner. Angstrom. 1. Groupe de trois raies, la raie moyenne 5646'^ 56479 2. V trois raies, la raie moyenne 54688 54%7 3. " deux raies, la deuxième raie 53343 53338 4. » deux raies, la première raie 5î2i4 52243 .'}. . " trois raies, li raie moyenne 5oi46 5oi4o 6. " plus lie six raies, la raie moyenne 49^95 49^95 17.. ( 128 ) » Pour les raies principales du specte de mercure Plûcker a donné les longueurs d'onde suivantes : l 5782 Hgp 546t Hgv 4359 )) La deuxième de mes raies diffère peudeRg^; néanmoins, je ne crois pas que ce soit une raie du mercure, car elle occupe le milieu d'un beau groupe de trois raies, tandis que Hg/3 est, d'après Plûcker, une raie isolée. Voici encore les longueurs d'onde des raies principales de l'oxygène, ce gaz étant aussi raréfié que possible : Wùllner. Angsliom. , „ , , , Ma première raie 546 1 3 54ô'3 1. Groupe lar^e de . . \ , , .. rr n r/ o ■ " -' ( la dernière 54037 54oii / la première raie . . SaiSi 5ai55 2. Groupe large de 21'. I la moyenne, très-brillante. . SiSaS SiSaS ( la dernière 50901 SogoS . . 1 la première raie 4938o 49^86 3. Groupe de SIX raies. . ',,,., ,01 /o ' { la deuxième 4^932 4°922 k. Groupe large d'environ 5', la dernière raie ^QoSi 4^*^44 ( la première 4^519 4^5 11 5. Groupe de trois raies la deuxième 464^9 46432 ' la troisième l^èli-j?) 46372 6. Une raie violette 44'76 44'8o 7. Une raie violette 4261 1 42614 » Il est à remarquer que toutes ces raies se retrouvent dans le spectre so- laire, tel qu'il a été dessiné par M. Angsirôtn; j'ai toujours mis, en regard des longueurs d'onde calculées par moi, les longueurs d'onde des raies so- laires correspondatites d'après le physicien suédois. Les écnrts ne s'élèvent qu'une fois à 3 et trois fois à i dix-nnllionièiue de millimètre. » Si M. Dubrunfaiit veut comparer les nombres relatifs à l'oxygène avec ceux qui se rapportent au mercure et à 1 hydrogène, il reconnaîtra que les nouveaux spectres décrits par moi n'appartiennent ni au mercure ni à l'azote; il lui faudra donc chercher luie autre cause qui puisse, avec les mêmes appareils et le même mode d'expérimentation, donner lieu à des spectres différents, selon que les tubes renferment de l'hydrogène, de l'oxy- gène ou de l'azote, à moins qu'il n'admette que ces spectres sont ceux de ces trois gaz. » En terminant, je prierais M. Dubrunfaul de votiloir bien préciser les ( 129 ) causes d'erreur dont, suivant lui, seraient entachées mes expériences sur les gaz comprimés (p. 1248, noie). Mais il ferait bien, peut-éire, de les ré- péter d'abord, afin de vérifier les phénomènes que j'ai décrits; il lui suffira pour cela de conserver le mode d'expérimentation dont il a déjà fait usage, car c'est à très-peu près celui que j'ai employé moi-même et que j'ai décrit dans les Annales de Poggendorjf [décemhve 1868). » CHIMIE ORGANIQUE. — Synthèse de l'alcool propylique normal au moyen de l'alcool éllijlique. Note de M. A. Rossi, présentée par M. Wuriz. « La méthode dont je me suis servi pour passer de l'alcool élhylique à l'alcool propylique est celle qui m'avait permis autrefois à préparer l'alcool caproïque, et qui a fourni récemment à M. Lieben et moi l'alcool butyhque normal, inconnu jusqu'alors. J'ai commencé par transformer l'alcool élhylique successivement en cyanure d'éthyle et en acide propio- nique; ensuite, j'ai préparé l'aldéhyde propionique par la méthode de Piria et de M. Limpricht, en soumettant à la distillation sèche un mélange de propionate et de formiate de chaux, et j'ai obtenu enfin l'alcool pro[)ylique par l'action de l'hydrogène naissant sur l'aldéhyde. » Pour préparer le cyanure d'éthyle, on a chauffé du cyaniu-e de potas- sium en poudre avec du chlorure d'éthyle dissous dans trois fois son poids d'alcool à 85 degrés, en tubes scellés, à la température de 100 à io5 degrés. » Sans s'arrêter à purifier le cyanure d'éthyle, on a introduit de la po- tasse solide dans la solution alcoolique du cyanure d'élhyle, et on l'a fait bouillir jusqu'à ce qu'il ne se dégageât plus d'ammoniaque. Il est resté un résidu de propionate potassique, qu'on a séparé de l'alcool, et cpii a fourni de l'acide propionique par la distillation avec de l'acide sulfurique étendu. » Aldéhyde propionique. — Pour obtenir cette aldéhyde, on a soumis à la distillation sèclie, par petites jiorlions (10 à i5 grammes chaque fois), un mélange intime et sec de propionate et de formiate de chaux. Le produit distillé, desséché par le chlorure de calcium et soumis à la distillation frac- tionnée, a fourni trois cinquièmes de son poids en aldéhyde propionique pure, un peu d'aldéhyde butyrique et une substance bouillant entre 80 et 100 degrés, que je n'ai pas encore étudiée, mais qui parait ne pas être une aldéhyde. » L'aldéhyde propionique ainsi préparée est un liquide limpide, mobile, d'odeur suffocante, qui est soluble dans l'eau, mais cependant ne s'y dis- sout pas dans toutes les proportions. Sa composition, déduite de l'analyse. ( '30 ) répond à la formule C'H^O. Elle bout à 49", 5o sous la pression de 740 '^lil- limètres. Son poids spécifique est o,8o4 à 17 degrés. Elle s'oxyde facilement à l'air et réduit le nitrate d'argent ammoniacal en produisant un dépôt miroitant d'argent métallique. » Agitée avec une solution concentrée de bisulfite de soude, elle s'y dissout avec un dégagement notable de chaleur; la dissolution cependant ne dépose pas de cristaux, lors même qu'on la refroidit i)ar un mélange réfrigérant. L'aldéhyde propionique s'altère profondément, lorsqu'on la chauffe avec de la potasse : elle devient visqueuse, sans toutefois se rési- nifier. » Jtcool propylique.— J'ai préparé cet alcool par l'action de l'hydrogène naissant sur l'aldéhyde. La meilleure manière d'effectuer cette transforma- tion est celle que nous avons employée, M. Lieben et moi, pour transfor- mer l'aldéhyde butyrique en alcool butylique. J'ai donc dissous l'aldéhyde dans quinze à vingt fois son poids d'eau, et j'y ai introduit successivement et par petites portions l'amalgame de sodium en même temps avec des quantités équivalentes d'acide suifurique. Lorsque le liquide a perdu sa faculté de réduire le nitrate d'argent, la réaction est terminée, et l'on dis- tille, afin d'éliminer le sulfate alcalin. Le produit distillé est une solution aqueuse d'alcool propvlique, sur laquelle nagent quelcjues gouttes hui- leuses d'une substance insoluble dans l'eau, qu'on en sépare par filtra- tion. On peut d'ailleurs éviter en grande partie la formation de cette sub- stance hudeuse en ne traitant que de petites quantités d'aldéhyde à la fois par l'hydrogène naissant. » Ou extrait l'alcool propylique de sa solution dans l'eau au moyen de la distillation et du carbonate de potasse. » Eu opérant ainsi, la perle totale de produit ne dépasse pas un tiers de la quantité théorique d'alcool calculée eu jiarfant de l'aldéhyde. » L'alcool propylique ainsi préparé et desséché, d'abord parle carbonate de potasse fondu, ensuite par la distillation sur le sodium, est im liquide incolore, qui possède une forte odeur alcoolique, une saveui- brûlatite et qui se dissout dans l'eau dans toiUes les proportions. Il bout à 96 ou 97 de- grés, sous la pression de 743 millimètres. Sa densité est o,82o5 à zéro. L'a- nalyse a conduit à la fornuile C'H'O. » Oxydé par un mélange de bichromate de potasse et d'acide suifurique, cet alcool a fourni de l'acide propionique pur, dont on a analysé le sel d'argent. » Bromure de propjle. — J'ai préparé cette substance en saturant l'alcool ( .3. ) propylique par l'acide bromhydrique et en chauffant ensuite ce liquide avec un volume égal d'une soiuliou aqueuse concenlréc d'acide bromhydrique à loo on io5 degrés, dans des tidjes scellés. Le hiomure de propyle pur est un liquide incolore, doué d'iuie odeur semblable à celle du bromure d'étliyle, inaltérable à la lumière et très-peu soluhle dans l'eau. Il bout à 'ji degrés, sous la pression de ■749 millimètres. Son [)oids spécifique est 1,388 à zéro. Son analyse a donné des résultats correspondant exactement à la formule C IT fir. » lodiire de jirnpyle. — On a obtenu ce composé en chauffant légèrement lui mélange d'alcool propylique, d'iode et de phosphore rouge. I^e produit constitue, à l'élat pur, un liquide incolore, d'ime odeur ressemblant à celle de l'iodure d'éthyle, insoluble dans l'eau et se colorant peu à peu par l'ex- position à la liunière. Il bout à 102 degrés, sous la pression de -ySa milli- mètres. Son poids spécifique est 1,782 à zéro. Sa composition, déduite de l'analyse, correspond à C'H'I. » Aiélale de prcjyjle. — On prépare facilement ce corps en chaiiffant à 100 flegrés, dans des tubes scellés, un mélange d'iodure de propyle et d'acé- tate d'argent. C'est une substance liquide, d'une odeur agréable, qui bout à 102 degrés, sous la pression de 75o millimètres, et dont le poids spécifi- C'H'O ) que est 0,913 à zéro. Son analyse conduit à la formule 3 O. Chauffé avec une solution concentrée de potasse caustique à 100 degrés, en vase clos, l'acétate de propyle se dédouble en acétate de potasse et alcool propylique. » Cyanure de propyle. — J'ai obtenu cecomposépardoubledécomposition, en chauffant, eu tubes scellés, soit le bromure, soit l'iodure de propyle, avec une solution de cyanure potassique d'alcool, à 85 degrés. La quantité insuffisante de matière m'a enqiéché (Vf\^ étudier les propriétés. Toutefois, j'ai pu constater qu'en faisant bouillir le cyanure de propyle avec de la potasse, il se dégage de l'ammoniaque et il se forme de l'acide butyrique, qui paraît èlre identique en tout point avec l'acide de fermentation. En effet, non-seulement l'analyse d'un sel d'argent préparé au moyen de l'acide dérivant du cyanure de propyle a conduit à la formule du butyrate d'ar- gent, mais on a pu démontrer, en outre, que le sel de calcium du même acide se prend en niasse cristallint', lorsqu'on chauffe sa solution saturée à froid. Ce caractère, comme on sait, permet de distinguer l'acide butyrique de feruienfation de l'acide isobutyrique. » Les faits décrits dans cette Noie démontrent avec certitude qu'en sui- vant le procédé indiqué on peut remonter de l'alcool éthylique à l'alcool ( i30 propyliqiip normal. M. Sierscli a donc été dans l'erreur lorsqu'il a assuré qu'on ne peut pas obtenir l'aldéliyde propionique en distillant \tn mélange de propionate et de formiate de chaux, et qu'en général la méiliode fondée sur la transformation des acides gras en aldéhydes et des aldéhydes en alcools ne peut pas servir à la synthèse des alcools. Il y a, au contraire, tout lieu de croire que cette méthode est générale. M Ces recherches ont été faites au Laboratoire de l'Université de Turin. » PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Sur le passage des leucocytes au travers des parois des cajiUlaires. Note de M. V. Feltz, présentée par M. Robin. « Le travail de M. Fellz a trait au passage des leucocytes ou globules blancs du sang à travers les parois vasculaires. M. Feltz résume d'abord succinctement la théorie de Cohnheim, qui est elle-même basée sur des données anatomiques et histologiques principalement dues à Reckling- hausen. Cohnheim ne doute pas du passage des globules blancs par les stomates, dont il admet l'existence dans les parois vasculaires dans les cas d'inflammation, etc. M. Fellz combat la manière de voir de Cohnheim. )) i" Sur le terrain expérimental, il a étudié la circulation dans le mé- sentère et la langue de la grenouille et sur le mésentère de la souris. Il conclut à une coarclation primitive des vaisseaux suivie d'une ddatation due à la perte temporaire de la contractilité des parois vasculaires. Malgré de minutieuses et nombreuses observations, il n'a jamais pu (en conlraiiic- tion avec Cohnheim) voir des globules blancs s'insinuer dans des canali- cules, dont on a admis l'existence, au travers des parois. Il n'a vu que des accumulations de leucocytes le long des parois internes et externes; mais il lui est impossible, de |)ar l'observation directe, d'affirmer que les glo- bides extravasculaires soient de provenance hématique immédiate. » 2° L'auteur a démontré ensuite, par différents moyens (injections de substances colorées dans les systèmes sanguin et lymphatique, colorations des tissus artériels et veineux par le nitrate d'aigent, pi'éparations histo- logiques avec du papier photographique, etc.), que le passage des leuco- cytes est impossible, parce que les prétendus stomates épithéliaux et les prétendus canalicules conjonctifs n'existent pas ou du moins ne sont |)as démontiés par les agents employés par Cohnheim et pai' Reikhnghausen. » 3° M. Feltz ne nie pas qu'il y ait autoin- des vaisseaux, dans les tissus enflammés, un grand nombre d'éléments semblables aux leucocytes; mais ne les voyant pas sortir des vaisseaux ni se former dans des éléments { .33 ) préexistants, comme le voudrait la théorie de Virchow, il se demande si ces éléments ne se développeraient pas snr |jlace dans les liquides d'exsu- dation. Avant de se prononcer siu' la (picstion de la génération, il a entre- pris de nouvelles expériences, qu'il aura prochainement l'honneur de sou- mettre à l'Académie. » PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur les motivcnieiils des grains de chlorophylle dam les cellules végétales, sous l'influence de la lumière. Note de M. E. Roze, présentée par M. Brongniart. « Dans une Note toute récente (i), M. Prillieux a exposé les résultats affirmalifs de ses propres observations relativement aux mouvements des grains de chlorophylle, sous l'influence de la lumière, dans les cellules du Funaria hygromelrica. J'ai cherché à vérifier moi-même ce phénomène, qui me paraissait d'autant plus curieux, que les observateurs cités par M. Pril- lieux, et M. Prillieux lui-même, n'en donnaient aucune explication. On pouvait se deuiander, en effet, si les grains de chlorophylle, en glissant len- tement sur la paroi cellulaire, se déplaçaient d'eux-mêmes ou s'ils obéis- saient à une impulsion étrangère. Je demande à l'Académie la permission de lui soumettre l'explication suivante. » En observant des feuilles de ce Funaria, et surtout des feuilles adultes, sous des grossissements d'environSooàGoodiamètres, avec une lumière assez vive, j'ai remarcjué qu'en outre des grains de chlorophylle tapissant les parois cellulaires, chaque cellule présente un plasma muqueux, transparent, en filaments très-ténus, dont les extrémités relient les uns aux autres tous les grains de chlorophylle. A l'aide de la clunubre claire, j'ai constaté très- facilement qu'au bout d'une demi-heure ces filaments plasmatiques éprou- vent déjà des déplacements sensibles, et qu'après une heure leur position est tout autre; enfin, que les grains de chlorojjhylle les accompagnent dans ce mouvement Irès-lent, de telle façon qu'ils semblent être une dépendance du plasma s'ils n'en sont ruie émanation directe. » Par suite, il est fort probable que les mouvements des grains de chlo- rophylle observés sur d'autres plantes, par MM. Boiun, Famintzin et Boro- dine n'ont pas non plus d'autre cause qu'iui mouvement plasmatiqup. On sait, eu effet, que le plasma est la partie essentiellement vitale cl animée de la cellule : il sera donc utile, dans les recherches qu'on pourra vouloir Comptes rendus, séance du 3 janvier 18'jo. C. R., 1870, 1" Semestre. (T. LXX, N" 3.) I^ ( >34 ) faire sur l'influence de la lumière, de constater à la fois son action sin- la chlorophylle et sur le plasma. » Du reste, dans son beau Mémoire sur la chlorophylle (i), M. Hugo Mohl ne disait-il pas déjà lui-même « que les grains de chlorophylle sont » constamment reliés au protoplasma qui se trouve dans la cellule ; cpi'ils » sont, dans la plupart des cas, enfoncés dans une matière mncilagineuse, » transparente, avec laquelle, dans quelques circonstances, par exemple » dans la Faltisneria et le Ceratophyllum deinersiuu, ils se meuvent en cou- » rants, mais d'un mouvement tellement lent qu'il les avait vus ne par- » courir en une seconde que -jtItô ^^ Ytûou ^^ ligne. » » Seulement, nous savons aujourd'hui que ce mouvement paraît être le résultat d'une excitation spéciale, car il ressort des observations plus récem- ment faites sur ce sujet que ce mouvement est dû, sinon uniquement, du moins en grande partie, à l'influence de la lumière. » CHIMIE INDUSTRIELLE. — Valeur toxique de quelques proiluits du groupe pliénique. Note de M. P. Guyot. (Extrait.) « Conclusions. — i° L'acide phénique agit sur la peau et produit des acci- dents caractérisés par l'inflammation et la tuméfaction; » 2° L'action du phénol est lente lorsque la température est basse, elle est d'autant plus vive que la température est plus élevée; » 3° L'acide rosolique et la coralline purs ne sont pas vénéneux et n'agissent pas sur l'épiderme ; dans le cas contraire, ils sont toxiques; » 4" L'acide rosolique peut agir sur la peau, soit par l'acide sulfurique, soit par le phénol qu'il renferme, suivant le mode de préparation ; » 5° La coralline préparée avec de l'acide rosolique impur et un excès d'ammoniaque est vénéneuse lorsqu'elle est introduite dans l'économie animale; elle agit alors par l'aniline qu'elle contient; elle n'agit auciuie- ment sur la peau ; I) 6" Préparée comme dans les deux autres cas mentionnés ci-dessus, la coralline agit sur la peau par le phénol qu'elle renferme ; » 7" L'acide rosolique actif peut être purifié au moyen de la benzine. » M. J. RouBv adresse la description et le dessin d'une « Source artificielle minérale ». (i) Botanlsclœ Zeiluiig, des 9 et 16 février i855 [Anri. tirs Sr. itat., 4" série, t. VI, p. 139). ( .35 ) M. H. Anez adresse, de Tarascon, une Note concernant le développement et les mœurs du Phylloxéra vaslatrix . Cette Note sera soumise à l'examen de M. MilneEdwards. « M. BuoNGNiART appelle l'attention de l'Académie sur le premier volume de la Flore Vogeso-Rliéncme^ par M. Kirschleger, professeur à l'École supé- rieure de Pharmacie de Strasbourg, que la mort a frappé avant que cet ouvrage fftt complètement publié. » Cette Flore peut être considérée comme une seconde édition de la Flore d'Alsace, du même savant, ouvrage qui s'est fait remarquer par de bonnes observations propres à l'auteur et par des études intéressantes sur la distribution géographique des plantes de cette région, que la nouvelle Flore Vocjeso-Rliénane reproduira sans doute. » M. CnEVREUL fait hommage à l'Académio, au nom de M. Reisel, d'un volume portant pour titre : « Milon, — Sa vie, ses travaux de chimie et ses éludes économiques et agricoles sur l'Algérie » . A 5 heures, l'Académie se forme en Comité secret. i36 C0?1ÎÏTE SECRET. La Section de Physique, |iar l'organe de son doyen M. Becquerel, présente la liste suivante de candidats à la place de Correspondant, vacante par suite du décès de M. Forhes: En première ligne M. Kirchiioff, à Heidelberg. M. AxGSTROM, à Upsal. M. Billet, à Dijon. M. DovE, à Berlin. M. Grove, à Londres. M. Henry, à Philadelphie. £, / /■ , / 1 M. Jacobi, à Saint-Pétersbourg. h II seconde luine et par ordre I ° alphabétique M. Joule, à Manchester. M. Lloyd, à Dublin. M. RiESS, à Berlin. ~ M. Stockes, à Cambridge. M. W. Thomson, à Glascow. M. TïND.iLL, à Londres. I M. Volpicelli, à Rome. Les litres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. La séance est levée à 6 heures. É. D. B. ERRATA. (Séance du lo janvier 1870.) Page 'j'j, ligne 16, nu lieu de était devenu l\o, lisez était devenu 5o. Page nn, ligne iS, au lira de -y—-> lisez -p- • Page 96, lignes i5 et 16, foinuiles 1° et 2", au lieu de Aq, lisez partout Ag. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉAiNCE DU LUNDI 24 JANVIER 1870. PRÉSIDENCE DE M. LIOUVILLE. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDAiNTS DE L'ACADÉMIE. ÉLECTRO-CHlMiË. — Note relative au dépôt de inckel mr les métaux; par MM. Becquerel. « M. Gaiff'e, dans une Lettre adressée à l'Académie dans sa dernière séance, et relative au dépôt de nickel sur différents métaux, au moyen de la méthode de M. Isaac Adams, de Boston, a annoncé que de faibles quan- tités de soude ou de potasse dans le bain sont nuisibles au dépôt et déter- minent, non plus un dépôt de nickel pur, mais, sur la pièce qui représente l'électrode négative, du peroxyde de même métal, qui altère rapidement le bain. » 11 ajoute que des bains préparés avec des clilorures ou sidfates doubles de nickel et d'aiumoniaque parfiitcment purs donnent d'excelleuls ré- sultats. » MM. Becquerel ont fait remarquer, dans la dernière séance, que celle méthode était semblable à celle qu'ils avaient donnée (i), et que le double sulfate de nickel et d'ammoniaque avait été employé par eux pour le même usage, il y a huit ans, et qu'en outre, ils s'étaient servis avec succès des (l) Comptes rendus, t. LV, p. i8, et t. LXX, |). 124. O.ll., 1X70, 1" Semeilre. (T. LXX, «"4.) It) ( i38 ) doubles sels de nickel el de potassium ou de sodium additionnés d'ammo- niaque. » Ayant répété leurs expériences depuis la dernière séance, ils ont con- staté de nouveau que la présence de la potasse ne nuit nullement au dépôt de nickel, attendu que des bains doubles de sulfate de potasse, ou d'ammo- niaque et de nickel, additionnés d'ammoniaque afin de neutraliser l'acide sulturiqiie devenu libre lors de la décomposition du sulfate de nickel, dans le cas où l'on n'emploie pas d'électrode positive en nickel, donnent d'ex- cellents résultats, comme le prouvent les pièces qu'ils mettent sous les yeux de l'Académie. » NOMINATIOIVS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Cor- respondant pour la Section de Physiqui', en remplacement de feu M. Fortes. Au premier lourde scrutin, le nombre des votants étant !\2, M. Rirchhoff obtient 4^ suffrages. M. Lloyd I » M. W. Thomson i » M. KiRCHHOFF, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé élu. MÉMOIRES PRÉSENTÉS. MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Sur l'influence qu exerce la digue de Pinay sur les crues de la Loire à Roanne. Mémoire de M. Graeff, présenté par M. le général Morin. (Extrait par l'Auteur.) (Renvoi à la Coinmission du prix Ualmont.) « Il existe entre Feurs et Roanne, à 'j kilomètres environ en aval de Halbigny, sur la Loire, une digue de 17 mètres de hauteur en macoinierie, qui barre le fleuve et ne lui laisse qu'un étroit pertuis de ig"", '70 d'ouver- ture. Ce rétrécissement a pour effet de refouler les eaux lors des crues et de faire, de la plaine du Forez com|jrise entre le pont de Feurs et la digue, un vaste réservoir. Ce travail à été édifié, dans le siècle de Louis XIV, par un ingénieur du nom de Mathieu, ajin de retarder les crues de la Loire en aval., et d'en réduire les hauteurs. » M. Boulangé, ingénieur eu chef du département de la Loire, avait ( i39 ) publié, clans les Annales des Ponts et Chaussées de 1848, un article dans lequel il cherchait à établir tonte l'influence qu'avait eue la digne de Pinay sur l'atténuation de la grande crue de 1846, à Koanne. Cet article a été attaqué en i858 par M.Diipuit, insiircteur général des Ponts et Chaussées, dans une brochure dans laquelle il a cherché à démontrer que l'influence de la digue de Pinay sur les crues devait être à peu près insignifiante, et qu'elle devait être attribuée tout entière à l'étranglement naturel dans lequel est construite la digue. M. Graeff eut, comme ingénieiu- en chef du département de la Loire, l'occasion d'étudier aussi cette question, et le Mémoire qu'il présente aujourd'hui a pour but d'établir plus exactement l'action de la digue de Pinay, au pertuis de laquelle le système de calcul employé par M. Dupuit ne lui paraît pas applicable. M. Graeff a, pour calculer l'effet de la digue, appliqué les principes qu'il a déjà exposés dans un Mémoire sur la théorie des réservoirs à niveau variable, dont l'Académie a, dans sa séance du i4 décembre 1868, autorisé l'insertion au Recueil des Savants étrangers, et il est arrivé, en définitive, à ce résultat : que l'action de la digue de Pinay est d'abaisser de o™,6o la hauteur qu'au- rait prise à Roanne la crue dei866 sans l'existence de la digue, et d'au moins I mètre celle de la crue de 1846, la plus grande crue connue de cette partie de la Loire. M Les calculs du Mémoire ont été faits au moyen des courbes des débits de la Loire aux ponts de Feurs et de Roanne, et, dans une Noie jointe à son Mémoire, M. Graeff indique tout le parti que l'on peut tirer des courbes des déliits, dims la question du jaugeage des rivières, et il analyse les caractères généraux que présentent ces courbes et celles des vitesses, pour tous les cours d'eau. » Le Mémoire donne aussi quelques détails archéologiques sur la digue de Pinay, dont les deux branches sont fondées sur une culée et une pile en maçoiuierie d'un ancien pont romain en charpente, qui, pendant le moyen âge, a encore été l'une des principales communications dans cette région de la Loire. M. Graeff montre comment, emporté et l'econstruit plusieurs fois, ce pont a été supprimé au commencement du xviii* siècle par la construction du pertuis de Pinay. Ce pertuis lui-même a été réparé en 1869 sur un projet présenté par M. Graeff, pendant qu'il était ingé- nieur en chef du département de la Loire, et on y a rétabli, sur la demande des communes voisines, un tablier en charpente reconsliluant l'ancienne connu unication romaine. M AL Graeff a ajouté à son Méiioire des notes sur l'origine et le projet 19.. ( i4o ) de la digne de Pinav et une Notice biographique sur l'ingônieiir du siècle de Louis XIV qui a eu, le premier, l'idée pratique de réduire les crues des rivières par rétablissement de réservoirs. » M. LE GÉNÉRAI, MoRiN, en présentant à l'Académie le Mémoire qui pré- cède, ajoute les remarques suivantes : « Les études de M. Graeff et les documents historiques fort intéressants qu'il y a joints montrent que, déJH en 171 i, les ingénieurs liydrauliciens du règne de Louis XIV avaient reconnu et signalé l'imporlauce des grands réservoirs de retenue pour modérer les crues des fleuves, et celles de la Loire en particidier. » L'observation des faits et la logique naturelle les avaient conduits, dès cette époque^ à des conclusions plus exactes que celles que l'on imposait trop souvent, il y a encore peu d'années, à la solution des grandes questions de travaux publics, en se basant sur des raisonnements et sur des calculs en apparence fort savants, mais qui n'avaient pour fondements que des hypothèses peu d'accord avec la vérité des phénomènes. » Le travail de M. Graeff fournit un exemple remarquable du parti que les ingénieurs actuels, plus circonspects que quelques-uns de leurs devan- ciers, savent tirer du concours de l'observation et de la science du calcul. » MINÉRALOGIE. — Découverte du diamant à Dlnschkowilz [Bohême). Extrait d'une Lettre de M. A. Schafaritz à M. H. Sainie-Claire Deville. (Renvoi à la Section de Minéralogie.) n J'ai l'honneur de vous annoncer la découverte du diamant en Bohème, dans le sable pyropifùre de Dlaschkowitz, domaine de M. le comte de Schonborn, situé à 60 Ixilomètres nord-ouest de Prague, entre la rivière Eger et le massif basaltique du Miltelgebirge. Ces mines, exploitées depuis longtemps et décrites par M. le professeur A.-E. Renss, en 1840, dans le premier volume de ses Esquisses géologiques de la Bohême (p. 273-277), con- sistent en trois larges bassins plats (le plus grand a presque 10 kilomètres carrés), légèrement enfoncés dans les couches du calcaire crétacé (plâner- kalk), et contenant, sous une faible couche de sol arable et d argile, un lit épais (2 à 4 mètres) de gravier. Ce gravier est composé de débris forte- ment altérés de basalte, de gneiss, de psammite et de plànerkalk; il doit sou origine sans doute au soulèvement peut-être sous-marin des cônes pittores- ( >4. ) qiies Hu Mittelgebirge, au milieu des couches horizontales du lonaiu crétacé et des autres terrains cachés au-dessous de ce dernier. Le gravier coutieut une forte proporiion de gros sable quartzeux, riche en grains et cristaux roulés de diverses pierres précieuses, parmi lesquelles dominent le pyrope (grenat de Bohème, à base de chrome oxydulé, d'après M. Moberg) et le zircon ; en outre, on trouve du spinelle rose et noir, du corindon hyalin bleuâtre, des chrysolile, tourmaline, cyanite, pyroxène, amphibole, etc. Le sable est extrait pour en séparer le pyrope, par lavage et triage; les autres pierres sont négligées, comme trop petites et impures. Cependant M'"" la comtesse de Schonborn en fait conserver et tailler les meilleurs échantillons, pour en composer des bijoux dont elle se sert comme souve- nirs de Bohême pour des personnages distingués. Il y a quelques semaines que les ouvriers, parmi toutes ces pierres, en trouvèrent une qui, au heu d'être rodée par l'émeri, attaqua elle-même vivement la roue. Son lustre stJggéra l'idée que c'était peut-être du diamant. » Elle fut envoyée à Prague et confiée à mon collègue M. Rrejci, pro- fesseur de minéralogie à lEcole Polytechnique, qui, ne disposant pas de tous les instruments nécessaires, et trop absorbé par les graves tra- vaux de l'exploration scientifique de la Bohême, dont il est géologue en chef, me pria d'entreprendre moi-même cette recherche. Je m'empresse de le remercier pour cette offre généreuse. Avant de faire l'essai chimique de la pierre, je fis une étude de ses propriétés physiques, qui suffit pour rendre superflue l'analyse, et prouver que c'est du diamant. J'ai constaté ce fait le matin du i3 janvier; le soir du i4. j en ai fait l'annonce dans la Sec- tion des Sciences naturelles de notre Musée national. 1) Le premier diamant trouvé en Bohême est de forme irrégulière, appro- chant d'un cidie ou peut-être d'un dodécaèdre rhomboïdal tout à fait tron- qué; son diamètre est de 2™", 5 à 4 millimètres, suivant la direction; son poids, de 5^ milligrammes exactement. Dans l'eau il perd (en moyenne de deux pesées) 16^^,3 de son poids apparent, doii la densité = 3,52, exac- tement égale au chifire normal du diamant, d'après Mohs. La surface est ru- gueuse, mais miroitante; ime des faces porte un profond sillon, formé de deux plans inclinés l'un sur l'autre d'environ 90 degrés, ce qui porterait à croire que c'est une macle; une autre face porte plusieurs empreintes poly- gonales profondes, à faces planes miroitantes, provenant sans doute des cris- taux voisins de notre pierre pendant qu'elle se formait ; une de ces cavités, très-étroite et très-profonde, a une section rhomboïdale. J'ai trouvé les an- gles de ce rhomboïde, sous un fort microscope, de 71 et 109 degrés; c'est. ( i4a ) comme on voit, l'angle des arêtes de l'oclaédre et son complément. Sons un grossissement de loodiamètres, on voit les faces(surtoat la plus netle d'elles, qui rappelle beaucoup celle dudodécaèdre) recouvertes d'innombrables stries parallèles (arêtes des cristaux soudés ensemble en position parallèle), mêlées çà et là de cavités trigonales à faces échelonnées, et de facettes trigonales lé- gèrement saillantes, parfaitement tranchées et d'un lustre adamantin vraiment remarquable. Toutes ces facettes éparses, dont quelques-mies atteignent o™™, 2, sont disposées parallèlement. Je n'ai pu découvrir dans l'intérieur aucune de ces cavités ou parcelles étrangères si fréquentes, d'après fe\i sir David Brewster, quoique la matière de la pierre, d'un jaune pâle verdâtre, paraisse parfaitement limpide; mais la surface est trop inégale pour voir l'intérieur de la pierre à l'aide du microscope, même en la plongeant dans l'essence de térébenthine. Il est bien remarquable que, en frottant la pierre de Dlaschkowitz contre un beau dodécaèdre (couleur cannelle) de diamant indien, je n'ai pu observer d'usure sur aucune des deux pierres, pen- dant qu'un petit diamant du Brésil, très-aigu, par lequel j'essayais à toute force de rayer notre pierre, perdit complètement sa pointe, sans que le mi- croscope ait révélé la moindre égratignure sur la pierre de Bohême. M. Le- noir, à Vienne, m'a dit, il y a dix ans, en me vendant mon diamant, que les verriers se servent de préférence du diamant des Indes pour couper le verre, parce qu'il est réputé plus dur que celui du Brésil. J'ajoute que la pierre de Dlaschkowitz acquiert luie charge d'électricité positive assez forte par frot- tement contre une étoffe de laine; que, chauffée à i5o degrés dans l'obscu- rité, elle ne m'a pas donné de trace de phosphorescence, propriété qui a bien pu être détruite pendant qu'on mastiquait la pierre, à la cire d'Espagne brû- lante, pour la tailler; enfin, qu'entre des niçois croisés elle doiuie des cou- leurs franches, propriété anormale, qui fut cependant retrouvée dans la plupart des diamants examinés par sir D. Brewster, pendant l'étude du Rohinour. Un beau petit diamant vert du Brésil, soumis à la même épreuve, m'a donné au polariscope des couleurs bien plus vives que la pierre de Dlaschkowitz. » La découverte faite à Dlaschkowitz me paraît importante, non-seule- ment parce qu'elle est la première vraiment européenne (vu la position exceptionnelle des mines de l'Oural et vu les doutes sérieux qui s'attachent aux prétendues découvertes de diamant en Irlande et en Espagne), mais plutôt encore au point de vue géologique. Jusqu'à présent le diamant n'a été trouvé que dans des terrains presque identiques partout et caractéri- sés à la fois par leur horizon géologique, intermédiaire entre les plus ( i43 ) anciennes formations sédimentaires et les roches primitives, et par l'asso- ciation du diamant avec l'or et le platine. Ici rien de pareil, point d'or, point de platine, et le terrain d'nn côté phitonique, de l'autre côté sédimen- taire, relativement récent. Presque toutes les pierres qui accompagnent le pyropedeDlaschkowitz, Podsediilz et Triblitz se trouvent en divers endroits de Bohème dans leur gangue de basalte; mais je ne vois pas de raison à priori pour que le basalte ne puisse contenir du diamant. L'hypothèse de l'origine organique du diamant, appuyée sur la grande autorité de Brew- ster, Liebig et d'autres grands observateurs, m'a toujours paru offrir moins de difficultés que toute autre ; mais l'hypothèse n'est rien en face d'un fait. Du moins il n'est pas prouvé qu'à la fusion du basalte le diamant dût être brûlé. Du reste le champ de recherche est si limité dans le bassin de l'Eger, qu'une recherche rigoureuse pourra sans doute assigner posi- tivement l'origine de la pierre de Dlaschkowitz. D'après les récits que j'ai pu recueillir, nos sables pyropifères me paraissent offrir beaucoup d'ana- logie avec les sables zirconiféres d'Expailly, près du massif basaltique de l'Auvergne; il serait bien remarquable qu'on y trouvât du diamant parmi les zircons et les corindons du Velay. » Vu le scepticisme, bien légitime à vrai dire, de notre siècle, il n'y aura pas lieu de s'étonner, si des doutes sur la pierre de Dlaschkowitz viennent à être émis. Après le récit donné ci-dessus, j'espère qu'ils laisseront de côté la nature de la pierre, et qu'ils se contenteront d'attaquer sa pi ove- nance. A cet égard, je suis bien tranquille; on se souvient qu'aussitôt après la découverte des diamants dans l'Oural, M. de Humboldt n'étant même pas de retour, des bruits couraient que c'étaient des diamants du Brésil, taillés, qu'on aurait achetés à Moscou pour les mêler au sable. D'après un Rapport de M. Zerrenner, fait en i85i, l'on a extiait entre 1829 et 1847, en quatre divers endroits, soixante-quatre cristaux divers, et M. Parrot eu a vu, en i832, chez la comtesse Polier, une collection de vingt-neuf, pro- venant du seul ravin d'Âdolfskoye, dans sou domaine de Krestowzdwi- jensk. Les échantillons de notre sable pyropifére sont fort répandus dans nos collections; l'attention une fois éveillée, ils seront examinés par des yeux exercés, et tôt ou tard on découvrira d'autres spécimens : ils seront rares sans doute, autrement la découverte ne se serait pas fait attendre si longtemps. Pour moi, je n'ai rien trouvé dans mes échantillons. » ( 144 ) PHYSIQUE. — Sur II coiislilution des spectres lumineux; jiar M. Lecoq de Boisbaudran. (Extrait.) (Renvoi à la Commission précédemment nommée.) « 1. J'ai supposé que les molécules lumineuses possédaient des inégalités, causes premières de la formation des spec lies (i) ; cela n'implique pas que ces molécules soient des solides munis d'aspérités; on peut admettre qu'elles consistent en des systèmes dont les éléments sont mobiles et où les passages de ces éléments (atomes mécaniques constituants) par des directions déter- minée.s représentent les inégalités. » 2. I^es orbites inlra-nioléculaires des atomes peuvent élre supposées excentriques, au même litre que les orbites parcourues par l'ensemble delà molécule; d'où vitesses variables ties atomes et différences d'intensité entre les raies formées à l'aphélie ou au périhélie inîra-moléculaires (2). Ce ne serait plus le passage ù'iuie inégalité pai' une direction fixe qui produirait une onde, mais la coïncidence des vitesses dans les diverses orbites. •' 3. S'il y a coïncidence entre les vitesses d'un atome sur les orbites de divers ordres lorsque les périhélies de ces orbites sont voisins, l'onde émise sera la plus vive possible. La coïncidence des vitesses et la superposition des périhélies n'auront pas nécessairement lieu au périhélie principal même (3); il pourra arriver que, pour un des côtés de ce point, la coïncidence des vi- tesses ait lieu lorsque l'atome sera à son aphélie intra-moléculaire et non à son périhélie; il ne se formera dans cette légion que peu ou point de lu- mière. Si les phases ne sont pas distribuées symélriquemenl par rapport au périhélie principal, les groupes élémentaires ne se superposeront plus deux à deux. Ce double effet s'observe dans le spectre du rubidium, dont le groupe orangé se compose de quatre raies et paraît résulter de la juxtapo- sition de deux couples de raies. (1) Comptes rendus; août 1869, p. 44^- (2) On simplifierait la composition de la molécule lumineuse en s'jpposaut que les orbites intra-moléculaires, au lieu d'être parcourues simultanément par plusieurs atomes, le sont successivement par im seul, dont l'orbite subirait des déplacements périodiques et passerait jiar des positions dont l'ensemble re|iiésenterait ce que nous avions nommé molécule lumi- neuse. L'atome mécanicpie qui, au point de vue de laformalion de la lumière, agirait tomme un tout pourrait consister Ini-niénie en un système d'atomes tl'ordre inférieur, gravitant les uns autour des autics, mais ne ciinconranl pas individuellement à la production de la lu- mière. (3j Périhélie de l'orbite parcourue parle système (pie nous appelons /Ho/^c«/e lumineuse. ( '45 ) » 4.. L'analogie des spectres du riibidiiiin et du potassium rend probable une même origine mécanique pour leurs raies correspondantes; il devrait y avoir dans le groupe jaune du potassium quatre raies et non trois(i). En augmentant l'intensité de la source lumineuse et diminuant la longueur de la lente, j'ai dédoublé la raie58o,r en deux autres, dont lapins réfrangibie est de beaucoup la plus intense. L'écartement des deux raies est ù jieu piès 1 l^fois celui des deux raies du sodiiun. » 5. Le spectte du cœsium contient aussi un double groupe, que je con- sidère comme correspondant aux doubles groupes du lubidium et du potassium. » 6. Puisque les trois groupes de quatre raies paraissent se corres|)ondre exactement dans le [potassium, le rubidium et le cœsium, l'augmentation de longueur d'onde des centres des groupes correspondants est proporlionnelie à l'accroissement des poids atomiques. » En passant du potassium au rubidium, puis au cœsium, l'écarlement des raies de chaque couple et l'écartement des deux couples du groupe croissent rapidement; cette déformation exige que les comparaisons numé- riques soient faites entre les centres et non entre les raies homologues des groupes. » 7. J'avais précédemment remarqué entre les longueurs d'onde des raies des chlorures de strontium et de calcium l'existence d'un coefficient crois- sant assez régulièrement à mesure qu'on s'avançait vers le violet ; cela tient à ce que les spectres du chlorure de strontium et du chlorure de cal- cium offrent entre leurs raies correspondantes une différence de longueur d'onde dont la valeur ne s'éloigne pas beaucoup d'être constante. » La même différence sensiblement constante se retrouve entre quelques autres raies moins intenses. Il y a dans le chlorure de strontium (2) des raies (faibles en général) dont on ne retrouve pas les homologues dans le chlorure de calcium et vice versa; en variant les conditions expérimenlales, on réussira peut-être à les observer. » 8. On ne peut |)as comparer raie p;ir raie les spectres des cidorures di" baryum, de strontium et de calcium avec excès d'acide chiorhydrique, à cause des anomalies particulièresqu'oflre le speciredu chlorure de barytmi [Comptes rendus , se|)tembre 18G9, p. 663); mais si l'on met en regard les (i) M. Thalen ne note aussi que trois raica ilans le gioupi' jaune du polassinni. (3.) Surtout clans le sptLtre électrique. C. K. 1870, i" Semestre. (T. LXX, ti" 4.) 20 ( i46 ) centres de gravité des spectres, on trouve que, pour ces trois sels, l'aug- menfatioii de longueur d'onde, due au changement du métal, paraît donc être proportionnelle à l'accroissement des poids moléculaires. » PHYSIQUE. — De la congélation de l'eau et des solutions gazeuses saturées ou non saturées. Note de M. A. Barthélejiy. (Extrait.) (Commissaires : MM. Regnault, H. Sainte-Claire Deville.) « J'avais remarqué souvent que la glace couverte de paille présentait, lorsqu'on la découvrait, des bosses et des aspérités qui n'avaient point de causes apparentes. Pour suivre de plus près le phénomène, j'ai laissé de l'eau se congeler à la surface dans un tonneau dressé et dépourvu de sa base supérieure : j'ai recouvert ensuite la moitié de la siuface avec une planche épaisse. Au bout de quatre jours, pendant lesquels la température était restée constamment au-dessous de zéro, et était descendue pendant la nuit à — lo et à — 12 degrés, la planche était soulevée, et la glace présen- tait, au-dessous d'elle, une élévation de deux ou trois centimètres par rap- port au niveau de la moitié qui était restée à l'air libre. Enfin une certaine quantité de liquide s'était épanchée, en se congelant, le long des parois la- térales externes du tonneau. Ce fait s'explique, je crois, par un plus grand refroidissement de la partie libre : le noyau liquide avait été poussé par la congélation vers la région la plus abritée, sous la planche; là, ce noyau de plus en plus comprimé a dû soulever la glace, pour se faire enfin jour au dehors. Ces variations de surface, ces bosselleinents d'un niveau primiti- vement horizontal, sont mie preuve de la plasticité de la glace. » J'ai exposé au refroidissement extérieur trois flacons; le pre- mier contenait une solution saturée d'acide carbonique à la pression ordinaire, qui ne remplissait que les deux tiers du flacon; le second était plein d'eau ordinaire; le troisième était rempli d'eau distillée récemment bouillie. » Le premier s'est recouvert d'une glace poreuse stratifiée que j'ai déjà signalée; puis, lorsque le goulot a été rempli, le vase s'est brisé, avec pro- jection des morceaux : ici, la force expansivede la glace n'a joué qu'un rôle secondaire, puisque l'espace libre supérieur était de plus du tiers du vo- lume liquide. Le flacon plein d'eau ordinaire s'est brisé, en un point où la glace était pleine de bulles d'air. Enfin, dans le troisième, l'eau dis- tillée congelée n'avait point vaincu la résistance du vase. En général, les vases contenant de l'eau distillée ne se brisent que lorsqu'ils sont exacte- ( i47 ) meut pleins d'eau, ou lorsque le goulot est trop étroit pour permettre à la glace de remplir sa capacilé en vertu de sa plasticité. 1) Il semble d'ailleurs qu'il s'ét;iblit im équilibre instable ou une sursa- tnration avant le dégagement <\i\ gaz. Un flacon, rempli à moitié d'eau très-légèrement chargée d'acide carbonique, avait été bien bouché et sou- mis à la congélation : en débouchant le flacon pendant qu'il restait encore un noyau liquide, on a entendu d'abord une petite explosion, due au gaz dégagé au-dessus de la glace; puis, une seconde, plus forte, sest produite pendant que la surface de la glace se brisait, donnant issue au gaz dissous dans le noyau liquide qui se dégageait avec effervescence. » En résumé il résulte, je crois, de ces expériences, que la prétendue force explosive de la glace, peu d'accord avec sa plasticité, s'explique sur- tout par la tension du noyau liquide intérieur comprimé, tension qui s'aug- mente de la force élastique des gaz dissous dont ce noyau se sature de plus en plus. » CHIMIE. — Théorie r/énérale de l'action rhimiqtie; préparation de ioxy-aminoniaque. Note de M. E.-J. Maumené. (Renvoi à la Section de Chimie.) « Les faits intéressants dont M. H. Sainte-Claire Deville et M. Fremy viennent d'entretenir l'Académie, dans les séances du 3 et du lo janvier, m'engagent à publier quelques faits que j'ai observés depuis longtemps déjà, mais dont je réservais la publication, d'abord j)ar égard poiu- M. Los- sen, à qui nous devons la découverte si importante de l'oxy-ammoniaque, et ensuite pour achever une étude de plusieurs combinaisons de ce corps et de quelques composés qui s'y rattachent. « M. Lossen a obtenu l'oxy-ammoniaque en faisant agir l'éther azotique de l'esprit de bois sur l'hydrogène naissant formé par l'acide chlorhydrique (D = 1 ,19,) et l'étain. » Ma théorie permet de préciser d'une manière si nette l'état où se trouve réellement l'hydrogène quand un métal détermine son action sur im liquide (l'éther en question, par exemple), elle montre si claire ment que l'hydrogène agit sans sortir de Vétat liquide où il existe dans l'acide chlor- hydrique employé, et par conséquent comment son action diffère de celle de l'hydrogène gazeux, que j'ai pu calculer d'avance la formation de l'oxy- ammoniaque avec des azotates métalliques au lieu de l'éther azotate méthy- lique. 20.. ( i48 ) « On réussit parfaitement avec les azotates de potasse, de sonde, et surtout d'ammoniaque; la réduction de l'acide azotique a lieu par l'acide chlorhydrique et l'étain sous une influence très-analogue à celles dont M. H. Sainte-Claire Deville ou M. Fremy s'occupent, et on me permettra, je l'espère, de dire ce que j'ai observé. » aoo grammes d'azotate d'ammoniaque peuvent être employés dans une seule opération avec 2 1 70 grammes d'acide chlorhydrique (D = i,ia)et 552 grammes d'étain, qu'il est bon d'ajouter en plusieurs fois, trois ou quatre par exemple. H ne faut pas laisser élever la température, car on perdrait tout le produit cherché. Aussitôt que le liquide s'échauffe, on s'en rend maître dans un courant d'eau, jusqu'à ce que le premier quart du métal soit dissous. On ajoute ensuite les autres quarts; il se produit moins de chaleur; on peut, en général, ne plus refroidir, et on achève la préparation comme M. Lossen l'a indiqué pour le cas de l'éther (acide sulfhydrique, alcool, addition de quelques gouttes de chlorure de platine, etc.). » On obtient ainsi des cristaux prismatiques courts, très-aplatis, for- mant des « tables hexagonales irrégulières » (Lossen), et accolés souvent comme certaines cristallisations d'azotate de potasse. Ces cristaux, solnbles dans l'alcool absolu, ne donnent aucun précipité avec le chlorure de pla- tine, mais un sel cristallisé, un peu déliquescent. Ces cristaux ne sont pas des octaèdres, mais des prismes courts, clinorhombiques (?); ils con- tiennent 52,6 pour 100 d'acide chlorhydrique. Enfin, broyés avec de l'oxyde de cuivre, ils donnent un dégagement de bioxyde d'azote, comme l'a observé M. Lossen. Ma théorie montre que yCuO peuvent agir sur I H^AzO-,HCI. A froid, 4CuO seuls exercent leur action et donnent 4CuO + H'AzO%HCl = Cu^Cl + Cu^ H-4HO + AzO". » L'azotate est une combinaison très-difficile à obtenir cristallisée. Une solution de chlorhydrate pur, traitée par l'azotate d'argent, avec un man- quant léger de ce sel, filtrée, donne luie liqueur que l'évaporation con- centre en un sirop : ce sel est important, parce qu'il prend naissance, dans un grand nombre de cas, jusqu'ici peu connus, de la réduction des azotates. II fournit, à une température très-peu élevée, un peu plus de 110 degrés, comme l'a observé M. Lo.ssen, un dégagement de bioxyde d'azote, déga- gement qui a lieu, non pas d'après la formule AzO',H''AzO%HO = 4HO 4- 2 AzO= que donne l'auteur, mais d'après la formule de ma théorie 5 AzO%H' AzO%HO = 3âzO',H'AzHO + aAzO' (HO)' -+- 1 AzO^ ( '49 ) » La réduction des azot;ites peut offrir d'autres produits. Ainsi, dans un grand nombre de cas, ceux de la formation des azotites, on peut observer la production d'un corps voisin de l'oxy-ammoniaque, et c'est ce qui est arrivé très-probablement à M. Frcmy. I.a solution d'azolite de soude, trai- tée par l'amalgame de sodium, peut fournir un corps AzO^H- très-réduc- teur, comme on le comprend. Ce corps existe en abondance dans une liqueur formée de i partie d'azotite et 2 d'eau (D = 1,22) lorsqu'on la traite par l'amalgame loHg + Na. Une solution d'azotite très-étendue (D = 1,087), traitée par un amalgame plus riche, /jHg -1- Na, ne produit que H' Az. » Ma théorie m'a conduit à une découverte analogue, que j'ai faite depuis près de deux ans, et que j'aurais voulu compléter plus tôt. On peut obtenir H'Az et HAz, dans un grand nombre d'actions qui se rattachent à celles dont je parle. » H-Az est un corps qui s'unit aux acides et donne des sels bien plus stables qu'on ne le croirait. J'ai la conviction que ces sels ont été confon- dus souvent avec les sels ammoniacaux. Je puis affirmer que, ma théorie m'ayant indiqué l'action de l'eau broméesur l'ammoniaque étendue comme donnant HBr, H-Az, j'ai fait l'expérience suivante. De l'ammoniaque au dixième a été refroidie à zéro et mise en mouvement très-rapide; j'y ai fait tomber un filet d'eau bromée, pareillement refroidie : aucun dégagement d'azole na eu lieu. J'ai connnencé l'étude du sel contenu dans le liquide, et les résultats sont de nature à intéresser l'Académie; j'aurai l'honnetn- de les lui soumettre, je l'espère, assez prochainement. » M. A. MiG.NOT adresse, pour le concours des prix de Médecine et de Chirurgie, un travail sur la guérison d'une pseudarihrose du fémur parla marche et l'exercice du membre fracturé. L'auteur indique, dans une Note manusciite, les points sur lesquels il croit pouvoir attirer l'attention de la Commission. (Renvoi à la Commission.) CORRESPOINDANCE . M. J.-R. Mayer, nonuiié Correspondant pour la Section de Physique, adresse ses remercîments à l'Académie. M. LE DiKECTEUR génébal DES DouANES adresse, poiu- la bibliothèque de ( i5o ) l'Institut, le tableau général du commerce de la France avec ses colonies et avec les puissances étrangères pendant l'année 1868. M. LE Secrétaire perpétuel présente à l'Académie, au nom de M. le Ma- réchal Vaillant, une Note de M. Bellotli extraite des j4ctes de In Société italienne des Sciences naturelles et ayant pour titre « Applications de la méthode de M. Pasteur pour la reproduction des graines indigènes de versa soie ». M. le Secrétaire perpétuel donne leclnre du passage suivant de cette Note : '■ La niétliode suggérée, pour la première fois, par M. Pasteur, pour la reproduction de la semence saine de ver à soie, est la seule, parmi toutes celles qui ont été proposées jus- qu'à ce jour, qui puisse sauver notre précieuse race de cocons jaunes, et faire revenir la sériciculture en Europe an degré de prospérité qui la distinguait avant l'existence de la maladie actuelle. » M. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la CorrpS|)ondance : « L'année scientifique et industrielle », de M. L. Figuier (i4* année,! 86g) ; « la Connaissance pratique du cheval », par M. Fiai; « Les oiseaux utiles et les oiseaux nuisibles », par il/, fi^e la Blanclière; Soient /la longueur de la verge, h sa flèche, p' son poids par mètre courant_, Q le poids qui la fléchit, H = K'I produit du coefficient d'élasti- cité A' par le moment d'inertie I de la section de la verge. Pour le premier cas, on Ironve _ Q/' _ /' _ Ql' . _ 384H ( i52 ) ce qui donne Pour le i" ras (5) N = .. , 71" / \ P Pour le 2^ cas (b) N=- i-— i/V^ Pour le 3" cas (7) N = -^i/^, Po"rle4ecas (8) N==My/^, Pour le 5« cas (9) N=— ?— — V/",' 2 i,'3 /"H Pour le 6= cas.... ... (10) ^ = -^\/^- ■Kl- \ p » 9. Sons harmoniques. — l-.a hauteur du son fondamental étant re- présentée par I, celle d'un harmonique quelconque, correspondant à la formalion de n nœuds, sera rejirésentée par h. » Si le son fondamental ne se produit pas en même temps que l'Iiarino- nique, h pourra être un nond)re quelconque entiei', fraclionnairc, ou même incommensurable. M Mais si l'harmonique coexisie avec le son fondamenlal, nous aurons les deux règles suivantes : » 1" h sera nécessairement lui nombre entier et impair : c'esl inie consé- quence du principe de la transformation du travail, (|ui passe ici de l'élal élastique à l'état dynamique, et réciproquement; » 2" S'il s'agit de vibrations transversales, chaque nœud île vibralinu devient mobile, et iloit être considéré connue section cncnsirec, atlendn qu'il exisie alors en ce point un moment cpielconque d'éiaslicilé, li ([Uil est l'équivalent d'un collier d'encastrement. » En appliquant les règles précédentes, nu oblicnl inunédiatemeni la hauteur ries harntoniqnes dans les cas suivants : » Corde }^il)mnt transversalement on lonijiliidiniiUnicnt. — On trouve pour ces deux modes ( I ) h = n + 1. » I^e ton fondamental correspond alors à // = o. » yer-, rapprochées de la proporlion infiniment petite d'ozone qui peut se produire au maxuiiUHi dans l'oxygène^ auraient donné une grande autorité et une grande vrai- semblance à l'hypothèse qui considérait l'ozone comme lui composé ni- treux, si l'on n'eiit écarté par ime fin de non-recevoir la question d'impureté des gaz. *» Si l'on admet avec nous, et comme déduction logique spéciale de nos analyses spectrales de l'oxygène préparé avec beaucoup de soins par toutes les méthodes connues, si l'on admet, disons-nous, qu'on ne peut obtenir l'oxygène pur, c'est-à-dire anhydre et exempt d'azote, l'hypothèse de l'oxy- gène allotropique perd sa base matérielle, et la nature de l'ozone consi- déré comme un composé d'azote reprend toute sa valeur et sollicite de nouvelles recherches. » Avons-nous besoin de faire remarquer que les derniers travaux de M. Fremy sur l'acide azoteux et la remarquable découverte que ce savant a faite d'un nouveau composé d'azote oxydant et réducteur donnent à l'hypothèse en question une valeur et une autorité nouvelles? En effet, si l'azote est l'un des éléments nécessaires à la production de l'ozone, le composé azoté doit être analogue à l'acide nitreux ou au produit nouveau de M. Fremy; il doit pouvoir se produire sous l'influence de l'éleciricilé dynamique ou statique, et se transformer sous l'influence des réactifs avides d'oxygène, pour se reproduire indéfiniment en présence de l'oxygène, conune cela a lieu dans les expériences de MM. Becquerel et Fremy et dans celles de MM. Andiew et Tait. » Rien dans les faits connus ne fait obstacle à une pareille interprétation, et nous dirons même que tous l'autorisent, avec un degré de vraisemblance et de certitude que ne comporte pas l'hypothèse tie l'oxygène allotropique. Comment comprendre, en effet, ime simple modification allotropique qui condenserait l'oxygène de manière à accroître sa densité au degré observé? Comment comprendre ce temps infini d'électrisation qui a été employé par MM. Becquerel et Fremy, poin- ozoniser coinplètement i centimètre cube d'oxygène en présence du réactif ioduré? Conunent admettre qu'une réac- tion aussi prompte que celle qui produit l'ozone soit aussi limitée dans sa puissance d'action, si elle n'était pas subordoiuiée à quelques conditions expérimentales inaperçues? « En attendant que nous puissions revenir avec d'autres éléments sur cette importante question, qui touche par plusieurs faces aux études di- C R., 1870, i<"- Semestre. (T. LXX, No 4.) 22 ( lf'2 ) verses et complexes qui nous occupent, nous demanderons la permission de terminer celle Note en rétablissant deux paragraphes supprimés de notre dernière Communication stu" l'analyse spectrale (i). M Après avoir signalé la présence inévitable de l'azote dans l'oxygène ré- puté pur, nous ajoutions : » Le spectrosoope, dans ces conditions, peut facilement déceler la présence de l'azote, et l'on observe souvent qu'avec des conditions de raréfaction convenables le sperlre de l'azote, qui ne devrait élre qu'accessoire et pour des traces dans le spectre collectif du mélange, se trouve en réalité être le spectre principal et dominant celui de l'oxygène, qui ne montre que quelques rares et timides raies. » Plus loin, à l'occasion des mêmes faits, nous écrivions les lignes sui- vantes, qui se rattachent directement à la présente Communication : » Ces faits ont probablement quelques relations intimes avec les faits mystérieux dont les gaz naissants et l'ozone sont les types. Ils couvrent certainement quelque grand secret des phénomènes chimiques, qui réclament de nouvelles études, et s'il nous est donné de pouvoir compléter l'ensenible de recherches que nous avons entreprises sur ces questions, nous pourrons peut-être fournir à la science quelques nouvelles et fécondes lumières. » Les explications développées dans cette Note établissent suffisamment que nous ne pouvons admettre l'explication que M. Hotizeau a proposée poiu" expliquer la présence de l'azote dans les gaz que nous avons exa- minés. Si cette explication était fondée, c'est-à-dire si nos tubes Geissier avaient péché par défitiit de purgation de l'air atmosphérique, on ne de- vrait trouver dans nos expériences nulle dilférence entre l'hydrogène et l'oxygène, quanta la présence de l'azote, ce qui n'est pas. La présence l'e- marquable et inévitable de l'azote en proportion notable dans l'oxygène est donc une particularité propre à ce gaz ou aux procédés de sa prépara- tion, et c'est là le point sur lequel nous appelons l'attention des savants. » ZOOLOGIE. — Recherches sur tes affinités natitrelles de rjEpyornis. Note de M. J.-J. BiANCoNi, présentée par M. Milne Edwards. (Extrait.) « L'Académie a. entendu, le ii octobre dernier, une Note qui lui a été lue par M. Alph. -Milne Edwards, sur les ossements à'jEproniis apportés dernièrement de Madagascar par M. A. Grandidier. Les observations de ce (i) Cette suppression a été faite en épreuves, pour conformer la publication aux règle- ments du Compte rendu. ( >63 ) savant l'ont confirnip dans l'opinion, commnnément acceptée, que le grand oiseau de Madagascar élaif du groupe des Brevipennes : il n'admet pas, dans son récent travail (i), l'opinion que j'avais émise, dés i863, après l'examen des os tarso-métatarsiens, que V Mpyornis était de la famille des Vulturidés, et plus précisément un Sarcoramphe [i). » L'o|)inion sur les os récemment découverts, formulée par M. A.-Milne Edwards, avait ébranlé ma confiance sur la valeur de l'opinion que j'avais soutenue. Mais l'étude que j'ai pu faire d'un fémur et d'iui tibia, sur des moules que je dois à l'extrême bonté de M. Milne Edwards même, m'ont fait juger moins défavorablement de l'opinion que j'avais piofessée : il m'a semblé trouver beaucoup de caractères qui rapprochent \\£pyornis des Sarcoramplies. » ZOOLOGIE HISTORIQUE. — Noie sur le cheval aux letnps du Nouvel empire égjptien ; par M. F. Lenormant. « L'accueil bienveillant que l'Académie a daigné faire à ma Communica- tion sur les faits relatifs à l'âne et au cheval dans les monuments égyptiens de l'Ancien empire et dans le livre de la Genèse, m'encourage à lui sou- mettre une nouvelle Note, qui est la suite de la pretiiière, au sujet des faits relatifs à l'histoiie tlu cheval comme animal domestique, fournis par les monuments de l'Egypte appartenant à la période qu'on a pris l'habitude de désigner sous le nom de Nouvel empire. » J'ai montré que le cheval avait été inconnu à l'Egypte pendant toute la durée des siècles reculés de l'Ancien empire, et qu'il n'avait été introduit dans la vallée du Nil que par l'invasion des Pasteurs. Une fois introduit, il s'y natiM'alisa rapidement, et son usage s'y généralisa avec une prompti- tude comparable à celle avec laquelle il se répandit dans toute l'Amérique une fois que les Espagnols l'y eurent apporté. Au temps du ministère de Joseph, c'est-à-dire sous un des derniers règnes de la dynastie des Pas- teurs, sous le règne même où les princes ihébains commencèrent In grande lutte de la délivrance nationale, la Genèse nous présenîe le cheval comme un animal qui était dès lors universellement répandu en Egypte et qu'on élevait dans le pays même (Genèse, XLVii, 17). (1) Nouvelles observations sur /es caractères zoologiques, etc., de V JEpyornis de Mada- gascar; par MM. Alphonse-lNliliie Edwards et Alf. Grandidier. (2) Comptes rendus, i863. St'ir/ii sut tarso- metalarso degli uccelli, in particolare su i/uelio dell' ,E/j/ornis ; Bologne, i863. * 22.. ( 164 ) » Aussi les graiiiles représentations historiques des exploits des conqué- rants de la XVIIP et de la XIX* dynastie, et les représentations civiles des tombeaux de Thebes, à partir de la même époque, sont remplies de figures de chevaux. Les chars de guerre, d'une construction légère et traînés par deux chevaux, formèrent depuis ce temps luie des forces principales de l'armée égyptienne; ils sont figurés dans tous les tableaux de bataille. Un de ces chars, découvert dans une sépultme thébaine, existe en original au Musée de Florence. Le.s rois d'Egypte, à côté des chars, n'avaient pas, dans leurs troupes, de cavalerie proprement dite : le témoignage des monu- ments est formel à cet égard. Cependant l'ait de l'équitation n'était pas absolument iticonini. M. Wilkinson a publié une curieuse hache de la collection Sait, dont le fer, découpé à jour, offre la représentation d'un Egyptien, bien reconnaissable à son type et à son costume, qui est monté sur un cheval (Wilkinson, Manners and cusloms of ancient Ecjyplians, t. I, p. ^06, ficj. 2). Mais comme cette représentation est unique dans toute la masse de monuments égyptiens que nous possédons, il faut en conclure que, si l'équitation n'était pas tout à fait inconnue, elle était du moins d'un usage très-rare et que les Égyptiens n'employaient guère le cheval que comme animal de trait. » I/élève du cheval était d'ailleurs en Egypte l'objet des soins les plus attentifs dès le temps de la XVllP et de la XIX*^ dynastie ; on attachait uu grand prix à la pureté de la r.tce et à la connaissance des généalogies de ces animaux. Aussi prend-on toujours le soin, dans les bas-reliefs histori- ques, d'indiquer les noms des chevaux qui traînent le char du roi. C'est de cette façon que nous savons que l'attelage favori de RamsèsII (Sésosiris) s'appelait Puissance en Théboùie et Repos dans la région su/iérieure. Ces deux chevaux étaient ceux qui avaient tiré Ramsès, encore fort jeune, d'iui très- niauvais pas, lorsqu'il était tondre presque seul dans une embuscade des Khélas ou Héthéens, devant la ville de Kadesch, sur l'Oronte ; aussi le poème de l'entaour, traduit par M. de Rongé et destiné à célébrer cet événement, raconle-t-il que Ramsès ordonna de traiter désormais son attelage avec des égards tout à fiit exceptionnels. L'attelage de guerre de Ramsès III (XX* dynastie) portait 1rs noms (V^mmon xtainqueur dans sa puissance et de L'aimé d' Amman. » Mais ce qui est le plus intéressant à étudier dans les grandes compo- sitions qui retracent les batailles des rois de la XVIII'" à la XX' dynastie, c est la distribution du clieval chez les différents peuples que comballirent les Egyptiens à celte éjjoque, qui s'étend du xvil*au XIV* siècle avant l'èie ( .65 ) chrétienne. Tons les peuples de la Syrie, les Chananéens de la Palestine [Kliali) et les Héthéens des bords de l'Oronte [Khela] sont figurés combat- tant sur des chars attelés de deux chevaux. La manière dont ils employaient le plus ordinairement cet animal était l'attelage, mais ils connaissaient aussi l'équitation et elle était même moins rare chez eux que chez les Égyptiens. Dans le bas-relief du temple souterrain d'Ibsamboul, où est figuré l'exploit de jeunesse de Raïusès II tievant Kadesch, nous voyons trois cavaliers dans les rangs des Héthéens (Champollion, Monuments de l'Eq^pte el de la Nubie, t. I, pi. XVII bis et XXII); l'un est armé d'un arc et un autre s'avance au combat au milieu d'un corps d'infanterie qu'il semble com- mander. La représentation du même combat siu' les pylônes de Louqsor contient la figure d'un guerrier héthéen à cheval (Champollion, t. IV, pi. CCCXXIX). A la salle hypostyle de Raruak, au milieu des Chananéens qui s'enfuient en toute hâte vers la ville d'Ascalon {/hqaluua), un person- nage, qui paraît un chef, est encore monté a cheval ( Lepsius, Denkm. aus Mcjypt. und jElliiop., abth. III, bl. i45). « Les Assyriens [Rolennu) font aussi habituellement usage du cheval et combattent sur des chars; à deux reprises, sous des rois de la XVIIP dy- nastie, sous Toutmès 111 (Wilkinson, t. I, pi. IV) et sous Toutanchamen (Lepsius, Denkm,, abth. III, bl. i i6), ils sont représentés apportant en tribut au Pharaon des chevaux de prix. Même visage du cheval et des chars de guerre chez les Arméniens (/(e/»e;ie/i on Jrmenen). On peut donc dire que d'après les monuments égyptiens, le cheval était universellement répandu dans tonte l'Asie antérieure à l'âge des grandes conquêtes pha- raoniques. » En Afrique, c'était tout le contraire. Là le cheval n'avait encore à cette époque pénétré que jusque dans l'Ethiopie de Napata, la Haute- Nubie de nos jours, avec tous les éléments de la civilisation de l'Egypte et même sa langue. Les nègres du Haut-Nil, contre lesquels les monuments nous font assister à tant de cond)ats ou plutôt à tant de razzias destinées à se procurer des esclaves, ne possédaient pas alors le cheval; les seules bêles de somme ou de trait que les représentations peintes ou sculptées montrent dans leur pays sont l'âne et le bœuf. Quant aux Libyens rie race blonde [Lebn et Maschuosch), qui, établis sur la côte septentrionale de l'Afrique, attaquaient la Basse-Egypte par l'ouest, ils combattaient exclu- sivement à pied, ils avaient des bœufs et des moutons, mais ils ne possé- daient pas le cheval. Ils n'avaient donc pas apporté cet animal avec eux dans la migration, très-récente alors, qui, du nord, les avait coneliiits /^ar ( i66 ) mer en Afrique. Mais ils l'enipninlèrent bientôt à l'Egypte, car Hérodote montre plus tard leurs descendants, les Libyens des bords du lac Triton, combattant habituellement sur des cliars à quatre chevaux (Hérodote, IV, i78)._ » Les Égyptiens, même à l'époque de leurs conquêtes les pins étendues, n'ont eu de rapports qu'avec peu de peuples de l'Europe. Sous le régne de Ranisès III, cependant, deux nations « des îles et des côtes de la mer- » du Nord », c'est-à-dire de la Méditerranée, les Fakkaro, qui paraissent être des Thraces, et les Philistins [Palnsla), venus de la Crète, tentèrent une invasion par mer sur les côtes de la Palestine. Dans les compositions qui retracent, à Médinet-Abou , la défaite de ces deux nations par les troupes égyptiennes, peu de temps après leur débarquement, elles se mon- trent à nous en possession du cheval; en effet, elles ont à la fois des chars légers attelés de deux chevaux, sur lesquels leurs guerriers combattent à la façon des héros d'Homère, et de lourds chariots, traînés par des bœufs, où sont transportées leurs familles. )) Tels sont les principaux renseignements que les monuments de la XVIil", de la XIX* et de la XX*^ dynastie fournissent sur l'emploi du cheval chez les Égyptiens et chez les différents peuples avec lesquels ils étaient alors en rapport. Plus tard, l'élève du cheval , à laquelle l'Egypte était éminemment propre, y prit encore de plus grands développements, et les chevaux d'Egypte devinrent célèbres en Asie. Au temps de Salomon, le roi d'Israël tirait d'Egypte tous les chevaux de son armée et de sa maison, et, de plus, il faisait un fructueux commerce en en exportant du même pays pour les revendre aux rois des Araméens et des Héthéens des bords de l'Oronte. (I Reg. X, 28 et 29; Il Chron. ix, 28.) » Les haras étaient alors en Egypte une chose loyale, à laquelle les sou- verains consacraient une grande attention. M. Mariette a découvert au Gebel-Barkal (l'ancienne Napata) une très-curieuse stèle qui raconte com- ment, vers ^/p av. J.-C, un roi éthiopien, du nom de Piaiikhi-Mériamen, conquit momentanément l'Egypte, alors divisée entre une mtdtitudede petits princes rivaux (Mariette, Fouilles en Egypte, pi. I-VI. Voy. un important Mémoire de M. de Rongé, dans la Revue archéolocjique d'août i863). Au milieu des nombreux traits caractéristiques de moeurs que contient le long récit de ce monument, une chose ressort avant tout, c'est que l'élève du cheval |)our l'exportation était alors un des principaux produits de l'Egypte. Chaque petit roi local a son haras; ce qu'il peut offrir de plus précieux au conquérant, c'est k les prémices de son haras, les meilleurs ( i67 ) chevaux de ses écuries. » Quant au roi éthiopien, à mesure qu'il s'empare d'un district, son premier soin est d'y inspecter lui-même les haras royaux. Dans lu) endroit, à Hermopolis de la Moyenne-Egypte, il trouve l'établisse- ment mal tenu, les chevaux en mauvais état; alors il entre dans une grande colère. « Par ma vie! dit-il, par l'amour du dieu Ra, qui renouvelle le » souffle à mes narines! il n'y a pas de plus grande faute à mes yeux que » de laisser affamer mes chevaux. » » Nous ne devons pas être surpris que, quatre-vingts ans après, quand un roi d'Assyrie, du nom d'Assourbanipal, prit et pilla Thebes d'Egypte, en 665, il ait avant tout mentionné dans les listes de son butin, inscrites sur un document cunéiforme que possède le Musée Britannique : « des grands chevaux «. Cette dernière épithète mérite d'être relevée, car elle se joint au témoignage des représentations sculptées dans les temples pour prouver qu'il s'était formé en Egypte une race de cheval particulière, plus haute et plus forte que celles de l'Arabie et de la Syrie. C'est la race qui s'est conservée intacte dans le Dongolah, et qu'on ne commence plus guère à rencontrer aujourd'hui qu'à partir d'Assouan. » PALÉO-ETHNOLOGIE. — Traces de l'atitliropopliac/ie dnns les temps antéliisto- riques, découvertes dans In qiotte de Montesquieu- Avantes [Ariège). Note de M. F. Garriooc, présentée par M. de Quatrefages. ■ « L'anthropophagie dans les temps antéhistoriques est admise aujour- d'hui parSpring, Dupont, Schaffausen, Broca, Cari Vogt, etc., comme un fait acquis à la science. Les découvertes relatives à cette question n'étant pas encore très-abondantes, je n'hésite pas à signaler les faits suivants. » La caverne de Montesquieu-Avantes (Ariége) a été examinée tour à tour par M. l'ahbé Pouech et par moi. Mais c'est surtout M. Pouech qui y avait fait, jusqu'ici, les fouilles les plus importantes. M. F. Reguauld, de Toulouse, vient d'explorer de nouveau cette caverne; il a bien voulu sou- mettre à mon examen les pièces qu'il a recueillies. » Ces pièces proviennent d'un foyer de la surface, recouvert de stalagmite, et situé assez profondément dans l'intérieur de la caverne. Au-dessous, dans des argiles, étaient des ossements d'animaux d'espèces éteintes, grand ours et autres. Vers l'entrée, M. Pouech avait mis à découvert un gisement appartenant à l'époque du renne. )) Les objets provenant des foyers de la surface consistent en ossements de ruminants et ossements hmnains, tous cassés exactement de la même ( i68) manière, portant cliMCiiTi les traces d'un instrument contondant, et des stries fines |)ro(lnites par un instrument tranchant; quelques-uns sont à moitié carbonisés. Les ossements humains consistent en fragments de crânes, de fénuirs, de tibias, (rhuuiérus, de radius, etc.; le canal médullaire est agrandi, comme si l'on avait voulu en extraire la moelle. Les ossements de ruminants sont, en cela, semblables aux ossements humains. Cet ensemble sii^nilie, d'après moi, que les hommes de l'âge de la pierre polie s'étaient livrés, dans la caverne de Montesquieu-Avantes, à des festins de cannibales. » Dans ces derniers temps, on a fait à l'opinion du cannibalisme anté- historique une objection qui me semble puérile : on a prétendu que les cassures produites sur les ossements humains ét.iient le résidtat de l'action exercée sur ces os par certains rongeurs. Il est incontestable qu'il y a des os fossiles entamés non-seidement par la dent des rongeurs, mais aussi par celle des carnassiers; j'en possède un grand nombre, et l'étude de ces os, faite compai'.itivement avec celle des os cassés de main d'homme, lève tous les doutes possibles sur cette question. » La dent des rongeurs laisse toujours une empreinte régulière, spéciale, se répétant jjar séries, et semblable à elle-même. On ne peut la confondre, à la rigueur, qu'avec des stries laissées par lui silex ou un instriunent de métal dentelés, mais, ici encore, un œil exercé ne peut commettre d'erreur: soit la série régulière des stries, soit leur ilisposition régulière, soit surtout leur longueur en rapport avec la largeur de la dent et avec l'écartement des mâchoires du rongeur, soit enfin les termes de comparaison directe, qui sont faciles à se procurer en faisant ronger des os par tels ou tels animaux, pourront donner des indications exactes. » Du reste, les ossements découverts par M.Regnauld ne présentent ab- solument aucune strie produite par les dents des rongeurs, sur les fractures multiples qu'ils portent. Bien au contraire, l'empreinte laissée par l'in- strument contondant qui a pioiluit la cassure existe sur le boid ilu point cas.sé. En un mot, ces ossements sont exactement seuîblables à ceux qui ont été admis au Congrès anthropologique international de 1867, comme étant les indices incontestables du cannibalisme. J'ai pu, moi-même, exa- miner plusieurs de ces spécimens en dehors du Congrès, et le doute ne me paraît pas possible. » Des quantités énormes (plusieurs centaines de milliers) d'ossements, cassés par la main de l'hounne, retirés deKjjoeken moddings de divers âges, et ayant appartenu soit à l'honnne, soit à d'autres animaux, sont passés dans mes mains. Je puis avancer que tous sont exactement semblables entre eux ( 1^9 ) quant au mode de cassure. Je ne crains pas d'ajouter actuellement, ainsi que je l'ai fait ailleurs (Bulletin de la Société (i zinthropolocjie de Paris, t. II, 2'^ série, p. 326; 1867), et aujourd'hui avec l'opinion de Stenstrup, for- mulée dans diverses circonstances, que, d'après le mode de cassure seul, on peut reconnaître si un os a été cassé ou non par la main de l'honune. )) En présence de spécimens aussi concluants que ceux de la grolle de Montesquieu, je ne crains pas de dire, d'accord en cela avec Spring, Dupont, Schaffausen, Broca, Cari Yogt, Stenstrup, etc., que l'homme primitif, sem- blable aux sauvages de notre époque, a été anthropophage. » M. ScouTETTE.\ adresse, de Metz, une nouvelle Note sur l'amélioration et la conservation des vins par l'électricité. De nouvelles expériences, effectuées avec la pile, avec la machine delloltz, avec la machine de la Compagnie l'Alliance, ou avec la machine de Laad, conduisent l'auteur à conclure que « l'électricité, sous quelque forme qu'elle agisse, soit par courant continu et direct, soit par courant d'in- duction, soit par étincelle, agit toujours sur les vins de la même manière : elle les modifie, les vieillit et les améliore. » Quant au mode d'action de l'électricité, il pense que « les substances salines tenues en dissolution dans le vin rendant le liquide conducteur, le bitartrate de potasse est décomposé : la potasse mise en liberté vient saturer l'acide du vin, et lui enlever ce que les vignerons appellent \a fierté : quant à l'acide lartriqne, il agit peut-être sur la matière grasse existant dans le vin, et favorise la formation des éthers qui lui donnent son bouquet. Enfin, une certaine quantité d'eau est évidemment tlécomposée, et donne au pôie négatif un dégagement d'hydrogène, et au pôle positif un dégagement d'oxy- gène: comme l'oxygène, à l'état naissant, est doué de propriétés énergiques, il doit produire immédiatement les nouveaux composés qui constituent les vins vieux, et qui, pour se produire, auraient exigé beaucoup de temps et de soins. » M. Ai.LÉGKET adresse, de Clermont, uneNote ayant pour titre « Remarques sur la représentation géométrique des fonctions elliptiques de première espèce, par lesquelles on démontre que les courbes remarquables étudiées par MM. J. LiouvillecX J.-J. Serret, dans divers Mémoires, sont les invrrses de certaines épicycloïdes planes «. Celte Noie sera soumise à l'examen de M. Serret. C. R., rt'7o, \"^ Semesue. (T. LXX, N» 4.) ^3 ( 170 ) 31. d'Avezac, de l'Académie des liiscriplions et Belles-Lettres, fait hoin- mageà l'Acaclémie d'une hrocliure portant ponr titre « Les navigations terre- neuviennes de Jean et Sébastien Cabot » . A 4 beures, l'Académie se forme en Comité secret. C03IITÉ SECRET. La Commission composée des trois Sections d'Astronomie, de Géométrie et de Navigation, présente, par l'organe de M. deTessan, la liste suivante de candidats pour la place devenue vacante au Bureau des Longitudes, |)nr suite du décès de I\l. Darondeaii, ingénieur liydrograpbe : En première ligne M. de La Roche PoxciÉ. En seconde ligne M. Gaussix. Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la procbaine séance. La séance est levée à 5 heures. D. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu, dans la séance du lo janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent : Pi on ranime d'un nouveau mode (Censeignemcid de la géomclrie élémentaire; par M. Fuix. Amiens, 1867 ; br. in-S". Bulletin de la Société impériale des Naturalistes de Moscou, publié sous la rédaction de M. le D'' Renard, 1868, n"' 3 et 4- Moscou, 18G9; 2 vol. in-8". Le tiret la (liasse sous Napoléon III ; par M. A. L)l': LoutiMEL. Paris, 1870; ui-r 2. (En épreuves.) Jiniales academici CICICCCCLXIV-CICICCCCLXV. Lugduni-lialavo- rum, 18G9; in-4". The... Journal lie la Société de Chimie, avril à septembre 1869. Londres, 1869; in-8". ( >7' ) Annivei'saiy . .. Réunion anniuersaifc de la Sociale de Chimie du 3 mars 1 869. Londres 1869; br. \n-8°. On... Surin tlitorie ntomiquc; parM. A.-W. Wii.LlAMSON. Loiuli-es, 1869; br. in-8°. Elementi... Eléments de géométrie; par M. V. Safato. Lecce, 1869; br. iii-8°. L'Académie a reçu, dans la séance du 17 janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent : Bibliothèque de V Ecole des llaules-Eludes, publiée sous les auspices du Mi- nistère de rjnstruclion publique. Section des Sciences naturelles, t. 1". Pittis, 1869; in-8° avec atlas in-folio. Carte géologique du versant occidental de l'Oural; par M. V. DE Môller ; 1869, collée sur toile, avec étui. (Présentée par M. de Verneuil.) Météorologie religieuse et mystique; par M. E. Giîellois. Metz, 1870; I vol. in-8". (Présenté par M. Cli. Sainte-Claire Deville.) E. Millon. — Sa vie, ses travaux de cbinne, et ses études économiques et agri- coles sur r Algérie. Paris, 1870; in-8° avec portrait, (l'résenté par M. Che- vreul.) Deuxième Mémoire sur les Foraminifères chi système oolithique : zone à Am- monites Parkiiisoni de la Moselle; par M. O. TerQUEM. Metz, 1869; in-8°. (Présenté par M. Milne Edwards. ) Lettre à MM. les Membres de C Académie des Sciences sur le Cliarles-et- Marie; parM. Charles DE Biuague. Paris, 1869; in-ia. Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, t. III, 2"= fascicule. Paris, 1869; in-8°. Commission hydrométrique et des orages de Lyon, 1867 et 18G8, 2/1" el aS*^ années. Lyon, 1869; 2 vol. in-8''. List... Liste des J)Iembres de la Société géologique de Londres, 1''' novembre 1869. Londres, 1869; in-S". Rivista... Revue scientifique el industrielle des piincipales découvertes et in- ventions faites jjendant l'année 1 8G9 ; par M. G. VlMERCATI, t. P'', 1869. Florence, 1869; in-18. Bullettino... Bulletin de Bibliograiihie et d'Histoire des Sciences mathéma- ( n-^ ) tiques el jjiiyiiijucs, iiuhlié par M. B. BONCOMPAGiNi, t. 11, juillel 1669. Rome, 1869; iii-4°. (Présenté par M. Chasles.) Annuario... Annuaire de l'Université de Coimbre, 1869-1870. Coitnbre, 1869; in- 18. Bijdrage... Matériaux pour servir à la connaissance des langues et dialectes dans les Iles de Luzon, Lesocncj, Panai, Honr/-Hong, Biilnnî-.rr]^-.. » Les dérivées de y en :; et en ^ seront, si l'on pose dans la première Y] — y = zq, et, dans la seconde, vj — j' = vj'. u' ou -r dz (5) _irfiz±i5idq, . on ;? = - 1 r f(:r~.')-fy^^') ^,, » Pour z = G, il vient bien tv = — fij)- Quant à l'expression de v, si j est plus grand que b, J\j-^ ri') y est nul, et l'on peut n'y faire aller y;' que de J- — h ^ j'-i- b, car /{j^ — >7') = o en dehors de ces limites; pour ^ compris entre zéio et h, il suffit de faire croître yj', d'abord de zéro à b — j', puis, en négligeant^ {j -+- vj'), de b — 7" à b -^ j. « Lt fonction f, étant paire et devant s'annuler pour ^ = et y=b, est de la forme U est assez naturel d'admettre qu'on peut y faire nuls, à une première approximation, les coefficients c', c",..., pour ne garder que c. Alors v, cal- culé d'après (5) pour le bord de l'orifice, vaudra — ic divisé par 3?:, et, comme ce résultat doit être égal à — vay/', '1 viendra o /» h (t) c= — \/2^'/^ dépense=/ f{j)df^=^-ib\2gli=io,(!):î'6Z'><'2b\J2glï. » Ainsi le coefficient de dépense doit être sensiblement 0,628, lorsque ( 179 ) l'orifice est un rectangle, et que les mouvements se font dans des plans per- pendiculaires à ce rectangle et parallèles à une de ses dimensions. Et, en effet, M. Lesbros lui a trouvé une valeur comprise entre o,6i4 et o,63g, dans le cas d'un orifice vertical de o'",o5 de hauteur, c'est-à-dire assez large pour ne pas offrir beaucoup de prise aux frottements et à l'action capillaire, tout en étant très-étroit par rapport à la distance des bords du rectangle à la surface libre et au fond, conditions que suppose notre analyse. » Les vitesses données par les formules (4) et (6) sont symétriques par rapport au plan des zx et ne changeront pas si ce pian devient une paroi, c'est-à-dire si l'oriBce, rectangulaire el, par exemple, vertical, a son bord inférieur au niveau du fond horizontal du réservoir, fond qu'on suppose prolongé au dehors, et s'il est de base indéfinie, ou bien, si, ayant sa base finie, il est limité latéralement par des parois du réservoir perpendiculaires à cette base et prolongées également au dehors. Le coefficient de dépense sera donc encore 0,628 : ce cjui est bien, à très-peu près, conforme aux résultats des expériences de M. Lesbros. » Passons actuellement au cas d'un orifice circulaire de rayon R, et soient /• la droite, parallèle au plan des jcy, menée de l'axe des z à un point quelconque {x, > , z), d l'angle de cette droite avec l'axe des x. La fonc- tion^ sera, par raison de symétrie, de la iorme J (a:^ -h J'^) ou J{r'-), el, si, dans le dernier membre de(i), où x = rconQ, j":= rsinS, l'intégration par rapport à oj se fait, non pas de zéro à 27:, mais, ce qui revient au même, île d à ô + 271, on pourra remplacer co — 6 par 0/, et ^ ne dépendra que de /• et de z. La vitesse horizontale sera dirigée suivant le rayon /■; elle s'obtiendra en multipliant res|iecliven)ent l'expression (3) de u et l'expression pareille de t' par cos5, sin5, et ajoutant, ou, plus simplement, en faisant, dans (3), X =^ r, j ^=2 o. On aura ainsi /Q\ ^t ' r ^ r'^/(r-+p'—-2rpcosa)—f(r'-h-û'+2rûCOSo>) , , («) ^ = -r/ COSurfoW ^ C L _ e 1^ ^,-,/p_ » Pour r > B.,J{r- -\- p'^ -h 2rp cosw) est nul, et il suffit de faire varier p entre les limites i-cosw zp \JR- — r'- sm'- 0,, et oj entre les lunites zéro el arcsin — ; pour ;■< R, il faudra faire croître u de zéro a -, et p, pourchaqiie valeur de w, d'abord de zéro à — /cosw + v^R'' — /-^sin^w, puis, en iiégii- geant_/(/- + fy=4-2/|2cosw),decettederinerelimiteà rcosw-f-vR" — ''^sin- w. ( i8o ) Eli parliculier, la vitesse sur le contour de l'orilice sera » 2 /» 2R COS W J COSW (Iw l y (R^ + P^ — 2Rp COSW) «-'0 " P » Les considérations employées pour établir la formule (6) donneront (.0) /(,.)=(. + .'i;+c"^+...)^(i-^)-, seulement, les actions qui rendent la vitesse très-petite vers le milieu de l'orifice auront plus d'effet que dans le cas de la formide (6), parce qu'elles s'exerceront tout autour de l'origine, et non plus dans le seul sens de l'axe des J-; donc le développement dej {r'^) devra commencer par une puissance de /supérieure à la seconde, et l'on aura une j)remière approximation en faisant nuls c, c",..., et ne gardant que c' . Alors la relation (9) donne c' égal à 3-5^77i\ 2gA divisé par 628 (*), et l'on trouve ensuite (11) dépense = 271 I J {r'^)rdr= —nii- = o,6566t:R^ \2gf1 . (*) En général, si l'on appelle s le quotient de p par R, et qu'on suppose nuls tous les coefficients c, c' , c",. . ., à l'exception de cl"~'\ la relation (cyi devient aisément c'"""" r^ />2cosej yag^/i = 1 A„cos'Mf/M, où A„ =r I [i -T- s- — 2s coso>]"ds. ''^ l'o Jo D'ailleurs, une intégration par pailles, suivie de quelques transformations faciles, donne la formule 2 cosu r . A„_,n A„ = \ \ -\- n sin'w 5 2« -I- I [_ cosw J d'où 1 on déduira A, , A:, A3, . . . à partir de Ao. On passerait sans difliculté de ce cas, pour le calcul du second membre de (9), à celui où l'on conserverait dans la relation (10) jjlusieurs coeflicitnts, dont l'expérience serait ensuite appelée à déterminer les rapjjorts. Mais je crois que ce calcul ne serait pas tiès-utile, si l'on continuait à néjjliger les frottements et les autres causes perturbatrices, telles, par exemple, dans le cas d'ouvertures très-|)etites, que l'épaisseur de la paroi où est percé l'orifice; car l'erreur que l'on commet sur la dépense en ne gardant que c' doit provenir surtout de ces causes. La preuve que leur influence est assez sensible se trouve dans les variations du coefficient effectif de la dépense avec la cliarye et le rayon de l'ouverture, tandis qu'au contraire les conditions données plus haut pour déleimincr ./(j^, ,> ) conduisent pour tous les orifices de même forme, ainsi qu'on le reconnaît sans avoir besoin d'intégrer, à deâ veines semblables, à des vitesses pareillement distribuées et proportionnelles à la racine carrée de la charge, et, par suite, à un coefficient de dé|)ense constant. ( <8. ) » L'expérience montre que le coefficient de dépense, au lieu d'être exactement o,6566, se trouve égal ou un peu supérieur à 0,62, quand le rayon n'est pas très-petit, tandis qu'il devient sensiblement plus grand pniu- des rayons inférieurs à o™,oi. » Observons que ce coefficient doit peu varier avec la forme de l'orifice, puisqu'il est presque le même dans les deux cas, les plus opposés possible, d'iui orifice circulaire et d'iui orifice rectiligne infiniment allongé. » ÉLECTRO-CHIMIE. — Remarques concernant te procédé employé par M. Adams pour produire les dépôts de nickel. Extrait d'une Lettre de M. Gaiffe à M. le Secrétaire perpétuel. «... Malgré les travaux de MM. Sniee, Beccjuerel, Jacobiet tant d'autres, malgré les qualités bien connues du nickel, la galvanoplastie de ce métal n'était pas sortie du laboratoire, et tontes les tentatives faites depuis vingt ans par l'industrie, poiu' en tirer parti, étaient demeiuées infructueuses. Il restait donc quelque chose à trouver. )) Sans doule, tous les procédés peuvent servir à déposer le nickel ; mais, jusqu'à présent, ceux qu'a indiqués M. Adams donnent seuls la marche sûre, régidiére et économique sans laquelle une exploitation est impos- sible. Sans doute, la présence de la potasse, de la soude, de la magnésie, etc., etc., n'est pas un obstacle absolu à la formation du dépôt; mais les chlorure et sulfate doubles et neutres de nickel et d'ammoniaque, qui ne contiennent pas trace d'alcali fixe, peuvent seuls, jusqu'à présent, fournir des bains qui s'cntreîiennent par un anode soluble, et n'ont jamais besoin d'être renouvelés. » Ce que j'avance ici me parait incontestable, puisque, cjuand partout ailleurs les résultais sont encore disculablcs, les Etats-Unis possèdent déjà dix usines qui livrent à la consommation des objets de toute nature cou- verts de nickel. » « 3I^Î. Bf.cquerf.i. se bornent, à propos de la Lettre précédente, à renvoyer aux réponses qu'ils ont faites dans les deux dernières séances fie l'Aca- démie (i). Ils font remarquer encore l'inexaclitiide des assertions énoncées antérieurement, savoir : que la présence de la potasse et de la soude nuit (i) Comptes rcnrliis, t. LXX, p, 12^ et 187. f;. R., l^■7o, i" Scm!-5ii-r. 'T. LXX, N" 5.) ( i82 ) au flepôt de nickel, puisqu'ils ont nionlré qne ce dépôt avait lieu avec des doubles combinaisons contctiant ces bases avec addition d'ammoniaque. Quant à la distinction que l'auteur de hi Lettre veut faire entre nn procédé de laboratoire et un procédé indnsti-iel, elle n'a pas raison ti'èlre, puisque les deux procédés sont semblables et qu'il suffit d'appliquer le premier pour qu'il devienne industriel. » CHIMIE. — Sur la ti\nisfonnatioii dit soufre octaédrique en soufre insoluble sous Ciii/luence delà lumière. Note de M. A. Lallemand. « Depuis les recherches de M. Schrœtter sur les états alloli'opiques du phosphore, on sait que la lumière agit sur ce corps pour le transformer en phosphore rouge. Cet agent se comporte de la même manière à l'égard du soufre, et voici dans quelles circonstances j'ai observé cette modification moléculaire du soufre soluble. Si l'on enferme dans un matras de verre, scellé à la lampe, une solution concentrée de soufre dans le sulfure de carbone et qu'on la soumette à l'action des rayons solaires concentrés par une lentille de quartz ou de verre, on voit se former en quelques secondes, au point où le faisceau lumineux pénètre dans la solution, une tache jaunâtre de soufre insoluble, dont l'épaisseur s'accroit ra- pidement ; en même temps, l'intensité de la lumière émergente s'affai- blit de plus en plus. Sur le trajet du faisceau et surtout dans le voisinage du point d'incidence, la solution se trouble, en se chargeant de particules extrêmement ténues de soufre insoluble. L'analyse prismati(|ue de la lu- mière émergente montre que le spectre lumineux manque de tous les rayons compris entre les raies G et H et que le spectre ultra- violet a disparu en entier; depuis la raie A jusqu'à la raie G, au contraire, le spectre lu- mineux est resté intact, et ne renferme pas d'autres raies que celles du spectre solaire. C'est donc la force vive correspondante aux rayons chi- miques qui a été absorbée par la solution, et employée au travail molé- culaire qu'exige la transformation du soufre soluble en soufre amorphe. » Le phosphore en dissolution dans le sulfiue de carbone donne lieu au même phénomène. On voit aussi se former, au point où pénètre le filet lu- mineux, une tache jaune de phosphore amorphe, qui devient ensuite d'un rouge brun; mais l'action est moins vive qu'avec le soufre, et exige plus de temps. On nïconnaît en effet que la lumière émergente renferme encore tous les rayons lumineux. Il n'y a d'affaiblissement sensible qne dans le voisinage de la raie H; au delà de cette raie, les substances phosphores- ( i83 ) ceiite révèlenl encore la présence des rayons chimiques les moins réfran- gibles; mais, après la raie N du spectre chimique, tons les rayons ont dis- paru ». PHYSIQUE. — Action diimacjnètisme sur les gaz raréfiés. Note fie M. L. Daniel, présentée par M. Cahours. « Plûcker et M. de la Rive ont étudié, à des points de vue différents, l'action du magnétisme sur les décharges électriques à travers les gaz raré- fiés (i), et, tout réccnunent, M. Trêve a publié stu' la même question un travail très-intéressant. » J'ai, de mon côté, fait, sur le même sujet, un grand nombre d'expé- riences, et je crois nécessaire de faire connaître Itjs principaux résultais auxquels je suis parvenu. » Les tubes dont je me suis servi n'ont pas la forme ordinaire des tubes de Geissler. Ils se composent tons d'un tube de verre, de 3 à 5 millimètres de diametie, contourné en anneau ; de deux points diamétralement opposés parlent deux tubes droits qui reçoivent les électrodes métalliques. Le dia- mètre intérieur de l'anneau est de o'",o5. Lu prenant, comme [lùles de l'électro-aimant de Faraday, deux cylindres de fer du même di;uuètre (o",o5), et en fixant le tube entre ces deux pôles aussi rapprochés que possible, j'arrive à utiliser toute la puissance de l'éleclro-aimanl. Aussi les phénomènes sont-ils très-nets, alors que l'électro-aimant n'est excité cpie par huit éléments de Bunsen. 11 La bobine dont j'ai f^iit usage est de grandeur moyenne, et le courant inducteur qui la met en activité est fourni par trois ou quatre éléments. w L Tube à cjaz hydrocjène. — Le diamètre sur lequel se trouvent les électrodes étant placé horizontalement, le courant passe tantôt par l.i iiarlie supérieure, tantôt par la partie inférieure de l'anneau, souvent des deux côtés en même temps; il devrait toujours se bifiu'quer, si les deux parties du tube étaient parfaitement symétriques. Sous l'influence du magnétisme, le courant ne passe cpie dans une des moitiés de l'atmeau, et il passe dans l'autre moitié dès qu'on change la direction : il va toujours dans le sens des courants de l'aimant. » Quand rahnant est inactif, la lumière a une teinte violacée, assez faible, occupant toute la section du tube. Le spectre qu'elle fournit est incomplet et sans éclat. (i) .annales de Chimie et de Physique, 3'-" série, t. LIV, p. 346 et 238. a5. . ( 184 ) » Avec l'aimant, la lumière devient très-vive; mais ce n'est plus qu'un trait de feu, rampant à la surface du tube, du côté de la couri)ure extérieure de l'anneau : le courant suit le chemin le plus long, et le tube cesse d'èlre lumineux du côté le plus voisin des pôles de l'aimant. Le spectre du gaz est alors dans tout son éclat. )) II. Tube renferinanl de llïjdrorjène très-rnréfié. — Ce tube a la même forme extérier.re que le précédent, mais il renferme, comme les tubes de Holtz, des cloisons en forme d'entonnoir, trois dans chaque moitié, sou- dées de telle sorte quf, si l'anneau était développé, les six pointes se trou- veraient dirigées vers la même extrénnté. » Ce tube fonctionne bien comme tube de Holtz, c'est-à-dire que le cou- rant va toujours de la pointe à la base des entonnoirs ; une moitié seule- ment de l'anneau s'illumine, tantôt l'une, tantôt l'autre, selon le sens du courant. )) Avant l'aimantation, les pointes des entonnoirs sont d'un beau rouge, et les espaces qui séparent ces entonnoirs sont remplis par une lumière par- faitement stratifiée. » Sous l'influence du magnétisme, sollicitant le courant dans le même sens que les pointes, les stratifications disparaissent; elles sont l'emplacces par luie lumière blanche, très-vive, en bande très-étroite, qui suit toujours le chemin le plus long. Les parties droites du tube s'illuminent très-fortement, mais d'un côté seulement, du côté (pii fait suite à la courbiu-e de l'anneau parcourue par le courant. Le spectre de l'hydrogène est alors très-complet et très-lumineux. )) Si les pointes n'agissent pas dans le même sens que le magnétisme, on voit, dans les intervalles qui séparent les entonnoirs, la lumière se porter vers la courbure intérieure de l'aïuieau : le pouvoir que possèdent les pointes de diriger le courant l'emporte alors sur raction du magnétisme. H.III. Plusieurs tidjes contenant de l'air, de l'oxygène, ou de l'azote, les uns cloisonnés, les autres sans cloisons, m'ont donné les mêmes lésul- tats généraux ; mais, sous l'influence du magnétisme, leur lumière faiblit, en chanqeant de teinte. « Si, dans les expériences précédentes, toute la matière que renferment les tidjes se trouve rejetée vers leur contour extérieur ou intérieur, de telle soile cpie tout se j)asse conuiie s'ils devenaient subitement capillaires, sous l'influence du magnétisme, la résistance de ces tubes doit augmenter. » Pour constater ce fait, j'adapte à la bobine un circuit secondaire miuii tl'un excitateiu', et j'écarte les deux boules polaires de cet excitateur, de ( '85 ) telle sorte qun la couche d'air interposée ait une résistance trts-peii supé- rieure à celle du tube. Avanl l'ainiaiiltition, le coiirnnt inusc ])ar le tube; après, il jxiise par l'excilateitr : le uuujnétinne atujincitle clone la résiiUiiice du cotiduclenr ijazeux que renferme le lube. » Si le i,'az est très-bon conducteur, comme l'hydiogène, il peut arriver que, malgré l'influence du magnétisme, le courant passe alternativement par le tube et p;ir l'excitateur, de préférence cepeiulant par l'excitateur. Mais, si à la bobine est annexé un conilensateur à armures mobiles, on peut, au moyen de ce condensateur, donner au courant une intensité pour laquelle l'expérience est toujours Irès-nette : avant raimantaticn le tube seul s'illumine; après, il reste obscur, et lUie vive étincelle jaillit dans l'air. » Afin que l'on ne puisse pas objecter que la résistance des Itdjes aug- mente à cause de réchauffement qu'ils éprouvent, je renverse l'ordre des phénomènes, en faisant agir tout d'abord l'électro-aimant sur le gaz raréfié. Le courant de la bobine se manifeste alors par une série d'étincelles qui jaillissent dans l'air : l'aimant supprimé, le courant passe par le tube. » De ces expériences je crois pouvoir conclure que les courants lumi- neux des tubes de Geissler se comportent, lelativement aux changements de lésistance qu'ils éprouvent, comme des conducteurs métalliques. Si les tubes présentent, à cause de la coiubictibilité du gaz, une résistance très- faible par rapport à celle du circuit tout entier, le magnétisme diminuant la section du conducteur gazeux qu'ils rcnternient, l'intensité de la lumière doit augmenter. Mais si la résistance du g;iz est considérable, et qu'elle s'accroisse outre mesure par l'action du magnétisme, l'intensité du coin-ant de la bobine diminue : la lumière doit alors faiblir et peut même s'éteindre. » On peut, dans ces expériences, remplacer la bobine par li machine de Iloitz. Les phénomènes généraux restent les mêmes. » CHlMlIi. — Sur la chnleiir de combinaison du bore avec le chlore et avec l'oxy- cjène Note de MM. L. ïuoost et P. Hal-tefeuille, présentée par M. H. Sainte-Claire Devi'le. « Le bore et le silicium n'ont été jusqu'ici l'objet d'aucune délermina- tion calorimétrique, rpioique les cliiinistes aient souvent signalé l'intérêt qui s'attache aux chaleurs de combustion de ces corps et en particidier à celle du silicium, qui fonctionne utilement comme combustible dans plu- sieurs opérations métallurgic]ues. C'est que les propriétés des produits de l'oxydation du bore et du silicium rendent impossible toute tlétermiuation directe de la chaleur de combustion de ces deux corps. Il faut nécessaire- ( '86 ) ment, pour obtenir ces constantes, prendre une voie détournée et passer par des combinaisons intermédiaires, ce cpii compUque le problème à résoudre. Ainsi, pour le silicium, inattaquable à froid par tous les corps simples et par les acides isolés, nous avons dû avoir recours à l'acide nitrofliiorhydrique, seul réactif ayant la propriété d'attaquer, à la température ordinaire, les diverses variétés du silicium. Cette réaction précieuse ne nous a permis elle- même que de déterminer la différence des clialeurs de combustion du sili- cium sous ses divers états. Pour avoir la chaleur de combustion de l'une de ces variétés, le silicium amorphe, nous avons dû disposer l'expérience de manière à rendre possible l'attaque du silicium amorphe parle chlore dans le moufle du calorimètre. C'est ce que nous avons réalisé en mêlant à ce sili- cium une petite quantité de bore amorphe. Le chlore, en arrivant sur ce mélange, dégageait par sa combinaison avec le bore assez de chaleur pour porter au rouge quelques points du silicium, et l'attaque une fois com- mencée pouvait se continuer et se compléter. Les chlorures de bore et de silicium formés étaient, dans le calorimètre même, mis en contact avec de l'eau, ail fur et à mesure de leur |iroduction. Pour déduire de cette expé- rience les résultats dus à l'attaque du silicium par le chlore et à la réaction du chlorure de silicium sur l'eau, il nous a fallu, dans une première série d'expériences, qui font le sujet de cette Note, déterminer la chaleur dégagée dans la combinaison du bore avec le chloie, et avec l'oxygène. Nous allons décrire successivement les différentes opérations que nous avons faites dans le calorimètre à plusieurs moufles de M. Favre. » L Chaleur dégagée dans la combinaison du chlore avec te bore.— En fai- sant arrivei' dans le moufle du calorimètre du chlore sec sur du bore amor- phe, nous avons déterminé la formation directe du chlorure de bore avec grand dégagement de chaleur. Mais ce produit étant trop volatil pour être condensabie à la température de l'appareil, nous avons dû le faite réagir au fur et à mesure de sa formation sur de l'eau placée au fond du même moufle. Pour obtenir ce résultat nous avons employé un tube eu verre deux fois replié sur lui-même de manière à présenter trois branches verticales. Dans la première branche, par laquelle arrivait le chlore, nous avons placé le bore après avoir garni intérieurement les parois du tube avec des feuilles minces de mica, pour éviter la ruj'ture au moment où la combinaison se produit avec chaleur et lumière (ij. Le chlorure de bore (i) Ccttt disposilion periiRt de nusurer la clialeur degayée par des combustions vives réalisées dans I appmeil dusiine aux ooiubuslions lentes. ( 1^7 ) formé sortait par l'extrémité inférieure de la troisième branche qni plongeait d'une Irès-pc'îile quantité dans l'eau. Les vapeurs qui échappaient à i'acliou de l'eau dans ce premier moufle étaient reçues dans une nouvelle quantité de ce liquide placée dans un second moufle du même calorimètre. Cette dernière portion de licpiide était à la fin de l'expérience refoulée dans le premier moufle, de manière à noyer le tube où s'était fiiile la combustion et à établir rapidement l'équilibre de température en tous les points. )) La chaleur dégagée et mesurée était donc la somme de la chaleur de la combinaison du bore avec le chlore et de celle de la combinaison du chloriM'e avec l'eau ou de leur décomposition mutuelle. Pour déduire de cette expérience la chaleur de combustion du bore dans le chlore, il faut d'abord connaître la chaleur que peut dégager le poids de chlorure de bore formé en réagissant sur la quantité d'eau placée dans le calorimètre. » Nous avons déterminé cette chaleur en faisant, dans une expérience spéciale, réagir un poids convenable de chlorure de bore préparé d'avance sur de l'eau placée dans le calorimètre, et en quantité telle, que le rapport de son poids à celui du chlorure de bore employé fût exactement le mémo que dans l'expérience précédente. Nous avons constaté ainsi que i équi- valent de chloriue de bore dégage, en réagissant sur i4o fois son poids d'eau, 79200 calories. )i En retranchant le nombre fourni parla seconde expérience du résultat obtenu par In première, nous avons obtenu comme moyenne de six expé- riences concordantes le nomhre io4 000 calories pour la chaleur que dégage I équivalent de bore en se combinant avec 3 équivalents de chlore. » IL Chaleur dégagée dans la combinaison du bore avec l'oxygène. — La première expérience décrite plus haut, c'est-à-dire la formation du chlorure de bore et sa réaction siu- l'eau, nous a donné comme produit définitif un liquide que l'on peut regarder comme formé d'acide borique et d'acide chlorhydrique en dissolution très-étendue. Pour en déduire la somme des quantités de chaleur dégagées dans la combinaison du bore avec l'oxygène et dans la combinaison de l'acide borique avec l'eau, il nous a sulfi d'emprtmter un des nombres déterminés par M. Favre. Ce savant a montré que chaque équivalent d'acide chlorhydricjue très -étendu, produit par l'action du chlore sur l'eau en présence d'un corps oxydable, s'accompagne d'un dégagement de 6800 calories. En retranchant du déga- gement total de chaleur fourni par la première expérience autant de fois 6800 calories qu'il s'y est formé d'équivalents d'acide chlorhydrique, nous supprimons le dégagement calorifique dû à l'intervention du chlore dans la ( i88 ) réaction, et lions obtenons la cfialeur produite par l.i formation fie l'acide horiqne en solntioii dans l'acide chlorhydrique étendn. » Ponr passer de cette qnantité de chaleur à celle que donnerait le bore en formant, non plus de l'acide borique dissous, mais de l'acide borique fondu, il nous a fallu en retrancher la chaleur que dégage «n poids d'acide borique anhydre égal à celui qui s'est produit dans l'expérience, en se dis- solvant dans un même poids d'acide chlorhydrique au même état de dilution. Cette dernière détermination a été obtenue par plusieurs expériences préli- minaires très-concordantes. » Le calcul de nos expériences donne ponr la chaleur de combustion de T équivalent de bore, passant à l'état d'acide borique anhydre, 1 58 620 calo- ries. L'ensemble des résultats nouveaux que nous avons obtenus est consigné dans le tableau suivant : Bore nmorpbe. Par cqniv.ilptit. P.ir gramme. Clialpiir dégagée dans la combinaison du bore avec l'oxygène 1 58 600 144^0 Clialeur dégagée dans la combinaison du l)ore avec le chlore io4 ooo g 455 Chaleur dégagée dans la réaclion du chlorure de bore sur i4o fois son poids d'eau ■jp 200 ■j aoo » Ces nombres ont été obtenus avec le bore amorphe préparé en traitant le borax fondu par le sodium. Le produit, bien épuisé par l'eau, a élé purifié successivement par les acides chlorhydrique, fluorhydrique et nitro- fluorhydrique, jjuis lavé de nouveau et enfin desséché dans le vide en pré- sence de l'acide sulfurique. Pendant tout le cours de la purification, on a évité toute élévation de température capable de faire perdre au bore la pro- priété de s'enflammer à la température ordinaire dans le chlore. Les nom- bres qui précèdent se rapportent fionc tous à la variété de bore amorphe la plus altérable. Nous nous occupons en ce moment de déterminer la cha- leur de combustion des autres variétés du bnre. » Dans notre prochaine Communication, nous ferons connaître la cha- leur de combustion du silicium et les applications qu'on en peut faire. » CillMlF, GÉNÉRALi;. — Pnrliige d'une riiinniilé limitée d'acide entre deux htises employées en excès. Note de M. Er. Laxdrix, présentée par M. H. Sainte- Claire Deville. )) Dans cette Note, je me propose d'étudier comment une quantité limi- tée d'acide se partage entre deux bases employées en excès. Mes premières recherches ont porté sur l'acide azotique. ( i'89 ) » Les deux h:ises que j';ii d'abord mises en contact avec cet acide sont j'oxyde de plomb (massicot) et l'oxyde de zinc. Voici comment éîaient faites les expériences : on mélangeait intimement lo grammes ou 5 grammes de chaque oxyde avec loo centimètres cube d'eau, et, dans le liquide en agita- tion, on laissait tomber goutte à goutte lo centimètres cubes d'une solution d'acide azotique, dont le litre était déterminé d'a\ance. On filtrait la liqueur, on lavait avec soin les oxydes non dissous et on dosait séparément dans la liqueur filtrée chacun des oxydes. J'ai ainsi obtenu les résultats suivants : Expéi-. rr° I. E\pi"r. n" 2. Expcr. 11" 3. Oxyde (le zinc (ZnO) a, 108 2,110 2,ii5 Oxyde Je plomb (PbO) i ,443 i ,44o i ,436 Acide azotique (AzO*) 3,49?. 3, 492 2,492 7,043 7,042 7,043 )) De la moyenne de ces résidtats, on déduit facilement, par le calcul, la composition en centièmes de la liqueiu- : Oxyde de zinc '-9,93 Oxyde de j>lonib ^o ,49 Acide azotique 49 > 58 100 ,00 )) Enfin, si l'on cherche comment s'est |iartagé l'acide azotique entre les deux bases, on trouve : ^> Acide azotique combiné à l'oxyde de zinc. . . 2,793 Acide azotique combiné à l'oxyde de ])lomb. . 0,699 nombres qui sont entre eux comme i est à 4- » Ainsi la composition pour lOO montre que la soiîime des poids d'oxyde de zinc et d'oxyde de plomb combinés est sensiblement égale au poids de l'acide azotique que l'on a fait réagir, et que les quantités d'oxyde sont entre elles comme 2 est à 3. De plus, le calcul montre que, pour 1 équivalent d'oxyde de plomb, il y a 4 équivalents d'oxyde de zinc dissous. » Ayant voidu répéter ces expériences avec d'autres oxydes, j'ai pn hici- lement me convaincre que souvent un seul oxyde était attaqué par l'acide azotique et que la préparation de la base employée influençait la réac- tion (1). J'ai alors agi sur des mélanges de carbonates au lieu d'employer (i) C'est ainsi (| ne l'acide azotique mis en présence d'un mélange d'oxyde de zinc et d'oxyde de cuivre n'atla(pu' pas l'oxyde de cuivre, tanilis (pi'il décon)pose à la fois le caibonale de zinc cl le carbonate de cuivre mélangés. C. 1;. ii<70, i" Semestre. (T. LXX, N° ».) 2() ( 190 ) des mélanges d'oxydes, et j'ai pu voir, eu me basant sur les expériences |3récéclentes, que la présence de l'acide carbonique ne changeait p:is le par- tage de l'acide. En effet, en faisant réagir l'acide azotique sur un mélange de carbonate de plomb et de carbonate de zinc, j'ai trouvé les résultats suivants : Expér. n° i . Expér. n» 2. Oxyde de plomb 1 ,44° ' ,55o Oxyde de zinc 2,472 2,520 Acide azotique 3, 972 4i°^9 n Composition en centièmes : Oxyde de plomb 18,26 '8,99 Oxyde de zinc 3 1 , 35 3o , 85 Acide carbonique 5o,39 5o, j6 100,00 100,00 » Ce qui conduit sensiblement aux mêmes nombres cjue ceux trouvés plus haut pour les proportions équivalentes d'oxyde de zinc et d'oxyde de plomb dissous. » Ceci posé, j'ai trouvé les lésnltats suivants, eu opérant sur divers mé- langes de carbonates : » \° Carbonates d'oxyde de zinc et de baryte : pour i équivalent d'oxyde de zinc, il y a 2 équivalents de barvie dissous; I) 2° Carbonates d'oxyde de zinc ei d'oxyde de cuivre : poin- i équiva- lent d'oxyde de cuivre, il y a 3 équivalents d'oxyde de zinc dissous; )> 3" Carbonates de chaux et d'oxyde de zinc : pour i équivalent d'oxyde de zinc, il y a i équivalent de chaux (li>sons; » 4" Carbonates d'oxyde de zinc el d'oxyde de plomb : pour i équi- valent d'oxyde de plomb, il y a 4 équivalents d'oxyde de zinc dissous; » 5° Carbonates d'oxyde de plomb et d'oxyde de cuivre : pour 3 équi- valents d'oxyde de plomb, il y a 4 équivalents d'oxyde de cuivre dissous. » Ces résultats semblent montrei', dans le cas particulier où nous nous plaçons, que les proportions équivalentes d'oxydes dissous sont entio elles comme des nombres très-simples : r est a 2, à 3, à '\; 3 est à 4> ^'Ç- 1^^ plus, il |)araîl exister nue certaine relation entre la formation plus ou moins grande du sel et sa solid^ilité dans l'eau. Il Dans une prochaine Communication, je me propose d'examiner si cette loi est générale et si elle s'applique atissi l)ien à d'autres acides, nolanuuent aux acides sidiurique et chlorhydrique. » ( '91 ) ÉLECTRO-CHIMIE. — Sur la cause de l' inégalité des pertes d'aride oxalique dans le voisinage despotes; nature de l\icide oxalique en dissolution dans l'enu. Note de M. E. Boprgoin, présentre par M. Biissy. « Lorsque le courant traverse de l'eau acidulée, bien que la quanlilé d'acide éleclrolysé soit la même pour chaque pôle, néanmoins les quan- tités d'acide que l'on retrouve à la fin de l'expérience dans cliaque cr)m- partiment sont très-variables. On peut distinguer les cas suivants : » Premier cas. — I^'acide se concentre régulièrement au pôle positif. A cette catégorie apparlieniient les acides snlfuricpie, pliosphorique, azotique, acétique, succinique, benzoïque, camphorique, etc. Tantôt l'acide se re- trouve en totalité à la fin de l'expérience, comme dans le cas de l'acide snlfnrique; tantôt une certaine quantité d'acide est détruite, soit par ré- duction, comme cela a lieu pour l'acide azotique, soit par oxydation, comme on le remarque pour les acides organiques en général., » Deuxième cas. — La perte est nulle an pôle positif. C'est ce qui a lieu poin- l'acide formitiue, par exemple, la moitié de l'acide électrolysé se régénéiaut dans le compartiment positif. » Troisième cas. — Les deux compaitiments s'appauvrissent en mènu^ temps. Exenijdes : acides lactique, citrique, lartrique, et en général tous les acides Irès-oxydables. » Lorsque l'on opère sur un de ces derniers acides, c'est ordinaiiement le compartiment négatif qui éprouve la perte la plus grande, sans doute par la raison qu'une partie de l'acide électrolysé se régénère au pôle positif. 11 y a cependant une exception à cette dernière règle, c'est celle qui a trait à l'acide oxalique : les deux compartiments s'ap|)auvrissent, mais la perle la plus grande a lieu dans le compartiment positif. La présente Note a pour objet de faire connaître la cause à laquelle il faut atiriliuer ce sin- gulier phénomène. » Plusieurs expériences concordantes ont été exécutées de la manière suivante : une solution aqueuse d'acide oxalique, divisée en deux par- ties égales, a été électrolysée de manière à lecueillir tout riiydrogéne qui se dégage; à la fin de chaque expérience, les liquides de chaque com|)arfi- inent ont été séparés, puis analysés. Voici le détail de l'uni' de ces opéra- tions : . ,, . ( Coiiiparliment positif. So''" Solution d iicidc oxaluiiip ■ ( " rifgiilif. 3o"' 26.. ( '92 ) » i" En considérant le gaz dégagé, on trouve : Gaz hydrogène rpcueilli i4o"''^,5 Température i o" Pression corrigée o"','j5ç) )) On a donc jiour le poids du gaz : „ ^ , _ I OjTSq— 0,OOQI P = o,oooo8q6x 140,5 -^7^ . — '—^ 5 ^ =0,012; I + (o,oo36bx 10) 0,76 » 2° Quant à l'acide, 0,494 (SlïO'), ayant exigé pour la saturation 388,5 div. de barvle, , , . . . . , I avant l'expérience. . . loni.o » Ja solution négative a exige ■, , ' { après » 993, o » » Comme il n'y a aucune complication dans le compartiment négatif, ainsi qu'on le verra plus loin, le nombre de divisions électrolysées est égal à 2(1071 — 993) = i56; d'où l'on déduit r^H^ns — 9° X 0,494 xi56 _ ^^^ - 98x388,5- - "''^^^• ^,^ 2x0,1824 ^ 90 » Il résulte de là que la quantité d'hydrogène contenue dans l'acide électrolysé est exactement trois fois plus faible que celle qui a été obtenue directement; d'où il suit que le groupement qui a subi l'action du courant n'est pas C*H'0% mais bien C^H-0*2H=0=: C'H20«2H='0^=(2C=0^+ 20=) + 3H= (i). pôle positif. Pôle négatif. » Comme il ne se dégage que de l'acide carbonique pur au pôle positif, pendant toute la durée de l'expérience, ou en conclut que l'oxygène mis en liberté brûle une quantité correspondante d'acide oxalique : 2(C*H=0*2H=0-)+ 20==4C=0'-h6lPO-. Ainsi s'explique l'appauvrissement plus rapide du compartiment positif. » D'après l'écpiation précédente, les quantités d'acide qui disparaissent sont entre elles dans le rapport de 3 à i. C'est une conséquence qui se vé- rifie par expérience avec une grande exactitude, comme le prouve l'exem- ple suivant : (1) = 1;; C = 6; 0=8. ( >93) Acide i-ontenu dans chaque compartiment. .... 6, go \ Compartiment positif.. ... i ,qo Apres 1 expérience i , -r ^ ' ?- '^ ' ( .1 négatif 5,20 ,, ., i Compartiment positif. 6,qo — i,qor=5,oo 3 Perte d'acide ! ' . , ■ ,-c a k c m ( Compartiment ncgatit. D,go — ^5,2D=;i,D3 i I. D'après M. E. Royer (i), de l'acide formique prend naissance par suite de l'action 9« ) augmente jusqu'à l'âge adulte, et si, dans un même groupe naturel, le volume absolu du cerveau des grandes espèces surpasse celui des petites espèces, ce rapport ne peut pas, cependant, s'exprimer par une quantité constante, et varie par l'effet de causes mtdlipies. » En effet, la rapidité de l'accroissement du cerveau est beaucoup plus grande dans les premières périodes de la vie, et va toujours en diminuant juscpi'à l'âge adulte. D'où celte conséquence que, tandis que le volume absolu du cerveau augmente incessamment pendant toute la durée de l'ac- croissement, son volume relatif, c'est-à-dire le rapport du volume absolu au volume total du coi'ps, dimiruie incessamment pendant cette même durée. D'où cette autre conséquence que, d.ins un même groiqje naturel, le Nolume relatif (lu cerveau est plus considérable chez les jjetites espèces que chez les grandes. » Ces faits sont connus depuis longtemps. Maintenant, d faut y ajouter un fait nouveau : c'est que, tnême dans des animaux de même taille et appartenant à lui même groiq:)e naturel, le volume relatif du cerveau, à l'âge adulte, peut présenter de notables différences. Par conséquent, le développement des circonvolutions |)Ourra ne pas être le même dans des espèces voisines et de même taille, bien qu'il soit toujours déterminé par les lois générales qui régissent l'accroissement. Ainsi, c'est un résultat fort curieux des études paléontologiques, que beaucoup d'espèces de mammi- fères appartenant aux terrains tertiaires anciens avaient un cerveau plus jiclit que les animaux des mêmes groupes et de la mérne taille qui appar- tiennent à la faune vivante. Cuvier avait déjà monlié que le cerveau de VAiioplolherium coininiine, dont la taille était celle de l'âne, n'était pas plus volumineux que celui du chevreuil. M. Lartet a signalé récemment plusieurs faits de ce genre. Nous ignorons absolument quelle peut être la cause de ces faits, qui introduisent lui nouvel élément dans les discussions relatives aux questions que soulève l'élude anatomique et physiologique du cerveau. Mais, quoi qu'il en soit, il est évident c|ue tous les faits cnunus s'accordent pour prouver que le développement des circonvolutions est sous la dépen- dance du volume du cerveau el, par conséc|u»nt, du volume total du corps, c'est-à-dire de la taille. » ( '97 ) OVOLOGIE. — Réponse à quelques-unes des observnlions de M. Bnlbiani sur l'œuf des Sacculines. Note de M. E. Van Benedex, présentée pat- M. P. Gervais. « L'étude de la constitution et du mode de formation de l'œufchez les Sacculines lire son importance de ses connexions étroites avec la lliéorio générale de l'ovogénèse. C'est à cause de la portée du problème que je crois utile de faire encore quelques observations siu* deux points en litige. )) Dans mie Note insérée aux Comptes rendus du 20 décembre 1869, M. Bali)iani, rendant compte d'observations faites par lui sur la constitu- tion et le mode de formation de l'oeuf des Sacculines, confirme en tous points les conclusions que j'ai émises sur la même cpieslion dans une Com- munication faite antérieurement à l'Académie. Il résulte de mes recherciies que, chez les Sacculines, l'œuf ne se constitue pas, comme l'avait cru M. Gerbe, de deux cellules distinctes, dont l'une serait l'homologue de la cicatricule de l'œuf des oiseaux, l'autre le représentant du jaiuie ou du vrai vilellus. La cellule que M. Gerbe a considérée connue leprésenlant le corps qui produit le vitellus est en réalité l'œuf tout enliei-, et la cellule polaire n'est autre chose qu'un ovule rndimentaire qui se détache de l'œuf mûr, reste dans l'ovaire et sert à la formation de nouveaux œufs. » Après avoii' contirmé chacune de ces conclub,ions dans sa première Communication, M. Balbiaui révoque eu doute, dans sa seconde Note (27 décembre 1869), l'opinion que j'ai émise, que « la cellule polaire .se » détache de Tpeuf mûr, reste dans l'ovirire et se multiplie par division » pour donner naissance à deux cellules filles, dont l'une di^ieut à son » tour un œuf. » M. Balhiani trouve « cette explication peu vraisemblable » et de plus en contradiction formelle avec les faits. » )> A mon avis, la question n'est pas de savoir si cette explication est ou non vraisemblable; il faut examiner si elle ressort des faits bien constatés, et si elle n'est pas inconciliable avec d'autres faits bien établis. L'explication que j'ai donnée repose sur les faits suivants : i** Si l'on examine le contenu de l'ovaire peu de temps après la ponte, on observe, à côté îles œufs mûrs, débarrassés tle la cellule polaiie, de jeiuies ovides, que j'ai décrits dans ma première Note, et qui présenlei;t tous les caractères des cellules |)olaires des œufs moins avancés dans lem- développement. 2" Immédiatement après la ponte, on trouve dans l'ovaire les mêmes ovules (les œufs mûrs seuls ont été évacués); à côté de ceux-ci, qui ont conservé tous les caractère des C R., 1870, i"- Semestre. (T. LXX, N^' â.) '^'J ( 198 ) cellules polaires, on en voit à différentes phases de la multiplication par division, et on reconnaît distinctement que l'une des deux cellules filles grandit pour devenir lui œuf, tandis que l'autre reste stationnaire dans son développement et devient une nouvelle cellule polaire. 3° Quand on observe le contenu d'un ovaire, où les œnts ont atteint la moitié ou les deux tiers de leur développement, on ne trouve plus les cellules mères à l'état de liberté; mais tous les œufs portent à l'un de leurs pôles une petite éminence claire (ovule rudimenlaire, future cellule mère). If I.a compa- raison avec les phénomènes du développement de l'œuf tels qu'ds se pré- sentent chez d'autres Crustacés inférieurs, et spécialement chez les Ancho- relles[\), vient à l'appui des résultats de l'observation directe, faite chez les Sacculines. IVIa conclusion, loin d'être invraisemblable, est donc d'accord avec les observations faites chez d'antres animaux de la même classe, et elle ressort directement de faits qui, pour la plupart, ont été vérifiés par M.Bal- biani lui-même. » Je n'ai jatnais rien observé chez les Saccidines qui rappelle les obser- vations que M. Balhiani communique relativement à la formation d'œufs dans les follicules ovigéres; j'éprouve même quelque peine à me figurer ce qu'il faut entendre par ces mois: « Sur un point des lamificaiions de l'ovaire » une petite cellule naît par une sorte de bourgeonnement ». Mais, si réelle- ment, comme le dit M. Balbiani, il se forme chez les Sacculines des follicules ovigéres ayant pour point de départ une cellule née sous la couche épithé- liale de l'ovaire, ce fait ne viendrait aucunement renverser mes conclusions relativement au rôle et à la signification de la cellule polaire des œufs, mais il jetterait quelque jour sur l'origine primitive de ces cellules (cellules mères), point qui reste encore à élucider. » Il est à remarquer cependant que, chez to'is les Crustacés, les œufs se développent originairement aux dépens d'une masse piotoplasmatique à noyaux et que toujours ils se trouvent, dès leur début, à l'intérieur de la (i) C'est l'étude comparative de l'œuf el, de son mode de formation chez les Crustacés inféiieurs, et loiit particulièrement chez les Jncliorrlles, qui m'a fait comprendre la vraie valeur de la cellule polaire des Sacrulines. Chez ces derniers, charpie œuf porte à l'un de ses pôles un filament formé de cellules discoïdes; quand l'œuf a atteint sa maturité, il se détache du filament polaire, et c'est la cellule discoïde qui lui était immédiatement conliguë qui se développe pour devenir à son tour un œuf. Rien n'est ])lus aisé que de se piocurer des Anchorelles à toute époque de l'année, et je ne doute pas que, si M. Balbiani a l'occa- sion d'étudier la constitution de l'ovaire chez ces animaux, il reconnaîtra sans hésiter que la cellule polaire des Sacculines est l'homologue du filamenl polaire des Anchorelles. ( 199 ) cavité du tube ovarien et jamais sous la membrane épilhéliale de l'ovaire (i). Si les observations de M. Balbiani étaient confirmées, les Sacculines forme- raient, sous ce rapport, une exception unique dans la classe des Crustacés. » Je passe à un second point. » Il ressort clairement de mes observations qu'aucun rapprochement ne peut être établi entre le corps vitellin de l'œuf rie quelques Araignées et de certains Myriapodes, et les noyaux cellulaires du double œuf des Sacculines. Je suis heureux de voir M. Balbiani adopter ma manière de voir à cet l'gard, et ne pas hésitera repousser comme inacceptable l'opinion que M. Gerbe avait émise sur ce ])oint. Mais M. Balbiani a réussi, dit-il, à constater l'exis- tence, dans les celhdes que j'ai appelées cellules mères et cellules filles, d'iui élément qui aurait échappé à mon attention : il existerait, à côté de la vési- cule de Purkinje, un petit espace circulaire, ayant le même faible pouvoir réfringent que cette vésicule elle-même, et qui serait entouré d'une couche de petites granulations moléculaires. Ce corps serait l'analogue du corps vitellin des Araignées et des ?)lyriapodes : ce serait donc, d'après M. Bal- biani, un élément essentiel de l'œuf. » Quoique préoccupé de l'idée de retrouver dans l'œuf des Sacculines cet élément essentiel, qui, selon M. Balbiani, existe dans l'œuf de tous les animaux, je n'ai jamais trouvé à côté de la vésicule de Purkinje la mouidre trace ni d'une seconde vésicule, ni d'un espace ciiculaire clair entouré de granulations moléculaires. Les cellules mères et les cellules filles, qui résul- tent delà multiplication par division des premières, présentent les caractères suivants : elles sont formées d'un corps arrondi, constitué par un proto- plasme visqueux, parfaitement transparent, dépourvu de granulations mo- léculaires. Le protoplasme tient en suspension un grand noyau régulière- ment sphéroïdal, clair et transparent, et pourvu d'un nucléole unique très-réfringent et assez volumineux. Autour du noyau, on distingue quel- ques globules, réfractant fortement la lumière, dont les dimensions, tou- jours très-appréciables, varient de l'un à l'autre: tantôt ils sont irréguliè- rement disposés eu cercle autour du noyan, qui occupe presque toujours une position excentrique; tantôt ils sont tous réunis dans une moitié de la cellule, l'autre étant exclusivement constituée de la masse protoplasmalique (i) Edouard Van Beneden, Reclierclies sur la composition et la signification de l'œuf, basées sur l'ctuilc de son mode de formation et des premiers phénomènes embryonnaires. Mémoire couronne par l'Académie royale de Belgique, et qui paraîtra prochainement dans le tome XXXIV des Méraoiresde cette Académie. ( 200 ) claire et transparente. Jamais je n'ai pu découvrir à côté de la vésicule ecrminalive, ni dans les cellules observées soit dans lute solution d'albu- mine, soit dans l'eau pure ou salée, ni dans les cellules traitées par l'acide acétique dilué, un espace circulaire clair et entouré de granulations molé- culaires. » M. Balbiani admet d'une manière générale que des variations impor- tantes se présentent dans l'aspect extérieur du noyau vitelbn, d'après l'ac- tivité plus ou moins grande du travail ovogénique chez les différents indi- vidus d'une même espèce; il ajoute que ces modifications sont en rapport avec l'âge de l'animal, l'état de développement des œufs, les époques de l'année, et peut-être d'autrescirconstances encore. Il est possible que tous les individus (|ue j'ai observés se soient trouvés, pour différentes raisons, dans des conditions défavorables à la visibilité du corps qui nous occupe. IVIais un élément essentiel de l'œuf pourrait-il être soumis à toutes ces causes de variabdité, au point d'être visible pour les uns, invisible pour les autres? » TÉRATOLOGIE. — Sur une héinitérie de volume observée chez vue Carpe. Note de M. A.-L. Doxnadiec. « I.sidore Geoffroy Saint-Hilaire signale, dans sou Traité de Tératologie^ une anomalie de Carpe que, dans son tableau général des liémitéries, il place dans la classe I , celle des anomalies de volume proprement dites, consistant en une diminution partielle qui porte sur les régions. Cette diminution peut intéresser la petitesse, soit des membres, soit de l'une des mâchoires, etc. » C'est cette dernifre qui constitue la monstruosité observée chez les Carpes mopses [Mopskarpfen) ou Carpes à bec {Cyprinus rostratus): chez ces êtres, d'apparence toujours singulière, la mâchoire supérieure est très-courte, coupée carré, et se trouve soudée à la mâchoire inférieure qui la dépasse. C'est la variété la plus commune. » Mais il en existe une autre, que Geoffroy Sainl-Hilaire dit être beau- coup plus rare, ci qui ne serait représentée que par un échantillon appar- tenant à la colleclion ichthyologique du Muséum. Dans celte nouvelle anomalie, la mâchoire supérieure est plus grande que dans la précédente, et la mâchoire inférieure, qui est un peu raccourcie, est soudée avec elle et ne la dépasse pas : ce serait, toujours d'après le même auteur, un état inliMinédiaire entre l'état normal et les Carpes mopses. M Le u() septembre 1869, un pécheur m'apporta une Carpe qu'il venait ( 20f ) de prendre dans la rivière du I.ez, prés Montpellier (Hérault), et qui pré- sentait la dernière de ces anomalies. En effet, chez cet individu qui avait atteint l'état adulte et qui, n'ayant pas moins de ly centimètres de lon- gueur totale, pesait 65 grammes, on remarquait la brièveté du museau, le rapprochement des yeux vers la ligne médiane et l'ouvertiu-e buccale réduite à un orifice latéi'al mesurant à j)eine 3 millimètres de diamètie. En l'examinant avec soin, j'ai pu constater la structure suivante : » La partie supérieure du crâne se termine brusquement un peu au- dessus des yeux, et forme deux pointes qui laissent entre elles inie h'-gère échancrure. La mâchoire supérieure a subi le même arrêt de développe- ment que le crâne, et, se déviant uu peu à droite et en avant, va se souder avec l'inférieure dont la pointe est relevée en haut et à droite. Les yeux, placés sur la face antérieure et rapprochés vers la ligne médiane, sont sur une ligne oblique de haut en bas et de gauche à droite. L'ouverture buccale est légèrement circulaire, mesure 3 millimètres à peine de diamètre et est située sur le côté droit, sous l'œil placé du même côté. Toute la face est déviée vers le bas et à droite. L'opercule droit est seul déformé dans sa partie antérieure. Les narines et les barbillons manquent complètement. Les os du crâne sont très-minces, et laissent facilement apercevoir la cavité cérébrale et la graisse qui entoure le cerveau. Les arcs branchiaux offrent une déviation dans leur partie antérieure et inférieure. Le reste de l'orga- nisation ne présente rien de particulier. » La bouche étant extrêmement petite, et la masticatioii étant rendue très-difficile par l'organisation de la cavité buccale, cette Carpe, apparte- nant à une famille d'êtres plus carnassiers qu'herbivores, avait dû, proba- blement, être forcée de changer de régime et se .contenter, poiu- toute nourriture animale, de petits crustacés inférieurs, tels que Cypiis mono- cles, etc.; car je n'ai trouvé dans le tube digestif que des débris de végétaux, des carapaces de petits crustacés d'eau douce et un ass'ez grand nombre de diatomées. Mais ces dernières se trouvent dans beaucoup de poissons et surtout chez les poissons phytophages. » PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Causes de la déliiscence des anthères. Note de M. A. Chatin. « L On a admis, jusqu'à ces derniers temps, sur l'autorité de Pur- kinje, que la déhiscence des anthères avait pour cause unique le jeu des cellules fibreuses de la deuxième membrane {Vendollteciiim de Piirkinje, ( 202 ) véritable mesotliecium) . Mais, depuis qu'il a été établi par mes recherches, confirmées par celles île M. Targioiii-Tozetli, que les cellules fibreuses ou cellules à filels uianqueut dans un assez grand nombre d'anthères cependant déhiscentes, quelques-unes en long [Lycopersicon, des Orchidées, Asclépia- dées, Orobanchées, Aroïdées, etc.), un grand nombre par des pores (Mé- lastomc'es, Ericacées, etc.), rexplicatioii donnée par Purkinje ne suffit plus. » Il m'a paru, et cette opinion est aussi celle de MM. Duchartre et Tar- gioni-Tozelti, qu'une part doit être faite, dans la déhiscence, à la première membrane ou exotheciiim. Mais ce serait aller trop loin que de reportera la membrane épidermique le rôle exclusif qu'attribuait Turkinje à son endothecium, et je ne vois en elle que l'im des agents de la déhiscence, phénomène complexe, le plus souvent subordoiaié à plusieiu's causes, parmi lesquelles doivent être comptés, outre la membrane externe, la deuxième membrane ou endoîhecii;ni de Purkinje, la destruction des cloisons des logettes, le décollement et la destruction des bords suturaux des valves, plus accessoirement la troisième membrane, peut-être même h' connectif. » Il est certains états de la membrane épidermique dont les rapports de cause à effet avec la déhiscence son tauplus haut point probables. Quelle autre fonction que la déhiscence pourraient avoir, par exemple, les très-grandes cellules é|iidermiques qui, dans les JEvImien, Leucoium, Crocus, Lycopersicon , Biijiioitia , Aponocjelon, etc., sont placées près des sutures, là où elles peuvent agir le plus efficacement? Et pourquoi ces grandes cellides se déve- lopperaient-elles rapidement, brusquement vers le uioment de la matura- tion du pollen, si ce n'est pour aider à la déhiscence? » De ces cas où le rôle de l'exothecium s'impose de lui-même, surtout lorsque, comme dans le Lycopersicon, plusieurs Aroïdées, etc., les cellules fibreuses manquent, on passe aux cas oïdinaires, où ce rôle n'eut peut-être pas été tout d'abord soupçonné, bien qu'alors la membrane externe soit la seule qui, ayant conservé sa vitalité et étant d'ailleurs en rapport immédiat avec les agents extérieurs, semble devoir se prêter le plus aisément aux phénomènes alternatifs de tui'gescence et de retrait, dont la séparation des valves, et par suite la déhiscence, est la conséquence. » 1! est enfin des cas précis où l'action tie l'exothecium dans la déhis- cence ne saurait être contestée : c'est lorsque les valves de l'anthère, connue on l'observe chez les Chlorn, llalcsia, Eryllirœn, etc., ne se composent plus que de cette seule mendDrane, au moins dans la région suturale. )) Mais si aucun (huite ne jjeul étie élevé siu' le rôle actd de la première membrane quand elle reste seule au moment de la déhiscence, si une action f 203 ) importante doit lui être attribuée quand elle est fort développée ou inème relevée en poils dans la région sulurale, si une influence efficace ne semble pas contestable dans les cas nombreux où les utricules qui la forment ont un développement encore assez notable, il n'en est plus ainsi lorsque, comme dans les Dahlia, Cosmos, Calenditla, Helianllius, Merctirialis, cette membrane est réduite à inie tres-mince assise de cellules tabulaires. » Mais il y a plus : car il est un certain nombre d'anthères qui man- quent d'exothecium au moment de la déliiscence, et chez lesquelles, par conséquent, toute action doit èlre refusée à cette membrane; tel est le cas des Fitis, Cytinus, Juniperus, Piniis, etc. De ces plantes privées complète- ment de membrane épidermique, on peut rapprocher celles qui [Nepcnlhes, Àristolocliia, Cirmomoriitm (?), etc.) manquent de cette membrane sur la ligne suturale ou de déhisceuce. -» Enfin l'exothecium peut même être un obstacle à la déhiscence de quelques anthères, où il revêt la forme d'épaisses cellules pierreuses [Sipho- canipylos). » Concluons donc, quant à l'exothecium ou première membrane de l'anthère, que sou rôle dans les phénomènes de déhiscence, certain dans quelques cas, est probable dans le plus grand nombre, mais absolument nul dans quelques anthères. » M. Maurel-Hal'li\s adresse une Note relative à l'influence de la distri- bution du poids dans les wagons de chemin de {^v. Cette Note sera soumise à l'examen de M. Phillips. M. Gkraud adresse, de Nancy, nue Note concernant la théorie de la vision. Celle Note sera soumise à l'examen de M. Jamin. A 4 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. ( ^o4 ) COilIITE SECRET. Les Section de Minéralogie, par l'organe de son doyen, M. Delafosse, présente la liste suivante de Candidats à la place de Correspondant, vacante par suite de la nomination de M. Murchison à une place d'Associé étranger : En première ligne : M. Carl Friedrich Nacmann, à Leipsick. M. Abich, à Tiflis (Géorgie). M. Gustave Bischof, à Bonu. M. A.MI BouÉ, à Vienne. M. Dana, à Newliaven (Etats-Unis). M. deDechex, à Bonn. M. D0.MEYK0, à Santiago (Cliili). M. Ja.iies Hall, à Albany (États-Unis). M. de Hai'er, à Vienne. 31. DE Helmersen, à Saiiit-Péter.sbonrg, M. Charles-T. Jackson, à Boston (Etats-Unis). M. K.!ERULr, à Christiania. M. DE KoKscHARow, à Saint-Pétersbourg. M. William LoGAN, à Montréal (Canada). ai AV. -H. Miller, à Cambridge (Angleterre). M. Ferdi.nand RoMtR, à Breslau. M. ScAccHi, à iSaples. M. Angelo SisMONDA, àTuriu. M. Stuber, à Berne. Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. En seconde ligne, eipar ordre al- ptiabélique La séance est levée à 5 heures et demie. E. 1). B. ( 2o5 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 1/Académie a reçu, dans la séance du 24 janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent : Connaissance pralique du cheval. Traité d'hippologie; par M. Â.~A. VlAL. Paris, 1870; I vol. grand in-8°. Les oiseaux utiles et les oiseaux nuisibles; par M. H. DE la BLANCHÈnE. Paris, 1870; in-i8 cartonné, avec figures. Dictionnaire vétérinaire; par M. L. FÉLIZET, avec une IntroduvHon par M. J.-A. Barral. Paris, 1870; in-18 cartonné. Guide pratique d'arcliilecture navale à l'usage des capitaines de la marine du commerce appelés à surveiller les constructions et réparations de leurs navires; par M. G. BOUSQUET. Paris, i86ij; i vol. in-12. Gisement, extraction et exploitation des mines de houille : Traité pratique; par M. Demanet. Paris, sans date; i vol. in-12. Projet (le construction d'un tunnel sous- marin pour l'établissement d'un che- min de fer devant relier la France à i Angleteri'e, système Ernest Martin et Gilbert le Guay. Piiris, 1869; in-/|° avec planches. Legaléga, nouveau fourrage , sa culture, son usage et son profit; parM. GlLLET- Damitte, a*" édition. Paris, 1869; in-18. De la mortalité des nouveau-nés et du galégn, nouvelle pUmte fourragère lac- tigène. Discours prononcé cm presbytère de Saint-Eloi par M. le D"^ Baron DE Langenhagen. Paris, sans date; opuscule in-8'^. (2 exemplaires.) Une étude statistiijue. Les architectes et Us entrepreneurs devant les récom- penses officielles; par M. Fleury-FlOBERT , 3* édition. Paris, 1869; in-32. (7 exemplaires.) Bulletin de la Société d' anthropologie de Paris, t. IV, 2" série, 2" fascicule, février à avril 1869. Paris, 1869; in-8''. Société d' Horticulture de la Gironde. Exposition des produits de l' horticulture du 2 au 5 juin 1870 à Bordeaux. Bordeaux, 1870; opuscule in-8". Sitzungsberichte... Comptes rendus de l'Acadénne impériale des Sciences de Fienne. Classe des sciences mathématiques et naturelles : Minéralogie, Botanique, Zoologie, etc., t. LVIII, 3% 4% 5*= parties; t. LIX, i" et 2* parties; t. LX, C. R., 1870, I" Semestre. (T. LXX, N» S.) 28 ( 206 ) 2* partie; ~ Mallténialiqiics, Physique, Chimie^ etc.; t. I.VIII, 2^,3^, 4*^, 5'' par- ties ; t. LIX, 2" et 3^' parties; t. LX, i'" et 2^ parties. Vienne, i3 brochures in-8°. Arcliiv... Archives (Vanulomic niicroiiopique , dirigées par M. Max- ScHULTZE, t. V, parties i à 4; l. VI, impartie. Bonn, 1869 et 1870; 5 bro- chures in-8°. IMittheihingen... Communication de rélnblissement orlhopédique-ciymnas- lique suédoii de Hanovre; par M. Friedrich Becker. Hanovre, iH6g; in-8". Das... L'appareil dentaire des limaçons considéré comme base d'une classifi- cation naturelle; par M. F.-H. Troschel, t. II, 3" livr. BerHn, 186g; in-4" avec planches. Archivio... Archives pour ta Zoologie^ l' Ànalomie et la Physiologie, publiées par les soins des professeurs S. RlCHlARDl et G. Canestrini, t. I, 2" série. Turin et Florence, 1869; in-8" avec planches. Catalogus codicum latinorum Bibliothecœ reqiœ Monacensis composiierunt Carolus Halm et Georgius Laubmann, t. I, p. i. Monachii, MDCCCLXVIII; in-8". L'Académie a reçu, dans la séance du 3i janvier 1870, les ouvrages dont les titres suivent •> Recueil de Mémoires de médecine^ de chirunjic et de pharmacie militaires, rédiqé sous la surveillance du Conseil de santé; publié par ordre du Ministre de la Guerre, 3" série, t. XXIII. Paris, 1869; in-8". Troisième Ripport sur l'étude et la conservation des blocs erratiques en Suisse, présenté par MM. A. Favre et E. SORET à In Société hebiélique des Sciences naturelles réunie à Soleure, le 23 août 1869. Sf>leure, 1869; br. in-8''. Annuaire de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, 1870, 36* année. Bruxelles, 1870; in-12. Bulletin de la Société des Sciences naturelles de JSeuchàtel, t. VIII, 1^ cahier. Neuchâtel, 1869; in-8". Mémoires de l' Académie impériale des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Savoie, 2*^ série, t. XI. Chambéry, 1869; in-8". Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire- Inférieure, t. XL, 1869, i"'' semestre. Nantes, 1869; in-8°. Congrès archéologique de France, XX.XY^ session, séances générales tenues à f 207 ) Carcassonne, à Narboniie, à Perpcjinnn et à Béliers, en 1868, pnr la Société d' Archéolocjie pour la comervalion et la description des monuments. Paris, 1869; in -8". Des accidents causés par l'extraction c/es dents; pnr M. G. DeleSTIîE. Paris, 1870; iii-8°. (Présenté j)ar M. le Baron Cloquet.) Prothèse du pauvre. Le bras artificiel agricole ; nouvtl appareil prothétique de force inventé par M. A. Gripouilleau. Tours, 1870; in-8" avec figures. (Pré- senté par M. le Baron Larrey.) Rapport sur tin Mémoire de M. le Baron Larrey sur la trépanation du crâne dans les lésions traumatiques de la tcle; j)tn' M. L.\U1VIÈI\E. Bordeaux, sans date; hw iii-8°. (Extrait du Journal de Médecine de Bordeaux.) (Présenté par M. le Baron Larrey.) Recherches anatomiques et woloc/iquessur le c/cnre Trychodactyle;p(n'lA.kAj. DoNNADiEU. Sans lieu ni date; opuscide in-8° avec une planche. De la p)'ohémie oujièvre suppurativc; par M. P. -M. BiîAitnvoOD; traduc- tion par M. E. Alling, levue par l'auteur. Paris, 1870; in-S", avec planches chromolithographiées. (Présenté par M. Gh. Bobin pour le concours aux prix de Médecine et Ghirurgie, 1870.) Histoire clinique de la folie, cœec prédominance du délire des grandeurs, étu- diée spécialement au point de vue thérapeutique ; par M. F. LaGardelle. Sainl- Maixent, 1870; in-8°. (Deux exemplaires.) Note sur Vorujine et les progrès de la question relative cm type garumnien ; par M. Leymerie. Paris, sans date; br. iu-8". (Extrait du Bulletin de la Société géologique de France. ) Nouvelles observations sur la non-existence de la houille dans les Pyrénées françaises^ entre les gites extrêmes de la lihune et des Corbières; par M. Ley- MERIE. Ti)ulouse, 1869; br. in-8''. Observation de fracture non consolidée du fémw; Irailement par la marche et l'exercice du membre: guérison; par M. MiGNOT. Paris, 1809; br. in-8". (Deux exemplaires.) Mémoires de M. A. PiÉTREMONT (deSaint-Gloud). Paris et Versailles, 1865; br. in-8°. Du chloral. Résumé de son histoire chimique et thérapeuliipie ; par M. le |)ro- fesseur .SCOUTETTEN. Paris, 1870; in- 18. Mémoire à S. M. le Roi d' L ta lie., avec le mémorandum à S. M. l'Empereur Napoléon lll, etc.; par M. G. Barhacano. Naples, i86q; br. in-8'\ 28.. ( 208 ) Nouvelle mclliode (le traitement du clioléra-morlnis; par M. G. Barracano. N.iples, i852; br. in-8°. Tlie... Le clioléra-morhus traité par une nouvelle un'ihode; par M. G. Bau- RACANO. Naples, i853; br. ii)-8°. Osservazioni . . . Observations sur le vholera-morhus asiatique; par M. G. Bar- RACANO. Naples, 18/19; br. in-8'>. Anuario... Jnnuaire de la Commission permanente des pêches pour i86q. Résumé des travaux de la Commission et Notes concernant l'industrie péchèrc; rédigé, par ordre supérieur, par M. C. Febnandez. Madrid, 1869; 10-8". Osservazioni. .. Observations sur le fémur et le tibia de /'iEpyornis maximns. Bologne, 1870; opuscule 111-8". (Extrait des Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Bologne.) (Présenté par M. A. Diiméril.) Rivista... Revue srientifujtte publiée par l'Académie royale de Fisiocritici [classe des Sciences pinsiques), i''' année, '.Y fascicule, novembre. Sienne. 1 869; br. in-8». Osservazioni, . . Ohseivalions des étoiles filantes (Leonidi)yrt»cs en Sicile en novembre 1869; par M. P. Tacchiini. Palerme, 1870; br. in-8". Sulla... Sur la correspondance entre les dimensions des Vilirio bacillns et le diamètre des éléments morphologiques dont ils dérivent; par MM. (i.-B. Crf- VELLI et L. Maggi. Milan, 1869; opuscule in-8°. Sjiecimina zoologica mosambicann, cura J. BlANCONi, fasc. XIX, XX, Bono- niœ, MDCCCLXVil; in-4°. (Présenté par M. A. Duméiil.j Proceedings... Comptes rendus de la Société royale de Géographie, t. XIII, n" 5. Londres, 1869; in-S". Tlie... Pression moyenne de l'atmosphère et vents prédominants sur la sur- face du globe par mois et par années, 2* partie; par M. A. BuciiAiN. Edim- bourg, 1869; in-4''. (Extrait des Transactions de la Société royale d'Edim- bourg.) The... Pression moyenne de V atmosphère sur le globe par mois et juir an- née, i" partie, janvier, juillet et l'année; par M. A. BuctiAN. Sans lieu ni date; opuscule in-8°. (Extrait des Procès-verhcuix de la Société royale d' Edim- bourg. ) Resnlts... Résultats déduits des observations météorologiques faites dans un certain nombre de stations dans la colonie du Cap de Bonne-Espérance pendant les années 1866 et 1867; publiés par une Commission nommée par le Guuver- nement. Blore, Secrétaire. Sans lieu ni date; in-folio. ( 209 ) An... Recherches sur quelques symptômes tétaniques jusqu'ici non décrits, qui sont produits par l'atropine sur les animaux à sang froid, avec tnie compa- raison sur les ejfets île cet agent chez les animaux à sang froid et chez les mam- mifères ; par M . T. Fra.ser. Edimbourg, 1869; in-4°. Die... La diphlhe'rite épidémique, et moyen rapide de la guérir d'après les obseivations cliniques faites par M. A. LUTZ. Wurlzbourg, 1870; bt'. in-8". Helios... Compte rendu de la Société pliotographiquc de Dresde, 1''^ année, n° I. Dresde, 1870; iii-8°. PUULICATIONS PÉKIODIQUES REÇUES PAR I.'aCADÉMIE PENDANT LE MOIS DE JANVIER 1U70. Annales de Chimie et de Physique; décembre 1869 et janvier 1870; in-8°. Annales de V Aqriculture française; n"* 23 ef a/j, 1869; in-8°. Annales de la Propagation de la foi; janvier 1870; in-8°. Annales de la Société d' Hydrologie médicale de Paris; o." et 3* livraisons, 1870; in-8''. Annales de V Observatoire Météorologique de Bruxelles; u° 12, 1869; in-4°. Annales des Conducteurs des Ponts et Chaussées; octobre 1869; in-8°. Annales du Génie civil; décembre 1869; in-8°. Annales industrielles ; n"' i à 3, 1870; in-Zj". Bibliothèque universelle et Revue suisse; u° 145,1869; in-8°. Bulletin de t Académie impériale de Médecine; 11" 23, 1869; in-8". Bulletin de l'Académie rojcde de Médecine de Belgique, n°^ 9 et 10, 1869 ; in-8°. Bulletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique; n° 12, 1869; in-8°. Bulletin de la Société Botanique de France; {, XVI: Com[jles rendus, n" 4; Revue bibUographique E, 1869; in-S". Bulletin de la Société cP Encouragement pour l'Industrie nationale ; uovem- l)re 1869; in-4". Bulletin de la Société de Géographie; novembre et décembre 1869; in-8''. Bulletin de la Société de l'Industrie minérale; avril à juin 1869; in-8° avec atlas in -fol. Bulletin de la Société frcmçaise de Photographie; décembre 1869; in-8°. ( 2ro ) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.; novembre et décembre 1 869; in-8°. Bulletin de la Soi iété Philoniattiique; avril à août 1869; in-8°. Bulletin de Statistique municipale ; août et septembre 1869; iii-4°. Bulletin général de Thérapeutique; 3o décembre 1869 et i5 janvier i8;o; in-8°. Bulletin hebdomadaire du Journal de l' agriculture; n"* 1 à 5, iS'jo; in-8". Bullettino meteorologico dell' Osservatorio dcl B. Collegio Carlo Alberto; n" 10, 1869; iii-4''. Bullettino meteorologico dell' Osservatorio di Palermo; n°* 1 1 et 12, 1869; in -4°. Bullettino n)eteorologico del B. Osservatorio del Collegio Bomano ; n" 12, 1869; in-4''. Catalogue des Brevets d'invention; n°' 5 à 8, 1869; in-8°. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences; n°' I à 5, 1" semestre 1870; in-4°. Correspondance slave; n"^ 44 à 46, 1869; n"^' i à 7, 1870; iti-4". Cosntos; n°* des i, 8, i5, 22, 29 janvier 1870; in-8". Gazette des Hôpitaux; n°^ i à i3, 1870; in-4°. Gazette médicale de Paris; n"" i à 5, 1870; in-4°. Il Nnovo Cimente. . . Journal de Ph/sique, de Chimie et d'Histoire naturelle; novembre 1869; in-8". Journal d'Agriculture pratique; n"' i à 4) 1870; in-8°. Journal de Chimie médicale, de Pharmacie et de Toxicologie ; janvier 1 870; in-8°. Journal de V Agriculture; n"* 84 et 85, 1869; in-8°. Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture ; novembre i 869; in-8''. Journal de l'Eclairage nu Gaz; n"' 19 et 20, 1869; in-4°. Journal de Mathématiques pures et appliquées; novembre 1869; in-4". Journal de Médecine vétérinaire militaire; décembre 1869; in-8°. Journal de Pharmacie et de Chimie; janvier 1870; in-8°. Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; u° 36, 1869; n°' I et 2, 1870; in-8°. Journal des Fabricants de Sucre; n°* 38 à 42, 1869; in-fol. Kaiseriichc... Académie impériale des Sciences de Vienne; n"^ \~ e\ 18, 1869; in-8". La Santé publiie-là, n'a pas dtj être inférieure à 1™, 5o. Dans le fond du vallon de Collioure, dont lorientation est nord-est sud-ouest, et dans la ville elle-même, la hauteur de la neigea été, sur beau- coup de points, de i"", 5o à 2 mètres. Je crois qu'on peut, sans crainte d'exa- gération, porter au moins à o"", 80 l'épaisseur moyenne de la neige tombée s(u- la surface du pays. M Une chute de neige comme celle-ci est toujours désastreuse dans les contrées où les arbres constituent une partie notable de la culture produc- tive, et cela s'applique surtout à la région méditerranéenne, qui tire un de ses principaux revenus de la culture de l'olivier, arbre plus exposé que les arbres fruitiers ordinaires, à cause de la persistance de son feuillage, à se rompre sous le poids de la neige. Le dégât occasionné ici dans la plupart desolivettes est inimaginable; la mienne n'est plus qu'un pêle-mêle débran- ches abattues et de troncs lacérés ; c'est à peine si sur cent arbres, un seul est resté intact ; les moins maltraités sont courbés comme des saides pleu- reurs et ont leur tête enfouie dans la neige. Les orangers et les citronniers, 29.. ( 2l6 ) malgré la rigidité de leurs branches, sont mutilés de même, quoique à un n)oiii(lre degré. Il n'y a pas jusqu'aux arbres à feuilles caduques qui n'aient aussi beaucoup souffert; c'est le cas, pour n'en pas citer d'autres, des ormes et des platanes, dont beaucoup de grosses branches ont cédé sous le poids de la neige qui s'y était accumulée. » Je suis étonné de la force de résistance des palmiers aux intempéries. Ce que j'observe sur les miens est, je crois, encore sans exemple. Ils ont été littéralement aplatis par le poids de la neige, comme des plantes des- séchées dans un herbier; déplus, la neige, qu'ils isolaient du sol, par leurs feuilles étalées en rosette, s'était prise sur eux en un véritable glaçon dans lequel ils étaient emprisonnés; et ils ont passé les uns dix jours, les autres onze ou douze, dans cette situation. Eh bien, sauf ceux dont le cœur a été cassé, tous sont restés en parfait état de conservation; au dégel ils se sont redressés, et ils sont, en ce moment, tels qu'ils étaient avant la neige. Les géologues qui s'autorisent de la présence de quelques palmiers dans les terrains de l'époque miocène pour conclure à l'existence d'un climat tropical en Europe, à cette époque, pourraient n'avoir pas autant raison qu'ils le supposent. » Un phénomène n'est jamais isolé; il se rattache toujours à d'autres phénomènes qui, tous ensemble, sont régis par une loi commune, qu'il appartient à la science de découvrir. Dans l'état actuel de la météorologie, il serait téméraire de vouloir expliquer les excès climatériques qui se pré- sentent de temps à autre, et dont la cause peut être située fort loin des lieux où ils se font sentir. Accumuler les observations, en les étendant autant que possible à toute la surface du globe, les comparer entre elles et cher- cher à saisir leurs corrélations, c'est probablement tout ce qu'il y a à faire en ce moment. On peut néanmoins hasarder des rapprochements, sans tou- tefois leur donner plus de valeur qu'ils n'en comportent. Or, il est remar- quable que l'abondante chute de neige dont je viens de parler fait suite à six années d'une sécheres,se tout à fait exceptionnelle dans celte partie du midi de la France, et qui a été constatée par tous les cultivateurs du pays. Il y a unanimité sur ce point, comme aussi sur la prédominance des venis du nord et du nord-ouest en Ronssillon depuis le commencement de cette longue période de sécheresse. M. Martins, dans une Note présentée à l'In- stitut et insérée aux Comptes rendus (aS mars 1868, p. 585, 1" semestre), a déjà signalé aux météorologistes la concomitance de la sécheresse avec la longue diu'ée des vents du nord et du nord-ouest aux alentours de la Mé- diterranée. Cet état |)articulier de l'atmosphère se lierait-il avec la tempête de neige qui vient de sévir dans cetlo contrée? ( 217 ) » Dans la même Note, M. Martiiis fait observer, avec raison, que les causes de mort des végétaux en hiver sont plus complexes qu'on ne le croit généralement, et qu'il faut dorénavant renoncer à mettre, à côté de chaque arbre, le degré thermométrique qu'il ne peut supporter sans périr. Malgré le peu de temps que j'ai encore passé ici et le peu d'avancement des expé- priences que j'ai entreprises, tout me porte à croire cjue cette assertion est juste. Peut-être réussirons-nous à la longue, et par des recherches multi- pliées, à démêler les causes de la mort des plantes ou de leur résistance aux vicissitudes des climats: c'est ce qui fait, en partie, l'objet de mes tra- vaux actuels. » NOMINATIONS. L'Académie procède, pai- la voie du scrutin, à la nomination d'un Cor- respondant pour la Section de Minéralogie, en remplacement de M. Mitr- cliiion^ nommé Associé étranger. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 44» M. Naumann obtient 27 suffrages. M. Miller 10 » M. Studer 5 » M. Domeyko a » M. C-F. NauiMann, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé élu. RAPPORTS. MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Rapport Sur un Ménioire de M. Maurice Levy, pré- senté le "i juin 1S67, reproduit le 21 juin 1869 (*) et intitulé : Essai sur une théorie rationnelle de l'équilibre des terres fraîchement remuées, et ses applications au calcul de la stabilité des miu's de soutènement. (Commissaires : MM. Combes, Serret, Bonnet, Phillips, de Saint- Venant rapporteur. ) « On connaît depuis longtemps la loi qu'observent les pressions dans les fluides pesants en équilibre. » On connaît aussi, depuis les mémorables travaux (i8ai à 1829) de Cowptea tendus, t. LXVIII, p. i456. ( ^'8 ) Navier, (janchy, Poisson, Lamé et Clapeyron, les lois que suivent les pres- sions on tiaclions dans les corps solides parfaitement élastiques, conime sont les métanx, etc., quand les déformations de leurs éléments restent fort petites. » Mais on n'a pas la même connaissance pour les forces du même genre qui se trouvent en jeu dans les masses solides inconsistantes, telles que la terre ou le sable. Aussi, pour calculer les poussées exercées pnr de pareilles niasses sur les murs de soutènement qu'elles tendent à renverser, on consi- dère seulement, avec Coulomb (*), ce qui s'y passerait lors d'un commen- cement de rupture de leiu' équilibre; et, comme lui, on a coutume de suppo- ser qu'à cet instant une partie du massif se divise, suivant des plans, en zones on couches qui glissent les unes contre les autres et produisent des frotte- ments dont les intensités suivent la loi du rapport constant avec les compo- santes normales des poids. Et les inclinaisons des plans hypothétiques de séparation sont déterminées par la condition d'avoir mi maximiun, soit pour la poussée contre le miu', soit (ce qui ne revient pas toujours au même) pour le moment résultant de cette poussée par rapport à la ligne inférieure autour de laquelle le mur tend à se renverser ("). On tient compte aussi du frottement des terres contre la maçonnerie, force que Prony et les autres premiers successeurs de Coulomb négligeaient, et que Poncelet a ré- tablie d'une manière simple et élégante ('** ). » Nous ne parlons pas de Vadliésion proportionnelle aux surfaces, que Coulomb faisait entrer aussi dans ses calculs, car les constructeurs regardent aujourd'hui comme prudent de ne pas en ajouter les effets à ceux des fiot- temenls; et, entre les plus expérimentés, M. le Maréchal Vaillant a très-bien fait voir (****), l)ar des exemples concluants et nombreux, que les terres dont une certaine proportion d'argile rend les parties adhérentes entre elles exercent, lorsque l'eau vient à les iiuprégner et à les dilater, un genre de poussée qui compense, et an delà, la propriété qu'elles ont de se soutenir à pic d'elles-mêmes, sur une certaine hauteur, à l'état sec. Il Aussi, nous commençons par dire que dans le Mémoire de M. Levy, (*) Essai sur iinr application des règlrs de nuiximis et minimis à qiirlijucs problèmes de statique relatifs à V agriculture. [Savants étrangers, l'j^S.) (**) Ainsi que l'a fait M. le capitaine du Génie Curie, dans un 31enioire présente le 21 dé- cembre 1868. (***) Mémorial du Génie, n° 13, 1840. (****) Rapport déposé le i5 septenibie 1862 sur une tentative de lliéorie nouvelle de la poussée des terres, présentée en iSSg. ( 219 ) dont MOUS avons à rendre compte, il n'est question que de terres sans cohérence, comme sont celles qui ont été fiaîchement remuées. » La ihéorie citée de Coulomb a été développée dans ses conséquences, de i8o4 à 1846, par de savants ingénieurs, bien que l'illustre physicien n'ait proposé qu'avec réserve et sans beaucoup de confiance son hypothèse de la séparation des massifs suivant des surfaces toujours planes. » Depuis, M. le docteur Hermann Scheffler, après avoir constaté le peu de valeur des raisons par lesquelles deux Géomètres ont essayé de justifier théoriquement la su[)position de ce mode exclusif de rupture, a tenté, le premier, une détermination mieux fondée des forces dont ces massifs sont le siège, lorsque leur équilibre est infiniment peu troublé (*). Bornant ses calculs au cas le plus simple, qui est celui d'un massif indéfini terminé en haut par une surface horizontale, M. Scheffler montre très-bien qu'à l'intérieur les faces verticales et les faces horizontales seules sont pressées normalement; puis, admettant à peu près à priori qu'en tout point, parmi les petites faces obliques, il s'en trouve au moins luie sur laquelle la direc- tion de la pression fait avec la normale à cette face un angle égal à celui de frottement de terre contre terre, il pose les équations de l'équilibre d'un élément prismatique à base trapèze; et, en invoquant, comme dans les autres parties de son livre, un certain principe, dit de moindre résislance, dont on lui a reproché l'obscurité et le défaut de généralité (**), le savant et ingénieux conseiller des travaux du Duché de Brunswick arrive à une détermination, qui peut être regardée comme juste, du rapport entre les pressions s'exerçant sur les faces verticales et sur les faces horizontales en chaque point; d'où il lire une solution exactement motivée, et du reste conforme, quant au résidtat, à celle de Coulomb, du problème de la pous- sée sur un mur vertical, pour le seul cas où l'on suppose lisse ou sans frottement la face de ce mur, » M. Levy est allé bien plus loin dans cette voie rationnelle; car, tout en n'y marchant qu'appuyé sur des principes clairs et dégagés d'hypo- thèses non justifiées, il est parvenu à poser en équation, d'une manière générale, le problème des pressions intérieures d'un massif quelconque sur le point de se désagréger dans toutes ses parties, ou à l'état d'équiiibre- limite soutenu par im mur lisse ou rugueux, sur lequel il exerce une pous- (*) Traité de la stabilité des constructioni, iSS^; traduit en 1864, par M. V. Fournie. (**) Article lie M. Cli. Leblanc, aux Annales des Ponts et Chaussées, janvier et lévrier 1867, P- '^g- ( 9.20 ) sée d'iiiie obliquité aussi quelconque; et il en a déduit des conséquences nombreuses et intéressantes au point de vue tant scientifique que pra- tique. » Son analyse se base en grande ])artie sur les théorèmes découverts par Caucliy, en i863, et aujourd'hui {i;énéralement admis et employés, qui résultent très-simplement de l'expression des conditions de l'équilibre de translation et de l'équilibre de rotation du tétraèdre et du |jarallélépipède élémentaire dans toute espèce de matière solide ou liquide, en repos ou en mouvement. Énonçons d'abord, et en langage ordinaire, ces trois im- portants théorèmes, (|ni, trop habituellement à notre avis, ne le sont qu'en un langage analytique faisant obstacle à leur diffusion et à leur enseigne- ment, qui devrait être général : » i" La pression sur (on à travers) une petite face à l'intérieur d'un corps est constamment résultante des pressions supportées par ses trois projections rectangulaires ou obliques sur trois plans quelconques passant par son centre. » 2° Lorsque deux petites faces planes de même superficie ont leur centre au même point, la })ression sur l'une, projetée sur une normale à l'antre, est égale à la pression sur la seconde, projetée sur une normale à la première. » 3" Si, pour un point quelconque, l'on prend les dérivées, par rapport à ses trois coordonnées rectangles, des pressions supportées par l'unité sujierficielle de trois petites faces qui leur sont respectivement perpendi- culaires, ces j)ressions étant décomposées suivant une même direction quel- conque, la somme des trois dérivées est égale ;i la composante, dans cette même direction, de la force qui sollicite l'unité de volume de matière au point considéré (*). (*) C*esl-à-dire que, si l'on jjrend, par exemple, x pour la direction de docom position, et si /Jji, /Jjt, pzi représentent les composantes des pressions sur l'unité superficielle des U'ois petites faces respectivement perpendiculaires aux x, aux ) , aux z se coupant au piiint [x, ) , z), l'on a dp., dpy^ dp,, _ dx dy dz X étant la force tant motrice que d'inertie animant l'unité de volume dans la direction x, et qui se réduit ordinairement, s'il v a équilibre, au poids de ce volume de matièie, estimé sui- vant les. r. Cette équation jointe à deux autres pareilles, où les sens de décomposition sont r et z, forment ce que Cauchy a|)pelle les relations entre les pressions et les forces accélératrices. Kn les ajoutant, après les avoir multipliées respectivement par les cosinus des angles formés ( 221 ) » M. Levy exprime ce qui résulte du troisième théorème par deux équa- tions difiérentielles à deux coordonnées, l'une horizontale, l'antre verticale, en abstrayant la troisième coordonnée, anssi horizontale, ainsi qu'on peut, toujours le faire quand on ne s'occupe, avec: tous les auteurs, que d'un massif ol d'un mur prismatiques à arêtes horizontales, dont il n'est besoin de considérer que l'iuiiti- de longueur mesurée dans le sens de ces arèles. » Les deux équations ainsi posées ne suffisent pas pour déterminer les deux composantes normales et la composante langentielle de pression sur des faces perpendiculaires aux coordonnées : composantes dont dépendent, d'après le premier théorème, toutes les grandeurs et directions des |)res- sions cjui ont lieu sur les diverses antres faces. Pour avoir entre ces trois incoimues une troisième équation, l'autour observe que, sur aucune face, la pression exercée ne saurait faire avec la normale à cette face un angle qui excède celui cp du fi-oitement de terre contre terre; car évidemment, si cet angle avec la normale devenait plus grand, l'équilibre se romprait par glissement, comme quand un corps posé sin- un plan solide se trouve sol- licité, parallèlement à celui-ci, par une force qui excède le produit de la pression normale par le coefficient tango dit du fmllenieul. Or, dans le cas de la cjuestion de stabilité ou d'équilibre-liuiile qui est ici à résoudre, on doit supposer que, pour la face ou cet angle rie la pression avec la normale est plus (jranil que pour les autres petites faces se croisant an même point, il atteint justement le maximum énoncé, ou cette valeur linnte (p qu'il prendrait quand le massif commencerait à s'ébouler ou à se désagréger. Il est clair, en effet, que, si le poids d'un mur soutenant ce massif est tant soit peu supérieur à ce qu'il faut pour faire équilibre à des forces ainsi constituées, et si l'on opère un commencement de renversement en ajoutant pour peu de durée une petite force à celles qui le poussent, le renversement ne continuera pas lorscpie cette force additionnelle et étrangère aura été soustraite ou aura cessé d'agir; d'où l'on peut parfaitement conclure que, si une pareille force n'est point ajoutée, le renversement ne commencera pas, et la stabilité du système est assurée. » Celte supposition d'une inclinaison constante de la pression sur l'une des faces intérieures qui se croisent en tons sens à chaque |5oint d'un massif peut éire regardée comme la traduction vraie de la pensée première et in- pai' les j-, r, 3 avec une droite prise arbitrairement, on a rex|)ression analytique du ihéo- rèiiie plus général énoncé, et qui est démontrable directement. C. K., i«7o, i" Semcsiie (T. LXX, N" G.) 3o ( 222 ) tiiiie de Coulomb; elle n'entraîne nullement l'admission de la partie arbi- traire de son hypoilièse de 1773, à savoir: cette tendance à riiptin'e on à glissement suivant des surfaces constamment planes, à laquelle il ne croyait pas lui-même avec assurance, et que M. Levy montrera plus loin ne pou- voir exister que sous des conditions particulières. » Elle avait déjà été faite par INI. Sclieffler; mais M. Levy la motive d'iuie manière nette, et il lui fait porter toutes ses conséquences; car, en la com- binant avec les deux premiers théorèmes de Cauchy, ou avec ce qui résulte de l'équilibre d'élémenls prismatiques à base Iriangidaire ou à base carrée, il établit une équation nouvelle et générale qui équivaut à ce remarquable théorème sur l'état d'équilibre-limite : « Si l'on considère, dans le uiassif près de s'ébouler, deux petites faces » intérieures quelconques de même superficie, perpendiculaires entre elles » et parallèles à ses arêtes, le caiié de la demi-somme des composantes » normales des pressions qui s'y exercent, multiplié par le carré du sinus » de l'angle © du frottement de terre contre terre, est égal au carré de la » demi-ditférence, plus le carré de la composante tangentielle de ces pres- » sions dans ini sens perpendiculaire à l'intersection des deux faces. » » Comme cette composante tangentielle est nulle siu- les deux faces rectangulaires dites de pressions principales ou normales dont l'existence, en tous les points d'un corps quelconque est, comme on sait, une consé- quence des mêmes théorèmes de Cauchy, on voit que, dans l'intérieiu' du même massif sur le point de se désagréger : « Le quotient de la différence par la somme des deux pressions princi- » pales est constant et égal au sinus de l'angle de frottement; •> » Ou que : « Le rap|)ort do la plus petite à la plus grande des deux pressions prin- » cipales est égal au carré de la tangente