■ff^m^^is T- ^ :• - ,1^.'. m^^ -•».-?} .^- n*,:^ '^■V::. *■:'. K ^.m ■«»•■ -r.*lr ", '.dtk •?* ^pWrORKBOTANICALGABPÉ .a/ mi- ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROS TOME XXT BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITFAÎR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE ilCROSCOPIE TOME XXI LIBRARY NEW YORK BOTANICAL BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE yWEMOIRES NOTES MYCOLOGIQUES PAR E. DE WILDEMAN Docteur en sciences naturelles. (Fascicule IX) NOTES MYCOLOGIQUES Les noies qui suivent, continuent la série dont nous avons conimencé la publication depuis quelques années dans les Annales de la Société belge de microscopie (i). Elles renferment la description de quatre Ciiampi- gnons inférieurs qui nous ont paru nouveaux pour la Science, et des observations sur certaines formes déjà connues. Ce neuvième fascicule a été rédigé d'après des maté- riaux provenant : de Java,d'oîi ils m'ont été rapportés par M. J. Massart; des Ardennes belges, où ils se trouvaient dans des récoltes algologiques de M. El. Marclial. Quel- ques renseignements épars ont été glanés dans les récoltes faites à notre intention en Belgique par M. Goftart de Leuze et par M. Massart. Nous y avons joint la description d'une espèce nouvelle observée il y a déjà plus d'un an pendant un de nos séjours à Nancy, au laboratoire de la Faculté des Sciences. Parmi ces quatre espèces nouvelles deux appar- tiennent à l'ordre des Chytridinées, une constitue un Pifthium nouveau pu* son babitat, les cellules de yHij- drodiclyon. La quatrième entin forme un type curieux de Zygomycète, duquel nous ne connaissons malbeu- reusement qu'une pbase de développement; elle est peut-être le représentant d'un genre nouveau, les con- (1) Voyez Annales de la Sociélc belge de Miscroscopie, l. XX, 1896, p. 107. ' SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. (litions dans lesquelles elle vit, sont en tous cas des plus particulières, et il il n'est nullement étonnant de voir un organisme développé dans un tel milieu prendre un aspect différent de tout ce qui nous est connu. Nous avons créé, pour cette espèce qui provient de Java, un nom générique provisoire. Le peu de données que nous avons pu réunir, nous oblige à être très réservé sur la place qu'il doit occuper dans la classification, nous le rangeons parmi les genres peu connus. Le nombre de Champignons aquatiques décrits n'est guère considérable, et cependant si on examine avec soin des Algues on en rencontre fréquemment dont les cellules sont bourrées de filaments mvcéliens. Le nombre de Champignons parasites d'Algues doit être certainement plus considérable qu'on ne le croit, malheureusement celui qui veut en faire l'étude se heurte à plusieurs diffi- cultés. Le parasite se présente à lui souvent sous un seul aspect, à une des phases de son développement et est dès lors difficile à rapporter parfois même à un genre surtout, s'il n'y a pas certains caractères très saillants qui le font reconnaître à première vue Une seule et même espèce peut-elle attaquer indiffé- remment plusieurs espèces différentes d'Algues, ou bien chaque espèce de parasite est-elle liée à un certain sup- port? Le premier point semble avoir été prouvé pour un certain nombre de Champignons, mais dans d'autres cas le rapprocliement de plusieurs formes de parasites a été fait uniquement sur la similitude extérieure du thalle. Et ce dernier caractère est-il de bien grande valeur, une même espèce ne pourrait-elle pas prendre des aspects différents suivant la forme de l'hôte dans laquelle elle s'est développée, et deux espèces bien diffé- MÉMOIRES. 7 rentes ne pourcaient-elles prendre dans certaines condi- tions des aspects semblables, par réduction du thalle par exemple. Le seul moyen de résoudre la ditTiculté serait la cul- ture expérimentale, mais tous ceux qui ont essayé ce mode d'observation savent combien il donne peu de résultats. Aussi ne doit-on pas s'étonner de trouver dans cette partie de l'étude des Champignons, tant d'indécision et un si grand désaccord entre les auteurs. Le botaniste décrit de simples formes qu'il décore du nom d'es- pèce, un jour peut-être si les renseignements qu'il a fournis sont suffisants, on pourra ramener ces individus à de véritables espèces. Il est donc de tout intérêt de décrire minutieusement toutes les formes que l'on peut rencontrer et d'en donner des figures, ce seront là des documents qui ne seront jamais perdus. Dans ce but nous avons décrit et figuré déjà dans ces c Notes », et nous comptons le faire encore dans la suite, un assez grand nombre de Champignons dont plusieurs devront être rattachés un jour, peut-être, à des espèces connues plus anciennement et dont on sera forcé de modifier la diagnose. Bruxelles, Octobre 189(>. XXIII CHVTIfilUllÉES I. — Lagemdiim Marchalianum nov. spec. (PI. I, fig. I à 9). Sous ce nom nous ferons connaître ici une espèce nouvelle, provenant de nos Ârdennes belges, d'où elle nous a été rapportée par M. Kl. Marchai, à qui nous la dédions. Elle se trouvait bien représentée dans des cel- lules d'Oeclogonium, dont elle avait détruit le proto- plasme ne laissant en général que fort peu de résidus et empêchant même dans certains cas, la formation des cloisons séparatrices des cellules en division. Par ce caractère notre Lagenidium se rapproche du Lagenidium Sij ncg lioriim Klebahn, mais les figures de cette dernière espèce publiées par l'auteur ne cadrent nullement avec la forme que nous avons observée. En effet notre nouveau Lagenidium possède une particu- larité de laquelle nous tirerons le principal caractère différentiel. Le thalle n'est pas localisé dans une cel- lule, il peut se prolonger dans une file parfois de 6 et 7 cellules; avant de passer d'une cellule dans une autre, le deinicr élément cellulaire, celui situé le plus près de la cloison à percer, se renfle fortement acquerrant souvent un diamètre double de celui du reste du thalle, et se ter- mine vers la cloison en un prolongement très fin, plus ou moins allongé qui perce la cloison tranverse pour s'épanouir en un filament de diamètre normal dans la cel- MEMOIRES. Iule voisine. Les autres cellules, du thalle rameux consti- tuant le Champignon, sont tojites plus ou moins cylin- driques. Une cellule quelconque, même la cellule renflée, peut former un zoosporange, pour cela il se forme en un point quelconque de la surface cellulaire, un bourgeon plus ou moins épais. Ce bourgeon s'allonge, vient toucher la paroi interne de la meinbrane cellulaire de YOcdogo- uiiim, perce celte dernière et se prolonge dans le liquide ambiant sous forme d'un tube plus ou moins allongé. En général, les cellules qui renferment le parasite bien développé montrent une membrane plus ou moins colorée en brun, ce qui est dans certains cas un empê- chement à bien voir l'allure des filaments du Cham- pignon. Cette coloration est-elle due à la présence du Lagenidiiim, est-elle accidentelle ? La coloration des membranes cellulaires des cellules d'Algues, envahies par des parasites, parait s'observer assez fréquemment. Nous ne savons pas si des auteurs ont déjà fait ressortir ce caractère, et s'ils en ont donné une explication. C'est là tout ce que nous avons pu voir du développe- ment de notre Lacicnidium. Comment se fait l'infection des cellules de l'hôte et comment s'opère la reproduction sexuée, si elle existe? Nous ne pourrions le dire. C'est donc par pure analogie de forme que nous rap- portons notre parasite au genre Lagcnidium, dont il rappelle à première vue certaines formes habitant de préférence les cellules des Conjuguées. I^e renflement des cellules a vaut la traversée des cloisons transversales, répété plusieurs fois dans un même fila- ment se prolongeant dans plusieurs cellules, donne au thalle du Champignon un aspect très particulier que nous n'avons rencontré jusqu'ici dans aucune 10 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. autre espèce du genre, ni même de tout le groupe. Le thalle est bien entendu pluricellulaire, et les des- sins qui accompagnent ces notes, feront bien saisir les caractères du nouveau l^agenidium, dont nous donne- rons la description suivante : Lagenidium Marchalia?l.l, tig. 1-9). Thalle filamenteux, rameux, f/e 4 à 5 /x de diamètre, constitué par des cellules plus ou moins régulièrement cylindriques, parfois irrégulièrement renflées, se pelo- tonnant dans les cellules de l'hôte, et passant d'une cel- lide à l'autre. Avant de pénétrer dans la cellule voisine, la dernière cellule du thalle se renfle (7/x env. de diam.) et se termine par un prolongement fin plus ou moins allongé ou parfois légèrement contourné, c'est par ce prolongement que le Champignon pénétrera dans la cellule voisine en perçant la cloison transverse; dès que le filament mycélien se trouve dans la cellule voi- sine il s'élargit et reforme un fragment de thalle (i cellules plus ou moins régulières, cylindriques, dont les derniers articles avant de passer dans une nouvelle cellule se renfleront à nouveau. Le parasite empêche la formation de la cloison transverse dans les cellules en division. Toutes les cellules du thalle sans excep- tion, aussi bien les cellules régulièrement cylindriques que les cellules renflées, peuvent devenir des zoospo- ranges. Ces zoosporanges donnent un col qui perce la membrane de l'hôte et se prolonge plus ou moins loin dans le milieu extérieur. Zoospoi^es et spores inconnues. MEMOIRES. M Hab, — Dans les cellules des Oedogniniini à Mirwart (El. Marchai 1895). 2. — Rhizophidium Pythii nov. spec. (PI. I, iig. 10-17). Ce que nous signalons sous un nom nouveau est peut- être une forme du [{liizopliidium glohosiui ou d'une des espèces affines, mais elle s'écarte de toutes les espèces connues par son habitat. En effet, le Champignon que nous considérons comme nouveauté parasitait sur les oospores du Pythium com- pleus, qui lui se trouvait logé dans des tissus de plantes aquatiques, récoltées au mois de novembre 1895, au Jardin botanique de Nancy, ^oive RizoplikUiun détruisait complètement le contenu deToospore, ses rhizoïdes très ténus après avoir traversé la paroi externe de l'oogone, pénètrent dans l'œuf lui-même. Plusieurs parasites peu- vent se rencontrer sur un œuf, nous avons parfois observé de i à 6 zoospores autour d'un oogone. Les zoospores nombreuses ont la constitution de la plupart des zoospores de Chytridinées; elles sont globu- leuses, munies d'un cil ^ à 5 fois aussi long que le corps de la zoospore, et possèdent vers le centre, un gra- nule réfringent. Si en général, le zooporange est globuleux et possède une seule papille terminale, j'ai cependant observé dans la même récolte et sur le même support des zoospo- ranges rappelant fortement le Cliijlridium iransvemum Br., figuré par Braun dans les Abhandl. Herl. Ac, 1855, t. IV, fi-. 4-6. 12 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Pour certains auteurs cette dernière espèce est incer- taine, nous penchions primilivement pour l'autonomie de cette espèce, mais ce que nous pouvons observer ici peut faire naître quelques doutes. Ce que Braun a pris pour un caractère spécitlque important n'est-ce pas une simple modification morphologique pouvant se présenter chez beaucoupd'espèces.Maisdèslorsmedira-t-on,la nouveauté que vous proposez, mérite-t-elle plus que celle de Braun le nom d'espèce nouvelle? Nous ne le savons pas, et nous serions même très porté à rapprocher notre forme de celle de Braun et du R. globosum, si l'hahitat n'était différent. Or, l'on sait que l'habitat est considéré, et peut l'être dans beaucoup de cas, comme un caractère distinctif d'assez grande valeur. Nous donnons donc notre espèce pour ce qu'elle vaut; nous avons préféré décrire le Champignon sous un nom spécifique que de le rapporter comme variété à une espèce ancienne. De cette façon nous attirons plus vivement l'attention des spé- cialistes sur ce parasite. Nous résumerons dans la courte diagnose suivante les caractères du Champignon qui viendra se classer d'après les données de Fischer dans la section des « multiporia ». quoique beaucoup de zoosporanges ne possèdent qu'une seule ouverture. RmzoPHiDiuM Pytiui nov. spcc. (PI. l, fig. 10-17). Mycélium intracellulaire très menu, rameux. Zoos- pùranges de 1 à 4 par cellule de l'Iiôte, (jlobuleitx, à membrane lisse, munis de 1 à 2 coit^tes papilles. Zoos- MEMOIRES. 13 poranges de grandeurs assez diverses. Zoospores, globu- leuses munies d'un long eil 2 à 3 /ois aussi long que le corps delà zoospore, et contenant à l'intérieur un globule réfringent. Hab. — Parasite sur les zoosporani^es du Pi/thiuni complens, dont il détruit entièrement le eonlenu des oospores, au Jardin botanique de Naney. 7). luATHOSTIUM COMPRIMENS Zopf. Dans un des fascieules antérieurs de ces notes (I), nous avons atliré l'attention sur la dispersion de cette espèce, en signalant sa présence en Suisse et en Belgique où elle avait été trouvée il y a quelques années par M. le professeur Errera. Aux indications «pie nous avons relevées dans notre « Census Cliytridinaearum » il faut ajouter une nouvelle localité pour la Belgique, les envi- rons de I^euze d'oii elle nous a été envoyée en beaux échantillons par M. Gotï'art. C'était encore à l'état de spores que j'ai retrouvé le parasite dans les oogones du Vaucheria racemosa, deux et trois spores se trou- vaient parfois dans un seul oogone ayant réduit à presque rien le contenu protoplasmique, dont la plus grande partie avait servi à la nutrition du parasite. La présence de cette curieuse espèce sur plusieurs points de notre ter- ritoire, vient appuyer la supposition que nous avions faite relativement à la dispersion de cette intéressante Cliytri- dinée, elle doit-ètreplus répandue qu'on ne le croit actuel- lement. Des recherches la feront découvrir sans doute sur d'autres points de notre territoire et dans les pays voisins. s (1) Aim. Soc. belge d" microscopie, t. \X (1896). 14 SOCIÉTÉ belgf: de migroscopie. 4. — Sur le genre OLPIDIUM. Nous avons eu daus ces derniers temps, l'occasion d'observer un assez crand nombre de formes de certaines espèces de ce genre parasitant dans les cellules des Desmidiées. Nous nous sommes demandés quels étaient les vrais caractères spécifiques dans ce genre. Les auteurs qui ont étudié les Chytridinées, n'ont pas toujours songé à comparer entre elles les diverses espèces, aussi ont-ils attiré l'altenlion sur des caractères qui ne sont nullement comparables. Nous voulons nous occuper pour le moment des Champignons de ce groupe qui se logent dans les cellules des Algues. Dans notre « Census Chytridinearum » (I), nous avons signalé les espèces sui- vantes : 0. endogenum [Br.] Sclirôter. 0. entopbylum {Br.). 0. immersum Soroli. 0. OEdogoniarum (SoroA.) De Wikl. 0. pusillum Sorol,'. 0. saccatum 8o?-o/.. O. Sorokinei De Wild. 0. Zygnemicolum Magnus. A ces 8 espèces il faut ajouter : 0. Gillii De Wild. 0. Mesocarpi De Wild. 0. rostratum De Wild. que nous avons décrites depuis le dépôt de notre manus- crit à la Société royale de Botanique. La question qui se pose immédiatement est : Faut-il (1) Bull. Soc. roij. de Bol. de Bely., t. XXXV (1896), p. 63, MÉMOIRES. 45 admettre ces onze espèces, n'y en a-t-il pas qui devraient être supprimées pouF passer dans la synonymie? C'est ainsi par exemple que l'on peut se demander si YOlp. immersum Sorok. ne doit pas être considérée comme un Olp. euclogcuum (Br.) Sciiroter. Quoique ayant défendu il n'ya pas bien longtemps encore, l'autonomie del'espèce créée par M. Sorokine, nous croyons d'après nos obser- vations récentes qu'elle doit être abandonnée. Nous la considérons actuellement comme une simple forme, sans vrais caractères différentiels, de VOlp. cndoijemim; telle était, il est vrai, l'opinion de Fischer dans la Flore cryp- togami(fue d'Allemagne. Nous avons antérieurement attiré l'attention sur VO. saccatum Sorok. que Fischer essayait de ramener aussi à VO. endoijcnum, nous étions partisans de la conservation de cette espèce nous basant sur la non proéminence du col. Mais ce caractère peut-il être considéré comme ayant del'importancc.Dansles figures publiées par M. Sorokine, dans les formes observées et figurées par nous dans les fascicules antérieurs de ces « Notes », on remarque l'absence d'un col extérieur à l'hôte. Il n'y a, à franche- ment parler, pas de véritable col, une hernie du zoospo- range vient s'appliquer contre la paroi de l'hôte et la perce. Dans une des figures publiées par M. Sorokine (in Arclt. liai, du Nord de la France, p. 29, fig. 35 d), il y a cependant un zoosporajige dont le col dépasse légè- rement la'membrane de l'AUue. Mais dans les récoltes que M. Massartnous a rapportées de son séjour en (]ampine limbourgeoise, nous avons trouvé des zoosporanges rappelant fortement ceux de VOlp. immersum Sorok., mais dont le col était privé de renflement; ils rappelaient donc VOlp. saccatum, mais 16 ils possédaient un col très nettement différencié du zoos- porange et très proéminent. Nous en avons mesuré un dont la longueur à l'extérieur du Cosmarium, dans lequel était logé le zoosporange, mesurait 120 y.. M. Magnus a considéré cette non proéminence du col du zoosporange, comme un caractère de certaine valeur car il le cite tout particulièrement dans la description de son Olj). Zijgucm'icoium . M. Fischer donnait comme caractère de 17). cntoplnjlum : « Entleerungshals meist weit hervortretend ». Or, dans les 0. AU/anim var. hut/irofitriDU et surtout hreviroslnim figurées par M. Sorokine on rencontre des zoosporanges dont le col n'est pas très proéminent. Faut-il maintenant considérer les zoosporanges dont le col n'est pas proéminent comme appartenant à une espèce particulière, ou faul-il réunir toutes ces formes : 0. alganim et var., 0. tuha, 0. saccalum à VO. ento- phijtion lîraun. Nous adopterons celle manière devoir. Il ne peut être question naturellement de rapprocher YO. saccalum Sorok. de VO. cndoiicnum comme semhle- rait le l'aire croire la remarque de M. Fischer; le col du zoosporange n'étant pas minii d'ini i'ennement(ù\st hien à X(}. cnloj)liijium qu'il faut rapporter les diverses formes rappelées plus haut. Les espèces du genre Olpidium seront toujours dilïi- ciles à déhrouillcr, car les élémenls de détermination manquent; les caractères des Olpidium peuvent se retrouver dans d'autres genres et l'on est souvent très emharrassé pour dénommer certaines formes que l'on rencontre. Nous avons dans une récolte, faile celle année à Kin- roy, par !M. Massart, ohservé une cellule de Tchnemo- MÉMOIRES. n ms, dont le protoplasme était remplacé par deux zoos- poranges vides, à col très court; le diamètre de ces sporanges mesurait de 16-18 fx, l'un des deux mesurait 74 /z, l'autre lOcS fx de long. Cette forme constitue-t-elle une espèce nouvelle du genre Olpidium, ou appartient- elle à un autre genre? Nous n'avons osé trancher la ques- tion, les indications, fournies par les auteurs, ne sont pas toujours complètes, nous ne savons pas si les espèces décrites peuvent atteindre la grandeur de la forme dont nous venons de parler; aussi avons-nous préféré laisser de côté ce Champignon dont nous avons pu observer trop peu d'exemplaires pour pouvoir nous faire une bonne idée des caractères spécifiques. Il est à rechercher et nous attirerons sur lui l'attention des mycologues et des algologues. En acceptant les coupes artificielles, faites dans le genre, par M. Fischer, il reste, malgré l'élimination des deux espèces, créées par M. Sorokine,etque nous avions encore maintenues dans noire Census, quatre espèces pour lesquelles il est difficile de trouver des caractères différentiels pouvant entrer dans une clef analytique. Ce sont : 0. Oedogoniovnm De Wild., 0. pusiUum Sorok. et 0. Gillu De Wild. Ces trois formes sont-elles vraiment distinctes, ne sont-elles point le même parasite, se logeant dans des Algues différentes. C'est ce que des essais de culture pourraient seuls démontrer, mais on sait combien de telles cultures sont difficiles à réussir et combien les résultats, si même on en obtient, sont sujets à caution. Nous essayerons dans le tableau suivant de donner une clef analytique des espèces de la première section du genre; nous la ferons suivre d'une diagnose des XXI 2 18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 9 espèces, examinées, en renvoyant pour chacune d'entre elles à notre Census où l'on trouvera des renseignements bibliograj)liiques plus détaillés. Olpidium Fischer. De Wild. Census Chylrid. in roif. Bot. Bull, soc.l^ deiklcj.,\. XXXX, 1896, p. 11. - ^ A. Zoosporanges lisses, sans épines. a. Col du zoosporange dépassant ou ne dépassant pas la paroi exté- rieure de la cellule de.l'liôie. a. Col du zoosporange se renllant avant sa sortie de la cellule. 0. endogenum Schroet. û. Col du zoosporange non renflé. a. Zoosporange globuleux, elliptique ou en forme de biscuit. Zoosporanges petits, globuleux . . 0. pusillian Sorok. Zoosporanges globuleux, elliptiques ou en forme de bis- cuit 0. entophytum Br. b. Zoosporanges elliptiques, allongés. Parasites des cellules d'Oedogonium. 0. Oedogouioruni De Wild. Parasites des cellules de Confervn. 0. Sorokiiiei De Wild. Parasites de Diatomées 0. Giltil De Wild. b. Col du zoosporange ne dépassant pas la membrane externe de l'Algue; zoosporange logé entre le protoplasme et la membrane cellulaire 0. ZygnouicolumiMagn. c. Zoosporange sans col, s'ouvrant par une papille, occupant toute la lumière du lilament de l'Algue. . . . 0. Mesocarpi De Wild. B. Zoosporanges, nmnis d'une épine il l'une des extrémités. 0. roslralum De Wild. 1. 0. endogenum (Br.) Schroet. in Krypt. FI. v. Schlesien (1889), p. 180; De Wild. in BulL soc. roij. de Bol, de Bely., l. XXXV, 1" partie, p. 12.. 0. immersum SoroU. in Arch. Bot. du Nord de la France, t. II, p. 29, fig. 7^î; De Wild., loc. cit, p. 14. Sporanges solitaires ou réunis par plusieurs dans une même cellule, MÉMOIRES. 49 globuleux, ovoïdes ou elliptiques très variables dans leurs dimensions. Zoosporanges munis d'un col plus ou moins allongé, qui se renfle avant de sortir de l'hôle, et peut se prolonger assez loin hors de la cellule de l'hôte sous forme d'un mince boyau. Membrane, du zoosporange lisse, contenu incolore. Zoospores globuleuses de 5 i-. environ de diamètre. Spore globuleuse de lo [a environ de diamètre (Schroter), à membrane lisse assez résistante, entourée d'une seconde enveloppe, lisse également. Hal). — Dans diverses Desmidiées. Europe : Allemagne, Silésie, Espagne, Russie, Bel- gique, Suisse. — Asie centrale. Loc. nouvelles pour la Belgique : Genck, Molenbeer- sel (J. Massarl). 2. 0? pusillum (Sorok.) De Wild. in Bull. Soc. roij, de Bot. de Belg., t. XXXV, V^ partie (1896), p. IG. Sporanges généralement assez nombreux dans une même cellule, glo- buleux de 4,5 /-c de diamètre. Zoosporanges, munis d'un col court, ne dépassant pas la membrane de la cellule nourricière. Membrane du zoo- sporange lisse. Hal). — Oedogoniiim. Asie centrale (Sorok.). 5. 0. cntopliytum A. Braun; De Wild. loc. cit., p. \7). 0. saccatum Sorok. in Arcli. bot. du Nord de la France, t. II, p. -28, fig. 55; De Wild. loc. cit., p. 16. Sporanges solitaires, ou ii plusieurs dans une même cellule, globu- leux, elliptiques, ovoïdes ou pyriformes, très variables dans leurs dimen- sions. Zoosporanges munis d'un col plus ou moins allongé, non renflé avant sa sortie de la cellule de l'hôte, non proéminent se prolongeant parfois fort loin en dehors de l'hôte Membrane du zoosporange lisse, contenu incolore. Zoospores globuleuses de 5 /x environ de diamètre. Spore globuleuse de 10-17^ environ do diamètre, entourée de deux membranes concentriques. 80 SOCIÉTÉ RELGK DE MICROSCOPIE. Hab. — Dans les cellules de diverses Algues : Spiro- (jym, Vauclicria, Clailophora. EiRoi'E : Silésie, France, Russie, Belgi(|ue. — Asie centrale. Loc. nouvelles pour la Belgique : Kinroy, près de Maeseyck (J. Massa ri). 4. 0. Ocflogoniorum (Sorok.) De Wild. m Mcm. Soc. bel (je de m'icr. t. XVI II, 180i, p. 15i, pi. V, tig. 9-10 et in Bull. Soc. roij. de Hot. t. XXXV, 1'" par- tie, (1806) p. 15. Zoosporanges solitaires, cliipliqucs allongés dans le sons de la cellule nourricière. Zoosporanges munis de un ii deux cols courts, peu proé- minents. Membrane du zoosporange lisse. Zoospores inconnues. Hab. — Oedogonmm. Europe : France. — Asie centrale. 5. 0. Soroli'uici De Wild. in Jhill. Soc. roy. de Bot. de BeUj., t. XXXV, V partie (1890) p. U). Zoosporanges solitaires, ellipliijucs allongés, très étroits comparative- ment à la longueur. Zoosporanges munis d'un col court, non ou fort peu proéminent. Membrane du zoosporange lisse. Zoospores globuleuses à un cil. [lab. — Conferva. Europe : Belgique. (). O.diUii De Wild. in Mcm. Soc. belye de micros- copie, t. XX, 1890, p. il. Zoosporanges eiliiiliques solitaires, ou à 2-5 dans une même cellule. MEMOIRES. 21 Col du zoosporanfjc unique, souvent assez foriemcnt proéminent à l'exlérieur et pouvant altciiidre en longueur la moitié de celle de la Dia- tomée. Membrane du zoosporange lisse. llalj. — Diverses Diatomées. Europe : Angleterre. 7. (J. /ijijiicmicoliDn Magiius in Vcvlmndl. Prov. UramL, t. XXVI (IHSo), p. 79; De Wild. in Ihdl. Soc. rojj. de hol. de Belg., t. VXXX, V partie (1870), p. 17. Sporanges globuleux, logés entre la membrane cellulaire et le prolo-. plasme contracté de i'hole. Zoosporanges, munis d'un col court, ne dépassant pas vers l'exléricui- la paroi de l'Algue. Spores globuleuses logées dans le coiitcim protoplasmiquc contracté, contenant des goutte- lettes huileuses et munies d'une membrane épaisse lisse ou l'aiblomenl granuleuse. Hab. • — Zjjgnema; ne poussant pas dans les cultures sur d'autres Algues. Klhope : Allemagne. 8. 0? Mcsocarpi De Wild. in Mém. Soc. behje de Microscopie, t. XX (1890), p. ^25, pi. I, fig. 15-10. Zoosporanges lisses elliptiques, plus ou moins allongés de 10, « environ de diamètre et de 20 à 28 .« de longueur, solitaires, parfois à deux dans dans une cellule de l'hôle, occupant toute la largeur du filament. Col du zoosporange nul, émission des zoospores par une papille perforant la paroi de l'Algue^ non proéminente, et laissant voir une ouverture circu- laire dans la membrane après la sortie des zoospores. Zoospores et spores inconnues. Hab. — Mesocarpus. Europe : Belgique. 9. 0. roslralum De Wild. in iSotarisia, 1895, p. 55, 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. et in Mém. Soc. belge de Microscopie t. XX (I8U6), p. 59, fig. 1. Zoospores ellipliqiios, nllongés, souvent réunis \\ jilusieurs dans une cellule tie l'hôte. Zoosporanges de 6 ij. environ de diamètre et de 28-40 1^ de longueur. Col du zoosporange relativement court, peu proéminent au-delà de la membrane de la cellule de l'hôte. Membrane du zoospo- range lisse, hyaline. Zoosporanges munis à une de leurs extrémités d'un prolongement épineux un peu recourbé vers le bout, épine de 4-o/-t de longueur. Zoospores el spores inconnues. Hab. — Closlerinm. Europe : Norwège. * * * Citons encore la découverte d'une espèce intéressante nouvelle pour la Belgique, le Myzocijtium proliferum. Nous l'avons observé dans des récoltes algologiques faites à Ebly (Prov. de Luxembourg) par M. El. Marchai. Nous avons observé le M. megaslonum De Wild. dans des récoltes de M. Massart à Kinroy. Dans une récolte provenant de Kessenich, nous avons relvoiwé h Plilyctochijlrmm Sclienku (Dang.) sur des iilaments i\'Oe(logomuim. XXIV PYTHIUM Pythium Hydrodictyorum nov. spec. (PI. II, fig. 1-5). Dans les cellules de Yllijdrodiclyon rcliculalum récol- MEMOIRES. lées par M. Massart entre Tjihodas et Tjipanas près de Buitenzorg à Java, nous avons observé de beaux exem- plaires d'un Piflhium avec oospores. Par ses caractères généraux, ce Champignon se rapproche du P. gracile Sclienk si l'on admet que la foime décrite et figurée par Marshall Ward dans le Quarterly Journal ofmicr. Science 1885, p. 611, pi. XXXVI, iig. 57-59 représente le stade sexué. Le thalle mesure 5 .v. environ de diam. Les oospo- ranges, seuls organes que nous avons observés, sont remplis presque complètement à maturité, par l'oospore; celle-ci mesurant de 1()-17 y- de diam. L'oosporange est intercalaire ou terminal, en un mot tous les caractères des deux formes que nous signalions plus haut. M. Mar- shall Ward, ne nous a, il est vrai, pas donné de mensu- rations des oosporanges de son Champignon. Si nous décrivons ici ce Pijtlihun sous un nom nouveau, c'est surtout pour son habitat ; jusqu'à ce jour on n'avait point signalé de Piflhium dans les cellules de celte Algue. Le P. gracile se localise, lui aussi, dans les cellules d'Algues, mais on n'en connaît que les zoosporanges, car c'est avec doute que l'on a rapporté à cette espèce la forme décrite sans dénomination par M. Marshall Ward. Pour toutes ces raisons nous avons pensé qu'il pouvait être utile, en publiant cette espèce sous un nom nouveau, d'en fournir également un certain nombre de ligures. Nous résumerons dans la diagnose suivante les carac- tère du P. Ilijdrodiclijorum, que nous classerons avec un point de doute dans la section Apliragmium (Fischer in Rbh. Krijpl. FI. Bd. 1. Ablh. IV, p. 507) car nous ne connaissons rien de la forme zoosporée. 24 SOCIKTÉ IJKLGli; \)E MICKOSCOI'IE. PVTIIIIM HyDKODICTVOKUM IlOV. Sp. (1>1. II, fig. 1-5). Mijcéiuuu parasilc, formé de filaments fins, ramifiés irrégulièrement. Filaments mijcéliens de 5 /x env. de diam. Zoosporancjes ineonnus. Oogones nombreux se développant dans les cellules de l'Iiôte, formant Un œuf unique. Antliéridies solitaires. OEuf formé par la con- traction du protpolasme de l'oogone; après la fécondation le volume de l'œuf augmente et l'oospore mûre finit par remplir presque complètement l'oogone. Oospore lisse de 10-17 fx de diam., globuleuse ou plus rarement ovoïde, (i membrane externe légèrement colorée en jaune. Hab. — Dans les cellules de Yllgdrodictyon utricu- latum à Java (.1. Massait). 2. — Pythium comi'lens Fischer. Nous rapportons à cette espèce une forme de Pytliium que nous avons trouvée en abondance dans des tissus pourrissant dans l'eau d'un bassin au Jardin botanique de Nancy. Nous n'avons malheureusement pu apercevoir les zoosporanges, il reste donc certains doutes, quant à la détermination de l'espèce, La plupart des oogones observés étaient intercalaires, et munis d'une seule anthéridie constituée par un rameau né en dessous de l'oogone. En général nous avons observé des oogones à une oospore mais dans quelques cas il y avait deux oospores dans un oogone; MEMOIRES. une d'elle globuleuse, l'autre elliptique aplatie. Le genre d'habitat de ce Champignon est donc nouveau, car ce n'était ni sur des mouches mortes ni dans de jeunes plantules de Crucifères, que se iogait le Cham- pignon que nous avons observé et que tous les caractères rapprochent bien du /*. repUiiis DBy et du /*. gracile DBy, dont M. Fischer a constitué avec assez de raison nous semble- t-il le I\ comj)lt'ns. XXV MaSSARTIA JAVAiNICA gCU. Ct Sp. UOV. (Zygomyeètes, Mucorinées). (PI. II, fig. 6-14). Quoique, comme nous le disons plus haut, nous ayons trouvé une seule phase du développement de ce Cham- pignon, nous avons pensé qu'il était intéressant de créer un genre nouveau, car le mode de vie de cette forme est si particulier qu'il mérite de fixer tout particulièrement l'attention. C'est dans une récolte d'Algues faile par M. J. Massart que nous avons trouvé cette plante dont le mycélium très fin, toruleux se ramifie dans le mucus qui entourait les éléments cellulaires d'une A1g;uc unicellulaire à forte gaine gélatineuse paraissant appartenir au groupe des Gloeocapsacées, mais que son état de conservation ne permettait pas de délerminer. Les filaments mycéliens étroits se ramifient, à un moment, très fortement et donnent naissance à des rameaux plus épais, enchevêtrés, formant de petites pelotes 26 SOCIKTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. dans lesquelles il est difiicile de suivre les divers rameaux mycéliens. Certaines extrémités de rameaux, se renflent et se soudent. Il se sépare dans ces extrémités, une cel- lule terminale par la constitution d'unecloison transverse. La cloison qui séparait les deux extrémités des iilaments arrivés au contact disparait et la cellule résultant de la l'usion du protoplasme des deux extrémités des rameaux mycéliens, s'agrandit forten)ent, devient globuleuse. On reconnait alors que cette cellule globuleuse est bien une zygospore à ce qu'elle possède, généralement sur un des côtés assez près l'un de l'autre, deux sortes de pédicelles base des cellules qui se sont fusionnées pour former la zygospore. L'aspect présenté par la zygospore de notre Massarlia dont nous avons donné plusieurs figures dans l'une des plancbes suivantes ne s'observe pas souvent dans les espèces du groupe des Mucorinées. En général il ne reste pas ainsi deux pédicelles qui indiquent nettement l'origine de la spore. Quant à cette dernière est-elle entourée de deux mem- branes à maturité, est-elle incolore ou colorée, c'est ce que nous ne pourrions dire ayant eu à notre disposition des matériaux fixés et conservés en solution cbromo-acé- tique. Nous attirons donc tout spécialement sur cette forme l'attention des botanistes résidant à Java, par des rechercbes sur le vif et par des cultures appropriées ils parviendraient peut-être à compléter le cycle d'évolution de ce Cliampignon et à en donner ainsi une description complète. Car comme on le comprend aisément, les caractères exposés plus baut doivent faire placer notre Massarlia parmi les genres douteux. Nous résumons dans la courte diagnose suivante, les MKMOIHKS. 27 caractères génériques du Mussarlia javanica, caractères qui se confondent actuellement avec ceux de Tunique espèce constituant le genre. Mieux qu'une longue descrip- tion, les figures de notre planche H feront saisir les caractères du Champignon. MASSARTIA gen. nov. Mycélium se ramifiant dans le suhstratum. Sporanges inconnus. Zygospores nées dans un glomérule de filaments enchevêtrés, plus épais que les autres portions du mycé- lium. Zygospores globuleuses, formées par la fusion de deux extrémités de rameaux mycéliens et montrant d'un côté et assez proches l'une de l'autre, les bases des cellules soudées. Membrane séparant la zygospore des filaments mycéliens souvent épaissie ainsi que la membrane de la portion du filament avoisinant la zygospore. Zygospores lisses, à paroi relativement épaisse, réunies souvent en amas formésd'unassezgrand nombre de zygospores(l-15). Massartia javanica nov. sp. (PI. Il, fig. 6-li). Caractères du genre. Le mycélium parcourt le mucus de l'Algue se rami- fiant en tous sens, fréquemment par une sorte de dicho- tomie et formant par ci par là des glomérules de fila- ments dans lesquels naissoU les zipjosporcs. Celles-ci mesurent de 35-42 y^ de diamètre. Hab. — Dans le mucus d'Algues terrestres, sur une écorce d'arbre (Pangerango, entre '2000 et 5000 m. d'altitude. Java) (J. Massart). EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE I Lagenidium Marchalianum Nob. FiG. 1. — Fragment d'une cellule à' Oedor/onium attaquée par le Lagenidium. On y volt trois fragments de thalles dont l'un est ramifié, et dont deux ont donné naissance à des cols pour l'élimination des zoospores. Les extrémités renflées terminées par des lîlaraents étroits traversent la paroi transverse, ces rtlaments s'élargissent dès leur entrée dans la cellule voisine. FiG. 2. — Un seul thalle passant dans plusieurs cellules. Les deux cellules renflées sont munies de cols. Une des cellules inter- médiaires est privée de contenu. FiG. 3. — Deux thalles traversant plusieurs cellules, thalles privés de contenu. FiG. 4. — Cellule dont la division cellulaire n'a pu se parachever elle renferme plusieurs thalles ramifiés. Vers le haut l'on observe des renflements et des prolongements étroits par lesquels s'effectue le passage dans les cellules voisines. FiG. 5, — Cellule comparable à celle de la figure précédente, la division cellulaire était moins avancée quand est survenue la mort de la cellule. FiG.6et7. — Deux thalles dans lesquels, nous n'avons pas observé de cloisons tranverses bien délimitées. FiG. 8. — Cellules CCOedogonium dans laquelle se trouvent logés quatre fragments de thalle; vers la base les renflements. FiG. 9. — Portion d'un tliallo montrant un col se prolongeant assez fortement au dehors de l'Algue nourricière. Rhizophidium Pythii Nob. FiG. 10. — Stade jeune du parasite. Oosporange contenant une 30 SOCIKTK nr.l.f.E DE MICROSCOPIE. oospore à contenu contracté, mais à^structure encore assez bien conservée. FiG. 11. — Oospore attaquée par deux zoosporauges de Rhizophi- dhim inégalement développés. Le contenu de l'oospore est en grande partie détruit, sa membrane flotte dans l'oospo- range. FiG. 12 et 14. — Oospore attaquée également par deux zoospo- ranges inégalement développés. L'un d'eux renferme déjà des zoospores, et aurait produit sans doute deux mamelons éjaculatoires. FiG. 13. — Cas semblables à celui représenté par la figure 11, mais le protoplasme de l'oospore du Pytliium est complète- ment détruit. FiG. 15. —Oospore avec deux zoosporanges; l'un deux au moment où il vient de s'ouvrir, les zoospores sont mises en liberté. FiG. 16. — Oosporange attaqué par 3 zoosporanges du Rhizo- phidium. FiG. 17. — Une zoospore. PLANCHE H Pythium Hydrodictyorum Nob. FiG. 1-4. — Oosporanges du Pi/tJnum montrant les différents aspects du contact entre oosporange et anthéridie ; dans ces différentes figures l'anthéridie est vide. FiG. 3. — Contact entre oosporange et anthéridie, cette dernière contenant encore du protoplasme. FiG. 5. — Fragment de thalle avec oosporange et anthéridie. Massartia javanica Nob. FiG. 6. — Thalle ayant donné naissance à 2 zygospores, on voit nettement les deux supports de la zygnspore, bases des cellules conjuguées. On y observe la différence d'épaisseur entre les éléments et la pelote dans laquelle se forment les zygospores et le thalle initial rarailié. FiG. 7. — Thalle ayant donné naissance à 3 zygospores. Fiu. 8. — Pelote de filaments mycéliens dans laquelle naîtront ultérieurement des zygospores. MÉMOIRES. 31 FiG. 9. — Pelote peu fournie; deux zygospores se sont con- stituées et une conj ugaison s'est opérée récemment entre deux extrémités de filaments. FiG. 10. — Fragment de thalle. Filaments en pelote ayant con- stitué une zygospore. Thalle initial irrégulier dont est issu la pelote. FiG. 11. — Portion d'un thalle dissocié montrant nettement la différence entre les éléments étroits et les éléments renflés. FiG. 12. — Deux extrémitées de rameaux s'étant fusionnés, ayant formé une zygospore à un des premiers stades de développe- ment. FiG. 13. — Stade postérieur à celui représenté dans la ligure 12. La membrane des rameaux arrivés ,,en contract a disparu, les protoplasmes se sont déjà fusionnés. FiG. 14. — Stade primitif, la cloison n'a pas disparu entre les deux filaments, et les extrémités de ceux-ci ne sont pas séparés par des membranes transverses. NOTKS nu DE L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES I XXI NOTES DU LABORATOIRE DE BIOLOGIE AMBULANT DE I/UNIVKRSITK L)K BHUXKLLES o INTRODUCTION Mon collègue et ami M. Mas.sart m'a proposé de réunir, pendant les vacances, les étudiants des doctorats en Bota- nique et en Zoologie de l'Université de Biuxelles et d'aller nous établir avec eux dans l'une ou l'autre localité du pays : nous emporterions avec nous les instruments, les réactifs et les livres indispensables à l'installation d'un laboratoire temporaire et nous ferions des observa- tions sur la flore et la faune. J'applaudis à cette idée et dès cette année ce laboratoire ambulant de Biologie s'est trouvé institué : nous n'avons eu qu'à nous féliciter de notre essai, nous comptons le renouvelerle plus fréquem- ment possible, et nous publierons à l'occasion, sous forme de notes, les faits intéressants que nous pourrions recueillir. (1) Voir : Revue de l'Université de Bruxelles, \\, novembre 1«96. 36 SOCIKTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. EXPÉDITION A KINROY Nous avons séjourné du ITi août au l*"' septemhro à Kini'oy avec MM. Van Rysselherghe, inslituteur et élu- (lianl (lu doctorat en sciences l)olaniques, Enscli, candi- dat en médecine et étudiant du même doctorat et Quei'ton, candidat en médecine et étudiant du doctorat en sciences zoologiques. Kinroy est un modeste village situé au cœur de la Campine IJmhourgeoise à B kilomètres à l'ouest de Maeseyck. Nous avons pu nous y loger li'ès confortable- ment, et nous avons installé le laboratoire dans une grande salledecafé mise libéralement à notre disposition. Les tables, transportées devant les fenêtres, reçoivent les microscopes pour l'observation, d'autres tables se cou- vrent de flacons renfermant les réactifs et de récipients destinés à servir d'aquariums, et sur un banc contre le mur s'étend notre bibliotbèque. Tout le matériel encom- brant est remisé dans une petite annexe. Le pays a conservé sa sauvagerie primitive : c'est l'extrémité de la plaine ballique avec ses ])ruyèrcs, ses pins, ses marais et ses toiu'bières. lllccchrum verticilla- Inm, VÀcula virosa, Mijrica cjale et Lifcopodium initn- (lalum y donnent à la llore soncacbet, comme Pacliytihis (lanicus ci Mpltidiinn dorsale, par exemple, à la faune. Mais ce sont surtout les marécages qui nous attirent : les ciialeurs de l'été les ont presque mis à sec, de sorte que ISjiniphacn alhit et Niipluir lutcion semblent en maints endroits croître en terre ferme. Le peu d'eau que conser- vent encore les dépressions du sol renferme concentrée toute la population des marais, et nous sommes étonnés MÉMOIRES. , ;n du nombre et de la variété des organismes que le mieros- eope nous y fait découvrir. Nous avons trouvé sous ce rapport une différence considérable d'avec les environs de Bruxelles qui sont relativement bien pauvres. Par contre, un grand étang peu profond qui avait con- servé une notable quantité d'eau, nous a offert tort peu d'êtres vivants : la vase qui en couvrait le fond cachait côte à côte Anodonta cijfjnea et Anodonla anatina, et sur la partie immergée des tiges de Phragmites s'étalaient en formant de petits coussinets un Ascomycète qui nous intrigua beaucoup et qui s'est trouvé être Belonidinni piillum Pliill. et Kutb, Champignon qui n'avait jus- qu'ici été observé qu'en Angleterre. Les tourbières, que nous avons explorées d'une manière spéciale, ne nous ont pas offert les types caractéristiques que nous comptions y rencontrer: notamment les Chry- somonadines,sauf 8j//i/n'rt uvcUa, manquaient tout à fait à l'appel. Maiscette légère défection fut largement compensée par la quantité considérable d'espèces que nous pûmes obser- ver dans l'eau des ditïérenles mares explorées : à part les Choanonagellates, les Hydroïdes et les Bryozoaires, tous les groupes de Protistes, d'x\lgues et d'Animaux aquatiques furent représentés, M. Massart s'est spécialement attaché à recueillir les Algues : elles ont été remises à M. De Wildeman qui a bien voulu les déterminer et en dresser la liste annexée à ce compte-rendu. Quant à moi, j'ai dirigé presque uniquement mon attention sur les Rotifères dont j'ai observé 57 espèces que l'on trouvera énumérées ci-après. La longue liste des espèces des autres groupes ne 38 SUCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. représente pas un ensemble sutïisammenl complet pour mériter la publication : je me bornerai à citer, comme documents intéressants pour la faune, le Tardigrade Macrobiolus macronyx, les Araignées Aryijroneta aqua- tica et Dolomedes fimbriatus toutes deux communes dans les mares, Limnocharis holoscricea et Marica mus- culus parmi les Acariens, et entin Cijpridopsis vidua, Cruslacé ne figurant pas encore au catalogue des espèces belges. Nous avons profité de notre séjour à Kinroy pour faire de nombreux essais avec le formol. Employé en solution à 5 p. 100, il a donné de très bons résultats pour la con- servation des Algues ; il s'est trouvé moins favorable à la fixation des Animaux microscopiques qu'il ratatine légè- rement, mais pour les grosses pièces il semble pouvoir remplacer l'alcool très avantageusement. Al G. Lameere. LISTE DES ROTIFÈRES ORSERVÉS DANS LES MARES DE KINROY Par AUG. LAMEERE RHIZOTA Flosculariidae Flosciilaria ornata Ehrhij. — proboscidea Ehrbg. Melicertidae Melicei'la ringens Ehrb(/. Tubicolaria najas Eluinj. Limnias annulalus Z^oi/n/. Lacinularia socialis Eliiinj. BDELLOIDA Philodinidae Pliilodina erytrophthalma Elirbg. — l'oseola Sclirunli. — aciileata Elirhg. Rotifer vulgaiis Sclirank. — tard us Ehrbg. — macrurus Sc/irank. 40 bOCILTÉ BliLGL ItE JIICROSCOPIE. Callidina elegans Elirlnj. — parasitica (îi(/lioli, sur les branchies de Gammarus locuata dans le ruisseau de Tongorloo. PLOIH4 iilorioala NOTOMMATIDAE IVotommata aurita Ehrbg. — lacinulata L7/r//(/. — tul)a Elirhg. Furcularia gracilis Elirlxj. — longisela Elirbg. — gibba Elirbfj. ? Diglena catellina Elirbg. EiOrioala Rattllidae Mastigocerca rat lus Elirbg. — bicornis Elirbg. DlNOCHARlDAE Dinocharis telractis Elirbg. Scaridium longicaudum Elirbg. Salpinidae Salpina mucronala Elirbg. — brevispina Elirbg. Elchlamdae Euchlanis dilatata Elirbg. MÉMOIRES. 41 Catliypna lima Elirixj. Monoslyla cornuta Elirby. COLURIDAE Coluriis uncinatus Elirhfj. Metopidia lepadella Elirbij. Monura dulcis Elirlnj.? Pterodinidae Pterodina patina Ehrbcj. Brachio.nidae Brachionus urceolaris Elirbij. — B a ke r i isA /•//(/. A.MRAEIDAE Anuraea cochlearis Gosse. II LES ALGUES DU LIMBOURG PAR E. DE \A/-ILDEMAN Les récoltes algologiqucs faites pendant le euurant du mois d'août dernier par M. .1. Massart à Kinroy(Lunbourg), ont amené la découverte d'un nombre i-elativement grand d'espèces nouvelles pour la Belgique, et d'un nombre naturellement plus grand encore d'espèces non encore signalées dans la province. Ces faits étaient à prévoir, cette région sera certainement l'une des plus riches de notre pays, aussi le nombre d'Algues que nous relevons plus loin dans ce catalogue, est-il loin de représenter celui de l'effectif de la flore algologique de la province. Nous avons en efïet observé beaucoup d'espèces que leur état de conservation, leur rareté, souvent un exemplaire unique, ou l'absence d'organes de reproduction ne nous ont pas permis d'identifier sûrement avec des espèces connues. L'on sera peut-être très étonné de ce que dans cette région si richeen Algues, il nese rencontre pointd'espèces nouvelles ; nous ne signalons en effet qu'une seule Algue sous un nom nouveau, et encore la rapportons-nous comme variété à un type déjà connu. Cette pénurie pro- MKMOIUES. 43 vient de ce que nous n'avons pas voulu décrire bien des formes observées dans nos préparations; pour décrite des espèces nouvelles et même des variétés, et particu- lièrement dans le groupe des Desmidiées où l'espèce est sujette à tant de variations, il faut avoir observé de nombreux exemplaires afin de saisir les vrais caractères spécifiques, et cela n'est guère possible quand l'on se trouve en présence uniquement de matériaux fixés par des réactifs. Nous avons à diverses reprises, attiré l'atten- tion des spécialistes sur la légèreté avec laquelle on a souvent décrit des nouveautés; pour ne pas tomber dans le même travers nous avons préféré signaler uni- quement les espèces dont la détermination ne nous lais- sait point de doutes. Il serait intéressant d'étudier en détail la florule algobgique des marais campiniens, sur des matériaux fiais ; cette étude donnerait, nous n'en dou- tons pas, l'occasion de faire des remarques curieuses, quanta la variabilité morpliologique d'un grand nombre de types spécifiques. Pour compléter l'énumération des Algues récoltées en Campine Limbourgeoise par M. Massart, nous avons pensé qu'il était intéressant de relever toutes les espèces signalées dans la province de Limbourg, en exceptant toutefois les Diatomées, car celles recueillies par M. Mas- sart n'ont pas encore été étudiées. Nous avons ainsi rédigé une sorte de « Floklle algo- LOGIQUE DU LiMBOLRG ». Dans celte florule, nous n'avons pas fait suivre du nom de M. Massart, les Algues récoltées antérieurement par un autre botaniste dans une des localités visitées par M. Massart. C'est particulièrement aux marais de Genck que nous faisons ici allusion. 44 SOClETi: BlLLGt UL MICIIOSCOPIE. M. Massart a en cflet retrouvé la plupart des espèces que nous avions observées antérieurement à Genck, mais il a aussi eu la chance de taire quelques découvertes inté- ressantes dans cette même localité. Dans l'introduction de notre « Flore des Algues », à laquelle nous renvoyons d'ailleurs pour la plupart des espèces, nous décrivions 251 espèces qui se rencontraient dans la province de Limbourg; dans ce chiffre les Diatomées figurent pour G 1 espèces, ce qui donne le nom- bre de 170 espèces pour l'ensemble des autres groupes. Le relevé suivant comprend '250 espèces, ce qui nous fait donc une augmentation de 60 Algues. Parmi ces 00 Algues, il sont nouvelles pour la Belgique et l'une de ces 41 constitue une variété inédite que beaucoup d'au- teurs, nous n'en doutons pas, élèveraient au rang d'es- pèce. Ajoutons que parmi ces il espèces nouvelles pour notre ¥\ove nous comprenons les Flagellales observé.s par M. Massart, organismes que nous n'avions pas classés dans notre Flore mais dont la place est bien parmi les Algues. Les il espèces nouvelles pour notre Flore se distri- buent : Chlorophycées . . . . . 57 Phéophycées. ..... 2 Cyanophycées 2 Ces nouveautés contiennent des représentants de 1 1 genres nouveaux, dont 8 appartenant aux Chlorophy- cées, 2 aux Phéophycées et 1 aux Cyanophycées. Les 251 Algues du Limbourg se répartissaient comme suit entre les divers groupes : Mf.MOlRES. 43 Cliloropliycées 165 Dialomées 61 Floiidées 6 IMiéopliycées Cyanophycéi's 7 Tolal . . "^ Acluellement la réparlilion des 291 espèces en y coni- prenaiU les Diatomées dont le chiffre n'a pas varié, se répartissent : (Jdoi'opliycées "11^1 Diatomées 61 Floridées 1 Phéopliycées ..... 5 Cyanopliycées 14 Total. . ~m Le nombre total des Algues l)elges étant de 1171), il sera donc porté par suite de l'étude des récoltes de M. Massa rt à 1,2-20. Inutile d'insister, pensons-nous, sur le lait que le cliil- tVe 291 qui réprésente actuellement le contingent des Akues limhoursfcoises est inférieur à la réalité; les nombreuses toiM'bières non encore explorées, doivent renfermer bien des espèces non signalées dans la pro- vince et dans le pays. Qu'il me soit permis en terminant la courte introduc- tion de cette tlorule algologique du Limbourg, tie remercier vivement M. Massart des matériaux qu'il a mis à ma disposition. Les beaux résultats obtenus par l'étude de ces récoltes, engageront peut-être d'autres confrères 46 SOCIÉTK BELGE HE MICROSCOPIE. de la Société à nous fonniir des matériaux d'éludé, afin que dans un avenir pas trop éloigné, nous puissions fournir un tableau de nos Algues belges, plus complet que celui dont nous avons essayé le tracé dans notre « Flore algologique ». MÉMOIRES. 47 CHLOROPHYCÉES COLEOCHAETE Bréh. 1. (]. scuTATA lîrél».; De Wild. FI. Alg. p. 21. — iMolenhcersel, Kinroy (.1. M.). 2. C. iRRRGiLAuis Pi'iiigsli.; Dc WiUl. lo(î. cit. p. 21. r>. C. soLL'TA Priiii^sh.; Do Wild. loc. cit. p. 22. * 4, €. tliv4M>js;oiiM l*riiigsli., De-Toni Syll. Alg. I p. 8. — Gen('k(.I. M.)(l). BlILnOCDAETE Ag. .'>. B. iNTRRMF.DiA DBy. *, De Wikl. lor. cit. p. 23. (). B. SETir.ERA (Bolh.) Ag. ; De Wild. loe. cit. p. 25. 7. B. PYGMAEA (Pringsli.) Wittr. ; De Wild. loc. cit. p. 24. — Molenbcersel (J. M.). OEDOGONIUM Link. \S. Oe. imlmloMiiii (ïïass.) Wittr. ; De-Toni Syll. Alg. l p. — Kiiii'oy (J. M.). 1). Or.. lïzir.soiiMi Dlîy; De Wild. loc cit. p. 25. 10. Ok. Boiiiii (Le Cl.) Pringsl».; De Wild. loc. cil. p. 2(). 1 1 . Ok. LiNuuLATLM (Bi'éh.jBi'. ; De Wild. loc. cit. p. 20 — Kini'oy (J. M.). 42. Or. c.oncatrnatum (llass.) Wittr. ; De Wild, loc. cit. p. 2(>. — Kinroy, Molenheersel (J. M.). (I) l/astérisquo iii(li(iuo les espèces nouvelles pour la pi-ovince, les e.>[iè(OS dont le nom se trouve iniiirioié on oarartôre gras sont signalées pour la première t'ois^en Uelgi(iue. 4S SOr.lÉTÈ BEI.r.E DE Mlf.ROSf.OPlE. 15, Oe. Pring^lieiiiiii Ciam.; De-Toiii Syll. Âlg. I p. — MoIenl)eersel (J. M,). i4. Oe. longatum Kiitz. ; De Wild. loo, cit. p. 28. CïlAKTOSPnAERlDlUM Klobli. * 15. <\ Prîiigslieîmîî f. ««onforla Kk'l>i»lm. — Kiliroy, Molcnheorsel, Genck (J. M.). Obs. — Celle espèce que nous signalons ici pour la première fois avait déjà été observée par nous en fort beaux exemplaires dans des malériaux provenant des fanges de Hockay (Liège). HERPOSTEIRON Naei^. MO. H. Rrainu Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 58. — Kinroy, Kessenich (J. M.]. MICROTHAMMON Naeg. * M. M. KuETZNiGiANUM Nacg. ; De Wild. loc. cit. p. 58. — Molenbeersel, Genck (J. JM.). CIÏAETOPHORA Scbrank. '18. G. Gohnli-Damae (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. 50. — Kessenicb (J. M.). \\). G. pisiFORMis (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. 40. *-20. G. ELEGANs (Rolb) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. iO. Kinroy (J. M.), DRAPARNAEDIA Rory. *21. D. l'MiMOSA (Vaucb.) Ag. ; De Wild. loc. cil. p. i-2. — Près de Maeseyck (J. M.). MKMOIRKS, 49 STIGEOCLONIUM Kuelz. 22. S. TENUE Ag. ; De Wilcl. loc. cit. p. 45. CONFERVA Liniv. 2,1. C. BOMRYCiNA Ag. ; Dc WilcI. loc. cit. p. 45. BOTRYDIUM VValIr. 24. B. (]RANULATUM L.; Dc WilcI. loc. cit. p. 01. — Kinroy (J. M.). VOLVOX L. *25. V. GLOBATOR L. ; Dc Wilcl. loc. cit. p. Gi. — Kinroy (J. M.). PANDORINA EIhI). 2G. P. MORUM Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 05. — Kinroy (J. M.). GONIUM Millier. *27. G. PECTORALE Miill.; Dc WilcI. loc. cit. p. 00. — Près deMaeseyck (.). M.). SCENEDESMUS Mey. 28. S. VARiABiLis De WikI. — var. coRMiTus Franzé; De WikI. loc. cit. p. 71. — Près de Maeseyck, Kin- roy, Genck, iMolenbeersel (J. M.). — var. ECORNis Franzé ; De Wild. loc. cit. p. 70. — Kinroy, près de Maeseyck (J. M.). XXI 4 30 SOr.lfiTfi BELr.E DE MICROSCOPIE. 29. S. HYSTRix Lagerl).; De Wild. loc. cit. p. 71. 30. S. OBLiQUL's (Turp.) Kùtz.; De Wild. loc. cit. p. 1^. — Kinroy, pièsdeMaeseyck, iMolenbcersel (J.M.j. COELASTRUM Naeg. 7)[. C. sPHAERicuM Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 75. r>2. c. PULCHUUM Sclimidie; De Wild. loc. cit. p. 75. — Kinroy (J. M,). PF.DIASTRIIM Meyen. 55. P. BoRYANi'M Tiirp. ; De Wild. loc. cit. p. 75. — Molenbeersel, près de IMaeseyck, Kinroy (J. M.). * — var. GRANULATLiM Bi. ; Dc Wild. loc. cit. — Genck(J. M). 54. P. ANGULosuM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 75. 55. P. Ehrenbergii Br. ; De Wild. loc. cit. p. 70. — Kinroy, près de Maeseyck, Kcssenich, Molen- beersel (J. M.). *5(). ■•. vagum Kuetz. ; Dc-Toni Syll. Alg. I p. 584. — Kinroy (J. M.). *57. P. iricornuiiiiu Borgc. — Genck (J. M.). OPHIOCYTIIIM Naeg. 58. (). cocHLEARE Br. ; De Wild. loc. cil. p. 79. — Kessenicb, Molenbeersel, Kinroy (J. M ). RÂPHIDIIIM Kiitz. 59. R. POLYMORPHUM FlCS. — var. ACicuLARE Rbh.; De Wild. loc. cit. p. 80. — Kinroy (J. M.). MÉMOIRES. Si R. POLYMORiMiiM vai'. F.vLCATUM Rbli. ; De Wilcl. loc. cit. — Kinroy, près de Maeseyck, Mulcnbeersel (J. M.). TETRAEDRON Kiitz. 40. T. MINIMUM (A. Br.) lïansg. ; De Wild. FI. Alg. p. 81. — Molenbeersel (J. M.), il. ï. CALDATUM (Coi'da) Haiisg. ; De Wild. FI. Alg. p. 81. — Molenbeersel, près de Maeseyck (J. M.). — f. iiieii^iiiii De-Toni Syll. Alg. I p. G05. — Molenbeersel (J. M.). 4^. T. REGULARE KiUz. ; De Wild. loc. cit. p. 8:2. 45. T. ENORME (Ralfs) Hansg. ; De Wild. loc. p. 82. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.]. CHARA.CILM Biaun. 44. C. SiEBOLui Br.; De Wild. loc. cit. p. 83. 45. C. AMBiGuuM Herm.; De Wild. loe. cit. ïi). C. LONGiPES Rlb. ; De Wild. loc. cit. SCHIZOCHIAMYS Rraun. 47. S. GELATiNosA Kùtz. ; Dc Wild. loc. p. 80. KIRCHXERIELLA Schmidle. 48. K. LUNATA Scbmidle; Dj Wild. loc. cit. p. 80. STAUROGEiMA Kuelz. 49. S. RECTANGLLARis Br. ; Dc Wild. loc. cit. p. 88. — Kessenicb (J. M.). 82 SOCIÉTft BELGE OE MICROSCOPIE. DICTYOSPHAKRIUM Naeg. 50 D. Ehkenbergianum Naeg. ; De Wild. loc. cit. p. 89. NEPHROCYTIUM Naeg- 51 N. Agabdhianum Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 90. OOCYSTIS Naeg. 52. 0. soLiTAKiA Wittr. ; De Wild. loc. cit. p. 90. CHLOROCOCCUM Fr. '55. C. gîgas Grun. ; De-Toni Syll. Alg. I p. — Molen- beersel (J. M.). PLEUROCOCCUS Menegli. 54. P. vuLGARis Menegh. ; De Wild. loc. cit. p. 95. — Kinroy (J. M.). STICHOCOCCl S Naeg. *55. S. flaccidus (Kiitz.) Gay ; De Wild. loc. cit. p. 94. — Kinroy (J. M.). SCHIZOGONIUM Kueiz. 56. S. MURALE Kùlz. ; De W^ild. loc. cit. p. 95. 57. S. crenl'latlm Gav; De Wild. loc. cit. PIIACUS Ehil). (1). *58. I*. ploui'oiieci*"* Nit.sch. — Molenheerscl (J. M.). (I) Nous avons classé ici les (luelqucs genres de Flajïellates veris ou incolores observés par M. Massari. Ce n'esii)as la vraie place que devraient occu|)er ces organismes, ils viennent se placer à la base des Chlorophy- cées. Mais comme nous n'avons pas suivi dans cel exposé un ordre sys- lémaiique ascendant régulier, la place accordée à ces organismes n'a pas grande importance. MÉWOIHKS. 33 *o9. P. pyriim (Erlib.) Stein. — Kinrov (J. M.). EUGLENA Ehib. . *60. E. oxyuri»i Schmarda. — Kinroy (J. M.]. *61 . E. viridi»^ Ehi'b. — Kinroy (J. M.). *62. E. gracîlîs Ehib. — Kinioy (J. M.). *65. E. deses Ehrb. — Kinroy (J. M.). 64. E. sanguiiiea Ehib. — Kinioy(J. M.). *iifé * i\K TRACHELOMOXAS Ehrb. 05. T. hispida Stein. — Kinroy (J. M.). HHIPJDODENDRON Stein. * 66. K. »pk'iididiiui. — Kinroy (J. M.) SYIVCRYPTA Ehrb. *67. s. %'olvox Kinroy (J. M.). iMESOCARPUS Hass. 68. M. scALARis (Hass.) DRy; De Wild. loc. cit. p. 97. 69. M. PARvuLus (Hass.) DRy; De Wild. loc. cit. p. 98. 70. M. PLEURocARpus DRy; De Wild. loc. cit. p. 98. — Molenbeersel, Kessenich (J. M.). STAUROSPERMUM Kuetz. *71. S. viRiDE Kùtz.; De Wild. loc. cit. p. 100. — Kinroy (J. M.). U SnciKIK HKIXE DE MICKOSCOI'IE. ZYGNEMA Kuctz. *72. Z.cRuciATiiM(Vaii{'li.)Âg.;r)eWil(l.Ioc.cit. p. 10-2. — Kinroy, Genck (J. M.). 75. Z. EHicETOKiM (Kiilz.) Hunsg.; De Wild. loc. cit. p. 105. 74. Z. LUTESCENS (Kiitz.); De Wild. loc. cit. p. 104. SIMROGYRA Link. *75. S.iNFLATA (Vaiich.) Rhli.; De Wild. loc. cit. p. 105. — Moienbeersel (J. M). *76. S. NiTiDA (Dillw.) Link; De Wild, loc. cit. p. M-2. — Kessenicli (.1. M). 77. S. jiiGALis Kiitz. ; De Wild. loc. cit. p. 115. — Moienbeersel, Kessenich, Kinroy (J. M.). DESMIDIUM Ag. 78. D. cYLiNDRicuM Grcv.; De Wild. loc. cit. p. 116. — Kinroy (.1. M.). 79. D. SwARTzii (Ag.) Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy (J. M.). HYÂLOTHECA Ehrb. 80. H. DissiLiENS (Smitb) Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 117. — Kinroy, Moienbeersel (J. M.). ONYCHONEMA Wall. *8I. O. laevc Nordst.; De-Toni Syll. Alg. 1 p. 790. — Genck. Obs. — Cette curieuse et très intéressante espèce aurait été trouvée en Europe, dans la Ravière seulement. On la connaît d'Amérique, d'Asie. MÉMOIRES. S5 SPHAEROZOSMA Corda. 82. S. VERTEBRATUM Ralfs; De Wild. loc. cil. p. 118. 85. S. ExcAVATUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 119. — Molenbeei'scl, Kinroy (J. M.]. 84. S. PLLCHELLUM Aicli.; De Wild. loc. cit. p. 119. GYMNOZYGA Ehib. 8o. G. MONiLiFORiMs Elii'.; De Wild. loc. cit. p. 120. — Molenbeersel, Kinroy (.1. M.). GONATOZYGOrV DBy. 86. G. Brebissonii DBy; De Wild. loc. cit. p. 120. .SPlROTAEiMA Bréb. 87. S. coNDENSATA Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 122. MESOTAENlUiM Naeg. 88. M. Braunii DBy; De Wild. loc. cit. p. 123. CLOSTERIIM Nitzsch. *89. €. Lundellii Lagerh.; De-Toiii Syll. Alg. l, p. 818. — Genck (.1. M.]. Obs. — Nous rapportons à cette espèce une Algue trouvée en quelques exemplaires dans une récolte de M. Massart. Elle mesurait de 5.75 ^c à 4 /z de diamètre et 155-171 [JL de long. Elle est donc plus petite que le type tel qu'il a été proposé par M. Lagerbeim, et que l'avait signalé pour la première fois Lundell sous le nom de C. gracile Bréb. Il est certain que la forme de Genck ainsi que le C. Liuulcllii ont avec le C. gracile de fortes 56 SOCIÉTÉ BELGE HE WICROSCOPIE. ressemblances. Nousn'avons pu malheureusement obser- ver de zygospores. 90. C. oBTisuM Bréb.; De Wilcl. loc. cit. p. 125. 91. C. JUNciDiiM Ralfs; De Wild, loc. cit. p. 125. 92. C. AîNGusTATUM Kiilz. ; Dc Wild. loc. cit. * 95. C. DiDYMOTOcuM Corda ; De Wild. loc cit. p. 126. — Kinroy, Molembeersel (J. M.). * 94. C. ACERosoi Ehrb,; De Wild. loc. cit. p. 126. — Près de Maeseyck (J. M.). 95. C. STRioLATUM Ehrb. ; De Wild. loc. cit. p. 127. Obs. — Cette espèce avait déjà été indiquée à Genck où M. Massart l'a retrouvée, certaines des formes obser- vées mesuraient 50 /x de diam. et 210 yw de long seule- ment. 96. C. ATTENUATUMEhrb.; De Wild. loc. cit. p. 128. 97. C. LUNULA Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 128. — Kinroy, Molenbeersel (J. M.). * 98. C. cosTATUM Corda; De Wild. loc. cit. p. 128. — Kinroy (J. M.). * 99. C. iNTERMEDiiM Ralfs ; De Wild. loc. cit. p. 129. — Genck (J. M.). 100 C. AcuTUftiBréb.; De Wild. loc. cit. p. 150. 101. C. AcicuLARE West ; De Wild. loc. cit. 102. C. DiANAE Ehrb.; Dc Wild. loc. cit. 105. C. PARvuLiM Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 151. 104. C. Jenneri Ralfs; De Wild. loc. cit p. 151. — Près de Maeseyck (J. M.). 105. C. Ehrenbergii Mencg.; De Wild. loc cit. p. 151. — Molenbeersel (J. M.). MEMOIRES. S7 * 10() (]. MOîsoLiFEiuM Eliib.; DeWild. loc. cil. p. 15:2. — Kinroy (J. M.). !07. C. Leibleimi Kiitz. ; De VVlId. loc. cit. — Kinroy (J. M.). 108. C. SETACEUM Elir. ; DcWild. loc. cit. p. 155. — Kinroy (J. M.). PEiMUM Bréb. \[d. p. MARGARiTACEi.M (Elu'.) Bréb.; DeWild. loc. cit. p. 151. — Kinroy (J. M ). 1 10. P. CYLiiNDRus Bréb.; De Wild. loc. cit. 111. P DiGiTis (Ehr.) Bréb.; De Wild. loc. cit. 11^. P. iNTERRUPTLM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 155. — Genck (J. M.). 115. P. CLosTERioiDES Balfs; De Wild. toc. cit. — Kinroy (J. M.). * 114. P. Maegeiii Bréb.; De-Toni Syll. Alg. I p. 861. — Genck. 115. P. NAviciLABréb. ; De Wild. loc. cit. — Kinrov (J. M.). 116. P. Brebissoinh (Menegh.) Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 156. 117. P. TRUNCATUM Bréb.; DeWild. loc. cit. TETMEMORUS Ralfs. 118. ï. BREBisoNn Ralfs ; DeWild. loc. cit. p. 157. — Kinroy (J. M.). 1 19. ï. LEV1S Ralfs ; De ^^'ild. loc. cit. — Molenbeersel (J. M.]. *120. T. GRANiuTus (Bréb.) Ralfs; DeWild. loc. cil. p. 158. — Kinroy, Molenbeersel, Genck 'J. M.). 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. DOCIDIUM Bréb. I^l. D. BACULUM Bréb. ; De Wild. loc. cit. p. 158. i22. D. Ehrenbergii Balfs; De Wild. loc. cit. p. 159. — Molenbeersel (J. M.). 125. D. MiNUTiM Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbeersel (J. M.). 12i. D. NODULosuM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 159. — Kinroy (J. M.). DISPHINCTIUM Naeg. *125. D. Ralfsii (Rûtz.) Hansg.; De Wild. loc. cit. p. 1 iO. — Kinroy, Genck (J. M.). 12(3. D. coNNAToi (Bréb.) DBy ; De Wild. loc. cit. 127. D. cucLRBiTA (Bréb.) Reinscb; De Wild. loc. cit. p. lil. XÂNTHIDIUM Ehrb. 128. X. ARMATiM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 145. — Kinroy (J. M.). 129. X. FAscicuLAiuM Ehrb.; De Wild. loc. cit. p. 144. — Kinroy (J. M). 150. X. cRisTATLM Bréb. ; De Wild. loc. cit. — Molen- beersel (J. M.). COSMARIUM Corda. *151. €. Myiunnniaiiuiu Griin. ; De-Toni Syll. Alg. p. 964. — Genck. Obs. — Cellules de 56 [j- de haut et de 55 ^ de diam. M. De-Toni (loc. cit.) signale comme mensuration ; 44.58/" de hauteur et 55-58 h- de diam. MEJIOIKES. 59 * 1.1:2. r>. (]. GRANATLM Biélj.; De Wild. loc. Cit. p. 146. loi. C cLCLMis Corda ; De Wild. loc. cit. p. 1 i6 155. C. PVRAMiDATi .M Brél).: De Wild. loc. cil. p. liT. — Molcnbecrsel, Kesscnicli, KinroyiJ. M.). \7)Ç). C. TAXicuo.Miiu M Wollc ; De Wild. loc cit. *I57. €. p»einlo-|»yrHiiiid«liiiii l.und.; Dc-Toili Syll. Alg. I p. 04(i. — Molenbeersel. lôS. C. TiNCTiM Ralfs; De Wild loc. cit. p. 148. l.yj. C. Mknkghi.m Brél).; De Wild. loc. p. 149. — Molenbeersel (.1. M.). *liO. V. oalearcimi Witt. ; De-Toni Syll Alg. I, p. 1048. — Kessenich (J. M.). Obs. — Nous raj)porlons à celte espèce une forme trouvée dans les récoltes de M. Massart, (juoique les données relatives au diamètre et à la hauteur de la cel- lule ne concordent pas complètement avec celles de la description originale. Les i'ormes observées à Kessenich mesuraient :22 /x environ de diam. et 2i /j. de haut; les autres caractères étaient semblables dans nos échantillons et dans le type de M. Wittrock. lil. C. LNDULATCM Corda ; De Wild. loc. cit. p. 150. — Près de Maeseyck (J. M.). 142. C. s.MOLANDicL.M Liiud.; Dc Wild. loc. cit. p. 151. \Ï7). C. coNSPERsu.M Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 15:2. — Kinroy (J. M.). 14i. C. MARGARETiFERUM Mcncgh.; Dc Wild. loc. cit. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). 145. C PoRTiANLM Arch.; De Wild. loc. cit. 60 SOCIÉTÉ «KU.K DE Mir.UOSCOI'IK. lit). ('-. lioTUYïis Mono^l).; Do Wilil. loc. lil |>. \^>7t. — Kinrov, près do Maesovck [}. M.). 147. (i. Bhoomki Thw. ; De WiUI. loc cit. p. 155. — MoIoiibcHM'wsel (J. M.). 1 i8. C. coNFisiM Cooko : Oo WiKl. Ioi\ cit I iî). r. ooliiodc* Nordsl. : Dc-Toni Svll. Ali; I p. !M)l>. — : Molenhoersel (J. M.). 150. C ouNvriM Ualfs; Do AViKl. loo. cil. p. 15 i. — Kimov [] . M ). 151. C. Kjelui.4nm Willo; Do WiKl. loc, lil. p. 155. " I5-. C. oHBicri.ATiM Ixalfs; Do M'ild. loo. oil. — (îoiiok ^,1. M ]. 155. C. MOMi.uouMt: (Turp.) Ualt's; Do Wild. loo. cil. p. I5(). AliTllHODKSMlS Fdul). 154. A. iNo.Lis Hass.; Do Wild. loc. oit. p. 150. — Kinrov, Molonboorsel (J. M.]. Obs. — Certains ôohantillons montraient un do leurs hémisoniatos garnis d'épinos, l'autre de grandeur nor- male muni seulement do mamelons, 155. A. ooNVF.nc.KîNs Khrl).; Do >Vild. loo. oit. p. 157. — Molonboorsel ^.1. M.). 150. A. ocTocoRNis Ebrb.; De Wild. loo. oit. p. 157. — Kinroy, Molonbeorsel (J. M.). EUASTUUM Kiirb. 157. E. viîuuucosrM Eiub.; De\Yil(l. loo oil. p. 158. — Kinroy (J. M.). 158. E. PECTiN.vTOM Bréb. ; Do Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbeersel (.1. M.). MKMOIP.F.S. 61 150. E. BiNALK HmICs; De Wild. loc. cit. p l.'iO. — Molonbeorsel, Kiiiroyf.1. M.). * — v;ir. uKNTKXLvri M Kiiclin ; De Wild. loe. eit. |). KiO. — Genck (J. M.). * 1f)0. K. v*.n.im.im lîiél). ; De-Toiii Syll. \\^. I p. 9i5. — Molenheersel (J. M,]. 101. K. of{LO.Nf;i:.\ lîalfs; De Wild. loc. cit. p. 100. — Kiiiroy(J. M.). Wrl. K. ciîKS.siM fliréh) Kiitz.; De Wild. loc. cit. pHU. — Kinroy .1. M.;. ♦105. K. pinnahim W.Aïs ; Dc-Toni Svll. .\lg. I p. 1089. — Kinioy 'J. .M.). *104. K. AFUNr: r.alf.s : De Wild. loe. cit. p. 101. — Kinroy (.1. .M.). IO»j. 1'^. A.Mi'LLLACKLM llalls ; De Wild. loc. cit. — Kinroy fJ. M.). 100. K. AN.SATLM (Khr.) Rails; De Wild. loc. cit. p. 10"). — Molen[)eer.sel, Kinroy (J. iM.). * h)7. K. f'.osTHATiM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. IOr>. — Kinroy (.1. M.j. 108. K. i;LKOA.Ns(Bréh.)Kiil/..; De W ild. loc. cil. p. 105. — Kinroy (.1. M. . * lOÎ). K. NiiliMpiiiosiiiii Ttiin. in Kongl. \et. AK. Handl. I»d. -2'), n" ."), p. Si, pi. \, f. 17 et 57. — Kinroy, (îciiek .1 . .M.;. MICP.ASTKHIAS A-. 170. .M.o.scrrAN.s(lla.s.s.) Kalfs; De Wild. loc. cit. p. 105. — var. piN.NATiFiDA lîhli.; DeW'ild. loe.cil. 171. .M. Ti'.LNCATA (Corda) Hréh.; De \\'ild. loc. cil. p. 100. 172. M. jKNNKiti IImITs; De Wild. loc. cit. 6-2 SOCifiTfi BELGE HE MICUOSCOPIE. 175. M. DENTici'LATA Br(''l).; Dc Wild. loc. cil. — Kinroy (J. M.). 174. M. FiMBRUTA Ralfs; De Wild. loc. cit. M7o. iW. fm-caia Ag.; De-Toni Syll. I. p. 1114. — Kinroy, Genck (J. M.). 17G. M. CRENATA Bréb. ; De Wild. loc. cit. p. 1G8. — Molenbeersel, Kinroy, Genck (J. M.). *177. m. radiosaAg., De-Toni Syll. Alg. l p. 1155, Genck (J. M. V '178. 11. i-oiaia (Grev.) Ralfs ; De-Toni Syll. Alg. 1, p. 112(). — Molenbeersel, Kinroy, Genck (J. M.). *179. m. apioiilaia (Ehrb.) Menegb.; De-Toni Syll. Alg. I p. 1155, Kinroy (J. M.). Obs. — Nous rapportons à cette espèce une forme observée dans une récolte de Kinroy quoique la totalité (les caractères ne concorde pas. L'écbantillon unique étudié par nous, ne possédait que 5 dents à chacune des extrémités latérales du lobe médian, la forte dent l'ccourbée n'existait pas. En outre, des épines qui recou- vrent la surface et sont disposées en ligne plus ou moins régulières, plus nombreuses que dans le type, la surface elle-même était finement pointillée. Notre forme mesuiait 210 /-^ de diam. et ^^o y- de haut, épines non comprises. STAIJRASTRUM Mey. 180. S. UEJECTUM Rréb.; De Wild. loc. cil. p. 109. — Kinroy, Molenbeersel (J. M,). M81. S. DîckîeîRalfs; De-Toni Syll. Alg. I p. 1159. — Genck (J. M.). * 18-2. G. CLSPiDATUM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 109. — Kinroy, Genck (J. M.). MKMniRES. 63 * 18"). S. ARisTiFERL'M Ralfs; DeWiUl. loc. cit. p. 170. — Genck(.I. M.). IKi. S. puNGENs Bi'él).; De Wild. loc. cit. 185. S. AvicuLA Bi'éb.; De Wild. loc. cit. 180. S. spiNosiM Ralfs; De Wild. loc. cil. p. 171. 187. S. musLTLM Ehrb.; De Wild. loc. cit. — Kiiiroy (J.M.). 188. S. TKLii'ERLM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 172. — Kinroy, iMolenbcersel (J. M.). M80. S. llvsTRix Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 175. — Molenbeci'scl, Kinroy (J. M.). 190. S. l'OLYTRicHUM Peitv 1 Dc Wild. loc. cit. *19l. S. Asj'ERLM Bi'éb.; De Wild. loc. cit. p. 174. * 192. S. ORBicuLARE Ralfs ; De Wild. loc. cit. — Près de iMaeseyck (J. M.]. 195. S. i.NcoNSPiGuuM Nordst.;DeWild. loc. cit. p. 175. ~ Kinroy, (J. M.). I9i. S. pu>!CTLiL.\TL'M Bréb. ; De Wild. loc. cit. — Kinroy, près de Maeseyck, Molenbcersel (J. M.). M95. S. ALTER.NANS Rréb.; De Wild. loc. cil. p. 176. — Kcssenicli (J. M.). * 190. S. DiLATATUM Elirl).; De Wild. loc. cit. — Kesse- nicb (J. M.). 197. S. QiiADR.ANGULARE Brél).; Dc Wild. loc. cit. 198. S. RRAGniATUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 177. — Molenbcersel, Kinroy (J. M.). 199. S. GYRTocERLM Bréb.; De Wild. loc. cit. p. 178. — Molenbcersel (J. M.). 200. S. POLYMORPHUM Bréb. ; De Wild loc. cit. — Kinroy, Molenbcersel (J. M.]. 201. S. GRACILE Ralfs; De Wild. loc. cit. — Kinroy, Molenbcersel (J. M.). H} SOCIKTK RELGR IlE MICROSf.OrMF:. 20-2. S. PARADoxuM Mey.; De Wild. loc. cit. p. 179. — Kinroy (J M.). *20o. S.ophlura Liind.; De-Toni Syll. Alg. I p. 1-212. — Genck. Obs. — Cette belle espèce s'est présentée sous sa forme à 8 rayons, elle avait les mômes mensurations que le type. C'est la première fois qu'elle est rencontrée dans une station si méridionale. Elle a été indiquée en Suède, Finlande, Norwège et en Amérique boréale. *204. s», elongatiim Bcrk.; De-Toni Syll. Alg. 1, p. 1212. — Kinroy. 205. S. ACULEATUM Mcucgb.; De Wild. loc. cit. *206. S. sexangulare Lund. ; De-Toni Syll. Alg. I p. 1224. — Genck. 207. S. FURCiGERUM Bréb.; De Wild. loc. cit p. 180. 208. S. LAEVE Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 180. 209. S. MARGARiTACELM (Ebr.) Meucgli.; De Wild. loc. cit. 210. S. ARACHNE Ralfs; De Wild. loc. cit. — Molen- beersel, Kinroy (J. M.). 211. S. TETRACERUM Ralfs; De Wild. loc. cit. p. 182. 212. s. salians Josbua ; De-Toni Syll. Alg. I p. 1254. — var. bolgîcum var. nov, Hémisonales vus latéralemenl plus ou moins qua- (Irangulaires munis ù leur partie supérieure, à droite et à gauche d'une épine. Un peu au-dessus se trouvent des prolonçiements en forme de bras, garnis de dents courtes au nombre de 4 à 5, disposés sur 2l rangs, bras termi- nés par deux dents divergentes. Hémisonates séparés par un isthme étroit non garni de granules. Distance de l'extrémité des bras ^^8,50 f^, hauteur de iMKMOIlŒS. S. SALTANS var. liELGicuM Nob. la cellule 38-30 fy^ épines comprises, 31-34 !x sans épines. Islhme 9 /x environ, largeur de lliémisonale dans sa partie la plus large au point de naissance des bras 18,50 fx environ. Hab. — Parmi d'aiilres A'giies à Genck (J. M.). Obs. — Nous rappor- tons à celte variété une forme trouvée en assez nombreux exemplaires dans une récolte de GcncU. Les caractères nous ont paru suffisants pour faire de cette Algue une variété nouvelle. Pour la forme extérieure, notre variété est semb'able au type comme le montre d'ailleurs le croquis ci-contre. Mais pour les mensurations, les différences sont consi- dérable.*!. M. Joshua donne : « long. 45 /x, lalit. 95 f^, cum spina 150 /x. » Cliez notre forme, la dislance, des bouts des deux bras variait entre 48 et 50 fx, la bauleur de la cellule en la considérant dans le sens perpendiculaire à l'istbme, mesurait 58 ou 59 /x, épines comprises, 51 à 54 y. env., sans épines ; la largeur de l'isllimc mesurait 9 y. env., les bras au nombredetrois avaient chacun 17/xenv. de long. Notre variété est donc dans toutes ses parties plus petites que le type, quoique nous ne comprenions pas très bien la manière dont il faut appliquer les mensura- tions à la figure publiée par M. Josliua dans le Journal oftlie Linnean Society Bot., v. :2i, pi. XXll, fig. :2I. XXF 65 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. PHEOPHYCÉES DINOBRYON Ehrb. (1) *215. D. scrliilai'ia var. dîvergeiis Iinh. — Geiîck , Kiiiroy, Molenbeersel (J. M.]. PERIDINIUM Ehrb. 214-. P. TABULATUM Clap. et Lachm.; De Wild. loc. cit. p. 574. — Molenbeersel, Genck(J. M.) CERATIUM Schrank. *215. C. letraceros Schraiik. — Genck, Kinroy (J. M.). RHODOPHYCEES BATRASCHOSPERMUM Roth. *21G. B. VAGUM (Ag.) Sii'dt.; De Wild. loc. cit. p. 407. — Kinroy (J. M.). (1) Faut-il classer les trois genres Dinobryum, Pendiniiim etCeratiuin dans les Phéophycées, faut-il les ranger parmi lesChlorophycées oubieu encore les considérer comme formant avec les Euglcnoïdes un groupe spécial (Flagellâtes) placé en dehors des Algues. Nous avons laissé ces trois genres à cette i)lace, parce que beaucoup d'algologues considèrent ces organismes comme des Algues brunes. Les Péridiniens proprement dits, se rappprochent nous scmble-t-il beaucoup plus des Uiatomées que des Phéophycées, aussi pensons-nous que c'est dans le voisinage de cette l'amillc que se trouve la vraie place de ces organismes. MÉMOIRES. 67 CYANOPHYCÉES CLÂTHROCYSTIS *217. C. aeruginosa Heiifi*. — Kini'oy (J. M.). COELOSPHAERIUM Naeg. *218. C. KuETziNGiANUM Naeg.; DeWild. loc.cit p. 446. — Genck (J. M.). MERISMOPEDIA Naeg. 119. M. GLAUCA Naeg.; De Wild. loc. cit. p. 447. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). CALOTHRIX Ag. 2-20. C. FuscA Born.et Flali.; De Wild. loc. cit. p. 449. GLOETRICHIA Ag. 221. G.NATANsRbh.; De Wild. loc. cit. p. 451. — Kessenich (J. M.]. HAPALOSIPHON Naeg. 222. H. PUMiLus Kirchn.; DeWild. loc. cit. p. 452. STIGONEMA Aq. *225. s. panniroriiie Boni, ct Flah. — Molenbeersel, Kinroy (J. M.). — Obsv. : Diam. max. 28 /x env. 224. S. ocELLATUM Thur.; De Wild, loc. cit. p 455. G8 SOCIÉTÉ miLGE DE MICUOSCOPIE. TOLYPOÏHRIX Kuetz. *225. T. LANATA Wai'tm.; De Wild. loc. cit. p. 454. — Kcssenicli (J. M.). *2-26. T. disioiia Kiitz. — Genck (J. M). 227. T. TENLis Kùlz.; De Wild. loc. cit. p. 455. NOSTOC Vauch. *228. M. LiNCKiA Born.; De Wild. loc. cit. p. 456. — Kessenicli (J. iM.). CYLINDROSPERMUM Kûlz. *229. G. LicHEMFORME Kûlz.; Dc Wild. loc. cit. p 462. — Kesseiiich (J. M.). OSCILLATORIA Yaucli. *250. 0. PRiNCEPs Yauch.; De Wild loc. cit. p. 466. — Genck (J. M.). SUR LA CROISSANCE ET LES COURBURES DU PHYC03IYCES NTTENS PAR G. BULL-OT SUR LA CROISSANCE ET LES COURBURES DU PHYCOMYCES NITENS I DISTRIBUTION DU PROTOPLASME AU NIVEAU DES COURBURES HÉLIOTROPIQUES ET GÉOTROPIQUES DU FILAMENT SPORANGIFÈRE Quand la courbure fiéliotropique ou géotropique du filament sporanfjijère débute, il n'y a ni accumulation protoplasmique au côté concave ni raréfaction proto- plasmique au côté convexe; celles-ci commencent à se montrer dès que la courbure s'accentue et augmentent alors rapidement. Lorsque Kohl (1) en 1885 eût montré qu'il se produit une accumulation de protoplasme au côté concave et une raréfaction au côté convexe des courbures géotro- piques et héliotropiques du tilament sporangifère du Pligcomifccs nitcns et qu'il eût cru y trouver la cause immédiate de ces courbures, Elfving (2) fit voir que le (1) Kohl : PlasmaverlhcUunri nnd Kriimminigscrscheiniingcn. (For- schuiigen aus deiii bol. Gartcn zu Maibuii;, ISbîj). (-2) Ei.FViNG : Zur Kcnnlniss der Krïnnmunqsersclieinungen der P/lau- zen. (Ofversigt af fuiska velenskaps Socictelens. Forhandlingar, 1887-88). 7-2 socii':!!': Rr.i.c.R uk micuoscoimi;. même phénomène s'accomplit si on oi)lige mécanique- ment le filament à se courber et en conclut, qu'on ne peut considérer comme cause dans un cas, ce qui est un effet dans l'autre. Les auteurs comme Wortmann (I), dont l'observation d'Elfving contrariait les opinions sur les courbures des végétaux supérieurs, n'en tinrent pas suiïisamment compte; ceux aux idées desquels elle était favorable l'admirent sans restriction. En elï'et Kobl (^), con- vaincu par EH'ving, explique les courbures des végétaux supérieurs sans avoir recours aux déplacements proto- l)lasmiques, qui pour lui surviennent après les cour- bures. 11 n'est cependant pas impossible que plusieurs tacteurs produisent cette modification dans la répartition du protoplasme, d'une part elle pourrait être due à l'in- fluence d'un excitant extérieur, d'autre part aux condi- tions mécaniques fournies par la courbure elle-même. C'est pourquoi il y a lieu de recliercher sur des filaments soumis à une action géotropique ou héliotropique si réellement l'accumulation et la rarétaclion protoplas- miques, ne se manifestent pas avant la courbure ou tout au début de celle-ci. Afin d'examiner sous le microscope la zone de courbure dans toute son intégrité, on procède de la ftiçon suivante : Des tranches de pain épaisses de 1 centimètre et stéri- lisées à la ilamme du gaz sont arrosées de jus de pru- neaux et ensemencées. Chacune d'elles est placée sur une pUuiue de verre dans une assiette recouverte d'une cloche de verre; le fond de l'assiette est humeelé d'eau (1) WoRTMANN : Zur KcinUiiiss (1er Rc'i.tl>ctvc(jun(jen (Botaiiisclie Zci- lung, 1887). (-2) KOHL : Die Mcchanik der ReizkriniiDiiingen. Marburg, 1894. MEMOIRES. 73 pour que l'atmosphère intérieure de la cloche soit con- stamment humide. Enfin un support stérilisé, un vase de Pétri par exemple, est interposé entre le fond de l'assiette et la plaque pour que l'eau ne mouille pas celle-ci. Les cultures ainsi préparées sont mises à l'obs- curité à une températui'c moyenne de 20". Lorsque le mycélium s'est étendu sur toute la surface du pain et que les filaments sporangifères ont atteint plusieurs centi- mètres de hauteur, ces derniers sont arrachés en masse à l'aide d'une pince flambée et la tranche de pain est partagée en cubes de 1 centimètre de côté environ. 5()heurcs après les cubes se sont recouverts de nouveaux filaments sporangifères déjà arrivés à la 4- période (1), c'est-à-dire à leur phase de croissance la plus active. On choisit sur chacun d'eux un filament bien vigoureux qui soit placé près d'un des bords et on écarte tous les autres en les rabattant contre les différentes faces, opéra- tion aisée, car les filaments de la seconde poussée sont beaucoup moins nombreux que ceux de la première. Les morceaux de pain sont alors placés sous une cloche en verre recouverte de papier noir et présentant une fenêtre linéaire à grand diamètre vertical, de telle manière que le bord près duquel se trouve le filament soit dirigé vers la fente qui donne accès à la lumière d'un bec de gaz situé à 50 centimètres de la fenêtre de la cloche. Il en résulte que le plan de la courbure héliotropique ulté- rieure est sensiblement parallèle à la face latérale près de laquelle le filament est implanté. Après une demi- heure d'exposition, on soulève de temps en temps la docile, et chaque fois que le filament d'un des cubes (I) Errera : Die grosse Wnchslhumsperiode bel den FruchUrujern von PInjcomyces. Bolaniiche Zeitung, 188i. 74 SOCIÉTÉ BELGi; DE MICROSCOPIE. commence à se courber, on transporte ce cube sous le microscope. Dans les intervalles où aucune nouvelle courbure ne se présente, on examine des tilaments encore droits. Les observations portent donc sur des tubes sporangifères non encore couibés ou tout au début de leur courbure. Le porte-objet dont on se sert se compose (fig. 1) : c \ j) c r 1 A Fig. 1. 1" D'un grande lame de verre A. "â" D'un lame plus petite B (porte-objet ordinaire) collée sur la grande lame. 5" De deux petits carrés de verre C d'ime épaisseur supérieure à l'épaisseur du filament et fixés sur les deux exirémités de ce porte-objet. On peut ainsi, en coucbanl celle des deux faces du cube parallèles au plan 'de la courbure qui est située près du filament, faire en sorte que le filament repose suivant son plan de courbure sur la lame B sans qu'il ait subi de torsion d'aucune sorte. Les deux petits carrés de verre sont destinés à supporter le couvre-objet et à l'empêcber de comprimer le filament ; on a du reste soin de débarrasser celui-cide son sporange MEMOIRES. 15 par attouchement au moment de l'examiner. On s'est assuré que cette opération ne modifie en rien la distribu- tion du protoplasme. Enfin en examinant non pas dans l'eau qui est trop mobile et provoque des déplacements du filament, mais dans une solution de gélatine à 5 p. 100, maintenue liquide à une température de 20" à 25" et en plaçant convenablement le couvre-objet, on arrive à observer le filament sans qu'il ait pour ainsi dire bougé. Sur 10 filaments encore droits, pas un ne montre de modification protoplasmique appréciable à un grossisse- ment de 400 diamètres au niveau de la zone de courbure. Sur 12 filaments présentant un début de courbure 8 donnent le même résultat (PI. 111, fig. 1), 4 présentent une très légère accumulation au côté concave, une très légère raréfliction au côté convexe, mais ils ont une cour- bure plus accentuée que les autres (PI. III, fig. 2). Les 8 premiers ont respectivement pour durée d'expo- sition : 5/i h., 5/4 h., 1 b., 1 h., 1 1/0 h., 1 1/4 h., 1 1/2 h., 1 1/2 b. Les 4 derniers : 1/2 h., 1 h. 1 1/2 h., 2 h. Des filaments examinés une demi-heure après le commencement de la courbure montrent le plus souvent une accumulation et une raréfaction très prononcées. D'un autre côté une série des filaments soumis à l'action géolropique et examinés dans des conditions identiques fournissent des résultats analogues. Donc si l'accumulation n'existe pas au début de la courbure au côté concave, elle se produit pourtant rapi- dement dès que celle-ci augmente. Une raréfaction du protoplasme du côté convexe l'accompagne constamment, débute en même temps qu'elle et s'accentue simultané- ment. SOCIÉTÉ RKLGE DE MICROSCOPIE. H EFFETS DE L'ABLATION DU SPORANGE PENDANT LA 4^ PERIODE DE CROISSANCE Lorsqu'on enlève par alloucliement le sporange adulte d'un filament durant la quatrième période de croissance, en général lacroissance dece filament se ralentit aussitôt ou se ralentit bientôt pour cesser complètement au bout de 1 à3 heures. Quelques heures plus tard se forme an rameau dans l'ancienne zone de croissance. Souvent d'autres rameaux se développent dans la même zone. C'est seulement après, qu'une cloison transversale prend naissance dans le filament au-dessus du point d'insertion du rameau : elle peut manquer. Exceptionnellement la croissance continue; il ne se produit alors ni rameau ni cloison. Errera (1) cite le cas de rameaux latéraux survenant dans la zone de croissance des filaments fructifères à la suite de l'ablation du sporange. Il ajoute que l'apparition de ces rameaux est accompagnée d'un arrêt de croissance du filament et de la formation d'une cloison située au- dessus du point d'attache du rameau. Quel est l'ordre dans lequel se succèdent ces phéno- mènes? La production du l'ameau est-elle antérieure ou postérieure à l'arrêt de croissance, et la cloison elle-même se forme-t-elle avant ou après le rameau? Des filaments à la quatrième période sont isolés sur de petits cubes de pain suivant la méthode décrite plus (1) Errera: Loc. cit. MÉMOIRES. 77 haut. Ils sont maintenus à Tobscurilé sous une cloelie à atmosplière humide. Avant d'enlever leur sporange, on s'assure de leur croissance. A cet effet, on les touche à quelque distance en-dessous du sporange à l'aide d'une aiguille chargée d'encre de Chine. Quelques particules adhèrent au filament et l'on choisit l'une d'elles comme point de repère. On mesure au microscope horizontal (Zeiss : objectif ag oculaire 5) la dislance qui la sépare de la partie inférieure du sporange. Cette distance est mesu- rée une demi-heure plus tard, ce qui fournit la valeur de la croissance de la portion envisagée pendant une demi- heure. Les mensurations sont faites à la lumière du gaz. Elles ne demandent en moyenne qu'une minute. Dans l'intervalle des mensurations les filaments sont gardés à l'obscurité. Les filaments dont la croissance est bien constatée, sont immédiatement après la deuxième men- suration, débarrassés de leur sporange. Cela s'exécute très facilement, pourvu que les filaments aient atteint leur quatrième période de croissance depuis plusieurs heures; la membrane du sporange est alors très friable et, si on frôle légèrement le sporange à l'aide d'une aiguille, elle adhère à l'aiguille qui l'entraîne. La colu- melle intacte reste attachée au filament. Au début de la quatrième période, le sporange est encore trop résistant et toutes les tentatives sont inutiles. L'opération achevée, les filaments sont régulièrement mesurés de demi-heure en demi-heure jusqu'à ce que l'arrêt de croissance soit définitif. Le tableau suivant donne les résultats de ces mensu- rations prati(|uées sur l?. filaments et indiquées en divi- sions du micromètre oculaire : 78 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. CA •o a. eo fa JS 3 es (U S a u o ■a m a, (U S S D o 3 « & ts u c o 3 a o S ea 3 Q oi 3 (U S a u a co 3 ca M O o . 1 % . c to — 2.§ 3-a ^.!£ "g. Q •a « *j -^ 3 t 5" " C .»£ < o - " 3 c — M _ «g O ^ 2« 3 M -H 3 ^- 3^ C O a, O ■aZ £ « e:h •^ o a. «aï 6 o c a w w o u o •a ai c ■ai u t. u . j= 3 -e to g c -J u 1- u u ta 1 .ïï © ta" s «ri .C t- ai ^-^ 3'" - 3 -CD 5 S 32 ta Cl. *;. 0) 03 o co -a- «0 co 13 •H ^a* «0 co •* •gSuBJods np 1U9U]9\91U9 sajde "q g -a- iro 1 ^3- o co *a- «0 co ^a* 20 co •-a* •aSuBJOds np 1U91U9A91U9 s9JdB -q z/l l 3<1 05 20 o •* co «a- 1 CD co rT3 -a' -a- co •r< ^a* ■gâucjods np •»U9tU9\9IU9 s9jdB -q p 5q ciî -a- o co co -a- co co *1 -* co -a- co •gSuBJods np ^U9ai9A01U9 sojdB -q pi »* n ce (M o o co ^a* co co (M -a' co co co 93ucJods np 5U9U19A0|U9 sojdc -q pi o CT5 Vf o co co co !0 co co in isinus uiul Helio- (ropismus. Siizungsberichle der kaiserl. Akadcmic dcr Wissensehafloii in VVien. Math.-nalurw. Classe. Bd CIV, 1895. 88 SOCIÉTÉ I5KLGE DE .MlChOSCOI'IE- Toutes les recherches faites pour constater des diffé- rences dans la structure du mycélium de ces zones fertiles et stériles sont demeurées sans résultat. Les ampoules mycéliennes sont aussi nombreuses dans les unes que dans les autres. Ces cercles ne corres- pondent pas à des alternations de croissance diurne et nocturne. Le même phénomène se présente souvent chez beaucoup d'autres moisissures. 4. Dans beaucoup de cultures il se produit au début de la quatrième période une petite dilatation sous- sporangiale qui ne s'allonge pas et est souvent colorée en bleu foncé, alors que la zone de croissance située sous elle est incolore. Certaines cultures présentent celte ampoule sur presque tous leurs filaments. D'autres en sont totalement dépourvues. Il faut la distinguer de l'ampoule sous- sporangiale signalée par Dewèvre (I) qui, elle, se déve- loppe dans toute l'étendue de la zone de croissance et dont le développement est toujours accompagné d'un arrêt de croissance du filament. La figure 5 donne une idée de l'ampoule dont il est question ici. Elle est presque invisible à l'œil nu. Pri- mitivement incolore, elle ne se colore en bleu foncé que plus tard ; parfois même, ne se colore pas. Sa mem- brane est rigide. On le démontre en plongeant le filament dans l'alcool : la zone de croissance et les parties situées plus bas se ratatinent, l'ampoule ne se modifie pas. D'autres faits semblaient du reste l'indiquer : i" elle (I) Dewèvue : Rrcherrhes expérimenlnies sur le Plnicomyces. Comptes rendus de la Sociélé royale de Botani(|ue de Belgique, 1891. MÉMOIRES. 89 conserve sa forme et ses dimensions pendant toute la durée de la croissance du filament; 2" quand dans cer- taines conditions la zone de croissance se renfle aussi en ampoule, il se forme une ligne de démarcation nette entre elles, sous forme d'étranglement (fig. 5); 5" les rameaux latéraux qui se développent à la suite de l'abla- tion du sporange ne naissent jamais sur cette ampoule. Souvent le protoplasme de cette région, au lieu de tapisser la membrane sous forme d'une coucbe épaisse et granuleuse, comme c'est toujours le cas pour la zone de croissance, est constitué par des bandes droites qui pénè- trent dans la columelle suivant différentes directions, (fig. o). 5. Dans beaucoup de cas d'arrêt de croissance des filaments sporangifères, les bandes protoplasmiques au lieu de courir parallèlement à l'axe du lilament, comme dans les filaments normaux, se disposent en hélice à tours plus ou moins rapprochés. C'est la règle dans les cas où l'arrêt de croissance coïncide avec le développement de la dilatation ampul- laire de la zone de croissance (fig. 5). On constate en effet que les bandes protoplasmiques qui commencent à se montrer vers la partie médiane de l'ampoule, prennent immédiatement une direction oblique tout en restant accolées à la membrane, de manière à décrire une bélice. L'obliquité de ces bandes par rapport à l'axe est plus ou moins grande suivant le filament et la région consi- dérés (fig. 4). La figure 4 représente un filament dont en un point, une des bandes est même dirigée perpendiculairement à 90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'axe. La couche protoplasmique n'est jamais plus épaisse que dans les filaments normaux. Les mouvements y sont lents. On peut se demander, si cette déviation des bandes protoplasmiques n'est pas due à une poussée venant d'en bas et produite par l'afflux du protoplasme, qui conti- nuerait pendant un certain temps au moins à passer du mycélium dans le filament comme cela arrive dans les filaments en voie de croissance. La forme de l'ampoule, qui a l'aspect d'une poire à grosse extrémité dirigée vers le haut, est en rapport avec les données fournies par Laurent (1) sur l'inégale exten- sibilité de la membrane aux différents niveaux de la zone de croissance. C'est dans les portions supérieures, en effet, que la membrane est de beaucoup plus extensible. Jamais cette ampoule ne se colore. Presque jamais, les filaments qui la possèdent ne donnent naissance à des rameaux latéraux bien que leur croissance soit arrêtée. L'obliquité des bandes protoplasmiques est également très fréquente dans les cas où l'arrêt de croissance est dû à une rupture spontanée de la membrane au sommet du filament et où des rameaux se développent consécutive- ment (fig. (5). 6. Rameaux nés sur des filaments présentant au cours de la 1'" ou de la 2" période une rupture spontanée de la membrane du sommet. Dewèvre signale des filaments présentant spontané- ment des rameaux dans des cultures vieilles de plusieurs jours faites sur gélatine contenant du moût de bière. Des (I) Laurent : Éludes sur la lurgescence chez les Plnjcomyces. Bulletin de l'Académie royale de Belgique. Tome X, 1883. MEMOIRES. 91 cultures sur jus de pruneaux peuvent également leur donner naissance, rarement il est vrai. Ces filaments n'ont pas encore formé leur sporange ou sont au début de sa formation Ils montrent tous à leur extrémité des débris protoplasmiques accolés à la partie externe de la membrane, indice de la rupture de celle-ci à ce niveau. Comme la même rupture s'observe sur beaucoup de filaments qui n'ont pas donné de rameau, on peut en conclure que l'apparition du rameau est consécutive à la rupture. Certains d'entre eux présentent, comme le dit Dewèvre une cloison transversale au-dessus du point d'insertion du rameau. La figure 6 montre un rameau né sur la cloison même et s'engageant dans la portion terminale nécrosée du filament. Le nombre des rameaux est très variable : la figure 7 représente un filament qui en a produit 7. Ce travail a été fait avec les conseils de M. Errera, et de MM. Massart et Clautriau. Institut botanique de Bruxelles. i-2aoùt, 1896. EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE III FiG. 1. — Courbure d'un fllaraeut sporangifère après 1 1/2 heure d'action héliotropique. Pas d'accumulation protoplasmique au côté concave. FiG. 2. — Courbure plus marquée après 1/2 heure d'action hélio- tropique seulement. Très légère accumulation au côté concave. FiG. 3. — Ampoule sous-sporangiale. FiG. 4. — Schématique. Portion d'un filament sporangifère ù zone de croissance ampullaire. La paroi supérieure est mise au point. FiG. 5. — Demi-schématique : filament à zone de croissance ampullaire. La paroi supérieure est mise au point. FiG. 6. — Demi-schématique : filament sporangifère à rupture terminale montrant un rameau né sur la cloison transversale. FiG. 7. — Filament sporangifère montrant 7 rameaux développés à la suite d'une rupture de son extrémité. NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES DU GENRE TRENTEPOHLIA (martius) PAR É. DE WILDEMAN DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES /orne fascicule) NOTES SUR QUELQUES ESPECES DU GENRE TRENTEPOHLIA (mar™^) Dans un volume antérieur des Mémoires de la Société belge de microscopie, nous avons publié un premier fas- cicule de «Notes sur quelques espèces du genre Trenle- po/ilkn^ (1); nous annoncions alors l'apparition d'études nouvelles sur diverses espèces du même genre. Mais par suite de diverses circonstances nous n'avons pu jusqu'à ce jour donner suite à notre projet, et reprendre les études détaillées de certaines espèces. Nous avons cependant, dans ces derniers temps, publié des diagnoses d'espèces nouvelles et un census général des espèces dans la Notarisia. Ces diagnoses se rapportent à des espèces que nous a rapportées M, Massart de son séjour à Java; mallieureu- semcnt le travail et les planclies acbevées depuis long- temps n'ont pu être publiées encore. Il se fait ainsi que plusieurs des observations des plus intéressantes rapportées dans le dernier travail de M. Scbmidie « Epipbylle Algen ncbst einer Pilliopliora und Dasija aus Neu Guinea )^ (2), se trouvent signalées dans notre manuscrit. (1) Me'in. Soc. belge de microscopie^ l. XVIII, p. 5. (2) Flora, lîd. S3 (lb97). XXI 7 98 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. Nous ne pouvons donner ici toutes les observations accompagnant clans notre travail, sur les Algues de Java, les diverses espèces de ce genre, mais nous pensons qu'il y a lieu d'attirer plus spécialement l'attention sur certaines espèces décrites et figurées par M. Schmidle parce que nous ne sommes pas dans tous les cas d'accord avec lui. Nous étudierons dans la première partie de ce fascicule Tr. pinnala Schmidle, Tr. cijanca Karst., et reprodui- rons en outre quelques observations que nous avons émises dans la Notarisia sur le Tr. gcrmanica Gluck. Dans la deuxième partie nous tiendrons compte des dernières remarques de M. Schmidle, sur la séparation des espèces du genre en deux sections. I Trentepohlia piNNATA Schmidlc in Flora, Bd. 85 (1897), p. 510, «g. B. 1-5. Cette espèce considérée par l'auteur comme une nou- veauté et dont il dit : « Dièse schdne und iiusserst regel- massig gebaute Alge konnte ich ebenfalls nur in weni- gen Raschen an einem Baumblatte finden. Auch si geliôrt zu section Ileterothallus und zwar zweit'ellos in die Nàhe von Tr. (liU'usa De AVild. », est plus voisine qu'il ne le croit de notre espèce, elle est même identique. M. Schmidle se base pour déclarer le T. pinnala dif- férent du T. Dl/l'usa sur la figure publiée par M. Hariot dans ses «Noies sur le genre Trcnlcpohl'ia ^^ , et sur la description de cedernierauteur ainsi que sur celle publiée par M. De-Toni dans le S}'ll. Alg. I, p. 1 40, celte dernière MK.MOlllKS. 99 étant la traduction latine de notre diagnose originale, publiée en 1888 dans les Bulletins de la Société belge de microscopic, p. 18:2. Nous n'avons, depuis la publication de cette dernière espèce, eu l'occasion de revenir sur elle, nous n'avions point revu cette Algue. C'est dans ces derniers temps, que dans les récoltes de M. Massart, nous avons retrouvé cette Algue. Disons tout d'abord que notre diagnose était préliminaire et que nous l'avons modifiée dans notre travail, sous presse, sur les Algues de Java. En outre la figure publiée par M. Hariot est assez grossière et ne fait pas saisir nettement les caractères du Tr. di/fusa. Dans les planches qui accompagneront les études sur les Algues javanaises, nous avons refiguré cette plante et les dessins de notre pi. Vil, fig. 18-:20, sont tout à fait comparables à ceux publiés par M. Schmidle. Nous avons remarqué chez le Tr. di/jusa des zoospo- ranges pédicelles et des zoosporanges sessiles, ceux-ci sont généralement situés sur les filaments couchés du thalle; les zoosporanges pédicelles terminent des rameaux dressés. Les rameaux qui se dirigent perpendiculaire- ment à la feuille, sont rarement rameux du moins dans les échantillons de Java, dans ceux de Ceyian, nous n'avions guère observé de ramification. La cellule sup- port du zoosporange peut ici également, de même que chez la plupart des espèces du genre, au lieu de donner naissance directement à un zoosporange, reformer une cellule support qui formera alors le zoosporange; dans une des figures de la planche citée plus haut nous repro- duirons cet aspect. D'ailleurs les caractères tirés de la ramification du 100 SOCIÉTÉ BELGE UE MICUOSCOI'IE. tliallc, n'est pas me senible-t-il d'une grande valeur, de même que celle de la forme de la fructification. Ce sont là des caractères sujets à varier, et qui sont certainement sous la dépendance des agents extérieurs. Quant à la longueur des cellules des filaments dressés, autre argument que présente M. Schmidle pour différen- cier les deux espèces, il est certain que nous avons donné un chiffre trop petit. Si en général dans les fila- ments que nous avions étudiés dans notre premier échantillon, les cellules ne dépassaient guère en longueur le double de la largeur, on trouvait parfois des cellules beaucoup plus hautes; dans les matériaux de Java cela se présentait fréquemment, comme on pourra d'ailleurs le voir dans les dessins cités plus haut. Nous croyons qu'il ne sera pas sans utilité de donner ici la description que nous comptions faire paraître en premier lieu dans notre travail sur les Algues de Java, nous ferons voir ainsi que cette description se rapporte complètement au Tr. pinnala Schmidle. Ce dernier nom doit donc entrer dans la synonymie de notre T. dij- /usa, dont la description plus ou moins complète sera : Tr. diffusa De Wild. in Bull. Soc. roy. de Bot. de Belgique, t. XXVII (1888) p. 182; llariot. Notes sur le genre Trenlcpohim, p. 51. Tr. pinnala Schmidle in Flora, Bd 85 (189G), p. 510, fig. B. 1-5. Thalle liéléromorplie. Filaments primaires rampants à la surface du support, formés de cellules cylindriques de 2 à 4 fois aussi longues que lai-ges, de 12 y. environ MKMOIRES. Kll de diamèlre; rameaux primaires fortement rameux. Dernières l'amilications latérales courtes, (jénéralement opposées, à cellules plus ou moins irréyulières, les der- nières forment une croix. Cellules des bras de la croix, coniques, souvent courbées. Filaments dressés, cylindri- ques, rarement rameux, et quand ils le sont assez forte- ment, présentant des cellules irrégulières [Schmidle). Cellules des filaments dressés de 1-5 fois aussi longues que larges, cette dernière mesure ne s observant guère que dans les cellules support de zoosporange. Filaments dressés de 8 iz environ de diamètre, les stériles ci cellule terminale conique. Zoosporanges scssiles ou pédicellés sur une cellule support renflée à son extrémité et parfois un peu recourbée. Zoosporanges scssiles naissant sur le thalle rampant, globuleux ou ovalaires de 12-19 [^ de diamèlre. Zoosporangespédicellés terminant les rameaux dressés, èi zoosporange de 12 [^ environ de diamètre, la cellule support atteignant environ 10 i^ de diamèlre. liai). — Sur les feuilles de divers arbres. Disp. — Ceylan (Thwaites), Gogol-Oberlauf (Nou- velle Guinée) (Schmidle), Gorge du Tjiapoes(Java)(J. Mas- sa ri). Trentepohlia cyanea Karst. M. Schuiidle a retrouvé dans les récoltes qu'il a étu- diées, cette espèce connue jusqu'à ce jour des Indes néerlandaises seulement. J'ai également eu l'occasion d'étudier cette espèce sur de forts beaux matériaux rap- portés par M. .1. Massart, de l'endroit môme où l'Algue avait été récoltée pour la première fois par iM. Karstcn, 102 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ce qui ne peut faire douter de rauthenlicité des échanlil- lons que j'ai pu examiner. Comme nous le disions dans le travail manuscrit que nous avons déjà rappelé plusieurs fois, la description publiée par M. Karsten est si incomplète que déjà dans nos notes nous avions considéré cette espèce comme nou- veauté et ce n'est qu'après coup, lorsque M. Massart nous a donné tous les renseignements sur la récolte, que nous avons rapporté notre Algue au T.cijanea. Les figures du travail de M. Karsten sont d'ailleurs, on doit l'avouer, très insuffisantes. Nous dirions presque la même chose des croquis de M, Sclimidlc, ils ne me semblent pas présenter avec netteté les caractères si saillants et si par- ticuliers de l'espèce découverte par M. Karsten. Un de ces caractères qui avait été remarqué par moi lors de mes recherches, et dont la présence avait passé inaperçue à M. Karsten, a été bien vu par M. Schmidie qui se trouve ainsi être le premier à l'avoir publié, c'est la présence d'une gaine nette autour des filaments rampants appli- qués contre le suppoi't. Ces gaines épaisses, irrégulières se remarquent fort bien, et elles ne peuvent être long- temps confondues avec une enveloppe d'hyphes mycé- liennes, à laquelle M. Schmidie avait cru devoir la rap- porter un instant. M. Schmidie a observé des zoosporanges portés sur une cellule renflée terminant un rameau dressé, mais nous savons, parde nombreuses recherches, que ce mode de fructification se retrouve chez presque toutes, pour ne pas dire toutes, les espèces de ce genre. Par contre, M. Schmidie n'a observé qu'une fois un zoosporange sessile latéral. Or, dans les échantillons de Java, c'était ce mode de fructification qui était le plus fréquent et les MÉ.MOIHKS. 103 zoosporanges sessiles se présentaient avec des caractères très spéciaux. Aussi dans nos observations manuscrites nous avons attiré tout spécialement l'attention sur ces organes de reproduction. Ils sont ovalaires ou pyrifortnes, la queue de la poire dirigée vers le bas, dressés le long du filament dressé qui les porte et la cloison séparatrice n'apparaît pas au niveau de la cellule du filament dressé, mais bien perpendiculairement à la plus grande longueur du zoos- porange. Cette disposition particulière de la cloison com- munique un aspect tout particulier à ce Trentcpolilia. L'ouverture du zoosporange se fait par un pore terminal. Quant à la ramification des filaments coucbés du thalle, elle se fait toujours perpendiculairement à la direction de la cellule dont est issu le rameau, ce que M. Sciimidle ne semble pas avoir nettement reproduit dans la figure B. i, p. 512, loc. cit. Nous croyons donc utile de donner ici aussi la descrip- tion complète de ce Trentepohiia telle que nous l'avons écrite dans notre manuscrit sur les Algues de Java. Trentepohlia cyanea Karst. in Ann. Jard. bot. de Bui- tenzorg, t. 8 (I89I), p. 14, pi. Il, fig. 6 et (Sa; Sciimidle, loc. cit. Thalle liéléromorphc. Filaments primaire fi , rampants formés de cellules cijUnilriques de 2 à 4 fois aussi lon- (jues que larges et de 7 à 10 y, de diamètre; rameaux disposés perpendiculairement et irré(iulièrement des deux côtés du filament. Filaments couchés entourés d'u)ie gaine gélatineuse hgaliue. Filaments dressés pouvant 104 SOCIETE IJELCE DE MICROSCOIME. (Uleindre jusqu'à 380 i^. de long, cnHudriques plus ou moins aigus, composés de cellules de lj2 à 3 fois aussi longues que larges et de 7 à 9 /x de diamètre. Zoospo- ranges ovalaires ou pijri/ormes sessiles ou très courle- mentpédicellés, latéraux dressés à ouverture terminale, toujours localisés sur les rameaux dressés, solitaires ou en série de 2 à 3 sur des cellules voisines. Zoosporanges latéraux de 15 à 19 {x de diamètre et de 25 « 34 fx de long. Les zoosporanges pédicellés portés sur une cellule support plus ou moins recourbée et terminant dans ce cas les rameaux dressés, mesurent 12 et II y. de long et de 10 Cl 12 /x de diamètre (Sclimidle). Les échan- tillons sécliés posséderaient la propriété de se colorer en bleu noir foncé quand on les humecte. Hab. — Sur les feuilles de divers arbres. Disp. — Java (Karsten, J. Massart), Nouvelle Guinée (Sattelberg) (Scbmidie). Trentepohlia germanica Gluck in Flora, Bd. 82 (1896), p. 208--285 c. ic. Dans un article « Ein deutscbes Coenogonium » paru dans le dernier fascicule du Flora (M. le D' H. Gluck vient de décrire un Trentepohlia qui formerait les goni- diesdu nouveau lichen, Coenogoniumgermanicum Gluck. Ce Trentepohlia que l'auteur rapproche avec raison du Tr. uneinata Gobi, est désigné sous le nom Tr. ger- manica. Il ne peut, à notre avis, être considéré comme espèce, ni même comme variété; il ne diffère pas du Tr. aurea (L.) Mart. L'absence de cellule uncinôe, support du zoosporange, MKSIOIUES. ^05 que M. Gluck considère comme caractère distinctif, n'a, comme nous l'avons déjà t'ait rcmarquei' à maintes repri- ses, aucune valeur systéuiatique. Les deux modes de i'ructiticalions peuvent se rencontrer chez la plupart des espèces du genre. 11 sulïit d'ailleurs de comparer les dessins, intercalés par M. Gluck dans sa notice, avec les nombreuses repré- sentations du Tr. aurca publiées un peu partout pour s'assurer que l'on se trouve, dans le cas présent, devant une des formes de cette très polymorphe espèce. Dans celte même notice, M. Gluck, tient à citer, dit-il, 4 espèces signalées en Allemagne et non relevées par les auteurs de Flores, ce sont : Tr. iincinala (Gobi). Tr. suhsimplcx Casp. Tr. arborum Ag. Tr. maxima Karst. De ces quatre espèces, les deux premières et la qua- trième doivent passer dans la synonymie du Tr.aurea; il suffît d'examiner comparativement les descriptions et les iigures de ces espèces pour se ranger à l'avis de la plupart des auteurs et en particulier à celui de M. ïlariotcjui a l'ait ces rapprochements soit dans son étude monographicjue du genre Trcntcpolilia,so\{.(\c\ns les observationspubliées ultérieurement dans le Journal de botanique de Morot. M. Deckenbach a, comme nous l'avons fait ressortir antérieurement, poussé les choses plus loin. Il a créé un nom nouveau Tr. pohjiuorplm, et a fait entrer dans ce vocable, non seulement toutes les formes de Tr. aiirea, mais encore les Tr. uinhrina et Tr. liKjcuif'cra, Algues que la plupart des auteurs admettent encoi'e comme spé- cifiquement distinctes. 106 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICHOSCOPIE. Le T. f/crmanica GliKîk disparaîtra donc de la lisle des espèces du genre Trentepohlia, nous le rangeons dans la synonymie du T. aurea (L.) Mart. Cette dernière espèce aura donc comme synonymie les espèces suivantes, sans tenir compte des deux formes ou variétés assez bien marquées que M. Hariot a proposées dans sa revue monographi(pie , les var, gemdna et polijcarpa. T. AUREA (L.) Martius FI. Crypt. Erlang. (1817), p. 551 ; cfr. Notarisia XI (189()), p. 8(3.' Byssus imrca\ùi\genuin(i Hariot. in Journ.de Bot., t. 111.(1889), p. 574. T. — var. poiijcarpa Hariot loc. cit. (1). T. veiulina (Kutz.) T. uncinata Wille. T. capitcllata (Ripart). 7'. poiycarpa'Sees et Mont, in Ann. se. nat., sér.ll, t. V(185G), p. 71. T. Tuckennaniana Mont. FI. Chili VIII, p. 274. T. villosa De-Tony Syll. Alg. I. (1889), p. 259 p. p. T. maxima Karst. in Ann. Jard. bot. Buitenzorg t. X. (1891), p. 8, pi. I, p. i-IO. r. Monlis-Tabulac De-Toni Syll. Alg. 1. (1889), p. 240. r. gcrmanica Gluck in Flora (189G), p. 268c. ic. Cliroolepns muséum Kùlz. Phye. gêner. (1895), p. 284 et Spec. Alg., p. 426, c. syn. C. velutimim Kûtz. Pliyc. gêner. (1845), p. 228. C. suhsimpicx Cas p. C. oleifenun Kiilz. Pliyc. gêner (1845). C. Monlh-Tabulae Ueinscli in .Tourn. Linn. Soc, t. XVI. (1878), p. 245. MfiMOMlES. 107 C. flavum Kiilz. Pliyc. gêner. (18i5), p. i':2 Correspondance : M. le docteur Rouffart, président, empêché d'assister à la séance de ce soir, ainsi que le docteur Pechère font excuser leur absence. Ouvrage reçu en konimage : Rupert Jones. — Dimorpliisni in ihe Miliolinae and 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. in olher Foraminifera. (Ann. and Magaz of Nat. Hist., 1894.) Des remerciements sont votés à M. Rupert Jones. Élection : Monsieur le docteur Van Bambeke et M. le docteur Funck sont nommés à l'unanimité membres effectifs de la Société. Communications : M. Demoor expose le résultat des dernières recher- ches de Hamburger sur la pression cellulaire. Il com- mente les résultats obtenus par cet auteur et indique quelques modifications à apporter dans la pratique médi- cale à la suite de ces recherches. Cette communication donne lieu à un échange d'ob- servations entre MM. Errera et Demoor. M. Errera invite M. Demoor à rédiger sa communica- tion et à l'envoyer au secrétaire. La communication de M, Demoor paraîtra dans le Bulletin. M. Clautriau montre à la société des cultures de Bac- téries lumineuses ; il attire surtout l'attention sur des clichés photographiques de ces cultures; il les a obtenus en exposant en chambre noire photographique ces Bac- téries devant une plaque sensible. Le président remercie M. Clautriau de sa communi- BULLETIN DKS SÉANCES. 29 cation et le prie de bien vouloir résumer sa communica- tion. La communication de M. Clautriau paraîtra ultérieu- rement dans les Bulletins de la société avec la reproduc- tion des clichés présentés par l'auteur. M. Errera développe ensuite la communication qu'il avait intitulée : La feuille comme plaque photogra- phique. Le résumé de cette communication sera publié dans le Bulletin de la séance. M. De Wèvre fait annoncer le dépôt d'une note myco- logique qui paraîtra dans le bulletin. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 I/i heures. LA FEUILLE COMME PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE (résumé de la conférence de m. errera.) Si l'on veut réduire la photographie à ce qui est indis- pensable, on sait que tout le système de lentilles peut être supprimé : une boîte à cirage percée d'une très petite ouverture suffit à constituer une chambre obscure, au fond de laquelle l'image des objets extérieurs se pro- jette fidèlement. Les seuls éléments essentiels sont donc : un corps lumineux (soit par les rayons qu'il produit, soit par ceux qu'il reçoit), et une plaque sensible. M. Clautriau vient de vous montrer des clicîhés pour lesquels des êtres vivants formaient la source de lumière. Peut-être verrez-vous avec intérêt l'expérience en quel- que sorte inverse : des êtres vivants constituant la plaque sensible, avec l'amidon comme produit de l'action pho- tochimique et l'iode comme révélateur. La réaction de l'iode sur l'amidon vous est bien connue, et il y a longtemps que les micrographes en font usage. C'est même là, je pense, la réaction qui forma le point de départ de la microchimie. Mais à côté de son emploi sous le microscope, celte réaction permet aussi de s'assurer rapidement de la présence ou de l'ab- sence d'amidon dans les tissus végétaux, examinés à l'œil nu. Et comme on peut alors embrasser d'un seul regard tout un organe ou même une plante entière, le BULLETIN DES SÉANCES. 31 traitement par riotlc fournira de précieux renseigne- ments sur la distribution de l'amidon dans les végétaux. C'est Bôhm (i) qui, le premier, a tiré parti de cette méthode à la fois si simple et si démonstrative. Il opé- rait sur de jeunes plantes en germination : il les déco- Jore d'abord par l'alcool, il les traite par la potasse, les lave à l'eau, à l'acide acétique, puis de nouveau à l'eau et, enfin, les plonge dans de la teinture d'iode diluée. L'intensité plus ou moins grande de la coloration violette dans les ditïérents individus et dans leurs divers organes indique leur richesse en amidon. Quelques années plus tard, Hanstein (2) fait connaître un procédé analogue et l'applique à des plantules variées {Crtica, Ijwmœa, Ra plia nus, etc.) Sachs eut le mérite de se servir de cet essai par l'iode (« Jodprobe ») — comme il l'appelle — pour une vérifi- cation méthodique des principaux phénomènes relatifs h la formation et à la migration de l'amidon dans les plantes (5). Les feuilles, fraîchement récoUécîi, sont simplement bouillies pendant une dizaine de minutes dans l'eau; plongées ensuite jusqu'à décoloration dans de l'alcool fort, que l'on peut, pour aller plus vite, chauffer au bain-marie à SO-OO"; puis, déposées pen- dant deux ou trois heures dans de la teinture d'iode étendue d'eau. Parfois il importe de rendre les feuilles tout à fait (1) J. BÔHM, Ueber SUirkebUdung in den KehnbliiUern der Kresse, des Retiigs und des Leins, Siizungsb.cl.K. Akad. Wien, 18Ti, I, p. 10 du tiré h part. (2) Hanstein, Sitzungsb. d. Niederrliein. Gcs. f. Natur-u. Heilkunde, IGjuillel 1877. (5) J. Sachs. Ein Beilraci ;. Kcnnlniss der ErnaliranqslIiiUigMt der Blatier, Arb. d. bot. Inst. Wilrzburg, lli, I, IHSL p. 2 (Gesainin. Abliaiidl.. 1, p. ôoo). 32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. transparentes, afin de pouvoir éventuellement les exa- miner au microscope : on aura recours pour cela à « l'essai par le chloral iodé » (« Chloraljodprobe «), préconisé par Schimper (i). Les feuilles décolorées par l'alcool sont laissées pendant 12-24 heures dans une solution d'iode dans l'hydrate de chloral dilué (8 parties de chloral pour 5 d'eau). Les spécimens que je vous présente reproduisent quelques-unes des expériences fondamentales; ils ont été traités suivant le procédé de Sachs. On y voit que l'assimilation de l'acide carbonique et la synthèse primaire de l'amidon n'ont lieu qu'à la lumière et dans les parties vertes; tandis que la disso- lution de cet amidon et sa migration des feuilles vers la tige se poursuivent jour et nuit. Les quantités d'amidon que l'on voit ainsi apparaître et disparaître sont très considérables, et encore savons-nous, grâce aux recher- ches de Schimper et d'autres, que ce n'est point là la totalité des hydrates de carbone qui dérivent de la réduc- tion de l'acide carbonique : en effet, une partie voyage sans cesse vers la tige, une partie reste dans la feuille sous une forme soluble, et c'est le surplus seulement — le trop-plein en quelque sorte — qui s'y dépose à l'état d'amidon. Voici des feuilles dePlujtolacca esculenta cueillies en plein été, à différentes heures de la journée : à 5 heures du matin, presque pas d'amidon; à 9 heures, quantité modérée, surtout vers la pointe de la feuille; à 8 heures du soir, la feuille est littéralement bourrée d'amidon et-, sauf les nervures, elle est colorée partout en violet- (1). A. F. W. Schimper. Veber Bildimg iind Wanderung der Kohle- liydrate in den Laiibbliittcrn, bolan. Zeil., 1885, col. 759 BULLETIN DES SÉANCES. 33 noir opaque, avec un reflet métallique. Le lendemain malin, presque tout l'amidon a disparu de la feuille. Dans ces feuilles panachées de Negundo fraxlnifo- lium, la coloration violette reproduit exactement le dessin des parties qui renfermaient de la chlorophylle : les parties qui étaient blanches dans la feuille vivante se montrent toutes privées d'amidon dans l'essai par Tiode. Enfin, j'avais privé d'amidon cette feuille de Haricot, en mettant la plante pendant quelques jours à l'obscu- rité. Puis, tout en laissant la feuille attachée à la tige, je l'ai enveloppée soigneusement de papier d'étain dans lequel j'avais découpé les quatre lettres du mot « Iode », et le tout fut exposé au soleil. Après deux jours, la feuille fut coupée. Traitée par l'eau bouillante et l'alcool, elle devint complètement incolore et ne semblait rien présenter de remarquable. Mais les quatre lettres étaient reproduites, sous forme d'amidon, et, pour « déve- lopper )) cette image écrite par le soleil dans les tissus vivants, il a sulïi de plonger la feuille dans une solution d'iode. Après avoir été séchée ensuite au moyen de papier à filtrer, elle conserve son iode pendant des années. Les quatre lettres, comme vous voyez, sont parfaite- ment lisibles. Mais c'est là, en somme, une image peu compliquée. Gardiner (i) est allé plus loin. Au lieu d'un simple papier d'étain découpé, il a appliqué sur une feuille, privée d'amidon, un négatif photographique : les rayons solaires provoquent la formation d'amidon, (1) W. Gardinek, a iiew application of plwfoqraplui to the démons/ ra- tion of certain pliiisiological processes in plants, Ximahof Boi.,Nov. 1889, p. IG5. XXi 3 34 aux divers points de la feuille, en raison inverse de l'opacité du cliché. L'iode fera donc apparaître sur la feuille une épreuve positive du cliché employé. Gardiner ajoute que l'on pourrait rendre cette « épreuve » plus durable en traitant par un sel soluble d'argent qui for- merait de l'iodure d'argent partout où il y avait de l'iodure d'amidon. Une application plus intéressante encore de l'enregis- trement photographique par la feuille a été indiquée, il y a peu d'années, par Timiriazetf (i). Afin de démon- trer que les rayons absorbés par la chlorophylle sont aussi ceux qui produisent la décomposition de l'acide carbonique, ïiujiriazetï' projette, au moyen d'un héliostat, d'une lentille achromatique et d'un prisme, un spectre solaire sur une feuille privée d'amidon. Après une exposition de 5 à 6 heures, la feuille est détachée et soumise à l'essai par 1 iode : l'amidon s'est formé aux endroits correspondant aux bandes d'absorption et le spectre de la chlorophylle s'est inscrit, en quelque sorte, de lui-même dans le tissu de la feuille. Au lieu de prendre la production d'amidon comme indice de l'action lumineuse, on peut aussi laisser des organismes mobiles s'accumuler aux endroits les plus éclairés. Des zoospores vertes ont pu servir à Gardi- ner (2) à obtenir ainsi la reproduction positive des néga- tifs photographiques ; et vous connaissez tous les recherches classiques d'EngcImann, dans lesquelles la lumière attirait indirectement des bactéries, grâce à l'oxy- gène dégagé sous son intluence par les cellules vertes. (1) C. TiMilUAZKi'F, Enrc(jislremcnt pliutoyrapliu/ue de la fonction chlorophyllienne par la plante vivante, Comptes-rcntius, 18'JO, !<''' sem., l, ex, |). 1546. (2) Loc. cit. BULLKTIN DES SKANCKS. 33 Je n'insiste pas, car ce serait sortir de notre sujet et j'en ai dit assez pour vous montrer que la feuille mérite une place honorable, dans les traités de photogra|)hie, à côté — et, à certains égards, au-dessus — de la gélatine au bromure d'argent. A PROPOS d'un GENRE NOUVEAU DE MUCORINÉES Par A. I>E\%ÈVRE Dans un travail américain, au sujet des Mueorinées, paru récemment, l'auteur, M. Pound (i), parle d'un genre de Champignons appartenant à cette famille, dont j'ai fait mention dans une note publiée antérieure- ment (2). L'auteur fait remarquer que ce genre est insuffisam- ment connu, les caractères n'en ayant point été donnés ; c'est ce qui m'amène à m'expliquer d'une façon plus complète à son égard. M. El. Marchai (3), conservateur au Jardin botanique de Bruxelles, trouva, il y a quelques années, un petit Champignon bien curieux, qu'il plaça parmi les Mortie- rella, sous le nom de M. capitala, El. Marchai, faisant toutefois remarquer que cette espèce s'isole tout à fait dans le genre. Ayant repris l'étude de ce végétal, il me parut que ce (1) RoscoE PouND. A revision of flie Mucoraccae witli rspecial réfé- rence lo species reported Irom Nortli America, Minnesola Bolanical studies. {Bitlletin. n° 9, p. 87.) (2) A. Dewèvue. Conlribution à l'étude des Mueorinées, Grevillca, 1893-1894. (5) El. Marchai,. Mueorinées et Sphaeropsidées nouvelles. {Bull, delà Société roiiale de botanique de Belgique, année 1891, t. \XX, 2'ne fasci- cule, p. 154.) BULLETIN DES SÉANCES. 37 petit organisme présentant des particularités si spéciales, méritait d'être élevé au rang de genre. M. Carnoy, professeur à l'Université de Louvain, ayant été l'un des premiers, en Belgique, qui se soit occupé des Champignons de cette famille, il m'a semblé juste, de faire porter son nom à l'un des genres, c'est pourquoi j'ai baptisé le nouveau genre du nom de Carnoya. Le genre Crtr«o}/rt, ainsi formé, est au genre Mortie- rella ce que le genre Sijnceplialaslrum, Schr. est au genre Sijnceplialis. La tribu des Mortierellées, se trouve ainsi com- prendre trois genres, qui sont : Mortierella, Coem ; Herpocladium , Schr.; Carnoya (nobis). Caractères du genre. — Mycélium ramifié, non anas- tomosé, à filaments blancs; tube fructifère, dressé, pré- sentant à son extrémité un renflement sur lequel viennent s'insérer de petits rameaux simples, terminés par un sporange, et dont l'ensemble constitue une ombelle; sporanges petits, hyalins polysporés; spores sphéroïdales incolores. Description du Carnoya capitata (March.), A. Dew. = Mortierella capitala, El. March. Mycélium rampant, continu, ramifié, flexueux, blanc; filaments fructifères droits, parfois un peu courbés à leur partie inférieure, pourvus à leur base d'appendices mycé- liens élargis, leur hauteur varie entre 550 et 500 ,al de la si»éaiice iiiciisiielle »oii Zeiss Par 1». Drosten. I Un nouvel appareil à dessiner basé sur le principe de la chambre claire d'Abbé. Cet appareil, décrit par le docteur S. Czapski, dans la Zeitschrift fur ivissensc/iaft. Microscopie, Bd XI 1894, p. 289-:298, réunit maintenant tous les avantages -d'un outillage à dessiner parfait, surtout en l'employant avec la table à dessiner de Bernhard modifiée par Zeiss. La partie essentielle de la chambre claire d'Abbé se compose d'un cube formé par deux prismes collés ensem- ble par leurs faces de l'hypothénuse dont une est argentée. Dans cette argenture une petite place reste libre pour donner passage à l'image de l'objet. Un miroir d'assez grandes dimensions A (pi. I, fig. 1) tenu latéralement par un bras en aluminium, projette vers ce prisme l'image du papier de dessin. Le cube de prisme ordinaire, qui a une ouverture de 1 m/m de dia- mètre peut être remplacé par un autre prisme (ajouté à l'appareil), présentant dans son argenture une ouverture de 2 m/m de diamètre. Ce changement sera apprécié, quand il s'agira d'utiliser entièrement la pupille d'émer- gence plus large des faibles grossissements, notamment quand l'éclairage sera peu intense, par exemple dans les observations à la lumière réfléchie. Toute la partie supérieure de l'appareil (prisme, dia- phragmes et miroir) pivote sur l'axe Z(v. pi. I, fig. 1, 2) et découvre ainsi entièrement l'oculaire; cette disposition BULLETIN DES SÉANCES. S3 permet de passer rapidement du travail avec l'appareil à l'observation oculaire ordinaire et vice-versa. Ramené au dessus de l'oculaire, l'instrument reprend toujours exac- tement sa position, grâce à un encliquetage spécial. Le centrage de l'appareil dans la direction verticale se fait facilement au movcu de l'anneau de serrai>e A.S (pi. I, fig. 1] qui fixe la chambre sur le microscope. Le centrage dans le plan horizontal est obtenu par un méca- nisme très finement construit qui est manœuvré par deux vis L et //(pi. I, fig. 1-2), qui lui impriment deux mou- vements perpendiculaires l'un à l'autre. L'appareil permet donc une mise au point exacte de toute l'étendue du champ. Pour faire varier l'éclairage relatifau papier et à l'image on se sert : 1" d'une espèce de chapeau R qui emboîte le prisme et qui est muni sur son pourtour de verres enfumés (pi. I, tig. 1); ^^ d'un disque excentrique B garni, lui aussi, de verres enfumés (pi. I, fig. 1). Disque et chapeau ont chacun un trou complètement vide; ils peuvent donc rester sur l'appareil, même quand il n'est pas nécessaire d'amortir l'éclairage de l'image, ni celui du papier. Le verre de lunette dont les observateurs à vue anor- male peuvent avoir besoin pour distinguer nettement le dessin, est centré sur le trou supérieur du couvercle R et introduit dans son ouverture après avoir été au préalable taillé convenablement. Cet appareil permet donc les variations d'ajustement les plus diverses pour obtenir les conditions les plus avantageuses au dessin. Pour éviter toute distorsion il est à conseiller d'employer avec l'appareil le pupitre à dessiner du docteur ^Y. Bernhard modifié par Zeiss 64 SOCIÉTÉ BELGE UE MICIIOSCOPIE. {Zeilsclu'ift fur wissenscliaft. Microscopie, Band D, p. i'50, 1892, et Bd II, page 208) et dont nous donnons Fig. 1. ici la figure (fig. 1). Ce pupitre lend de bons services pour l'ajustement du papier par lapport au microscope. L'élévation de ce pupitre se laisse varier pour l'ajuster suivant la grandeur du microscope employé et suivant la distance de vue de l'observateur. Pour éviter toute distorsion et pour obtenir un dessin correspondant aux dimensions du grossissement du microscope, le plan de dessin se laisse incliner par rap- port au plan horizontal dans un angle de 55°. Le micioscope même se fixe sur la plaque fondamen- tale de ce pupitre; de cette façon la position du papier, par rapport au microscope, ne se dérange pas et l'image BULLETIN DES SÉANCES. 8$ reste toujours exacte sansque l'on ait à faire de nouveaux ajustements. Le prix de la chambre claire est de 75 fr. Le pupitre se fait en deux exécutions : 1" pour l'emploi avec un microscope placé verticalement fr. 45-75; 2° avec un mécanisme d'inclinaison, pour l'incliner en même temps que le microscope fr. 52,50. H Nouvelle platine mobile pour statif I". Cette platine, d'une construction très soignée, a l'avantage de rendre superflu l'emploi d'une seconde platine massive séparée en caoutchouc durci. Notre planche II, nous montre le statif muni de la nouvelle platine mobile. Voici la description de ce mécanisme. L'un des petits côtés du porte-objet est, comme d'ordi- naire, appuyé contre l'équerre A (fig. 2), tandis que l'un des grands côtés est pressé contre le rebord du cadre II. A l'aide de la deuxième équerrc B qui glisse dans une rainure longitudinale, il est facile de bien fixer le porte- objet. Pour s'adapter aux différents formats des porte- objets, l'équerre A peut être placée à plusieurs points du cadre à l'aide de la vis h, d'une goupille et d'une série de trous percés dans le métal du rebord (i). Le cadre avec ses équerres et le porte-objet peut être (1) C'est avec intention que la vis h nécessite l'emploi d'un tournevis; elle est lixéc une fois pour toutes p;ir le inicroi;ra|ilie qui se sert de rinstruuioul. Si elle pouvait ùlrc dépluct3e trop facilement, la sûreté du ri'péragc serait compromise. 56 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPJE. déplacé vers la droite de 50 m/m, au moyen du pignon K qui engrène dans une crémaillère; il est guidé dans ce W Fig. 2. mouvement par une queue d'aronde placée immédiate- ment au dessous de la crémaillère. Le vcrnier Ni de la division S, permet de mesurer le déplacement du cadre; sa lecture sert en même temps à caractériser la position du cadre. Le bouton TFqui dépasse la platine sur le côté droit de l'instrument, actionne une crémaillère perpendiculaire à la première, et fixée au dessous de la platine T; ce bouton déplace la platine d'avant en arrière. Deux glissières vissées sur la table supportant la pla- tine mobile (invisibles dans la figure, parce qu'elles sont complètement recouvertes), assurent à celle-ci une marche à la fois exacte et douce. On voit par contre sur la figure quatre bandes surélevées sur la table G; ces bandes sont soigneusement aplanies et polies et servent d'appui au lîULLETlN DES SEANCES. 87 mouvement de la platine mobile. Le déplacement est encore mesuré et par conséquent la position de la platine caractérisée par la lecture du vernier A2 sur l'échelle S-r, le mouvement peut atteindre dans cette direction 55 m /m. La platine mobile Test percée d'un trou ovale allongé dans la direction du mouvement; ce trou s'élargit en forme de cône vers le bas; la table G qui supporte la platine mobile est percée d'un trou circulaire; on assure ainsi le contact du porte-objet avec la surface supérieure du condensateur. On sait que ce contact est indispensable pour la microscopie moderne. La construction est solide et massive, ses surfaces de glissement et ses mécanismes de mouvement sont garantis contre la poussière et contre toute action atmos- phérique ou mécanique. On peut même, si on le désire, Fig. 3. découvrir avec la plus grande facilité toute la surface de la table : en desserrant le bouton X on enlève le cadre x\i 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. H qui n'est iixé que par deux goupilles et la vis L, la table prend alors l'aspect représenté par la fig. 5. En fait, on peut poser sur la table une plaque de cul- ture qui la couvre de toute son étendue, c'est-à-dire atteint la bride du prisme. Il est possible aussi de fixer un porte- objet d'un format quelconque sur la table à l'aide des valets FF et qu'on pique dans des trous ménagés à cet effet dans la table. Grâce au bouton ]F, on pourra encore déplacer mécaniquement l'objet dans une seule direction; le déplacement sera mesuré à l'aide du vernier lYo sur l'écbelle S.. Le bouton W sert en même temps de manette pour faire tourner la platine; on choisira donc à son gré la direction du mouvement de la platine, soit d'avant en arrière, soit de gauche à droite, soit encore dans toute autre. III Modification du condensateur permettant le passage commode de la lumière ordinaire à l'éclairage d'Abbé. Le stalif figuré pi. III, fig. 1 est muni d'un nouveau mécanisme, ayant pour but de passer d'une façon très commode de la lumière avec le condensateur Abbé, à la lumière ordinaire à diaphragmes. Le condensateur est appliqué au moyen d'un mécanisme spécial, de façon à pouvoir être écarté par un petit levier. On peut observer ainsi à la lumière simple, variée par un diaphragme-iris. Quand on veut de nouveau avoir la lumière du conden- sateur, on remet ce dernier en place par un simple mou- vement du petit levier. BULLETIN DES SÉANCES. S9 Ce contlensaleiir Ai)bé est fourni maintenant sur demande à tous les slatifs de là Va contre une majoration de prix fr. 51,2-^« IV Nouveau statif de petites dimensions (statif Yl'). Ce statif réunit toutes les pièces nécessaires pour l'usage normal des objectifs les plus forts, il est d'un prix peu élevé, suffît pour tous les travaux à faire dans la médecine, biologie, etc. Notre planche IV fournit la figure du nouvel appareil construit par la maison Zeiss. Ce statif suffîi a au médecin praticien, il pourra lui servir pour des recherches sérieuses; il sera certainement employé dans les laboratoires pour les élèves travaillant déjà avec des objectifs forts (immersion). Il est construit d'après le type de tous les microscopes ordinaires de la maison Zeiss ; ses dimensions et tout son arrangement tiennent le milieu entre le statif IV et VI. Un pied en fer à cheval lui assure une s-tabilité sufli- sante; toute la partie supérieure peut s'incliner jus([u'à l'horizontale. La platine massive, noircie au feu, de 80 X 80 m/m (distance de l'axe optique jusqu'à la péri- phérie de la bride du prisme = 40 m/m) est assez grande pour permettre l'emploi des porte-objets ordinaires, mais non des plaques de culture, etc. Au-dessous de la platine est fixé le manchon employé par la maison Zeiss depuis quelque temps déjà : on peut y introduire com- modément et sûrement, et par suite échanger entre eux avec rapidité les appareils suivants : GO SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOI'IE. a. le diapliragme-cylindre ordinaire (avec trois dia- phragmes de grandeurs différentes). b. le diaphragme-cylindre à iris nouvellement construit; l'ouverture de ce diaphragme peut être agrandie et rapetissée d'une manière continue (fig. 4). c. ie système d'éclairage N" 19 de 1,0 ouv. num., muni d'un diaphragme-iris fixé au centre de son plan focal inférieur. Ce système d'éclairage est indispensable quand on veut travailler avec des objectifs forts (fig. 5 Fig. 4. Fifl. 5. Le système d'éclairage N" 19 suffit même pour les études bactériologiques à « éclairage plein » ; car lorsque le porte-objet n'est pas relié au condensateur par une couche d'huile ou d'eau (et ordinairement cela ne se fait pas), les grands condensateurs eux-mêmes ne donnent qu'un cône d'éclairage d'une ouverture numérique de 1,9, quand le diaphragme-iris est ou enlevé, ou conqilèlement BULLETIN DES SÉANCES. 6! ouvert. Le reste du cône se perd par réflexion totale à la surface supérieure du condensateur. Cette ouverture de 1,0 est absolument suffisante pour les besoins de l'éclairage axial. Naturellement ce système de condensateur ne permet pas l'emploi de l'éclairage oblique ; les micrograplies qui, pour leurs recherches, auront besoin de ce mode d'éclairage, devront choisir l'un des grands statifs (l' II' IV^ V"). La lumière est envoyée dans le condensateur par un double miroir plan et concave (de 56 m/m de diamètre) capable de tourner dans toutes les directions. Le prisme qui guide le mouvement micrométrique pour la mise au point exacte, est fixé sur la platine. Ce mouvement micrométrique est tout aussi précis pour le statif VP que pour les grands modèles ; il permet l'emploi des objectifs les plus forts, même des objectifs à immersion. Ce qui caractérise le statif YP c'est son mouvement rapide par crémaillère et pignon. Le tube (qui ne porte pas de division), a au maximum une longueur de 160 m/m, longueur pour laquelle sont ajustés tous les objectifs. Quand on se sert d'uii revolver — ce qui peut se faire très commodément avec ce statif — la longueur du tube doit être diminuée de la hauteur du revolver (environ \o m/m). Un trait marqué sur le tirage indique exactement la longueur à donner au tube quand on se sert du revolver. Le prix de ce statif avec diaphragme-cylindre ordi- dinaireestde fr. 151.25; avec diaphragme-iris fr. lil.:25 et avec le condensateur et le diaphragme-iris fr. 150. 62 SOCIÉTÉ BELGK DE MlCKOSCOl'IE. M. Drosten montre encore un nouvel instrumenl construit par la maison Zeiss : les jumelles stéréosco- piques ou télestéréoscope; il met à la disposition des membres et intéressés des descriptions détaillées de ces instruments. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. PI. I. Fig. 1. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. PI. II. Bulletin de la Société belge de Microscopie, t. XXI. P. III. i'W'''''"''iiiiii!Œ^ f||||ljïliiii;iiii!!iiiiiiip[iiii!Baaii[[|ll|^ Fiîï. 1. R Fig. -2. J Bnlletin de la SocJéT>r \te\^f; <]fi Microscopie, t. XXI. PL rv' C.ZEISS JEMA. BULLETIN DES SÉANCES. 63 COMPTES RENDUS Eï ANALYSES M. Bourquclot (Bulletin de la Société botanique de France, t. 41, session extraordinaire de Genève, août 189i, p. XAXVII) a démontré dans la racine de certains Polygala, la présence de l'essence de ^Yintergreen ou éther 3Iethylsalicylique. Ce produit avait été trouvé jusqu'à ce jour dans les Betula lenta, Gaulleria procnmbeus, Gaulteria Lesche- naultii, Cm. punctala, G. leiicocarpa enfin dans les Polij- f/ala senega et al ha. L'auteur a pu déceler la présence de ce corps dans les Pohjfjala vulgaris, P. depressa, P. calcarea et dans le Monotropa Ilijppopitys. C'est surtout dans la tige de cette dernière plante que se trouve localisé le principe, tandis que c'est dans les racines des Pohjgala, qu'on le trouve le plus abondamment. Il était assez intéressant de signaler la présence de ce corps chez ces plantes si différentes. Le mode d'extrac- tion du principe est différent suivant les deux cas, il est exposé en détail dans la note de M. Bourquclot. É. D. W. * * w M. Mangin après avoir étudié les principes constituants de la membrane des cellules, a entrepris l'étude des mucilages; ceux-ci peuvent se classer en trois groupes. Ils se rapportent aux trois groupes de constituants des membranes [Uidlelin Société bolani(fuc de France, ses- sion de Genève 1894, p. XL). 6i SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Il distingue les mucilages simples, les mucilages mixtes, formés par le mélange de mucilages simples, et cite enfin un certain nombre de mucilages qui ne pré- sentent pas les réactions colorantes caractéristiques. Les mucilages cellulosiques sont coagulés par l'alcool clilorhydrique, insolubles dans l'oxalale d'ammoniaque. Ils se gonflent par l'eau, mais lentement. Ils s'illumi- nent de teintes irisées entre les niçois croisés, comme la cellulose. Ils se colorent par l'orseilline BB, le noir napthol en bain acide, et par le rouge Congo, la benzo- purpurine, la delta purpurine, la benzoazurine en bain alcalin. L'iode n'a que peu d'action, elle colore parfois le mucilage en brun. Ce genre de mucilage parait rare, l'auteur l'a rencontré uniquement cbez le Salep. Les mucilages pectosiques se gonflent très rapide- ment par l'eau, dans laquelle il se dissolvent. Cette solution devient très fluide quand on y ajoute des alcalis ou des acides bouillants. Ils n'ont pas d'action sur la lumière polarisée. Ils se colorent par le bleu de méthylène, safranine, bleu de napthylène, rouge neutre et surtout par le rouge de ruthénium en bain neutre. Ces mucilages sont beaucoup plus communs. Ils se rencontrent chez beaucoup de phanéroganes, chez cer- taines Algues et chez certains Champignons. Les mucilages callosiqucs, sont solubles dans les alcalis, le bichlorure d'étain. Ils se liquéfient, mais sans se gonfler. ; de même que les précédents, ils n'agissent pas sur la lumière polarisée. Ils se colorent par la rosa- zurine, l'azo violet, l'azo bleu en bain alcalin, et parle triphénylméthanc (bleu d'aniline], en bain acide. Ces mucilages sont également assez abondants et sur- BULLETIN DES SEANCES. 63 tout parmi les Champignons; clans les Phanérogames on les rencontre dans les cellules mères des anthères. Quant aux mucilages mixtes, ils jouissent à la fois des réactions des mucilages dont ils sont formés. Parmi les mucilages indéterminés, M. Mangin range un mucilage qu'il a ohservé dans l'alhumcn de certaines graines et en particulier dans celles du ('arouhier. É. D. W. BlLLETIi\ DES SÉA1\CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE ÏOME XXI. N" VI. 1894-1895. i*rocès-voi*I)al de la séance iiieiisuelle «lu 18 maiv^ 1805. Phésidence de m. Rouffart, président. La séance est ouvcrle à 8 1/2 lieures. M. Errera fait excuser son absence. M. De Wildcman rappelle à l'assemblée la mort de M. Bommer. M. J. É. Bommer professeur à rUniversité et conservateur au Jardin botanique de l'Etat à Bruxelles, fut l'un des membres fondateurs de la Société. Il avait quitté celle-ci il y a peu de temps, parce que ses éludes s'éloignaient un peu de la microscopie. Sur la proposition du seci'étaire, il est décidé que quelques lignes seront consacrées, dans le Bulletin, à la mémoire de J. É. Bommer. BULLETIN DES SÉANCES. 67 Communications : M. Nypels expose, d'après les travaux- récents et ses recherches personnelles, le résumé des ohservations qui ont été faites sur la sexualité des Urédinées. Il montre à l'appui de ses ohservations une fort belle série de prépa- rations microscopiques. M. Nypels veut bien se charger d'écrire une courte notice sur le sujet qu'il a traité; cette notice paraîtra dans le Bulletin. M. De Wildeman signale quelques-unes des espèces nouvelles de Champignons aquatiques qu'il a étudiées pendant son dernier séjour à Nancy, au Laboratoire de botanique de la Faculté des Sciences. Le résultat de ses observations paraîtra ultérieurement dans les publica- tions de la Société. M. Francotte montre une série de préparations microscopiques et de clichés photographiques des plus intéressants. M. Francotte attire surtout l'attention sur les noyaux des Vorticelliens et sur une question qui sera étudiée ultérieurement par deux de ses élèves, MM. Sand et Joris. J. É. BOMMER ('82n-i80o) Né à Bruxelles, le 17 novembre 18'29, Jean-Edouard Bommer qui compta parmi les membres fondateurs de la Société belge de microscopie, est mort dans cette même ville le ]9 février dernier. La carrière scientifique de Bommer, commença bien modestement, il débuta comme ouvrier typograpbe. Tous les loisirs que lui laissait son métier étaient passés à l'établissement Van der Maelen. Cet établissement sorte de Musée encyclopédique que les frères Van der Maelen avaient fondé à Molenbeek, renfermait des col- lections appartenant à toutes les branches des sciences. Mais parmi toutes, c'étaient les produits végétaux exoti- ques, les grands troncs de Cycadées et de Palmiers; et un assez bel herbier que possédait l'établissement qui attiraient l'attention du jeune Bommer. Les frères Van der Maelen encouragaient fortement tous ceux, qui s'intéressaient d'une manière quelconque aux sciences naturelles, ils poussèrent Bommer vers la botanique et l'attachèrent même pendant quelque temps à leur Musée. En 1855, il fut attaché au Jardin botanique de Bruxelles, qui appartenait à cette époque à la Sociale royale dliorlicuUiire de Hchjicjiic. Quand en 1870 la Société céda son local et ses collections à l'Etat, ce fut Bommer que l'on nomma conservateur des collections. Toute l'histoire assez mouvementée de la Société cllior- liciiUure a été racontée par Bommer lui-même dans l'excellente notice sur le «Jardin botanique de Bruxelles», BULLETIN DES SÉANCES. 69 qui a été publiée en 1870 dans le Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. Cette même année il fut nommé professeur de bota- nique à l'Ecole d'borticulture de l'État à Yilvorde et en 187:2 on le nomma professeur extraordinaire à l'Univer- sité de Bruxelles. Ce fut en 1879, qu'il fut promu à l'ordinariat, il enseignait en ce moment toutes les bran- ches de la botanique, même la i)otanique industrielle. Ses recherches portèrent sur toute une série de points intéressants, mais il s'était voué surtout à l'étude du groupe des Fougères. Une première partie de ces études comprenant l'historique des classifications a paru. La monographie du genre Adiantum qu'il pré- parait depuis de longues années, et à laquelle il mettait la dernière main quand la mort est venue l'enlever, sera publiée par les soins de son fils, M. Ch. Bommer. rSous ne voulons point faire ici l'analyse complète des travaux du regretté professeur Bommer; nous avons tenu à consacrer quelques lignes à celui qui pendant tant d'années fut un de nos confrères. Mieux que nous ne pourrions le faire, M. le professeur Errera a retracé dans la leçon de réouverture du cours de botanique à la Faculté des sciences de l'Uuiversité, la vie et la carrière L scientifique de Bommer (1). ' É. D. W. (l) BuUelin Soc. roij. de Bol. de Belgique, l.ôi, première partie, p. T. La prôsciicc «l^or^aiie^i» »exiicl$ii chez les L'i'édiiiéeis, par P. Nypels. Dans une note parue en 1888 {Annals of BoUnuf, .Tune 1888, p. 47 avec Planche IV.) M. Massée publiait des observations faites par lui sur VAecidium ranuncii- lacearum : Sur des coupes faites dans des feuilles de Ficaire, chez lesquelles la présence du parasite ne se manifestait encore que par une légère décoloration, il aurait rencontré des organes sexuels bien caractérisés. Après fécondation, il se produirait sur toute la surface de l'oogone un grand nombre de protubérances destinées à former plus tard, les externes le péridium, les autres les chapelets de spores. 31. Neumann a étudié récemment (Hedwigia, 1894, p. 540, avec planches) le développement complet des écidies et des spermogonies chez un certain nombre d'Urédinées, parmi lesquelles un-^ecidium ranuncuUi' ceariim peut-être différent de l'espèce étudiée parMassee. Il est arrivé à la conclusion que les écidies et les sper- mogonies se formaient directement aux dépens d'un amas de filaments mvcéliens. J'ai fait des recherches analogues et suis arrivé aux mêmes conclusions que M. INeumann. Mes résultats étant, dans leur ensemble, identiques à ceux de cet auteur, je crois inutile de les détailler ici. Pas plus que lui, je ne suis parvenu à retrouver, soit dans les amas mycéliens et les jeunes fructifications, soit avant la for- BULLKTIN DES SÉANCES. 71 mation de ces amas, les organes sexuels Hgurés par M. Massée. Je me suis servi surlout des coupes microtomiques après inclusion à la paraffine, mais j'ai employé égale- ment d'autres méthodes de recherches : les coupes à la main dans les matériaux frais ou fixés à l'alcool, les inclusions à la celloïdine. J'ai répété mes ohservations un très grand nombre de fois. Il est assez difficile d'obtenir des préparations dura- bles ; la plupart des procédés de montage et de conser- vation font dispai'aitreàlalongue les détails de structure. J'ai cependant obtenu des préparations qui se sont assez bien conservées, par la double coloration à la brésilinc et à l'hématoxvline et le montage au dammar ou au baume. Des préparations plus démonstratives encore s'obtiennent par l'emploi d'un produit d'altération de l'hématoxyline, rencontré dans un extrait de campêche du commerce. Ce produit colore uniquement l'Urédinée et laisse non colorés les tissus de la plante nourricière; mais il est difficile à isoler et ne semble pas pouvoir être utilisé pratiquement. Ce n'est que par des tâtonnements et des essais répétés que je suis arrivé à obtenir, sur une centaine de préparations, quelques colorations bien pures. La seule espèce étudiée d'une façon complète et appro- fondie est XAecidium Eupfiorbiae [Uromyces Pisi/) sur Euphorbia Cijparissias. Cette Urédinée qui peut envahir toute la plante d'Euphorbe et y hiverner, modifie consi- dérablement l'aspect extérieur de celle-ci ; les feuilles sont entières ou presqu'entières, plus épaisses; elles portaient, dans les échantillons étudiés par moi, de nombreuses écidies et spermogonies à la face inférieure, 72 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. des spennogonies à la face supérieure. Les euphorbes utilisées par M. Neumann ne portaient que des spermo- i'onies. Le mycélium des Urédinées est en général intercellu- laire, se bornant à envover des haustories à l'intérieur des cellules, et ne pénétrant guère dans celles-ci tant qu'elles sont intactes (Cfr. Neumann, loc. cit., p. 558). Cependant, en parcourant les notes prises par mois au cours de mes recherches, je vois signalée la présence fréquente de lilaments circulant dans les cellules libé- riennes et, chose assez curieuse, également dans les laticifères. Les cellules épidermiques surmontant les écidies et les spermogonies étaient aussi envahies par rUrédinée. Dans les matériaux étudiés, les spermogonies se trouvaient habituellement en rapport avec les trachées par des filaments mycéliens allant s'appliquer extérieu- rement contre celles-ci (à l'intérieur des trachées, je n'ai jamais trouvé de filaments). Peut-être y a-t-ii avantage pour le parasite à mettre en relation directe avec la source d'eau ses spermogonies. Ces fructifications produisent chez certaines Urédinées et notamment chez VAccidium Euplwrbiac un liquide visqueux, ayant une odeur et une saveur spéciale. Une auti'e espèce, XAccidium Frmujidae Sclium, [Piicciiiia caronala Corda p. j).) a été également étudiée. Mais les échantillons recueillis étaient envahis par divers parasites. A la surface se trouvait une forme Cladusporiiun, qui est sans doute tout simplement le Cladosporiiim lierba- rum, ayant un habitat particulier {Cladosporiiim accidii- colum Tliùmcn?) Il n'est pas rare de rencontrer sur les BULLETIN DES SÉANCES. 73 Urédinées ce Cladosporium, soit en saprophyte dans le liquide déversé par les spermogonies, soit dans les sores ou sur les écidies. Dans ces derniers cas, il peut fonctionner comme parasite; j'ai vu ses filaments mycé- liens pénétrer dans les téleutospores de Puccinia fiisca et en absorber le contenu. Sur YAecidium Frangulae que j'étudiais, cet Hyphomycète semblait superficiel. Mais dans les amas mycéliens et les écidies, et dans le parenchyme voisin, fructifiait abondamment un autre ennemi de l'Urédinée, le Dariiica fitum, et dans ou sur les filaments mycéliens eux-mêmes semblait se trouver encore un troisième parasite. D'après l'apparence sur certaines coupes, c'était probablement une Chytridiacée. (Un C/iijtridiiim a été décrit par Lagerheim dans des urédospores). J'ai trouvé dans mes préparations de cet Aecidium ainsi attaqué des aspects très bizarres, variant d'une coupe à l'autre, dus sans doute à l'action des parasites et qu'on aurait pu interpréter de façons très diverses. Il y aurait des observations très intéressantes à faire sur les déformations parasitaires des filaments mycéliens d'Urédinées et sur les organismes qui les produisent. J'ai été obligé d'interrompre brusquement mes recher- ches et je ne les ai jamais reprises. Cet Aecidium Frangulae présentait encore une autre particularité ; la présence d'écidies situées dans la pro- fondeur des tissus et ne s'ouvrant pas au dehors. On s'explique très bien que des sores de téleutospores se forment dans la profondeur des tissus. Ces spores passent par une longue période de repos et peuvent être mises en liberté, avant leur germination, par la destruc- tion des tissus environnants. J'ai observé cette formation 7-i SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. interne de sores chez XUromijces Ficariae Lev. (Cfr. : Botanisch Jaarboek Dodonaea, 1805, p.5i).W.G. Smith (Gardeners Chronicle. Août 1885, p. 2io) dit avoir trouvé des téleutospores de Piœcinia graminis à l'inté- rieur de grains d'avoine. Mais en ce qui concerne les écidiospores, on est assez habitué à les considérer, sans preuves certaines, il est vrai, comme conservant peu de temps leur vitalité; il semble dès lors peu probable que ces spores formées à l'intérieur des tissus puissent servir. Il y a là soit une simple anomalie, soit l'effet de l'action excitante d'un parasite. W. G. Smith (Gardeners Chronicle. March 1886, p. 508 et 500), décrit et figure également des fruits de Berberis attaqués par VAecidiiim Berberidis et présentant des écidies à l'intérieur des graines. Je reviendrai peut-être plus tard sur la question de la fécondation chez les Urédinées, à propos des travaux récents de MM. Dangeard, Vuillemin, etc. Les recherches mentionnées ci-dessus ont été faites en 1800 et 1801 à l'Institut Botanique de Liège, où M. Gravis avait bien voulu mettre à ma disposition les instruments et objets nécessaires. Mars 1805. Li^Ox^cliroiualiiie et la basieliroiiiatiiie claiiii» les noyaux des ^'orticellleiis, par V. Fmncotte. Messieurs, j'ai l'honneur de vous soumettre quelques préparations microscopiques qui me paraissent avoir un véritable intérêt. Elles ont été confectionnées dans les conditions suivantes : deux de mes élèves, MM. Sand et Joris, que vous venez d'admettre comme membres asso- ciés, m'apportèrent au mois d'octobre dernier un certain nombre d'exemplaires de VArgiUus foliaceus qu'ils avaient trouvés sur différents poissons. Je leur ai pro- posé, à ce moment d'étudier ces intéressants crustacés par les méthodes que je leur ai indiquées. Quelque temps après, ils me montrèrent les coupes de l'animal dont il s'agit plus haut; elles étaient on ne peut plus intéressantes ; mais plus intéressantes encore étaient les vorticelliens qui vivaient attachés au corps de VAi^gulus. Ces protozoaires avaient été débités en tines tranches, en même temps que le crustacé qui les portait. Le liquide de Biondi, employé comme colorant, avait produit dans le macronucléus, comme dans le micronu- cléus, des différenciations réellement instructives. Le macronucléus que vous verrez là avec l'objectif N. A = 1.50, 2 millimètres, Apoch. de Zeiss, a l'aspect d'une bandelette recourbée d'une teinte générale ver- 76 SOCtÉTÈ RRLGE DE MICROSCOPIE. dâtre; vous verrez d'une façon remarquable et colorées en rouge rubis, de très petites spbères, des microsomes, qui constituent ce que Heidenbain (i) a appelé lanlha- nine ou oxycliromaline. Cette dernière substance que l'on rencontre dans la cbromatine absorbe la Rubine S ou fuscbine acide qui entre dans le réactif de Biondi. Parce qu'elle se colore par une couleur d'aniline acide, Heidenbain lui a donné le nom d'oxycbromatine. Dans la cbromatine, cet auteur a décrit une autre substance qu'il a appelé basichromatine, parce qu'elle prend le vert de métbyle, couleur d'aniline, qui est au contraire basique. De très petits microsomes, colorés en vert, existent dans le macronoyau; ils sont plus difficiles i\ découvrir; il faut même quelques instants d'attention pour les voir nettement. Tous les macronoyaux, sur les nombreux vorticelliens que vous trouverez dans les préparations, montrent nettement ce que je viens de décrire. Voici un pbotogramme obtenu avec l'objectif N.A=1 .i0,5millim. apocb. et l'oculaire projecteur 4 (Zeiss) qui reproduit d'une façon saisissante les petites perles d'oxycbromatine que vous observez au microscope au sein du macronoyau. Le grossissement est déjà considérable, il est de 1000 diamètres. J'estime que c'est grâce à la métbode des couj)es que la découverte de l'oxycbromatine a été faite cbez les vor- ticelliens : comme vous pouvez vous en assurer, l'oxy- cbromatine à l'état de spbérules se trouve toujours incluse assez profondément dans le noyau. La coloration Martin Heidenrain. Neue Untersuch. liber die Centralkôrper und ihre Bcziehungen zum Kern-und Zelleti proioplasma : Arcliiv fur m'ikrosk. Anatomie, 4^3 Bd., drille Hefl, mai 1894. BULLETIN DES SÉANCES, 77 générale du macronoyau étant verte, une mince couche de vert doit nécessairement éteindre la couleur rouge qui lui est complémentaiie. Sans coupe, sur des animaux entiers, le noyau n'aurait offert à l'observation que des sphérules d'aspect d'un gris clair qu'il eût été impos- sible d'identifier à l'oxychromatine. Tandis que dans le macronoyau, l'oxycbromatine se montre plus nettement, dans les micronoyaux, au con- traire la basichromatine est mieux diffenciée. Remarquons que Heidenhain a observé que dans les micronoyaux au repos d'un infusoire de l'intestin du Triton lielveticus, il n'existait pas de basichromatine. Mais il a trouvé dans les fuseaux qui sortaient de ces micro-noyaux des masses basichromatiques. Ceci ajoute le savant histologiste semble prouver que l'oxychromatine peut se transformer en basichromatine. Nous avons engagé MM. Sand et Joris à vous présenter le résultat des recherches qu'ils ont entreprises sur le sujet dont je viens de parler; je m'abstiendrai donc de donner en ce moment de plus longs détails sur la question. M. Francotte attire ensuite spécialement l'attention sur trois clichés positifs représentant, photographiés d'après nature, des œufs A' Ascaris megatocepliata pro- venant d'une même femelle; l'un offre au stade de l'étoile mère, cinq chromosomes parfaitement différenciés, le second, au même stade, montre trois anses chromatiques, enfin le troisième n'en montre que deux. Quelques expli- cations sont données à propos de cette anomalie, qui n'a, croyons nous, pas été signalée jusqu'ici. 78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. Le Président remercie M. Francotte d'avoir bien voulu présenter à la Société quelques-unes de ses belles pré- parations. Élections : MM. R. Sand et H. Joris, étudiants en médecine, présentés par MM. Francotte et Rouffart, sont admis au titre de membre associé. L'ordre du jour étant épuisé la séance est levée à 10 heures. La prochaine séance aura lieu le quatrième lundi du mois d'avril, c'est-à-dire le 22 avril. BULLETIN DES SÉANCES. 19 COMPTES RENDIS ET ANALYSES Dans ces derniers temps l'on a étudié les Champi- gnons fossiles; des travaux assez importants ont paru sur les organismes que l'on rencontre dans les prépara- tions de bois fossiles. Nous trouvons un travail assez important dans la Zeitsclirift der deutsclie geol. Ces. 1894, travail reproduit dans la Revue myco logique du 1" avril 1895. Certes les formes sont intéressantes, mais dans bien des cas incomplètes, et leur description me paraît devoir être diiîicile à interpréter. M. Renauld, du Muséum de Paris, bien connu par ses recherches paléontologiques, a également publié dans ces derniers temps deux articles sur les Cliytridi- nées fossiles du Dinantien et sur les Parasites des écorces de Lepidodendrons (Le Naturaliste 15 mars et 1" avril 1895). Dans le premier de ces articles l'auteur décrit VOocliijlrium lepidodendri qui vient se ranger dans le voisinage des Cladoclujlrium,et qui à notre avis même est tout simplement une forme de ce genre. Dans le second article, l'auteur figure simplement les formes qu'il a observées, leur détermination n'est pas possible dans l'état, où elles se trouvent dans ces tissus. Il me paraît même déjà des plus osé, d'affirmer que les globules que l'on observe dans les cellules sont des oospores de Chytridinées. Des cellules de cette forme se retrouvent fréquemment dans les tissus vivants sans qu'il soit possible de les rapporter avec certitude à des orga- nismes végétaux déterminés. 80 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. M. Renault a également trouvé des bactéries, l'une d'ellequi envahit les cellulesdu liège des Lcpidodcndrous et Sigillaires, est désignée sous le nom de Micrococcits prisais. L'auteur en fournira la description plus tard. É. D. W. lîLLLEllX DES SÉAACES DE LA SOCICTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XXI. N" VII. 1894-1895. l*roeès-verl>al de la séance iiieiiiiiiielle du tî2 avril 18f>5. Présidence de M, Rouffart, président. La séance est ouverte à 8 J^ heures. M. De XYilJcman, fait part de la mort d'un membre effectif, résidant à l'étranger, M. Julien Debv. M. Deby, qui fut pendant longtemps un des membres actifs de la Société, est décédé à Slieffîeld le 1 i avril dernier. Ses recherches microscopiques ont porté sur- tout sur le groupe intéressant des Diatomées, dont il possédait de riches collections. M. le D' H. Van Heurck, veut bien se charger d'écrire une notice sur la vie et les travaux de notre regretté collègue. M. De Wildeman, présente quelques préparations XXI 7 83 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. niiei'oscopiquos il'iuio Aliiuo, nouvelle et intéressante, qu'il a trouvée dans la eoUeelion Sehleielier, eonservée au Musée de Lausanne. Cette Algue appartient au genre Vauchcr'm, et l'auteur propose de la dédier à Sehleielier, sous le nom de V. Schlcic/uii. La deseription de eette espèee aeeonipagnée de ligures sera publiée ultérieurement dans le iUilletinde l'Herbier lîoissier (^Cliambésy, Cienève). M. De \Vildema[i, eommunitiue à la suite de eet exposé une lettre signée P. Otlel et H. Lafonlaine, ilans laquelle ees Messieurs demandent l'adhésion de la Soeiété au projet de réunir dans un même loeal, les diverses Sociétés scientifiques de l'agglomération bruxel- loise. A la suite d'une courte discussion il est décidé (pi'il n'y a pas lieu pour la Société de microscopie d'aban- donner son local, vu que dans les nouvelles construc- tions que l'État érige en ce moment au Jardin botanique, il lui a été réservé un emplacement pour ses collections. Il est décidé que M. le Président voudra se charger d'écrire en ce sens à >LM. Otlet et La Fontaine. La séance est levée à 10 heures. SDR L'ATTACHE DES CLOISONS CELLULAIRES CHEZ LES VÉGÉTAUX PAU Km. I>E 1VILDE.U4:% Depuis que nous avons publié nos Rechcrc/ics sur rattaclie des cloisons cellulaires (i), MM. Knyet Walir- lieli ont fait paraître sur la formation et l'accroissement en épaisseur ou en surface des membranes des cellules végétales, différents travaux où se trouvent attaquées, si pas directement au moins implicitement, les résultats auxquels nous étions parvenus dans nos études h). Les recherches de MM. Kuy etWahrlich, que nous associons ici, n'ont pas donné des résultats complètement semblables, elles sont d'ailleurs le résultat d'études sur des objets parfois très difïérents. Ces opinions ne sont pas toujours en accord, avec les idées qui commencent à se faire jour actuellement sur la mécanique cellulaire. Nous avons essayé de démontrer que le cloisonnement des cellules se fait en général, suivant une règle ou même une loi générale de la physique. Cette loi M. le Prof. Errera l'avait déjà énoncée en 188 7 à la réunion des naturalistes de Wies- baden;d'après elle, les membranes nouvelles qui naissent (1) Études sur Catlachc des cloisons cellulaires in Meni. cour, et Mcin. des savanls étrangers de l'Ac. des Se. de Beltjique^ t. LUI. (2) Kny, Ueber das ZuslanJekominen der Membranfalten in sei>-eii BczieluDujen znr Turgordruck [Ber. d. deulscli. Bot. Gfw/^v/j. Cil. M, j). 577. \\\H\\uc\^. Zur A)ialoinie dcr Zelle bei Pilieu un Fadenatgcn in Seri/Ha botaniea, t. IV, p. 101. 8i SOCIÈTH; belge UE MICUOSGOIME. dans une cellule au sein du protoplasme, s'attachent à angle droit, quand elles viennent s'appliquer sur des membranes anciennes; elles forment entre elles des angles voisins de 120% quand elles sont constituées en même temps. D'après celte n)ême loi, si une cloison vieillit, c'est-à-dire lorsque sa tension se rapproche de celle de la cloison sur laquelle elle s'attache, l'angle primitivement de 90", acquiert une valeur se rapprochant de 120". En d'autres termes, l'attache et la direction des cloisons est réglée par les lois régissant la disposition des lames liquides minces. Ces lois ont été fort bien étudiées par le physicien Plateau et par l'un de ses élèves M. le Prof. Yander Mensbrugge de l'Université de Gand. M. Kny a essayé de rejeter, ou du moins de jeter un doute sur cette théorie de la mécanique cellulaire. Il cite contre les lois de la physique appliquée à la structure cellulaire, les replis des membranes des anlhéridies des Cliara, des cellules épidermiques des pétales d'un assez grand nombre de fleurs, des cellules de la couche palis- sadique de certaines feuilles et enfln les cloisons trans- verses repliées des Spii-ogyra et les bourrelets des Oedo- ijoniiim. M. Knv écrit dans les conclusions de son article cette phrase; elle est dirigée contre les idées de MM. Errera et Berthold et par suite contre celles que j'ai développées dans le travail déjà cité : « Das Proloplasma ist ja nicht, \vie eine schr moderne Richtung der « Protoplasmame- chanik » annimmt, ein Kôrper, welcher nur den Moleculaïkràften zàher Flussigkeilen gehorcht; er ist vielmehr ein lebcndiger Organismus, der die Fàliigkeit der Formengestaltung besitzl «. Or tous les arguuients invoqués par M. Kny, ne peuvent, me semble-t-il, servir BULLETIN DES SÉANCES. 80 à réfuter le principe de la mécanique cellulaire, tel (juc M. Errera l'a énoncé pour la première fois à savoir : « Une membrane cellulaire, au moment de sa yenèse, tend à prendre la forme que prendrait, dans les mêmes conditions, une lame liquide sans pesanteur. » En effet presque tous les cas cités par M. Kny, ne sont pas primordiaux; les replis apparaissent après coup, sou- vent très longtemps après que la cellule où ils naissent a revêtu une forme en rapport avec les lois de la physique moléculaire. Jamais M. Errera n'a dit, jamais non plus je n'ai soutenu, que le principe régissant l'agencement des lames de cellulose devait s'appliquer à ces formations tardives. Nous avons envisagé la membrane lors de sa genèse, c'est-à-dire au moment où elle se différencie du protoplasme ambiant. M. Kny le reconnaît pour bien des cas lui-même, et pour les cellules des Cliara et pour celles de l'épiderme, il dit que les replis ne se constituent pas au moment de la formation de la cellule, mais bien qu'il s'écoule un certain temps avantleur formation. On peut observer dans les épidémies et dans les anthéridies de Cliara jeunes des cellules sans replis ; mais la forme de ces cellules, la manière dont elles sont agencées les unes avec les autres, est tout à fait en accord avec les données de la physique moléculaire. Nous pouvons également, pensons-nous, rejeter l'ar- gument tiré des replis des cloisons transverses des cellules de Spirogijra. D'après les données que l'on possède sur la formation de ces cloisons, et comme je l'ai vu souvent au microscope, les replis apparaissent quand la cloison a commencé à se former, quand elle a déjà formé un bourrelet assez 80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. conséquent vers l'intérieur de la cellule. Or ce bourrelet est à attache rectangulaire contre la paroi de la cellule, c'est-à-dire en accord avec les lois de la physique. On nous a parfois fait encore cette objection ; la lame séparatrice de deux cellules, a lors de sa naissance une composition analogue à celle du protoplasme qui l'en- toure; or pour avoir une disposition semblable à celle des lames d'eau de savon, il faut qu'il y ait deux sub- stances bien différentes en présence, telles par exemple de l'air et de l'eau de savon. Cette objection ne me semble guère valable, il se peut, et il est même fort pro- bable, que lors de sa naissance la lame de cellulose ait la plus grande analogie avec le protoplasme ambiant; mais il suffit pour l'application de la loi que lors de la genèse, elle possède une consistance et une composition difïérente de celle du protoplasme environnant. Or, n'est-ce pas ce qui arrive ; quand la membrane est visible, , elle se différencie facilement du reste des composants de la cellule, par sa réfringence et par ses caractères chimiques. Cela est très suffisant me semble-t-il,pour justifier une comparaison entre les lames d'eau de savon et les cloisons cellulaires. M. Kny touche d'ailleurs accidentellement la ques- tion de la mécanique cellulaire dans son travail; celui-ci est plutôt dirigé contre les idées de M. Strasburger qui voit, dans l'accroissement de la cloison et dans la formation des replis, un résultat de Vapposilion. M. Kny au contraire admet la théorie de \intussusceplion. Mais nous n'avons pas à combattre ici l'une ou l'autre de ces théories, nous croyons d'ailleurs qu'elles entrent toutes les deux en ligne de compte dans l'accroissement en épaisseur ou en surface des cloisons cellulaires. BULLET!N DES SÉANCES. 87 Le travail de M. Walirlit'li s occupe du cloisonnement des cellules, dans le but de savoir si la membrane se forme de la périphérie vers le centre, apparaissant sous forme d'un bourrelet appliqué contre la paroi cellulaire; ou bien si la nouvelle séparation, n'est qu'un repli d'une couche interne de la membrane cellulaiie. Il admet cette dernière manière de voir, et il essaie de la démon- trer. Il prend comme texte de ses recherches un principe formulé par M. Gobi, dans un travail publié en langue russe. M. Wahrlich traduit de cette manière les idées de M. Gobi : « Bei der Theilung zerfalt das Plasma in zwei glciche Portionen, von welchen jede, sich mit cincr eigenen Membran umgebend,zu einer neuen Zelle Avird, wobei die Membran der alten Zelle erhalten bleibt. So ist denn jede in der Zelle auftretende Quer- wand nicht eine einfache lamelle, entstanden in Folge des Wachslhums der alten Zellmembran nach innen, d. h. sic ist nicht ein in's Innere der Zelle hineinvvach- sender Thcil der alten Membran, wie das Strashurger zu zcigen bemiiht ist, sondern eine doppelte Lamelle, welche dadurchensteht,dass die jungen Membranen der beiden sich mit ihren Enden beridirenden, neugebil- deten Zellen sich hier fest an einanderlegen. » Les idées émises par M. Gobi n'ont guère été discutées, elles ont paru comme nous le disions, en langue russe, accessible à peu de botanistes. Les expériences installées par M. Wahrlich pour prouver sa thèse, ont eu pour sujet des Algues et des Champignons. Parmi les Algues l'auteur a étudié la formation des cloisons chez trois espèces de Spirogura, une espèce (\'Ulollirix et deux iV()c(ln(f()nium. Plusieurs 83 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. espèces de Champignons ont également servi à ces recherches. Mais les Champignons sont des matériaux beaucoup plus délicats que les Algues, le diamètre de leurs fila- ments est en général trop petit pour pouvoir suivre la formation des cloisons séparatrices. Les cellules en division, des Algues citées plus haut, ont été observées à l'état frais, fixées par l'acide chro- mique à 1 p. iOO, ou plasmolysées par la glycérine ou une solution de sucre. A l'aide d'un objectif fort, l'auteur parvient à observer, surtout dans les préparations fixées à l'acide chromique, non pas une lame séparatrice unique, mais un repli annulaire de la couche interne de la membrane ancienne de la cellule mère. Et dans les dessins joints au travail, il nous montre la formation du repli. Nous avons répété pendant notre séjour au laboratoire de botanique de la Faculté des Sciences de Nancy, les expériences de Wahrlich, en employant des matériaux analogues et surtout des Spirogijra. J'ai fait agir sur des filaments de ces Algues, de l'acide chromique, de la glycérine, du sucre et de fiodure de potassium. Je n'ai pu observer dans les cellules récemment divisées, le dédoublement de la membrane cellulaire. Une seule fois j'ai rencontré une cloison transverse qui présentait l'apparence d'un repli, mais j'ai pu m'assurer que cette paroi n'était pas mince; que la cellule présen- tait un cas pathologique, le repli était formé de lames déjà épaissies. Supposons même, que le mode de division des cellules de ces Algues, soit bien celui indiqué par M. Wahrlich. Quand on plasmolyse des cellules récemment divisées, BULLETIN DES SÉANCES. 89 l'on observe facilement le peu de consistance de la cloison nouvelle qui ondule. Ceci suffit donc encore pour que la loi que nous rappelions plus haut, doive encore s'appli- quer ici ; nous nous trouvons en effet en présence de lames de tension très inégales, il faudra même si elles sont doubles qu'elles s'attachent sur la membrane primi- tive en formant des angles de 90% et c'est ce qui arrive. Nous aurons probablement l'occasion de revenir encore sur cette question, aussi ne discuterons nous pas plus avant les idées de MM. Gobi et Wahrlich qui sont aussi un peu celles de M. Kny. Si nous reparlons ici de l'attache des cloisons cellulaires, c'est que nous avons eu dans ces tous derniers temps l'occasion d'étudier une cloi- son des plus intéressantes, mal observée pensons-nous par M. Goebel qui l'a figurée pour la première fois. Il s'agit de cloisons des rhizoïdes d'une forme à'EpItc- mœrœ de Java, dont M. Massart a bien voulu, nous communiquer des matériaux récoltés pendant son séjour au Jardin botanique de Buitenzorg. Cette Mousse, vivant sur les feuilles, forme un grand nombre de filaments mycéliens rameux, fixés par des espèces de crampons à la surface de la feuille. A première vue ces rhizoïdes ne rappellent en rien les rhizoïdes de nos Mousses européennes, comme on le voit en exami- nant les figures jointes au travail de M. Goebel, (voyez Ann. Jard. bot. de Bnitenzory, t. VH, p. ()G, pi. IX). Un certain nombre des cloisons de ces rhizoïdes sont planes, en accord avec la loi de l'attache rectangulaire. Mais dans la figure 97 de la planche citée nous trouvons le dessin d'une cloison qui devrait faire excep- tion. Quoique ce dessin fût antérieur à la publication de notre travail nous ne l'avions pas remar(pié; mais 90 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. l'exception est encore une fois apparente, et la cloison de ces rliizoïdes est en tout comparable à celle du Ballia callilriclia, dont nous avons étudié la disposition dans nos recherches antérieures. La ligne figurée par M. Goebel dans la cellule du rhizoïde de celle Epliemerœ, comme celle dessinée par M. Magnus dans ses études antérieures sur la morphologie du Ballia, n'est pas la coupe de la cloison ; elle représente au contraire l'attache de la membrane transverse contre la paroi interne de la cellule. Pour pouvoir être en harmonie avec les lois de la physique moléculaire et ne pas faire exception à la règle que nous avons essayé de démontrer, il faudra trouver dans la membrane des courbures telles qu'en chaque point il existe des courbures compensatrices, e'est-à-dire égales et de signes contraires et en outre sur tout son pourtour la cloison doit être à attache rectangulaire ; en d'autres termes, la membrane devra prendre la forme d'une selle, ou l'aspect donné dans la figure 20 p. 65 de nos recherches (i). Il faudra donc que dans les cellules des rhizoïdcs de cette Epliemerœ, on trouve les deux points d'attache latéraux (coupe optique) réunis par une ligne (coupe de la cloison) beaucoup moins concave que celle représentant la ligne d'attache sur la paroi. Or, c'est bien ce que l'on observe; en faisant mouvoir la vis de rappel, on voit très bien le dos de la selle et la courbure double de la membrane. 11 est même souvent plus aisé de se rendre compte ici de la double courbure de la membrane que chez le Ballia, car, les rliizoïdes se ramifient assez difïéremment et permettent d'observer des cloisons sous difïérenles faces. On reproduit facile- (I) De Wildeman, loc. cit. BULLETIN DES SÉANCES. 01 ment une telle cloison en faisant adiiérer à une forme en fil de fer, une lamelle d'eau de savon. La seule différence existant entre la cloison (\uliallia, et celle envisagée dans les rliizoïdes de la Mousse ici en question, réside dans l'orientation de la membrane; le dos de la selle est dirigé vers l'extrémité du filament dans la cellule du Dallia, tandis qu'il est dirigé vers le bas dans le rbizoïde de notre Epliemerae. Mais si l'on trouve dans les rliizoïdes de cette Mousse des cloisons transverses dont les points latéraux d'at- tache (coupe optique) sont sur une même ligne horizon- tale (la cloison est en forme de selle); on peut aussi en rencontrer, dont les points d'attache se trouvent sur une ligne oblique, c'est-à-dire à des niveaux différents. Dans ce cas la cloison devra se rapprocher beaucoup de ce qu'elle est dans les rhizoïdes de nos Mousses d'Europe ; mais jamais cependant on n'observe chez cette Epliemei^ae des cloisons dont les points d'attache se trouvent sur la paroi, à des niveaux aussi éloignés l'un de l'autre qu'ils se trouvent chez nos Mousses. La cloison à première vue si particulière des cellules du Ballia, est donc une variation du type de la cloison à double courbure des Mousses, cloison qui se présente également dans d'autres cellules comme nous l'avons vu dans notre travail antérieur. Dans les cel- lules des rhizoïdes des Epliemerac épiphylles de Java, on observe entre les deux extrêmes, toute une série de variations de courbure. Si la distance des points d'attache n'est pas très consi- dérable, et si la ligne d'attache ne présente, vue d'un côté, qu'une seule courbure assez fortement accusée, la (I) De Wildemam, Loc. cit., p. 6i. 92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. coupe Optique de la cloison sera à courbure prépondé- rante unique et relativement faible. Si par contre la ligne d'attache présente comme chez les Mousses de nos régions une courbure double (vue d'un côté), il faudra que la coupe optique de la cloison soit aussi doublement courbée, les deux courbures dirigées en sens inverse; c'est ce qui se présente. Il serait donc on ne peut plus intéressant de suivre sur des échantillons vivants la formation de la cloison transverse; il est fort probable que l'on observerait dans cette Mousse, comme nous l'avions observé nous même la courbure du phragmosplaste, avant son attache à la paroi de la cellule mère. Les lois de la physique moléculaire interviennent probablement dans la structure de bien d'autres élé- ments cellulaires, celle du protoplasme, par exemple se ramène d'après les recherches de M. Butschli, à la struc turc de la mousse de savon. Cette manière de compren- dre la structure de cette partie de la cellule, nous paraît être la vraie, car quelle que soit la nature du liquide protoplasmique, il doit se produire en présence du suc cellulaire et des différents éléments de la cellule et par suite du mouvement du protoplasme, une espèce de mousse au détriment du cytoplasme. Dans cette mousse, le liquide formant les lamelles sera soumis aux lois de la physique moléculaire. L'opposition qui existe entre les idées de divers auteurs et celles que M. Butschli défend avec talent depuis plusieurs années, est peut être appa- rente, il y a là me semble-t-il une question de mots sur laquelle on ne s'entend pas. Cette structure alvéolaire du protoplasme se remarque facilement chez beaucoup d'Algues et de Champignons, BULLETIN DES SÉANCES. 93 nous Tavons observée dans les rliizoïdes des Mousses. C'est surtout par l'examen de matériaux vivants que l'on peut se rendre compte de cette structure du protoplasme et de la modification des alvéoles par suite des courants siégeant dans la masse du protoplasme. Si dans certains cas cette structure n'a pas été encore observée ou mise en doute, c'est, pensons nous, parce qu'elle est plus difficile à bien saisir. D'après certains auteurs, M. Cralo, par exemple on ne peut trouver d'alvéoles dans le protoplasme des cellules à tout âge ; à certain moment de sa vie il existe des filaments. ïl nous semble que même dans ces filaments s'ils ne sont pas eux-mêmes des parois d'alvéoles, on devra trouver la même structure, et l'étude approfondie avec des grossis- sements suffisants la fera probablement découvrir. Peut être dans les cellules toutes jeunes de certains tissus, là où il existe un protoplasme très compact, celui-ci n'a-t-il pas encore pris sa structure alvéolaire. Et cela se comprendrait; pour prendre l'aspect de mousse de savon, il faut en présence, et le protoplasme et des liquides ou des corps de nature chimique diffé- rente. Le protoplasme de jeunes cellules peut être très uniforme, et ne renfermer encore à ce moment aucun produit, dont le contact avec lui, occasionne la forma- tion de masses alvéolaires. Pour les cloisons cellulaires au moins, la loi que M. le professeur Errera avait proposée nous paraît donc s'appli- quer dans la généralité des cas. Il n'y a pas actuellement un grand nombre d'exceptions, et parmi celles-ci la plu- part disparaîtront sans doute, quand elles auront été étudiées en détail. Avril 1895. COMPTES rf:ndus et analyses Dans une communication faite à la « Naturforschende Gesellscliaft in Ziiricl). » (voir : Vierteljahrschrijt der Naturforsclienden Gesellsclialt in Zurich, 59" Jahrgang, i89i, S. 2i5), M. E. Schuize compare la constitution chimique des végétaux avec celle des animaux et énu- mère les substances communes aux deux règnes. Il était d'autant mieux placé pour ce travail, que les recherches faites dans son laboratoire ont contribué à faire con- naître un grand nombre de faits nouveaux. Nous résumerons brièvement ici cette communication intéressante. Les matières albuminoïdes animales qu'on a distin- guées et nommées jusqu'ici n'ont pas été retrouvées dans les plantes. Mais il n'en est pas moins vrai, que lés réac- tions et les produits de décomposition sont lès mêmes dans les deux cas ; ce qui permet d'admettre une consti- tution chimique analogue. On trouve dans les plantes des représentants des trois groupes que l'on admet chez les animaux : les albumines, les globulines et les nucléo- albumines. L'on trouve en abondance chez les végétaux les acides stéarique, palmitique et oléique combinés à la glycérine pour former des matières grasses. L'acide myristique, isolé de la noix de muscade, se retrouve dans le fiel de bœuf (Lassar-Cohn). Les acides arachique et caprinique de l'arachide, se retrouvent dans le beurre (Heintz). Le sucre de raisin, très répandu chez les plantes, se rencontre en petite quantité chez les animaux. BULLETIN DES SÉANCES. 9S La présence du glycogènc a été démontrée cliez les Champignons et chez des Algues. Le galactose, produit de dédoublement du sucre de lait, existe à l'état combiné dans le cerveau (Thicrfelder); on trouve dans le règne végétal des anhydrides de ce corps et des matières sucrées (raffînose, stacliyose) donnant par dédoublement du galactose. Il parait donc probable que ce corps lui-même doit exister dans les sucs végétaux. Dans VAchras sapola, une plante de la Martinique, Bouchardat aurait retrouvé du sucre de lait. La tunicine, ou cellulose animale des Tuniciers, parait très analogue sinon identique à la cellulose ordi- naire; elle a la même composition et les mêmes réac- tions. Or cette tunicine se retrouverait encore(Ambronn) dans d'autres animaux, des Céphalopodes, des Crustacés, des Myriapodes, les abeilles, les araignées et les saute- relles; il est vrai que dans ces cas elle n'a pas encore été isolée. L'amidon est représenté chez les animaux par une substance analogue, le Paramylum, existant dans le cerveau humain (I^. Hermann), les Flagellâtes, les Spon- giaires, etc. Il existe des nucléines dans les deux règnes. Quant à la lécithine, elle est très répandue chez les plantes comme chez les animaux (Hoppe-Seyler, Likicr- nik et Schuize). Les différences sont très minimes entre la cliolesté- rine animale et les diverses choleslérines (paracholesté- rine, phytostérine, paraphytostérine, etc.) extraites de végétaux. Un constituant de la lécithine, la choline, est très 'M SOCIÉTÉ BELGE UE MICIIOSCOI'IE. répandu chez les plantes et a été extrait notamment de beaucoup de i; rai nés. La bétaïne ou trimélhvla;lveocolle, extraite d'abord du Lijcium barbarum et de la betterave et retrouvée plus tard dans beaucoup d'autres plantes, existerait aussi dans l'urine humaine (Liebreich) et dans le Mijlilus edulis (Brieger). Les matières xanthiques, produits de décomposition des nucléines, se retrouvent chez les plantes. La théo- bromine, la caféine, la théophylline, la vernine sont très voisines de ces matières. La leucine et la lyrosine ont été extraites de plantules é['io\ces de Cuciirbila et du suc des tubercules de pommes de terre (Schulze et Barbieri). La première de ces sub- stances a encore été décelée dans des plantules étiolées de Vicia (Gorup-Besanez, Cossa); la seconde, dans les tubercules de Stachys et de Dahlia (A. von Planta, Leitgeb). La butalanine ou acide amido-valérianique, plus rare que les précédents dans l'organisme animal, existe dans les plantules étiolées de lupin et de vesce (L. Schulze et Barbieri). L'urée, l'acide urique, l'allantoïne, la créatine et la créatinine sont des produits de la décomposition des matières azotées chez les animaux. L'un d'eux, l'allantoïne, a été retrouvé dans les jeunes pousses de platane et de deux espèces d'Ace?' (L. Schulze) et dans l'embryon au repos du froment (Bichardson et Crampton). Si on ne trouve pas d'urée végétale, l'on trouve une substance voisine, la guanidine; et l'on peut peut-être placer à côté de la créatine et de la créatinine l'arginine, lîULLETIN DES SÉANCES. 97 une substance azotée observée dans les plantules étiolées de lupin et de Cucurbila. On sait enfin, depuis peu de temps, que l'acide citrique existe normalement dans le lait de vache (Henkel). Dans une seconde partie de son travail, l'auteur com- pare ensuite les diverses fonctions dans les deux règnes et montre l'analogie frappante entre l'ensemble de la vie d'un animal et celle d'un végétal privé de chlorophylle ou n'utilisant pas celle-ci (embryons, plantes étiolées, bourgeons). Dans les deux cas, on trouve comme produits de décomposition de l'albumine des produits analogues ou même identiques (leucine, lyrosine, sulfates). Le dédoublement de l'amidon en maltose et dextrine, du glycogène en sucre de raisin, des graisses en glycé- rine et acides gras, etc., a son équivalent pour le règne végétal dans le dédoublement de l'amidon, de l'inuline ou de la cellulose de réserve en glucoses, dans le dédou- blement des glucosides. Aux enzymes animales, ptyaline, trypsine, pepsine, correspondent des enzymes végétales, diastase, inver- tine, tréhalase, synaptase, papaïne et les enzymes ana- logues trouvées dans les plantes insectivores et les jeunes plantes d'orge, froment, mais, pavot et betterave (Neu- meister). De la même façon qu'il se forme de l'acide hippurique aux dépens de l'acide benzoïque et du glycocolle, et des matières grasses aux dépens de la glycérine et des acides gras, il se forme chez les plantes du saccharose, de l'amidon, des glucosides, par un processus semblable. Mais il existe aussi des différences notables entre les deux règnes : XXI 8 98 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les animaux sont incapables d'élaijorcrdes substances albuminoïdes en empruntant l'azote nécessaire à des sels minéraux (nitrates, sels ammoniacaux) ou à des substances azotées très simples (urées, asparagines). Même si on fait abstraction de l'élaboration cbloro- phyllienne, les syntbèses cfïecluées cbez les plantes sont encore en général autrement compliquées et faciles. C'est ce qui explique la richesse considérable des végétaux en substances diverses (alcaloïdes, substances amères, essences, résines, matières colorantes, etc.), beaucoup de ces substances étant spéciales et particulières à une seule espèce. Ces matières ne peuvent avoir pour l'organisme une importance aussi grande que les albuminoïdes, les graisses et les hydrates de carbone, et doivent être con- sidérées plutôt comme des produits accessoires. Peut- être certaines d'entre elles sont-elles, comme le pense Reiniizer, des substances de fatigue, scories nuisant par leur accumulation à la vitalité du plasma. En terminant, l'auteur fait remarquer que, si les animaux possèdent un système nerveux jouant un rôle important, les plantes ne sont pas dépourvues de sensi- bilité et que leur plasma répond aux excitations ther- mique, électrique et autres, soit par des mouvements apparents, soit par des réactions non apparentes immé- diatement à l'extérieur. P. X. S. WiNOGRADSKv. — Heclierclies sur rassimilalion de l'azote libre par les liacléries f Archives des sciences lnolofji(iues de Sainl-Pélershourg, t. IIF, n" ï.) Il est peu de questions de biologie qui aient suscité i BULLETIN DES SÉANCES. 99 • autant de recherches que celle de la fixation de l'azote libre par les plantes, et, cependant, on est forcé de convenir qu'à mesure que la solution en parait serrée de plus près, de nouveaux problèmes viennent se poser à la sagacité des expérimentateurs. Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel de nos connais- sances on peut considérer comme capables d'assimiler l'azote élémentaire : 1" Les légumineuses, grâce aux microbes qui vivent en symbiose dans leurs nodosités radicales (Recherches de Hellrieghel et Wilfarth et de Schloesing fils et Lau- rent) ; 2" Certaines Algues et tout particulièrement les Nostocs (Recherches de Schloesing fils et Laurent). Kossowitch a soulevé récemment la question de savoir si la fixation d'azote observée chez les Nostocs était bien le propre de ces derniers, ou bien résultait de l'activité des Bactéries qui vivent habituellement, en grand nombre, dans la gaine gélatineuse particulière de ces orga- nismes. Ce point intéressant appelle de nouvelles recherches rendues malheureusement très délicates par la ditliculté d'obtenir des cultures de Nostocs rigoureusement dépou- vues de bactéries. Quant aux Bactéries elles-mêmes, à la suite des tra- vaux de Schloesing démontrant la non-fixation d'azote par la terre nue, pourvue cependant de microbes — résultat corroboré d'ailleurs par les expériences de Schloesing fils et Laurent — on admettait généralement qu'elles sont inactives vis-à-vis de l'azote élémentaire. Dans l'important mémoire que nous allons résumer, Winogradsky fait connaître ini organisme bactérien dOO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. jouissant, d'une façon incontestable et très marquée, de la capacité d'assimiler l'azote libre. Ces reclierclies exécutées avec la sagacité expérimen- tale, la minutieuse précision de détails, avec lesquelles l'auteur nous a déjà familiarisés précédemment, consti- tuent une contribution extrêmement importante à la question de l'azote. Découvrir et isoler un organisme fixateur d'azote, tel a été le but initial de l'auteur. A cet eiïet, il a eu recours à ce qu'il appelle la méllwde de culture élective qui lui avait fourni de si remarquables résultats dans ses recberches sur les organismes de la nitrification. Cette métbode consiste dans l'emploi d'un milieu nutritif d'une composition telle que seuls les organismes jouissant de la propriété recherchée puissent s'y déve- lopper. L'auteur s'était arrêté à la solution suivante : Eau distillée 1000 gr. Phosphate de polasse. . . . 1 gr. Sulfate de magnésie .... gr. 5 Chlorure de sodium . . . . ) Sulfate de fer [ gr. 01 à gr. 02 Sulfate de manganèse . . . . ) Dextrose purifiée 20 à 40 gr. Une série de dosages exécutés par la méthode de Kjeldahl, légèrement modifiée par l'auteur, a montré que le milieu ainsi constitué ne contenait aucune trace appréciable d'azote. Des flacons coniques contenant cette solution, ense- mencés à l'aide d'une pincée de terre, furent disposés sous de grandes cloches ti vide placées sur des plaques rodées, et sous lesquelles l'air ne pouvait pénétrer BULLETIN DES SÉANCES. 401 qu'après avoir passé sur de la ponce sulfurique et potassée. La plupart d'en(re-eux restèrent stériles ou ne présentèrent que quelques flocons mycéliens chétifs. Mais dans quelques cultures une fermentation bien caractérisée se déclara, un abondant dégagement gazeux prenait naissance de masses zoogléiques mamelonnées, rappelant assez bien les grains de Képliyr; en même temps l'odeur devenait fortement butyrique et la réaction nettement acide. En neutralisant à plusieurs reprises l'acidité à l'aide d'une solution de carbonate de soude, la fermentation put s'acbever jusqu'à disparition complète du sucre. Quelque temps après se développaient dans le liquide de vigoureux mycéliums de moisissures diverses, aux- quels succédait une végétation abondante d'Algues vertes. Des dosages comparatifs démontrèrent qu'à la suite de la fermentation butyrique, la culture contenait des quantités très notables d'azote combiné dues à l'activité fixatrice d'un microbe. Il s'agissait d'isoler ce dernier du mélange complexe que renfermaient les cultures. Par un chauffage métho- dique vers 75" l'auteur débarrassa des espèces asporo- gènes, la semence qui ne contenait plus, après cette opération, que trois organismes : 1° En quantité tout à fait prédominante un bacille de la forme Closlridium formé d'éléments cylindriques à l'état jeune; plus tard renflés sur le milieu par la pro- duction d'une grosse spore; ils se colorent en bleu par l'iode. Par ses caractères morphologiques, le Closlridium de Winogradsky se rapproche beaucoup de VAmylobactcr, iOi SOCIÈIÉ iîKLl.K OK MICnOSl.OPlE. ilont il a aussi \c pouvoir de trausloi'uior lo suoiv on aoide butyriquo. Quoi qui! en soit, jusqu'à iilontitioalion avor un typo ooniui. l'autour oonsiilèro son intérossanto liactcrio oomnio une t'oruio nouvoUo qu'il appelle Clostiidiuni Pastcuriammi. "■1' l'n très tin bacille à louus tilanients sinueux. 5" In bacille à gros éléments sporogènes arrondis. Pour arriver à isoler à l'état de pureté le Clostriiiiiini (|u'il soupçonnait être l'agent essentiel de la fixation, l'auteur a elVet^tue des cultures très variées. Dans la solution minérale précitée soliditiée par iî pour 100 de gélose, seuls les organismes :2 et 5 se développèrent. Sur gélatine au bouillon-peptone aucune colonie n'apparut. Vu contraire, sur fragments de carotte et de pomme de terre, dans le vide, le ClostridinDi se déve- loppa à l'état pur, tormant des masses compactes mamelonnées disloquées par un abondant tlégagement iia/.eiix. NVinoiïradskv a fait cette intéressante constatation que le ClostriiUion , strictement anaérobie, ne se développait en culture aérobie que grâce aux espèces commensales ^ et r> qui absorbaient l'oxygène du milieu. Une expérience décisive en atmospbère d'azote démontre que le Closlriilii(i)i pur était bien l'agent essentiel de la tixation observée. Dans la dernière partie de son mémoire l'auteur com- pare les résultats avec ceux de Bertlielot (i). (I) Comptes rendua, t. 115, y. 758. BULLE7IX UZi SÉAXCE.S. 403 Pour ce fJerriicr il exi.slerait ^ie<( microorfjaniamei deapèccH fort divevHCH aptes d fixer l'azote. \\<:(i \(: concours de Guigriard il aurait isolé du sol piiT le procédés ordinaires un certain nombre de Bactéries hpinaie^ qui se seraient montrées aptes à Jixer l'azole élémentaire. Winogradsky a exécuté de très nombreuses expérien- ces pour vérifier ce fait. Des nombreuses formes bactériennes qu'il a isolées, aucune n'a montré de pouvoir fixateur notable. Contrai- rement à l'opinion de Berlbelot, la fixation de l'azote libre apparaît donc comme une fonction tout à fait spécifique, elle n'est nullement répandue dans le monde des microbes et à l'beure actuelle, le Clostridium I^asleuriaiium constitue la seule espèce bactérienne qui l'accomplisse d'une façon indiscutable. La fixation de l'azote libre par les Bactéries présente- t-elle une importance réelle? Est-elle à prendre en sérieuse considération dans le cycle de circulation de cet élément dans la nature? Il est actuellement impossible de répondre à ces questions. Nous ne savons rien, en effet, de l'aire de dispersion du microbe fixateur; nous ignorons s'il peut rencontrer dans le sol les conditions si particulières indispensables à son existence, s'il est capable de puiser l'énergie nécessaire à la combinaison de l'azote libre à des com- posés autres que la dextrose, aux matières liumiques, par exemple. Nul doute que l'auteur ne songe à compléter son œuvre par quelques recliercbes dans cette direction. Kmile Map.chal. 104 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Nous devons attirer l'attention sur le très intéressant travail, que vient de publier dans Flora oder alUjemeine botanisclie Zeiliing, M. F. Oltmans (i). Ce travail intitulé : Uebei' die Enlwickelung der Sexualorgane bel Yalcheria, étudie surtout le sort des noyaux dans l'oogone de ces Algues. L'auteur arrive à des résultats très curieux. Jamais jusqu'à ce jour les auteurs ne s'étaient occupés de cette question, l'on avait recherché les modes de reproduction de l'Algue, mais on n'avait pas cherché à pénétrer, à saisir les phénomènes intimes qui précèdent ou qui suivent la fécondation. C'est cette partie de la question que M. Oltmans a cherché à élucider. Pour arriver à un résultat, il a employé une méthode assez particulière à recommander à tous ceux qui veulent faire des études de même ordre. Les matériaux employés sont fixés par l'acide chromo-acétique ou par l'acide chromique à 1 p. 100, et débités en tranches fines parle microtome après inclusion à la paraffine. L'auteur est arrivé ainsi à faire jusqu'à dix coupes dans un oogone. Les coupes sont colorées au violet de gentiane éosiné, qui a donné, parait-il, à l'auteur de forts beaux résultats. C'est surtout pendant la nuit que se passent les prin- cipales phases de la fécondation et du développement sexuel, aussi les matériaux étaient-ils fixés la nuit. On peut cependant arriver à faire retarder les phénomènes, (1) Loc. cit., V. 80, 1895, p. 388. \ BULLETIN DES SÉANCES. lOu en plaçant les Algues dans de la glace, on observe alors souvent les phases de développement pendant le jour. Le thalle du Vauclicria est unicellulaire ou acellulaire et renferme dans son protoplasme un très grand nombre de noyaux. Dans les jeunes oogones, comme dans les jeunes anthéridies, avant que la cloison transverse qui séparera l'oogone du reste du filament se soit formée, il existe un très grand nombre de noyaux globuleux et relativement petits. Ces noyaux paraissent en plus grand nombre vers le bec de l'oogone que vers la base. Mais au fur et à mesure que l'oogone se différencie du reste du thalle, on voit les nombreux noyaux se retirer dans les filaments et au moment où se constitue la cloison séparatrice, il reste dans l'oogone un unique noyau; celui-ci deviendra le noyau de l'œuf. Quant à la masse protoplasmique que plusieurs auteurs ont vu sortir de l'oogone avant la fécondation, elle n'est pas comme ils l'ont cru un corpuscule résiduel « (Richtungs kôrper », elle ne contient pas de noyau, et sert simplement à faciliter l'ouverture de l'oogone. Dans l'anthéridie les noyaux restent naturellement en assez grand nombre, chacun d'eux constitue, avec une petite portion de protoplasme, un anthérozoïde. Quant à la fécondation elle-même, elle s'opère comme d'ordinaire par la fusion des deux noyaux, celui de l'œuf et celui de l'anthérozoïde. Les résultats du travail de M. Oltmans ont été obtenus par l'étude des Vauclieria fluilans, V. clavata et y. rtye/'Srt;pour ces trois espèces, nous n'avons pas à discuter ici leur valeur au point de vue systématique, les résultats ont été les mêmes. Sur les cinq belles planches (jui accompagnent le iOG SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. travail, M. Schilling, rexécuteur des dessins, a reproduit les diverses phases, dont nous avons parlé plus haut. Nous attirerons surtout l'attention sur les figures qui nous montrent le retrait des nombreux noyaux au moment de la formation de l'œuf, et sur celles qui montrent les rapprochements et enfin la fusion des noyaux mâle et femelle. É. D. W. * * Le même Journal renferme, dans son premier fasci- cule, un travail de M. Klebalm (i), sur un constituant de la cellule des Phycochromacées formant les fleurs d'eau. On pouvait se demander et on l'avait fait souvent, par suite de quelle circonstance des organismes plus lourds que l'eau, arrivaient à flotter à la surface. Pour les orga- nismes pourvus de cils vibratiles, on comprend que le mouvement exécuté puisse les amener à la surface. M. Klehahn, après de nombreuses recherches failes pendant un long séjour à la station biologique du lac de Pion, sur le (iloiolrichia ccliinulata (Engl. Bot.) Richt., très répandu dans les eaux de ce lac est arrivé cà déter- miner dans cette Algue, la présence de vacuoles renfer- ment un gaz, celui-ci plus léger permettant aux Algues de s'élever à la surface de l'eau. Ces vacuoles sont simplement les corpuscules rou- geâtres, dans lesquels Richter avait cru pouvoir déceler la présence du soufre. Mais les diverses expériences entreprises parM. Klebahn (1) Flora ordcr nllg. bot. ZciL, 1895, Heft, I. BULLETIN DES SEANCES. ^Q^ ont prouvé qu'il n'existait pas de soufre libre chez ces Algues; l'analyse chimique ayant produit à ce sujet un résultat négatif,aété faite par M. le docteur Hausmann. Ces corps, indiscutablement des vacuoles, nous n'en- trerons pas dans tous les détails des observations de M. Klebahn, qui le prouvent surabondamment, sont bien la cause du mouvement ascensionnel des colonies des Gloilricliia., MM. Klebahn et Strodtmann ont entrepris pour le prouver des recherches sur les Algues vivantes et sur des Algues mortes, mais non privées de vacuoles. Aussi longtemps que les vacuoles existent les Algues surnagent. Mais si au lieu de tuer les Algues au moyen de réactifs n'entamant pas la vacuole, on emploie une solution d'acide picrique, de l'acide acétique, de l'alcool, de l'éther, du chloroforme qui détruisent eux la struc- ture vacuolaire, les Algues descendent au fond de l'eau. Quant à la nature du gaz contenu dans les cellules, elle n'a pu être définie d'une manière très nette ; ce ne serait en tous cas ni de l'acide carbonique, ni de l'oxygène que contiendraient les vacuoles. Les spores mûres ne renferment pas trace de vacuoles, elles doivent donc tomber au fond de l'eau, comment se lait dès lors au printemps qui suit la sporulation, l'as- cension de la jeune plante? Cette question l'auteur n'a pu encore l'élucider. M. Klebahn a pu déterminer la présence de vacuoles analogues dans toute une série d'autres Cyanophycées, parmi lesquelles des espèces très éloignées des Nostoca- cées hétérocystées, par exemple les Clallirocyslis airii- (jiiiosa Ilenfr. et Coelospliacr'nun Kïilziugianum Niig. Quant aux Algues du même groupe, même les espèces fort voisines qui ne forment pas des fleurs d'eau, on ne 108 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. . rencontre pas dans leurs cellules de telles vacuoles. D'autres Algues, comme beaucoup de Conjuguées [Spirogijra, Motigeotia] souvent réunies en masses à la surface de l'eau, ne possèdent pas non plus de vacuoles dans leurs cellules. Si elles restent nageantes, c'est grâce à de l'air maintenu entre leurs filaments, chacun d'eux pris isolément n'est pas capable de surnager. Beaucoup d'espèces marines, qui possèdent elles aussi la propriété de nager à la surface des mers, posséderaient également à l'intérieur de leurs cellules, des vacuoles de gaz. L'auteur a joint à son très intéressant travail, une belle planche où il a figuré le contenu des cellules de la plupart des Algues, dont il a pu étudier la structure intime. É. D. W. BliLLETIlV UES SËÀKCËS I DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XXL N» Mil. 1894-189o. ■•foeôs-%oi*l»al «le la sôaiiee iiicii«iiiiollc fCE DE M. BaLWENS, MEMBRE DU CONSEIL. La séance est ouverte à 8 \ il heure. M. le D' Rouffart et M. Massart font excuser leur absence. Communication : M. De Wildeman rend compte des premières observations, faites sur les récoltes d'Algues d'eaux douces et saumàtres que M. Massart a bien voulu recueillir pour lui, pendant son séjour au Jardin bota- nique de Buitenzorg à Java. 11 montre un certain nombre de préparations micros- b 110 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. copiques (le ces organismes, et attire tout spécialement l'attention des membres présents sur une forme du genre Vuuclicria trouvée par M. Massart dans des fossés d'eau saumâtrc. Cette Algue constitue un type intermé- diaire entre deux espèces déjà connues. Elle sera décrite ultérieurement dans un travail d'en- semble sur les Algues rapportées par M. Massart. M. De Wildeman montre ensuite quelques prépara- tions d'Algues parasites intéressantes. Il attire l'attention surtout sur une forme d'Algue verte appartenant au genre Endoderma. Cette forme se loge dans la paroi cellulaire des Cladoplwra, les écbantillons exhibés, pro- venaient du Jardin botanique de Nancy. Une notice sur cette espèce paraîtra dans le Bulletin de la séance. La séance est levée à dix heures. SUR QUELQUES ESPÈCES DU GENRE - ENDOOERMA PAR Km. I>E WII.DEMAX Pendant le courant du mois d'avril et au comnienco- mment du mois de mai, nous avons eu l'occasion de récolter dans le bassin du Jardin botanique de Nancy et d'étudier au Laboratoire de la Faculté des Sciences, une plante appartenant au genre Emlodcrma tel que le comprend M. Huber dans ses Contributions à la connais- sances des Cliaetophoracées (i). Cette Algue végétait, comme son nom générique l'indique, dans l'épaisseur de la paroi d'une autre plante qui était dans le cas présent un Cladoplwra . Déjà à l'œil nu le parasite était visible, sa présence avait en effet modifié assez fortement l'aspect des fila- ments de l'Algue. Ceux-ci, au lieu d'être raides d'un vert gai, étaient irrégulièrement courbés, parfois même fortement contournés; les portions des filaments ainsi modifiées étaient plus foncées en couleur que le reste de l'Algue. Transportés sous le miscroscope, ces écbantillons montraient bien vite la présence d'une Algue logée sur la cellule. Mais il n'était pas possible dans les parties fortement colorées de juger d'un des caractères de (I) A>m. de Se. mit. !"■ scr., Bol., t. IG, p. 512-5-20. 412 SOCIKTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. l'Algue, celui de sa pénétration dans la paroi cellulaire. Cette particularité ne s'observait seulement dans les échantillons relativement jeunes, car comme on le com- prend assez facilement quand le nombre des cellules se multiplie, le thalle de l'Algue finit par taire céder la paroi qui le protège et à mettre ses cellules à nu. C'est alors seulement dans les portions jeunes de l'Algue que l'on trouve des cellules recouvertes par une des couches de la membrane du Cladopliora. Dans les jeunes thalles, dont les filaments n'ont pas entouré complètement la cellule du Cladopliora, on voit très bien le thalle logé dans la membrane et entouré complètement par une couche de cellulose. Les soies peu nombreuses, qui naissent des cellules de thalles pareils, percent la mem- brane cellulosique, recouvrant les cellules de VEndo- denna . Le genre Endoderma Lagerh., tel qu'il est admis par M. Huber, comprend deux sections, l'une caracté- risée principalement par l'absence, l'autre par la présence de poils hyalins ou soies. Dans nos échantillons il existait des poils, la forme observée par nous appartient donc à la section Ectochaete. Cette section contient 5 espèces, ce sont : Endoderma leptochacle Huber. Endoderma endopliytum (Mobius) Huber. Endoderma Jadinianum Huber. De ces trois espèces, la première est marine, elle est donc à écarter, ce n'est pas à celle-là que se rapportera l'Algue des VAadophora du Jardin botanique de Nancv. Restent donc les deux autres espèces, habitant toutes BULLETIN DES SÉANCES. 113 les deux les parois des cellules des Claclopltora d'eau douce. L'/s. cndoplnjlum (Muhius) Iluber; est le Jfollocolcou endoplujtiun Mobius, décrit en 1891 dans la >(Ola- risia (i). L'Algue de Nancy, répond assez bien par ses carac- tères à la diagnose de M. Môhïus ; VE. cndoplujluui occasionne chez \csCladupliora les mêmes modifications. En effet M. xMobius nous dit dans sa diagnose [toc. cil. p. 1^95) : « Alga endopliylica effîcitur,ntCladopho- rae membrana plus minus inlumescat et ejus fila incui- venlur, conlenlu cellularum incolomi (?) manente; forma crispa et crassiludinc filorum loca infecta oculo inermi perspici possunt. » Quant à VE. Jadinianum, M. llubcr ne nous dit pas si par suite de son dévelopj)cment, il provoque aussi des renflemenls des filaments de l'Algue et des courbures dans ces filaments. Les échantillons observés pour la première fois, le furent dans un ruisseau des Pyrénées Orientales, où elle formait sur la pierre des croûtes mamelonnées; depuis M. Huber a réussi à voir des thalles plus jeunes se développer dans la cloison des Cladopliora et former des coussinets assez épais autour des filaments de cette Algue. Si nous comparons, et les dessins de MM. Môbius et Huber, et leurs descriptions nous ne trouvons pas de fort grandes différences entre ces deux espèces. Les prin- cipales sont bien celles citées dans l'essai monographique de M. Iluber [loc. cil., p. 5^6], l'auteur cite ces carac- tères. {\) }il6[i[[]s, Couspeclns aljaniin in Nolarisia, v. VI, 1391, p. l'i'J2, avec lig. X.M 9 ili SOr.ll-TK BELGE DK MICFtOSCOPIE. E. endoplnjliun (Môbius) liuher. — Largeur des ee!- liilcs 8-15,3, :2-5 pyrénoïdes. E.Jadinianum liuber. — Largeur des cellules iO-:20/^, rarement :20-50,'-i, Ô-G pyrénoïdes. Comme on le voit il n'y a guère moyen de différencier à l'aide de ces caractères ces deux espèces l'une de l'autre, une Algue endodermique, dont les cellules auraient 10-15 /x d'épaisseur et posséderaient 5-i pyré- noïdes pourrait aussi bien se rapporter à r/i\r/i(/o/;/ de Ch. Agardh. (liiill. Soc. Belg. M 1er., lom. IV, Bruxelles, 1877.) Liste supplémentaire aux Diatomées de Belgique. (Bull. Soc. Belij. Micr. lom. IV, 1877-78, p. 151, 8°. Bruxelles, 1870-77. Sur les Diatomées des Alpes. (Annal. Soc. Belg. Micr., tom. IV, 8". Bruxelles, 1877.) Les Diatomées terrestres. [Bull. Soc. Belg. Micr., 8". Bruxelles, 1879. J. B. M. S. vol. 11, p. 762, 8". London. Liste des Diatomées de Villefranche. (Bull. Soc. Belg. Micr., tom. IV, p. loi, Bruxelles, 1877.) What a Diatom is. A translation by F. Kitton. (Se. Gossip., vol. XIV, pp. 10i-l-2G, 8». London, 1878.) Observations sur une notice intitulée « Le Thalle des Diatomées, par le D' Matteo Lanzi » dans « Brebis- sonia », Anno 1, n. p. 115, 8". Paris, 1879. J. R. M. S. vol. II, p. 008, 8'\ London, 1878. Les apparences microscopiques des Valves des Diato- mées Nitzscliia pt, I, Amphora pt. IL {Ann. Soc. Belg. Micr., tom. V.-VI, 8% fig. Bruxelles, 1880. Summary in J. R. M. S. vol. III, p. 1055, 8^ Lon- don, 1880. Idem : ïlie microscopical appearence of tbe valves of Diatoms. A Study ot'the genus Amphora Northern Microscopist, vol. I, p. 218, 8". London, 1881. Quelques considérations relatives au travail de M. Prinz sur les coupes de quelques Diatomées. (Bull. Soc. Belg. Micr., p. 79, 8°. Bruxelles, 1880.) Receipts for Microscopists, with plate, 8°, J. Q. M, C. London, 1880. XXI 40 130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. How to arrange Diatoms. J, Q. M. C, vol. YI. p. IGG, S\ London, 1880. J. R. M. S., vol. lY. ser. 2, p. G5G, 8°. London. A Bibliograpliy of ihe Diatomaceae « A bibliography of the microscope », vol. III, 8", London, 1882. Idem : Bibliographie diatomologiqiie. Journ. Microg., tome XI, n"G, p. 217, 8% Paris, 1887. Le Diatomepelite de Séville : nouvelles espèces de Cyclotella. Fig. Journ, Microg. vol. YIII, p. 49, 8". Paris, 1884. Notes diatomiques. Sur la structure des Diatomées d'après Prinz et Van Ermengem. Terpsinoë musica en Espagne. Diatomées arrangées. Journ. Microg., vol. YIII, p. 228, 8». Paris, 1884. On the microscopical Structure of the Diatom valve J. Q. M. C. vol. II, sér. 2, pp. 508, 550, 8°. London, 188G et in J. R. M. S., vol. YI, sér. 2, p. 1024. London, 188G. Sur la sculpture microscopique des valves des Diato- mées : Communication faite au Quek. iMicr. Club, de Londres, le 20 mai 1886. Idem : Structure intime de la valve des Diatomées. Journ. Microg. tom. X, p. 410, 8% Paris, 188G. Zeitschr. f. wiss. Mikrosk. Bd. III, p. 25G, 8". Brauns3hweig, 1886. Test Diatoms J. R. M. S. vol. VI, sér. 2, p. 172. Lon- don, 1886. The mouniing of Diatoms. A. M. M. J. vol. YII, p. 65, 8". London, 1886. Imbedding média for Diatoms. J. Q. M. C. vol. II, p. 508, 8% London, 1886. J. R.M.S. \o\. YI, sér. 2, p. 885, 8". London, 1886. BULLETIN DES SÉANCES. 131 Littérature récente des Diatomées. Joiirn. Microg. vol. XI, p. -217,8». Paris, 1887. Introduction à l'étude des Diatomées, dans l'ouvrage : « Les Diatomées, histoire naturelle, classification et description des principales espèces », par le D' Pelle- tan, 8°. Paris, 1888. Bibliographie récente des Diatomées. I, Notar. Ann. IV, p. 8-29, 8». Venezia, 1889. Bibliographie récente des Diatomées II. Nuova Nota- risia, 15 Giugno 1890, p. 49. Réponse à M. J. Brun, lettre ouverte à M. De Toni. Nuova Notarisia 15 Giugno 1890, p. 159. Bibliographie récente des Diatomées III. Nuova Nota- risia 1890. L'APPAREIL A PROJECTION DU D' EOINGER PERMETTANT DE DESSINER OU DE PHOTÛGRAPUIER DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES SOUS UN FAIBLE GROSSISSEMENT PAR Ém. I>E M'IIiDË^IAX PI. V et VI. En 1891, dans la « Zeilsclirift fur ivissenscliaftliclie Mikroskopie iind fur mikroskopisclie Technik, Bd YIIÏ, p. 179-181, » M. le docteur L. Edinger, a fait con- naître un appareil simple permettant de dessiner des préparations microscopiques sous un faible grossisse- ment et cela avec grande facilité. Cet appareil construit et mis en vente à cette époque par la maison Leitz de Wetzlar (i) a déjà été amélioré : on y a adapté la chambre noire, ce qui permet la photo- graphie directe de la préparation grossie; on a modifié légèrement le tube métallique, de manière à condenser plus fortement la lumière sur la préparation microsco- pique, dont on veut faire le dessin. Cet appareil n'est guère connu en Belgique, aussi en donnerons-nous la description et des dessins, persuadés qu'il pourra ren- dre à beaucoup de naturalistes de grands services. L'appareil se compose d'un plateau en bois poli ser- (1) Agent pour la Belgique, M. A. Fisch, rue de la Madeleine, 70, Bruxelles. Bull. Soc, belge de microscopie. T. XXI, pi. V. Bull. Soc. belge de microscopie. T. XXI, pi. VI. BULLETIN DES SÉANCES. 133 vant de table à dessiner. De ce plateau s'élève perpen- diculairement une monture également en bois, qui porte d'un côté un support pour lampe,, pouvant monter ou descendre à volonté et se fixer par une vis de pres- sion. De l'autre côté se trouve un bras à l'extré- mité duquel s'adaptent les loupes et un bras pour supporter la préparation microscopique qui doit être projetée sur la table à dessiner. Ces deux bras sont indépendants l'un de l'autre, et peuvent se mouvoir le long d'une crémaillière. La monture en bois est terminée par un tube métallique placé parallèlement à la table et con- tenant une lentille condensatrice et un miroir; celui-ci disposé à 45 degrés, réfléchit donc à angle droit les rayons lumineux provenant de la lampe, sur la prépa- ration microscopique. Il convient naturellement de placer la table à dessiner dans une obscurité plus ou moins grande, de façon que les rayons lumineux traversant la préparation micros- copique et la projetant sur une feuille de papier blanc, fixée sur la table ne soient pas amoindris par la lumière diffuse ambiante. On obtient ainsi de fort belles figures, bien stables ; le crayon peut facilement suivre les contours du dessin, l'opérateur peut même sans inconvénient interrompre son travail. L'appareil est fourni muni de deux loupes, grossissant de 5 à 15 fois; on peut forcer le grossissement en éloignant loupe et préparation de la table à dessiner. Mais M. Edinger ne conseille pas de dépasser un gros- sissement de 50 diamètres, « Mehr von ihm zu verlangen wâre Unrecht, m'écrivait M. le docteur Edinger, er soll nicht mclir kônnen, aber was er kann soll er gut 434 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. kônnen. » Nous avons reproduit cet appareil dans la figure de notre planche V. Comme nous le disions la maison Leilz a appliqué à l'appareil une chambre noire; la loupe grossissante sert dans ce cas d'objectif. La chambre noire est munie laté- ralement d'un petit volet; par l'ouverture la mise au point peut se faire sur un papier blanc remplaçant le verre dépoli. La mise au point terminée, on remplace le châssis à papier blanc par un châssis renfermant une plaque sensible. Comme on le voit par la planche ci-jointe, cet appareil est d'une grande simplicité (pi. VI), mais n'en est pas moins fort pratique; il donne des résultats des plus satisfaisants surtout pour le dessin, sous un grossisse- ment relativement faible des préparations microsco- piques. L'appareil de M. Edinger convient donc tout particu- lièrement pour les études histologiques et pour les études morphologiques des organismes inférieurs, soit végétaux, soit animaux. COMPTES RENDUS ET ANALYSES L'étude de la division nucléaire a donné lieu, dans ces derniers temps, à toute une série de travaux dont les résultats sont assez différents. Nous n'entrerons pas dans les détails de ces divers travaux, mais nous signalerons ici un travail récent de Sargant, que nous trouvons dans le Journal de la Société de microscopie de Londres (i). La courte notice porte pour titre « Some détails of the first nuclear division in tlie poUen-mother-cells of Lilium Marlagon L. » ; elle a pour objet surtout l'étude de la division transversale des anses nucléaires. Cette division ne se fait pas tout à fait comme on l'avait cru de prime abord. Il y a deux scissions qui se produisent, mais dont l'une est incomplète. Un certain nombre de figures intercalées dans le texte font saisir les explications données par l'auieur. L'étude des phénomènes qui se passent dans le noyau, réserve probablement encore bien des nouveautés à l'observateur. Il est d'ailleurs problable que l'on ne pourra former un schéma général répondant à la division caryocinétique de tous les noyaux, il existe sans doute des modes de division variant suivant la cellule envi- sagée, si pas pour la fragmentation des anses, au moins pour la formation des fils achromatiques qui se ratta- chent aux anses. 11 serait à désirer que l'on publiât un relevé très complet des travaux nombreux écrits sur ces diverses (l) Journ. oftlie Roy.micr. Soc. of London, 189S, p. 283. 136 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE. questions et qu'un botaniste se charge de résumer les résultats positifs auxquels on est arrivé à ce jour. É. D. W. M. Renault vient de publier dans le « Bulletin du Muséum d'histoire naturelle de Paris (1895, n''4,p. 168)», un très intéressant articulet, accompagné de 4 photo- graphies, « Sur quelques Bactéries des temps pri- maires ». L'auteur a pu observer des Bactéries dans les milieux suivants : 1" Coprolithes des schistes permiens dç toute la for- mation d'Autun; 2" Dans les schistes houillers de différents gise- ments, dans les silex de Grand'Croix et des environs d'Autun ; 5" Au milieu des débris de plantes siliciliées appar- tenant au terrain anthracifère des environs de Régny, Comhres et Ernest. Les Bactéries sont conservées ou par le phosphate de chaux ou par la silice. L'auteur désigne les espèces ayant attaqué les végé- taux de cette dernière localité sous les noms de Bacittns vorax, Micrococciis prisais et Micrococcns emoslensis. Quant aux végétaux houillers, ce seraient les Micro- coccns Guirjmirdii et M. Iiij mcnoplia g us , ([ui les auraient envahis. L'auteur signale encore un Bacillus Ticfjlicnii voisin du B. amijlubacler. Les figures, ayant beaucoup perdu de leur netteté par ) BULLETIN DES SÉANCES. 137 la reprotliiction sur zinc, nous montrent des coupes dans divers tissus attaqués ou envahis par les Bactéries. M. Renault tire les conclusions suivantes de l'exposé sommaire de ses recherches : 1° Les Bactéries paraissent s'être montrées sur le globe en môme temps que les premières plantes; 2*" D'après les recherches faites jusqu'ici elles ont été presque aussi nombreuses et aussi répandues que de nos jours; o" Leur rôle vis-à-vis des plantes semble avoir été le même que celui des Bactéries actuelles. É. D. W. * * CoNN. — Cream ripcning willi Bacllliis, n" il {Ccntralb. f. Bakt. 2^ Abt., Bd. I, n" 11). Depuis que les recherches de Storch et de Weigmann ont fait connaître les agents de la maturation de la crème, on admettait généralement que ce processus consistait essentiellement en une aciditication, en une production d'acide lactique qui, en agissant sur les glycé- rides, mettait en liberté de petites quantités d'acides volatils sapides et aromatiques. Aussi, est-ce uniquement dans le groupe des ferments lactiques que l'on a jusqu'à ce jour, cherché les espèces à employer pour la pratique de la maturation pure de la crème. Au cours d'expériences prolongées pendant plusieurs années sur l'action de Bactéries très diverses sur le lait et la crème, Conn a été amené à découvrir un orga- 138 SOCIÉTÉ lîELGE DE MICROSCOPIE. nisme non acidifiant, dont rinoculation à la crème produit un beurre de qualité tout à fait supérieure. Cette Bactérie, que l'auteur désigne sous le nom de Bacille n" 4j, a été isolée d'un lait imparfaitement stérilisé envoyé de l'Uruguay à l'Exposition de Chicago. C'est un bacille court, asporogène, se développant sur les milieux ordinaires sans toutefois y donner de cul- tures bien caractéristiques; cultivé dans le lait, il fait naître un arôme des plus agréables qui fait graduelle- ment place à une odeur forte rappelant celle du fromage avancé. Des expériences très méthodiques de maturation ont été conduites à l'aide de ce ferment. Un lot de crème bien homogène était divisé en trois parties. L'une d'elles était abandonnée à une maturation spontanée; la seconde, préalablement pasteurisée, était inoculée à l'aide du bacille n" 41 ; la troisième était également pourvue de ce dernier sans avoir été débar- rassée de ses ferments propres. On avait soin d'opérer la maturation, le barattage et les manipulations du beurre, dans des conditions aussi identiques que possi- ble. Les résultats furent très constants. Les crèmes inoculées fournirent toujours un beurre exquis, présen- tant au plus haut degré de délicatesse le « grass flavour » recherché par les palais yankees. Sous ce rapport, la crème non pasteurisée surpassait même légèrement celle qui l'avait été. A l'heure actuelle le bacille n" 41 est employé cou- ramment dans plus de cent laiteries, travaillant pour le reste dans les conditions les plus variées, et partout avec le même succès. Comme on le voit, la découverte de Conn est suscep- BULLETIN DES SÉANCES. 439 tible d'une application des plus avantageuses! que la suppression d'une pasteurisation préalable de la crème, nécessaire avec les ferments acidifiants employés jus- qu'ici, rend particulièrement aisée. Ém. Marchal. * * * Ed. de Fkeudenreich. — Contribution à Cétude de scaiises de l'amertume des fromages et du lait [Annales de Micrographie. Janvier 1895). L'amertume du lait reconnaît presque toujours pour cause le développement, dans ce liquide, de bactéries. Les organismes qui rendent le lait amer paraissent très nombreux; on en connaît à l'beure actuelle déjà un certain nombre signalés par Duclaux, Conn, Weigmann, etc. L'auteur a étudié, avec beaucoup de soin, un micro- coque que renfermait, presqu'à l'état de pureté, un fromage cuit présentant un goût amer très prononcé. Après en avoir détaillé les caractères microscopiques et le mode de développement sur les milieux ordinaires, il ftiit connaître son action spécifique sur le lait. Le Micrococeus casei amari, ainsi que l'auteur l'ap- pelle, cultivé dans le lait, produit de l'acide lactique, provoque la coagulation de la caséine; en même temps il produit des substances amères spéciales qui semblent être différentes des peptones auxquelles on attribuait jusqu'ici l'amertume engendrée par beaucoup d'orga- nismes. L'auteur a réussi à fabriquer, à l'aide de lait préala- 140 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. blement pasteurisé (i), ensemencé de M. casei amari, un fromage dont le goût était nettement amer. Le microbe n'est pas résistant vis-à-vis des agents extérieurs et des désinfectants. Il succombe rapidement à 70°, en atmosphère humide. Aussi la pasteurisation du lait doit-elle permettre de le détruire aisément et d'éviter les accidents qu'il occasionne. Ém. Marchal. La question : existe-t-il un noyau ou un corps cen- tral en tenant lieu chez les Cyanophycées? est loin d'être résolue. Nous voyons successivement apparaître des travaux appuyant l'opinion deBùtschli et dans lesquels se trouve décrit chez les Bactéries, comme chez les Cyano- phycées, un corps central « central Kdrper », tandis que d'autres travaux ne relatent rien de particulier au centre des cellules de ces Algues ; d'autres comme, M. Errera l'a résumé dans ce Bulletin (-2), considèrent la partie médiane des cellules non comme un corps assez analogue au noyau, mais comme une vacuole. M. Nadson, assistant au Laboratoire de l'Université de St-Pétersbourg, élève de Bùtschli a publié cette année un travail assez étendu sur le sujet. Le mémoire de M. Nadson écrit en russe est heureusement suivi d'un résumé allemand, il est accompagné d'une double plan- che. Il a pour titre : « Ueber den Bau des Cyanophyceen- protoplastes » . Nadson termine son travail par un relevé bibliographique de plus de 80 travaux, parmi (1) Cette opération consistée porter le lait à une température de GO» à 70» et à le refroidir ensuite rapidement. (2) Voyez Bulletin, t. XXI, p. 45. I5ULLET1N DES SEANCES. 141 lesquels plus de 50 ont trait directement à la question. L'auteur a étudié les espèces suivantes : Merismopedia clegans th., Aplianocapsa Grcvillci Rbli., Cliroococ- cus turgidus INag.; Glococapsa \polijdermalica Kùtz. ; Lijmjbija curvata Rbli.; Oscillaria sp.; Tolypollirix AccjcHjropila Kiitz., et Ap/iaiiizomenon flos aquae, Allm., appartenant toutes au groupe des Cyanophycées. Il étudia aussi parn)i les Bactéries : Closlridium biUijri- cum Prazm., Cladotlirix dic/wtoma Cohn. M. Nadson retrouve dans le protoplasme de tous ces organismes, la structure alvéolaire telle qu'elle a été décrite par Biitschli.Dans la vie on peut déjà remarquer cette structure, mais on l'observe surtout après fixation et coloration par l'bématoxyline ou par les anilines. La partie centrale de la cellule, privée de pigment, le « Central Kôrper » de Bùtschli n'est pas un organe de la cellule, c'est le centre de localisation d'un certain nombre des éléments de la cellule. C'est l'ensemble des alvéoles centrales du protoplasme, renfermant une matière spéciale colorableet les corpuscules qui possèdent les caractères de la cbromatine. Ce corpuscule central n'est ni l'analogue, ni le dérivé des noyaux des autres organismes, mais il s'en rapproche dans certains cas. L'auteur est parvenu à déceler dans le contenu cellu- laire des Cyanophycées, trois sortes de corpuscules : les corpuscules chromatiques, les corpuscules de réserve et des microsomes. Les deux premières sortes se rencon- trent toujours; quant au troisième groupe l'auteur n'a pu les observer dans tous les cas, il est probable cepen- dant, nous dit l'auteur, qu'ils existent chez toutes les Cyanophycées. m SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Il est intéressant de voir ce que M. Nadson rapporte à ces trois groupes de corpuscules. Les « Chromatinkôrner » sont équivalents aux corpus- cules rouges de Bi'itschli, aux globules muqueux de Palla et en partie à ceux de Sclimitz et même aux « Kyano- phyceinkôrner » de Hieronymus. Ces granulations sont en général réunies dans le corpuscule central. Les deux autres groupes de granules se rencontrent uniquement dans le protoplasme périphérique. Les corpuscules de réserve de Nadson seraient équivalents aux « Cyanophy- ceinkorner « de Palla et auraient bien l'origine que leur attribue ce dernier auteur. Quant à la division elle-même du noyau, ou corps cen- tral, elle se ferait directement par scission, du moins dans la plupart des cas, l'auteur aurait observé paraît-il des formes de passage vers la division indirecte. Les Bactéries auraient la même structure, cellulaire; dans beaucoup de cas cependant le contenu cellulaire comprendrait seulement le noyau ou corpuscule central, qui deviendrait ainsi l'analogue du protoplaste entier des cellules des autres organismes. Comme on le voit dans les traits généraux les résul- tats obtenus parBùtschli, Palla, Nadson, sont les mêmes. Pouvons-nous tirer de ces divers travaux la conclusion que chez toutes les Cyanophycées et chez les Bactéries, il existe un corps central jouissant de certaines propriétés spéciales et rappelant par quelques caractères le noyau des cellules des autres organismes. Nous ne le croyons pas. De même nous ne pourrions pas affirmer la non exis- tence de ce noyau, et dire qu'il y a dans ces cellules une vacuole centrale, et que le protoplasme n'est pas de struc- ture alvéolaire chez toutes les Bactéries, comme pense BULLETIN DES SÉANCES. U3 l'avoir observé Migiila dans le Ikicillus oxalaticiisZo\sLy et Chodat dans le Chroococcus lunjidus. Or, chez cette dernière espèce Palla «t Nadson disent avoir observé et corps central et plasma péripbérique, chacun avec ses caractères spéciaux. Des observations faites sur les mêmes organismes ayant donné des résultats aussi différents, il est absolu- ment nécessaire que l'on reprenne l'étude de tous ces types en se servant comparativement des diverses méthodes employées par les auteurs, soit pour la fixation, soit pour la coloration des matériaux. 11 serait néanmoins très intéressant de réunir en un tout les observations publiées jusqu'à ce jour sur la structure des Cyanophycées et des Bactéries et de discuter les résultats. Il serait désirable qu'à ce point de vue on sépare les Cyanophycées des Bactéries; de tels travaux rendraient certainement service. É. D. W. Nous avons reproduit dans le n° IV du Bulletin de la Société un extrait de la biographie de de Brébisson publiée par M. Tempère dans le Diatomiste. Nous avons reçu à ce propos la lettre suivante de MM. Herrmann et Tourneux, que nous insérons sans y ajouter de commen- taires. Toulouse, le 19 juin 1895. Monsieur De Wildeman, Nous venons faire appel à votre esprit de justice au sujet d'un article du Bullcl'ui de la Société belge de 144 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Microscopie (n" du 50 avril 1895, pages 4(3-47), signé de vous et parvenu un peu tardivement à notre connais- sance. Cet article reproduit un passage d'un autre journal d'après lequel Ch. Robin aurait tout simplement volé à Bourgogne, père et de Brébisson le manuscrit du Traité du Microscope. Permettez-nous de vous exprimer sans réserve l'éton- nement que nous a causé la lecture de cette étrange anecdote. Vous n'êtes pas sans savoir que le Traité du Micros- cope n'a pas revêtu de prime-abord sa forme définitive. Avant les éditions de 1871 et 1877 avait paru VEssai de 1849 accompagné d'une préface sur les divisions de l'anatomie générale et d'une étude fort remarquable sur la classification des Sciences et sur les principes géné- raux de la biologie. Dans VEssai, la partie technique [Injections et Micros- cope) se réduisait à 258 pages de 1,500 lettres avec 25 figures en texte et 4 planches dessinées par Laeker- bauer. Il y a loin de cette première ébauche au Traité de 1877 dont la partie correspondante compte 550 pages de 2,200 lettres avec 150 figures en texte et 5 des anciennes planches lithographiées, Timité qui comprend en plus une deuxième partie d'égale étendue et entière- ment nouvelle sur les applications du microscope en biologie. Peut-on supposer un seul instant, qu'un auteur de la valeur de Robin, dont l'originalité est à coup sûr la qualité dominante, ait pu ainsi, pendant une période de 28 années, poursuivre et développer une œuvre qui n'aurait pas été la sienne? Considéré en lui-même cet opuscule de technique BULLETIN DES SÉANCES. iiS microscopique tient une place bien restreinte dans l'œuvre si vaste de Robin. Comme le dit fort justement Georges Pouchetdans sa notice nécrologique (Ch. Robin, Sa Vie et son œuvre. Journal de l'Anatomie, 1887), ce qui fait l'intérêt du volume paru en 1849, c'est la partie philo- sopliie et non la partie technique. Celle-ci, par la nature même du sujet, offre bien moins d'originalité; elle ne marque aucun progrès bien notable sur les connais- sances de l'époque, si ce n'est pour certains points d'im- portance secondaire tels que les procédés de mensuration basés sur l'emploi des oculaires micrométriques, etc., points qui n'ont jamais fait l'objet d'aucune réclamation de priorité. On ne s'expliquerait pas que Robin eût commis pour si peu de chose le détournement que d'aucuns voudraient lui imputer, et cela au moment môme où il déployait l'activité vraiment prodigieuse dont fait foi la liste de ses travaux. Et qui donc croira que de Rrébisson ait pu « recon- naître sa prose à laquelle Robin n'avait rien changé, » quand on trouve à chaque page de VEssai les idées et et les tournures de phrase de Robin dont la manière d'écrire si spéciale ne prête certainement pas à confu- sion? D'un bout à l'autre, cette singulière histoire est abso- lument invraisemblable. Mais si l'on peut laisser contester à Robin la paternité de ce modeste Essai sans que son héritage scientifique (risque d'en être sensiblement amoindri, nous ne saurions oublier, d'autre part, que derrière le savant il y avait l'homme. C'est ce dernier que voudrait viser l'accusation déshonorante contre laquelle ne sauraient protester avec trop d'énergie ceux qui ont connu de près le X\l I 1 146 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. grand et lionnête travailleur si gratuitement incriminé. On sait du reste quelles luttes opiniâtres, il a eu à soutenir au cours de sa carrière : s'il avait été possible de l'inculper de vol, il est permis de croire que ses adversaires ne s'en seraient pas fait faute. Il s'agit, en somme, d'un simple on dit, dont rien ne vient corroborer l'exactitude. Nous pourrions, avec non moins d'autorité et de vraisemblance, venir déclarer, par exemple, que c'estRobin qui avait rédigé tel mémoire signé de Brébisson et que c'est de sa propre boucbe que nous tenons le fait. En pareille matière une affirmation pure et simple ne suffît pas. A la vérité, tout homme un peu en vue est exposé à voir émettre sur son compte des assertions plus ou moins désobligeantes ; dans l'espèce, celles-ci sont parfaitement négligeables lorsqu'elles ne sont pas appuyées sur des preuves tangibles et que par surcroît elles émanent d'un milieu étranger au mouvement scientifique. Mais ce qui paraît inadmissible c'est qu'une société savante digne de ce nom se fasse l'écho d'une légende de ce genre, l'admette sans autre vérification et la consigne dans ses comptes rendus. Ce serait donner à un bruit sans consistance une sorte de consécration qui pourrait induire en erreur, dans quelques années d'ici, un historien non prévenu, et vous ne voudrez certainement pas assurer une pareille responsabilité. Nous demeurons persuadés que dans cette circons- tance la bonne foi de la Société de Microscopie et de ses correspondants a été surprise. Votre Bulletin n'hésitera pas à insérer la présente lettre et à s'associer ainsi à notre protestation en faveur d'un maître regretté dont la mémoire pourrait être ternie par des allégations qu'on BULLETIN DES SÉANCES. 147 doit considérer, jusqu'à plus ample informé, comme dénuées de tout fondement. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance .de notre par- faite considération. G. HeRHMANN. F. TOURNEUX. Professeurs à la Faculté de Médecine de Toulouse (Haute-Garonne). * * Les études de pathologie végétale ont acquis avec raison une grande importance dans ces dernières années. Les maladies de la vigne ont attiré tout particulièrement l'attention des botanistes, l'on a étudié d'une manière approfondie des maladies connues depuis longtemps et l'on en a décrit de nouvelles qui seraient dues souvent à des organismes inférieurs spéciaux. Un des derniers travaux sur la question est celui que vient de publier dans la Revue de viticulture, M. F. De- bray avec la collaboration de M. Brive. Cette étude intitulée « La brunissure chez les végétaux et en parti- culier dans la vigne, ses caractères, le parasite qui la provoque » renferme des données très intéressantes au point de vue de la systématique et au point de vue de la biologie de l'organisme, cause de la maladie. « La brunissure, dit M. Debray, est une maladie pro- duite par un Champignon que ses caractères botaniques ne permettent pas de laisser dans le genre Plasmodio- pliora. « L'auteur lui applique le nom générique de Pseudocommis, et comme nom spécifique garde celui proposé par MM. Viala et Sauvageau. Le parasite devra donc s'appeler Pseudocommis vitis (Viala et Sauv.) Debray. Le nom de « Chytridiose » devra être aban- d48 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. donné, car le parasite ne pent être comparé, comme l'avait fait M. Prunet, à une Chytridiacée. L'auteur a pu étudier le développement du parasite, et les différentes phases de la maladie, sur les vignobles des environs d'Alger. Mais ce qui est particulièrement intéressant pour l'évolution de la maladie, c'est le fait que ce parasite, ne se localise pas uniquement, comme on le croyait, dans les tissus de la vigne, on le rencontre encore attaquant toute une série d'autres végétaux, appartenant aux familles les plus diverses L'auteur cite des plantes des familles suivantes : Gra- minées, Palmiers, Liliacées, Amaryllidées, Dioscorées, Musacées, Composées, Caprifoliacées, Asclépidiacées, Solanées, Acanthacées, Ébénacées, Oléinées, Zanlhoxy- lées, Anacardiacées. Aurantiacées, Acérinées, Ampéli- dées, Célastrinées, Magnoliacées, Morées, Mescmbry- anthémécs, Crassulacées, Saxifragées, Grossulariées. Araliacées, Aristolochiées, Laurinées,Rhamnées, Myrta- cées, Granatées, Pomacées, Rosacées, Amygdalées Légumineuses, Amentacées, Gnétacées, Cupressinées, Abiétinées, Cycadées, Fougères. Ce ne sont là probablement pas les seules familles dont les espèces peuvent être attaquées par le Pseudo- commis, qui paraît être, d'après les données du travail de MM. Debray et Brive, la cause d'un grand nombre de maladies d'arbres fruitiers ou d'ornement, décrites sous des appellations diverses. É. D. W. M. Balbiani termine dans les n"' 7-8 des Annales de BULLETIN DES SÉANCES. 149 micrographie, un intéressant article « Sur la structure et la division du noyau chez le Spirocliona gcmmi- para. » L'auteur a observé des faits très curieux relativement à la sortie d'un corpuscule du noyau, corpuscule qui joue ensuite un rôle assez analogue aucentrosome. Il ne sera peut-être pas sans intérêt d'attirer l'attention sur le travail de M. Balbiani, en reproduisant ici le résumé de ces conclusions. Le noyau du Spirocfiona se compose d'une substance chromatique et d'une substance achromatique; ces deux substances sont adjacentes ou incluses l'une dans l'autre, la chromatine entoure la substance achromatique qui reste à nu dans la partie postérieure, ou bien les deux substances sont complètement séparées. Le nucléole des divers auteurs se forme dans la partie antérieure de la chromatine, dans une sorte de vacuole; il émigré ensuite et vient se placer dans la substance achromatique. Le globule central participe à la fois des caractères d'un nucléole vrai et d'un centrosome; il disparaît au début de la division pour reparaître dans les deux noyaux, il condense autour de lui la substance environ- nante sous forme de sphère attractive intranucléaire,ne passant pas dans le protoplasme comme les centrosomes ordinaires. Ce caractère justifierait l'opinion des auteurs ne fai- sant pas de distinction fondamentale entre nucléole et centrosome. Le processus par lequel se reforme le nucléole dans les noyaux permettrait d'expliquer l'origine du centro- some; ce seraient des microsomes de chromatine, libres •ISO SOCIÉTÉ BELGIi UE MICROSCOPIE. OU fusionnés, sortis du noyau, pour pénétrer dans le protoplasme et y jouer un rôle actif. Une belle planche reproduisant les diverses phases de division de ce curieux noyau, accompagne le travail de M. Balbiani. Ces conclusions sont, comme on le sait, assez intéressantes, mais pourront-elles être généra- lisées? É. D. W. E. DE Frendenreich. — De la recherche du bacille coli dans l'eau. (Annales de Micrographie, t. VII, n" 7 et 8.) La recherche du bacille coli présente une grande im- portance dans l'analyse bactériologique des eaux, l'exis- tence de ce microbe étant un indice de contamination par des matières fécales bien que, cependant, il semble démontré aujourd'hui qu'il se trouve dans l'air, dans le sol, des formes bactériennes présentant les plus grandes analogies avec le bacille de l'intestin. Jusqu'ici l'on opérait la recherche du bacille coli en même temps que celle du bacille typhique par les pro- cédés de Vincent ou de Péré, basés sur la propriété que possèdent ces deux organismes de se développer dans des milieux additionnés dans des quantités notables d'acide phénique. L'auteur s'est servi d'un procédé beaucoup plus rapide qui lui a toujours fourni d'excellents résul- tats. On ensemence des doses croissantes d'eau (une, dix, vingt, etc., gouttes,) dans des ballons contenant du BULLETIN DES SÉANCES. \M bouillon additionné de 5 p. 100 de sucre de lait que l'on maintient à 55°. Si le bacille coli est présent dans l'eau une vive fer- mentation s'établit après douze à vingt-quatre heures. La teneur de l'eau, en bacille intestinal, est aisément déduite de l'examen de la série des ballons ensemencés. ÉM. M. i i niLLEIIiX DES SliAI\CES DE LA mMïii BELGli \)\i MICROSCOIUE ToMK XXI. N' X. 1894-1895. l*i*océs-verl>al de ra$^seiul»lée aiiiiiielle du 1» octobre 1N95. Présidence de M. Rouffart, président. La séance est ouverte à H heures. M, le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction pu- blique nous a envoyé le mandat annuel de 500 francs. — Remerciements. P Le Secrétaire donne lecture, au nom du Conseil, du RAPPORT SUR LRS TRAVAUX DE LA SOCIKTF: PENDANT L'ANNÉE 1894-95. Messieurs, Pour se conCormer, aux statuts de la Société, le Conseil d'administration a l'honneur de vous présenter XXI <'^ iU SOClliTÉ BKLGE UE MiCUOSCOPlE. son vingt et unième rapport annuel sur la situation matérielle et seienlifiqiie de notre association. Le nombre de nos membres est resté sensiblement le même, la liste comprend actuellement 7G membres effectifs, 17 membres associés. Les communications faites à nos séances mensuelles sont presque toutes reproduites dans nos publications, Bulletins ou Mémoires. Nous avons en oulre fait impri- mer un certain nombre d'articles présentés à nos séances par nos membres. Nous ne vous citerons point ces travaux, vous en trouverez l'indication dans la table des matières, termi- nant le dernier fascicule de notre tome XXL MM. J. Bordet, Massart, Francotte, Claulriau, Pe- chère ont également fait à quelques-unes de nos séances des communications que nous n'avons pu repro- duire jusqu'à ce jour dans nos publications. MM. Marcbal, Nypels, De Wildeman, ont fourni pour nos Bulletins des comjites-rendus, analyses et notes de technique. Depuis notre dernière séance générale, nous avons achevé la publication du tome XVIII de nos Mémoires et nous avons fait paraître le i*" fascicule du tome XIX. Nous coniptons faire parailie d'ici peu le 2" fascicule de ce dernier tome. Nous n'avons pu, à défaut de local bien disposé, donner cet hiver une nombreuse série de conférences publiques. Nous ne pourrons fort probablement pas le faire cette année, les installations nouvelles qui nous seront réservées dans les locaux du Jardin botanique ne sont pas encore terniinées. Le Conseil renouvelle à M. Crépin, membre de notre BULLETIN DES SEANCES. i"» I Société et dii't'tteiu' du Jardin botanique, ses plus vifs sentiments de reconnaissance pour i'Iiospitalilé qu'il veut bien accorder à la Société. Il le remercie tout spécialement d'avoir bien voulu mettre cette année à la disposition du Bibliothécaire une armoire où ont pu être mis à l'abri, pendant la période de reconstruction des bâtiments, les plus importantes des collections de notre Bibliothèque. Counne le trésorier va nous le montrer, l'état de nos tinances, est beaucoup meilleur que celui que nous accusions l'année passée. La Société a, pendant le courant de l'année, perdu quelques-uns de ses membres. M. le docteur Van Heurck a consacré dans nos BiiUetins une notice à la mémoire de l'un de nos membres fondateurs, J. Deby. Nous avons à enregistrer la mort de deux de nos associés étrangers : Louis Pasteur, membre honoraire, est décédé tout dernièrement; nous consacrerons dans le compte rendu de cette séance une notice à la vie et les œuvres de l'illustre savant. Parmi nos membres correspondants, nous avons perdu le docteur Senoner de Vienne, et Fréd. Kitton, à qui M. Van Heurck consacrera quelques mots dans nos BuUelins. La situation de notre Société est donc,, comme vous pouvez aisément vous en assurer vous-mêmes, en progrès, tant au point de vue matériel qu'au point de vue scienti- fique. Nous espérons, avec l'aide dévouée de tous les mem- bres, voir pendant l'année qui s'ouvre, auguienter le nombre et l'intérêt des communications scientifiques et, en même temps, l'état matériel de notre Société. iS6 SOClfiTÉ UELGI'; l»E MICUOSCOI'IK. BILAN DE L'EXERCICE 1894-95. Le trésorier dépose les comptes de l'année sociale 1894-95. Ils sont approuvés. L'encaisse de la Société, portefeuille compris, com- porte plus de 800 francs. Le trésorier présente ensuite le projet de budget pour l'exercice 1895-90 ; ce projet est adopté. L'assemblée vote des remerciements au trésorier pour les soins qu'il ne cesse d'apporter à la gestion des finances de notre Société. M. Delogne, empêché d'assister à la séance, ne peut déposer le rapport sur l'état de la bibliothèque et des collections. Rien de particulier n'est d'ailleurs à signaler, si ce n'est que M. Crépin, directeur du Jardin botanique, a bien voulu mettre à notre disposition une bibliothèque, nous avons ainsi pu rendre accessible les plus impor- tantes de nos collections, en attendant la reconstruction des nouvelles salles du Jardin, où nous pourrons installer toutes nos collections. SEANCES MENSUELLES. Jj'assemblée décide que les séances mensuelles auront lieu, connue par le passé, le troisième lundi de chaque mois, à 8 l/:2 du soir. Le Secrétaire ainionce, que le Conseil a renommé, BULLETIN DES SEANCES. 157 MM. Ch. Bordet et Péchère, secrétaires-adjoints, pour l'année 1895-189G. ÈLfc:CT10iNS. L'ordre du jour appelle l'élection de divers membres du Conseil en remplacement de MM. Lameere vice- président; De Wildeinan, secrétaire; Bauvvens, tréso- rier; Coomans, membre du Conseil, sortants et rééli- gibles, et Renard, meinbre démissionnaire. Sont nommés : Vice-président : M. Lameere. Secrétaire : M. DeWiideman. Trésorier : M. Bauwens. Membres : M. L. Coomans, M. Van Bambeke. Communications : M. Francotte expose quelques remarques sur la mesure des objets microscopiques. Le résumé de cette communication sera inséré dans le compte rendu de la séance. M. B. Sand résume un travail de Boveri sur les centrosomes ; ce résumé sera reproduit dans le compte rendu des séances. M. De Wildeman dépose une notice algologique; elle paraîtra dans le Ijullelin. i:.8 SOCIÉTÉ BELGK DE MICKOSCOI'IE. Élection : M. Fisch, représentant de la maison Leilz deWetzIar, présenté par MM. Marchai et De Wildeman, est nommé membre effectif. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 1"2 1/4 heures. Bull, (le la Soc. belge de microseopie. T. XXI, pi. VII. LOUIS PASTEUR 1822-1895 LOUIS PASTEUR 1822-1895 Le 28 septembre dernier, s'est éteint à Garches, près (Je Paris, rnn des plus grands génies de ce siècle, Louis Pasteur, l'illustre fondateur de cette science biologique qui devait révolutionner la médecine, le savant dont les découvertes ont sauvé des milliers de vies humaines et lui vaudront à jamais le titre le plus glorieux qu'un mortel puisse envier : celui de bienfaiteur de l'huma- nité. Rappeler la vie de l'homme, retracer la carrière du savant, montrer l'évolution de son génie, l'enchaîne- ment rigoureux des faits qui l'ont conduit de décou- verte en découverte, de triomphe en triomphe, constitue une tâche qui aurait dû échoir à quelque plume plus experte et surtout plus autorisée que la mienne. Heureusement, un mystérieux et trop modeste ano- nyme a, dans un livre charmant intitulé : Histoire (Cun savant par un ignorant, raconté, avec autant de sincé- rité que d'humour, la vie de celui qu'il appelle son illustre ami. Il a été pour moi un précieux initiateur. Louis Pasteur est né à Dôle (Jura), le 27 décembre 1822. Deux ans après sa naissance, son père, modeste tan- neur, vint s'installer à Arbois; c'est au collège muni- cipal de cette ville que le jeune Pasteur fit ses premières études. 160 SOClÉIft IJELGK DK MICUOSCOl'IK. On raconte, qu'en ces temps lointains, la pêclic et surlout le dessin, disputaient aux thèmes et aux ver- sions les loisirs du collégien, et Ton voit encore, dans quelques maisons d'Arbois, plusieurs de ses portraits an pastel tous signés. Leur facture peu banale faisait dire il y a quelques années à l'artiste Gérôme : « Quelle chance pour nous, M. Pasteur, que vous ayez abandonné la peinture pour la science. Nous aurions eu en vous un terrible concurrent de plus. » Le collège d'Arbois n'ayant pas de professeur de philosophie, le jeune Pasteur, chez qui s'était éveillée l'ardente passion du travail qui forma depuis le fond de son caractère, alla continuer ses études à Besançon, où il tut bientôt reçu bachelier ès-lettres et nommé maître- répétiteur. Mais, encouragé par son père, qui s'imposait les plus rudes sacrifices pour son instruction, il songea à l'École normale. Mettant à profit le peu de loisir que lui laissaient ses fonctions, il se prépara aux examens d'admission à cette institution. C'est à cette époque que se manifesta chez lui un goût marqué pour la chimie; il accablait de questions, sou- vent embarrassantes, un vieux professeur, appelé Dar- lay. Sa curiosité n'ayant pu être satisfaite par ce dernier, il s'adressa à un pharmacien de Besançon, dont il obtint en cachette, les jours de sortie, quelques leçons particulières. Aux examens de l'École normale, Pasteur fut reçu le quatorzième; mais, mécontent de son rang, il recom- mença une nouvelle année de prépai'alion à Paris, dans un modeste établisseuient d'instruction tenu, impasse BULLETIN DES SÉANCES. 161 des Feuillantines, par un Franc-comtois, le père Barbet. Celui-ci, prenant en considération le peu de fortune de son compatriote, avait réduit, pour lui, d'un tiers le prix de la pension. Enfin, en octobre 1845, il était reçu quatrième à cette grande École normale qu'il devait illustrer plus tard de l'éclat de ses découvertes. Il put y donner satisfaction à son amour pour la cbimie qui s'était transformé en une véritable passion. Cette science était, en ce temps, professée à la Sor- bonne, par l'illustre Dumas; cbacune des leçons du maître suscitait, chez Pasteur, un enthousiasme pro- fond. Ses heures de loisirs étaient partagées entre la biblio- thèque et le laboratoire. Il avait trouvé, en la personne de M. Delafosse, maître de conférences à l'École nor- male, un guide précieux dans l'étude de la physique moléculaire. Elève et ancien collaborateur du célèbre cristallo- graphe Haùy, Delafosse avait imprégné le jeune Pasteur des enseignements de son maître sur l'arrangement des atomes et ses rapports avec les formes cristallines. C'est à celte époque que le savant minéralogiste alle- mand, Mitscherlich, envoya à l'Académie des Sciences une note dans laquelle il disait : « Le paratartrate et le tartrate de soude et d'ammo- niaque ont la même composition chimicjue, la même forme cristalline avec les mêmes angles, le même poids spécifique, la même double réfraction, et, par consé- (juent, le même angle des axes optiques. Dissous dans l'eau, leur réfraction est la même. Mais le tartrate dis- IGi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. SOUS tourne le plan de la lumière polarisée et le para- tartrate est indifférent, comme M. Biot l'a trouvé pour toute la série de ces deux genres de sels. » Ce fait, en contradiction avec les idées d'Haiiy et de Dumas sur l'arrangement des molécules dans les cris- taux, frappa vivement Pasteur. Reçu agrégé des sciences physiques, à la fin de sa troisième année d'école, ce dernier obtint la faveur de rester attaché, comme préparateur, au laboratoire de l'École normale. Il se mit assidûment à l'étude des cristaux, à la détermination de leurs formes, de leurs angles, dans le secret espoir d'infirmer un jour les assertions de Mitscherlich. Un examen minutieux des formes cristallines de l'acide tartrique et de ses combinaisons, lui fit voir que certaines petites faces avaient échappé à cet obser- vateur. La présence de ces faces rompait la symétrie de ces cristaux; ceux-ci, placés devant une glace, ne produi- saient pas une image qui leur était superposable : ils étaient dissymétriques. , Cette dissymétrie se manifestait toujours dans le même sens. Au contraire, l'acide paratartrique inactif, préparé selon les indications de la note de Mitscherlich, se montra constitué de deux sortes de cristaux, les uns identiques à ceux de l'acide actif, les autres présentant une dissymétrie en sens inverse. Pasteur sépara manuellement les deux variétés de cristaux dans le but d'étudier l'action de leurs solutions sur la lumière polarisée, qu'il soupçonnait être en relation avec la dissymétrie moléculaire observée. BULLETIN DKS SEANCES. 163 Les prévisions du jeune savant se réalisèrent avec une netteté mathématique. L'une des solutions pola- risait à droite, l'autre en sens opposé. Ces résultats avaient attiré l'attention de l'Académie des Sciences, et l'un des membres de la docte assem- blée, le physicien Biot, demanda à Pasteur d'en vérifier avec lui l'exactitude. L'épreuve fut convaincante et ce fut avec une émotion mal dissimulée que l'illustre vieillard, après avoir constaté les déviations polarimétriques, prit le jeune Pasteur par le bras et lui dit : « Mon cher enfant, j'ai tant aimé les sciences dans ma vie, que cela me fait battre le cœur. » C'est ainsi que fut introduite, dans la science, la notion de la dissymétrie moléculaire. Sur ces entrefaites. Pasteur fut nommé professeur suppléant de chimie, à la faculté de Strasbourg. C'est dans cette ville, qu'il épousa M"" Marie Laurent, fille du recteur de l'Académie, qui devait être la com- pagne vaillante dont l'admirable dévouement ne se démentit jamais. Pasteur continuait avec succès ses recherches cris- tal lographiques. Étudiant un grand nombre de substances, il fit voir que toutes celles qui déviaient le plan de polarisation de la lumière étaient constituées par des cristaux dissymé- triques ou présentant la dissymétrie lorsque l'on faisait varier la nature des dissolvants, ou que l'on introduisait dans les solutions mères des matières étrangères inca- pables de réagir chimiquement sur elles. Il fit, d'autre part, cette constatation intéressante que la plupart des corps organiques sont dissymétriques. 164 SOCIÉTÉ BELGE UR MICROSCOPIE. tandis que les produits du monde inorganique sont à image superposable. Et généralisant encore : « L'univers est un ensemble dissymétrique, écri- vait-il. Je suis porté à croire que la vie telle qu'elle se manifeste à nous, doit être fonction de la dissymétrie de l'univers. » Ayant abandonné à elle-même une solution étendue de paratartrate d'ammoniaque additionnée de quelques sels, il la vit se couvrir de moisissures, notamment de Pénicillium. En même temps, il constatait que la solution, tout d'abord inactive, déviait de plus en plus, à gauche la lumière polarisée. Le champignon consommait donc l'acide droit, lais- sant le gauche inaltéré. Ainsi, pour la première fois, la notion de la dissymétrie moléculaire apparaissait dans le domaine physiologique. Entre-temps, Pasteur avait quitté Strasbourg pour s'installer à Lille, où il arrivait, à l'âge de 52 ans, avec le titre de doyen de la Faculté. C'est à cette époque que sa carrière scientifique prit son orientation définitive. L'étrange influence d'un être microscopique sur la dissymétrie moléculaire était de nature à lui faire entre- voir des horizons nouveaux sur bien des choses et, notamment, sur les phénomènes, alors si obscurs, de la fermentation. Guidé par sa merveilleuse prescience, il se disait que l'action d'un infiniment petit ne pouvait pas être un cas isolé dans la nature, et devait rentrer dans l'énoncé de quelque grande loi générale insoupçonnée. Les idées de Liebig régnaient alors en maitresses et la théorie du contact, la théorie catalytique, paraissait BULLETIN l»HS SEANCES. i6ïi seule capable de rendre compte de la décomposition des cadavres animaux et végétaux, de l'aigrissemcnt du lait, du bouillonnement du jus de raisin dans les cuves de vendange, de la panification, bref de tous les phéno- mènes obscurs que l'on attribuait à des « ferments », ferments dont on donnait une définition non moins équivoque. « Les ferments, disait Liebig, sont toutes ces ma- tières azotées, albumine, fibrine, caséine... ou les liquides qui les contiennent, le lait, le sang... dans l'état d'altération qu'ils éprouvent au contact de l'air. » Dans cette théorie, l'oxygène constituait donc le primiim moveus, la première cause de décomposition des matières azotées, dont l'ébranlement moléculaire se communiquait alors dans la masse fermentescible et la résolvait en produits nouveaux. Cagnard de Latour en France, Schwann en Belgique, avaient bien fait voir que la levure qui se dépose au fond des cuves de vendange est composée de cellules se multipliant par bourgeonnement, qui pouvaient bien intervenir dans la déconiposition du sucre ; mais ces observations, limitées à un cas particulier, n'étaient pas parvenues à ébranler les idées régnantes. C'est l'étude de la fermentation lactique qui devait fournir à Pasteur l'occasion de réfuter les errements de Liebig et de jeter les bases de la science biologique (18G7). En suivant avec attention les phases de l'acidification du lait, Pasteur avait remarqué, au moment de la coa- gulation, le dépôt d'une matière grise qui, au micros- cope, se révèle formée d'innombrables cellules souvent disposées en chaînettes et beaucoup plus petites que celles de la levure de bière. k 166 SOCIÉTÉ BIÎLGE DE MICHOSCOPIE. 11 imagina alors de constituer un milieu chimiquement défini, capable de subir la fermentation lactique, et de l'ensemencer à l'aide d'une parcelle du dépôt précité. Dans ce but, il mit en ébullition un peu de levure dans quinze à vingt t'ois son poids d'eau, fit dissoudre dans le liquide filtré environ 50 gr. de sucre par litre, et y ajouta de la craie. Prenant alors, à l'aide d'un tube effilé, un peu de la matière grise, il la déposa dans la liqueur sucrée. Dès le lendemain, une fermentation vive se manifestait, carac- térisée par une production abondante de gaz; en même temps, la craie disparaissait, dissoute, et faisait place, peu à peu, à un dépôt granuleux, que l'examen micros- copique montra être constitué de cellules identiques à celles de la matière grise primitive. Cette fois, il n'y avait plus de doute possible. Pasteur tenait l'agent de l'acidification : le feruient lactique. Cependant, les partisans de la théorie catalytique pouvaient encore se tirer d'affaire en prétendant, avec peu d'apparence de raison, il est vrai, que la fermen- tation était due, non pas au dépôt de feruient vivant, mais aux cellules mortes, en voie d'altération, qui accompagnent ce dernier, ou bien encore à la matière azotée que la décoction de levure avait introduite dans le milieu nutritif. Afin de dissiper les derniers doutes, Pasteur fit une expérience décisive et mémorable. Dans une liqueur dépourvue de matières organiques azotées, constituée par une solution de sucre, additionnée de petites quan- tités de phosphates alcalins et terreux et d'un sel ammo- niacal, il introduisit une parcelle de ferment lactique bien vivant : la fermentation suivit son cours régulier. BULLETIN bES SÉANCES. 167 Dans une autre expérience, non moins concluante, il obtint une fermentation alcoolique typique, en inocu- lant, à l'aide d'une quantité infinie de levure, une solution sucrée additionnée de sels nutritifs. Ces résultats portaient un coup fatal à la théorie du contact qui, malgré les efforts de Liebig, perdit du coup beaucoup d'adhérents. L'hypothèse d'une action catalytique des matières organiques azotées, dans la fermentation, était définiti- vement écartée; restait l'influence de l'oxygène de l'air. Pasteui' avait lemarqué que, lorsque le lait, après acidilication et précipitation de la caséine, subissait la fermentation butyrique, il y apparaissait un organisme tout différent du ferment lactique, formé de bâtonnets très agiles, arrondis aux extrémités. Il s'agissait là d'un nouveau ferment chez lequel Pasteur allait découvrir une bien remarquable propriété: l'anaérobiose. Il avait constaté, au cours de ses expé- riences antérieures, qu'une atmosphère confinée, voire même exclusivement composée d'anhydride carbonique, ne nuisait nullement à la fermentation butyrique. Il acquit rapidement la conviction que non seulement le vibrion butyrique peut vivre sans air, mais que l'oxygène constitue pour lui un véritable poison. Fait-on passer un courant d'air dans un liquide où se multiplie le microbe, immédiatement il tombe inanimé au fond du vase et la fermentation qu'il engendrait prend fin. La découverte de la vie anaérobie fut des plus fruc- tueuses ; non seulement elle fit entrevoir à Pasteur tout un monde d'organismes que les conditions d'aération de ses premières expériences avaient tenus écartés, mais 168 SOCIÉTft BELGR DK WICROSCOPIIÎ . elle lui suggéra des idées nouvelles sur le mécanisme intérieur des fermentations. « N'y avait-il pas, se disait Pasteur, une relation cachée entre la propriété d'être ferment et la faculté de vivre sans l'oxygène libre de l'atmosphère? Est-ce que les autres vibrions qui exigent impérieusement, pour leur nutrition et leur multiplication, la présence du gaz oxygène, ne seraient pas eux des vibrions qui n'auraient jamais la propriété d'être ferments. » Plein de ces idées, il imagina alors une série d'expé- riences pour mettre en parallèle ces deux faits physio- logiques si curieux : la vie sans air et le caractère ferment. Il fit fermenter du jus de raisin et du moût de bière dans des conditions d'aération variées : d'une part, en grande surface dans des baquets en bois à fond plat, d'autre part, dans des cuves profondes, et constata que le rapport entre le poids de sucre décomposé et le poids de levure formé est absolument différent dans les deux cas. Tandis que dans les cuves profondes, par exemple, on pouvait voir qu'un kilogramme de ferment décom- pose 70, 80 et jusque 150 kilogrammes de sucre, on voyait que, dans les cuves sans profondeur, 1 kilogramme de ferment correspond seulement à 5 ou kilogrammes de sucre décomposé. En d'autres termes, plus le ferment levure de bière absorbe, pour vivre, de gaz oxygène libre, moins grande est sa puissance comme ferment. L'oxygène agit donc sur la fermentation dans un sens tout opposé à celui que lui attribuait la théorie de Liebig; s'il stimule la uiultiplication cellulaire de la levure et il en diminue considérablement le caractère ferment. BULLETIN DES SÉANCES. 169 L'étude des phénomènes de la putréfaction fournit à Pasteur de nouvelles occasions de mettre en relief l'intime corrélation entre la vie sans air. et la fermen- tation. Il montra comment, après la mort, le cadavre animal ou végétal se trouve immédiatement envahi par les légions microbiennes, les unes superficielles aérobies et comburantes, les autres anaérobies, protégées du contact mortel de l'oxygène par les premières, engen- drant des fermentations qui résolvent les matériaux organiques en composés de plus en plus simples, jusqu'à la désagrégation et la minéralisation finales. Répondant victorieusement à une objection de Liebig qui se demandait : Si les corps organiques sont détruits par les ferments, quels sont les ferments des ferments? il fit voir qu'aussitôt leur tâche terminée, les ferments dépérissent, meurent, ne constituent plus qu'une petite masse de matière organique qui devient la proie d'autres espèces et que, par conséquent, « les ferments des fer- ments sont les ferments ». Entre temps, au mois d'octobre 1857, Pasteur avait été appelé à Paris, où il était chargé de la direction des études scientifiques à l'École normale supérieure. C'est à cette époque qu'il entama, avec les partisans de la génération spontanée, la lutte mémorable qui aboutit à la défaite complète de l'hétérogénie matéria- liste et dans laquelle il témoigna, au plus haut degré, à la fois d'un merveilleux talent expérimental et de cet esprit de combativité qui formait une des faces les plus curieuses de son tempérament scientifique. Dans l'étude des fermentations, la question de l'ori- gine des êtres microscopiques se posait, primordiale et pressante. XXl 13 no SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. La vie peut-elle apparaître spontanément dans les infusions organiques, ou bien les fermentations pro- cèdent-elles toujours de germes préexistants? Disciple de l'Anglais Needham, Pouchet, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Rouen, s'était fait l'apôtre de la spontanéité. — Il appuyait ses dires, non- seulement de faits et de théories empruntés aux savants et aux philosophes anciens et modernes, mais aussi d'expériences personnelles, souvent fort ingénieuses. Ardent à la discussion, il était de taille à se mesurer avec Pasteur. Aussi, le tournoi scientifique qui s'engagea entre ces deux hommes, eut-il un retentissement considérable non-seulement en France, mais dans tout le monde civilisé. Pouchet avait nettement abordé le problème : « Les adversaires de la génération spontanée, disait-il, prétendent que les germes des êtres microscopiques existent dans l'air, que l'air les charrie, les transporte à dislance. Eh bien, que diront ces adversaires si je par- viens à déterminer la génération de quelques êtres orga- nisés en substituant un air artificiel à celui de l'at- mosphère? » Il avait imaginé, pour démontrer l'exactitude du fait qu'il avançait, l'expérience suivante. Un flacon d'eau bouillante, hermétiquement bouché, était plongé renversé dans une cuve à mercure. Lorsque l'eau était complètement refroidie, il débouchait le flacon sous le mercure et y faisait passer une certaine quantité -d'oxygène pur, puis une petite botte de foin de quelques grammes, préalablement dépourvue de germes par un chauffage prolongé à plus de 100". Après quelques jours. BULLETIN DES SÉANCES. d7l apparaissaient, à la surface de l'infusion de foin, des moisissures diverses. Seule, la génération spontanée, déclarait triompha- lement Pouchet, peut rendre compte de l'apparition de ces êtres organisés. En efï'et, ajoutait- il, l'oxygène produit par une com- binaison cliiinique à la température de l'incandescence, Teau préalablement bouillie, le foin, tout est rigoureu- sement privé de germes. Pasteur découvrit aisément le vice de l'expérience. « Oui, dit-il, dans une mémorable leçon qu'il fit, en 18G4, à la Sorbonne, devant un public immense com- posé de savants, de philosophes, de prêtres et de roman- ciers, — Alexandre Dumas était au premier rang, — oui, l'expérience ainsi conçue est irréprochable, mais irréprochable seulement sur tous les points qui ont attiré l'attention de l'auteur. Je vais démontrer qu'il y a une cause d'erreur que M. Pouchet n'a pas aperçue, dont il ne s'est pas le moins du monde douté, dont personne ne s'était douté avant lui, et cette cause d'erreur rend son expérience complè- tement illusoire, aussi mauNaise que celle du pot de linge sale de Van Ilelmont : je vais vous montrer par oii les souris sont entrées. Je vais démontrer que, dans toute expérience de ce genre, il faut absolument proscrire l'emploi de la cuve à mercure. Je vais vous démontrer enfin que c'est le mercure qui apporte, dans les vases, les germes ou plutôt, pour que mon expression n'aille pas au-delà du fait démontré, les poussières qui sont en suspension dans l'air. )> Pour mettre ces dernières en évidence, Pasteur lit 472 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. arriver clans la salle, préalablement obscurcie, un faisceau de lumière dans lequel apparurent brillantes, tourbillon- nantes, les poussières de l'air, « ces atomes qui, sui- vant la pittoresque expression de Daniel Culverwel, sont invisibles à la cbandclle, mais que le soleil découvre et fait danser nus dans ses rayons. » Restait à démontrer que les poussières qui flottent dans l'air renferment des germes d'organismes vivants. Pasteur fit passer, à l'aide d'un aspiraleur, un courant continu d'air à travers une bourre de coton qui, bientôt, se couvrit de poussière. La bourre fut ensuite malaxée dans un verre de montre avec un peu d'eau. Une goutte de cette eau salie, examinée au microscope, se montra peuplée, à côté de particules inorganiques, de grains d'amidon, de débris d'étoffes, d'œufs d'infusoires, et enfin de germes, de spores de cryptogames. D'autre part, les bourres de coton cbargées de germes, ensemencées dans des liquides putrescibles, comme l'urine, rendus stériles par l'ébullition répétée, provo- quèrent le développement de ferments variés. Craignant toutefois que, dans un dernier esprit de doute, on n'attribuât au coton, en le considérant comme une matière organique, une influence quelconque dans la fécondité des infusions, Pasteur le remplaça par de l'amiante, préalablement chauffé au rouge. Le résultat fut identique. Cependant Poucbct et, avec lui, Mantagazzo, Joly et Musset, discutaient toujours. — « Comment admettre, disait Pouchet, qu'il y ait dans l'air assez de germes pour alimenter toutes les infusions qu'il plaît aux besoins ou aux caprices des liommcs de lui présenter? BULLETIN DES SÉANCES. 173 L'air en renfermerait alors des milliards, par milli- mètre cube; ces corpuscules produiraient d'épais brouil- lards, l'atmospbère en serait complètement obscur- cie. » — « Il ne suffît pas, répondait Pasteur, de mettre la plus petite quantité d'air en contact avec une infusion pour que celle-ci se peuple. Il y a des lieux où l'on trouve plus de germes que dans d'autres ; on en ren- contre, par exemple, davantage dans les endroits bas et humides, et d'autant moins qu'on s'élève au-dessus du sol ou sur les hautes montagnes. » Pour le démontrer, il prit des ballons d'un quart de litre de capacité, à demi remplis d'un liquide très putrescible qu'il faisait bouillir quelques minutes, puis, au moment où la vapeur sortait avec force par le col étiré, il les fermait à la lampe. Un jour, il partit pour le Jura, avec toute une collec- tion de ballons ainsi préparés et restés parfaitement stériles. Arrivé dans les environs d'Arbois, à la cam- pagne, loin des habitations, il en ouvrit vingt; immé- diatement, par suite du vide existant, l'air extérieur s'y précipita et, avec lui, tous les germes qu'il pouvait contenir. En refermant aussitôt les ballons et en les abandonnant ensuite à eux-mêmes, on pouvait facile- ment reconnaître ceux qui s'altéraient, ceux qui avaient été fécondés par les germes de l'atmosphère du lieu. Une autre série de vingt ballons fut ouverte au pied des premiers contreforts du Jura, une troisième au sommet du Montanvert, à 2000 mètres d'altitude. Les résultats confirmèrent, en tous points, les pré- dictions de Pasteur ; des vingt ballons de la première série, huit se troublèrent, tandis que les deuxième et •174 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. troisième ne présentèrent respectivement que cinq et un ballons fécondés. Pasteur avait à peine annoncé ces résultats à l'Aca- démie des Sciences, que Pouchet et Joly déclarèrent qu'ils avaient obtenu des résultats diamétralement op- posés en répétant l'expérience à une altitude beaucoup plus élevée encore, au sommet de la Maladetta, pic du versant méridional des Pyrénées. Pasteur ne perdit pas de temps, il demanda des juges à l'Académie. « Seule, déclarait-il, une commission terminera le débat. « Le 15 juin 1864, la commission et les adversaires se réu- nirent, mais au moment de l'épreuve décisive, les bété- rogénistes se retirèrent. Cette piteuse retraite de Poucbet et de Joly marque la fin de cette joute mémorable qui, pendant près de dix ans, avait passionné le monde scientifique. L'ère de la panspermie s'ouvrait; elle devait être mer- veilleusement féconde. Le problème des générations spontanées n'avait été, pour Pasteur, qu'une sorte de parentbèse imposée à son esprit par le besoin qu'il avait de ne laisser aucune inconnue derrière lui. Aussi, est-ce avec empressement, qu'après avoir remporté la victoire définitive, il en revint à ses chères études sur les fermenlations. C'est alors qu'il reprit ses recberchcs sur la fermen- tation acétique dont il avait, depuis quelques années déjà, reconnu l'agent essentiel : le M\jcoderma aceti. Avant les découvertes de Pasteur, on pensait que l'acétificatîon est un pbénomène d'ordre purement cbi- mique, et que le voile ou inère du vinair/re, qui s'étend à la surface des liquides, aussi bien que les copeaux de liULLETlN DES SÉANCES. 17i; hêtre employés dans la pratique allemande, agissent à la façon de la mousse de platine en condensant l'oxygène. Grande fut la stupéfaction des chimistes, lorsque Pasteur, sur la foi d'expériences irréprochahles, démon- tra que la mère du vinaigre est constituée par l'agglomé- ration zoogléiquc d'innouihrables microbes qui repré- sentent les agents essentiels de la transformation de l'alcool en acide acétique. Passant de la théorie à la pratique, il réussit ensuite à éclairer, par la connaissance des ferments, la fabrication du vinaigre vouée jusque-là, à des procédés aussi défec- tueux que surannés. De l'étude de l'acétification, il fut d'une façon très naturelle conduit à rechercher l'origine des altérations diverses du vin, connues depuis fort longtemps, sous les noms de pousse, de tourne, de graisse, iVamer, etc. Il en découvrit la cause dans l'activité d'organismes dont il étudia minutieusement les mœurs, les conditions d'exis- tence. Bien plus, il indiqua le moyen de prévenir les maladies du vin par un chauffage modéré, opération aujourd'hui courante, que l'on applique aussi à la conservation du lait, et que l'on désigne communément sous le nom Ae pasleurisalion, qui rappelle celui de son illustre inventeur. Pasteur continuait dans cette direction la série de ses découvertes utilitaires, lorsqu'il fut sollicité à se rendre dans le Midi pour étudier le fléau qui désolait les magna- neries françaises et infligeait des pertes incalculables à l'industrie séricicole jusqu'alors si prospère. En 18i9 était apparue, dans les magnaneries du midi de la France, une curieuse maladie à symptômes mul- tiples et changeants. 176 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIR. Souvent les œufs, les graines, comme disent les éle- veurs, restaient stériles ou les vers mouraient, quelques jours après leur naissance. Parfois aussi, l'éclosion était excellente, mais les vers effectuaient mal leurs mues, restaient plus petits que les autres, revêtaient un aspect luisant et une teinte noirâtre; leur appétit diminuait et ils mouraient avant de s'en- chrysalider. Le mal était considérable : toute chambrée atteinte était une chambrée perdue. Durant les années 1850 et 1851, la situation s'empi- rait encore, lorsque quelques producteurs, attribuant ces accidents à la nature de la graine, en firent venir de l'étranger. . Le résultat fut merveilleux au début ; la semence introduite d'Italie et d'Espagne fournit une excellente récolte. Mais l'année suivante, on constata, avec effroi, que la graine issue des papillons d'origine étrangèi'e fournissait des élevages oii la proportion de malades était très élevée. Il fallait, en conséquence, se résigner à faire tous les ans de nouvelles introductions. Malheureusement l'épi- démie se propageait avec rapidité, atteignant l'Espagne et l'Italie, puis l'Archipel, la Turquie, la Grèce, ne lais- sant plus bientôt indemne à l'extrême Orient, que le seul Japon. En France, la situation était devenue désastreuse et la récolte de cocons, qui avait été en 1855 de 26 millions de kilogrammes, était tombée à 4 millions en 18()5. C'était une perte de 100 millions de francs. Saisi d'une pétition désolée, émanant do trois mille six cents maires et conseillers municipaux des départe- ments les plus éprouvés, le Sénat avait nommé comme BULLETIN DES SÉANCES. 177 rapporteur Dumas, que désignaient tout particulièrement sa grande autorité scientifique et sa parfaite connais- sance de l'industrie de la soie. Dumas, qui avait suivi, avec autant de joie que d'inté- rêt, les succès scientifiques de son digne élève, devenu son confrère et son ami, était persuadé que seul Pasteur, avec ses conceptions géniales, était à même de conjurer le fléau dont aucun des remèdes préconisés ne parvenait à triompher. Après quelques hésitations bien naturelles. Pasteur cédait aux prières pressantes de son illustre maître, et partait, le 6 juin 1865, pour Alais, centre séricicole im- portant du département du Gard. Les naturalistes italiens, Filippi et Comalia, avaient décrit, chez les vers à soie et chez leurs papillons, de petits corpuscules particuliers, visibles seulement au microscope; un observateur français, Libert, assurait même qu'ils existaient d'une façon constante dans les individus malades. Cette dernière assertion frappa vivement Pasteur dont la conviction fut vite faite. Oui, pensa-t-il, il doit exister une relation de cause à efTet entre les corpus- cules et la maladie. C'est sous l'empire de cette idée préconçue que, vingt jours après son arrivée, dans une note présentée au comice agricole d'Alais, il déclarait, qu'en ayant recours à des papillons exempts de corpuscules, on devait pouvoir obtenir de la graine non infectée, four- nissant des chambrées saines. C'est l'application étendue de ce procédé qui allait sauver de son désastre l'indus- trie séricicole. Après avoir institué des expériences qui devaient lui 178 SOCIÉTÉ BELGE i)E MICHOSCOPIE. permcltrc de vérifier l'exactitude de ses vues a priori, Pasteur repartit satisfait pour Paris. L'année suivante, il venait s'installer à Pont-Gisquet, près d'Alais, dans une cbarniante maisonnette avec sa famille et ses préparateurs. « Des ombrages, de l'eau, raconte M. Duclaux, une orangerie qui faisait un admirable laboratoire, des magnaneries pour les expériences pratiques, des mûriers dans la propriété, une maison d'babitation vaste et com- mode dans laquelle on faisait ménage en commun, tout cela a bien contribué au succès des études, à l'entrain et à la bonne santé des travailleurs et de leur cbef... « Un des premiers soins de Pasteur fut de résoudre la question de la contagion du mal. Il prit des vers très sains, au sortir de leur première mue, et leur donna un repas de feuilles sur lesquelles on avait promené un pinceau trempé dans le liquide de broyage d'un ver atteint. Après quelques jours, les symptômes caractéristiques de la maladie apparurent cliez la plupart des vers; cbez quelques uns, la période d'incubation fut plus longue et le mal ne devint visible qu'après la quatrième mue. La nature, essentiellement contagieuse, de la pébrine était démontrée. Comment cette contagion s'opère-t-elle dans les condi- tions ordinaires de l'élevage? Pasteur démontra que ce sont les déjections des vers malades qui constituent le contagele plus redoutable. Ces déjections, dans lesquelles les corpuscules pul- lulent, souillent les feuilles nourricières et infectent les individus sains qui en font leur pâture. Une autre cause de contagion réside dans ce fait que BULLETIN DES SÉANCES. 179 les vers, en passant les uns sur les autres, s'enfoncent mutuellement les crochets qui garnissent leurs pattes antérieures et s'inoculent, de cette façon, la maladie. Entre temps, le procédé indiqué par Pasteur pour l'obtention de graines pures était mis en pratique sur une grande échelle et fournissait les meilleurs résultats. Cinq années consécutives, Pasteur revint passer quelques semaines à la maisonnette de Pont-Gisquet; c'est au retour de son dernier voyage dans le Midi qu'il fut, en octobre 1868, frappé d'une violente atteinte d'hémiplégie qui faillit l'emporter. Heureusement pour l'humanité, sa robuste constitution triompha de la maladie; mais, paralysé du côté gauche, rillustre savant ne recouvra jamais l'usage complet de ses membres. Pendant bien des mois, incapable de faire le moindre mouvement, il dut souffrir d'une inaction absolue. Cependant il conservait toute sa lucidité d'esprit et passait de longues heures avec ses chers préparateurs, Gernex et Duclaux, à deviser des expériences futures. Mais les critiques que soulevait, de la part de quelques éleveurs, son procédé de grainage des vers à soie, trou- blaient son repos. Il fallait partir : « Il y va d'un principe scientifique et d'un élément de richesse natio- nale, » répondait-il à ceux qui lui représentaient les danûfers d'un tel vova^e. En janvier 1869, encore faible, il s'installait à Saint- Hippolyte-du-Fort, près d'A.lais, dans une froide maison de province. Du fond de son fauteuil, il dirigea les travaux de ses préparateurs et eut la satisfaction de voir ses prévisions vérifiées jusque dans les moindres détails. 180 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Cependant, les contradicteurs ne désarmaient pas. Aussi Pasteur accepta-t-il, avec empressement, la propo- sition que vint lui faire, de la part de l'empereur, le maréchal Vaillant, d'aller exécuter une grande expé- rience de contrôle, en Autriche, dans une villa apparte- nant au prince impérial, la villa Vicentina. Depuis dix ans, par le fait de la pébrine, la récolte des vers à soie à la villa n'avait pas même suffi à payer l'achat de la graine étrangère. Après un pénible voyage à travers la France et l'Italie, Pasteur arriva près de Trieste à la villa impériale. Le résultat qu'il obtint le dédommagea des fatigues encourues; ses élevages réussirent à merveille et firent réaliser un bénéfice net de vingt-six mille francs. Il était à peine rentré en France et installé dans sa maison d'Arbois pour prendre quelque repos, que la guerre franco-allemande éclatait. Ardent patriote, il ressentit avec une douleur poignante les revers et la défaite finale des armées françaises pendant que son fils, engagé volontaire, à peine âgé de dix-huit ans, faisait vaillamment son devoir dans l'armée de l'Est. L'indomptable activité de Pasteur ne pouvait s'accom- moder d'une inaction prolongée ; il eût voulu retourner à son laboratoire, donner suite à des projets d'expé- rience qu'il avait mûris pendant ses longs mois de maladie. Mais la Commune régnant à Paris, il accepta l'hospitalité que lui offrait, dans son laboratoire, son ancien collaborateur Duclaux, devenu professeur à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand. C'est là qu'il mena rapidement à bonne fin ses remar- quables études sur la bière, qu'il avait entreprises dans le secret espoir de relever, grâce à l'application de prin- BULLETIN UES SÉANCES. 181 cipes scientifiques, la brasserie française et de la mettre ainsi à même de lutter victorieusement contre la concur- rence étrangère. 11 étudia les maladies de la bière, les moyens de les prévenir en évitant le plus possible, pendant le refroi- dissement, le contact de l'air et en ensemençant le moût avec une levure dépourvue de germes étrangers. On sait quelle rénovation devait amener, dans l'in- dustrie de la fabrication de la bière, ces découvertes étendues et approfondies par les Hansen, les Jôr- gcnsen, etc. En terminant son célèbre ouvrage intitulé : Éludes sur la bière, Pasteur, après avoir rappelé les principes qui, depuis vingt ans, dirigeaient ses travaux, s'écrie avec conviction : « L'étiologie des maladies conta- gieuses est peut-être à la veille d'en recevoir une lumière inattendue. » Jamais prophétie scientifique ne reçut de plus com- plète, de plus éclatante confirmation. Toutefois, Pasteur hésita longtemps avant de se lancer dans cette voie. «Je ne suis ni médecin ni vétérinaire, >^ répétait-il, avec un sentiment de défiance modeste. Heureusement pour l'humanité, il se décida à aborder l'élude du charbon, terrible maladie qui décimait alors les troupeaux, non seulement en France, mais encore en Espagne, en Italie, en Russie, etc., et qui sévit aussi, avec des caractères différents, sur le bœuf, le cheval et sur l'homme. Davaine avait annoncé, quelques années auparavant, que l'on rencontre dans le sang des animaux charbon- neux « des petites baguettes cylindriques, possédant tous les caractères des vibrions et des bactéries. » 182 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE. Après avoir reconnu ces derniers, en avoir étudié le mode de multiplication par scission et par spores, Pas- teur, avec la collaboration de Joubert, réussit à cultiver le bacille du charbon dans des liquides organiques, stérilisés. Partant de ces cultures, il parvint, en injectant sous la peau quelques gouttes de liquide infectieux, à faire apparaître la maladie chez des lapins et des moutons, démontrant ainsi, d'une façon définitive, la spécificité du microbe. Ce fut le point de départ d'une série de découvertes de plus en plus brillantes sur la septicémie, l'étiologie du charbon, le vaccin charbonneux, le choléra des poules, le rouget du porc, etc. Inutile de rappeler ici, avec détails, la genèse de ces triomphes scientitiques qui datent d'hier. Ils sont du domaine de l'actualité plutôt que de celui de l'histoire. Mais ce fut la découverte du virus antirabique qui porta la célébrité de Pasteur à son apogée. Tout le monde se rappelle l'explosion d'enthousiasme qui accueillit, dans l'univers entier, les premiers cas de guérison de la rage et dont les journaux se firent le retentissant écho... OEuvre grandiose, réalisée au prix d'un travail opi- niâtre, d'efforts vraiment surhumains, à l'aide de moyens cependant bien modestes au début, d'installations rudimentaires, de crédits insuffisants! Le laboratoire de l'I^^cole normale! M. Duclaux, à l'occasion du centenaire de cet établissement, a retracé en quelques pages charmantes le développement du petit temple de la rue d'Ulm. C'était, au début, deux pièces placées sousics combles, BULLETIN DES SÉANCES. <83 inhabitées jiisqiie-là, parce qu'elles avaient été jugées trop incommodes. « Ce n'est pas tout que d'avoir un local, il faut à un laboratoire des instruments et des fonds. En fait d'instruments, M. Pasteur n'avait heureusement pas de grands besoins. Il avait fait ses premières recherches cristallographiques avec les polarimètres en bois et en carton noirci de Biot... De leur côté, les recherches sur les fermentations n'exigeaient, en dehors de quelques instruments de mesure que pouvaient prêter les collec- tions de l'École, qu'un microscope, des produits chi- miques et de la verrerie. Tout cela n'était pas très coûteux, mais il allait de l'argent! Où en trouver? « Il n'y a pas au budget de rubrique me permettant de vous allouer cinquante centimes pour vos frais d'expérience », avait répondu, un jour, un ministre authentique de l'Instruction publique à une demande de M. Pasteur. Comme conclusion, on puisait dans la bourse du ménage, dans laquelle une prévoyance trop discrète pour que je la nomme, maintenait toujours ouvert le chapitre qui manquait au budget de l'État. » « Ce qui était plus grave encore, c'est qu'il n'y avait pas de préparateur. Le préparateur, c'est le chien du cloutier : on peut s'en passer, mais il faut souffler soi- même son feu. Il y avait bien des préparateurs prévus par le budget de l'École normale; mais, comme les laboratoires, ils ne l'étaient que pour les services des élèves, et j'imagine que M. Pasteur dut exciter quelqu'é- tonnement et quelque méfiance, dans les bureaux du ministère, quand il réclama un préparateur pour son laboratoire particulier. » Cet étal de choses parcimonieux dura jusque vers 184 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 1860, époque où Pasteur obtint la jouissance d'une petite construction faisant pendant à la loge du con- cierge et formée de cinq pièces microscopiques réparties en deux étages. L'embarras avait été grand d'y loger une éluve, absolument nécessaire pour l'étude des fer- mentations. ical-joui'nal. 1. A review of the new Conspectus of the families and gênera of Diatomaceie par H.-L. Smith. (Cf. Grevillea, vol. 1.) 1873. 2. Guano Diatoms. 1873. 3. Remarks on Aulacodiscus formosus, Omphalopelta versi BULLKTIN DES SEANCES. 195 color, ^vith description of a new species of Navicula. 1873. 4. A description of some new species of Diatomacea'. (Cf. Grevillea, vol. II) 1873. o. New Diatoms. (Cf. Grevillea, vol. III.) 1874. 6. Number of stria? on the Diatoms in .Moller's Probe- Platte. 1875. 7. Diatomacea? on slides of Santa Monica deposit. 187G. 8. New Diatoms from Honduras by A. Grunow. Publié avec des notes par F. K. 1877. 9. An essay on the classification of ihe Diatomaceaî, traduit d'après le texte français de M. P. Petit. 1877. 10. New diatoms from Honduras, described by A. Grunow, with notes by F. K. 1877. •I«nriial of Royal Micro-Society. 1. New Diatoms. 1878. 2. On some new gênera and species of Diatomacea?, d'après le texte français de M. Paul Petit. 1878. 3. The thallus of the Diatomacea?. Piésumé d'après « Le thalle des Diatomées » du docteur Matteo Lanzi. (Cf. Am. J. iMicr. 1879). 4. New species and varieties of Diatomacea? from the Cas- pian Sea by A. Grunow. Notes additionnelles et trad. de F. Kittow. 1879. o. On dry mounts dampingotf'. 1880. 6. Diatoms of the London Cly, by W. H. Shrubsole. F. G. S. with a list of species and remarks by F. K. 1881. 7. Note on the R''. G. L. Mills'Paper on Diatoms in Peru- vian Guano. 1881. 8. Note on soap for preparingand cleaming Diatoms. 1881. 9. Observations on slria? of Diatoms. 1881. 10. Directions for preparing cuticles of plants. 1881. (Cf. Science Cossip. 1881). 11. Chalk cells for mounting Diatoms. 1882. •196 SOCIÉTÉ BEI.GK DK MICROSCOPIE. i2. Binocular vision in tlie study of Diatoniaceœ. 1883. 13. Magnifying nieasurements. 1883, 44. On Gum Slyrax as a médium for mounting Diatoms. 4884. (Cf. Science Gossip. 1884). 15. Navicula Durrandii. (nov. spec.) 1885. 46. Asteromphalus living on Ihe Tynemouth Coast. 4885. 17. Some new diatomaceous foinis from « Sango-Chiefer of Dubràvica. (Cf. Science Grossip. 4885) 4885. 48. Diatoms and Bladderwort. 4885. 19. Balsam of Tolu as a médium for mounting. 4885. 20. Note on Achnanthes linearis. 4885. 24. Note on Styrax and Canada Balsam for mounting. 4887. 22. New species ofBiddulphia from Fiji. (B.esclunala). 4888. 23. A new species of Navicula. (N. venustissima). 4888. Journal of <|jiiekell IBici'o-Club. 4. îlemarks on tlie publication of New Gênera and Species from insutlicient materials. 1867. 2. Notes on Frencli Dialomacete. 4870. 3. Diatomaceous deposits from Jûtiand. 4874. 4. Notes on Diatoniacearum Dillwynii or the gênera and tlie species of Diatomaceai in tlie « British Conferva? » of Dillwyn. 1883. 5. On an Algal form growing in a solution of CupricSulfale. 4883. 6. Description of some new Diatomacea^ found in the sto- maclis of japanese Oysters, with a list of the species observed by E. Grove, F. B. M. G, and a Description of some newor undescribed forms from other localilies by F. K. 4884. 7. On the mysterious appearance of a Diatom. 4885. lti*i'bi.siirgli. On some Diatoniacece from the Island of Socotra. 1888. Aaiiericaii joui-nal of i^Hicroseopy. On Hyalodiscus sublilis and Flyalodiscus Californicus, with notes by prof. H. L. Smitli. 1878. (Cf. Brébissonia. 1879). The Ihallus of the Diatomacea^ (Késunié de « Le thalle des Diatomées » par M. le docteur Matteo Lanzi). 1879. Dry mounls for Ihe Microscope. 1880. /iiiiericaii llonlhly iSlieroscopical journal. Thin glass cels. 188!2. The préparation of Diatoms. 1882. Greiillea. 1. New Diatoms by A. Gruiiow. Traduction et notes de F. K. 2. On prof. H. L. Smilh's Conspectus of the Diatomaceai. Vol. 1. 187i>. 3. The natural History of the British Diatomacea\ Vol. II. 1873. •i. Conspectus of Diatomaceaî. The genus Amphora by prof. H. L. Smith. Vol. II. 1873-84. 5. New Diatoms. Vol. III. 1874. 6. CriUcal notes on some species of Diatomacea'. Vol. 111. 1874. I9S SOCIKTK ItKLGIi llK MICHOSCOIMK. 7. Keport on Schmidt's Atlas cJer Diatomacfenkunde. (Parti.) Vol. m. 1874-75. 8. Keport on Scliini.lt's Atlas der Diatomaceenkunde. (l'art U. III.) Vol. III. 1874-75. 9. Report on Schmidl's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part IV. V.) Vol. IV. 1875-76. 10. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part VI. VII. VIII. j Vol. IV. 1875-76. 11. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part IX. X.) Vol. V. 1876-77. 12. Report on Schmidt's Atlas der Diatomaceenkunde. (Part XIII. XIV.) Vol. VI. 1877-78. 13. Catalogue of the Dialomaceaî by Fréd. Habirshaw. Vol. VI. 1878. 14. New Diatonis by prof. P. T. Cleve with notes by F. K. Vol. Vil. 1878. 15. Dialomaccœ of Kerguelensland, (de l'ouvrage « Algae aquîe dulcis Insulae Kerguelensis. Auctore P. F. Reinsch cum notulis de: disiributione geographica a. G. Dicku adjeciis.) Vol. VIII. 1879-80. Transactions of the Morfolk anil Morwich naturalistes Society. 1. On Growth and Reproduction in the Lower Forms of Vegetable Life. 1870-71. 2. On the spongeous origin of Flints. 1871-72. 3. Presidenlial address. 1878-74. 4. On Empusa musca and other Micro-fungi. 1873-74. 5. Farther note on the Spongeous origin of Flints. 1873-74. 6. Fauna and flora of Norfolk. Part 7. Diatomace*, being a list of DiatomaceiB occuring in Norfolk. 1876-77. 7. William Arderon, F. R. S. An old Norwich Naturalist. 1878. .8. Fauna and llora of Norfolk Diatomaceai. (List of Nor- folk Diatomaceae re-arranged wilh additions.) 1884. BULLETIN IlES SÉANCES. 1^9 niisccllaiiéest. Notes. — Lectures. — Lettres. 1866 à 1884. Transactions Norwich Geological Society. Naturalist's circular. Norwich Mercury. — Eastern Daily Press. — Norfolk Chro- nicle. — Norfolk News, etc., etc. LES ALGUES DE L'HERBIER SCHLEIGHER PAR Em. DE M ILDEMAX Nous avons pu, grâce à l'amaijilité de iM. le prof. Wilczeck, de l'Université de Lausanne, obtenir en com- munication l'herbier des Algues récoltées en Suisse par Schleichcr et conservé au musée cantonal de celte ville. C'est le résultat des observations faites sur ces matériaux que nous résumons dans les quelques pages suivantes. La plupart des échantillons de cet herbier, tout en étant fort bien préparés, ne sont plus détermiuables. Il en est de même d'ailleurs pour la plupart des spécimens d'Algues conservés en herbier; la dessiccation des Algues sur papier n'est en général pas pratique. On ne peut vérifier les déterminations, ni donner avec certi- tude un nom à presque aucune des Algues ainsi prépa- rées. Il faut excepter parmi les Algues les Desmidiées qui, même après dessiccation, reprennent assez bien leur forme, si on les traite par l'acide lactique à chaud. Ce mode de préparation peut, dans certains cas, faire revenir à leur forme presque normale un certain nouibre d'Algues; les Oedogonium, les Vaiiclieria, bien fructi- fies, peuvent se reconnaître. C'est ce procédé, indiqué par Lagerheim qui nous a permis de déterminer, dans la collection Schleicher, les Algues de la liste suivante. Plusieurs espèces se trou- BULLETIN ItES SEANCES. -JOl valent naturellement mélangées dans une même récolte. Les Diatomées sont naturellement éfudlables après dessiccation, leurc arapace siliceuse ne s'altère pas. Les Cyanopliycées peuvent aussi être déterminées, si leur préparation a été faite immédiatement après la récolte. Nous n'avons point étudié les Diatomées. La détermina- tion des Cyanophycées est due en grande partie à M. Gomont, qui a bien voulu examiner les échantillons que nous lui avons soumis. Parmi les 48 espèces et variétés rangées dans la liste alphabétique suivante, certaines d'entre elles nous paraissent signalées pour la première fois en Suisse; elles n'y ont, du moins à notre connaissance, pas encore été signalées. Une espèce est nouvelle pour la science, elle est décrite et figurée dans le Bul letin de l'Herbier Boissicr, c'est le Vauclieria Sclileicheri De W. Les indications d'habitat, accompagnant les échan- tillons, sont malheureusement très souvent peu pré- cises, nous avons tenu à reproduire les données exactes de l'auteur des étiquettes. Nous renvoyons pour chaque espèce, le lecteur à notre catalogue de la Flore algologique suisse, il trouvera là tous les renseignements désirables sur la dispersion de l'espèce et sur la bibliographie. Quand cette citation n'existe pas, l'espèce n'a point encore été signalée en Suisse. XXI i3 ALGAE SCHLEICHERIANAE Chaetophora Cornu-Damae (Rolh.) Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 50. « Bevieux in palude horti Bot. » Chaetophora pisiformis (Roth.) Ag.; De W. Cat. de la Flore aJg. Suisse, p. 50. « Ad saxa in rivulo puro propre Roehe. » Cladophora glomerata Kùtz.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 55. « Ad fontes inque fossis. » CosMARiuM Botrytis (Borv) Menegh.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 92. « Rosset ad fontem. Prope la Pissevaclie. » CosMARiLiw MABGARETiFERUM (ïurp.) Elir.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 95, « Prope la Pissevache. » CosMARiuM Meneghinu Bréb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 93. « Prope la Pissevache. » CosMARiuM TiNCTUM Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 96. « Prope la Pissevache. » Desmidium Swartzu Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 82. « Prope la Pissevache. » DispHiNGTiON coNNATUM (Bréb.) DBy; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 88. « Prope la Pissevache. » ULLLbTIN DKS SÉANCKS, iO'à Drapaknaldia glomkrata (Vauch.) Ag.; De W. Cal. de la Flore alg. Suisse, p. 51. « S' Maurice, ad saxa in fossis. » Hyalotheca uissiLiENs (Sui.) Brél).; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 81. « Prope la Pissevaclie. » HYDHunus PEiNiciLLATus Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 168. « Aux Mosses, Vall. Ormond, in rivulis, In rivulis purisad saxa in Valle Freniere. » Lemanea FLuviATiLis Ag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 171. « Sine loco. » NosToc COMMUNE Vaucli.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. IGi « Inpaludosis ad lacum Loison, Vall. Saanen. » Ophiocytilm cochleare (Eicliw.) Br.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 64. « In fossis prope la Pissevaclie. Ad Rliodanum in aqui stagnantibus. » Peuiuinium TARULATUM Clap. et Laclim.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 168. « Prope la Pissevaclie. » Phormidil'm autumnale (Ag.) Gomont ; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 22. « Ad domos. « Phormidium favosum (Bory) Gomont; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 23. « Ad douios. » — — var. /S Gomont. « In fundo linosa fossarum. .» '.Oi SOCIÉTÉ BELGK DE MICUOSCOIME. Phormidium subfuscum vai". Joannianum Gom.; De W, Cat. de la Elore alg. Suisse, p. :2i. « Leukerbad. Ad terrain in alpihus. » — — var. iJ Gomont; De W. loc. cit. « Ad domos. » Pleurotaeniopsis cucumis (Corda) Lagerli.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 90. « Prope la Pissevache. » Pleurotanium truncatlm (Bréb.) Nag.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 90. « Prope la Pissevache. » Raphidium polymorphl'm var. falcatum (Corda) Rbh.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse, p. 64. « Prope la Pissevache. » RivuLARiA HAEMATiTEs Ag.; De W. Catalogue de la Flore alg. Suisse, p. 10. « Ad saxis in rivulis. » ScENEDESMus VARiABiLis var. coRNUTus Franzé ; Dc W. Cat de la Flore alg. Suisse p. (30. ce Prope la Pissevache. » ScHizoGONiuM CRisPLM Gay ; De W. Cat. delà Flore alg. Suisse p. 47. « In M"" Gemini. Jnxta stabulam in Valle S' Nicolaï. In locis uinbrosis sub riipibus in M"' S' Bernhardt. » ScYTONEMA ciNciNNATUM ïhur. ; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. « Orsières an rivulis. » ScYTONEMA MMtARlLE. « In rivulis puris ad saxa. Ad lacum Yervaij. Gryon ad muros. » ScYTONEMA MYociiRous Ag. ; Dc W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. BULLETIN DES SÉANCES. 20r. « Ad. rupes Yall. du Grandeau prope pontem. » Staurastkum ALTERNA^s Bi'éb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 100. « In Monte Foulij. « Staurastrum DEJECTUM Bréb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 101. « Prope la Pissevache. ^y Staurastrum orbiculare (Ehr.) Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 105. « Prope la Pissevache. » Staurastrum TETRACERUM (Kiïlz.) Ralfs; De W. ( at. de la Flore alg. Suisse p. 104. « Prope la Pissevache. » Stigonema ocellatum Lyngb.; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 15. « In torfaceis, aux Mosses Yall. Ormond. » Stigonema turfaceum Cooke. « lu Monte Foulij. » Tetmemorus levis Ralfs; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 87. « M'" Foulij. » Trentepohlia aurea (L.) Mart,; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 55. « Ad rupes umbrosas. » Yaucheria GEMiNATA (Vauch.) DC; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 50. « Montreux. » Yaucheria racemosa Walz; De W. loc. cit. p. 57. « In fossis Yallesiae et Noville. » Yaucheria ornithocephala Ag.; De \Y. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 57, « In fossis Yallesiae et Noville. » 206 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Vaicheria Schleicheri De W.; in Bull, de riierbicr Boissier. ce In fossis Yallesiae et Noville, » Vaucheria tetrestris Lyngl).; De W. Cat. de la Flore alg. Suisse p. 57. (c Sine loco. » Vaucheria spec. — Un échantillon d'une espèce de ce genre portant la mention « Réservoir de l'abbaye à St-Maurice », était attaqué par Nolomnata Wernecliii, qui avait occasionné de grandes galles. Ce parasite a déjà été observé en Suisse, des dessins de galles de Vaucheria, se trouvent déjà dans les études de Vaucher. * * Nous trouvons dans le : « Compte rendu des travaux présentés par à la soixantième session de la Société Helvétique des sciences naturelles réunie à Lausanne le 6 septembre 4895 », quelques indications relatives à la dispersion de certaines Algues inférieures. Ces données seraient donc à ajouter à celles que nous avons consi- gnées dans notre « Catalogue de la Flore algologique Suisse. » JSavicula nobilis KïUz.; De W. loc. cit. p. 110. Lac de Champex (Studer). Euastrum oblongum (Grev.) Ralfs; De W. loc. cit. p. 98. Lac de Champex (Studer). Biilbochaete setigera (Roth.) Ag.; De W. loc. cit. p. m. Lac de Champex (Studer). Dinohrijon scrhdaria Ehr.; De W. loc. cit. p. 1()5. BULLETIN DKS SÉANCES. 207 Bois de Finge (Imbof). Dinobnjon elongatiim Imliof. Lac de Tanncy (Imliof). Peridinium tabulatiim Clap et Lachm.; De W. loc. cit. p. 1G8. Bois de Finge, Lacs de Lens, Lac de Tanney, Lacs des Chalets (Imhof). Ceratium cormitum Clap et Lachm.; De W. loc. cit. p. IGO. Bois de Finge, Lacs de Lens (Imhof). Ceratium kirundinella Millier; De W. loc. cit. p. 100. Lac du Mont d'Orge (Imhof). Depuis le moment ou nous terminions le manuscrit de cette Florule, un assez grand nombre de données sur la dispersion des Algues de la Suisse ont été publiées; nous n'avons point à relever ces travaux. Notre catalogue donne la liste des Algues connues en Suisse à la lin de l'année 1894, il y a probablement encore certaines omis- sions, aussi recevrons nous avec reconnaissance les ren- seignements que l'on voudra nous communiquer à ce sujet. MESURES DANS LES RECHERCHES MICROSCOPIQUES KT DETERMINATION DE LA DISTANCE FOCALE DES OBJECTIFS PAR P. FK4\COTTE Quand on introduit un micro-oculaire formé d'une lame de verre sur laquelle un demi centimètre est divisé en cinquante parties, dans l'oculaire 4 compensateur de Zeiss (1), et qu'en même temps on examine (la longueur du tube du microscope étant portée à 160 millim.) un micro-objectif (un millimètre divisé en 100 parties), on obtient les résultats suivants : a) avec l'objectif !(> millim. apocliromalique, 50 divisions du micro-oculaire couvrent 80 divisions du micro-objectif ou la valeur de 800 fjc ; D'où 1 division du micro-oculaire couvre la valeur de 800 ... b) avec C objectif 8 millim. apocliromalique. (I) Dévisser le verre do l'œil el placer le micro-ocukiii'e sur le diaiihragme. Tourner légèreiiieiil à droite ou à gauche le verre de l'œil de façon à mellre au foyer les divisions du micro-oculaire si cela est nécessaire. BULLETIN DES SÉANCES. 20!) 50 divisions du micro-oculaire couvrent 40 divisions du micro-objectif ou la valeur de 400 y.. 50 divisions du micro-oculaire couvre la valeur de 400 c) avec l'objectif 4 millim. apocliromatique, 50 micro-oculaires couvrent 20 micro-objectifs ou 200 ^, 200 1 micro-oculaire couvre donc la valeur de -^77 = 4/^. 50 d) avec l'objectif 2 millim. apochromatiqite, 50 micro-oculaires couvrent 10 micro-objectifs ou 100 y.. I • 1 ■ I 1 1 100 ^ i micro-oculaire couvre la valeur de -t^tt =2 f^. oO II résulte de ces essais que dans les conditions énoncées ci-baut, à savoir : la longueur du tube étant 160 millim. et l'oculaire employé étant le 4 compensateur de Zeiss, la valeur d'une division du micro-oculaire (1/2 centim. divisé en 50 parties) égale en microns le nombre qui exprime la longueur focale de l'objectif avec lequel on opère. A notre avis cette remarque a une grande importance; en effet, quand on voudra faire une mesure avec un objec- tif apocliromatique, il suffira de se servir de l'oculaire 4 muni d'un micro-oculaire ; cbaque division de ce dernier vaudra autant de microns que la distance focale de l'objectif vaut de millimètres. Ainsi une division du micro-oculaire vaudra avec le : 16 mm. apocb. 16 ^. 8 — 8 /u,. 4 — .4 /z. 210 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE. ô mm. apocli. 5 //.. J5,o — ^>«^ /■'• -2-2 ,,„ 1 , 5 — 1 , f j /^ . Zeiss construit un oculaire micromètre spécial, sur le modèle de son ancien micromètre 5, en employant le compensateur 6; le micro-oculaire porte une division particulière calculée de façon qu'on obtient également la valeur d'une division par la distance focale de l'objectif. Cette construction était inutile, puisque l'ancien arsenal micrographique renfermait ce qui était suffisant à de nouveaux besoins; l'ancien micro-oculaire et le 4 com- pensateur employés comme oculaire micromètre réali- saient tout ce que l'on pouvait désirer; peut-être Zeiss ne s'est-il pas aperçu de cela? 11 est facile de s'assurer qu'en augmentant la longueur du tube du microscope la valeur d'une division du micro-oculaire diminue; réciproquement en diminuant celte longueur, l'inverse a lieu. De tout ce qui précède, on peut conclure que la valeur d'une division du micro- oculaire, pour un même oculaire, est fonction de la lon- gueur de tube et de la longueur focale de l'objectif; de là, il est possible d'arriver à la détermination de cette dernière valeur comme nous le verrons par la suite. La règle que nous avons établie plus haut peut être applicable à n'importe quel oculaire et à n'importe quel objectif. Un exemple va nous édifier à ce sujet : employons l'oculaire o de Zeiss (l'ancien oculaire micromètre muni du micro-oculaire 50 millimètres divisés en 50 parties); il faudra une longueur de tube de 140 millim. (les microscopes de Zeiss auront le tirage complètement BULLETIN IIKS SÉANCES. -2\ l fermé) pour arriver à ce que, avec l'objectif IG millim. apocliromatique, 50 divisions du micro-oculaire cou- vrent 80 divisions du micro-objectif ou 800 y,. L'expé- rience une fois faite, on verra qu'on se trouve dans les conditions relatées ci-haut pour les apochromatiques. Avec le S mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvriront iOO/x.; » 4- mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvrironl 200/^; » 2 mm. apochrom. 50 micro-oculaires couvriront 100 /x; Pour se trouver dans les mêmes conditions, avec l'oculaire 2 (le Zeiss le tirage doit être porté à 14o mm. Il est évident que n'importe quel objectif répond aux données qui précèdent si l'on observe les conclusions auxquelles nous sommes arrivés : ainsi avec l'oculaire 4 compensateurs, à 160 mm. de longueur de tube ; avec l'oculaire 2 d'Huyghens de Zeiss, à 145 mm. de longueur de tube ; avec l'oculaire 5 d'Huyghens de Zeiss, à 140 mm. de longueur de tube, une division du micro-oculaire vaudra combiné au : B de Zeiss, 12 mm. de foyer — 12 /x. C - 7 D - 4.5 E - - -2,7 F - - i,8 H - - 2 4 i /■^ 4,5 f/. 2,7 (j^ 1,8 y- 2,4 1-^ Nous avons constaté plus haut que la valeur d'une division du micro-oculaire pour un même objectif était fonction de la longueur du tube et de la longueur focale de l'objectif (la valeur d'une division du micro-oculaire est en effet en raison inverse de la longueur du tube et '2li SOCIÉTÉ RELGE ItE MICROSCOPIK. également en raison inverse de la longueur focale de l'objectif). De là, il est possible de déterminer, soit par le calcul, soit expérimentalement, cette valeur à l'aide d'un micro-oculaire et d'un micro-objectif en se mettant dans les conditions que nous avons établies ci-haut. Prenons encore un exemple pour fixer les idées : voici un objectif homogène de Leitz portant pour marque i/10 de pouce : voyons s'il a réellement un dixième de pouce de longueur focale. Prenons l'oculaire 4 compensateur muni du micro- oculaire, la longueur du tube étant 160 u)illim.; nous constatons dans ces conditions que 50 micro-oculaires couvrent 1*2,5 divisions du micro-objectif, soit 125 microns; une division du micro-oculaire vaut donc 125 — — = 2,5 y^. Donc la longueur focale de l'objectif est ou 2,5 millim. (à peu près le 1/10 de pouce). Voici un autre exemple : procédant comme précédem- ment nous voyons qu'avec le 6 de Nachet : 50 micro-oculaires couvrent 20 centièmes de mm. ou 200 /y.. 1 micro-oculaire couvre 20 centièmes de mm. ou 200 = 4 fX. 50 Donc le foyer du dit objectif est 4 millimètres. Inutile, pensons nous, de remarquer qu'avec l'ocu- laire 2 de Zeiss la longueur de tube devrait être 145 millim. et qu'avec l'oculaire 5, elle devrait être 140 millim. pour opérer les essais qui précèdent. L'expérience apprendra quelle sera la longueur du tube pour n'iuiporte quel oculaire, de n'importe quel conlructeur. De ce que l'on vient de voir nous pouvons BULLETIN DES SÉANCES. 213 tirer le règle suivante : la loniiiieur de tube du micros- cope étant fixée une fois pour toutes pour un oculaire quelconque, pour trouver la longueur focale d'un objectif, il suffît de déterminer, à l'aide de cet objectif, et d'un micro-objectif, la valeur d'une division du micro-oculaire; le nombre de i^ obtenus est le même que celui qui exprime en millimètres la longueur focale cliercbée. Cette règle résulte des expériences que nous avons décrites ci-baut. Il est regrettable que les opticiens n'adoptent pas pour cataloguer leurs objectifs et leurs oculaires la clas- sification créée par Abbe pour la désignation des apo- chromatiques et des compensateurs. Si en effet un objec- tif était désigné par sa longueur focale, et non pas par une lettre ou par uncbiffre arbitraire, combien l'on aurait de facilité dans la mesure des objets soumis à l'observa- tion et combien il serait facile d'apprécier toujours la valeur des grossissements. Zeiss dans son catalogue dit qu'il serait à craindre qu'une modification aussi profonde n'amenât des confu- sions. Que Zeiss sous ce rapport se rassure ! Tous les micrograplies seront heureux de voir remplacer des dénominations sans signification et qui nécessitent constamment des recherches. Servons nous encore d'un exemple pour nous édifier à ce sujet : vous avez fait une observation avec l'objectif B et avec l'oculaire 2 de Zeiss (long, de tube 160); il faut consulter la table qui est dans le catalogue du constructeur pour que vous sachiez que l'amplification du système est 85 diamètres; que le B soit désigné par le chiffre qui exprime sa longueur focale qui est 12 mm. En divisant ^^O millim. (la distance de 214 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. la vue distincte) par la longueur focale d'un objectif, tout le monde sait que l'on obtient ainsi le grossissement 250 propre de l'objectif; d'où -j^ = 20,9 est le grossisse- ment propre du B. Le grossissement propre de l'oculaire^ de Zciss est 4. En multipliant 20,9 par 4, on aura l'am- plification de la combinaison de l'oculaire 2 et de l'objectif B dont il-s'agit avec une longueur de tube de 100. On voit par ce qui précède que l'objeclitB devrait être appelé le 12 mm. et l'oculaire 2 devrait devenir le 4 nombre exprimant son amplification propre. Enfin la règle que nous avons indiquée ci-baut étant rendue applicable, cbaque fois que l'on devra faire des mesures avec l'objectif B ou le 12 mm. combiné à l'ocu- laire compensateur 4 (160 mm. de long de tube) ou à un oculaire 2 (146 mm. de long, de tube, etc.), la division du micro-oculaire vaudra 12 /y.. Combien les transformations que nous indiquons seraient faciles pour cbaque constructeur sans grands cbangements dans les formules de construction ! Ainsi les anciens oculaires d'Huygbens construits par Zeiss (1) porteraient : 1 la désignation nouvelle 5 (grossis, propre). -i — _ 4 _ _ 3 — _ 5,5 — — 4 — _ 7 _ _ 5 — _ 9 — —(2). (1) Nous conseillons aux constructeurs d'adopter pour la longueur focale deschitt'res ronds. (2) Nous supposons d'ailleurs que le loyer inférieur des oculaires arrive au même niveau pour toutes la série des oculaires, ce (|ui est vrai à i)cu de choses près. BULLETIN DES SfiANCES. 2lo Pour les objectifs : aa serait marqué ^C) mm. (pouvant être ramené à 25). A — J8 mu). B ,— 12 njm. D — 4,5 (pouvant être ramené à i). E — 2,7 - — 5. F — 1,85 — — 2. H — 2,5 — - 2,5. L'ancien 1/12 homogène, à un foyer de 2 m. Pour ce qui nous concerne, toutes les anciennes déno- minations arbitraires données tant aux oculaires qu'aux objectifs ont été démarquées dans notre laboratoire; nous ne désignons plus nos objectifs que par leur dis- tance focale; nos oculaires sont dénommés par leur grossissement propre. Que cette façon si rationnelle et si pratique soit mise en œuvre partout et les opticiens seront bien obligés de se conformer aux désirs des micrographes. Au reste pour éviter toute confusion, rien n'empêche d'indiquer comme marque des objectifs l'ancienne déno- mination en môme temps que la nouvelle en les distin- guant l'une de l'autre par un signe. COMPTES RENDUS Eï ANALYSES Boveri a publié, il y a quelque mois, un travail sur les centrosomes, où il contredit sur beaucoup de points, les théories d'Heidenliain. (Ueber das Ver ha lien der Cenlrosomen, Verhandl. der phijsik-medic. Gesellsch. Wïirzburg,t. 29, n" 1, 1895.) 11 rejette d'abord complètement le quadrille des centres, d'accord en cela avec Berg, Hertwig^ Wilson et Matthews. Le centrosome mâle produit seul les centro- somes de l'œuf. Il en donne comme preuve la féconda- tion polysperme; chaque centrosome se divisant en deux, il doit y avoir, si cette théorie est vraie, autant de fois deux centrosomes qu'il est entré dans l'œuf, de sperma- tozoïdes, ce qu'il a constaté; si le quadrille de Fol était vrai, il y en aurait deux de plus, provenant du centro- some femelle. L'ovocentre provenant du second fuseau de direction persiste cependant, car 0. et R. Hertwig ont pu, par la strychnine, obtenir la division d'œufs non fécondés. Boveri affirme ensuite que les cellules des métazoaires ne sont pas toutes homologues. Elles n'ont en commun qu'une seule chose : les chromosomes et leurs produits de transformation, qui subsistent du reste seuls pendant la karvokinèse. Le novau au repos est une maison bâtie pour les chromosomes. Il se peut qu'on y trouve des centrosomes, mais c'est comme hôtes et non comme propriétaires. Heidenhain fait dériver le noyau des cellules des métazoaires, du macronoyau des Infusoires, et les cen- trosomes du micronoyau. Boveri combat cette théorie, notamment par cet argument que rien ne prouve que les métazoaires dérivent des ciliés. BULLETIN l>ES SÉANCES. 1M7 Il n'admet pas (jue l'aslrosplièrc soit un organe con- stant (le la cellule, et rejette comme artiticielles la couche granuleuse de van Beneden et les sphères con- centriques d'Heidenhain qui, h.iir le même ohjel, peuvent exister ou être ahsentes. Il repousse aussi !a théorie des rayons organiques diriijfeant les mouvements du novau ; il trouve du reste qu'elle n'explique que les phénomènes se présentant dans les cellules au repos, et non ceux de la karyokinèse. Les centrosomes sont-ils simplement un centre d'in- sertion des rayons organiques ou ont-ils sur eux une influence matérielle? Van Beneden et Ileidenhain penchent pour la première hypothèse; mais Heidenhain attrihuait la seconde à Boveri qui s'en défend absolu- ment et admet la théorie du centre d'insertion. Enfin il repousse les définitions du microcentre et du centrosome qu'avaient proposées Heidenhain. D'après lui, on doit appeler centrosome, non par un petit point, mais, chez l'œuf de l'étoile de mer (objet de ses recherches), une sphère pale contenant des granulations qu'il appelle ccnlrioles. Il définit le centrosome : « Un organe unique, distinct, constant, se multipliant par division en deux et constituant un centre dynamique pour la formation ultérieure des cellules ». En somme, il résulte de la comparaison de ce travail avec ceux d'autres auteurs, que bien peu de notions sur les centrosomes peuvent être regardées comme sûres et inébranlables. Toutes du reste ne peuvent être géné- ralisées, les divergences d'opinioii provenant et de la différence des méthodes, et de la variété des sujets consi- dérés. René Sand. XXI II) âi8 SUC;ÈiÉ UKLGK ItK MICKOSCOI'IK * » Da.ngeard. — Mémoire sw la reproduction sexuelle des Basidiomij cèles (Le Botaniste, 4^ série, fasc. 4 et 5, août 1895). Dans le dernier numéro de son journal Le Botaniste^ Dangeard rend compte des résultats de ses recherches sur la sexualité des Basidiomycètes. A la suite des travaux de Brefeld, de de Bary, de Van Tieghem, on admettait généralement, jusqu'aujourd'hui, que l'on n'observe dans le développement de ces Cham- pignons aucun phénomène auquel on puisse reconnaître les caractères d'un acte sexuel. Pour Dangeard la baside des Trémellinées représente une véritable oospore dont le noyau résulte de la fusion préalable de deux noyaux sexuels, originaires de fila- ments différents anastomosés. (le n'est qu'après cette fusion, qui constitue pour l'auteur une fécondation typique, que la baside prend son développement, ses dimensions, son aspect définitifs. Mais bientôt le contenu de l'oospore subit une première bipartition, puis une seconde, et se divise de la sorte en quatre cellules contenant chacune une portion du noyau primitif et que l'auteur assimile à un promycelium. Celui-ci produira des sporidies. Le tube germinatif émis par chacune des cellules, se dirige vers la périphérie, donne naissance à un stérigmate qui se renfle en boule à son extrémité; le noyau s'engage enfin dans cette der- nière et celle-ci s'isole et constitue la basidiospore. Chez les autobasidiomycètes, les choses se passent un peu différemment. BULLETIN DES SÉANCES. 219 Après la fusion des noyaux sexuels, l'oospore ne subit aucun cloisonnement; seul, le noyau se divise en quatre portions qui passent avec une certaine quantité de pro loplasme dans les sporidies. Sauf quelques variations de détails, les piiénomènes reproducteurs s'accomplissent de cette façon dans les nombreux types étudiés par l'auteur (Dacryomycètes, Tliélépliorées, Agaricinées , Hydnacées, Polyporées). Chez ces derniers, notamment chez le Polijponis versi- color, l'auteur a pu suivre, dans ses détails, les phéno- mènes de division du noyau de l'oospore. Ils présente- raient une analogie remarquable avec ceux dont est le siège, le sac embryonnaire des végétaux supérieurs. Il résulte donc des travaux de Dangeard (1) que l'on trouve, dans l'évolution de tous les groupes de Cham- pignons, un moment où deux noyaux, d'origine diffé- rente, se fusionnent de manière à former le noyau d'une oospore. Cette dernière est susceptible de germer suivant des procédés divers : 1" En donnant un promycélium externe qui produit des sporidies externes (téleutospores des Urédinées, Uslilaginées), ou dans lequel se différencient des spo- ridies internes (asque des Ascomycètes) ; 2" En se fractionnant en cellules, formant donc un promycélium interne qui développe des sporidies externes (Protobasidiomycètes) ; 5° En fournissant directement, sans cloisonnement préalable des sporidies devenant externes (Autobasidio- mycètes). Si l'on admet, dès à présent, l'entière exactitude des 0) Le Botaniste, séries 5 et I. 2-20 SOCIÉTÉ IIIÎLGE DE iMICUOSCOPIE. observations de l'auteur, la seule objection que l'on puisse formuler contre l'existence d'une véritable sexua- lité chez les Champignons repose sur la parenté, souvent très rapprochée, des noyaux sexuels. Cependant, par les Entomophthorées, auxquelles tout le monde reconnaît une reproduction nettement sexuelle, on trouve des types [Entomoplitora l'cidicans) ou les noyaux sexuels ne sont séparés du noyau commun qui leur a donné naissance que par une seule génération. Il en est de même chez un intéressant ascomvcète décrit il y a quelque dix ans par Eidam, le Basidioboius ranarum. Quant à l'objection que l'on pourrait tirer du peu de complexité des phénomènes de fusion des noyaux sexuels, elle n'a qu'une valeur très relative, car il est bien des groupes végétaux et animaux où, d'après nos connais- sances actuelles, ils sont loin de répondre à la détinilion que donne Guignard de la fécondation : « La fécondation est la fusion de deux demi-noyaux et de quatre demi-centrosomes provenant d'éléments de sexe opposé, en un noyau et deux centrosomes formés par parties égales des substances des deux parents. » Si l'on admet avec Boveri que le phénomène essentiel de la fécondation se réduit à la fusion de deux noyaux, on ne peut que souscrire aux conclusions générales des remarquables recherches de Dangeard : ce Les Champ'ujnons supérieurs ont une sexualité qui ne di/fèreen rien, dans ses traits essentiels, de eellb des autres plantes et des animaux. » Km. Mahciial. BULLETIN DES SÉANCES. • 221 A. Feiîmi et G, MoNTESANO. — Die von den Mikrobeii bedingte Inversion des Holirzuckers (Cejitralb. f. Bak- teriol. ^1" Abt., Bd. I, n" 15, 14 et 15). Les intéressantes recherches de ces auteurs ont eu pour but de résoudre les points suivants : 1" Quels sont les microbes qui intervertissent la saccharose? 2° Quelle est l'influence de la réaction du milieu sur ce phénomène? T)" Quelle action la présence de la saccharose, de la glycose et de la glycérine, exerce-t-elle sur la production de l'invertine? 4" Combien de temps, après l'inoculation, la pré- sence de ces zymases peut-elle être constatée dans les cultures? 5" Quels sont les microbes capables de produire de l'invertine dans un milieu dépourvu de substances albuminoïdes? G" Comment se comporte l'invertine produite par (lifTérents microbes vis-à-vis des filtres en porcelaine? 7° Quelle est l'influence de la chaleur et de quelques agents chimiques (acides, alcalis, etc.) sur l'invertine et sur sa production par les microbes? 8" L'invertine est-elle dyalisable? Après avoir rappelé les travaux sur la matière de Guyon, Bourquelot, Beyerinck, Miller et de l'un d'eux (Frémi), les auteurs exposent la méthode suivie dans leurs recherches. Dans une première série de cultures, ils se servaient de bouillon neutralisé, additionné de 5 p. 100 de sac- 222 SOCIÉTÉ BELGE DE MICnOSCOPIE. cliarose et de quelques gouttes de tournesol, réparti dans des tubes à réactifs. Après inoculation, les cultures étaient placées à l'étuve à 50". Les jours suivants, on notait les modifications survenues dans la réaction cl, après 14 jours au minimum, on opérait la recherche du sucre réducteur par les réactifs de INvlander et dcRuhner- Penzoldt. Les recherches ont porté sur une septantaine de microbes divers; les suivanis seuls transforment la sac- charose en sucre réducteur : Bac. mcgcUcrium, bacille de Kiel, Proleus vuUjaris, Bac. fluresccns liqiicfaciens, levui'e rose. Cette propriété est peu fixe chez le Spirillinn c/iolerae asiat. et Metsclmikovii ; enfin elle fait défaut aux espèces suivantes : Bac. coli-communc, iiac. tijplii- similis. Bac. diplilheriae columhariim. Bac. diplitcriae Iwmimim. bacille du Hoy-cholera, Slapinjl. pyogoics aureiis, Si. pyog. albiis, St. pyog. ccreiis flavus, Slrcpt. cvesypclatis, Slrept. pyogcncs. Mie. pyogenes tenitis, Proteiis mirabilis, Pr. Zenkeri, Bac. alliaceiis. Bac. Odessae, Bac. fluorcscens non liqnifacicns. Bac. liitcus, Sai'c, alba, Sarc. lutca. Bac. pyocyancns, Bac. typhi. Bac. napolilamis, Bac. rhinosclcromalis. Bac. Fricd- lànderi, Bac. muriseplicus. Bac. cunicnlicida, Bac. cavicida. Bac. clwlerae galUnarum, Bac. anl/wacis. Bac. indiens, Bac. radiciformis. Bac. snblilis, Bac. acidi laclici. Bac. prodigiosns, Spir. Finkliri et Priori, Spir. Deneki, Bac. du lait bleu, etc. En bouillon légèrement alcalin, le Proleus vulgaris et le Bac. flnorescens liqnifaciens, demème que la levure rose ne sécrètent plus de zymasc; tandis (ju'une légère acidité du milieu est sans influence sur la production de cette dernière. BULLETIN DES SÉANCES. i."23 Parmi les autres conclusions du travail, citons les suivantes : 1° La production d'invertine s'observe dans les bouil- lons non sucrés additionnés de glycérine, mais fait défaut dans les milieux contenant de la giycose. 2" Le moment d'apparition de Tinvertine dans les cultures varie d'après les milieux et les espèces micro- biennes. Le plus fréquemment la zymase apparaît deux à trois jours après l'inoculation. Cette apparition paraît plus rapide dans les milieux glycérines que dans ceux additionnés de saccbarose. 5" Les microbes produisent de l'invertine, même en l'absence de matières organiques. Comme on le voit, le mémoire de FermietMontesano apporte une contribution importante et intéressante à riiistoire encore si obscure des zymases. ÉM. M. * * * Dans une note récente présentée à la classe des sciences de l'Académie de Belgique, le docteur C. De Bruyne, a fait connaître l'aspect et la disposition de la spbère attractive dans les cellules fixes du tissu con- jonctif. C'est le tissu instertitiel du foie et de la glande géni- tale mâle ou femelle de Palndina vivipara, qui a servi aux observations de l'auteur. Ce travail forme un apport intéressant à l'étude de ce composant étrange de la cellule, l'auteur nous montre l'aspect de la spbère, même sa division, dans les 20 figures de la plancbe qui accom- pagne le texte de la note. Celle-ci se termine par un •211 SOCIÉTÉ UÉLCK l>K MICUOSCOI'IE. index bibliograpliiqiie assez complet des différents tra- vaux publiés sur les spbères attractives. Nous ne pouvons naturellement reproduire les données de l'auteur, ce travail est à lire par tous ceux qui s'occupent de morpho- logie cellulaire. É. D. W. * » * M, Roland Thaxter, du Laboratoire de cryptogamie de la « Harvard Universily » vient de publier dans la Botanical Gazette, octobre 1895, n" 10, une note très intéressante. Elle est intitulée: « Newor peculiar aquatic fungi.il/o- noblepharis », et contient la description de deux espèces nouvelles de ce très curieux genre, dont on n'avait plus retrouvé de représentants depuis que Cornu l'avait décrit en 1871 dans le Bulletin de la Société botanique de France, et en avait publié une description plus détaillée, accompagnée de figures dans les Annales des Sciences naturelles de 1872. Cornu décrivit deux espèces sous les noms de.W. poty- morplia et i)/..s'p/jrtt'ricrt,lesdeux espèces de M.R.Taxter portent les noms de M. insignis et M. fasciculala. Toutes deux se rapprochent du M. pohjmorplia Cornu, elles diffèrent beaucoup par tous leurs caractères du M.sphae- rica. M. Thaxter a pu observer le cycle complet de l'évo- lution des deux nouvelles espèces, sa contribution est donc des plus imporlanle. La première de ces espèces a été observée dans le Massachuselt et dans le Maine, la deuxième uniquement dans le Massachusetl. Toutes deux sur des tiges submergées dans l'eau. BULLETIN DES SÉANCES. 22b Voici la description des deux espèces, telle qu'elle est donnée dans la notice citée. Monohlcpfiaris insignis Tliaxter. — Hyphes droits, rigides, hyalins ou d'un brun rougeâtre très pâle, pres- que cylindriques, rarement branchii; I 1/2-2 1/2 milli- mètres de long sur 8-15 y. de diamètre. Anlhéridies larges subconiques ou subcylindriques, droites ou légè- rement divergentes, à extrémité arrondie, souvent recourbée vers l'intérieur, presque symétriques ou souvent à base irrégulièrement protubérante du côté interne. Anthérozoïdes nombreux, de 24-52, uniciliés. oospores mûrissant dans l'organe, lisses d'un brun ambré, pâle, sphériques ou oblongues allongées, parfois irrégulières, 50-55 /-i sur 22-55 /x. Oogones de forme irrégulière, uniques ou superposés à plusieurs au som- mets des hyphes. Zoosporanges rares, semblables à l'oogone; zoospores biciliées? de 10-12 fx de diamètre. Monoblep/iaris fasciculata Thaxter. — Hyphes droits, rigides, cylindriques, simples ou rarement branchus, excepté aux sommets; de 1-2 millimètres de longueur sur () y. de diamètre. Anthéridies étroites, légèrement déprimées droites et non divergentes. Anlhéiozoïdes, 16 environ dans une anthéridie, 5 y de diamètre. Oogones ovales, oblongs ou elliptiques. Col étroit, proé- minent généralement plus court que l'anlhéridie toujours présente, unique terminale ou superposée sur des rameaux courts et serrés à l'extrémité des hyphes fertiles. Oospores plus ou moins régulièrement ovales, oblongues ou elliptiques, lisses d'un brun ambré pâle, mûrissant dans l'oogone, de 22 sur 18 y-. Zoosporanges 226 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. semblables aux oogones, zoospores biciliées de 5-(3 ij- de diamètre. Comme on peut le voir en comparant ces deux descrip- tions et en jetant un coup d'œil sur les figures de la planche qui accompagne la note de M. Thaxler, les deux espèces ne diffèrent guère que par la grandeur des fila- ments du thalle, des oogones, spores et zoospores. Ces deux formes méritent-elles d'être élevées au rang d'espèce? Il est certain que l'étude des Champignons aquatiques fournira encore de nombreuses formes intéressantes, M. Thaxter a déjà publié, nous l'avons signalé antérieu- rement ici, d'autres études sur des espèces curieuses qu'il a pu observer dans ses récoltes. É. D. W. * * Sous le titre « Les Broussins des Myriacées » M. le professeur Vuillemin de la faculté de médecine de Nancy, a fait paraître dans le tome II des « Annales de la Science agronomique française et étrangère » un travail des plus intéressants. L'auteur a pu étudier ces formations curieuses sur des échantillons qui lui ont été communiqués par le professeur de Yries d'Amsterdam et sur de nombreux matériaux réunis à Nancy. Après une introduction historique assez complète dans laquelle l'auteur passe en revue les travaux parus sur la question, il passe à l'étude des malformations observées par lui. Il a au cours de ses études sur la structure des renflements, des hernies des tiges des Eucalyptus, renconlré des filaments mycé- liens et des corps reproducteurs spéciaux. De l'ensemble BULLETIN DES SÉANCES. -Jiï des caractères présentés par le parasite, l'auteur a pu conclure qu'il s'agissait d'un Champignon appartenant au genre Ustilago. On n'a jusqu'à ce jour. décrit aucune forme de Champignon de ce genre chez les Alyrtacées, aussi le professeur Vuiilemin a-i-il proposé dans une note présentée déjà en avril I89i à l'Académie des Sciences, le nom de Ustilago Vriesiana pour le parasite occasionnant la formation de Broussins chez cette espèce à'Eucaiijptus. Voici de quelle manière l'auteur décrit dans son dernier travail le parasite en question. Les principaux caractères de l'espèce sont reproduits sur les planches accompagnant le travail de M. Vuiilemin. « Fructifications naissant dans les espaces intercellu- laires de l'écorce, du liher, du cambrium sous forme de pelotons mucilagineux très nombreux, inégaux, d'assez petite taille. Les organes de conservation que les auteurs appellent spores, mais qui sont en l'éalité des kystes, dépassent rarement le nombre de 20 dans chaque fructification. Leur nombre se réduit parfois à 1 ou 2. Chaque kyste jeune est entouré d'une enveloppe mucila- gineuse comprenant deux zones. La plus interne est hyaline et diminue d'épaisseur, à mesure que le kyste grandit à ses dépens; toutefois elle est encore visible quand la membrane est déjà colorée. La zone extérieure est granuleuse, surtout à la surface qui est comme tuber- culeuse. Rarement on distingue deux kystes avec une zone hyaline propre, plongés dans une zone granuleuse commune. Kystes murs d'un brun violacé ovales à n)en- brane lisse, épaisse de 0,4 /w. Au niveau de la petite extrémité, on distingue une calotte amincie, corresj)on- dant au point où s'effectuera la germination. Le centre 2'-'8 SOCIKTIi: liCLGl': DE MlCUOSCOl'lE. du kyste est occupé par une grosse goutte d'aspect oléagi- neux. Le kyste mesure 7-9 /y. sur 5,5-7 /y.. Tubes de germination émettant de courts tubes latéraux terminés par de jeunes spores. » L'auteur termine son article par des paragraphes con- sacrés à la pathogénie, à la marche de la maladie, au diagnostic, au pronostic et au traitement de cette maladie parasitaire. Il conclut à l'emploi du sulfate de cuivre pour combattre efficacement l'apparition des tumeurs des Myrtacées et en particulier des Eucalyptus. È. D. W. LISTE GÉNÉRALE des MEMBRKS DE LA SOCIÉTÉ BEKiE DE HICUOSCOPIE AU 14 OCTOBRE 1805. Mciiihi'os lioiioi*airc$« (*). MM, Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne). Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris. Butschli, professeur, à Heidelberg. Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau. Jones Rupert, prof, 10, Uverdale Road, King's Road, Chelsea, Londres. Koch, R., prof d'hygiène à l'Université de Berlin. von Kôlliker, A., prof d'embryologie à l'Université, Wurz- bourg, Ranvier, L., prof d'histologie au Collège de France, Paris. Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue. Smith, H. L., prof , Hobart Collège, Geneva N. Y. (États-Unis). Sorby, Broomfleld (Sheffield). Strasburger, docteur Ed., prof, de botanique à l'Université de Bonn. Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourtli Street. Stanley Hoog, F., 102, Palace Gardons Terrace, à Kensing- ton W. .^liMiil>i*<;s coi*ro$ii|>oiB(laiii!i$ (**). MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge, Mass. (États-Unis). (') Le nombre des membres honoraires est limite à iiuinze (art. 7 des Statuts). (") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des statuts). •2A0 SOCIIÏIÉ IU:LCK Dli iMICUOSCOI'lli. MM. Baumgarten, professeur, à Tiibingeu. Behrens, D*" W., directeur du Zeitschrift fiir mikroskopie, Gottingen. Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, rue des Fleurs, 1, Lille. Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boecker, docteur, Institut fur Mikroskopie, Wetzlar. Bonté, docteur J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali- fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis). Brun, professeur à l'Université de Genève. Boveri, Wurzbourg. Cox, C. F., grand central dépôt, Nom- York (Etats-Unis), Cox, D., à Cincinnati, Ohio. U. S. A. Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie, King's Collège, Londres. Crosier, E. S., M. D., Market street, 277, New Albany, Indiana (États-Unis). Curtis, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn, Londres. Cutter, docteur Ephraim, 1730. Broadway, New- York, de Castracane (abbé). Comte François, Rome. Piazza délie Coppelle, 50. de Man, docteur J. G., Jerseke (Zélande, Pays-Bas). Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Memphis (États-Unis). Engelmann , Th. W., prof, de physiologie à l'Université d'Utrecht. Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro, 23, Paris. Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier. Harrisson, docteur W. G., 26, Mount Vernon Place, East Baltimore (Maryland) États-Unis. Hueppe, Ferd., docteur professeur, Prague. Kinne, C. Mason, 422, California street, San Francisco, Cal (États-Unis.) Klebs, professeur à l'Université de Bàle (Suisse). Kowalewsky. Laiizi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome, Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco- pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey), (États-Unis). Maupas, à Alger (Algérie). itULLEii.N iiKs si:a.\(;i;s. im MM. Metschnikoff, chef de service à l'Institut Pasteur, à Pai-is. Rosenbuscli, professeur de minéralogie à l'Université de Heidelberg, Stevenson, \V. C. 1525, Green street. Philadelphie, Pens. (États-Unis). Stidham, rev. J. F., Colorabus, Ohio (Etats-Unis). Treub, directeur du .Jardin Botanique de Buiteuzoï'g, à Java, Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences. Palais ducal, à Venise (Italie). Van Bruj'ssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas (Venezuela). Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (Étais-Unis). Zimmermann, 0. E. R., docteur, Ghemnitz (Saxe). Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig. MM. 'Bauwens, L. M., receveur des conti'ibutions, i-ue de ia Vanne, 33, Ixelles. Bayet, Adrien, docteur en médecine, agrégé à l'Université, boulevard de Waterloo, 78. Berteau, Zenon, chaussée de Jette, 561, Jette Saint-Pierre. Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19, Bruxelles. Bordet, Jules, docteur en médecine, rue de la Ruche, 42. Bordet, Charles, docteur en médecine, rue Rogier, 255, Schaerbeek. Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles. Buys, Ed., docteur en médecine, rue de la Braie, 14. Carnoy, J.-B. (chanoine), professeur à l'Université de Lou- vain. Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris. Clautriau, G., docteur en sciences naturelles, rue de la Tribune, 5. Cooraans, V., chimiste, rue des Brigittines, 3, Bruxelles. Coomans, L., rue des Brigittines, 3, Bruxelles. Cousot, docteur en médecine, à Dînant. 'Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As- sociation, 31, Bruxelles. {') Membre fondateur. 232 SOCIIiTli ItKLGK DK MICIIOSCOI'IE. MM. De Faj', J., docteur en médecine , rue de la Fiancée, 22. Bruxelles. De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Baliia (Brésil). Delogne, C.-H., conservateur au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Depage, A., docteur eu médecine, rue de l'Esplanade, 8. Depaire, J.-B., professeur à l'Université de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles . de Sélys-Loncliamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la Sauvenière, Liège. Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57, Bruxelles. De Wiideman, docteur en sciences naturelles, aide-natu- raliste au Jardin botanique de l'État, rue Verboeckha- veu, 29, Saint-Josse-ten-Noode Drosten, Rob., rue du Marais, 49, Bruxelles. 'Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles. Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins, (Allier). Errera, Léo, docteur en sciences naturelles, professeur à l'Université, Place Stéphanie, 1, Bruxelles. Fisch, opticien, rue de la Madeleine, 70, Bruxelles. Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou). Francotte, P., docteur en sciences, prof, à l'Athénée royal et à l'Université libre, rueGlllon, rt4, St-Josse-ten-Noode. Funclv, Maurice, docteur en médecine, rue de Livourne, 36. Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue delà Régence, 33, Bruxelles. Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino. 38, Vérone. Gedoelst, docteur en médecine, rue du Canal, 20, Louvain. Gilsou, professeur à l'Université de Louvain. Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de Liège, rue Fusch, 22. Liège. Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue des Drapiers, 35, Bruxelles. Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14, Bruxelles. (*J Membre fondateur. BULLETIN DES SÉANCES. 233 MM. Houzeau de Le Haie, professeur, à Hyon (Mons). Janson, Paul, rue Royale, 260. Lauieore, Aiifïusto, doctour en sciences, professeur à l'Uni- versité de Bruxelles, chaussée de Gharleroi, 1 19, Bruxelles. Laurent, Ém., professeur de botanique à l'Institut agricole de Gembloux. Lemoine, Auguste, ingénieur agricole, à Gilly. Lewin, docteur en médecine, rue de la Concorde, 68, Lxelles. Lochenies, G., botaniste, à Leuze. Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée. Mantin, Georges, quai de Billy, 54, Paris. Marchai, É., conservateur au Jardin Botanique de l'État, prof, à l'École normale, 55, rue Vonck, St-Josse-ten-Noode, Massart, assistant à l'Institut botanique, rue de la Grande- Haie, 65, Molle, docteur en sciences naturelles, professeur à l'École moyenne de Jodoigne. Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7, Liège. Pechère V., docteur en médecine, rue de la Loi, 140, Bruxelles. Philippson, étudiant en sciences, rue Guimard, 12. Pottiez, Gh., pharmacien, à Fontaine-l'Évôque. 'Preudhomme de Borre, Villa des fauvettes, Petit Sacouuex, Genève. Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9, Bruxelles. *Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, rue de la Loi, 177, Bruxelles. Sand, René, boulevard du Nord, 95. Simon, J.-B. , docteur en médecine, rue Haute, 108, Bruxelles. Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers. Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons. Tillier, Achille, architecte, Pâturages (Hainaut). Tocheff, professeur au lycée bulgare de Salonique (Turquie). Van Bambeke, prof, à l'Université de Gand, rue Haute, 7, Gand. Van Beneden, Ed.. professeur à l'Université de Liège. (*) Membre fondateur. XXI 17 234 SOCIKTfi BELGE HE MICUOSCOPIE. MM. "Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his- toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles. Vandervelde, P., docteur en médecine, rue du Trône, 19. Van Ermengem, professeur de bactériologie à l'Université de Gand, chaussée de Courtrai, 137, Gand. *Vau Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin Botanique, Anvers. Venueman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de Louvain. Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon- nlère, Bruxelles. Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France). Walravens, Alfred, étudiant en sciences, à Tubize. Warlomont, René, médecin militaire, docteur eu sciences naturelles, Bruges. Wauthy, rue du Béguinage, 15. Wybauw, étudiant en médec, rue du Beau-Site, 7, Ixelles. Meiubres associé»». MM. De Nobele, docteur en méd., rue des Plantes, 14, Bruxelles. Dewèvre, Alfred, docteur en sciences naturelles, rue de la Linière, 12, Saint-Gilles. Dedroog, docteur en sciences naturelles, rue du Champs-de- Mars, 14, Ixelles. Demoor, J., docteur, rue Belliard, 186. Dineur, E., docteur en médecine, hôpital militaire d'Anvers. Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek Saint- Jean. Lor, Louis, docteur eu médecine, rue du Midi, 76. Marchai. Em., ingénieur agricole, rue Vonck, 55, St-Josse- ten-Noode. Mersch, docteur en médecine, rue du Trône, 90, Bruxelles. Mills, Albert, docteur en méd., rue du Pépin, 30, Bruxelles. Van Rysselberghe, instituteur, rue du Heysel, 103, Laeken. Vindevogel, étudiant en médecine, avenue des Arquebu- siers, 25, Saint-Josse-ten-Noode. (*) Mem})re fondateur. ACADÉMIES, SOCIÉTÉS ET INSTITLTIO^S avec lesquelles LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE EST Ers KELATIONS D'ECHANGE. Belgique. Annales delà Société médico-chirurgicale, rue des Augustins, 26, Liège. Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique Bruxelles. Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles. Association belge de photographie. Ch. Puttemaus, Palais du midi. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers, au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège. Musée royald'Histoire naturelle de Belgique, M. E. Dupont, direc- teur, Bruxelles. Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat. Bruxelles. Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu- relle, Bruxelles. Société scientifique de Bruxelles, rue des Ui'sulines, 14, Bruxelles. Société belge de géographie, M. Duflef, rue de la Limite, 1 16. Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège. Société malacologique de Belgique, boulevard du Nord, Bruxelles. Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place de l'Industrie, 39, Bruxelles. Société médico-chirurgicale du Brabant, 181, rue Royale. Société royale des sciences, à l'Université de Liège. Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons. 236 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Société royale des sciences médicales et naturelles, D"" Galle- maerts, rue de la Régence, 33. Université de Bruxelles. Université de Gand. Université de Liège. Université de Louvaiu. Alloiiia^iie. Botanisches Centralblatt, D'" Uhlworm, Cassel. Kaiserliche Leopoldinisch-Caroliuische Akademie der Naturfor- scher, D"" Knoltauch, à Halle. Jahresbericht tiber die Fortschritte in der Lehre von den patho- genen Mikroorganismeu, professeur Baumgarten, à Tùbingen. Naturwissenschaftliche Gesellschaft, Chemnitz. Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld. Naturwisseuschaftlicher Verein des Reg. Bez., M. Klittke, bibliot., Francfort s/Oder. Offenbacher Verein fiir Naturknnde, Offenbach S/M. Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg. Société d'histoire naturelle de Colraar, docteur Faudel, secrétaire Colmar. Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz. Verein fiir Naturkuude. D"" Akermann, Cassel. Zeitschrift fiir wissenchaftliche Mikroskopie und mikroskopische Technik, D"" Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue. Zoologischer Anzeigor, professeur Garus, Querstrasse, 30, Leipzig. Centralblatt fiir algemeine pathologie undpathologischeanatomie. G. Fischer, à léna. Konigliche Biologische Austalt-Helgoland. Aiitriclic-llon^ric^. K. K. Naturhistorisches Hofmuseum, Vienne. K. Akademie der Wissenschaften, Vienne. Mittheilungen der Section fur Naturkuude des « Osterreichischen Touristen-club «, Burgring N° 1. Vienne. Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie. Institut I. et R. géologique d'Autriche, Vienne. K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à Wien L BULLETIN HES SÉANCES. 237 Naturforschonder Verein, M. StadhofT, Brùnn. Naturwissenschaftliclier Verein fiir Steirraark, Gratz. Ornithologischer Verein. Mittheilungen, Red. Von Pelzeln und C. Palliscli, à Vienne. Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram. Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest, Société adriatique des sciences naturelles, Trieste. Ungarischer Karpathenverein, Lôesc. Verein zur Verbreitung naturwissenscliaftlicher Kenntnisse, IV, techn. Hochschuleà Vienne. Espagne et Poriiijs^al. Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2", Barcelone. Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales. Cronica cientifica. Barcelone, Réd. D'" Raphaël Roig y torres. Ronda de S. Pedro, 38. Gaceta Medica Catalana, D'" Rodriguez Mendez, à Barcelone. Sociedade de Instrucçao do Porto. S.-Domingos, 57, à Porto Largo. Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II. Revista de sciencias naturaes e sociaes, rua dos Clerigos, 96, à Porto. France. innales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue de Fleurus, 35b, Paris. Annales de micrographie, D'"Miquel, Rue Amelot, 100, Paris. Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon. Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard, Lille. Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers. Feuille des jeunes naturalistes, M. DoUfus, 35, rue Pierre Charron, Paris. Revue internationale de bibliographie médicale, D"" Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris. Revue scientifique du Bourbonnais, M. E. Olivier, 10, Cours de la Préfecture, à Moulins (Allier). Le Botaniste. M. Dangeard, professeur à la Faculté de Poitiers. Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan, par Athis, (Orne.) 238 SOCIÉTÉ riELGE DE MICROSCOPJE. Société Borda, à Dax. Société des sciences physiques, naturelles et climatologiques, D"" Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger. Société Liunéenne du nord de la France, M. R. Vion, rue Voi- ture, 8, Amiens, Société des sciences physiques et naturelles, Hôtel des Facultés, Bordeaux. Le Diatomiste, rue Saint- Antoine, 168, Paris. Société Linnéenne de Bordeaux. Société d'étude des sciences naturelles, 10,rueBourdaloue,Nimes. Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiseliu, secrétaire général, à Orléans. Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire). Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris. Société des anais des sciences naturelles de Rouen (Seine infé- rieure). Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome. Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier. Société des sciences naturelles, à Semur (Côte d'Or). Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne (Auxerre). Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher- bourg (Manche). Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier. Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris. Société Liunéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon. Grande- Bretagne. Brighton and Sussex natural history Society, Brigliton. Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturge, 20, the Waldrons, Croydon. Norfolk and Norwich naturalist Society, Norwich. Quekett Microscopical Club, Londres. Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres. Royal physical Society of Edinburgh. Phylosophical Society, Cambridge. Patent Office Library,25, Southampton Buildings, Chancery Lane, London W. C. Science progress, The scientific Press Limited, 428, Strand W. C, London. BULLETIN DES SÉANCES. 239 llollaiiflo. Société hollandaise des sciences de Harlem, Société néerlandaise de zoologie, D"" P.-P.-C. Hook-, au Helder. Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam. Physiologiscli laboratorium. Université à Utrecht. Italie. Academia pontiflcia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria, Rome. Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Académie des sciences, lettres et arts de Modône. Académie royale des sciences de Turin. Ateneo de Brei^cia. Bollettiuo scientilico, Pavie. Bolletino délia Societa Romane per gli Studï zoologici, Université à Rome. Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome. Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise. Neptunia, rivista meusile per gli studi di scienza pura ed applicata sul mare et sui organism. Red. D^" David Levi-Morenos S. Stefano, calle dei Fatri, 3536, Venise. Notarisia, commentarium Phycologicura. Parte spéciale délia Neptunia. Société des naturalistes de Modène, D'" L. Piccaglia, secrétaire, à Modône. Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile), Revista de Scienze naturali e bolletino dei naturalista, à Sieua, R, Academia dei fisiocritici à Siena (Italie), Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio délie alghe, D"" G. B. De Toni, Galliera Veneta (Padoue). Academia raedico-chirurgica di Pcrugia (Pérouse), Monitore zoologico italiano, Instituto anatoraico à Florence. Liixoiiiboiirj;;. Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place Guillaume III, Luxembourg. Fauna, Société des naturalistes Luxembourgeois, M, Kraus, Grand-Luxembourg. 240 SOCIÉTÉ BELGR DR MICROSCOPIE. Aarsberetning, Bergens muséum (Bibliothèque). «• Tromsoë Muséum " à Tromsoë (Norwège), Rédacteur des publications du « Stavanger Muséum -», Stavanger. Russie. Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg. Société impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarklia- noff. Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa. Société des naturalistes de l'Université de Kleff. Institut impérial de médecine expérimentale, S'-Pétersbourg, rue Lopoukhinskaja, 12, Scripta Botanica, Horti Universitatis impérialis Petropolitanae (Bibliothèque de l'Université, Saint-Pétersbourg). ISiiède. Botaniska notiser, D*" Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Luud. Académie des sciences de Stockholm. ISuisse. Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helraliaus, Zurich. Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à Genève. Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bàle. Naturforschende Gesellschaft, Berne. Société des sciences naturelles, à Coire. Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Th. Steck, Berne. Société helvétique des sciences naturelles, Berne. Société des sciences naturelles, Neuchâtel. Société vaudoise des sciences naturelles, Lausanne. Turquie. Revue médico-pharmaceutique, 68, Ynksek-Caldirim, Galata, Constantinople. BULLETIN DES SEANCES. 2il Brésil. Museu Nacional do Rio de Janeiro. Boletin du Commissao geograpbica e geologica da provincia de S. Paille : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil . Costa Rica. Officine de deposito y Cauje de publicatlones. Republica de Costa Rica (Amérique centrale). Cuba. Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, 92 apartada 465. Etats-LIiiis flM.inéri<|tie. Academy of science, Rocbester (New-York). Académie des sciences de Philadelphie. American Monthly microscopical Journal. "Washington, D. C. W. Smiley. American uaturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass. Boston Society of natural history, Boston. Collège of Physicians of Philadelphie. Essex Institute, Salem (Mass.). Journal of the New-York microscopical Society, M. Zabriskie, Waverley Avenue, Flatbush, L. S., New- York. Journal of mycology. N. S. Department of agriculture (section of vegetable pathology), à Washington. Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis, Rocbester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à Rochester N. Y. (États-Unis). Journal of comparative Neurology. C. L. Herrick, professer of biology. Denisou University, à Granville. Librarian of the Surgeon general's Office. U. S. Army, Washington. M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New- York. Missouri Botanical garden, Saint-Louis, Mo. m SOCIÉTÉ BELGK \)E MICHOSCOPIE. Tufts Collège, Massachusetts, U. S. A. Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. (États-Unis). The microscope, Washington, D. C. TheTreuton Natiiral history Society, Trenton. Wagner Free Institute of Science, Philadelphie. Smithsonian institution, Washington. Wisconsin academy of sciences, arts, letters, D'" W. H. Hobbs, secretary, à Madison. California Academy of Sciences à San Francisco (Etats-Unis). .flexiqiie. Sociedad Cientiflca « Antonio Alzate «, à Mexico. Observatorio Meteorologieo magnetico central, Mexico. Chili. Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile. Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252. Actes de la Société scientifique française du Chili. Castilla, 12d, à Santiago de Chile (par Magellan). IVouvelie Galles du Niicl. Linnean Society of New-South Wales, Linnean Hall, Ehsabeth bay, Sydney. Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne, TABF.E GENERALE DES MATIERES CONTENUES DANS LE TOME XXI Dl BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Pages. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. Composition du Conseil administratif pour l'exercice 1894-1890 S Séance iiu 22 OCTOBRE 1894 5 La localisation des alcaloïdes dans les solanacées, par M. Ph. Molle 8 Comptes rendus et analyses 21 Séance du 10 novembre 1894 23 Notes de technique 2o Séance du 17 décembre 1894 La feuille comme plaque photographique, par M. L. Errera 30 A propos d'un genre nouveau de Mucorinées, par M. A. DeWèvre 36 Notes de technique 40 Séance du 21 janvier 1895 41 Comptes rendus et analyses 43 Séance du 18 février 189o 49 Nouveaux appareils de maison Zeiss, par M. R. Dros- len 52 Comptes rendus et analyses 63 Séance du 18 mars 1895 66 J. É. Bommer, par É. D. W 68 La présence d'organes sexuels chez les Urédinées, par M. P. Nypels 70 244 TABLE DES MATIÈRES. Pages. L'oxychromatine et la basichromatine clans les noyaux des V^orticelliens, par M. P. Francotte. 75 Comptes rendus et analyses 79 Séance DE 22 AVRIL 1895. ' 81 Sur l'attache des cloisons cellulaires chez les végé- taux, par É. De Wildeman 83 Comptes rendus et analyses 94 Séance nu 20 MAI 1895 . ' 109 Sur quelques espèces du genre Endoderma, par É. De Wildeman 111 Comptes rendus et analyses 116 Séance DU 17 JUIN 1895 120 Julien Deby, par le docteur H. Van Heurck .... 122 L'appareil à projection du docteur Edinger, par É. De Wildeman 133 Comptes rendus et analyses 13o Séance DU 13 octobre 1895 153 Rapport sur les travaux de la Société pendant l'année 1894-95 153 Louis Pasteur, par Em. Marchai 159 Frédéric Kitton, par le docteur H. Van Heurck . . 189 Les Algues de l'Herbier Schleicher, par É. De Wil- deman 200 Mesures dans les recherches microscopiques et déter- mination de la distance focale des objectifs, par M. P. Francotte 208 Comptes rendus et analyses 216 Liste des membres de la Société 229 Liste des publications reçues en échange 235 FIN DR LA table DES MATIÈRES. ANNALES DF LA SOCIETE BELGE DE ilCROS J E TOME XXII i^^ FASCICULE BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSUOPIE >-'il. ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICR PIE tome: XXII LIBRARY NEW YORK BOTANICAL BRUXELLES A. M ANGE AUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 3, rue des Minimes, 3 1897 yVlÉMOIRES I PREMIERS APERÇUS SUR LA FORMATION DIS mum m PAR C.-KG. BERTRAND Résumé de la communication faite à la séance extraordinaire du 4 juillet 1897. PREMIERS APERÇUS. SUR LA FORMATION DES CHARBONS DE TERRE I 1. — Sous ce titre : Premiers aperçus sur la forma- tion des charbons de terre, je me propose de vous expli- quer ce que j'ai voulu montrer en présentant les objets que j'ai exposés dans les vitrines de la Société belge de Microscopie à l'Exposition internationale de Bruxelles. 2. — Nous avons été élevés scientifiquement avec cette idée que les charbons de terre représentent des accumulations prodigieuses de matières végétales qui ont exigé pour se produire un temps énorme. — Ainsi on a admis d'abord que la houille provenait de forêts enfouies sur la place où elles ont vécu ; mais la matière végétale vivante est extrêmement riche en eau, et par contre, pauvre en carbone. La totalité d'une futaie de cent ans répartie sur la surface qu'elle occupe ne donne- rait que quelques millimètres de houille. Par suite, le temps nécessité pour la formation d'une couche de houille exploitable serait très long, de nombreux siècles. — De plus il est nécessaire d'admettre que le bassin houiller s'est enfoncé graduellement pour permettre le dépôt des grès et des schistes qui séparent les couches de houille. 5. — Certains faits ont conduit les stratigraphes à 6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. penser que raccumulation végétale s'était faite plus rapi- dement; qu'elle était le résultat d'un jlollage. — Dans cette hypothèse du flottage, l'ohligation d'expliquer l'accumulation de matière hydrocarbonée, qu'on voit solidifiée dans la houille, est une difficulté aussi grande que dans l'hypothèse des forêts enfouies sur leur sol de végétation. Il faut admettre que la masse végétale accu- mulée a été prodigieuse. Les grands radeaux du Missisipi et de l'Amazone, les barres végétales qui obstruent l'em- bouchure de certaines rivières sur la côte du Venezuela et des Guyanes, ne nous en donnent qu'une idée très affaiblie. 4. — Quelques faits exceptionnels, comme l'accumu- lation bitumineuse du lac de La Bréa, comme les exsu- dations de la Mer Morte, ont conduit certains auteurs à penser que la houille n'était peut-être que le résultat de coulées bitumineuses englobant des matières végétales. Cette idée a été reprise plusieurs fois dans ces dernières années. Elle a volontiers la faveur des chimistes parce qu'elle explique facilement l'accumulation de matières hydrocarbonées que nous trouvons dans la houille. — Cette hypothèse n'a pas été étudiée ni précisée dans ses détails. Toutefois les exemples de houille organisée sont si nombreux et si bien constatés, il est si facile de voir dans une couche de houille comme la grande couche de Commentrij , la part qui revientaux troncs de Sigillaires, de Cordaïtes, de Lepidodendrons, ainsi qu'aux feuilles interposées entre ces arbres, que l'hypothèse d'une inter- vention bitumineuse semble inutile. En dehors des chi- mistes, l'hypothèse de l'origine bitumineuse de la houille a trouvé bien peu de partisans. 5. — Lorsqu'on examine des coupes de charbon, on MEMOIRES. constate, dès le premier coup d'œil, des faits de conser- vation exceptionnels. Ce sont par exemple des cellules sécrétantes placées le long d'un canal gommeux qui présentent les détails de leur protoplasme et de leur noyau; ce sont aussi des êtres inférieurs comme des algues gélosiques avec leur gélose conservée, qui montrent dans celle-ci le protoplasme et le noijau de leurs éléments cellulaires. Ces faits se concilient mal avec l'idée des fermentations nécessaires à la transformation des masses végétales en produits charbonneux. Il est impossible quand on les a constatés, d'accepter, dans la forme où elles ont été données, les solutions qui ont été proposées jusqu'ici pour la genèse des houilles ; on pressent que la formation des roches charbonneuses exige la réunion d'un ensemble de conditions très spéciales. C). — Comme on le voit, cette question de la genèse de la houille est un de ces problèmes scientifiques qui depuis 60 ans reviennent sans cesse à l'ordre du jour. — Résolu pour un temps. On constate bientôt des faits que n'avaient pas prévus les solutions proposées. Les discus- sions reprennent sur de nouveaux arguments. — A diverses reprises les botanistes sont intervenus dans ces débats en s'appuyant sur la structure de la houille. La plus remarquable de ces tentatives, la dernière en date, est celle de Reinscli en 188"2. Cet auteur a cru voir que la houille représentait le travail d'êtres infiniment petits et les dépouilles de ces êtres. L'explication de Reinsch surprit, puis, comme on pût relever dans son travail des erreurs évidentes, son œuvre fut jugée mau- vaise et abandonnée. 7. — Je dois à la Société belge de Microscopie la com- munication des dix préparations de houille que Reinsch 8 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. lui a envoyées il y a quinze ans. Je viendrai vous dire une autre fois ce que contenaient ces préparations. Grâce à ces documents, il m'a été possible de me rendre compte des difficultés avec lesquelles Reinsch s'est trouvé aux prises. Reinsch est un observateur scrupuleux comme en témoigne ses dessins. Il s'est heurté contre des difficultés inouïes qu'on ne peut apprécier que quand on a tenté les mêmes recherches, alors qu'on a appris à ses dépens ce qu'il faut de temps et d'efforts pour faire quelques pas en avant dans cette voie. Aussi ai-je tenu à répondre immédiatement à l'appel de la Société quand, par l'intermédiaire de son dévoué secrétaire, M. De Wil- deman, elle a demandé à ses membres de participer à son Exposition. J'ai voulu, en joignant à ses collections les échantillons et les photographies de mes premières études sur les charbons, lui exprimer ma profonde gra- titude et la remercier de ce qu'elle a fait pour faciliter mes travaux. 8. — En étudiant des coupes minces de divers char- bons, j'ai eu occasion de faire quelques remarques qui me conduisent à des idées plus précises sur la genèse des roches charbonneuses. Comme premier résultat, j'ai pu reconnaître qu'il existe diverses classes de charbons, les uns sont très simples, faciles à lire, les autres sont beau- coup plus complexes ; ces derniers exigent la parfaite connaissance des premiers pour être compris à leur tour. Les échantillons et les photographies que j'ai exposés sont destinés à faire comprendre quelques charbons simples et à donner une idée de la manière dont il con- viendra d'interroger les charbons complexes comme la houille ordinaire. MEMOIRES. 9 II 9. — J'établirai en premier lieu qu'il y a des char- bons d'Alijues. 10. — On sait que les Algues sont de petits végétaux qui vivent dans l'eau ou dans les endroits humides. On les voit souvent flotter à la surface de l'eau. Par les temps> calmes, très éclairés, elles se multiplient beau- coup et torment les fleurs d'eau. Le Bolnjoccoccus des lacs suisses peut être pris comme type de ces Algues flottantes qui nous intéressent plus particulièrement. Il consiste essentiellement en cellules vertes englobées dans une gelée incolore transparente. — Ce qui est important dans ces algues au point de vue de la genèse des charbons c'est la gélose qui forme les parois de leurs éléments cellulaires. Dans les charbons d'algues, en effet, nous allons voir que la gélose est la substance organique prédominante, celle qui donne à la roche charbonneuse ses caractéristiques essentielles, par là ces charbons mériteraient d'être appelés c//rt?'/>o«s(/c'/oi7V/«e.s. 11. — Aujourd'bui que la notion du rôle des infini- ment petits dans une foule de phénomènes naturels se dégage de plus en plus nettement, nous ne sommes point surpris de voir que l'agent principal de certaines formations charbonneuses a été un infiniment petit. L'algue gélosique est en effet l'être microscopique qui a apporté, dans un temps très court, la matière nécessaire pour donner aux charbons gélosiques leurs caractéristi- ques. l'2. — Malgré l'importance de son rôle, la gélose con- serve dans ces charbons le caractère d'une matière acci- dentelle. 40 SOCIÉTÉ BELGE UE MICHOSCOPIE. 15. — L'accumulation de gélose s'est faite dans une gelée brune amorphe de nature humique. \i. — Contrairement à la gélose, celte gelée brune ne manque dans aucun des charbons que j'ai étudiés. Je lui donne le nom de gelée fondamentale. C'est une sorte de précipité gélatineux, faisant prise, et arrivant à la consistance de la gélose des algues. Elle a fait corps avec les boules de gélose qui s'y englobaient. 15. — La gelée brune, comme la gélose des algues vivante, est extrêmement riche en eau et par suite, d'une pauvreté extrême en carbures d'hydrogène et en carbone solides. La contraction verticale que j'ai relevée dans les charbons d'algues pour la gélose est comprise entre 2, 6 et 4 (1). C'est-à-dire qu'elle est très faible. Il est donc bien évident que la gélose et la gelée brune n'ont pu fournir à elles seules l'accumulation d'hydro- carbures solides que représentent ces charbons d'algues. Cette remarque donne une importance considérable au fait suivant que je tiens à bien mettre en relief. — « J'ai constaté, dans tous les charbons d'algues que j'ai étudiés, une impi'égnation bitumineuse très évidente». — Ce fait montre que la matière liydrocarbonée de ces charbons ne provient pas directement, dans sa totalité, du végétal où nous la trouvons. L'algue, et en particulier sa matière gélosique, deviennent les substratum de certains carbures dlujdrogène provenant de la matière bitumi- neuse qui a imprégné le dépôt. 16. — Nous aurons donc à tenir compte de trois termes dans les charbons d'algues : 1" La gelée brune fondamentale; 2" la matière gélosique qui sera la (1) La conlraciion de la gelée brune est toujours un peu plus forte que celle de la gélose. MEMOIRES. 11 matière organique prédominante, celle qui donnera au charbon ses caractéristiques, mais qui est une matière accidentelle; 5" le bitume imprégnant. 17. — Les charbons d'algues ne sont point un fait rare, une anomalie, l'Industrie les a remarqués depuis longtemps, elle les appelle des Boglieads du nom de la petite localité de Boghead, au sud de Bathgate (Ecosse), où ces charbons ont été d'abord exploités. — Les char- bons d'algues, très riches en carbures légers, donnent un gaz très éclairant. — Les trois boglieads types sont : le Kérosène sliale de la Nouvelle Galle du sud, le Boghead d'Autun et la Torbanile d'Êeosse. III 18. — Le Kérosène sliale est représenté par deux échantillon provenant des localités classiques de Hartley et de Joadja-Creek et par 12 photographies. Les échan- tillons montrent l'aspect spécial de ce boghead, les pho- tographies présentent la structure de l'algue qui l'a formé. 19. — Le Kérosène shale résulte de l'empilement des thalles d'une algue gélatineuse dans une gelée brune. L'être formateur a reçu le nom de Reinscliia australis. Il y a 5000 thalles par millimètre cube. Les Reinchias font les 0,900 du volume du charbon. Si nombreux qu'ils soient les thalles ne se touchent pas, ils sont séparés par une mince couche de gelée brune. (Pho- togr. 1 et 2.) 20. — Reinscliia est une algue libre en forme de sphère creuse. Elle possède une seule rangée de cellules pyriformes qui tournent toutes leurs pointes vers la sur- 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. face de l'organe. La plante est admirablement conser- vée. Les protoplastes sont teints en brun par le bitume, la gélose est colorée en jaune d'or. (Photogr. 3, 6, 7, 8.) L'état de conservation des thalles a permis de suivre leur développement. Le thalle âgé devenait cérébriforme et se lobait, la gélose, qui formait déjà la plus grande pai'tie du volume de l'algue jaune augmentait beaucoup dans le thalle âgé. — Fait très rare, la planle jeune possédait autant de cellules que la plante âgée. Ce carac- tère très spécial a permis de déterminer la place du genre Reinsckia dans la classification. Les Reinschia sont des plantes voisines de nos Yolvocinéennes. ^[. — Le Kérosène shale est formé de la même ma- nière dans ses divers gisements. Le Reinschia australis intervient seul dans sa constitution. Il n'y a d'exception que dans le gisement de Dougboy-Hollow où une algue gélatineuse, libre et flottante, le Pila australis, s'ajoute aux Reinschias dans la proportion de 9 pour cent thalles. 2iî. — Le mode d'empilement des thalles dénote un milieu absolument tranquille. — Dans le gisen)ent prin- cipal de l'ouest, à Hartley, qui a envoyé au Musée de Rruxelles un échantillon présentant la couche dans toute son épaisseur, le charbon cesse brusquement, non pas que l'algue ait disparu, mais elle n'est plus représentée au toit de la couche que par de très jeunes thalles où la matière gélosique est bien moins abondante. 25. — Une injection bitumineuse tardive a pénétré la masse végéto-humique. 24. La contraction verticale de la masse, gélose et gelée brune comprises, déterminée par compai'aison entre les parties charbonneuses et les parties silicifiées, I MLMOIHES. 13 est de 5,6. La confraclion horizontale ne dépasse pas 2,0. 25. — La transformation de la masse n'est pas le résultat d'un travail baelérien. Les seules traces de l'activité bactérienne qu'on ait pu relever sont des canne- lures gravées dans la substance de la gélose. Ces canne- lures ont été faites du vivant de la plante (photogr. Ll et 12). Les thalles donnent l'impression d'objets fixés, mais non celle d'objets pourris. 2G. — Je conclus de ce premier exemple : a) Que la gélose est la matière organique essentielle du Kérosène shale, celle qui lui a donné ses caractères spéciaux. h) Que l'intensité de l'intervention gélosique dépend plus du degré de développement des thalles que de leur nombre. c) Que vu son faible état de contraction, la gélose des Reinschias ne peut être la matière génératrice unique du carbone et de l'hvdroiiène du Kérosène shale, mais qu'elle a joué surtout le rôle de substratum pour les car- bures d'hydrogène apportés par l'injection bitumineuse. 27. — .Le Kérosène shale nous montre une couche de charbon d'algues qui a r"25 de puissance dans le gise- ment d'Hartley; c'est-à-dire que la couche végétale qui lui a donné naissance formait, dans la surface de l'eau brune génératrice, une épaisseur de 4 à 5 mètres. — Comme il n'y a aucune interruption de la base au som- met de la couche, je suis obligé de constater que nous avons là le résultai d'une seule période de végétation pendant le temps des basses eaux. — L'aecumulation végétale qui a produit le Kérosène shale s est faite avec une rapidité extraordinaire, sans forêts et sans tran- sports. 14 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. IV 28. — Le bofjhead d'Autnn est aussi un charbon d'algues. Il résulte de l'empilement des thalles d'une algue gélatineuse libre dans une gelée brune. Le bitume est intervenu tardivement par fillralion et par injection. (Photogr. 1 et 2.) 29. — L'algue qui a apporté la matière gélosique du boghead d'Autun a la forme d'un sac creux à éléments rayonnants rigides. Ses cellules ont toujours la même taille, que la plante soit jeune ou âgée. 11 s'agit donc d'une algue pélagique assez différente des Reinschias pour en faire un genre nouveau. On lui a donné le nom de Pila bihractensis. Les thalles avaient tendance à demeurer agglutinés et à former des bancs. Le genre Pila a été très répandu. On le connaît en Australie, en France, en Ecosse. Il a persisté pendant longtemps puisqu'il va du Culm aux terrains tertiaires. 50. — La forme et l'asjencement des cellules de Pila (photogr. 5 et 6) ont fait croire autrefois que ces corps n'étaient que des sphérolithes de carbures d'hydrogène à cristaux rayonnants. Il a été nécessaire d'établir que ces corps représentaient les restes d'organismes figu- rés, c'est ce que montrent bien les photographies 7, 8, 9. Chaque prisme de la masse du Pila montre un lenticule axial teinté en brun. Dans les thalles silicifiés on voit que ces lenticules ne sont autre chose que des masses protoplasmiques avec un gros noyau central. Malgré leur structure sphérolilhique, les corps jaunes du boghead d'Autun renferment donc un subslralum oi'ganisé. 51. — Le degré de conservation des thalles de Pila MEMOIRES. 15 montre qu'ijs ont dû êti'e fixés. — Les thalles de Pila, qui sont surtout de la gélose, forment les 0,755 du volume du bo^liead d'Autun. 52. — De même que le Kérosène sliale, le boghead d'Autun contient comme corps accidentels secondaires, des spores, du pollen, de menus débris humifiés. 55. — Les échantillons que j'ai présentés montrent le boghead de la grande couche d'Autun, mais ils font voir de plus une série de faits secondaires très instructifs pour la genèse des charbons, L'un d'eux, l'échantillon 585, nous montre au milieu du boghead une mince lame de charbon brillant, craquelée provenant d'im morceau de bois humifié qui a fortement condensé le bitume. Un autre échantillon n" 592 fait voir un coprolithe de reptile au milieu du boghead. Le coprolithe est conservé dans tous ses détails. Il n'a pas altéré les algues placées dans son voisinage immédiat. Il a fortement condensé le bitume. — La comparaison de ces premiers échantillons nous apprend que les divers corps, suivant leur nature^ gélose, bois liumifié, coproliUie, gelée brune, donnent des charbons de qualités difféi^entes. Certains d'entre eux, comme le bois humifié, les coproUthes, étaient plus particulièrement aptes à se charger de bitume. 54 — L'échantillon 515 montre un morceau de bois enfermé dans le boghead. Le centre du bois qui était pourri a été silicifîé. La région moyenne qui était movennemcnt humifiée est transformée en charbon bril- tant craquelé. La périphérie du morceau de bois, plus avancée dans sa transformation humicjuc, a donné du fusain. Un même tissu végétal, comme le bois, suivant le mode d'altération de ses parois cellulaires, et suivant le degré de cette altération a donné des charbons diffé- 46 SOGIliTÉ «ELGE UE MIChOSCOPlE. rcuts. par suite de la variation de sa capacité d'absorption et de rétention du bitume. — Dans ce milieu nous voyons se produire d'une façon régulière et normale les divers types de charbons que nous trouvons associés dans les houilles. La houillification était donc un fait normal et régulier dans ce milieu. 55. — Le boghead d'Autun présente d'autres nodules silicieux. La masse du boghead, encore à l'état de gelée, s'est fendillée verticalement, surtout dans sa région supérieure. Par suite d'une modification qui s'est pro- duite de chaque côté de ces fissures, la silice s'est loca- lisée dans ces régions du boghead et la matière silicifiée a pour ainsi dire échappé au retrait. Dans ces régions les thalles du Pila se montrent non contractés, disséqués même, présentant leurs masses protoplasmiques à nu, libérées de leur enveloppe de gélose. En comparant les thalles du boghead à ces thalles silicifiés il est possible d'évaluer la contraction que la masse végétale a subie pour donner le boghead. Cette contraction est de 2,6 en hauteur et de 1,6 horizontalement. Bien que le volume soit ainsi rendu sept fois plus petit, l'algue contractée était incapable de donner la totalité de la matière hydro- carbonée que représente le boghead d'Autun (1). L'injec- tion bitumineuse tardive, que Ton voit mise en évidence avec une netteté particulière dans les nodules silicifiés, rend compte de l'appoint de matière hydrocarbonée. — L'échantillon 595 montre deux de ces nodules silicifiés l'un est en plein boghead, l'autre émerge à la partie supé- rieure du boghead. Ils ont agi à la manière de corps durs pendant que les parties charbonneuses et schis- (1) Une algue gélatineuse en; boules, le Gleolrichin nalans conlicnt 1,6 de matière sèche pour 100 parlies de planics vivantes. MEMOIRES. 47 tcuses voisines se contractaient. On remarquera que les fentes primitiNcs auxquelles correspondent ces nodules sont ici parallèles. C'est par milliers qu'on trouve des nodules siliceux de cette sorte aux puits de Margenne et des Télols. 56. — La grande couche du boghead d'Autun s'arrête brusquement comme celle du Kérosène sliale d'Hartley, En un dixième de millimètre, on passe du boghead au schiste organique qui le recouvre. On retrouve dans ce schiste organique la gelée brune du boghead, ses divers organites, pollen, spores, thalles de Pila, les mêmes menus débris flottés, les mêmes copro- litlies. On y retrouve les mêmes incidents secondaires : bois transformé en charbon brillant craquelé, fusains, bois silicifiés, fractures diverses de la trame organique du schiste dont les bords sont silicifiés avec poches à bitume. C'est ce que montrent les échantillons n° 457 bois silicifié, n° 512 bois fusinifié, n" Gl 4 bois à la fois silicifié, fusinifié et transformé en charbon brillant, n°511, fracture du schiste à bords silicifiés avec poches pleines de bitume, — Les conditions de formation du dépôt n'ont donc éprouvé qu'une seule modification quand on passe du boghead au schiste qui le recouvre : les Pilas sont moins abondants lors de la formation du schiste organique. Tous les phénomènes de houillifieation per- sistent cependant réguliers et normaux. 57. — Le schiste organique supérieur au boghead contient des lenticules de boghead de tailles très varia- bles qui sont toujours dus à des accumulations de Pilas. C'est donc bien la gélose de la paroi cellulaire des Pilas qui est la matière indispensable pour donner le charbon d'algues. Échantillon i29 et 458. xxn 2 18 SOCIÉTÉ BELGE OE MICllOSCOPIE. 58. — La grande couche de bogliead d'Autun repose sur un schiste organique analogue à celui qui forme son toit. La base de la grande couche est constituée comme celle du moindre lenticule de boghead contenu dans les schistes supérieurs. Les schistes du mur sont riches en Protritons et en reste animaux dont chacun, coprolithe os ou écaille, a donné sa petite masse charbonneuse. Les cartilages, les écailles sont à l'état de corps jaunes, les coprolithes sont fortement bituminisés. Ce mur contient aussi des coquilles d'Ostracodes et des carapaces de Nectotelson. 59. — L'existence de Pila antérieurement à la grande couche de boghead est établie par sa constatation dans des couches schisteuses plus anciennes delà même formation. 40. — Les observations ci-dessus conduisent aux conclusions suivantes : a) Les conditions de la formation des boghaed ne sont pas autres que celles de la formation des schistes organiques. b) La production d'une couche de boghead n'est qu'un incident au cours d'une formation schisteuse. Elle cor- respond à une plus grande abondance des fleurs d'eau. En quelques belles journées celles-ci ont formé dans la nappe d'eau une épaisse couche végétale. Lorsque celle- ci est descendue sur le fond, elle a apporté, dans un temps très court, une quantité de gélose suflisante pour prédominer sur toutes les autres matières organiques et pour donner un charbon dont les caractères sont très particuliers. c) La production de charl)on brillant craquelé, de fusain et des autres variétés secondaires de charbon est normale dans ce milieu. Elle dépend de la nature des à MÉMOIKES. 49 corps enfouis et dejeur état d'altération. Elle dépend aussi du bitume imprégnant. Les corps moyennement humiliés ont fortement condensé le bituilie et donné du charbon brillant craquelé. Les tissus végétaux plus forte- ment humifiés n'ont pas retenu le bitume et sont à l'état de fusains. ]a's tissus pourris, non humiliés ont provo- qué la localisation de la silice. Dans les corps gélosiques le bitume a teinté les protoplastes par diffusion, la gélose transformée en corps jaunes est devenue substratum de carbures d'hydrogène très éclairants. — Dans les exem- ples, étudiés jusqu'ici, il s'agit de bitumes moyennement condensés qui ont pénétré tardivement dans la masse. 4L — L'énoncé de ces résultats me paraît montrer de quelle manière nous devrons interroger les charbons complexes lorsque nous voudrons connaître leur struc- ture pour en déduire les conditions de leur genèse. 42. — A la suite du boghead d'Autun, j'ai exposé un spécimen des schistes bitumineux d'Igornay. Ce sont des schistes organiques formés identiquement comme les schistes bitumineux du boghead d'Autun. Malgré l'épais- seur des dépôts intercalés entre les deux assises, les Pilas existent déjà dans les schistes d'Igornay. Il y a aussi des cropolithes transformés en charbon et en phosphates. Dans ces coprolithes nous avons trouvé, M. Renault et moi, des Bactéries et des Mucédinées. La conservation des bactéries est donc possible et courante. L'échantillon n° 48G montre le schiste d'Igornay. 550 est un coprolilhe avec Bacillus permieusisyool eslmi copro- litheavec mycélium et conidies du Mucediles slercorarius. 20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. V[ 45. — Je n'ai pas encore publié la monographie de la Torbanite d'Ecosse. Cependant il m'est possible de dire qu'elle résulte, elle aussi, de l'accumulation des thalles de Pila dans une gelée brune. Les Pilas forment les 0,850 du volume de ce boi'head. Le Pila d'Ecosse diffère peu de celui d'Autun bien qu'il soit beaucoup plus ancien. La Torbanite contient des spores et des traces de Bretonia. Les menus débris humifiés y sont abondan'ts. Le bitume qui a imprégné la masse a pénétré tardive- ment, il est plus condensé que celui d'Autun. La Torba- nite est encore un charbon d'algues qui s'est formé comme le boghead d'Autun et le Kérosène shale. — Fait très important pour notre sujet, la Torbanite est régu- lièrement liée à des schistes iiouillers, à des lits de houille et de minerai de fer. J'ai exposé deux échan- tillons de boghead d'Ecosse, l'un provient de Torbane Hill, l'autre de Hardillpits. 44. — Les neuf échantillons qui suivent présentent une autre catégorie de charbons les Cannels Coals. Ces charbons contiennent encore des algues, bien souvent les thalles y sont très nombreux, mais la matière gélo- sique n'y a plus la prédominance. Ces cannels sont extrêmement répandus. Ceux que j'ai exposés provien- nent de pays très diff'érents : d'Ecosse n"' 5:22, 5i2, 449, 445, de Lancashire n" 477, du Kentucky n° 657 et 087, de Westphalie n" 250, du Pas-de-Calais n" 258. Je regrette de n'avoir pu y joindre des échantillons venant à I MÉMOIRES. 21 (le Mons, les coupes ont t^bsorbé tout le matériel dont j'ai pu disposer. 45. — Tous ces cannels contiennent des thalles d'une algue gélosique empilés dans une gelée brune. Il s'agit d'une algue libre et flottante, en sphère creuse dont nous avons fait, M. Renault et moi, le genre Tliijlax. Je crois que c'est la même espèce, le TInjlax bvilanni- cus, qui se retrouve dans les divers cannels coals que j'ai exposés. Jusqu'ici, je n'ai pu relever de différences suffi- santes entre les algues de ces charbons pour y distinguer plusieurs espèces. Chez Thijlax le développement de la matière gélosique est moins grand que chez lleinscliia et chez Pila. 46. — Dans les cannels, trois matières jouent un rôle prépondérant : la gelée brune, les menus débris humiliés et le bitume, ce dernier étant retenu par les menus débris. Nous sommes à la limite de deux classes de charbons, les charbons humiques et les char- bons de menus débris. Le bitume de ces cannels est plus condensé et plus coloré que celui du Kérosène shale. Tous ces cannels sont très noirs. L'intensité de leur coloration est telle qu'il devient très difficile d'amincir suffisamment les coupes minces et de leur donner la transparence nécessaire pour les étudier. De plus, par suite de leur contraction plus forte ces charbons sont coupés par de nombreuses fentes de retrait. — La pré- sence de nombreuses algues, à travers toute la masse, nous apprend que la gélose de ces corps s'y conservait à l'état de corps jaunes comme dans le boghead. Elle nous apprend encore que les cannels coals se sont formés comme les charbons d'algues, à cela près, (jue les matières organiques, accumulées pour les produire, sont 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. d'une autre nature. Ici nous avons une gelée fondamen- tale plus abondante, une plus grande quantité de menus débris, quelaues algues pélagiques, enfin plus ou moins tardivement une large intervention de matières bitumi- neuses. 47. — Les cannels coals sont très intimement liés aux houilles. 11 est fréquent de rencontrer un lit de cannel coal dans une couche de houille. Inversement on voit des filets de houille et des amas de houille dans un lit de cannel coal. L'échantillon 445 fait voir un cannel- coal à Tliijlax, se continuant par un lit de houille. Dans le n" 419, des filets de houille régulièrement stratifiés, sont enfermés dans du cannel coal. — Le mélange de ces deux classes de charbons nous apprend que les condi- tions de la genèse des houilles diffèrent peu de celles de la genèse des canels coals. VII 48. — Je ne dirai qu'un mot des charbons de spoi^es. Le grand naturaliste Huxley a cru pouvoir conclure des études de M. T. E. Newton sur la Tasmanile et sur le Better Bcd, de Bradford, que certains charbons sont dus à des empilements de macrosporcs dans du bitume. On peut prévoir théoriquement une telle origine. D'autre part nous avons vu que le pollen et les spores intervien- nent dans la formation des charbons d'algues. C'est souvent' pour une part bien faible de 0,001 à 0,005. Dans le schiste bitumineux de l'Allier, dont je parlerai plus loin, certains filets sont si riches en pollen et en spores qu'ils mériteraient l'appellation de charbons de pollen, charbons de spores, charbons sporopolliniqnes; MEMOIRES. 23 mais dans ces charbons il y a une gelée brune fondamen- tale qui agglutine les spores dont riiypollièse de Huxley ne tient pas compte. — La structure des.organites for- mateurs de la Tasmanite et du Botter Bed n'est pas encore complètement élucidée. Il conviendra de s'adresser à des exemples où ces corps sont mieux conservés comme le charbon de la veine Marquin d'Hardinghen. Mais quelles que soient les hésitations qu'on ait sur les affi- nités de cet organite, comme on le voit très fréquemment mêlé avec les algues des cannels coals et avec celles des bogheads, sa présence nous dit que les charbons regardés par Huxley comme des charbons de spores se sont pro- duits dans des conditions de genèse bien peu différentes de celles des bogheads. 49. — Ces charbons dits de spores sont encore plus intimement mêlés aux houilles ordinaires que les can- nels coals. Cela ressort avec évidence des échantillons 499 et 498 où on voit la houille et le charbon de (spores ?) mêlés dans toute la hauteur des morceaux. Le premier est un spécimen du Better Bed de Bradford. Le second provient de la veine Jausq nette exploitée à la fosse la Sentinelle de Boussu. Je le dois à la bienveillance de M. le docteur Gilbert de Bruxelles. Le charbon de (spores ?) de la veine Jausquette est identique à celui du Better Bed. 50. — Je connais ces mêmes organites à Carvin et à Hardinghen dans le Pas-de-Calais, dans les charbons du Kentucky. Il est donc fréquemment représenté, son aire d'extension est aussi considérable que celle des Thylax avec lesquels il est très souvent mêlé. 51. — Dans le Better Bed et dans le charbon de (spores?) de la veine Jausquette, la gelée fondamentale. 24 SOCIETE BELGE DE MICIIOSCOPIE. les iDenus débris liuinifiés interviennent pour une part aussi importante que dans les cannels coals, à part l'organite dominant, ces charbons se sont formés comme les cannels à Thylax. 52. — Toutefois pour montrer que l'hypothèse de Huxley, même dans la forme qu'il lui a donnée peut réa- liser un charbon, j'ai présenté sous le n" 580 un échan- tillon de S/9o?'ife de la Réunion. C'est une terre qui forme le sol de la Grotte du Piton des Roches. Sur une profondeur de 0™60 environ le sol est formé de spores de Cyathéacées et de Mucorinées. Qu'un peu de bitume traverse une pareille masse, il sera partiellement retenu et on aurait une roche charbonneuse. Après expérience j'ajoute que pour laisser les spores facilement visibles comme le sont les corps jaunes du Retter Red, l'addition de bitume devrait être extrêmement faible. Des organites comme les spores de Mucorinées noyées dans du bitume très dilué échappent complètement à l'observation. YIII 55. — Les échantillons qui viennent ensuite sont des débris de taille; ce qui m'est resté des spécimens où j'ai prélevé mes préparations microscopiques. Malgré leur apparence j'ai tenu à les exposer, parce qu'ils pré- sentent un très grand intérêt pour la genèse des char- bons. Ils nous apportent une notion nouvelle celle de charbons produits par des accuuiulatiuns de gelée Inimiijiie. Ils résultent de la précipitation de la gelée brune fondamentale. Ce sont les charbons les plus sim- ples qui se puissent produire au cours d'une formation schisteuse. Ils relient entre eux, d'une part les schistes MKMOIUES. organiques avec les charbons organiques, et d'autre part, les divers types de charbons organiques entre eux. — Ces Charbons liumiqucs devant faire l'objet d'une confé- rence que je donnerai à la Société belge de Géologie au mois d'octobre prochain, je me limiterai, dans la pré- sente communication, à quelques indications très som- maires sur ce sujet. 54. — Le type des charbons humiques est le Brown Oilshale de la région de Broxburn à l'ouest de Bathgate (Ecosse). Le Brown Oilshale (échantillon n° 515) est uni- quement formé par une accumulation de gelée brune amorphe. Ce charbon est pauvre en débris animaux. On ne peut donc attribuer à sa gelée brune une origine animale. D'autre part, au contraire, les matières véij;é- lales y sont toujours représentées sous les trois états de menus débris humifiés, de poussières végétales récem- ment mortes et d'algues. Dans ces conditions je pense qu'il faut se borner à voir dans la gelée brune abandon- née par les eaux génératrices une matière humique. Cette matière est semblable à la gelée brune qui forme la trame des schistes organiques, elle est chargée des mêmes corps bactériformes. Je ne puis me prononcer encore sur la nature de ces corps bactérioïdes, inclusions ou restes d'organismes figurés? Je constate leur présence constante dans la gelée brune alors qu'ils manquent dans le bitume. Si l'on réussit à établir que ces corps minus- cules ne sont point de simples figures pseudoorga- niques, mais qu'à chacun d'eux correspond un substra- tum organisé comme une cellule bactérienne, il en résulterait probablement que la gelée brune serait due à l'activité de ces microorganismes. Une fois de plus on aurait un exemple de l'intervention des organismes infé- 26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. rieurs dans la genèse des roches sédimentaires. Ce résultat imposerait certainement l'obligation de reprendre l'étude de la genèse des calcaires et des argiles qui ren- ferment des inclusions analogues. Devant des consé- quences si importantes je crois qu'une très grande réserve m'est imposée. — Par rapport à ce qu'on voit dans les autres charbons, la gelée du Brown Oilshale est très peu chargée en bactérioïdes. 55. — La gelée fondamentale du charbon de Brox- burn est différenciée en zones inégalement chargées de bactérioïdes. Les zones pauvres sont jaune d'or ou orangées. Les zones riches sont rousses. — L'ensem- ble des corps accidentels qu'elle contient ne forme pas 0,001 du volume total du charbon. Ce sont des spores, des menus débris, il y a même quelques thalles d'une algue gélatineuse libre. Tous ces corps sont très bien conservés. Les matières cellulosiques non humitiées et la gélose sont à l'état de corps jaunes comme dans le boghead ; les menus débris, convenablement humiliés ont condensé le bitume. On retrouve ici tous les phéno- mènes de houillification qui accompagnent la formation des boc;heads. F) 56. — La gelée brune du Brown Oilshale a fait prise comme de la ijjélatine. Sa consistance était celle d'une solution aqueuse de gélose à 6 ou 7 pour mille. Lors de son premier retrait cette gelée s'est contractée massive- ment, puis elle a cédé en se coupant par de grandes fentes. Les objets qu'elle contenait taisaient corps avec elle car ils sont coupés par ces fissures. Les morceaux de la gelée se sont déplacés en glissant les uns sur les autres. On voit des fragments plies une ou deux fois. La matière était encore |)ai'faitement plastique au moment MÉMOIRES. 27 de ces glissements. Sur une coupe verticale de 2 à 5 cen- timètres carrés, on peut trouver tous les accidents d'un système de couches stratifiées . 57. — Le Brown Oilsliale a été pénétré tardivement par un bitume très clair. Ce bitume s'est répandu dans la masse par une sorte de diffusion générale. 58. — La charge du Brown Oilshale, en matières minérales tardivement individualisées, est très forte, 67,18 p. 100 (I), je range cependant ce schiste bitumi- neux dans les charbons parce la matière organique y joue un rôle prépondérant et dirige toutes les manifes- tations de la matière minérale. 59. — Le schiste bitumineux tertiaire de la gorge du Bois d'Asson (ii) est un second exemple de charbon humique. (Échantillon 452). — Cette roche est essen- tiellement formée de gelée brune. Les algues pélagiques et le pollen sont toutefois beaucoup plus abondants que dans le Brown Oilshale. Pour la première fois nous trouvons dans un charbon de nombreuses diatomées et des spicules d'épongés. Les Diatomées sont des espèces d'eau douce. — L'intervention du bitume est particu- lièrement hâtive. Le bitume est individualisé en goutte- lettes, en masses affaissées et en lames minces. Il inter- vient pour une proportion sensible dans ce charbon. 60. — La gelée fondamentale du schiste du Bois d'Asson a fait prise comme celle du Brown Oilshale, mais étant moins consistante, elle a commencé à se déchirer en réseau lors de sa première contraction. 61. — Dans le bogliead crétacé de Ceara (échantillon (1) Analyse de M. le professeur A. Buisine, de Lille. (:2) Le Uois d'Asson se trouve dans la vallée de la Largue, à l'est du village de S'^'-.Mainie, départemcnl des liasses-Alpes. 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOME. n" 575) nous avons encore un exemple de cliarbon liumique (1). Ce charbon brésilien ne mérite par l'appel- lation deboghcad qui lui est donnée à cause de son aspect macroscopique. Ce n'est pas, en effet, un cliarbon gélo- sique. Il ne contient pas du tout de gélose. Mais, fait très intéressant, il montre qu'un charbon humique prend le faciès macroscopiquedes charbons commerciaux lorsque la charge de la roche en matières minérales tardives s'abaisse un peu. Le charbon deCeara contient encore 40,65 p. 100 de matières minérales. Il est vrai qu'on devrait enlever de ce nombre 22,40 de calcite de formation particulière- ment tardive qui n'est pas incorporée à la masse. 02. — Le charbon de Ceara est uniquement formé de gelée brune humique consistante. En quelques points cette gelée s'est coupée comme celle du Brown Oilshale et des déplacements se sont produits. Les corps acciden- tels y sont rares. Ce sont des spores de cryptogames yas- culaires, des grains de pollen à cellules groupées en tétrades comme ceux des Rhododendrons, de menus débris humifiés, plus deux autres catégories de corps qui méritent de fixer spécialement notre attention. Les uns sont des fragments de mycélium et des spores de Mucédinées, les autres sont des coquilles d'Ostracodes. Les coquilles sont couplées par deux. Elles se sont effon- drées pendant le retrait de la roche solidifiée. 63. — La présence d'une Mucédinée indique une eau génératrice très riche en matières organiques et un calme absolu. Fait très l'cmarquable dans un tel milieu où les •organismes inférieurs ont dû pulluler, les corps bactéri- formes sont très peu abondants. (I) Cet échanlillon me vienl de M. l'ingénieur Bayle, par l'inlermé- diaire de M. B. Reuauli. MÉMOIHKS. 29 Gi. — Bien qu'il s'agisse d'Ostracodes qui ont flotté après leur mort, puisque les coquilles sont vides; comme ces coquilles sont couplées elles ne peuvent venir de loin. Des Cypris ont donc vécu dans les eaux génératrices du charbon de Ceara, Mais les Cypris recherchent des eaux chargées de débris organiques et surtout de débris d'ori- gine animale. On les voit pulluler en été dans les mares de certains villages, là où les fosses à purin sont mal tenues ou n'existent pas. A chaquegrande pluie, le liquide des fumiers vient polluer l'eau des abi'euvoirs. Dans ce milieu les Cypris deviennent si nombreux qu'ils colorent l'eau en rouge sang. 05. — Le bitume a pénétré tardivement dans le charbon de Ceara. Il s'y est répandu par une sorte de diffusion générale. Ce bitume est peu condensé. 6G. — Les trois charbons humiques que je viens de décrire, nous montrent que des temps carbonifères à l'époque oligocène, la formation des roches charbonneuses par accumulation de la gelée brune fondamentale des schistes organiques est un phénomène régulier qui s'est reproduit avec les mêmes caractères essentiels. La notion de charbon humique n'est donc pas un fait exceptionnel; elle répond à une classe de charbons très intéressants parce que les organismes figurés, à l'exception peut-être des bactéries, n'interviennent qu'accessoirement dans leur masse. Lorsque les conditions ont été favorables, comme dans le système lacustre du Bois d'Asson, ces charbons humiques peuvent avoir plusieurs couches suc- cessives dont l'ensemble forme une notable épaisseur. En général ces charbons humicpies ont l'aspect de schistes parce que leur charge en matières minérales tardives est très forte, Lorsque cette charge s'abaisse comme dans la 30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. roche de Ceara, celle-ci prend une cassure vitreuse sati- née, analogue à celle des bogheads. — Le Brown Oils- hale réalise le charbon humique type. Le schiste du Bois d'Asson montre la liaison des charbons humiques avec les charbons d'algues. Le charbon de Ceara, par ses Mucédinées et ses Ostracodes, nous a appris que des matières animales pouvaient s'ajouter en quantité notable à la gelée brune (1). IX 67. — [1 suffit d'accentuer la caractéristique spéciale du charbon de Ceara pour réaliser un type de roche charbonneuse qui va s'écarter beaucoup des charbons humiques et nous permettre de passer aux charbons animaux. Je fais allusion en ce moment aux charbons de purins. — Pour donner une idée de ces charbons, de purins j'ai exposé un échantillon du schiste bitumineux de Buxière (2), pris dans le banc, dit des Tètes de chats n° 458. Comme compléments j'y ai joint : un morceau du schiste à Ostracodes qui forme le haut de la Grosse- conche, n" 782 et un spécimen du schiste grossier à végétaux qui fait suite à ce schiste à Ostracodes, (échan- tillon n" 778). — Le schiste bitumineux de Buxière est de l'époque permienne. 08. — Le schiste des Têtes de chats doit être consi- (1) L'Industrie dislingue les charbons humiques par un nom spécial comme elle dislingue les bogheads el les canneLs. Elle les ai)pelle du schiste opposant ce\schiste qu'elle sait pouvoirdistiller avantageusement aux roches schisteuses stériles ciu'elle désigne toujours en employant le pluriel les schistes. De même que l'Industrie réunit souvent les canuels aux bogheads, elle ne distingue pas nettement les charbons de purins des charbons humiques. (2) Buxiôre-les-Mines, département de l'Allier. MÉMOIHES. 31 déré comme un charbon parce que la matière organique y joue encore un rôle prédominant, mais celte prédomi- nance est faible, sa charge en matières minérales est considérable, on est près de cette limite où la roche cesse d'être un charbon pour devenir un schiste organique, dans lequel la matière organique joue un rôle très impor- tant. 69. — Le schiste des Têtes de chats est une accumu- lation de gelée brune imprégnée de produits stercoraiix et fortement chargée de corps accidentels. Au premier rang de ceux-ci sont, en effet, des coprolilhes de reptiles ichlYophages, les uns entiers, les autres |>lus ou moins complètement éparpillés. Ces coprolithcs ne sont pas encore assez nombreux pour dominer sur tout le reste et pour donner un charbon de croprolit/ies, mais ils sont assez abondants et tellement répartis à travers toute la masse que la gelée brune contient forcément dans toutes ses parties des produits stercoraux. Ce n'est plus la gelée humique pure du Brown Oilshale ou du schiste du Bois d'Asson, c'est une gelée brune imprégnée de matières stercoraires et contenant des masses de charbon copro- lithi(jue; chaque coprolithe entier, iniprégné de bitume ayant fourni un nodule massif de cette sorte de charbon. 70. — La gelée brune du schiste de Buxière est for- tement colorée, elle a retenu beaucoup de bitume. Elle est très chargée de corps bactériformes. Outre les copro- lilhes et les écailles libres qui en sont tombées elle con- tient des spores de Cryptogames vasculaires et une très grande quantité de pollen, en moyenne :27:Î00 grains par millimètre cube, et dans certains filets jusqu'à 540000 (1) Je dois les premiers échaniillons de schistes de Buxière que j'ai éludiés à mon exccUenl ami M. Heiiault. 32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICItOSCOPIE. grains. Les pluies de soufre étaient si abondantes que l'eau génératrice était rendue laiteuse. Il y a de plus une quantité considérable de menus débris huuiifiés. A priori un tel milieu devait contenir une foule d'organismes infé- rieurs. Malgré une étude spéciale de la gelée brune à ce point de vue je n'ai pu y reconnaître qu'un seul être qui rappelle les Bactéries, leZoogleïtes elaverensis. C'est une masse de gelée avec de très petites cellules sphériques d'où un aspect de Zooglée, la gelée de cet organisme diffère de la gélose des algues ordinaires. Elle n'est pas comme celle-ci à l'état de corps jaunes. Zooglcitcs n'a vécu que dans les purins les plus concentrés. 71. — Les coprolithes entiers ont été conservés dans leurs moindres détails comme s'ils avaient été saisis par un liquide fixateur. On y voit les bols alimentaires fixés par le mucus intestinal et clans ce mucus les bacilles qui y ont vécu. La cellule bactérienne est colorée dans toute sa masse, protoplasme et paroi propre. Certaines écailles des mêmes coprolitbes présentent le Micrococcus lepido- pliarjus B. /». dans les fins canalicules qui prolongent les cellules osseuses. 72. — Un bitume tardif, plus condensé a imprégné toute la masse. 75. — Il y a plusieurs couches de ce charbon de purin à Buxière. Le schiste à Ostracodes qui termine certaines de ces couches n'en diffère que par les carac- tères suivants : 1" La matière minérale tardivement individualisée est beaucoup plus abondante ; 2" les copro- lithes sont moins nombreux; 5" la gelée brune est plus finement déchirée; 4" Zooglcitcs elaverensis n'existe plus; 5° il y a des coquilles d'Ostracodes afïaissés par le retrait. Chaque fois que la matière semble ainsi se diluer, MÉMOIKES. 33 les Ostracodes apparaissent. — Le schiste grossier nous montre qu'il s'ajoutait parfois des fragments végétaux humifiés plus volumineux qui ont fortement condensé le bitume et se sont transformés en cliarhon brillant cra- quelé. "4. — Les derniers échantillons que j'ai exposés pro- viennent d'un même gisement, la fosse la Glaneuse à Hardinghen (1). Ils ont pour but de donner une pre- mière idée de la matière génératrice des houilles ordi- naires. 75. — Les éléments dominants des houilles ordinaires sont : une gelée brune fondamentale, des corps jaunes de natures diverses, des fragments et des corps végétaux humiliés qui ont donné, selon leur degré d'humificalion, du charbon brillant, des plaquettes de fusain, etc.; enfin des matières bitumineuses plus ou moins conden- sées et par suite plus ou moins colorées. 76. — Nous avons rencontré tous ces corps dans les charbons que j'ai décrits et dans les schistes organiques qui les accompagnent. Comme ces charbons et ces schistes peuvent se trouver intercalés entre les couches de houille ou mêlés à la houille, les conditions de la genèse des houilles ordinaires ne peuvent différer de celles de ces charbons spéciaux que par la nature des matières organiques dominantes dans l'accumulation et par le bitume qui les imprègne. 77. — L'échantillon 153 présente la houille de la veine Marquise d'Hardinghen. Elle a tous les caractères (I) Pas-de-Calais. xxu 3 34 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. d'une bouille ordinaire. Cette veine Marquise est com- prise entre un banc de cannel coal ricbe en algues (écbant. 795) et un boghead à pseudospores identiques à l'organite du Better Bed et de la veine Jausquette de Boussu (écbant. 792). Le cannel coal est placé au-dessous de la veine Marquise, sa présence annonce l'approcbe du fond du bassin. Le cbarbon à pseudospores est un lit d'une certaine veine de bouille dite Marquin située au- dessus de la veine Marquise. Entre le cannel coal et le cbarbon à pseudospores il n'y a pas d'accident notable. 78. — Les éléments constituants de la veine Marquise sont ceux que j'ai cités au n" 75; quant à leur degré de conservation, il est donné par ce fait qu'il m'a été possible de constater dans les cellules qui bordent un canal gommeux les masses protoplasmiques sécrétantes et leurs noyaux, La gomme de ces canaux avait donné des corps jaunes. 79. — Comme beaucoup d'autres veines de cbarbon, la veine Marquise contient des nodules. Les objets végé- taux qui sont enfermés dans ces nodules écbappent au retrait et à la condensation bitumineuse. — Les nodules de la veine Marquise sont très variés et cbaque espèce de nodule se rapporte à une catégorie déterminée de corps végétaux. Il y a là un remarquable exemple de localisa- tion élective des matières minérales. Celte localisation s'est faite dans des gelées végétales résultant de la pour- riture de corps variés, mais un même corps a toujours attiré la même matière minérale et nous la présente cris- tallisée au même état; ainsi les plaques de liège de Lcpi- (Icndron sont toujours minéralisées par du carbonate de calcium, tandis que les tronçons de Stigmcwia mêlés aux plaques de liège sont toujours en sidérose dense. Les MÉMOIRES. 3o tronçons de Stigmaria nous donnent une idée très pré- cise du degré de pourriture atteint par ces corps lorsqu'ils ont été saisis par la fixation. Leur masse libéro-ligneuse plus dense se retrouve effondrée sur leur face inférieure. Le Stigmaria pourri s'est affaissé sous son poids mais il ne présente pas le plus léger indice de compression. 80. — 11 n'y a point contradiction entre ces gelées qui dénotent des corps pourris et les cellules glandulaires dont le protoplasme et le noyau ont été fixés. La gelée des Stigmarias pourris n'est pas sortie de ces organes. Elle n'a pas fusé entre les corps voisins; elle a été fixée comme le protoplasme des éléments sécréteurs. 81. — Parmi les nodules de la veine Marquise, les plus fréquents sont de grandes plaques de liège de Lepi- (lodendron minéralisées par du carbonate de chaux. Ces plaques de liège étaient pourries. Cela résulte de cette constatation que les filets d'épaississement des parois cellulaires y sont libérés et indépendants. La consistance de ces plaques lorsqu'elles se sont posées sur le fond devait être celle d'une solution aqueuse de gélose à 5 pour mille. Ces plaques sont isolées, couplées ou croisées de toutes les manières. (Échantillons 140, 141, 757.) Elles sont moulées sur les corps qu'elles recouvrent ou qui s'appuient sur elles. Ce sont des lames pourries, flottantes, qui sont venues se poser les unes contre les autres au milieu de la gelée brune exactement comme les thalles des charbons d'algues. Parfois ces plaques ont ainsi enfermé entre elles la matière du dépôt qui les entourait comme le montrent les larges zones brunes comprises entre les bandes subéreuses des échan- tillons 191 et 757. 8^. — Abritée dans ces chambres par les plaques 36 SOCIÉTÉ BELGE DE 5IICR0SC0P1E. subéreuses et partiellement imprégnées de leur gelée, la matière génératrice de la houille a subi un commence- ment de minéralisation qui lui a permis de résister au retrait et à l'imprégnation bitumineuse, c'est dans ces régions qu'il faut étudier la matière génératrice des houilles. Elle s'y montre formée de la gelée brune des schistes organiques, de nombreux débris végétaux qui dénotent un flottage. Ceux-ci sont à tous les états d'hu- mification et de pourriture, rendant possible la formation de charbon brillant, de fusain et de nodules. Il y a encore des corps jaunes variés dont la détermination est la grosse difficulté du problème des houilles. Enfin il y a des infiltrations bitumineuses. Le degré de condensa- tion de ces matières bitumineuses donne au charbon son caractère de charbon gras ou de charbon anthracitique. 85. — Cette esquisse d'une houille dessinée à très grands traits vous donne une première idée de ce que sont les charbons complexes. Elle vous montre aussi comment la connaissance précise des charbons simples nous amène peu à peu à la lecture des charbons complexes. NOTES DU immm m biologii aiijlmt DE L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES II i NOTES DU LABORATOIRE DE BIOLOGIE AMBULANT DE L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES (i) EXPÉDITION A SAMSON (2) J'ai profité avec M. Massart des vacances de Pâques pour faire un nouvel essai de laboratoire ambulant comme nous l'avions fait précédemment en Campine, et nous nous sommes rendus du 15 au 25 avril à Samson dans la vallée de la Meuse. Nous étions accompagnés de MM. Nypels et Van Rysselberghe, docteurs en sciences botaniques et de MM. Ensch et Querton, étudiants. Notre installation s'est faite avec la plus grande faci- lité : nous disposions d'un local très vaste et très con- fortable, et nous avons pu faire une ample moisson d'observations. Samson est situé dans la région calcareuse,si riche en végétaux et animaux particuliers, pour lesquels la nature du sol et la douceur relative du climat constituent des conditions toutes spéciales. D'énormes rochers de calcaire carbonifère s'y dressent au bord de laMeuse,et leur som- met constitue un plateau abandonné des hommes où la (1) Voir : A)inales de La Soc. belge de Microscopie (Mémoires), t. XXI, 1897, |). 55. (2) Voir : Revue de L'Université de Bruxelles, II, juillet 1879. 40 SOCIKTfi BELf.E DE MICROSCOPIE. nature s'épanouit en toute liberté. C'est là que nous dirigeâmes surtout nos explorations : M. Massart s'est livré principalement à la recherche des Lichens, des Mousses et des Hépatiques; je me suis appliqué à étudier les animaux qui se trouvaient sous les pierres et j'ai dressé la liste des espèces des quelques groupes sur lesquels mon attention s'est particulièrement portée. Les fourmis nous occupèrent beaucoup; elles se dévelop- paient à l'aise dans cette localité peu accessible, et nous pûmes facilement observer un certain nombre de leurs hôtes que l'on ne voit piesque jamais dans les environs de Bruxelles. Une excursion que nous fîmes dans les bois de la Basse-Marlagne, près de Namur, nous apporta aussi quelques documents très intéressants. DOCUMENTS POUR LA FAUNE DE BELGIQUE Par AuG. LAMEERE ' MYRIOPODES OBSERVÉS A SAMSON Scolopemirella immaculata Newp. — Commun sous les pierres dans les endroits herbeux; je n'ai observé que celte espèce; S. tiivca Scop. est la seule que l'on cite comme trouvée dans les Pays-Bas et S.notacanllia Gerv. la seule indiquée du Nord de la France. Polijxenus Inguriis Linn. — Commun sous la mousse contre les murailles. Glomeris limbala Latr. — Dans les endroits herbeux, sous les pierres, très commun. Outre les exemplaires normaux de l'espèce, j'ai rencontré quelques individus de deux variétés. L'une offre six rangées de taches jaunâ- tres séparées par des espaces noirs sur le corps : elle est tout à fait conforme aux individus du Musée d'His- toire naturelle de Belgique que M. Preudhouime de Borre dans sa Note sur les Glomérides de Belgique (Ann. Soc. Enlom. Belg., XYIII, 1884, p. xi) rap- porte à Glomeris liexasticha Brandt, et à première vue l'on serait évidemment tenté d'en faire une espèce par- ticulière. Mais en les examinant attentivement l'on s'aperçoit qu'il s'agit siuipleuient de l'exagération de la tixalion définitive d'un caractère que possède le Glomeris limbata immature, au moment où il vient de muer : des taches jaunàtr-es sont à ce moment très distinctes à la 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. limite des segments (;t ce n'est que plus tard que la coloration noire envahit le dos entier. Il suffit d'une extension moindre du pigment pour produire la variété. Cela veut-il dire que ces exemplaires soient réellement le Glomeris liexasticha Brandt et que ce dernier ne soit par conséquent pas une espèce valable? Je l'ignore, n'ayant pas à ma disposition des matériaux suffisants : mes individus anormaux semblent cependant bien répon- dre à la description que donne Latzel [Die Mijriopoilcn der Ocsterreicliiscli-lJngarisclier Monarchie) du Glo- meris liexasliclia, espèce qui remplace en Autriche le vulgaire Glomeris limbala qu'on n'y a pas encore dé- couvert. L'autre variété que j'ai rencontrée à Samson est brune au lieu d'être noire ; on y distingue aussi quelques taches plus claires : elle semble identique à l'individu du Musée que M. Preudhomme de Borre a déterminé comme Glomeris ovatogultata C. Koch : il s'agit évi- demment encore d'une aberration par manque total de pigment noir. Enfin l'unique individu de Glomeris que M. Plateau a déterminé comme Glomeris annulala Brandt (Bull. Acad. Belg., sér. 2, XXXIII, n« 5) est très probablement encore un Glomeris marginala anor- mal : il en résulte que les quatre espèces citées de Bel- gique n'en forment vraisemblablement qu'une. Glomeris telraslicha Brandt, connexa C. Koch. — Espèce nouvelle pour le pays et très bien caractérisée : j'en ai trouvé trois exemplaires sous les pierres dans les endroits herbeux sur les rochers. Polijdesmiis complanaliis Linn. — Sous les pierres, dans les champs et aussi dans les endroits rocailleux. Craspedosoma Raivlinsi Lcach. — Dans les endroits incultes, sous les pierres, assez rare. MÉMOIHES. 43 Clwrdeuma sUvestre C. Kocli. — Sous les pierres, le long des routes, assez rare. Cliordeuma gallicum Laize! . — Comme le précédent, assez rare. Blaninliis venuslus Meinert. — Dans les troncs pour- ris, commun. Blaniulus rjullidalus Bosc. — Extrêmement commun, dans les matières végétales en décomposition et sous les pierres. Juins punctatus Leach. — Sous les pierres dans les endroits boisés, commun. Jiilus londinensis Leach. — Au voisinage des champs, sous les pierres, très commun. Juins albipes C. Koch, transversosulcatus Am Stein. — Sous les pierres dans les endroits herbeux, jamais en compagnie du précédent et jamais au voisinage des champs ; commun. Juins fallax Meinert. — Rare, sous les débris de roches schisteuses, en compagnie d'autres espèces peu communes telles que Porcellio Icievis. Juins silvarum Meinert. — Sous les pierres dans les endroits herbeux, dans les endroits incultes comme au voisinage des champs, commun; cette espèce est beau- coup plus répandue en Belgique qu'on ne l'avait cru jusqu'ici : je l'ai trouvée dans toutes les régions. Juins hclgicus Laizel. — Un seul exemplaire de cette espèce commune en France, sous une pierre dans l'herbe. Juins sabnlosus L'inn. — N'a pas été observé pen- dant notre expédition ; je l'ai trouvé communément sous les pierres an voisinage des champs, plus tai'd, vers la fin de mai, lors d'une nouvelle excursion que j'ai faite dans la localité. 44 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. J'ai en vain clierclié à Samson Juins m éditer raneiis Lalzel qui n'est pas connu de la Haute-Belgique et qui est si commun en Brabant qu'on le rencontre dans les rues de Bruxelles. Litliohins for/îcalus Linn. — Très commun sous les pierres dans les endroits herbeux, adultes et jeunes. Litliobius (jlabralus C. Kocb. — Assez commun, avec le précédent. Litliobius calcaratus C. Kocb. — Commun dans les mêmes lieux que les autres, sous les débris rocailleux. Crijptops liortensis Leacb. — Très commun sous les pierres partout. Shcndyla nemorensis C. Kocb. — Commun dans les endroits bcrbeux incultes sous les pierres. Botliinogasler sublevraneus Leacb. — Commun sous les pierres au voisinage des cbamps. ISOPODES OBSERVÉS A SAMSON Trichoniscus pusiltus Brandt. — Dans la mousse bumide des bois, commun. Trichoniscus roseus C. Kocb. — Sous les débris de rocbes scbisteuses dans une carrière abandonnée, com- mun. Espèce non encore signalée en Belgique. Pliiloscia muscorum Scop. — Commun sous les pierres dans les endroits bumides. Oniscus asellus Linn. — Très commun partout sous les pierres. Porcellio scaber Latr. — Comme le précédent. Porcellio laevis Latr. — Sous les débris de rocbes scbisteuses, commun, mais localisé. Mcloponorllirus pruinosus Budde-Lund. — N'a pas MKJlOlItKS. été observé pendant notre expédition ; je l'ai trouvé sous une pierre au bord de la route à la fin de mai. Plalijarllirus nojjmanseggi Brandt. — Très eom- mun sous les pierres dans les fourmilières des Lasiiis et de Mijrmica rubra ; ils avaient disparu au mois de mai. Armadillidium vulgare Latr. — Très commun sous toutes les pierres. Armadillidium pulchellnm Brandt. — Rare, avec le précédent, sous les pierres dans les endroits boisés. FORMICIDES ET MYRMÉCOPHILES DE SAMSON Leptotliorax tuherum, Mijrmica rubra, Tetramorium caespiliim, Tapinoma erralicum, Lasius niger, Lasius mixtus, Lasius flavus, Formica fusca sous les pierres ; Lasius fuligiuosus et Formica rufa sur les troncs d'arbre; en mai j'ai observé en outre Camponotus lier - culeanus race ligniperda grimpant aux arbres. Dans les nids souterrains des Lasius et de Mijrmica rubra étaient très communs dans les galeries situées immédiatement sous les pierres PlaUjarllirus Hoffman- seggi Brandt, Forda fùrmicaria Heyd. et Claviger testaceus Preyssl. Ce dernier pullulait : nous en avons trouvé une cen- taine d'individus s'accouplant sous une pierre. Dans une excursion que nous avons faite à Andenne,j'ai également trouvé un exemplaire du très rare Claviger lougicornis Miïll. sous une pierre, côte à côte avec un individu de Claviger testaceus, dans un nid de Lasius niger. Vers la tin de mai, étant revenu à Samson, je n'ai plus aperçu aucun de ces mymécopbiles. SOCIÉTÉ BELGE DE MICBOSCOPIE. OBSERVATIONS RELATIVES A DIVERSES ESPÈCES AUiirus telraednis Hoffm. — Ce ver de terre n'a pas été signalé en Belgique par d'Udekem : j'en ai trouvé à Samson trois exemplaires dans un ruisseau sous des pierres immergées près du bord. Phacoryctes Mcnkemius Hoffm. — Dans (me source sous un tronc d'arbre dans les bois de laBasse-Marlagne près de Namur, en compagnie de Nipliargus putcanus C. Kocb ! Triton palmatus Scbneid. — De nombreux exem- plaires dans une mare près des bois de la Basse-Mar- lagne sans mélange avec d'autres espèces du genre. LICHENS DE LA VALLÉE DE LA MEUSE PAR G. LOCHENIES Cette belle vallée, l'un des points de notre pays le plus riche et le mieux exploré au point de vue des plantes supérieures, ne tardera pas à acquérir la même célébrité pour la partie cryptogamique. L'on ne peut citer la vallée de la Meuse sans évoquer le souvenir du R. P. Bellynck et rappeler ses belles et nombreuses découvertes dans le domaine des Mousses, Hépatiques, Lichens, Champignons et Algues. De nos jours, M. Tonglet, de Dinant, explore avec non moins de succès la partie située en amont de Namur jusque vers Givet. Notre confrère, M. Massart, a porté ses investigations versMarche-les-Dames, Samson etAndenne. Cette région présente surtout des roches calcaires et dolomitiques ofïrant la belle diversité de Lichens qui leur est propre. L'on y rencontre en abondance ces curieuses Verruca- riées, douées de la propriété de dissoudre leur support calcaire. La surface entière du thalle de ces Lichens est couverte d'une multitude de petites excavations cylin- driques de 1 à 2 millimètres de profondeur, parfaitement régulières. C'est au fond de ces trous que se découvre le conceptaclc portant les organes de la reproduction : l'apothécie. 48 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE. Il serait intéressant de rechercher la genèse de cette apotliécie, de savoir si elle se développe à la surface du thalle et creuse ensuite sa cellule, ou hien si les hyphes ont accompli ce travail avant l'apparition de l'apolhécie. Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'admirer la prévoyance de la nature au sujet de ces minuscules organismes! Lorsque cesse une période de temps humide, le roc cal- caire est hien vite séclié par les premiers rayons du soleil, tandis que l'apothécie, logée au fond de son puits, conservera, pendant quelque temps, la réserve d'eau nécessaire à son alimentation. Il faut citer encore, parmi les Lichens recueillis par notre confrère, le Lecanora cremilata (Diks) Nyl., espèce non encore signalée dans notre pays. Il est probable que cette espèce sera retrouvée çà et là, étant assez répandue dans les pays voisins ; elle aura probablement été confon- due jusqu'ici avec certaines formes d'autres Lécanoréès. Il y a lieu de féliciter notre confrère, M. Massart, du résultat de ses recherches. Espérons qu'il les continuera sur divers points du pays, apportant ainsi de nombreux matériaux pour la distribution géographique des Lichens de Belgique. ENDOCARPEAE Endocarpon miniatum Ach. — Lichen muiialus L., Dermatocarpon Th. Fr. — Tapisse les parois verticales des rochers calcaires. Samson(rive droite et rive gauche), rochers de Mosseroux. LECANOREAE Gasparrinia ciRROciiROA (Acli.) — Lecaiiom Ach., Nyl., MÉMOIRES. 49 Plcicodium Nyl., Amphiloma Kbr., Caloplaca ïh. Fr. — Rochers calcaires et (lolumiti(iiies : Sanison (rive droite). Très belle et rare espèce renseignée pour la seconde fuis en lîelgiqne. MM. Aigret et François l'ont découverte; à Olloy. (Bull. Soc. rufjalc (le Botanique, t. \W, p. 515). Gasparrini.v calloimsma Tornab. — Lccanora Ach., Placodium Kbr. — Rochers calcaires et doloniitiques. Samson (rive droite), Marche-les-Daines, Rochers de Mosseroux. G. AURA^jTiA Pers. — Bhijscia Pers., Placodium IIcp- pianiim Mûll., Lecanora sijuipagca Ach. — Rochers de Mosseroux, associé à l'espèce précédente. G. MURORUM Tornab. — Parmciia Ach., Amphiloma Kbr., Xantliorialh. Fr., Placodium Nyl. — Rochers calcaires : Marche-les-Dan)es. GvALOLECHiA EPixANTHA (Ach.). — Lccauora eplxanlha Acii., Xyl., Gyalolechia aurclla Kbr., Lecanora reflexa Nyl. — Rochers calcaires : Samson (rive droite). AcAROSPORA SQUAMULOSA Th. Fr. — Parmelia Ach., Acarospora castanea Kbr., .4. cervina v. vulgaris Kbr., Syst, — Rochers calcaires : Marche-les-Daines. Placodium albesccns Mass., var. galactinlm Ach. — Psora Hoffm., Lecanora Ach., Squamaria Nyl. — Rochers calcaires et doloniitiques : Samson (rive droite), rochers de Mosseroux. Callopisma aurantiacum Kbr. — Lecidea Ach., Uialora Fr., Lecanora Nyl. — Rochers calcaires : Samson, rochers de Mosseroux, bois de la Pctite-Marlagne (près Namur). C. PYRACEUM Kbr. — Lecanora pyracea Nyl., Calo- placa Th. Fr. — Rochers calcaires : Samson (rive droite). XMI 4 SO- SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. C. CERiNUM Kbr. — Parmelia Ach., Caloplaca Th. Fr., Lecanora albolulea Nyl. — Rochers calcaires : Samson (rive gauche), rochers de Mosseroux. C. VARiABiLE Kbr. — Parmelia Ach., Caloplaca Th. Fr., Placodium Nyl. — Rochers de Mosseroux. Lecanora Hageni Kbr. — Lichen Hageni Ach., Leca- nora umbrina^yl. — Rois de la Petite-Marlagne, rochers de Mosseroux, Marche-Ies-Dames. — En mélange avec le type, récolté à cette dernière habitation, une forme à apothécies bombées, d'un brun-rougeâtre, se rappro- chant de la ys^nélé wnbrina Ehrh. L. suBFuscA Ach. — Quelques apothécies éparses de cette espèce, provenant des diverses stations signalées, notamment de Marche-les-Oames et rochers de Mosse- roux. Lecanora crenulata (Dicks). — L. caesioalba Kbr. Thalle peu développé, pulvérulent-granuleux, gris- blanchâtre. Apothécies disciformes, souvent angu- leuses, d'un brun-rougeâtre clair, recouvertes d'une bruine épaisse d'un gris-bleuâtre. La marge est élevée, épaisse, gonflée et souvent crénelée sur tout le pour- tour. Spores ovales-ellipsoïdales, entières, hyalines, mesurant 12-14 fu. en longueur et 4-5 ^ en largeur. Thèques claviformes, 8-sporées. Paraphyses grêles, cohérentes, hyalines, cloisonnées vers le sommet. Thé- cium et hypothécium incolores. Ëpithécium granuleux, formant une couche assez épaisse, de nuance brun-clair. Rochers de Mosseroux. Observation. — Celte espèce présente plusieurs points d'affinité avec quelques formes de Lecanora llacjeni et de Placodium albescens, v. cjalaclimim. Elle se distin- gue du premier par ses apothécies généralement plus MEMOIUES. SI développées, à marge plus fortement accusée et crénelée; du second par la forme rudimenlaire du thalle et les spermaties n'atteignant que 11-15 /y. de long (Nyl). AspiciLiA CALCAREA Kbi'. — Urceolcivia Aoh., Lccanora Smfrt., Pannelia Fr. — Rochers calcaires : Samson (rive droite). — — var. contorta Hofïm. — Avec le type. Gyalecta cupularis Kbr. — Lichen cupidaris Ehrh., Patcllaria DC, Lecidea Ach. — Rochers calcaires et dolomitiques : Samson (rive droite et rive gauche). LECIDEACEAE BiATORA COAUCTATA (Sui.). — Liclieii cocirctatiis Sm., Lecanora Ach., 2eora Kbr., Lecidea Nyl. — Pierrailles calcaires : Samson (rive gauche), rochers de Mosseroux. B. iMMERSAArn. — Lichen immersiis Web., Lecidea calcivora ^Idss., Lecidea immersa Th. Fr. — Rochers de Mosseroux. — Espèce particulière aux terrains calcaires ou contenant du calcaire. Rhizocarpon concentricum Poetsch. — Lecidea concen- trica Rhiwcarpon subconcentricum Kbr. — Rochers de Mosseroux. Rh. obscuratum Kbr. — Lecidea obscitrata Schaer. — En bon nombre d'exemplaires, souvent associé à d'autres espèces : Rochers de Mosseroux. Lecidella goniophila Kbr. — Lecidea goniophila Flk. — Rochers calcaires : Samson (rive droite). I^ecidea platycarpa Kbr. — L. macrocarpa v. plalij- carpa Th. Fr. — Bois de la petite Marlagne, près Namin*. Sarcogyne siMPLEX Dav. — Sarcogijne privigua v. simplex Dav. — Rochers calcaires : Samson (rive droite). SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. GRAPHIDEAE Lecanactis Stenhammari Fr. — Rochers calcaires : Sam- son (rive droite). — Ne se rencontre dans notre pays qu'à l'état stérile. VERRUCARIEAE LiTHOiCEA NiGRESCENS Pcrs. — Venucaria nicjrescens Pers., Pijrenula Ach., Verrucaria fiiscoatra \Yallr. — Rochers calcaires: Samson(rive droite et rive gauche), rochers de Mosseroux. Verrucaria rupestris Schrad. — Rochers calcaires et dolomitiques : Samson (rive droite et rive gauche), Marche-les-Dames ; rochers de Mosseroux. Verrucaria myriocarpa Hepp. — Rochers calcaires et dolomitiques : Samson (rive gauche). LECOTHECIEAE Lecothecium corallinoides Kbr. — Lecothecium ni- (j mm "Slàss., Collema nigrum Xch., Pamiaria n'ujra Nyl. — Sur la terre dans les fissures des rochers cal- caires, parfois sur le roc même. Vallée du Goyet, Sam- son, Marche-les-Dames. m DES FLEURS BIC.ILCAREES DE CORÏDALIS SOLIDA Par Jean !«I4l»[».«i4RT Il existe peu de familles végétales aussi intéressantes que colle des Fumariacés. Nulle part, peut-être, on n'observe dans un groupe aussi restreint, des variations aussi étendues. Les anomalies les plus singulières se présentent au sein d'un même genre : ainsi, M. Hegel- maier (l)a montré que l'embryon de Corydalis cava, con- trairement à ce qui a lieu chez l'immense majorité des Angiospermes, est dépourvu de suspenseur: cette même espèce ne possède d'apiès Irmisch (2), qu'un seul coty- lédon qui reste hypogé, tandis que le C. tutea, présente d'après Sir John Lubbock (5), les deux cotylédons épi- gés habituels. Irmisch a montré aussi que le tubercule des Corydalis n'a pas partout la même valeur morpho- logique : celui du C. cava est formé par la tige, celui du C. solida est une racine. Ajoutons encore que chez plu- sieurs Fumariacées (par exemple Dicentra formosa et Adlinuia fungosa), la corolle est nettement gamopétale. Il n'est pas douteux que les Fumariacées sont très voi- sines des Papavéracées. Le genre Htjpecoum établit la transition entre les deux groupes. Chez VAdtuuiia et les Dicentra les deux pétales du verticille externe, placés à droite et à gauche du plan antéro-postérieur, portent cha- cun un éperon généralement court. Les tleurs de Coi'y- dalis et de Fumaria n'ont qu'un éperon : un seul des SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. deux pétales externes se prolonge en dessous de son point d'insertion. La corolle devient donc zygomorphe, mais comme l'éperon est latéral, le plan de symétrie de la fleur est, non pas antéro-postérieur, mais transversal. Or, pour que les insecles puissent se poser facilement sur la fleur, quand ils viennent chercher le nectar accumulé au fond de l'éperon, il faut que le plan de symétrie soit vertical; aussi les fleurs de Corydalis et de Fiimaria eff'ectuent-elles sur leur pédicelle une torsion de 90°. Nous avons eu l'occasion de récoller sur les rochers de Samson, près de la grotte, trois individus de Corydalis solida chez lesquels les pétales externes avaient tous deux éperons (fig. A) ; les deux éperons avaient exac- tement la même forme et la même dimension, et ils con- tenaient du nectar sécrété par des nectaires filiformes (qui sont figurés en pointillé). Les nectaires dépendent de l'étamine médiane de chaque groupe, tout comme chez les Dicenti^a. Non seulement ces fleurs avaient le même diagramme que celles de Dicentra, mais de plus, étaient actinomorphes, elles avaient négligé de tordre leur pédicelle. Une étude attentive des nombreux Co?'j/f/rt //s solida de Samson et des environs ne fit plus retrouver un seul échantillon comparable aux premiers ; mais bon nom- bre d'entre eux avaient un second éperon réduit (fig. B). Ceux-ci étaient même plus abondants que les individus dont les fleurs étaient totalement privées de cet appen- dice (fig. C). Pendant notre séjour à Samson, M. le professeur L. Errera nous apporta des fleurs de Corydalis solida recueillies dans la vallée de la Semois, qui présentaient la même disposition que celle de la fig. B. MEMOIUKS. Il est du reste probable que cette anomalie n'est pas rare du tout. Dans la description de la famille des Papa- véracées, MM. Piantl et Kùndig (i) disent : « Hier darf SOCIETE I!EL(;E de MICIÎOSCOI'IE. nicht unei'wahnt bleiben, dass abnormer Wcise bei Ârten mit zygomorpben Bliilben auch entwedcr beide Kronenblalter gespornt sein kônnen (beobacbtet bei Conjdalis solida) oder die Spornbildung vôllig f'ehlcn kann, so bei Coryclalis sempervirens iind bei Sarcucap- iios cnncapliijlla, wo die Missbildung ziir Aufslellung des Galtungs Aplectrocapnos Anlass gab. Ob aucb die von Francbet for Arten von Coryclalis neiierdings ange- gebenen Falle von 1- und "^spoi'nigen Bliilben an der gleicben Ptlanzen in ahnlicber Weise zu deulen sind, niuss einshveilen dabingestellt bleiben. « Voici ce que dit M. Francbet (5) : « Le genre Diccntra ne saurait être maintenu puisqu'on rencontre des Conjdalis pré- sentant à la fois, des fleurs régulières à deux éperons comme celles des Diccntra et des fleurs iri'égulières à un seul pétale éperonné. Le C. CliinensisY vunch. Plant. David., p. 58, et une aijtre espèce encore inédite, envoyée du Tonkin, par M. l'abbé Bon, sont tout parti- culièrement dans ce cas. » Ce qui fait l'intérêt des Corijdalis solida de Samson, c'est que cbaque individu porte des fleurs é'une seule et môme forme, même dans les cas où le second éperon est fortement réduit et où sa taille est encore inférieure à celle de la fleur de la fig. B. Nous nous trouvons donc dans le genre Corydalis en présence d'espèces qui sont parvenues à des degrés très divers d'évolution. Tout l'ensemble des Papavéracées et des Fumariacées dérive sans doute d'une plante voisine ùllypecoiim. Le pbylum qui a donné les Fumariacées a d'abord acquis des fleurs à deux éperons, comme cbez Dicenira. Plus tard, l'un des deux éperons s'est alropbié et la fleur, devenue zygomorplie à plan de symétrie MÉMOIUES. 57 transversal, a dû se tordre sur son pédicelle. Mais celte disposition, réalisée en son entier chez les Fumaiia et chez la plupait des Corijdalis, est encore incomplète chez le C. ochrolciica dont les fleurs possèdent d'une façon normale un grand éperon fonctionnel et un petit éperon réduit; enfin, le C. soiula présente, dans ses divers individus, tous les stades successifs de la réduc- tion, depuis ceux qui ont des fleurs à deux éperons égaux, jusqu'à ceux où il ne reste plus la moindre trace du second éperon. BIBLIOGRAPHIE 1. — Hegelmaier. Verglciclicnde Untersucliuugcn ùber Entwickeluug dikotylcdoncr Keime, Stuttgart. 1878. 2. — Irmisch. Ueber cinigc Fumariaccen. Abh. d. Naturf. Ges. Halle, Yl. I8G2. 5. — Sir John Lubbock. A conlvibulion to our Knoiv- Icdgc o/ Scedlings, London. 1822. 4. — pRANTL und KÙNDiG. Papaveraccœ, dans Engler und Prantl's nafûriichen Pflanzenfamilien, III. Teil, 2. Abteilung, p. 154. 5. — Franchet. Plantac Yuuuanenses. Bull. Soc. bot. France, XXXIII, p. 591, I88G. 88 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. * * Les Algues récoltées pendant le séjour du Laboratoire ambulant à Samson ne forment pas un ensemble suffi- sant pour figurer ici. Les quelques indications réunies par M. Massart seront publiées ultérieurement dans nos contributions à l'étude de la dispersion des Algues en Belgique. * M. Delogne n'ayant pu terminer l'analyse des Mousses et Hépatiques récoltées par M. Massart, le tableau de celle-ci paraîtra dans un fascicule ultérieur des « Notes du laboratoire de biologie ». É. D. W. DU MODE DE FORMATION DES PAR Louis QUEETON ÉTUDIANT EN MÉDECINE DU MODE DE FORMATION DES MEMBRANES CELLULAIRES QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR MEMBRANE CELLULAIRE? Monsieur Van Bambeke, clans un article récent (H), cherche à préciser ce qu'il faut entendre par membrane cellulaire. Ce point, si souvent discuté, n'a pas encore reçu de solution. Il comporte une question assez com- pliquée de termes; et « ici, comme dans maintes ques- tions cytologiques, dit M. Van Bambeke, le désaccord sur les mots employés permet d'éterniser la discussion ». Le savant professeur de Gand le démontre, en compa- rant les distinctions faites dans ces derniers temps par Waldeyer et His, à celles faites en 1879 par Hermann Fol. Après avoir rapproché les termes employés par ces histologistes, il conclut que l'on peut distinguer trois modes de délimitation cellulaire : « Un premier mode consiste en la présence d'une couche protoplasmique périphérique, indistincte du protoplasme cellulaire ». C'est ce que l'auteur appelle une « membrane à simple contour ». Les deux autres modes de délimitation cellu- laire ont ceci de commun, qu'ils supposent l'existence, à la périphérie du contenu cellulaire, d'une couche net- tement distincte du protoplasme, « à double contour » ; 62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. seulement cette couche se présente sous deux aspects différents. Ou bien elle est molle, plastique, capable de se prêter à tous les changements de forme du cytoplasme qu'elle délimite; ou bien elle est résistante et inerte. Cette classification nous paraît justifiée et utile. Dans le travail qui va suivre, il sera exclusivement question du mode de formation des membranes cellu- laires à double contour, et parmi celles-ci, principale- ment des membranes constituées par une substance dure et inerte, telle que cellulose et chitine. Les deux théories sur le mode de formation des membranes. — Les Botanistes, attachant une impor- tance considérable à l'épaisseur des membranes cellu- laires, ont surtout recherché comment celles-ci s'accrois- sent. Les uns admettent l'apposition de nouvelles couches entre le protoplasme et la membrane (théorie de l'appo- sition. Strasburger). Les autres pensent qu'il y a adjonc- tion de nouvelles molécules, qui viennent s'intercaler entre les premières (théorie del'intussusception.Naegeli). Comment se forment ces nouvelles couches? Quelle est l'origine de ces nouvelles molécules ? Voici d'après Haberlandt (6, p. 58), les deux théories qui peuvent rendre compte de ce phénomène « Die scheinbar directe Umwandlung der Hautschicht des Protoplasten in die primare Zellmembrann, geht wahr- scheinlich derart vor sich, dass die Hautschicht, resp. die Zellplatte in ihrem Innern die membrabildemden Stoffe,specielIe Cellulose, erzeugt, d. h. abspaltet,deren Molckiile sich zunachst zu ganz kleine Partikelchen (Micellen und Micellverbanden] vereinigen. Dieselben Iretcn alsbald zu relatif festen complexen zusammen, welche-ganze allgemein ausgedruckt- ein Nelzwerk bil- MÉMOIRES. b3 den, in dessen Maschen sich Plasma befindet. In dem Masse, aïs dièses Netzwerk durch Wachslhiim derber und dichter wird, verringert sicb die Menge des in den Maschen enthaltenen Plasmas, theils durçh Subslanz- verlnst, indem es membranogene Stoffe abspaltet, zum theile wobl auch durch Verdrangung oder active Zuruck- ziehung in das ubrige Cytoplasma. Schliesslicli kann dann an Stelle der Haiitschicht eine ganzlich plasmafreie Zel membran vorhanden sein; von einer einfachen « Umwandiung « ist dabei jedoch keine rede. — Nalûr- lich is es auch môglich, dass, ^vie bereits Klebs und Noil angedeutet haben, die membranbildenden Stoiïe, specieli die Cellulose, nich erst in der Hautschicht gebildet wer- den, sondern aus dem iibrigen Cytoplasma in jene einwandern ». Donc, ou bien la couche périphérique du protoplasme donne directement naissance, en se transformant à la couche de cellulose; ou bien des produits d'abord formés dans l'intérieur même de la cellule émigrent ensuite vers l'extérieur. Les arguments, fournis en faveur de l'une ou de l'autre théorie, sont en somme peu nombreux. Wiesner (14) s'est fait le principal défenseur de la transformation directe du protoplasme en membrane cellulaire. Lors de la division de la cellule, il se forme une cloison, séparant les deux cellules-filles. Wiesner a observé l'existence de petits grains, qu'il a appelés « der- matosomes », et qui se transforment peu à peu en cel- lulose. Il admet qu'il existe, à la périphérie de la cel- lule, un protoplasme spécial « dermatoplasme » aux dépens duquel se forme la membrane. Cette opinion est aussi admise par Strasburger (11, Gi SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. p. 181). Dans une publication récente, cet auteur dis- tingue, dans la cellule, la présence de deux protoplasmes : l'un, vacuoleux, périphérique le « trophoplasnie » ; l'autre, filamenteux, apparaissant surtout au moment de la division cellulaire, se colorant en violet par le triple colorant de Flemming, et jouant un rôle essentiel dans la cellule : le « cinoplasme ». D'après les observations de Harper (6) sur la formation des spores chez les cham- pignons, les filaments cinoplasmatiques, partant du een- trosome, se disposeraient en une couche périphérique, que l'auteur appelle membrane (Hautschichl). Le noyau resterait, pendant un certain temps, attaché à celte mem- brane par des filaments de protoplasme. Strasburger ne dit pas comment se forme l'enveloppe de cellulose, qui entourera plus tard ces spores. Se constitue-t-elle aux dépens de cette couche périphérique de cinoplasme, ou bien celle-ci n'est-elle qu'une délimitation provisoire, membrane à simple contour de Van Bambeke, n'ayant aucun rapport avec la membrane de cellulose véritable (membrane à double contour)? Parlant du mode de formation de couche séparatrice des cellules-tilles, pendant la division des cellules végé- tales, Strasburger (11, p. 587) dit que de nouvelles recherches, faites avec de nouvelles méthodes, sont nécessaires pour décider si cette membrane est le résultat d'une sécrétion (Ausscheindung) ou d'une transforma- tion (Uinvvandlung) directe du protoplasme. Les relations, constatées par Haberlandt (5), entre la situation du noyau et l'accroissement de la membrane cellulaire, sont plutôt favorables à la théorie de la sécré- tion. La formation des membranes cuticulaires chez les ani- MKMOIUES. tio maux a également été attribuée tour à tour à la couche périphérique du protoplasme ou à des produits formés dans l'intérieur uiême de la cellule. D'après Ilenneguy (7) : « la plupart des auteurs s'ac- cordent à considérer la chitine comme un produit d'ex- crétion du protoplasme ». Voici les arguuients sur lesquels repose cette opinion : 1" La membrane cellulosique des grains de pollen est hérissée de pointes et d'autres ornements, qui doivent évidemment s'accroître par l'apposition de substances nouvelles traversant la membrane pour venir au dehors. 2" Les kvstes d'Infusoires ciliés, dont le mode de for- mation a été bien étudié par Fabre-Domergue (i), sont constitués par une membrane chitineuse indépendante de la couche périphérique de la cellule. « l^lnfnsoirc, qui veut s'enkyster, dit Fabre-Domergue, se met en boule, puis commence à tourner sur lui-même tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, en sécrétant une matière incolore et transparente qui se durcit rapidement et dans l'intérieur de laciuelle il continue à tourner ». L'épaisseur du kyste augmente progressivement, et pour certaines espèces le même auteur a vu se produire, à la face externe des membranes, des aspérités qui indiquent clairement le transport de la substance excrétée de l'in- térieur à l'extérieur, au travers de la paroi du kyste. En étudiant la constitution des kystes, il a vu que ceux-ci présentaient la plus grande analogie avec la chitine. Ils sont insolubles dans la potasse et dans les acides faibles, ditfieilement solubles dans les acides forts. 5" Une observation, faite par Henneguy (7), en sui- vant le développement d'un curieux Chalcidien (jui pond ses œufs dans les larves de Slrcilijomis, démontre aussi XXII 66 SOCIÉTÉ I5ELGE DE MICIIOSCOI'IE. qu'une membrane de chiline peut s'accroître, sans être directement en rapport avec le protoplasme. Les œufs du Chalcidien, Smicra clavipes, sont très petits et mesu- rent 0'"15 de long sur 0'"05 de large. Le développement commence, la segmentation a lieu et au fur et à mesure le chorion, qui est séparé de l'œuf par un espace périvi- tellin rempli de liquide, augmente de surface. A un moment donné, le volume de l'œuf est devenu' 300 fois plus grand et pourtant le chorion a conservé la même épaisseur qu'auparavant. Or, il est baigné d'un côté par le liquide périvltellin et de l'autre côté par le sang de la larve de Stratyomis ; il faut donc admettre qu'il a aug- menté de volume par addition de produits séciétés. « Des faits analogues se rencontrent, ajoute Henneguy, dans le développement d'autres insectes et des poissons. » 4" Enfin, dans les cas de formation d'expansions membraniformes ou filiformes par les cellules de l'hypo- derme, lorsque la cellule produit, par exemple, une écaille, celle-ci souvent s'isole par un pédicule cbitincux du protoplasme cellulaire, bien avant d'avoir revêtu tous ses caractères et terminé sa croissance. Force est donc bien de reconnaître, dans ces cas, une sécrétion cbiti- neuse en dehors du protoplasme. A la suite de ses recherches sur la structure des mem- branes de cellulose et de chitine, Bùtschli (2) admet, comme seule possible, la formation de ces membranes par un processus de sécrétion à l'intérieur du protoplasme et d'excrétion ultérieure vers la suiface : « Yielmehr lasst sich die Entstehung der fraglichen Structuren ebenwohl oder meincr Ausicht nach noch besscr und ungezwen gêner begreifen, untcr des Yorausseizung, dass das Plasma nur eine Losung des membrabildenden MÉMOllŒS. 67 Stoffes liervorbringt, ^Yclclle dann an der Oberflache des Plasmas {rosp. aucli gelcgenllich indessen Inneren), in Beiiihrnng mit dem umgebenden Médium, gerinnt oder ausgcilUlt wird, eveiUuell aiich einfacli wegen Uebersiit- liguiig ziir Aussciieidung des Gelôsten komnit. Abgese hen davou, dass eine directe Umwandluiig von Plasma in Cellulose oder Cliilin, selbst auf der niederen tufe unserer zeitigen Kenntnissevon der Chemiederlebenden Plasmasubstanz, rechl Icbenklich erseheint so lasst sicli auch, wie gesagt, auf dieStructurverhaltnisse eine solche Annahme niclit langer begrûnden. » Signalons enfin que Korsclielt (10) a observé, chez les animaux, comme Haberlandt l'avait vu chez les plantes, une relation entre la situation du noyau et la production d'une membrane. Bien que les arguments en faveur de la théorie de la transformation directe du protoplasme périphérique en membrane cellulaire soient peu nombreux, un certain nombre d'auteurs l'admettent. Entre autres Schneider, Anton, Gbatin, etc. D'après ce dernier, quand on observe les cellules épidermiques d'une jeune larve de Libellule, on voit qu elles renferment des filaments protoplasmiques rayonnant autour du noyau. Peu à peu, ces filaments s'orientent à la surface libre de la cellule et se fusion- nent entre eux de cellule à cellule ; cette partie proto- plasmique se difrérencie progressivement en couche chitincuse ou cuticulairc. Par contre, Henneguy (7) dit que sur les coupes d'Insectes qu'il a étudiées, il a tou- jours vu les cellules épidermiques conserver leur indé- pendance sur toute leur hauteur et ne jamais se fusionner au dessous de la couche de chitine. Carnoy (5), dans sa Biologie cellulaire, figure une 68 SOCIÉTÉ BELGIi: DE MICHOSCOPIE. cellule dans laquelle, le protoplasme périphérique, en se moditiant progressiveuieiit, devient cuticule. Toutes les transitions existeraient entre la véritable cuticule et le protoplasme. Ses élèves, entre autres VanGehuchten(l5), partagent cette opinion. Huxley (9), tout en admettant la possibilité des deux théories, considère comme plus probable que la zone superficielle du corps cellulaire subit une métamorphose chimique qui la transforme en chitine. Beaucoup d'auteurs se sont ralliés à cette théorie sans fournir d'ai'guments probants (Balbiani (1) etc.). Enfin, la même question s'est posée, au sujet de l'ori- gine de la coquille des Mollusques, membrane évidem- ment plus complexe. Réaumur( 1709) admettait l'existence d'une sécrétion; Méry (1710) pensait le contraire; de même MuUer '0. F. Dans un travail récent, jMovnier deVillepoix, étudiant la formation et la croissance de la coquille des Mollusques, conclut que celle-ci est un pro- duit de sécrétion des cellules sous-jacentes. Comme nous venons de le voir, deux théories peu- vent expliquer la formation des membranes cellulaires : ou bien des produits sécrétés par la cellule se déposent à la surface de celle-ci ; ou bien la couche périphérique du protoplasme en se modifiant constitue peu à peu la membrane. Pour rechercher s'il y a réellement sécrétion, il nous a paru nécessaire d'étudier les cas dans lesquels une membrane très épaisse se forme rapidement. Les larves d'insectes sont un matériel excellent pour cette étude. Nous avons observé plus spécialement les larves de Tcncbrio molilov que l'on peut facilement se procurer. MKMOIKES. f)9 Ces larves, peu de temps avant de se transformer en nymphes, subissent un aecroissement rapide. Comnie elles sont contenues dans une enveloppe rigide formée par la cuticule, elles ne peuvent se développer qu'à la condition de se débarrasser de leur carapace devenue trop petite. Aussi les mues sont elles très fréquentes à cette époque de la vie. La cuticule se fend toujours au même endroit, à la région dorsale antérieure, et peu à peu l'animal sort par l'ouverture ainsi formée. La larve se présente alors entourée par une fine cuti- cule blanche, molle et légèrement transparente. Déjà après un jour cette membrane a atteint sa taille défini- tive. Elle est devenue très épaisse, opaque, dure et cas- sante. Sa coloration a passé peu à peu au jaune. Étudions sur des coupes transversales l'aspect et la structure des cellules hypodermiques : 1° chez les lar- ves dont la cuticule a cessé de s'accroître; et 2" chez les larves qui viennent de muer et dont l'enveloppe chiti- neuse s'épaissit rapidement. 1" Cuticule avant cessé de s'accroître : Sur les coupes faites en travers des larves dont la culi- Icule ne s'accroît plus, les cellules hypodermiques pi'é- sentent l'aspect dessiné par tous les auteurs, par exem- ple par R. Herlwig chez Cimbex coronatus (5). Ces cellules sont petites, plutôt aplaties, nettement délimi- L tées vers l'intérieur et vei's l'extérieur, moins bien déli- mitées les unes des autres. Elles possèdent un noyau pauvre en chromatine et un protoplasme légèrement granuleux. Elles forment par k leur réunion une couche ininterrompue dont l'épaisseur est très faible, comparée à celle de la cuticule, Celle-ci 70 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. est épaisse, striée transversalement, blanche dans sa par- tie interne, jaune vers l'extérieur. 2" Cuticule en voie de croissance. L'hypoderme des larves de Tenebrio, après la mue, présente un aspect absolument difïérent de celui décrit plus haut. Il est formé d'une couche beaucoup plus épaisse de cellules allongées de l'intérieur vers l'extérieur et apla- ties transversalement. Ces cellules sont nettement déli- mitées de la mince cuticule qui les recouvre. Leur noyau est peu volumineux et peu riche en chromaline. Leur protoplasme a une structure spéciale qu'il importe d'étu- dier attentivement. Ce proloplasme, fortement granuleux, présente des vacuoles très variables. Tantôt, une seule grande vacuole occupe presque toute la cellule; située extérieurement au noyau qui est refoulé avec le proloplasme dans la partie profonde de la cellule elle remplit l'élément cellulaire qui l'a formée et qui l'enferme encore complètement; parfois nous avons nettement vu la vacuole s'ouvrir au dehors, sous la cuticule. Dans d'autres cellules on trouve plusieurs petites vacuoles dont les unes sont situées à la périphérie et les autres au centre du protoplasme. D'autres cellules hypodermiques, enfin, ressemblent beaucoup aux cellules végétales; leur noyau est entouré d'une couche de protoplasme granuleux, d'où partent des filaments protoplasmiques délimitant des vacuoles et aboutissant à une couche de protoplasme périphérique. En observant l'hypoderme aux différents stades de la formation de la cuticule, on voit facilement, qu'il y a un rapport entre l'état de l'hypoderme et le développement MÉMOIRES. 71 de la membrane de chitine. Dans les téguments à cuti- cule mince, l'hypoderme est constitué de cellules à vacuoles distendues et fermées. Là où- la cuticule est presque complètement développée, l'hypoderme est caractérisé par une diminution notable du volume et du nombre des vacuoles. Ciiez les larves, au moment où la membrane est formée complètement, l'hypoderme a des cellules plates, dépourvues de vacuoles. Ainsi donc, chez le Tenebrio molitor, les vacuoles apparaissent lorsque commence la formation d'une nou- velle cuticule; elles sont d'autant plus développées que l'épaisseur de la membrane est moins considérable ; elles diminuent au fur et à mesure que l'accroissement s'accen- tue; enfin elles disparaissent lorsque cesse l'épaississe- ment, pour reparaître à la mue suivante. Chez les larves xyglophages, que nous avons eu l'oc- casion d'étudier et dont la cuticule reste toujours mince et peu résistante, l'hypoderme est caractéi'isé. par des cellules aplaties à protoplasuje homogène. Pendant le séjour que nous avons fait, au mois d'août dernier, à la station zoologique de Wimereux (i), nous avons eu l'occasion d'étudier la structure de l'hypoderme chez les femelles de Carcinus mœnas, qui avant d'être fécondées, se débarrassent de leur carapace et en forment une nouvelle. Celle-ci existe déjà lorsque la mue se produit. On peut facilement détacher de force la cara- pace destinée à être rejelée et posséder ainsi un matériel qui permet d'étudier la structure de l'hypoderme alors (I) Nous adressons à M. le professeur Giard, (|ui a bien voulu nous permettre de travailler dans son laboratoire, nos plus sincères renier- ciinents. li SOCIÉTÉ BELGE DE MICnOSCOClE. que la couche de cliiline est encore lies mince et non incrustée de sels calcaires. Cette étude est des plus intéressantes pour le sujet qui nous occupe. Les cellules hypodermiques sont en ce moment très volumineuses, si on les compare aux cel- lules sous-jacenles à une carapace épaisse avant la mue. Elles sont nettement vacuolaires. Le nomhre des vacuoles que renferme le protoplasme est considérahle, et fré- quemment nous avons vu ces vacuoles s'ouvrir sous la cuticule. Ces cellules sont nettement limitées de la couche de chitine et s'en séparent fréquemment sur les coupes. Si nous étudions, après décalcification, la sli'ucture de rhypodermeducrahequi n'a pas mué,nousle trouvons formé de cellules petites, aplaties et possédant un pi'olo- plasme dépourvu de vacuoles. Quelles sont les conclusions que nous pouvons tirer de nos observations? Rien ne nous permet d'admettre l'existence d'une couche protoplasmique périphérique se transformant directement en chitine. Au contraire il existe des vacuoles dans les cellules de l'hypoderme chez les larves d'insectes dont la cuticule devient épaisse et chez le ci'abe qui reforme une carapace, ces vacuoles s'ouvrent sous la membrane et disparaissent progressivement au fur et à mesure de l'épaississement de la lame cuticulaire. Ces faits d'observation nous font croire que les cellules hypo- dermiques sont le siège d'une sécrétion dont le produit est éliminé par ces cellules en vue de la formation de la chitine. 11 est regrettable que nous ne possédions pas de réac- tion mici'ochimique de cette substance; elle permettrait MEMOIRES. 7:i peut-être d'en déceler la présence à l'intérieur des vacuoles et de suivre ainsi le phénomène dans son inlimilé. Quoi qu'il en soit, notre conclusion pour les larves de Tencbrio moiitor et pour les femelles de Cflrc/«î/s mœncis est formelle : la théorie de la sécrétion cellulaire peut seule rendre compte du mode de formation de la chitine. BIBLIOGRAPHIE i. Balbiani. — Études anatomiques et hislologiques des Cryptops, p. 24. Arcli. de zool. expér., Il' série, t. Ylll,"^ 1890, n" i. 2. Bl'tschli. — Yorlaufie^er Bericht uber Forire- sctzc etc., p. 58. Verliandking des Naliuhisl. med. Verciu. zu Heidclbercj. Bd I. H. 5. 5. Carnoy. — Biologie cellulaire, p. 198, fasc. 1, 1884. 4. Fabre-Domergue. — Recherches anatomiques et physiologiques sur les Infusoires ciliés, p. 94. Thèse de Paris, 1888. 5. Haberlandt. — Plnjsiologisclie Pflanzenanatomie, p. o8. Leipzig, 189G. 6. Haberlandt. — LIeber die Beziehungen zwischen Fonction undLagedesZellkernsbeiPflanzen.Jena, 1887. (3. Harsper. — Kerntheilung und freie Zcllhildung in Ascus, p. 249. Jahrhùchcr fur ivissenscliaflsliclic Pola- nik. Bd50. H. 2 et 5, 1897. 7. Henneguy. — Leçons sur la cellule, p. 215, 189G. 8. Hertwig. — Die Zcllc und die Geivebe, p. 140. Jena, 1895. 74 SOCIÉTI^ BKLGE DE MI('.nOSCOF>IE. 9. Huxley. — L'Écrevisse, p. lii. 10. KoRscHELT. — lîeitiagc zur Morphologie und Physiologie des Zcllkerns. Zoolog. Jaltrbuchcr Abtli. /. Anatomie. Bd VI, 1889. 11. Strasburger. — Uel)er (^ytoplasmastructuren Kernzelltheilung, p. 181 et 187. Jakrbiïclier fur wis- senscli. Uolanik. Bd. 50. H. 2 et 5, 1897. 12. Van Bambeke. — A propos de la délimitation cellulaire, p. 72. Bull, de la Soc. belge de microscojne, 1897. 15. Van Gehuchten. — Recherches histologiqiies sur l'appareil digestif de la larve de Psychoptera contami- nata. La Cellule, fasc. 1. T. VI, 1890. 14. WiESNER. — Die Elementarstructur und das Wach- stum der lebenden Substanz. Wien, 1887. MICROTOME A LEVIER DE J. G. DE GROOT Conservateur au Musée et Laboratoire de Zoologie à l'Université d'Utrecht. MICROTOME A LEVIER Encouragé par le succès du microtome, inventé par moi en 1887, j'ai travaillé depuis sans cesse à pertec- tionner mon système, tout en le simplitiant. Il y a environ trois ans que j'ai réussi à réduire de 40 p. 100 le prix du microtome, et l'instrument, bien que ne coûtant pas plus de soixante-quinze florins, ofïre, en outre, comparé au modèle primilif (1), les avantages suivants : 1° L'instrument est en tous points plus solide; ^ 2" La lame ne peut dévier; 5° La lame peut-être fixée sous des angles très divers, à la façon des microtomes Jung. 4-" Le mouvement est imprimé, non par la rotation, mais par l'oscillation d'un levier (2); 5° Le bloc de parafine contenant l'objet à découper glisse avec légèreté et facilité sous la lame, sans les secousses que produit la rotation ; 6° Il est devenu aisé de fixer l'object dans le micro- tome et de l'en détacher ; 7" La régularisation de l'épaisseur des coupes se fait très simplement; cette épaisseur peut être fixée à ^2 1/2, 5, 7 1/2, 10, etc. microns; 8° Les dimensions des coupes peuvent être portées h (1) Voyez : Zeitsclir. f. Wiss. Mikroscofiie. Bd. IV, p, Uo. (2) Grâce à ce dispositif il osl possible de couper des objets durs tels ; utérus, mâchoire de rhonime, etc. 78 SOCIÉTÉ BELGE UE MICIIOSCOPIE. 4 1/2 cm-, tout en demeurant réunies en forme de bande. Ceux qui doivent recourir de temps en temps à la cel- loïdine, pour faire seulement quelques coupes, trouve- ront dans mon microtome un instrumentquiles satisfera. Dans ce cas on attache le bloc de celloïdine, qui con- tient l'object, de la même manière, au porte-object, que si c'était un bloc de parafme; c'est-à-dire qu'on chauffe la parafine à 60° c. et on en applique à la surface du porte-object, on colle sur celui-ci le bloc de celloïdine, dont les côtés qui se mêlent avec la parafine doivent être préalablement bien séchés. On doit soigner à ce que les côtés du bloc soient bien entourés de parafine, de manière que le bloc de celloïdine forme une sorte de pyramide dont le sommet serait aplati. Dès que la parafine s'est un peu refroidie on peut faire passer le bloc dans l'alcool. Pour ceux qui coupent toujours leurs préparations dans la celloïdine, un microtome spécial est nécessaire; mais j'ose leur recommander de faire l'essai de fixer le bloc de celloïdine ainsi que je viens de dire parce que cela donne une fixation stable que l'on ne peut jamais obtenir avec la celloïdine liquéfiée sur une mèche de sureau (1). DESCRIPTION DÉTAILLÉE DU MICROTOME Quatre petites colonnes, formant les pieds, portent un rectangle de fer dont les grands côtés portent deux rails d'acier. Sur ces deux rails peut glisser un très lourd (1) Il est de iDoninicniion de compléler le microlome à levier pour la celloïdine. et si j'y parviens j'aurai le plaisir d'envoyer la descriplion de celle inoditicalioa à la Sociélé bcii^e de niicroscopie. MÈMOIIŒS. 71) traîneau, au milieu duquel se Irouvenl les parties dente- lées, recouvertes par une épaisse plaque de cuivre. Au-dessus de cette plaque se trouve le porte-object, qu'on peut fixer et détacher par un dispositif fort simple. Le traîneau lourd est suspendu sur les rails d'acier par trois points si éloignés l'un de l'autre, que sa trans- lation se fait très facilement. Au côlé droit du rectangle se trouve le levier. Quand on éloigne le bout du levier, le traîneau avance, l'object passe devant la lame, l'épaisseur à couper est réglée d'avance. Si au contraire le bout du levier est rapproché le traîneau recule, l'object passe de nouveau devant la lame, maintenant pour livrer la coupe, et, quand la coupe est tout à fait achevée, on n'a qu'à répéter ce simple mou- vement pour continuer à couper. En même temps la main gauche fait tourner la tête d'une vis qui actionne et assure la marche d'un ruban de soie, sur lequel on attache le bout de la première coupe. Le rasoir est fixé sur un épais disque de cuivre, et celui-ci est posé sur deux plateaux, où il est tenu immo- bile par deux vis. Un microtome de ce genre fonctionne depuis deux ans et demi dans le Laboratoire de Zoologie à Utrecht, et j'ose dire qu'il satisfait toutes les exigences. Je prierais toute personne qui voudrait se procurer un microtome de s'assurer au préalable des qualités de cet instrument, en venant voir fonctionner celui de notre Laboratoire. Je suis seul dépositaire du microtome qui ne peut être vendu que muni de ma signature et d'un numéro d'ordre. 80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Je puis livrer l'appareil et accessoires aux prix ci- dessous : Microtome fl. 75 Rasoir de dix c. m- » 5 » » dimensions ordinaires . . » 5 Parafine dure et molle, le kilo . . » 5 Utrecht. Octobre, 1897. M. le professeur Hubrecht a eu la bonté de me faire savoir qu'un nouveau microtome est construit par M. le professeur C. S. Minot. Science, N. S. Vol. V, n. 127, p. 857-8G6. June 1897. C'est, il me semble, un microtome pour couper les objets inclus dans la celloïdine et M. Minot écrit : « Les parties automatiques et dentelées sont les mêmes que celles du microtome de « de Groot » qui nous à servi de modèle. M. Minot a nommé ce nouveau microtome instrument de précision. Par suite de sa construction je peux dire que, toujours contrôlées avec le microscope, les plus fines coupes, 5/x par exemple, que livre le microtome à levier, étaient toujours d'égale épaisseur. Quant à la lame que M. Minot annonce, depuis 8 ans déjà, je fins usage d'un couteau de forme semblable à celle que M. Minot nomme, avec raison, la seule bonne forme. Une plus grande lame, de dix centimètres et de même forme, a été fabriquée d'après mes indications il y a trois ans. Ann. Soc. bolgc de microscopie. T. XXII, pi. I, Microtome à levier de J. G Groot. 1/0 de la grandeur nalurelle. EN VENTE CHEZ LE MÊME EDITECK Dambre. — Traité de médecine légale et de jurisprudence de la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie et accouchements; membre de la Société médico-ps5''cholo- gique, de médecine pratique, et d'anatomie pathologique de Paris. 3^ édition, revue par un professeur. 1 vol. grand in-8° de Ô12 pages. 8,00 Dciiaeyei*. — Les végétaux inférieurs, thallophytes et crypto- games vasculaires. Classification en familles, en genres et en espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de la Société belge de microscopie, membre de la Société royale de botanique de Belgique, officier de l'ordre de la Rose du Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec photomicrographies. 2,00 Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous- cripteurs. 6,00 Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com- plète des Schizomycètes et des Myxomycètes. Francotle. — La diphtérie considérée principalement au point de vue de ses causes, de sa nature et de son traitement, par le docteur X. Francotte, assistant à l'Université de Liège. 2® édition. Bruxelles, 1885. Vol. iu-8°, 416 pages, avec pi. lithogr. 8,00 Francotte. — Résumé d'une conférence sur la microphotogra- phieappliquée à l'histologie, l'anatomie comparée et l'embryo- logie, par F. Francotte. 1887. 2,00 Lialiousse. — Recherches histologiques sur la genèse des gan- glions et des nerfs spinaux, par le docteur Lahousse, à An- vers. Broch. in-8° de 30 pag^s et une planche. 2,00 BOTANICAL GARDEN, GIVEN BY N. L. BRiTTON. ANNAT^KS DE LA TOME XXIT 2^ FASCICULE BRUXELLES ALFRED CASTAIGNE, ÉDITEUR 28, rue de Berlaimont, 28 1898 MEMOIRES NEUATOPOBA CTLIOSIDA N. GEK NOV. SPEC. HAK R. SAND Candidat en sciences et en médecine. i NEMATOPODA CYLINDRICA N. GEN. NOV. SPEC. LIBRARV NEW VOKK En août 1897, nous avons fréquemment trouvé à ^^"^anic/.; Roscoff, sur les algues du vivier du laboratoire, un ^'^tA, Péritriehe marin voisin des Cotliurnia, digne de former un genre distinct par les caractères tout spéciaux de son pédicule. Nous décrirons successivement sa loge, son corps et son pédicule. Loge. La loge (fig. a et h) a la forme d'un cylindre creux, ouvert à une base que nous appellerons extrémité libre, par opposition à l'autre base, l'extrémité fixée, fermée par un disque continu avec la loge et fixé à l'algue par toute sa surface. Les deux premiers tiers de la loge (en partant de l'extrémité libre) constituent un cylindre parfait ; le dernier tiers va s'atténuant graduellement, de telle sorte que la loge, dans son ensemble, représente un cylindre surmonté d'un cône troncjué, et que la base libre a un rayon double de celui de la base fixée. Cette loge est chitineuse, hyaline, transparente, homogène; elle ne présente ni stries, ni ponctuations, ni structures spéciales d'aucune sorte. 86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Explication des figures. FiG. a. — Nematopoda cylindrica adulte, étalé. Grossissement : 400 diamètres. FiG. b. Td., rétracté. Grossissement : iOO. FiG. c. — iYemafo/)06/a cî//m(/nca très jeu ne. Gros- sissement : 400. FiG. d. — ïd., plus âgé. Grossissement : 400. FiG. e. — Extrémité libre de la loge et du corps d'un Nematopoda cylindrica adulte dont l'apparail ciliaire présente un étranglement anomalique. Grossissement : 400. FiG. f. — Extrémité libre de la loge et du corps d'un Nematopoda cijlindrica adulte dont la partie gauche est, par anomalie, plus développée que la partie droite. Grossissement : 400. MÉMOIRES. 87 Son axe est perpendiculaire à celui de l'algue sur laquelle elle est fixée. Il n'y a pas d'opercule. Corps. Le corps (Hg. a et h) a la forme d'un tonneau dont les deux bases seraient légèrement convexes. L'une, la base libre (tournée vers l'extrémité libre de la loge), porte la couronne hélicoïdale de cils péribuc- caux, caractéristique de tous les Péritriches. L'autre, la base fixée (tournée vers l'extrémité fixée de la loge) donne insertion aux deux branches terminales du pédoncule. Le corps est donc un cylindre emboîté dans le cylindre de la loge ; entre elle et lui se trouve un espace libre annulaire plus ou moins considérable. L'axe de la loge et celui du corps coïncident. La structure du corps et des organes, la disposition des cils sont celles de tous les Vorticelliens. La fig. e représente un état bizarre de la zone ciliaire adorale : le bouquet de cils, ordinairement divergent (fig. a), est étranglé en son milieu et prend la forme d'un sablier : cette anomalie a été observée trois fois. La fig. /' montre un animal asymétriipie, dont le coté gauche s'avance plus loin hors de la loge que le côté droit. Le cylindre du corps est donc coufx' obliquement ; le plan de la zone ciliaire est pai- con- séquent obli(jue p;ir rapport ;i l'axe du corps, au lieu de lui être perjjendiculaire. 88 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Pédoncule. Le pédoncule est un filament mince, inséré d'une part, par deux courtes branches divergeant à angle droit (1), au centre de la base fixée du corps, d'autre part à la partie cylindrique de la loge, à l'union des quatre premiers cinquièmes avec le dernier cin- quième (en partant de l'extrémité libre) ; il en résulte que les deux premiers cinquièmes de la loge renfer- ment le corps de l'animal et les deux suivants le pédoncule, le dernier cinquième ne contenant aucune partie du Nematopoda. Le pédoncule, tendu raide (fig. a) lorsque la cou- ronne adorale est en mouvement, se courbe en anses, en boucles (fig. b) lorsque l'animal est inquiété, rétractant le corps jusqu'à ce que l'extrémité fixée de celui-ci arrive à proximité du point d'insertion du pédoncule. Ce mode de reploiement du pédoncule en boucles est tout-à-fait caractéristique et propre au Nematopoda : chez tous les Vorticelliens, au conti'aire, le pédoncule se contracte en spirale serrée, grâce à l'appareil contractile spécial qu'il renferme. Le point d'attache fixe du pédoncule étant situé sur la partie cylindrique de la loge, celle-ci subit à chaque contraction une traction latérale violente et subite occasionnant des secousses assez fortes pour aller jusqu'à ébranler légèrement l'algue sur laquelle le Nematopoda est inséré. On conçoit combien cette disposition est défavorable à la stabilité et à la soli- dité de la loge du Nematopoda. (1) Parfois l'angle est un peu plus petit qu'un angle droit. mémoires. 89 Stades jeunes. 1) La lo£ie du Neinatopoda le plus jeune qu'il nous ait été donné d'observer (fig-. c) avait déjà la forme cylindrique caractéristique de l'espèce, mais sa lon- trueur et sa lari^eur ne dépassaient pas la moitié des dimensions correspondantes de la loge de l'adulte. Le corps présentait trois cercles disposés comme les cercles d'un tonneau. Penchasse dans un tube de chitine ouvert aux deux bouts, sécrété par lui, le Nematopocla, dépourvu de pédoncule, tournait rapi- dement sur lui-même, s'arrêtant bruscjuement pour reprendre ensuite son mouvement, toujours dans le même sens. En tournant sur lui-même, l'animal avançait et reculait dans son tube, se vissant en quelque sorte par le mouvement de son hélice ciliaire adorale. Ces mouvements doivent être en rapport avec la sécrétion de la loge. Celle-ci, loin de s'atténuer vers la partie qui devait devenir plus tard la partie non fixée, s'élargissait et s'épaississait dans cette région. 2) Un stade plus avancé (fig. ci) montre la loge presque achevée. Il n'y manque plus que le disque de la base fixée. Mais cette loge est beaucoup plus petite et plus étroite que celle de l'adulte. Elle grandira donc ensuite pai' intussusception. (I) Sans (1) La croissance par intussusception, ainsi que les mouvements de rotation et de i^rogression combinés en vue de la sécrétion de la loge, n'ont jamais été signalés parmi les Ciliés. Les seules observations qui aient rapport à la formation de la loge chez les Ciliés sont celles de Entz, d'après lequel, chez Cothurnia, il n'y aurait pas sécrétion, mais mue, séparation de la surface du corps en une cuticule qui, épaissie deviendrait la loge — et celles que cite Butschli : Stein, Wright et 90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. doute par anomalie, le corps de cet exemplaire avait, en coupe optique, la forme d'une semelle. Pédoncule des Conïractilia (1). I ) Le spasmonème est-il contractile ou élastique ? Une preuve directe existe en faveur de la contrac- tilité : rélectricitë détermine la contraction brusque du pédoncule. Une preuve indirecte est l'homologie avec les myophanes et les muscles des autres êtres vivants. Trois objections ont été opposées par Entz à la contractilité : A) Le curare ne paralyse pas les muscles pédoncu- laires des Vorticelliens. — Le curare ne paralyse aucun muscle : il paralyse la plaque de Kûhne, élément nerveux interposé entre le muscle et le nerf: le muscle reste excitable directement, l'influx ner- veux seul ne passe plus. Il n'y a donc aucune raison pour que le curare paralyse les muscles des Vorticel- liens. Môbius ont vu, chez Cothurnia.et Folliculina, la loge produite par la surface entière du corps (sauf le péristoine). [)'après Stein, un cercle rétiopeiistomal reste seul en contact avec la loge et continue la sécré- tion, le reste du corps s'étant séparé de la loge. Chez Cothurniopsis, Stein a vu la partie postérieure du corps produire une sorte de calotte; le fond de la calotte et l'extrémité postérieure dn corps se séparent, la calotte ne restant en contact avec le corps que par sa circonférence ; la sécrétion continuant en cet endroit prolonge la calotte en un repli qui revêt le corps jusqu'au péristonae, puis revient sur lui-même se terminer par le cercle de contact ; celui-ci se détache, la cuticule se déplie et la loge est ainsi formée. On ne sait pas, en somme, s'il y a sécrétion (liypothèse de Biitschli) ou séparation de la cuticule, mue (hypothèse d'Entz). (1) Ce sont les genres Vorticella, Carchesium et Zoothamnium. Cette discussion préalable est nécessaire pour établir les homologies du pédoncule de Nematopoda. MÉMOIRES. 9i B) Les Vorticelles enkystées ont leur pédoncule entortillé. — Nous pouvons opposer à Entz, sur ce point, le plus formel démenti : toutes- les Vorticelles enkystées que nous avons vues avaient le pédicule étendu ; nous possédons des préparations fixées et colorées qui montrent, chez des Vorticelles enkystées dont le pédoncule se trouve en état d'extension, l'appareil contractile parfaitement intact. C) Les Vorticelles mortes ont leur pédoncule entor- tillé. — Au contact de toute substance étrangère, de tout agent nocif, les Vorticelles se rétractent ; il est évident que c'est la présence du réactif fixateur, ou la cause de mort quelconque, qui a déterminé la rétraction du pédoncule ; la mort étant survenue immédiatement après, le muscle est resté fixé en état de rétraction. Au reste, les choses se passent ainsi pour les fibres musculaires de tous les animaux ; à moins de pré- cautions spéciales, elles sont toujours fixées en état de rétraction, et cela s'explique aisément, puisque les agents fixateurs employés ont pour propriété physiologique de produire la contraction musculaire. Mais si le réactif fixateur est très énergique et brusquement appliqué, le pédoncule n'a pas le temps de se rétracter complètement avant la mort de la Vorticelle, et il reste fixé dans un état de semi-rétrac- tion. D'autre part, nous avons plusieurs fois réalisé l'expérience suivante : nous plaçons sur une lame de verre une goutte d'eau contenant des Vorticelles ; nous ajoutons une goutte d'une solution de gélatine ; les Vorticelles se contractent à cause du choc, puis 92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. s'étendent ; mais bientôt, la solution de gélatine s'épaississant, elles ne peuvent plus se rétracter et l'on peut aisément les fixer, complètement étalées. Il nous parait donc certain que le spasmonème est contractile et non élastique ; l'état actif du pédoncule est la contraction, l'état passif l'extension. :2) Quel est le rôle de chacun des éléments du pédicule dans son extension et sa rétraction ? Rappelons brièvement la constitution du pédicule des Contractilia : il comprend une paroi, un élément central, un liquide interposé entre ces deux parties. La paroi contient de dedans en dehors une gaine, des fibrilles musculaires longitudinales, une fibrille hélicoïdale. L'élément central comprend : un cordon central : l'axonème (formé d'une eaîne et de cyto- phanes, éléments non contractiles), — un filament enroulé en spirale autour de l'axonème : le spironème (formé d'une gaine, de fibres longitudinales, d'une fibrille hélicoïdale et d'un axe central de cytophanes) — un cordon aplati inséré excentriquement, décri- vant une spirale très longue, à peine sensible, autour de l'axonème : le spasmonème (formé de fibrilles lon- gitudinales continuées dans le corps de la Vorticelle par les fibres longitudinales externes). Examinons le rôle de chacun de ces éléments. A) La gaine du pédoncule détermine, par son élasticité, l'extension : tous les auteurs sont d'accoi-d sur ce point qui nous parait incontestable ; B) Les fibrilles longitudinales de la paroi pédon- culaire et du spironème déterminent le raccourcisse- ment : second point indiscuté ; MÉMOIRES. 93 C) Les fibrilles hélicoïdales de la paroi pédoncu- laire et du spironèine déterinineiil rallongement, selon Geza Entz, Yves Delage et Hérouard, parce que en se contractant, elles tendent à se rapprocher de la direction rectiligne et par conséquent à détor- dre le pédicule ; cela serait vrai si les points d'attache de la tibrille hélicoïdale étaient fixes ; mais une extrémité du pédoncule étant mobile, l'etfet de la contraction de cette libre est tout autre : elle agit évidemment comme un ressort à boudin, tendant à rapprocher ses deux extrémités. Elle ne pourrait du reste nullement détordre le pédoncule, car le trajet qu'elle doit décrire est plus court sur le pédon- cule entortillé que sur le pédoncule étendu, à cause des rétractions et des plissements que la partie du pédoncule tournée vers l'axe de la spire forme. D) Le spasmonème détermine évidemment la rétraction brusque et l'enroulement, à cause de son action excentrique. Delage et Hérouard seuls contestent l'action enroulante sans justifier leur opinion. E) D'après Delage et Hérouard, la gaine du spiro- nème et peut-être l'axe du spironème et l'axonème déterminent l'enroulement, et sur ce point nous sommes d'accord avec eux. En somme, le désaccord porte sur un point seule- ment : les fibrilles hélicoïdales déterminent-elles un raccourcissement ou un allongement ? Remarquons que pour Geza Entz, Yves Delage et Hérouard, le pédoncule est toujours dans un état d'équilibre insta- ble : le spasmonème tend perpétuellement à le rac- courcir, la gaine pédonculaire à l'allonger ; entre ces 94 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. deux élasticités contraires, la contraction musculaire décide : si les fibres hélicoïdales se contractent, l'ex- tension se produit; si les fibres longitudinales entrent en jeu, la rétraction a lieu. On remarquera que ce système nécessite l'intervention d'éléments nerveux (pour Entz,ils sont représentés par les cytophanes) ; en efifet, on ne peut admettre qu'une action exercée sur la Vorticelle détermine une contraction d'une partie de ses muscles seulement sans admettre l'existence d'éléments distributeurs et régulateurs de l'excitation produite : si, au contraire, à chaque action exté- rieure, tous les muscles entrent en jeu à la fois, les éléments nerveux ne sont plus nécessaires. Or, nous ne connaissons pas d'éléments nerveux chez les Vorticelliens, la nature nerveuse des cyto- phanes n'étant rien moins que démontrée ; il vaut donc mieux pouvoir se passer de cette hypothèse, et admettre que tous les muscles pédonculaires se contractent à chaque excitation ; leur contraction produisant la rétraction, il faut qu'ils soient tous rétracteurs, par conséquent il faut que les fibrilles hélicoïdales soient rétractrices du pédoncule, opi- nion que nous avons justifiée plus haut au point de vue mécanique. D'après nous, par conséquent, toutes les fibres nmsculaires du pédoncule servent à le raccourcir, les longitudinales à la manière d'une lanière de caoutchouc, les hélicoïdales comme un ressort à boudin ; la gaine pédonculaire détermine l'allonge- ment ; le spasmonème, surtout, et accessoirement la gaine et l'axe du spironème et l'axonème sont la cause de l'enroulement. MÉMOIRES, se Ce système, plus simple, nous semble plus en rapport avec le raccourcissement très brusque du pédoncule et son extension graduelle :• toute action exercée sur la Yorticelle atçit sur son système muscu- laire entier et contracte tous les nmscles de son pédicule dont l'action concourt vers un seul but, la rétraction. HOMOLOGIES DU PÉDONCULE DE NE31AT0P0DA. Le pédoncule de îSematopoda est-il une formation nouvelle, spéciale, ou est-ce l'axonème, le spironème ou le spasmonème ? 1) Au point de vue morphologique, ce n'est évidemment pas l'axonème, qui n'est pas formé de myonèmes, mais bien de cytophanes ; ce n'est pas le spironème, constitué d'un axe central de cyto- phanes entouré d'une gaine de myonèmes ; mais ce peut être le spasmonème puisque celui-ci se com- pose, comme le pédoncule de Nematopoda, d'un faisceau de myonèmes. Remarquons en outre que, chez tous les Vorticel- liens, le corps se rétracte en boule en même temps que le pédoncule se contracte, et ce phénomène s'explique aisément, la couche longitudinale de myonèmes qui recouvre le corps se continuant par le spasmonème : spasmonème et fibrilles longitudi- nales internes ne forment qu'un seul muscle, et cette disposition est essentielle pour que la contraction du corps et la rétraction du pédoncule aient lieu siuml- tanément. Or, cette rétraction simultanée a lieu également 96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. chez Nematopoda ; il est donc vraisemblable qu'ici aussi, libres longitudinales internes et fibres pédon- culaires ne forment qu'un seul nmscle, c'est-à-dire que le pédoncule est l'homologue du spasmonème, dont il a, du reste, l'aspect et les dimensions, 2) Au point de vue physiologique, nous allons retrouver la même homologie : nous venons de discuter plusieurs questions se rapportant au mode de contraction du pédoncule des Vorticelliens ; quoiqu'il en soit, que le spasmonème soit contractile ou élastique, que les libres hélicoïdales raccourcis- sent ou allongent le pédoncule, nous sommes d'accord avec Entz, Delage et Hérouard sur le mode d'action du spasmonème : il amène la rétraction brusque du pédicule. N'est-ce pas aussi le mode d'action du pédoncule de Nematopoda ? Mais tandis que chez celui-ci, il agit seul et ne peut par consé- quent pas se contourner en spirale, chez les Vorti- celliens, au contraire, son action, combinée avec celle des autres parties du pédoncule, produit la rétraction en spirale serrée. A tous égards se justifie donc l'homologie du spas- monème et du pédicule de Nematopoda. Classification. Les Péritriches sont les Infusoires Ciliés dont la zone adorale est contournée en hélice. Yves Delage et Hérouard les divisent en deux groupes : A. Chez les Scaiotriches (Spirocliona, Styloc/iona, lïeliocliona, Licnophora, Kentroc/iona), l'hélice ciliaire adorale est sénestre ; MÉMOIRES. 97 B. Chez les Dexiotriches, elle est dextre. Ceux-ci comprennent, au point de vue du mode de fixation du corps, plusieurs groupes : 1 — Les Dexiotriches fixés par un disque adhésif ; ils sont dépourvus de loge : famille des Urceola- Rm^. (Triclwdina, Vrceolaria, Anhyiiienia, Cydocliœta, Leiotroclia, Cyclocyrriia, HastateUa, Trichodinopsis, Hemispeira). 2 — Les Dexiotriches fixés par des soies adhésives : a) Pas de loge : Astylozoon ; h) Une loge : Stylocola. 5 — Les Dexiotriches fixés par un point quelcon- que du corps, non différencié : a) Pas de loge : famille des Scyphidiisk (moins Astylozoon) a) Animal fixé par sa base : Gerda ; §) Animal fixé par un disque adhésif rudi- mentaire : Scyphidia ; b) Une loge : a) Animal fixé par une face du corps : Vaginicola (Platycola) ; j3) Animal fixé par un cercle péribuccal : famille des Lagenophryl^J": (Lagenoplirys, Stylohedra) ; y) Animal fixé par sa base, quelquefois diffé- renciée en un pédoncule sans structure spéciale, constituant un simple prolon- gement du corps : groupe des Cothlrmna (Cothurnia, Pyxicola, Pachycola, Pac/iy- trocha, Thtiricola, Cotliurniopsis, Opliio- nella). XXII 7 98 sor.iÉTi: belge de microscoi'ik. 4 — Les Dexiolriclu's lixcs par un pédoncule con- tractile, présentant un axonènie, un spironènie et un spasinonènie ; ils sont dépourvus de loge : tribu des CoNTRACTiLiA (Voî^ticcUa, Carchcsium, Zootlium- niiun). 5 — Les Dexiotriches fixés par un pédoncule non contractile, n'ayant ni spironènie ni axonème, et présentant seulement un rudiment de spasmonème à l'insertion au corps ; ils sont dépourvus de loge : tribu des Acointractilia {(ilossateUa, Wiabdostyla, pistil ostijla , EpistijUs , Ca ni panel lu , Opercii lariu , Pyxkliii m , Oplirijdiii m). Il faut donc y ajouter : 6 — Les Dexiotricbes fixés par un pédoncule con- tractile composé d'un seul filament, les spasmonème, et possédant une loge : ISeiiiatopoda. On peut résumer cette classification de la manière suivante : A — Apoda : Dexiotriches dépourvus de pédoncule (groupes 1, 2 et 3 de la classification précédente) ; B — AcoNTRACïiLiA : Dcxiotrichcs ne possédant qu'un rudiment de spasmonème (groupe 5) ; C — Nematopoda : Dexiotriches ne possédant qu'un spasmonème (groupe 6) ; D — CoNTRACTiLiA : DexiotHches possédant un spas- monème, un spironènie, un axonème et une paroi pédonculaire musculaire (groupe 4). Nematopoda est donc le seul genre de Dexiotriches qui possède à la t'ois une loge et un pédoncule. C'est MÉMOIRES. 99 aussi le seul genre muni d'un pédoncule contractile non différencié en spironème, spasinonème, axonème et muscles de la paroi pédonculaire. Dimensions moyennes (en millimètres). Adulte. Forme jeune. Loge. Longueur : 0,090 0,040 Largeur de la base libre : 0,022 0,012 Largeur de la base fixée : 0,010 0,012 Corps. Longueur : 0,040 0,015 Largeur : 0,020 0,010 Pédicule. Longueur : 0,035 pas de pédicule. Bibliographie. BuTSCHLi. Protozoa. Delage et Hérouard. Truite de zoologie concrète. Tome 1 : Protozoaires. Entz. Die elastischen und contractilen Elemente der Voi'ticellinen (Mathematische und nuturwissenscliuftUclie Berichte aus Ungarn, 10 Bd, 1 Hft, 1892, p. 1). LA GERMINATION DE QUELQUES ÉCIDIOSPORES l'AU p. NYPELS Docteur en Sciences naturelles. I LA GERMINATION DE. QUELQUES ECIDIOSPORES Les écidiospores des llrédinées, placées en atmos- phère humide, lierment d'ordinaire de suite ; elles ne paraissent pas eonserver très loni>temps leur vitalité. En général les écidiospores conservées à sec ne germent plus dans l'eau pure après une huitaine de jours. J. Eriksson (1) a montré l'action favorable des basses températures sur la germination des spores d'Urédinées (!2) ; on sait que certaines substances favorisent ou activent également leur i'ermination. Ce n'est nullement là un phénomène spécial à ces champignons et l'on observe des phénomènes ana- logues pour les plantes et les graines. Dans la plupart des cas, les écidiospores germent en émettant un tube mycélien plus ou moins long, généralement simple, se ramifiant quelquefois. Toutefois les Urédinées du genre Endop/ufllinn produisent des écidies dont les spores germent d'une façon tout à fait difféi-ente, à la façon des téleutos- [)ores. (1) Centralblatt Bakteriologie Parasitenkunde, 2 Abt,, Band 1. p. 557. (2) Observé également par Fischer, voir : Bulletin Herbier Roissier. Vol. 4. p. 897. -104 SOCIKTK UKl.liK I)K MICUOSCOPIE. Enfin, comme nous le verrons plus loin, un Aeci- diiim typique, pour lequel on ne connaît pas de formes Uredo et Jeleuto, peut présenter dans la germination de ses spores, des particularités inté- ressantes. Endophyllum Sempervivi De Rary. — Cette espèce a existé pendant quelques années au Jardin Botanique de Bruxelles. Elle reparaissait régulièrement tous les ans au printemps sur divers Semperviviim. Des cultures très nombreuses de spores ont été faites et m'ont fourni des aspects assez variés. Dans beaucoup de cas on observe la germination typique et bien connue : promycelium dans lequel se séparent quatre cellules qui produisent chacune latéralement une sporidie. Mais on aurait tort d'affir- mer qu'il en est toujours ainsi. Le nombre des cloi- sons est variable ; les sporidies ne se forment pas toujours et peuvent être remplacées par des filaments plus ou moins ramifiés, etc. Des soudures peuvent se produire entre promycelia voisins. On observe aussi quelquefois des spores germant à la façon d'une écidiospore typique et produisant un long filament simple et non cloisonné, comme le font parfois aussi les téleutospores de divers Pucciuia. Si ce cas se présentait plus fréquemment, on devrait peut-être admettre l'existence dans les écidies de deux espèces de spores, les unes germant et fonction- nant comme des écidiospores, les autres germant à la façon des téleutospores. Mais le fait se produit assez rarement et doit être considéré plutôt comme un cas anormal, relevant de la tératologie ou de MÉMOIRES. lOo l'atavisme (les cas d'atavisme ne sont le plus souvent que des eas tératologiques arbitrairement choisis). Dans mes cultures, les s})ores qui ont liernié de cette façon se trouvaient à la surface comme les autres et ce n'est pas parce qu'elles se trouvaient dans la profondeur d'un liquide ((u'elles ont germé différemment. Endophyllum Sedi Lév. — Le ijjenre Endophyllum a été créé en i>, consacrées en grande partie à l'étude des Champignons aquaticpies. Nous n'avons pu donner, depuis la publication du fascicule iX, beaucoup de temps à l'étude des maladies d(^s Algues et particulièrement à celle de leurs parasites ; c'est là cependant une étude phores, alors que le noyau cellulaire est déjà détruit. (!le parasite vient donc complète)' la séi-ie de ceux que nous connaissions déjà. Nous avons en etVet décrit antérieurement dans les cellules de V Hormiscia zonata un organisme [Endolpidhun] ([ui provocjue un accroissement notal)le de la cellule en conservant pendant assez longtemps sa vie. Dans les cellules d'OcdogoniiDn nous avons signalé un autre parasite fPlasmopluir/u.sJ qui lui aussi permet l'accroissement cellulaire, la multiplication nucléaire, mais empêche la division cellulaire. Dans des récoltes d'Alcrues ♦l^a SOCIKTK RF.U;K DK MICKOSCOI'IK. (pi'ov. d(^ Naniur), nous avons retrouvé le même Plasmophaf/us, dans son même hôte et nous avons pu nous réassurer de l'exactitude de nos premières observations. Enfin dans le cas ({ui fait l'objet de cette notice, le chromatoj)hore s'agrandit grâce à la présence du parasite, mais le noyau disparaît, la cellule ne peut dès lors plus se diviser, mais l'assimilation peut encore se faire au j)lus grand bénéfice du parasite. EXPLICATIOIV DE LA PLWCIIE II. FiG. 1. — Cellule de Zygnema considérablement agrandie, au centre le pai'asite avec ses nombreuses vacuoles ; à gauche et à droite les chroraatophores dans lesquels les pyrénoides sont dédoublés et de forme irrégulière. FiG. 2. — Cellule de Zygnema moins renflée que la précédente. Dans le chromatophore de gauche on n'observe pas de dédouble- ment du pyrénoide ; il se pourrait cependant qu'il existe deux pyrénoides superposés. Dans le chromatophore de droite le pyrénoide est nettement dédoublé. r)ans les deux chromato- phores les pyrénoides sont presque divisés au milieu. FiG. 3. — Cellule de Zygnema dans laquelle le parasite au lieu d'être logé au centre de la cellule se trouve logé vers une des extré- mités cellulaires. Entre les deux chromatophores on voit encore une masse elliptique, compacte qui est peut être le noyau modifié. Les pyrénoides sont dans les deux cas irréguliers et paraissent vacuoleux au centre. FiG. 4. — Fragment de filament de Zygnema. Vers le dessous une cellule considérablement allongée et renfermant au centre le parasite sous la forme d'une masse elliptique. Au dessus et en dessous les chromatophores modifiés avec pyrénoides uniques polygonaux. A la partie supérieure du dessin une cellule de grandeur ordinaire, dans laquelle les chromatophores sont disposés normalement, le noyau logé entre eux, mais la struc- ture étoilée normale des chromatophores n'est plus visible. FiG. 5. — (Cellule de Zygnema fortement agrandie, au centre deux splîérules dont l'une, la plus petite, pourrait être le reste du noyau cellulaire, l'autre étant le parasite encore peu développé. Déjà à ce stade les chromatophores très volumineux renferment chacun deux pyrénoides plus ou moins en forme de biscuit. FiG. 6. — Cellule moins modifiée que celle figurée précédemment, l'24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE, elle l'enferme deux parasites, le pont protoplasmique qui relie les chromatophores est encore nettement visible, les pyré- noides sont modifiés mais non dédoublés. FiG. 7. — Cellule légèrement agrandie, un parasite au centre dans le pont protoplasmique l'eliant les deux chromatophores. Ceux-ci sont encore disposés perpendiculairement à l'axe de filament, mais le pyrénoide a grossi et la structure des zones amylifère et chlorophylienne est déjà complètement modifiée. I^DEX ALPHABÉTIliLE i\e» e»]^èees citée»^ «laiis les fascicules l-X des « i\otes iiiycolog^iqiies ». (Les chiffres romains imprimés en gras indique^it les numéros des fascicules.) Achlyopsis De Wild. VIII p. 123. — entospora De Wild. VIII p. 123 pi. IX. Ancylistes. — Closterii Pfitzer II p. 62, III p. 150. Apodya. — lactea (kg.) Cornu VI p. 215. Asterocystis De Wild. I p. 21, VI p. 227. — radicis De Wild. I p. 21 pi. III %. 1-6. 9. Cladochytrium. — cornutum De Wild. VII p. 59 pi. m lig. 1-22. — Hippuridis {Rostrup) De Wild. I p. 48 pi. VII lig. 1-3, III p. 149, V p. 94. - irregulare De Wild. V p. 91 pi. III ïig. 1-13. — tenue Nowak. V p. 91 pi. III tig. 14-23. Clavarlopsis De Wild. VI p. 200. — aquatica De Wild. VI p. 201 pi. VI tig. 1-9. Chytridium. — decipiens Br. Il p. 59 pi. VII flg. 5-11. — dentatum Rosen VII p. 55. Chytridium. — Pandorinae Wille VII p. 52. Ectrogella ZopfW p. 227. — Bacillariacearum ZopfW p. 63, III p. 155, IV p. 65. Endolpidium De Wild. III p. 153. VI p. 226. — Hormisciae De Wild. III p. 153 pi. VI fig. 1-11. Entophlyctis. — Characearum De Wild. Vill p. 131 pi. XII fig. 1-10. — Cienkowskiana {Zopf) Fisch. III p. 158. Fusarium elongatum De Wild. Il p. 42 pi. V, III p. 149. Lagenidium. — spec. IV p. 75 pi. II fig. 22. — Closterii De Wild. Il p. 43 pi. VI flg. 1-5, V p. 105. — ellipticum De Wild. I p. 8 pi. I et II flg. 45, V p. 104. — enecans Zopf l p. 10, Il p. 45, V p. 104. — entophytum Zopf I p. 10, Il p. 46, V p. 100 et 105 pi. III flg. 24-25, VII p. 47. 426 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIK. Lagenidium. — gracile Zo^f I p. 10, Il p. 46, V p. 102 et 104 c flg. 3. — intermedlum De Wilcl. V p. 96, 104 pi. IV flg. 10-13. — Marchalianum He Wild. IX p. 10 pi. I flg. 1-9. — pygmaeum ZoyfX p. 9, Il p. 45, IV p. 74, V p. 104. — Rabenhorstii Zopf II p. 4.5, V p. 98, 104 0. flg. 1-2. — Syncitiorum Klebahn VI p. 218, — Zopfli De Wild. I p. 10, Il p. 46, V p. 105. Lagenidiopsis De Wild. VIII p. 115. — reducta De Wild. VIII p. 115 pi. VI et VII. Latrostium ZopfW p. 226. — comprimeiis Zopf VI p. 63, IX p. 13. Lemonniera De Wild. III p 147. — aquatica De Wild. III p. 147 pi. V, VI p. 201 pi. VI flg. 12-14. Massai'tia De Wild. IX p. 27. — javanica De Wild. IX p. 27 pi. II flg. 6-14. Monolpidiaceae VI p. 226. Myzocytium. — megastomum De Wild. Il p. 56, 59 pi. VI flg. 6-10 pi. VI flg. 19-20, IV p. 77, VII p. 47 pi, III flg, 22-26, IX p, 22, — prolifei'ura Schenh II p. 53 pi. VI flg. 11-12, Il p. 56 IV p. 76, VII p. 46, IX p. 22. — vermicolum Zopf M p. 59. Nematosporangium. — dlctyosporum (Racib.) Schroet. VI p. 210-215. — gracile {Schenh) Schroet. VI p. 207. Olpidiopsis Cornu VI p. 226. — appendiculata De Wild. VII p. 30, 36 pi. Iflg. 4, 8- 12. — ellipticum {Schroet.) Fisch. VII p. 37. — flbrillosa De Wild. VII p. 28, 37 pi. II flg. 13-14, 18-19. — incrassatum Cornu VII p, 38. — index Cornu VII p. 36. — major Maur. VII p. 33. .37. — minor Fisch. VII p 37. — Saprolegniae {Br.) Fisch. VII p. 36. — Schenkiana Zopf II p. 63, VII p. 31 pi. n flg. 1-12, 15-17, VII p. 38. — Zopfli De Wild. VII p, 26, 37 pi, I flg, 1-3, 5-7, Olpldium Br. VI p. 226. — Algarum Sorok. il p. 49 pi. VII fig.-l. — Borzii De Wild. I p. 19. — Brassicae Fisch. I p. 16. — endogenum {Br.) Schroet. IX p. 18. ^ entophlyctis Br. VI p. 215. — entophytum Br. IV p. 19. — Gillii De Wild. VII p. 42. IX p.20. — immersum Sorok. Il p. 51 pi. VII flg. 12-15, 17, IV p. 65 pi. II flg. 16, VII p. 45 pi. m flg.27-28. — Mesocarpi De Wild. VII p. 45 pi. I flg. 1.3-16, IX p. 21. — Oedogoniarum {Sorok.) De Wild. III p. 154 pi. VI flg. 9-10, IX p. 20. — pusillum {Sorok.) De Wild. IX p. 19. — radicicolum De Wild. VII p. 43. — rostratum De Wild. VII p, 40 c. flg., IX p. 21. — saccatum Sorok. Il p. 50 pi. VI flg. 17-25, VII p. 46 pi. m flg. 29-32. — Sorokinei De Wild. IX p. 20. MKMOlItKS, -1:27 Olpidium. — zygnemicolum Magnus IX p. 21. Plasinoparopsis De Wild. VIII p. 127. — rigida De Wild. VIII p. 128 pi. X et XI flg. 5-8. Plasmophagus De Wild. VI p. 223, 227. — Oedogoniarum De Wild. VI p. 224 pi. VIII et IX. Pleolpidium Fisch. VI p. 227. Pleotrachelus. — radieis De Wild. I p. 23 pi. III lig. 20-25, IV p. 70. VI p. 227. f. major De Wild. IV p. 71. f. intermedia De Wild. IV p. 71 pi. II tig. 23-26. f. minor De Wild. IV p. 71 pi. II flg. 27-35. Phlyctoctiytrium. — Autrani De Wild. VII p. 54. — catenatum {Dang.) Schroet. VII p. 53. — Chaetophoi'ae De Wild. VII p. 51. — Hydi-odictyi {Br.) Schroet. VII p. 52. — dentatum (Rosen) De Wild. VII p. 55. — Euglenae {Dang ) Schroet. VII p. 53. — Pandoi'inae [Wille) De Wild. VII p. 52. — quadricorne {De Bary) Schroet. VII p. 55. — Schenkii {Dang.) De Wild. VII p. 50, IX p. 12. — Spii'ogyrae De Wild. VII p. 51. — vernale {Zopf) De Wild. VII p. 54. — Westii {Mass.) De Wild. VII p. 54. — Zygnematis {Rosen) Schroet VII p. 56. Protomyces. — radicicolus Zopf I p. 28 pi. II flg. 26-28, pi. III flg. 26-30. Pseudolpidium Fisch. VI p. 226. Pythium. — Characearum De Wild. VIII p. 119 pi. VIII. — complens Fisch. IX p. 24. — gibbosum De Wild. VIII p. pi. XII flg. 11-15. — Hydrodictyorum De Wild. IX p. 24 pi. II flg. 1-5. Rhizidionnyces. — Spii'ogyrae De M'ild. V p. III pi. IV flg. 14-22, VII p. 51. Rhizidiura. — Autrani De Wild. IV p. 74 pi. II flg. 17-21, VII p. 54. — Chaetophorae De Wild. VI p. 217 pi. VII flg. 15-21, VII p. 51. — Schenkii Dang. III p. 155, IV p. 72, VII p. 50. — sphaerocarpum ZopfW p. 61. — vernale ZopfWX p. 54. — Westii Man. VII p. 54. Rhizomyxa. — hypagaea Borzi I p. 25 pi. II flg. 9 16. Rhizophidium. — appendiculatum {Zopf) Fisch. IV p. 71. — dubium De Wild. V p. 113 pi. III flg. 26-28. — Fusus {Zopf) Fisch. III p. 156. — globosum {Br.) Fisch. III p. 157. — marinum De Wild. I p. 11. — Pytliii De Wild. IX p. 12 pi. I flg. 10-17. — sphaerocarpum Fisch. Il p. 61 pi. VI flg. 13, pi. VII fig. 18. — transversum {Br.) Fisch. III p. 156. iiJ8 bU(:ilvTK BELGE DE MlCKOSCOPlE. Rhizoplilyctis. III p. 157. — operculata De Wild. V p. 108 Sphaei-ita Dang. VI p. 226. })]. IV rtg. 1-9. Tetracladium De Wild. Il p. 3'J. Sclerotiuin. — Marchalianum De Wild. Il p. 39 — hydrophilum iîo^/ier^ IV p. 62. pi. IV flg. 1-13, III p. 137-142 Septocarpus. pi. IV fig. 12, IV p. 78, VI — corynephorus Zopf II p. 63, p. 193 pi. V flg. 10-14. TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME XXII DES AWALES DE LA SOCIÉTÉ lîELGE DE MICROSCOPIE (MÉMOIRES) C. Eg. Bertrand. — Premiers aperçus sur la forma- tion des cliarboQS de terre 3 Notes du Laboratoire de Biologie ambulant de rUui- versité de Bruxelles 36 A. Lameeee. — Documents jDour la faune de Bel- gique 41 G. Lochenies. — Lichens de la Vallée de la Meuse 47 J . Massaet. — Sur des fleurs bicalcarées de Cory- dalis solida 53 L. Querton. — Du mode de formation des membranes cellulaires 59 J. G. de Gkoot. — Mictotome à levier 75 R. S AND. — Nematopod. cyliudrica 85 P. Nypels. — La germii 'tion de quelques écidiospores. 103 É. De Wildeman. — Notes mycologique.s. Fasc. X . 115 BULLETIN DK LA m BELGE DE IICROSCOP E VINGT-DEUXIEME ANNEE BRUXELLES A. MANCEAUX, LI BRAIHE-ÈDITEU R 3, Rue des Minimes, 3 •1896 BULLETIN DK l.\ wnf n ri? E DE IICROS COP E r/iVG 7'- DEUXIÈME A M NÉE BRUXELLES A. MANCEAUX, LI BR A I RE-ÉD IT E Q K Rue des Trois-Tètes, 12 (Montagne de la Cour) 1896 COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF POUR U EXERCICE 1S9o-l896 M. le D' UouFiAKT, Président. 1894-1896 M. Lameeue, Vice-Président. 1893-1897 M. Ém. Lauuent, Id. '" 1894-1890 M. ÉM. De Wiloeman, Secrétaire. 1893-1897 M. L. Bauwens, Trésorier. 1893-1897 M. C. H. Delogne, Bibliothécaire-Conservateur. 1894-1896 M. L. CooMÂNs, Membre. 1895-1897 M. F. CréI'in, Id. 1894-1896 M. L. Errera, Id. ' 1894-1896 M. Van Bambeke, Id. 1893-1897 Secrétariat : M. De Wildeman, au Jardin botanique de l'État, à Bruxelles. Seciiétaires-adjoints : M. le D'" Ch. Bordet, rue Rogier, 253. M. le D' Pechère, rue de la Loi, 140. Trésorier : M. Bauvvens, rue de la Vanne, 33, à Bruxelles. Bibliothèque : au Jardin botanique de l'État à Bruxelles. BLLLETIN DES SKA^CES UB LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE ÏOME XXII. N" 1. 1895-1896. Procôs-ivei'hal «le l^issemhlée iiieii^iielle du ^4i octobre 18»5. Présidence de M. Rouffart, président. La séance est ouverte à 8 \/2 heures. Comnmnications : M. R. Sand expose le résultat des observations qu'il a faites pendant un séjour au laboratoire maritime du Portel, sur les Acinétiens du Pas de (Calais. A la suite de cette communication il projette sur la toile un certain nombre de clichés obtenus par M. Francotte. Ils font nettement saisir les particularités observées. Un certain nombre de préparations microscopiques sont également exhibées. Le travail de M. Sand paraîtra dans le tome 6 SOCIÉTÉ BlîLGE DE MICROSCOIME, XIX des Mémoires de la Société. Un résumé de ce travail sera publié dans le compte-rendu de la séance. M.Fiscli, représentant à Bruxelles de la maison Leitz, montre ensuite une belle série des instruments de micros- copie construits par cette maison. Plusieurs des pièces exhibées méritent tous les éloges. M. Francotte qui a eu l'occasion d'essayer les divers objectifs de la firme Leitz, fait part à la société du résultat de son examen. Les membres s'intéressent surtout à la démonstration de l'emploi de l'appareil du docteur Edinger, dont une description accompagnée de figures a paru dans un Bulletin antérieur. L'assemblée décide qu'une notice sur les instruments présentés sera publiée dans le Bulletin des séances de la Société. Élection : M. Wautliy, étudiant en sciences naturelles, présenté par MM. Francotte et De Wildeman, est élu membre associé de la société. La séance est levée à 10 1 ^ heures. LES ACINÉTIENS PAR René SAND J'ai éliulié les Acinétiens, sous la direction de M. le professeur Francotte, au laboratoire maritime du Portel (près Boulogne), grâce à riiospilalité de son directeur, M. le professeur Hallez. Je me permets d'exprimer ici à ces deux savants toute ma reconnaissance. J'ai observé au Portel dix-huit Acinétiens (de six genres différents), dont quatorze connus (de quatre genres) : Oplirijodendron belijicum Fraipont, Opiir. mullicapi- laliim Kent, Acinela livadiana Mereschkowsky, ^4. di- visa Fraipont, A. crenala Fraipont, A. tiiberosa Ehren- berg, A. Vorliccllo'idcs Fraipont, A. fœlida Maupas, A. pusilla Maupas, Eplielota (Podoplirya) gemmipava liertwig, Epli. Iruncata Fraipont, Epli. Cnislaceorum Ilaller, Tokoplirya {Podophri/a) Lynghiji Ehrenberg, Tok. limbata Maupas. J'ai vu également quatre espèces nouvelles de quatre genres diff'érents dont deux connus et deux nouveaux : Tokoplinja Francoltei, Acineta Jorisi, Hallezia multilenlaculala et Dendrophvya gem- mipara. Le genre Hallezia, intermédiaire entre Triclioplnya^ Tokoplirya et Podopitrya comprend des animaux soli- taires, pourvus d'une cuticule, sans coque, fixés par un 8 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICllOSCOPIE. petit bourgeon adhésif en forme de cône dont la base se confond avec le corps de l'animal et dont le sommet tronqué est seul adhésif. Ce bourgeon, constitué par du protoplasme non différencié, recouvert par la cuticule, est donc une simple bosse du corps; les tentacules, tous suceurs, dispersés ou en faisceaux, quelquefois très nom- breux (125), sont tubuleux, capités et placés à l'extré- mité opposée. Je place dans ce genre : Hallezia nuiltitenlaculata Nob. marin et trois espèces d'eau douce : Hallezia {Podophrija) Buckei S. Kent, Hallezia [Podopltrya) compressa Nulting et Hallezia (Podophrya) braclujpoda Stokes. Le genre Dendrophrya comprend les Acinétiens à pédoncule ramifié, formant des colonies analogues à celles des Epistijlis. Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, Dendrophrija gemmipara Nob. qui présente une variété longipes ramifiée et une variété brevipes à pédon- cule très court et non ramifié. Cette espèce ressemble à Eplielola gemmipara. EWe en diffère par ses bourgeons, son pédoncule, sa couleur et ses dimensions. J'ai été assez heureux pour découvrir dans la cuticule une structure permettant de la reconnaître partout où elle existe, même là où sa ténuité la rend invisible ou contestable, et j'ai pu résoudre ainsi les différents pro- blèmes controversés. Toute cuticule possède chez les Acinétiens une surface granuleuse, bosselée, chagrinée, dont les mamelons, qui ne peuvent être vus avec les plus forts objectifs à immersion, ressemblent étonnamment aux perles des Diatomées. Ces perles sont disposées en rangées parfaitement régulières ; les faibles grossis- sements ne montrent que des stries longitudinales ou BULLETIN DES SÉANCES. transversales. Le diamètre des perles varie de 0"""000(K> à 0"""000r). Elles se voient aussi bien sur les prépara- lions que sur le vivant. Cela étant, les perles se reconnaîtront facilement par- tout où elles se trouveront, et décèleront ainsi à toute évidence la présence d'une cuticule. Par ce moyen j'ai pu constater que les pédoncules, les tentacules et la coque des Acinétiens sont perlés, donc cuticulaires. La coque, la loge, provient toujours d'un dédoublement de la cuticule qui se divise en deux feuillets, dont l'un i-este adhérent au corps (plancher de Fraipont), cuticule interne et dont l'autre se détache incomplètement, for- mant la coque, dont le pédoncule n'est qu'un prolonge- ment. Chez Acineta livadiana cependant, la cuticule interne et les tentacules sont perlés, mais la loge et le pédoncule sont lisses ; ils représentent donc une secré- lion spéciale, amorphe non cuticulaire, sans homologie avec la loge et le pédoncule des autres Acineta. La cuticule interne des Acineta est l'homoloirue de la cuticule non dédoublée des Ophrijodendron, Tol.o- phrija, Podoplirya, Ephelota, Hallezia, etc. Dans tous ces genres, le pédoncule (quand il existe), est un prolongement de la cuticule. Je crois pouvoir affirmer qu'il n'existe pas d'Acinétiens nus. Sur la cuticule qui recouvre les tentacules, les perles sont disposées en spirale; c'est ce qui a fait croire à l'existence de spirales contractiles, musculaires, gélati- neuses, etc. Le tentacule est un tube cuticulaire, ouvert à ses deux bouts, souvent évasé à l'extrémité distale; il est rempli par l'eclosarc dont la substance centrale s'est difîérenciée en un tube rempli de protoplasme contrac- tile, très mou, se terminant en bouton sphériquc d'une 10 SOCIKTI-: BKI.GK DE MICUOSCOPIK. part et se prolongeant d'autre part dans le corps jus- ([u'aiix environs du noyau. De telle sorte qu'une coupe transversale du tentacule montrerait un cercle central (substance contractile du tube), limité par une circonfé- rence (paroi du tube) entourée par un anneau de sub- stance protoplasmique non contractile circonscrite par la cuticule. La substance contractile du tube ou baguette contractile ou axillaire, en communication directe avec le cytoplasme, s'allonge et se raccourcit (y compris le prolongement interne) ; ce sont ces mouvements qui retractent ou étirent le tentacule. Le protoplasme est réticulé ; il présente une rangée externe d'alvéoles larges, perpendiculaires à la surface. Le noyau est également réticulé, avec des corpuscules cbromatiques aux intersections des mailles. J'ai pu y voir de l'oxychromatine, mais non de la basicbro- matine. J'ai observé la reproduction par fissiparilé transverse chez Acineta livadiana , Acinela Jorisi, Eplielota yemmipara ; la fissiparité longitudinale chez Eplielola (jemmipara et Deiulroplirya gemmipara ; la formation de gemmes externes chez Dendroplirija ycmmipara, Acinela Jorisi, Acineta crenala, Tokoplirija Lynghyi. J'ai pu constater que dans la repioduction par diverli- cules générateurs, le noyau maternel intervenait dans la formation du noyau de l'embryon. Le noyau se divise toujours, dans les espèces que j'ai observées, longtemps avant le protoplasme. J'ai vu, sur les layéniformes d'Opfmjodendron bcl- yium aussi bien que sur les proboscidicns, dos embryons internes. Ces deux formes sont donc aussi adultes l'une que l'autre; elles ne différent que par la présence ou BULLETIN DliS SKANCES. il l'absence de la trompe. La transformation d'un probos- cidien en lagéiii forme est aussi vraisemblable que la transformation contraire. Le même individu peut, je pense, subir plusieurs fois ces transformations inverses, les deux variétés de celte espèce ne représentant pour moi qu'une adaptation à des milieux nutritifs différents. •T'identifie Ephelola (Podophrija) Benedeni Fraipont à Ephclota gemmipani Hertwig, car j'ai vu toutes les transitions entre les descriptions de Fraipont et celles d'Hertwig. Au point de vue pbylogénétique. les Acinétiens ne sont apparentés aux Ciliés que par les pliénomènes nucléaires (division, conjugaison). Je pense que les types de transition, à la fois ciliés et tentacules, n'ont aucune importance phylogénétique, ainsi que l'invagination de certains embryons et l'apparition successive des tenta- cules chez certains Acinétiens jeunes. Il n'en est pas de même des relations entre les Suceurs et les Sarcodaires (les Iléliozoaires surtout); je trouve une ressemblance frappante entre les pseudo- podes et les tentacules. De plus, les pseudopodes des Sarcodaires sont perlés en spirale, leur cuticule est le plus souvent perlée, tandis que je ne connais qu'un seul Cilié perlé, c'est un Vorticellien voisin de Vorlicella monilala. Je serais disposé à donner une grande importance à ce caractère. 'En somme, les plus grandes affniités unissent les Sar- codaires aux Acinétiens. Mais les phénomènes nucléaires rattachent ceux-ci aux Ciliés. La conclusion inévitable serait que les Acinétiens dériveraient des Radiolaires, et auraient donné naissance aux Ciliés. Mais les piiéno- i"! SOCIKTK »I:LGE DE iMICKOSCOJ'lIv. mènes nucléaires des Radiolaires sont très peu connus ; je les crois très semblables à ceux des Aeinétiens et des Ciliés. Dans ce cas, l'analogie nucléaire entre ces deux derniers types ne serait pas un indice de filiation, mais seulement de parenté. Les Radiolaires auraient donné naissance à deux groupes d'êtres : les Aeinétiens, d'une part, les Ciliés, de l'autre, reliés à leurs ascendants communs et par conséquent entre eux, par les phéno- mènes nucléaires. Cette hypothèse me semble aussi satisfaisante que la piemière. Une étude approfondie du noyau des Radio- laires peut seule décider entre elles. Toute explication phylogénétique au sujet de l'origine des Aeinétiens est encore trop prématurée pour être scientifique. COMPTES RENDUS ET ANALYSES M. De-Toni vient de faire paraître le troisième volume de SOI) Syiioge Algarum. Ce volume qui couiprend plus deCOO pages est consacré uniquement aux Algues brunes, ou Fucoidées. Nous y trouvons la description de 1047 Algues. Le gigantesque travail entrepris par M. De-Toni, est donc fort avancé, il ne lui reste plus à publier que deux volumes, l'un qui comprendra les Floridées et l'autre les Cyanophycées. C'était certes un des groupes pour lesquels le travail était le plus difficile à effectuer, il ny avait guère en efïet de guide ni pour la classilication ni pour la délimita- tion des espèces, celles-ci sont dispersées dans un grand nombre de travaux. Aussi ne pouvons nous assez féli- citer M. De-Toni d'avoir terminé en si peu de temps cet important travail; certes il y a des lacunes, en assez grand nombre même dans la distribution géograpbique de certaines espèces, il manque aussi par ci par là une espèce. Mais malgré ces omissions et ces imperfections, le Sylloge n'en deviendra pas moins la base de tous les travaux postérieurs sur les Algues. Nous espérons pouvoir relater bientôt l'apparition des deux derniers volumes, M. De-Toni aura produit une. œuvre pour laquelle il aura droit à la reconnaissance de tous les Algologues, il leur aura épargné bien des recberches. É. D. W. Nous trouvons dans le fascicule 5 du volume ^8 du 14 SOCIÉTÉ BELGK DE MICKOSCOIME. Jalirbùclicr fur wisscnschaftliclie Bolanik, un article très intéressant sur le genre Clilcnnijdomonas et sur les genres voisins. L'article de M. 0. Dill est intitulé : « Die Gattung Clilamydomonas und ihre nàchsien Verwandten ». Celte étude a été effectuée dans le labo- ratoire de M. le professeur Klebs de Bàle. Le travail de M. Dill est divisée en deux parties. La première renferme un aperçu historique de la littérature du groupe. La seconde est consacrée à la description des espèces, parmi lesquelles plusieurs sont nouvelles et décrites pour la première fois. Beaucoup d'espèces sont figurées, elles proviennent pour la plupart des environs de Bàle. Celte deuxième partie du travail est terminée par une partie systématique dans laquelle l'auteur a placé les diverses familles qui constituent pour lui le système des Volvocacées. Il donne dans cet aperçu systématique la description des familles, et des espèces des genres Ihjramidomonas , Carteria , Clilamydomonas. Il est regrettable qu'à ces indications l'auteur n'ait pas joint les données bibliogiaphiques et celles se rapportant à la dispersion des espèces, son système des Volvocaceae, comprend les genres et espèces suivantes : VOLiVOCACEAE L Fam. — Polyblepharideai:, 1. PoLYBLEHARis Dang. 1888. P. singuUu'is Dang. 2. Pyramidomonas Schmarda 1850. P. tetrarinjnclius Schmarda. 5. Chloraster Ehr. 1848. BlJLLIiilN UKS SÉAiNCES. 4S C. gyrans Ehr. 4. Tetratoma Biïtschli 1887. T. s|), .11. Fam. ClILAMYDOMONADEAE. 5. Carteria Diesing 1868. C. midlifiiis Fres. C. oblusa Dill. C. cordiformis Carier. C. hlebsii Dang. C. minima Dan^. G. Chlamydomonas F]hr. 1850. C. (jujantca Dill. C. reiiculala Gorosch. C. aufjiilosa Dill. C. Elirenbciyji Gorosch. C. lomjislKjma Dill. C. gloeocijsliforinis Dill. C. Uraunii Gorosch. C. Ueinliardli Dang. C. De Ikinjana Gorosch. C. parielaria Dill. C. grandis Slein. C. stellala Dill. C. Steinii Gorosch. C. liuleinikoiuii Gorosch. C. Perlij Gorosch. Spec. (Inl)iae. C. halophila Eiiz (France). (]. metastigma Slein. C lincjens A. Br. •16 SOCIÉTÉ ISEI.GK DE MICKOSCOPIE. C. operculala Slein. C. rostrala Cienk. C. tomida? Sclineicicr. C. radiosn? Schneider. 7. PoLYTOMA Ehr. 1858. P. îivella Elir. 8. Cliloroçjomum Ehr. 1855. C. euclilonim Ehr. 9. Chlorangium Stein 1878. 10. Sphaerella Sonimerf. ni. Fa II). — Phacoteae. 11. Pteromonas Seligo. i2. CocoMONAs Stein. 15. Phacotus Perty. IV. Fa m. — VoLvocEAE. 14. Spondylomoulm Ehr. 15. GoNiuM Miill. 16. Stephanosphaera Cohn. 17. PandOiNira Borv. 18. EuDORiNA Ehr. 19. YoLvox L. Pour les genres 9-19 les espèces ne sont pas relevées dans le tableau, nous regrettons vivement que M. Dill n'ait pas traité d'une façon complète des divers genres comme il a traité \es genres Carleria et Clilannjdomonas , il aurait rendu un grand service à tous ceux qui s'oc- cupent des organismes inférieurs. É. I). W. BILLKTI^ DES SÉ4^CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE ToMt: XX II. N" II. 1895-I89G. Pfocès-vorbal «le la séance iiieiisaicllc 0. Présidence de M. Lameehe, vice-président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. M. le docteur Roufîart prie l'assemblée d'excuser son absence. M. De Wildeman rappelle à la société la solennité qui a eu lieu le 28 octobre dernier à l'Université libre de Bruxelles. A l'occasion de l'ouverture ofïicielle des Insti- tuts du parc Léopold, remis à l'Université par M. le bourgmestre Buis au nom de la ville de Bruxelles, il y aurait lieu, pense-t-il de consacrer dans le Bulletin de la société quelques pages à ces installations dues à l'ini- tiative particulière. XXU '2 18 SOCifiTÉ BELGE DE WICIJOSCOPIK. La société décide de faire paraid'c dans le compte- rendu de la séance une notice sur ces nouvelles instal- lations et sur celles qui, quoique plus anciennes, comme l'Institut botanique, ne sont peut-être pas encore sutïi- samment connues. M. De Wildeman expose ensuite le résultat de ses récentes observations sur les Champignons aquatiques observés pendant son dernier séjour au Laboratoire de la Faculté des sciences de Nancv. Il attire spécialement l'attention, en s'aidant de dessins tracés sur le tableau noir, sur une forme qui lui a paru nouvelle, il la dénomme Plasmophagus gen. nov. Le nom spécifique Oedogouiorum est tiré de l'habitat du Champignon; celui-ci s'était développé en effet dans les cellules d'une Algue du genre Oedogonium , récoltée dans un bassin au Jardin botanique de INancy. Cette Chytridinée nouvelle possède comme caractère spécial celui d'empêcher la formation des cloisons cellu- laires, mais non ladivision nucléaire, dételle façon que dans certaines des cellules de l'Algue on retrouve plu- sieurs noyaux., parfois quatre. Le thalle du Champignon se transforme en entier en zoosporange; les zoospores sont globuleuses uniciliées. M. De Wildeman décrit encore quelques autres formes particulières. Ces diverses données paraîtront dans le fascicule VI des « Notes mycologiques »; celui-ci sera publié dans le tome XIX des Mémoires de la société. A la suite de cette communication, il y a un éc])ange de vue entre le Vice-président et l'auteur sur les rapports des divers groupes d'organismes inférieurs. ItULLETlN DES SÉANCES. 19 Êlecli ion : M. Philippson, étudiant en sciences, présenté par MM. Lamcere et De Wikleman, est admis au titre de membre effectif de la société. La séance est levée à 10 heures. COMPTES RENDUS ET AiNÂLYSES MM. G. Poirault et M. Raciborski ont publié dans la Revue de botanique un travail sur les noyaux (1). Les données que l'on possédait sur cette question avant le travail de ces deux auteurs, étaient éparses et souvent erronées, à en juger par les résultats obtenus par les auteurs. Les auteurs ont étudiôsuccessivemcntct d'unemanière approfondie : Peridermium Pinicoliim Link, Colcos- porium Eiiphrasiae. Grâce à de nombreuses figures intercalées dans le texte et à la plancbe qui accompagne le travail, les auteurs nous font assister aux diverses phases de la division nucléaire. Cette division est un peu spéciale, le nucléole, dès les prophasesde la division, sort du noyau, et la chromatine se divise par une sorte d'étranglemetjt. La pluralité des noyaux dans les spores des Ui'édinées est donc admise. Les deux novaux des Urédinées ne seraient pas comme le pensent MM. Rosen, Dangeard et Trouffy, deux noyaux frères, ce sont des noyaux auxquels MM. Poirault et Raciborski donnent le nom de noyaux conjugués. Les deux se rapprochent, forment au moment de leur division une figure caryocinétique bien symé- trique. Un autre point particulier qui découle aussi des recherches de MM. Poii-ault et Raciborski, le novau de ces Urédinées ne renferme qu'un seul chromo- some. Or, jusqu'à ce jour, l'on a trouvé un chromo- some chez un seul type de noyau, V Ascaris mcyaloce- pliala dontVan Renedcn a étudié la division. (1) Journal de Bola nique, I. IX, tSO.'i, pi. VI. UL'LLETIN DES SÉANCES. 21 Comme nous l'avons rappelé plus liaul, les nucléoles sont expulsés du noyau et semblent représenter un cenlrosome, ils n'o'U cependant aucun rapport avec cet organe particulier de la cellule. Les nucléoles expulsés ne rentrent pas dans le noyau, de sorte que les auteurs peuvent affirmer que, pour les Urédinées au moins, la proposition de Flemming : Omiiis nucleolus ex nucleolo, n'est pas exacte. Quant à la fusion des noyaux dans la prolobaside, fusion dans laquelle MM. Dangeard et Troufïy ont cru voir un acte sexuel, MM. Poirault et Raciborsky ne veulent se prononcer défniitivement. Ils pensent cepen- dant qu'on ne peut admettre, pour le moment du moins, celte fusion comme une fécondation. É. D. W. BILLETIN DES SÉANCES DE LA SOCll^Tlî BELGE DE MICROSCOPIE Tome XXII. N" IH. 1895-1890. Pi*ocès->vei*bal de la séance iiieiisiielle du 16 décembre I805. Présidence de M. Lameere, vice-président. La séance est ouverte à 8 5/4 heures. MM. Rouifart, président, Errera et Massait s'excusent de ne pouvoir assister à la séance de ce soir. Communications : M. le secrétaire attire tout spécialement l'attention des membres de la Société sur le volume dont M. le pro- fesseur Lameere a fait hommage à la Société. Il est intitulé « Faune de Belgique. Tome I. Animaux non insectes », c'est le premier ouvrage de ce genre, parais- sant en Belgique, et il y a tout lieu de féliciter M. Lameere d'avoir mené cette entreprise à bien. BULLKTIN DES SKANCKS. 23 M. Lameere développe ensuite, la coiniminicalion placée à l'ordre du jour : «. Quelle place les Protozoaires doivent-ils prendre dans la classification générale ». Le résumé de la communication de M. Lameere sera publié dans le Bulletin de la séance. M. De Wildeman dépose un travail sur les Volvoca- cées; il paraîtra dans le compte rendu de la séance. La séance est levée à iO heures. SUR LA PLACE QUE LES PROTOZOAIRES DOIVENT OCCUPER DANS hk CLASSIFICATION DES ORGANISMES PAR Aiig. LAllEEKE Quelques naturalistes m'ont exprimé leur étonnement de ce que je n'aie point compris les Protozoaires dans mon Manuel de la Faune de Belgique : je saisis cette occasion pour m'expliquer à cet égard. Selon moi il n'y a pas lieu : 1" de faire entrer dans le règne animal un embranchement des Protozoaires, parce que en agissant ainsi, la définition de l'Animal est impossible à établir; 2" de conserver, même en la relé- guant parmi les Protistes, la catégorie des Protozoaires telle qu'elle est constituée actuellement des Sarcodés, Sporozoaires, Flagellâtes et Infusoires, parce que celte catégorie n'a pas la valeur d'une unité systématique. Cela résulte directement de la conception actuelle de la classification. Aux classifications commodes et purement empiriques BULLETIN DES SÉANCES. 2S de jadis, se substitue aujourd'luii une classification naturelle, phylogénétique, qui en elle-même constitue maintenant un but à atteindre, car elle est le reflet syn- tliétique de nos connaissances sur la structure des orga- nismes, et en quelque sorte le schéma de leur histoire. Cette classification se présente sous la forme d'un arbre généalogique et doit obéir à certaines règles, notamment : 1" toutes les branches de même ordre, quelle que puisse être leur importance, que l'une d'elles soit un ramuscule et d'autres des rameaux puissants, doivent au point de vue systématique, être mises sur le même rang hiérarchique ; 2" il n'y a pas lieu de réunir en faisceau, arbitrairement, en se basant sur des caractères de convergence, des branches qui n'offrent pas plus de parenté entre elles qu'avec d'autres; 5" il est tout à fait contraire à une classification naturelle de couper le sommet de certaines branches pour en faire un ensemble ne reposant aussi que sur des caractères de convergence. La classification générale des organismes, telle qu'on la conçoit habituellement, pèche absolument contre ces trois règles élémentaires. Les naturalistes ne semblent pas s'être encore sufli- samment débarrassés de celte idée si superficielle et si fausse qu'il n'y a que deux sortes d'organismes, des Ani- maux et des Végétaux : elle hante non seulement ceux qui discutent encore si tel ou tel groupe d'êtres uni-cel- lulaires se rattache à l'un ou à l'autre règne (et le main- tien d'un embranchement des Protozoaires résulte de celle préoccupation), mais encore ceux qui adoptent le pis-aller d'un règne des Protistes, soi-disant intermé- diaire entre les Animaux et les Végétaux, et constituant un magasin hétérogène indéfinissable. SOCIiniC lîELGE DE WICHOSCOI'IE. C'est là une des dernières manifeslalions d'nn point de vue erroné : toujours on a donné une iniportanee syslémaliquc beaucoup trop grande aux formes supé- rieures. Rappelons que Ton opposait jadis la seule petite branche des Vertéi>rés à toutes les autres branches du règne animal; il en a été de même pour les Phanéro- games, et il est certain que l'embranchement des Thallo- phytes parmi les Végétaux, est encore un de ces groupe- ments provisoires qu'il faudra répartir en plusieurs branches ayant probablement chacune une valcui' sys- tématique égale à celle de tous les Végétaux terrestres supérieurs réunis. Nous nous laissons encore hypnotiser par la prédo- minance exagérée des Végétaux et des Animaux qui sont à peu près les seuls organismes visibles à l'œil nu, et en acceptant simplement un règne des Protistes, nous agis- sons comme on agissait jadis avec les Invertébrés ou avec les Cryptogames. Ce n'est pas d'en haut qu'il faut envisager l'arbre généalogique du monde organisé, ce qui empêche de bien en distinguer la base, il faut en commencer l'exploration par les basses branches, c'est-à- dire par les Prolistes. En procédant d'une manière rationnelle, et quelle que soit l'opinion que l'on ait sur la généalogie des divers groupes, on s'aperçoit immédiatement que ce sont les différentes catégories de Protistes qui constituent les divisions primaires de la classification des organismes, les régnes si l'on veut, et que les grands tioncs des Végétaux et des Animaux n'ont pas une valeur systéma- tique supérieure : ils peuvent même en être considérés comme des subdivisions. Nous ignorons la filiation exacte des divers groupes BULLIvTIN l)i:.S SKANCKS. 27 (le Prolisles, des Végétaux et des Animaux, mais la comparaison de Haeekel reste toujours vraie : la classi- fication des organismes se présente comme un arbre dont la base est enfouie sous de nombreux sédiments jusqu'à une certaine hauteur d'où nous voyons émerger plusieurs petites branches, les Protistes, et deux grands troncs, les Végétaux et les Animaux. Dès lors si nous nous en réféions à la première des règles énumérées ci-dessus, chacune de ces petites branches a la valeur d'un règne comme les deux grands troncs : les Sarcodés, les Sporozoaires, les Flagellâtes et les Infusoires doivent être mis sur le même rang que les Animaux. Il n'y a pas lieu de réunir les cinq dernières caté- gories, ni même de constituer avec les quatre premières un groupe de Protozoaires, car ce serait aller, dans l'un et l'autre cas, à l'em^ontre de la deuxième règle précitée : les Infusoires ne peuvent pas être considérés comme ancêtres des Animaux, pas plus que les Sporozoaires, et si l'on s'obstine à vouloir d'un pareil amalgame, il n'y a pas de motif pour ne pas y faire entrer aussi soit les Mycétozoaircs, soit les Schizophytes. D'autre part, les Flagellâtes et même les Sarcodés peuvent être considérés aussi bien comme des Proto- phytes que comme des Protozoaires, ce qui montre encore davantage la défectuosité de la classiiication actuelle; mais il y a plus : alors (lue les véritables Animaux (Métazoaires) constituent une unité systéma- tique et sont certainement monophyléticpies, il n'en est [)as du tout de même de l'ensemble auquel on donne le non) de Vés^étaux. Non seulement les Mvcétozoaires et 28 SOClIiTK lîlLLGE DE MlCHOSLOl'IE, les Schizophvles n'offrent point de parenlé avec les Végétaux véritables, mais ceux-ci descendent en outre de différentes catégories de Protistes et sont polypbylé- tiques : les Diatomées et les Conjuguées semblent se rat- laclier de près aux Dinotlagcllales et les Pliaeopbycées paraissent ne j)as pouvoir en être éloignées; il est des Champignons comme lesCliylridinéesqui ne sont qu'une modification du type Zoosporée faisant partie des Mycé- tozoaires ; enfin les autres Végétaux descendent des Volvocinées que l'on peut rattacher aux Flagellâtes ordi- naires. Les botanistes ont donc péché contre la troisième des règles auxquelles il est fait allusion plus haut : ils ont choisi certaines branches de Protistes, coupé les extré- mités de quelques rameaux et composé un bouquet hété- rogène qui forme actuellenient leur règne végétal. Pour établir une classification rigoureuse, il faudrait donc envisager plus de deux ou trois règnes, et même scinder les Végétaux pour les rattacher à des catégories distinctes. Comme les relations généalogiques de tous ces êtres sont encore peu connues, nous ne pouvons pas actuellement fixer le nombre de ces divisions primaires du n)onde organisé, et dans l'état encore imparfait de nos connaissances, ces considérations ne peuvent amener aucun résultat pratique, mais l'on pourrait trouver un terrain de conciliation qui permettrait d'envisager la classification des organismes sur des bases plus ration- nelles, en sauvegardant à la fois les principes et les méthodes. Ne serait-il pas |)lus logique et plus avantageux d'en revenir à deux catéijfories seulement : l'une embrasserait IlUI.LiniN UKS SIÎANCIÎS. '29 tous les Prolistes et les Végétaux, l'auti'C comprendrait les Animaux. La premier règne, auquel on pourrait appli(pier le terme de Végétaux ou Plujlobionlcs, serait . délini : les organismes uni-cellulaires ou pluri-celluiaires massifs. Le second règne, celui des Animaux o\\ Gaslrobioni.es, serait défini : les organismes pluri-cellulaires feuilletés. LES VOLVOCACÉES ESSAI DE SYSTÉMATIQUE DU GROUPE l'An Eiii. I»E WILDEIIAIV Quand on cssnye de faire une eiassificalion générale des organismes, on se trouve toujours devant la même diffîeulté. Où commence le règne animal, où commence le règne végétal ? Faul-il admettre dans le règne animal, comme le veulent plusieurs zoologistes, uniquement les organismes cliez lesijiiels il y a (ormalion d'une gasli-ula, et dès lors reléguer dans le i-ègne végétal tous les autres orga- nismes? Cette démarcation entre les deux règnes est arbitraire, c'est une interprétation; nous admettons volontiers, au point de vue général, celte manière de comprendre ce règne, quoique en pratique, il y ait nous semble-t-il des difïicullés assez nombreuses. Nous citerons par exemple celle d'accepter parmi les végétaux des formes nous paraissant aussi fortement aniu)alisées que les Infusoires et les groupes voisins. Disons-le d'ailleurs tout de suite, celte question qui, IJUI.LKTIN DES SÉANCES. ;i| au point de vue philosophique, peut avoir son impor- lanee, n'en a guère au point de vue de l'élude des orga- nismes eux-mêmes. Nous avons vu en efîet des zoolo- gistes et des botanistes, étudier tour à tour les mêmes organismes, et ee n'est pas parée que tel groupe d'êtres est plus généralement étudié par le botaniste ou par le zoologiste qu'il appartient au règne animal ou au règne végétal. Les \olvoeacées, par exemple, ont été réclamées tan- tôt par les zoologistes, tantôt par les algologues. Mais que ee soit le botaniste ou le zoologiste qui désire entre- prendre l'étude d'un de ces groupes dorganismes infé- rieurs, il se heurte toujours à des questions bibliogra- phiques, souvent très difticiles à débrouiller. Il y aurait donc grand avantage pour la science en général et pour tous ceux qui s'intéressent pai'ticulièrement aux orga- nismes inférieurs, de posséder des travaux dans lesquels on pourrait trouver outre les descriptions, les citations bibliographiques se rapportant aux espèces constituant les divers groupes. Il serait désirable de voir faire de tels travaux sur un plan analogue. Mais avant de faire de ces groupes des monographies, il serait utile de tenter pour chaque famille la rédaction d'un census. Dans ce dernier on réunirait les données bibliographiques et celles relatives à la dispersion des diverses espèces. Nous avons essayé de rédiger pour un des groupes dont les représentants ont été ballotés de l'un des règnes dans l'autre, le groupe des Volvocacées, un census très sommaire. Nous avons donné les renseignements biblio2,ra- phiques absolument nécessaires, renvoyant le lecteur à 3*2 SOCIKTI-; RKLGE DE MlCMOSCOl'Ii:. des travaux où il trouvera de plus auiples renseigne- ments sur le sujet. Aurons nous dans les pages qui suivent réussi à condenser toutes les espèces du groupe, nous ne pouvons l'espérer; il y aura des lacunes dans notre relevé. Aussi nous prions vivement tous ceux qui possèdent des indi- cations relatives à ces organismes de bien vouloir nous les communiquer afin que nous puissions fournir un travail plus complet dans le « Census Volvocacearum », dont nous nous occupons en ce moment. Dans ces dernières années, plusieurs travaux ont paru sur le groupe des Volvocacées, citons parmi les derniers en date un travail de M. France « Die Polytomeen eine morphologisch-entwickelungs-gescliiclitliche studie » (1) et un autre plus récent encore de M. Dill, « Die Galtung Clitami/domonas und ihre nàchsten Yerwandten « (2). Ces deux auteurs comprennent un peu différemment le groupe qu'ils appellent du nom global de système (Dill) ou d'ordre (France); groupe qui est totalement différent pour ces deux auteurs du groupe des Volvoca- ceae, tel qu'il est exposé dans le Sylloge Algarum de M. De-Toni (5). L'ordre des Volvocacées renferme ainsi des formes incolores et des formes colorées par un jrigment bru- nâtre ou par de la chloropliylle; la présence de ce der- nier pigment ne constitue donc plus un caractère de groupe, pas même un caractère générique, car dans le genre Clilamijdomonas nous trouvons des espèces colo- rées et une espèce incolore. (1) Jakrb.f.wiss. Bot., M.. XXVI, 18!U. (2) Jalu'o. /. wiss. Bol.. Bd., XXVIII, 1893. (ô) Syll. AUj.,\. 1,-1). :i33. BULLETIN DES SÉANCES. 33 Nous adopterons dans l'oxposé suivant la division de l'ordre des Volvoeacées en 2 sous-ordres et G familles, telle qu'elle est proposée par M. France (1). Dans chacun des genres, les espèces sont classées alphabéticpieinent, pour la facilité du lecteur. La classitication systématique des espèces estd'ailleurs dans la plupart des cas, chose impossible. Telle classiti- cation qui paraît naturelle à son auteur ne permet que rarement, l'intercalation de toutes les espèces d'un genre. C'est d'ailleurs dans un travail monographique que l'on aurait à placer les espèces d'après leurs affinités, et non dans un essai de tableau de groupe, tel que celui que nous présentons ici. Nous avons intercalé dans l'ensemble un certain nombre de genres, non repris par MM. Dill et France et signalés par M. De Toni. Ces genres sont-ils à leur place dans cet Ordre, nous ne pourrions l'alïirmer, nous laissons aux monographes le soin de discuter ce point. L'ordre des Volvocaceae renferme dans notre aperçu et comme nous le disions plus haut, 2 sous-ordres et () familles, !24 genres, et G9 espèces marines ou d'eau douce. Les espèces se répartissent comme suit dans chaque genre : Chlamijdomonas Ehr. .... 50 espèces. flaematococcHS Xg i- id. Chlorogonium Elu- 1 id. Cercidium Dang 1 id. Chlorantjiella De Toni I id. (I) Loc. cit.. p. âiô. XXll 3 34 SOCiÉTÉ BELGE DE MICUOSCOIME. Carleria Diesing Corbierea Dang. Phacotus Perly . . . . Coccomonas Stein . Pleromonas Seliûo. Klciniella France . Polijblepliarides Dang. Pyramiclomouas Schmarda Chlorasler Elir. Telraloma Biitschli. Pohjtoma Elir. ChlamijdohU'pharis France Gon'uim Mueller. Stcplianosplioera Colin. Spondylomonim Ehr . Pandoriua Bory. Endoriua Ehr Volvox L Sycamina Van Tiegliein 1 o espèces, ici. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. Ordre. — VOa.VOCACILiK SoilS-Olcll'C I. ClILAMYDOMONAUAK. I. Fa 111. — Chiamydomonadae. I. — CIILAMYDOMONAS Elir. (1825) ; Dc-Toni, Syll. Alg. V. I, p. 5i7. I. C. ALBo-viRiDis Slein ; De-Toni, Syll. v, 1, |). 551 ; BiUsclili iii Bronn's Tliier Reiclis Bel. J, Al)lh. Il, pi. XLlll, lig. 8. Disp. — Allemagne. :2. C. ANGUL05A Dill., in Jaliib. f. wiss. Bol., l. :28, p. 537, pi. V, tig. 21>25. Disp. — Suisse : Jiingliolz, Bii'sigtluss. 5. C. AUGLSTA (Bajard.) Bbli.; De-Toni, Syll. Alg. v.I, p. 551 . Disp. — « In aquis per aliquot menses asservala. » 4. C. AiMocYSTiFOHMis Aitaii ; in Bnll. de la Soe. iinp. lies nal. de Moseou 1892, p. 59, pi. VIII, tig. 28-50. Disp. — Env. de Moscou. 5. C. Braunii Goroseh. ; De-Toni, Syll. Alg. v. 1, p. 549. Disp. — Russie. G. Dk Bauvana Goroscli., in Bull. Soc. nat. iMoscou 1891, p. 100, pi. l, fig. 9-12; Dill., in Jahrb. f. wiss. Bol., l. WVIII, p. 559. Disp. — Env. de Moscou. — Suisse : Allschwyl- weiliei-, Inziingen. 7. C. Ehke.nbergi Goi'oscli., in Bull. Soc. nat. de 36 SOCIÉTÉ BKLCE DE MICHOSCOPIK. Moscou 1891, p. 128, pi. m, fig. 10-25; Dill in Jalirb. f. wiss. Bot., t. 28, p. 554. CliUinujdoinonas piilvisciiliis (Miieller) Elir.; Dc- Toni, Syll. Alg. v. I, p. 5i9; France in .lalirb. f. wiss. Bot., t. XXVI, p. 555. Chlamijdomonas Moricri Dang. ; De-ïoni, loc. cit. Disp. — Europe. — — var. STRiATUs France; loc. cit., p. 500. Disp. — Hongrie. 8. C. FLAVo-TiNGENS Rostaf. ; De-Toni, Syil.AIg.v. 1,^ p. 551 . Disp. — Mont Tatra. 9. C. GiGANTEA Dill., io Jalirb. f. wiss. Bot., t. 28, p. 558, pi. V, iig. 25-50. Disp. — Neudorf, Fribourg en Brisgovie. 10. C. GLOKOcYSTiFORMis Dill., iii Jalirb. f. wiss. Bot.^ t. 28, p. 5i0, pi. V, fig. 57-58. Disp. — Entre Zwingen et Laufen. 11. C. GRANDIS Slein 1878; Organismus d. Infus. Tbiere, Bd. lU, pi. XV, tig. 47-50. Chlamijdomonas obiiisa Br. Cldamijdomomts Kleinii Schm'uWe; Dill. in Jabrb. f. wiss. Bot., t. 28, p. 557 et 555. Disp. — Allemagne : Jungliolz (Suisse). 12. C. HALOPHiLA France, in Termeszetrajzi Fûzetek, V. XV, p. 28, 5 pi. IV, fig. 6. Disp. — Hongrie : Tordaer Salzteicben (Sieben— bûrger). 15. C. HYALiNA France, in Jalirb. f. wiss. Bot., t. XXVI, 1895, p. 54i-5i5. Disp. — Hongrie. liULLKTIN DKS SEANCES. 37 li. KuTEiNiKowii Gorosch., in Bull. Soc. nat. de Moscou 1891, p. 117, |)1. Il, li-. 9-15. Disp. — Licliol)ory, liulyrki 'Uussie). 15. C. LONGisTiGMA Dill., iii Jaljib. C. wiss. Bot., t. ^2H, p. 5-28, pi. V. (ig. 1-8. Disp. — Kaiulcfuiiindung bei Maïkl (Dill). IG. C. jn:TASTiGMA Steii»; Organis. d. Inf. Flagelialtn, p. 46, pi. XY, fig. 46. Disp. — Allcuiague, Bussie. 17. C. Magnlsii Bciiikc ; De-Toiii, vSyll. Alg., v. 1, p. ool. Disp. — Kiel, Pillan (Baltique). 18. C. ui'ERCULATA Slcio ; Organis. d. Inf. Flageilaten, pi. XV, tig. 4i-i5. Disp. — Alloniagne. 19. C. PARIETAR1A Dill., in Jailli). ï. wiss. Bot. t. '28, p. 52i, pi. V. tig. 9-12. Disp. — Mcudorl'. 20. C. Perty Gorosch., in Bull. Soc. nat. Moscou 1891, p. 108, pi. 1, tig. 15-22. Clil. (jlobulora Pcrty ; De-Toni, Syll. Alg., v. 1, p. 551. Disp. — Neudorf, Moscou. 21. C. iMSiEORMis Dill., in Jalirb. f. wiss Bot., t. XXYMI, p. 556, pi. V. tig. 15-19. Disp. — ?S(Midoit", Uagenheim. 22. C. l'LuviALis \Yolle; Dc-Toni, Syll, Alg., v. 1, p. 550. Disp. — Amer. bor. 25. C. TAuiosA Schneider', in Zeitschrilt f. wiss. Zool. Bd. 50, supplément 1878, p. 455, pi. XXI, iig. \H. Disp. — ? 38 SOCIÉTI-: lîELGE DE MICIlOSC.Or'IK. !24. C. Reinhardti Dang. ; DeToni, Syll. Alg., v. ï, p. 548; Dill. in Jalirb. f. wiss. Bot., t. XWilI. p. 555. Disp. — France, Russie, Suisse. "25. C. RETicuLATA Goposcli. , iii Buli. Soc. nat. de Moscou 1891, p. 1-24, pi. 111, fig. 1-9; Dill. Jahrb. f. wiss. lot., t. XX\ III, p. 355. Disp. — Russie; Suisse. 26. C. RosTRATA Ciciilv. ; Dc-Toiii, Syll. Alg., v. I, p. 550. Disp. — Russie. 27. C. Steimi Gorosclî., in Bull. Soc. nat. de Moscou 1891, p. 112, pi. II, fig. 1-8, 29-50; Dill., in Jahrb. f. wiss. Bot., t. 28 p. Clilamijdomoiias obiusa Braun ; De-Toni, Syll. Alg., V. I, p. 551. Ckl. communis Perly ; De-Toni, Syll. Alg., v. I, loc. cit. Clil. grandis S(ein ; Dc-Toni, loc. cit. Disp. — Allemagne et Amer, bor., Moscou. 28. C. STELLATA Dill, iu Jalirb. f. wiss. Bot., t. 28, p. 559, pi. V, fig. 51-50. Disp. — Rùhrberg, Arlesbeim. 29. C. TINGENS Braun; De-Toni Syll. Alg., v. I, p. 550. Disp. — Allemagne et Amer, boréale. 50. C. TLMiDA Schneider, in Zcilscli:*. F. wiss. Zool., Bd. 50, supplém. 1878, p. 4-55, pi. XXI, fig. 19. Disp.—? II. — HAEMATOCOCCUS Ag. (1828); Dc-Toni, Syll. Alg., V. 1, p. 551 . I . H. ALATus (Slein) De-Toni, Syll. Alg., v. I, p. 554. Disp. — Breslau, Suède. BULLKTI.N l>KS SKANCES. 39 2. H. BuTSCHLii BIochmann;De-Toni, Syll.AIg., v. I, p. 554. Disp. — Allemagne. 5. H. LACUSTRis (Girod.) Rostaf. ; De-Toiii, loe. eit., p. 55-2. Disp. — Europe et Ainér. hur. — — var. SALiNus Hansg.; De-Toni, loe. eit., p. .553. Disp. — AlleiDagne, Bohême, France. 4. H. MARiNLs (Dujard.) Colin; De-ïoni, Syil. Alg., V. I, p. 555. Disp. — Breslau. III. — CHLOROGONIUM Elir. (1850); Syll. Alg., vol. I, p. 544. 1. C. EUCHLORUM EliF. (1850); De-Toni, loe. cit., p. 545. Disp. — Allemagne, France, Egypte, Amer. bor. IV. — CERCIDIUM Dang. (1888); De-Toni, Syll. Alg., , p. o4o. I. C. ELONGATUM Dang.; De-Toni, loe. eit. Disp. — Mezitlon. V. — CHLORANGIELLA De-Toni (I889j;Syll. Alg., V. I, p. 557. Cliluruiujinm Stein. I. C. STENTORINLM (EIh'.); Biitsclili, Prolozoa II, pi. 4i, fig. ± Disp. — Eui-ope. 40 socikth: uklgk \)E Micnoscoi'ii-:. VI. — CARTKRIA DicsingflSGG), in Silz.ber.d. matb., liai. Kl. d. Akad. zu Wien. Bd. LU, p. 287-iOl. 1. C. coRDiFORMis (Cartci') Dill, Jahrb. f. vviss. Bot., t. 1, p. 7)ï\ et 555. Tctraselmis cordiformis (Cart.), Stein; De-Toni, Syll. Aig., v. I, p. 555. Disp. — Angleterre, Markt, Neudorf. 2. C. Klebsh (Dang.) Dill, in Jaliib. f. wiss. Bot., Bd. 28. Pithiscus Klcl)siil>i\ng.; De-ïoni, S}H.,v. I, p. 555. Disp. — Caen (France). 5. C. MiNiMA (Dang.) Dill., in Jabrb. f. wiss. Bol., Bd. 28. Chlamydomonas minima Dang.; De-ïoni, Syll.Alg., V. I, p. 548. Disp. — Fiance. 4. C. MULTiFiLis (Très.) Dill., in Jabrb. f. wiss. Bot., Bd.28, p. Chlanujdomomis imillifdis F l'cs.; De-Toni, Syll. Alg., V. I, p. 547. C. mullifilis (Roslaf. ) France; Jabrb. f. wiss. Bot., l. XXVI, p. 562. Disp. — Francfort s/iM., Dresde, Suisse (Arles- bcim, Neudorf), env. de Moscou. 5. C. OBTLSA Dill., in Jabrb. f". wiss. Bot., Bd. 28, p. 540, pi. V,fig. 59-41. Disp. — Jiingbolz. VII. — COBBIEREA Dang. (1888); De-Toni, Syll. Alg., V. I, p. 551'. 1. C. vuLGAUis Dang.; De-Toni, loc. cit., p. 555. Disp. — France. BULLETIN DES SÉANCKS. 41 2. Fam. — Phacotae. YIII. — PHâCOTUS Perlv (185-2); De-Toni, Svll. Alg., V. I, p. 515. 1. P. LENTicuLAHis (KliT.) Slciii; Do-Toiii, lue. cit., p. 546. Disp. — Allemagne, France, Suède. IX. — COCCOMONAS Stein (1878); in der Org. d. Inlusionslhici'e III Dcr Organisnuis d. Flagellalen, Leipzii in- 'd- 1. C. ORBicuLARis Slein ; loc. cit. Disp. — Europe. X. — PTEROMONAS Seligo (1880); De-Tuni, Syll. Alg,, V. 1, p. 540. 1. P. ALATA Colin ; De-ïoni, loc. cit. Disp. — Tlmi'inge. XI. — KLEIMELLA Fiancé, in Jahib. f. wiss. Bot., t. XXVI, p. 7^m. \. K. STAGNALis Fnuicé; loc. (Ml. Disp. — Aquincum. 5. Fa m. — Polyblepharidae. XII. — POLYBLEPHARIDES Dang. (1888) ; Dc-Toni, Syll. Alg., V. I, j). 555. 1. P. siNGULARis Dang.; De-Toni, loc cit., [). 55(). Disp. — IMay, cnv. de C;ien. 42 SOC.II'/rft ltKL(;K IIK MICKOSCOIMK. XIII. — PYRÂMIDOMONAS Schmaida (1850). in Deiikschrift d. Wien Akad. B<1. 1, Il Alh. 1. P. TETKAKHYNCHUS ScllDKH'da; luC. Cit. l)is|). — Suisse : Neiidorf, Markt, entre Loirach et Rollielnweiler; env. de Vienne. XIV. — CHL()RâSTP:R EIh-. (18i8), in Monatsb. Beil. Akad., p. 155-257. 1. C.AGiLis Kent; A.Manual of Infiisoria, v. I,p.517, pl.XIX. tig. \^. Disp. — Jersey. 2. C. GYRANS Elir.; !oc. cit Disp. — Angleterre. XV. — ÏETRAÏOMA Bûlschli (1884), in Bronn's Thier Reielis. Bd. I, Ablh. II, p. 888. Chlamydomonas form, Biilschii, loc. cit. Disp. — Europe. 4. — Fa m, Polytomae. XVI. — POLYTOMA Ehr. (1858);De-ïoni, Syll. Alg., V. I, p. 556. 1. P. MULTiFiLis (Klebs) France, in Jaliri). f. wiss.Bol. t. XXVI, p. 501. Disp. — Cultures d'Algues. 2. P. OcKLLATA Perly ; France in Jalirb. f. wiss. Bot., t. XXVI, p. 557. Disp. — Suisse, Hongrie. uuli.khn ih;s skancks. 43 5. P. spiCAT.v Krass.; Dc-Toni Syll. Alg., t. I, p. 557; France in Jalub. f. wiss. Bot., t. \XV[, p. 558. Disp. — Russie, Env. de Pest, (France). 4. P. STuiAT.v France, in Jahrb. f. wiss. Bot., t. XXVI, p. 559, pi. XVI, lig. 1. Disp. — Hongrie, (Lepsény) (France). 5. P. UvELLA Ehr.; De-Toni, Syil. Alg. loc. cit.; France in Jalirb. f. wiss, Bot., t. XXVI, p. 549. Disp. — Europe et Pensylvanie (Aniér. Bot.) (WoUe). — — var. uNiFiLis Perly; France loc. cit., p. 554. Disp. — Cultures. var. uosTiuTA Perty; France loc. cit., p. 555. Disp. — Suisse. 6. P. vRiENs Perty; zur Kenntniss kl. Lebensformen (185-2), p. 170, pi. XY, fig. 14. Disp. — Suisse. XVII. — CHLAMYDOBLEPHARIS France (1894), in Jalirb. t; wiss. Bot., t. XXVI, p. 56^2. I. C. BUUNNEA France; loc. cit., pi. XVII, fig. 1-12, pi. XVIII, fig. 1-9. Disp. — Hongrie. var. LAGEN'ELLAFrancé;loc.cit.,pl.XVII,tig. 11. Disp. — Hongrie. var. PERFORATA Fraucé; loc. cit., p. 571, pi. XVII, fig. 8, pi. XVIII, fig. 5. Disp. — Hongrie. 44 SOCimfi lîKLGK \)E MICHOSCOI'IK. Sous-orcire II. — Yolvocinae. 5, — Fa ni. Volvocae. XVIII. — GOMUM Mueller (1775); Oe-Toni , Syll. Alg., V. I, p. 54. 1. G. HELVETicuM Pei'lv; De Toni, loc. cil., p. 542. Disp. — Suisse. 2. G. PECTORALE Miiellcr; De-Toni, loc. cit., p. 541. Disp. — Allemagne, Italie, Bohême, Angleterre, Belgique, Hollande, Scandinavie, Rubsie, Sibérie, Amérique Bor. 5. G. SOCIALE (Dujard.) Warm.; De-Toni, Syll. Alg., V. I. p. 541. Disp. — Allemagne, Danemaik, Suède, Boliême". — — var. MÂjus Hansg.; De Toni, loc. cit., p. 542. Disp. — Bohême. XIX. — STEPHANOSPHAERA Cohn (1852); De-Toni. Syll. Alg., V. I, p. 540. 1. S. PLuviALis Cohn; De Toni, loc. cit. Disp. — Allemagne, Laponie, Suède, Angleterre. XX. — SPONDYLOMORUM Ehr. (1848); De-Toni, Syll. Alg., V. L., p. 542. 1. S. QUATEP.NAHiLM Elu'.; De Toui, loc. cit., p. 548. Disp. — Allemagne, Suisse, IschI (Autriche), Indes occidentales. BULLKTIN ItES SIÏANCIiS. 4u XXI. — PANDORIlNA Hovy (ir)S. 1 . p. MoRUM (Mueller) Bory; Dc-Toui, Ipc. cil. , \>. .')eVj . Dis[). — Europe, Amer, hoi., Argentine, Alglia- nislan, Nouvelle-Zélande, Oural et Sibérie. :2. P. PKNTAGONAtis Reinscli ; De-Toni, loe. cit., p. l)7A). Disp. — Bavière. XXII. — EUDORINA Elir. (1851); De-Toni, Syll. Alg., V. L, 557. 1. E. ELEGANS Ehr.; De-Toni, loe. cit. Disp. — Europe, Nouvelle-Zélande, Uruguay, Indes occidentales. 2. E. STAGNALis Wollc; Dc-Toul, loe. cit., p. 552. Disp. — Pensylvanie (Wolle). XXIU. — YOLVOX L. (1758); De-Toni, Syll. Alg., V. 1, p. 555. 1. V. AUREUs Eiir.; De-Toni, loe. cit., p. 550. Disp. — Europe, Sibérie. 2. V. GLOBATOR L.; Dc-Toui, loe. cit., p. 550. Disp. — Europe, Aniér. Bor. (). — Fain. Sycaminae. XXIV. — SYCAMLNA Van Tieglieuul880), in Ann. et se. nat. 1880. 1. S. NiGUESCENs Van Tieghem; loe. cit. 46 SOCII-TK H\:U,E 1)1-: iHICUOSCOI'IK. Coccosplincra amimjua Perly; Kl. Lcbens f. pi. 16, fig. 1. Disp. — France (Van Tici;hem), Suisse (Perly). Obs. — Si cette synonymie est admise, le genre ne devrait-il pas changer de nom, Coccosphacra élanl anté- rieur. Déceml)re 1895. BllîLlOGRAPHIE Le sixième fascicule de la quatrième série de Le Botaniste de M. Dangeard, renferme deux travaux intéressants. Nous attirerons principalement l'attention sur le premier des deux mémoires. Il est intitulé : Mémoire sin- les parasites du noijau et du protoplasme. En étudiant des amibes, M. Dangeard observa que le noyau de la plupart d'entre elles présentaient des modi- fications tout à fait anormales. Il put bientôt prouver que dans ces amibes, c'était un parasite du groupe des Cliylridinées qui attaquait le noyau et il a pu suivre les différentes pbases de dévelop|)ement de l'organisme, y compris la formation des zoospores, sans avoir cepen- dant observé la sortie de celles-ci. La forme d'amibe étudiée paraît devoir se rapporter à VAmœba verrucosa Ebr., elle semble posséder un seul noyau. La structure de ce dernier est semblable à celle de beaucoup de noyaux. L'auteur n'a pu voir comment se fait l'infection du noyau, toujours est-il que chez tous les noyaux infectés, on observe dans la membrane une ouverture circulaire par laquelle la Chytridinée a dû pénétrer. Le parasite se montre à l'intérieur du noyau tout au début de son développement, sous l'aspect d'une vacuole au centre de laquelle existerait un point sombre. Puis la vacuole augmente de volume, et la portion colorable du nucléole disparait petit à petit. Le nombre des points clairs devient plus considérable et le nucléole augmente de volume. Le parasite finit bientôt par rem- 48 SOCIKTÈ HKLGK DK MICIIOSCOI'IE. plir tout le noyau et celui-ci à son tour augmente de volume. Le nombre des points souibres ou noyaux, a augmenté et chacun d'eux s'entoure d'une couche de protoplasme, puis d'une membrane et forme ainsi une zoospore. Pendant toutes ces transformations l'amibe peut encore se mouvoir, c'est vers l'époque de la maturité des zoospores du parasite que sa vitalité s'amoindrit, que son protoplasme se désagrège, afin de permettre aux organes reproducteurs du parasite de se libérer et de reproduire la maladie. Deux et même plusieurs parasites peuvent attaquer à la fois un seul nucléole, on trouve alors le novau subdi- visé en plusieurs sacs renfermant chacun des zoospores étroitement serrées les unes contre les autres. Par son mode de vie l'organisme en question se rap- porte sûrement aux Chytridinées, l'auteur crée pour lui le genre Niicleopliaga, et dénomme l'espèce N. amœba Dang. Ce genre vient tout naturellement se ranger à côté du Spliaerila Dangeard, c'est-à-dire à la base des Chytridinées. L'auteur termine cette étude par quelques considéra- tions sur les opinions émises au sujet de la reproduction sexuelle des Rhizopodes; d'après lui, les zoospores décrites souvent par divers auteurs, sont simplement les organes de reproduction du parasite du noyau. Dans la deuxième partie du travail, l'auteur étudie avec détails le Sphaerita endogcna, décrit par lui anté- rieurement. Sous ce nom M. Dangeard montre des ligures de deux formes, qui constituent peut-être deux espèces distinctes. Pour terminer, l'auteur décrit un Olpidium EiKjlcno, BULLETIN DES SÉANCES. 49 forme curieuse vivant en parasite endogène, mais for- mant SCS zoospores dans une ampoule externe à l'Eu- glène. La place de cette espèce dans la. classification serait d'après son auteur à côté de VOlpidium grcgaiium Now., habitant comme on sait les œufs de rotateurs. É. D. W. XXM BILLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE BELGIÎ DE MICROSCOPIE Procès-verbal €lc la séance iiiensaielle (lu 20 janvier 18»0. Tome XXII. N> lY. 1895-189G. Présidence de M. D' Rouffart, président. La séance est ouverte à 8 l/:2 heures. Correspondance : Le Secrétaire annonce que la Société a reçu du dépar- tement de l'Enseignement moyen , le bordereau de 250 francs pour les livraisons effectuées en 1895. — Remerciements. Communications : Le Secrétaire fait l'analyse d'un manuscrit envoyé par M. le professeur Van Bambeke. Ce travail est intitulé : De l'emploi du terme proloplasma. BULLKTIN DES SÉA.NCIIS. 81 Ce travail sera imprimé dans le compte rendu de la séance. Le Secrétaire donne également communication d'une noie de M. le doclcui' II. Yan Hcurck, cette note est accompagnée de trois belles épreuves photographicjucs, représentant le Navicula Lijra Klir. forma. Ces trois photographies sont faites l'une avec éclairage électricjue; temps de pose 1 minute, l'autre avec l'acétylène, :2 minutes de pose; la troisième à la lumière du pétrole, G minutes de pose. Les objectit" et oculaire employés sont : objectif apo- chrom. :2 mm. Zeiss N. A. LiO, oculaire compensât. 4, condensateur achrom. d'Abbe. Amplification 500 diaiii. Éclairage axial. Les trois planches seront placées dans les Archives de la Société ; le travail et les figures qui y sont jointes paraîtront dans le Bulletin de la séance. M. Fisch, représentant de la maison Leitz de Wetz- lar, montre le plus gi'and des microscopes construit par cette maison. 11 est muni des derniers perfectionnements qui ont été décrits et figurés dans un Bulletin antérieur. L'ordre du jour appelle ensuite la discussion annon- cée sur la structure du protoplasme. MM. Rouffart, Bauwens, Lameere et De Wildeman prennent part à la discussion ; celle-ci sera reprise ulté- rieurement. La séance est levée à 10 heures. DE L'EMPLOI DU TERME PROTOPLASMA PAR l^c !>' \AX Ul.tlKEKE « En 1855, Dujai'din découvre que la substance qui remplit la cellule n'est pas liquide, mais vivante et organisée, et lui donne le nom de sarcode, auquel on a substitué, en violation de toutes les règles de la nomen- clature et de la justice, celui de protoplasma , proposé en 184G par Hugo v. MohI. » Ainsi s'exprime Yves Delage (1), et l'on ne peut contester la justesse de ce qu'il avance. Mais on se trouve devant le fait accompli; le terme proloplasma, a prévalu, il est consacré par l'usage, il a pris droit de cité; vouloir le remplacer par le mot sarcode ou par toute autre appellation, serait tentative vaine et inutile. Autre cliose est de savoir si le terme protoplasma doit être conservé. D'après W. P'Iemming « son emploi est devenu, de nos jours, si mal déterminé, si déréglé, que l'on peut, à juste titre, se demander, s'il y a utilité réelle à s'en servir comme on le fait actuellement, et si. (1) Yves Delage. La structure du proloplasma et les théories de t'Iiére'- dile, Ole. Paris, 1895. Note h la p;ige 19. BULLETIN DES SÉANCES. 53 au contraire, il n'en résulte pas de nombreuses confu- sions » (1). 0. IJertwig, après avoir fait allusion à celte manière de voir, ajoute : « Celle proposition n'est ni utile ni fondée en fait. Car, si on doit admettre que souvent celle expression a été usitée d'une façon erronée, qu'il n'est pas possible de donner brièvement une définition du mot protoplasme, et que, dans beaucoup de cas, on est perplexe quand il s'agit de dire ce qui, dans une cellule, est du protoplasme et ce qui n'en est pas, tout cela ne démontre nullement l'inutilité de l'emploi de ce mot « « Le mot protoplasme n'est pas plus superflu que le mot nucléine, pour s'entendre sur les parties constituantes de la cellule » « Le mot protoplasme n'a pas seulement sa raison d'être historique, mais aussi scientifique » ('2). Je suis aussi d'avis qu'il y a tout avantage cà conserver le terme protoplasma; mais encore faut-il, en le con- servant, s'entendre sur sa valeur et être d'accord sur son emploi. Or, on vient de le voir, il n'en est pas ainsi. Il est des hislologisles, les plus nombreux, qui dési- gnent, sous le nom de pi-oloplasma, le corps cellu- laire seulement, à l'exclusion du noyau. Citons quelques exemples : v. Kolliker en agit ainsi dans la S*" édition de son « Handbuch, » parue en 18(37 ; il emploie, comme synonyme de proloplasma, l'expression cytoplasma (5). (1) W. Fi.EMMiNG. Zellsiibstnnz: Kern itnd ZelUIwilung. Leipzig. 1882, V. I). 78, cl 0. IlEKTWio. La cellule et ic-s tissus, cléments cl'anatomie el de pinjsiologie générales, Irad. piir Cli. Julin. Paris 1S91, v. \). lô-li. (-2) 0. Hertwig. La cellule elc, lac. cit., p. H. (7>) A. Kui,i,iKER. Handbuch der Gewebelclire des Mensclien, Fiinfle AuJlagc. lxip/ij,% 18GT, v. p. 16. ;o4 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Voici comment s'exprime le même auteur, clans la 6" édition de son manuel : « Die Grundformen dcr Tliiere sind kugelige Kôrpcr..., an denen zwei Ilaupt- tlicile zu unterscheiden sind und zwar ein im Inneren gelegener kugeliger Korper, der Kcjii, Nuclciis, und cine umhûllende Rinde, der Keimslojf, Protoplasma » (1). Dans cette 6'' édition, le mot cij toplasma ne revient plus. Ajoutons que v. Kôlliker distingue, dans le protoplasma, le protoplasma proprement dit, et les granulations ou microsomes y renfermés (:2). Frey aussi appelle protoplasma le contenu ou corps de la cellule. Il donne, comme synonymes de proto- plasma, les expressions bioplasm (Beale), Cij toplasma (Kôlliker), sarcocle (Dujardin) (5). C'est encore simplement au contenu ou corps de la cellule que W. Krause (4), J. Orth (5), E. A.. Schafer (6) et plusieurs autres appliquent le terme protoplasma . Ce que nous trouvons, dans le livre de P. Scliiefîfer- decker et A. Kossel, établit, jusqu'à un certain point, une transition entre l'interprétation dont nous venons de parler et celle qui consiste à donner le nom de proto- plasma, non seulement au corps cellulaire, mais à l'en- semble des parties vivantes de la cellule. Voici ce que disent ces anatomistes : « Die Zelle besteht somit aus Zellleib und Zellkern Die Substanz des ersteren wird al s P/'ofo/>/flsma oder Cy toplasma... bezeichnel ; (1) A. KôLLiKEFi. Handbuch &. G-^ édit., p. 6. (2) IBID., p. 11. (5) H. Frey. Hnndbuck dcr HistoLoqie und Ilistochcmie des Mcnschen. Fiinlle Auflage. Leijizig, 1876, v. p. 75. (X) W. KUAUSE. Handbuch dcr vienschlichm Annlomic, 1876, v. p. 7. (5) J, Orth. Cursus der normaten Hisluloglc an den Zellen Ihiinsclicr Gewebe. — Scliiifleii der Nalurwissenschaflichen Vereins fiir Schleswich-Holstcin. Bel. 1. Heft. ô, Kiel, 1875. — Comme le remarque Waldeyer, Kupffer, contrairement à l'opinion généralement admise, n'a lilLLETIN DKS SKANCES. 87 Pour rhistologiste anglais, Lionel Bealc, le mot pro- loplasmn a une signification spéciale, et ne corres|)ontl pas à son « bioplasin, » dénomination donnée en dernier lieu à ce qu'il appelait d'abord « formuuj, liviiK/ » ou « germinal mallcr » par opposition à « formcd malc- rial » : « Tlie word protoplasm would hâve heen used bv me bad the term been restricted to the matter of the tissues, wbicb 1 termed living or germinal matter, and wbicli I showed... underwent conversion into t'ormed matters, and vvas concerned in forming ail tissue. But under the term protoplasm bas been included, tbe con- tractile tissue of muscle, tbe axis cylinder of tbe nerve fibres, processes of nerve cells, and many otber textures wbicb undoubtedly consist oî formed materud, and are entirelydestituteof tbe properties wbicb invariably belong to my « germinal matter » or « bioplasm ». Cette cita- tion nous prouve également que, contrairement à l'opi- nion de beaucoup d'bistologistes, le bioplasm de l'anato- miste anglais ne correspond pas au proloplasma des auteurs qui désignent, souscenom, seulement le contenu ou corps cellulaire. Cela ressort clairement de ce que Beale ajoute, après les lignes citées plus baut : « iMoreover, tbe nucleus and nucleolus were by many writcrs considered to be dis- tinct from tbe protoplasm. On tbe otber hand I sbowed tbat tbe nucleus and nucleolus were living. My bioplasm. jamais eu on vue, en employant les mots proloplnsma cl fxiruplasma, d'iuie part la masse lilaii'e ou le cvlomitom, tic l'autre la substance iiiler- lillaircou le paramilOMi:« Die KupÛ'er'sche Besclireibuiijj; vom JahrelS75 isl aljer fast von allcn Seiten. aucli von niir, misverstanden uml in Siimc eiiier feineren Slruclurdillercnz des Protoplasuias tîedenlel worden. » Wai.deyer, Die ncueren Ansiclilen iiber tien Bau itnd dus M'esen der Zelie. — Sonderabdruck aus der « Ueulschen Medicinischen Wochen- schrifl », 1895, n» -iô, u. fl'., v., [). iG. 58 sociéth; belgk de michoscopie. germinal, of living matter theref'orc includes bolli micleus and nuclooliis as wcll as some forms ot" llie protoplasmatic matter of authors (1). » On le voit, le hioplasm de Beale peut être comparé, avec certaines restrictions toiilefois, avec le proloplasma de ceux d'entre les biologistes qui appliquent ce terme à Tensemble des parties vivantes de la cellule. On peut s'étonner de voir la plupart des auteurs appe- ler protoplasma le contenu de la cellule, à l'exclusion du noyau, alors qu'ils ne l'efusent pas, à ce dernier, les propriétés vivantes qu'ils accordent au premier; c'est dire qu'en agissant ainsi, ils admettent implicitement la nature protoplasmique du noyau, et qu'ils distinguent, en réalité, un protoplasma cellulaire et un protoplasma nucléaire. Ainsi v. KolliUer, on l'a vu, donne le nom de proloplasma au contenu de la cellule par opposition au noyau; pourtant, à l'article noyau, il appelle « Kanjo- plasma » le contenu de ce dernier (2). Il faut en con- clure que, pour le célèbre anatomiste, il existe un plasma (employé par abréviation pour protoplasma) nucléaire, à côté d'un plasma cellulaire, auquel lui-même a donné autrefois le nom de ctjloplasma. Il y a donc là une sorte de contradiction, et on se demande d'où vient qu'aujourd'bui encore presque tous les histologistes désignent, par l'expression protoplasma, simplement le corps ou contenu cellulaire. Si je ne me trompe, cela tient à deux causes : ou bien ces histolo- gistes admettent tacitement qu'ils emploient le terme protoplasma dans le sens introduit par H. v, MobI; ou (!) LiONEi, S. Beale, Bioplnsm : an Introduction ta thc stiidy of Pliy- sioloçiy and Medicinc. Londoii, 187'2. v. p. 9. (2) Y. KôLLiKER, Handbuck, clc, 6 Autl., Loc. cil., p. "21. BULLETIN DES SÉANCES. 89 bien ils continuent volontairement les errements datant (l'une époque où toute raltenlion était concentrée sur le contenu de la cellule, considéré comme^ siège exclusif, pour ainsi dire, des manifestations vitales, le noyau étant relégué au second plan, et envisagé d'ailleurs comme toujours séparé, nettement distinct du corps cellulaire. Ceux qui croient se conformer aux vues de v. M(dd, en désignant, par proloplasma, le contenu cellulaire, sont dans l'erreur. Qu'est-ce que le célèbre botaniste a désigné sous le nom de protoplasma? Voici ce qu'il dit, quand, pour la première fois, ce terme apparaît sous sa plume : « Comme partout où aura lieu une genèse de cellules, la matière visqueuse intra-cellulaire précède les premières formations solides, ébaucbes des cellules futures, comme elle fournil les matériaux pour la for- mation du noyau et de l'utricule primoidiale, lesquels ne sont pas seulement, avec elle, en relation de conti- nuité, mais réagissent d'une façon analogue en présence de l'iode, comme, par conséquent, son organisation constitue le processus qui prépare la genèse des cellules nouvelles, je me crois en droit de proposer, pour dési- gner cette substance, par allusion à cette fonction phy- siologique, le mot proloplasma (1). » Plus tard, dans ses « Grundzùge » parus en 1851, après avoir parlé de l'utiicule primordiale, H. v. Mohl ajoute : « Der ùbrige Tlieil der Zelle ist mit einer trùben, zalien, mit Kornchen gemengten Flùssigkcit (I) Hlgo v. Mohl, Ueber die Saftbewcpinip ivi liiueni der Zellcn. — Bûtaiiische Zeiluiig, i Jaliri,'.- 18i(3, v. p.Tri. — l.e mol prnto}>lns)nu vient de ■.■pàrw, proinicr, el r-.;^>a!r/>i^ (;.;«3-5«.), fnniuM-. cl siu'iiilie. par consé- quent, premicro substance formée. Le nom fui (l';iboril donné, par Purkinjc, à la substance formalrice déjeunes embryons. 60 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. von weisser Farbe, welcbe ich Protoplasma nenne, rnehr ocler weniger diclit gefùllt (]). » Donc, si, pour v. iMolil, le protoplasnia forme le con- tenu (le la cellule végétale jeune, dans celles fortement vacuolisées, où ce contenu refoulé contre la paroi cellu- laire constitue l'ntricule primordiale, le suc cellulaire devient le protoplasma, à l'exclusion de cette utricule. Et pourtant l'utricule primordiale représente parfois à elle seule tout le protoplasma (moins le noyau), pour les auteurs qui désignent, sous ce nom, le contenu cellu- laire. Ils n'emploient donc pas le mot protoplasma dans le sens admis par v. Mohl. Lorsque Leydig, Brûcke et surtout M. Schultze eurent fondé ce qu'on a appelé la théorie du protoplasme, par opposition à la théorie cellulaire de Schleiden et Schwann, ce fut le corps ou contenu de la cellule qui tixa l'attention des biologistes, à l'exclusion du noy^iu dont ils méconnurent l'iniportance. Pour eux, ce con- tenu était la partie véritablement active de la cellule, et l'on s'explique ainsi comment, par protoplasma, ils entendaient ce contenu seulement. Mais, depuis lors, les cboses ont cbangé de face. L'étude du noyau est venue démontrer que cette partie constituante de la cellule ne le cède pas en importance au corps ou contenu cellulaire. Nous connaissons l'in- tervention du noyau dans la multij)lication des cellules, son rôle si important dans la reproduction sexuelle. Il y a plus : l'attention a encore été attirée, surtout dans ces derniers temps, sur les actions, les relations réci- proques entre le contenu de la cellule et le noyau ; et ces (1) H. V. Mohl, Grundziige der Analomie vnd Physiologie der végéta- bitisclien Zelle, 1831, v. p. 'ioo. BULLETIN DES SÉANCES. 6l relations ne sont pas seulement d'ordre physiologique, mais aussi d'ordre morphologique. Xous devons nous y arrêter un instant, car elles mettent en lumière, mieux que toute autre considération, la nécessité de donner le nom de proloplasma, non seulement au contenu, mais à l'ensemhle des parties vivantes de la cellule. L'étude de ces relations nous a appris l'intervention du noyau dans le processus de la sécrétion ; nous savons aussi, notamment par les intéressantes rechereiies de Haberlandt et de Korschelt, sa participation dans les phénomènes de la nutrition et de l'activité lormative. Les recherches expérimentales de mérotomie, insti- tuées par Gruber,jNussbaum,Hofer, Verworm,BaIbiani, Klebs et d'autres, nous ont démontré que seuls les fragments nucléés d'organismes monocellulaires sont capables de régénérer les organes enlevés et de se trans- former en individus normaux, capables de croître et de se multiplier. C'est ce qui a fait dire à Verworm : « Le noyau et le cytoplasma ne peuvent vivre que réunis, séparés ils ne tardent pas à mourir ». L'étude de la caryokinèse nous fournit un exemple frappant de la relation intime qui existe entre le cyto- plasma et le noyau. A une certaine phase du processus, les contours nucléaires ont disparu, un échange a lieu entre certaines parties constituantes du noyau et celles du corps cellulaire, et Ton ne trouve plus trace de déli- mitation nette entre les deux. Où se trouve alors le pro- toplasma pour ceux qui nomment ainsi le corps cellu- laire à l'exclusion du noyau? (1). (1) D'après qucUjues analomisles (Waldeyer, Sattleh, Pfitzxeii), le noyau conscrvorail son aulonoiiiie, à toutes les phases de son existence; la karyokinèse s'accomplirait, à l'intérieur du noyau, sans parlicipalion inorplioloL;iiiue aciivc des i)arties constiluauLcs du cytoplasma. Celle 62 SOCIÉTÉ lîELGE DE MICUOSCOI'IE. Ceci nous amèneà parler des rapports morphologiques existant entre le noyau et le contenu de la cellule, en dehors de la période milolique. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Frommann, Ileilzmann, Klein, J.Arnold, Loos, Ed. Van Bened en, et, pi us récemment Boveri,Wilson,elc. ont admis, ou du moins, considéré comme probable l'existence de ces rapports. D'après Frommann, le rapport est direct ou indirect. Le l'appoint direct entre le contenu nucléaire et la sub- stance cellulaire a lieu par des filaments isolés ou des portions de réliculum qui traversent les solutions de continuité de la membrane nucléaire et pénètrent dans la substance cellulaire, ou passent de cette dernière dans le noyau. Le rapport indirect entre les éléments ligures nucléaires et les éléments figurés cellulaires s'établit par l'intermédiaire de la membrane nucléaire : des filaments d'épaisseur variable, qu'ils appartiennent à des réseaux ou à des charpentes, s'insèrent, en quantité variable, tant à la face interne qu'à la l'ace externe de la membrane du noyau, etc. (1). Et plus loin : « Schon bei den ersten Untersuchungen iiber die Struktur des Kerns [Untersu- cliungen liher normale iind palhologische Anatomie des Ruckenmarks, II Theil, 18G7, s. 58), habe ich mich dahin ausgesprochen, dass die Verbindungsfâden zwis- chen Kern und Zellkorper gegen die Auffassung des Kerns als eines innerhalb der Zelle ganz in sich abge- schlossenen Korpers sprechen und die spateren Unter- nianière de voir, qui a élé combaUue par Franz Tangl, esl en opposi- tion avec les résultats olJlcnus par presque tous les auteurs qui se sont occupés de l'élude de la division initotiiiue. (i) C. Frommann, Untersuchungen ïtber Slrukliir, Lebensersclieinun- gen und Rcnhfionen (liierisclier und pflanxllcher Zellen Jena, 18S4. (Seiiaral-ahdruck aus dei- Jeu. Zjilsetir. f. Nalui'wissenscliat'u Bd. XVII, .N. h\,\ liil., p. 190-196). BULLETIN DES SfiAXCES. 63 siR'liiingen liahcn dièse Ansich nur weiter begriinden iind bef'esligen kôiinen » (I). D'autres recherclies, parmi lesquelles les plus réeentes, sont venues eonfirnier ces résultats. Leydig, après avoir signalé la porosité de la membrane nucléaire, désignée, par lui, sous le nom de membrane culiculaire, ajoute : de fins filaments de la charpente nucléaire traversent cette membrane, pour se relier au réticulum du corps cellulaire (:2). D'après Ed. Van Beneden, plusieurs faits plaident en faveur de la notion d'une continuité organiqu(î entre les éléments du réticulum nucléoplasmique et les fibrilles constitutives du proloplasma. L'auteur invoque, entre autres arguments, la structure du réseau nucléoplas- mique qui, avant son envahissement par la chromaline, comme après le retrait de celte substance, est très sem- blable, voire même identique à celle du protoplasme (3^ Carnoy ne voit pas de connexion entre le protoplasme cellulaire et le boyau nucléinien, mais il constate fré- quemment des rapports entre le cytoplasma et la mem- brane nucléaire. Eu égard à son mode de formation, elle tient, à son origine, de tous côtés par des trabécules au protoplasme environnant. Or, cet état de choses peut persister pendant un temps plus ou moins long, peut- être même toujours dans certaines cellules (i). Le rap- port, décrit par Carnoy, entre le protoplasma nucléaire (1) C. Frommann, Ibid., p. 197-198. (-2) Fr. Leydig. Untersitchiingcn xur Anatomie tind Histologie der Tliiere, Bonn, 1885, p. loO, (5) Ed. Van Benedkn, Recherches sur la maturation de l'a-uf, la leçon- dation c\. la division cellulaire, Gand-Leipzig, 1HS3, p. 570-577. (l) J.-B. Caknoy, Za Biologie ^cellulaire, Lierre el Loiivain, 1S8-J, Fasc. 1, p. '2o7-2u8. 64 SOCIÉTÉ; lŒLGE KK MICUOSCOPIK. et le protoplasma cellulaire, est donc un rapport indirect clans le sens admis par Frommann. J'arrive à quelques travaux, de date plus récente. Pour Reinke, les granules de lanthanine forment, ji l'intérieur du noyau, un tin réticulum qui se confond, à la périphérie, avec la soi-disant membrane nucléaire à laquelle il donne naissance; d'un autre côté, les fins réseaux granulés du protoplasma cellulaire se mettent en rapport avec la membrane nucléaire. Reinke ne peut admettre l'existence, dans la membrane nucléaire, de canaux poreux, permettant l'union entre les réseaux de granules de lanthanine du noyau et les tins réseaux gra- nulaires du protoplasma cellulaire. On le voit, il s'agit encore une fois d'un rapport indirect. La manière de voir de Reinke se rapproche ainsi de celle de Carnoy, d'autant plus que le réticulum de lanthanine du premier est comparable au réticulum plastinien du second. Il est vrai, alors que Carnoy identifie son réticulum plastinien nucléaire avec le réticulum plastinien cytoplasmique, Reinke n'admet pas l'identité des granules de lantha- nine du noyau avec les tins granules du protoplasma cellulaire (1). Th. Boveri, constate que les tibres du fuseau peu- vent avoir une origine tantôt nucléaire, tantôt cytoplas- mique ; il en conclut que, chez les métazoaires, les noyaux de cellule ne sont pas toujours des formations de même valeur, et qu'en général il est inadmissible de considérer toute formation rencontrée dans le noyau comme partie constituante nucléaire. Seuls les chromo- somes, à toutes les phases de leur existence, méritent (I) Fr. Reinke, Zdistadien, IITheil. — Aroliiv f. niikr. Aiiat. Bel. 4i, Heft. 2, 189i, p. -2Gi-267. el Waldeyeu, /oc. cil,, p. 51. IJI.LLKIIN IIKS SKANCKS. d'être considérés comme ayant cette signification. Et l'auteur ajoute : « So konnen, meiner Meinung nacl», schon Kernsaft nnd Kernmemljran, von denen der erstere dei- Menge nadi weitaiis den beleutendslen Teil eines rulienden Kcnie bildet , nicht als spezi- fische KcDiljesUuidlcile, Ijezeiclmet werden ; der Kern- saft ist niclits anderes als Zeilsalt, die Kcrnmemhran nacli allgemeiner Ansiciit eine diciitere Rindenscliiclit des Protoplasmas ; uud aiicli das sog. Liningeri'ist, das ùhriuens- sicher nicht allen Kernen zidvommt, sclieint sicli von gewissen fiidigen Bestandteilen des Proto- plasmas in keiner Weise zu untersclieiden. So ist fiir micli — wie ich fi iilier schon ausgesprochcn hahe — der « Kern » ein<;r Metazoën Zclle ledi^dich ein lùr die Daucr der Zellenrnhe vor den Chromosomen gehautes Haus & » (Ij. A la fin de son mémoire sur la segmentation de l'œuf de Toxopneusles varieijalits, Edmond Wilson insiste sur le rapport morphologique qui existe entre lesdiverses parties constituantes de la cellule : « The egg of" Toxo- pneusleH shows witli striking clearness the tact, which has hecn inged by several ohservers in other cases, that al! the parts of the cel! show a most inlimate morpholo- gical connexion and may he regarded as spécial ly difïe- rentiated areas in a common structural basis. » (^ette base est un appareil fihrillaire « a threadwork» qui s'étend à travers la cellule, formant, à l'extérieur du noyau, ce qu'on appelle le cyloréticulum et, à l'intérieur du novau, le réseau de linine. El [)lus loin : « I can find (I) BovEP.i. Ueber Uns Verhalien der Centrosomen bei der Befruchtimg des Seeigel-Ees nebst allqeHieinen Bcinerkiinijen liber CeiUro^omen iiiid Verwandlen.— Vertiundiiinj;!-!! modèles anglais; un même statif peut s'obtenir avec l'un ou l'autre système de support. Le système à trépied a du bon et a été pré- conisé par un certain nombre de micrographes. Comme le. montrent certaines des planches accompagnant cette note, c'est la seule différence qui existe entre plusieurs statifs totalement semblables dans tout le reste de leur construction. Le grand modèle, représenté dans notre pi. III, est composé d'un pied en fer à cheval et d'une monture pouvant plus ou moins s'incliner. L'inclinaison est fixée par une clef adaptée sur le montant du statif. Le tube du microscope est muni de deux mouvements; un mouve- ment rapide par double crémaillière, un mouvement lent par une vis de rappel divisée. Le tube est à glissière, sa longueur peut donc être augmentée, il porte des divisions qui indiquent en millimètres la longueur totale du tube. La platine porte-objet est ronde et mobile, elle peut être cintrée. Sous cette platine se trouve un appareil d'éclairage d'Abbe avec diaphragme iris, le tout étant éclairé par un miroir plan concave. Diaphragme iris, appareil d'Abbe peuvent être facilement supprimés. Le diaphragme iris se déplace latéralement comme d'ordi- naire. Il reste sous la platine un cylindre diaphragme dans lequel les divers diaphragmes d'ouvertures diff'é- rentes sont remplacés par un iris. Notre planche IV fait voir la disposition des diverses pièces de l'appareil, elle montre l'iris et l'appareil d'Abbe écartées, le premier à gauche, le second à droite. Le 70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. cylindre à iris supérieur étant resté placé sous la pla- tine ; on voit très bien l'ouverture de l'iris. Ce système, très pratique, a, comme on le comprend, de très grands avantages, il suffît d'appuyer sur un levier pour détacher l'appareil d'Abbe et opérer avec la lumière ordinaire, tamisée par une ouverture appropriée de l'iris; il y a donc là un gain de temps relativement considérable dans le maniement de l'appareil. Notre planche Y représente le grand stalif privé de chariot mobile. Un modèle très analogue à celui-ci, mais privé du perfectionnement relatif au cylindre iris, se construit par la maison, soit sur trépied anglais, soit sur fer à cheval. Nous donnons dans notre planche YI, l'aspect de ce statif monté sur trépied. La même forme de microscope, avec une platine fixe et rectangulaire. Le microscope est inclinant, et l'incli- naison se fixe ici aussi par une sorte de clef placée latéralement au pied. Quant au système d'éclairage il est le même que dans les statifs précédents; ici aussi il existe sous la platine les deux iris. Ce statif difïère des précédents simplement par la forme de la platine. Citons encore paruii les microscopes de la maison, le statif qui, dans les catalogues, porte le numéro llb. Nous en donnons la figure dans la planche VIL C'est un microscope droit, monté sur trépied. Le tube du microscope possède deux mouvements, un mouve- ment lent par vis micrométrique non pourvue de divi- sions et un mouvement rapide par une crémaillière à deux roues. Modèle très avantageux à recommander aux Instituts et aux étudiants. Quant au système d'éclairage de cet appareil il est BULLETIN DES SÉANCES. 77 naturellement beaucoup moins compliqué que dans les appareils dont nous avons parlé plus haut. Il se compose d'un cylindre qui porte supérieurement une lentille et inférieurement un diaphragme iris. Cet appareil sur lequel peuvent s'adapter de très forts objectifs, est parti- culièrement à conseiller aux étudiants, ils trouveront dans cet instrument un appareil très bien conditionné et d'un prix très abordable. Les microscopes sont placés dans une boite-armoire fort bien construite et de grandeur suffisante pour renfermer objectifs, oculaires et un certain nombre d'appareils accessoires. II. — Appareils accessoires. Parmi les nombreux appareils accessoires, plus ou moins nécessaires à l'étude, il en est quehjues-uns sur lesquels nous attirerons ici également l'attention. I. — Oculaires à dessiner. M. Leitz fabrique deux oculaires pour dessiner, d'une construction un peu spéciale et dont l'emploi nous a paru simple et pratique. Comme le montre le croquis de la figure ci-contre, cet appareil est de même dimension et de même forme qu'un oculaire ordinaire et il se dispose comme celui-ci clans le tube du microscope; l'objectif à dessiner, possède laté- ralement une vis de piession. Grâce à cette vis, l'oculaire peut être fixé solidement au tube du microscope. Inutile de décrire, pensons-nous, la manière dont se forme et 78 SOClETt; Hlil.GE DE iMlCHOSCOI'lR. se projette l'image, le eroqiiis tigure 1, l'ait suirisamment voir la manière dont se dirigent les rayons émanant de FiG. 1. l'objet placé sur la platine du microscope. Le second oculaire est construit d'une manière spéciale, il faut dis- poser le microscope, comme l'indique clairement la figure 2, où l'on voit l'oculaire mis en place sur le statif. Cette manière de dessiner nous a paru très pratique et commode, elle n'a pas souvent été employée, pensons- nous. Une note, contenant la description assez détaillée de cet oculaire, a paru dans la Zeilsclirift f. wiss. Mikros- kopie (Bd. XII, lieft 5, p. 289). M. Scliiemenz y donne, à l'aide de schémas très exacts, la direction des rayons BULLETIN DES SEANCES. 79 émanant de l'objet. Il y décrit également la forme d'oculaire pour lequel la table à dessiner doit être placée FiG. i. de manière à former un angle de 12" avec le plan sur lequel se trouve disposé le microscope. 2. — Chariot mobile. M. Leitz construit un chariot mobile simple, qui s'adapte à la platine du microscope comme le montre notre figure 5. Cette platine possède deux mouvements, dans deux sens perpendiculaires. Les branches mouvantes sont garnies de plaques gra- 80 SOCIÉTÉ lUaCK l)K MICUOSCOPIE. duées,en vernier, ce qui permet naturellement de retrou- ver avec facilité la place exacte que doit occuper sur la Fis. 3. platine du microscope une préparation qui a été une fois pour toutes repérée. Dans la planche lll nous avons représenté le grand statif construit par M. Leitz et pourvu du chariot mobile. Les deux vis, destinées à conduire le chariot et par suite la préparation en avant, à gauche ou à droite, se trouvent du même côté de l'appareil. Le grand mérite de ce cha- riot nous a paru être sa simplicité. Quant aux objectifs, la maison en construit 9 numéros I BULLRTIS l»KS SfiANCES. 81 à sec, un à immersion à l'eau, 5 à immersion à l'huile. Ces objectifs associés à .'j oculaires (J'Huyj^ens, donnent des giossissements variant de !.'> à loOO diamètres. M. Leilz construit égaicmeut i objectifs apochroma- liques, dont trois sont à sec, le quatrième à immersion homogène à l'huile. Ces objectifs combinés aux ;i objec- tifs compensateurs donnent des grossissements variant de 02 î) 22."j0 diamètres. Le prix de ces divers objets est relativement bas, le pouvoir définissant des objectifs est des plus satisfaisant. Tons ces appai'eils sont à recommander. XX u NOTE SUR LE CHLOROTYLIUIVI INCRUSTANS RlilNSCil PAR Km. UE %iiLiif:iiAra Nous avons en 1895, pendant un de nos séjours à la Faculté des sciences de Nancy, récollé dans un fossé, qui borde la route de Maxéville à Cliampigneulles, une forme d'Algue des plus intéressante. Des touffes de filaments d'Ocdoyoniinn assez forte- ment encroûtés de calcaires, présentaient, de distance en distance, sur les cellules, des renflements qui, examinés au microscope, se montrèrent formés par les éléments filamenteux relativement courts et rameux. Ces fila- ments formaient des coussinets entourant comme d'un bourrelet dur, encroûté, les cellules de l'Algue. Après décalcification par un acide étendu, l'acide acé- tique, notre Algue verte, est formée de filaments à rami- fication souvent unilatérale, à rameaux uni ou paucicel- lulaires. Notre Algue rappelle par tous ses caractères le Chlo- rohjlumi incruslans décrit et figuré par Reinsch, dans BULI.FTIN i>KS SKANCES. 83 ses Conlribulioni's ad Ah/olof/'unii cl hiiK/olix/Kun (1). Si nous consul Ions le SyllogcÂlgaruin de .M. Dc-Toni, nous trouvons que celle espèce est rapportée au (jIi. calaractum Kiitz., sous le nom de var. incnisUins Hansg. C'est en effet Ilansgirg dans sa Flore de Bohème ("2), qui a fait le premier ce rapprochement. La forme décrite par Reinsch n'a cependant guère de ressemhlance avec le type décrit et figuré par Kiilzini; dans les « Tabulac Phycologicae » ; il suffit en effet pour s'en convaincre de comparer avec un peu d'attention les dessins reproduisant les caractères de ces deux formes. Les auteurs ne semblent pas avoir tenu compte non plus des indications fournies par Reinsch lui-même dans une note qui suit la description de son espèce nouvelle. Nous y voyons : « Chlorotylium mammiforme Kiitz. Tab. phycol. V, tab. 57, [I, difï'ert dimensionibus filorum duplo mino- ribus, cellulis heteromorphis filorum. » Or, si l'espèce nouvelle créée par Reinsch diffère du Ch. mammiformis Kiitz., par l'absence de ces cellules hétéromorphes, elle différera du même coup du Ch. cataraclttm Kiilz, qui possède lui aussi le même carac- tère. On peut dès lors se demander si la forme dénommée Cil. incnislaus appartient au genre Chlorotylium, car si nous consultons le tableau des genres de la famille des Chroolepideae (5), nous y trouvons indiqués les carac- tères suivants : (I) ContribuLiones nd Mqolodinm el Fumiologiam, vol. I, 1>75, Chlo- rnpliyceac, p. 76, pi. I, Wg- \ a-e. (-2) Hansgirg. Prodr. einer Alqenll. ik Bolimen, p. 90. (3) De-Toni Syll. Alg., I. i). 255. 84 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Chlorotylium. — Filamenla paraliela, repelile diclw- toma, e ceUidis alternatim elongatis liyalinisque et abbreviatis viridibus consiituta. Or, aucun de ces caractères ne se retrouve nous semble-t-il dans le type de Reinsch. Les figures de ce dernier auteur ne nous montrent pas des filaments parallèles, dichotomes ni surtout des cellules alternati- vement vertes et hyalines, puisque Reinsch fait observer que l'absence de ce dernier caractère constitue une des différences existant entre son espèce et le C. mammi- f or mis Kûtz. Nous sommes donc tenté d'écarter le C. incrustans du genre Clilorotyliiim. Mais où devra-t-il se classer? Reinsch ne nous donne malheureusement aucun rensei- gnement précis sur la reproduction sexuelle de son espèce et pour la forme que nous avons observée en France, nous n'avons guère été plus heureux. Il ne nous a pas été possible de voir la sortie des zoospores, nous avons observé uniquement des zoosporanges vidés. Mais si l'on tient compte de l'aspect extérieur des filaments composant notre Algue, nous remarque- rons qu'elle se rapproche beaucoup des espèces du genre Ctenocladus créé par Borzi dans ses « Studi Algo- logici »(1). Il suffira en effet do jeter un coup-d'œil sur la planche III du travail de Borzi et sur les figures publiées par Reinsch, pour saisir l'analogie de forme du Cteno- cladus circinatus Borzi et du Clilorotijliiim incrustans Reinsch. Les zoosporanges ont même aspect et s'ouvrent de (I) Sludi AlgoLogici, t'asc, I. p. 117. [il. 111. BULLKTIN DES SÉANCRS. 83 la même façon dans les deux espèces. La rainiticatiuii unilatérale si bien caractérisée dans les timires des « Studi Âlgologici », se montre déjà neHemcnt dans les croquis un peu somniaircs des « Contributiones » de Reinsch. Elle est tout aussi nette dans les échantillons étudiés par nous. Aussi n'hésitons-nous pas un seul instant à rapporter au C. incrustans Reinsch, l'Algue que nous avons récoltée dans les environs de Nancy. Faut-il changer de genre le C. incnistans Reinsch? nous pensons que oui ; comme nous le disions les carac- tères ne sont pas concordants. Faut-il faire entrer cette espèce dans le genre Ctenocladus Rorzi; la réponse est plus difficile à formuler avec certitude. Il nous manque des stades de développement de notre Algue; nous ne savons pas comment se conduisent les zoospores après leur sortie du zoosporange. Néanmoins nous sommes persuadés que le C. incrustans Reinsch serait mieux à sa place dans le genre Ctenocladus que dans le genre Clilovotyl'mm, si l'on donne à ce dernier comme carac- tère l'alternance de cellules colorées et de cellules hya- lines. La découverte du C. incrustans Reinsch, en France, n'en est pas moins des plus intéressante car elle étend considérablement l'aire de dispersion de cette Algue, sans aucun doute plus répandue encorequ'on ne le sup- pose. Cette Algue est donc à rechercher, il est certain que l'attention une fois attirée sur elle la fera découvrir un peu partout. On l'a trouvée jusqu'à ce jour en Allemagne, en Au- triche et en Bohême, si nous pouvons admettre les formes observées par Hansgirg comme appartenant bien au type de Reinsch. C'est la première fois qu'on la signale sur 86 SOCIÉTÉ IlELGK DK MICKOSCOPIE. des (ilainenis iVOcdofjouiiim, Rcinsch l'a observée sur des filaments du Cladophora. Il est assez probable (jue eelte espèee n'affectionne pas parliculièrement tel ou tel support, elle se retrouvera probablement sur différentes Algues aussi bien que sur les tiges ou les racines des phanérogames a(piatiques. Voici le nom que cette Algue devrait porter ^ Ctenocladus iNCRUSTANS (RcinscU) Nob. Cblorotylium incrnstans Reinscli, loc. cit. Cblorolylium eataraclariim ya?*. incrustans Hansg., loe. cit.; De-ïoni, Syll. Alg., l, p. !25(>. Disp. — Allemagne, Autriche (Reinsch), Rohème (Hansgirg), France (env. de Nancy) (Nob.). Janvier 1896. COMPTES UENDLS ET ANALYSES Nous avons dans un [irécédent numéro examiné cer- taines des nouvelles espèces de Cliampignons créées par iM. Tliaxter, dans le n' XI du Botanical Gazette (novembre 1895), le même auteur a décrit depuis plu- sieurs espèces intéressantes sur lesquelles nous attirerons spécialement l'attention.; L'auteur étudie d'ahord le genre Gonapodija créé par Fischer pour leSaprolegna siliquaeformis Reinsch. Il a eu l'occasion de \o'ir \e G. siliquaeformis Ixi^'imch) Thaxtcr que Fischer avaitdénommé G. /9?o/i/e?'fl Fischer, il l'a récoltée à Cambridge Massachusset et à Kiltery Point, Maine. Il nous fournit de cette espèce une des- cription complète. Il décrit également une espèce fort voisine, qu'il nomme G. polymorpha Tliaxter, la description et les figures lapprochent beaucoup ces espèces l'une de l'autre. Mais le grand intérêt de la notice de M. Tliaxter réside dans la publication de son nouveau genre Miji'ioblcplta- ris. Ce genre est, en effet, des plus particuliers, et il n'a à notre connaissance aucun analogue dans le groupe des Champignons. La caractérisation de ce genre repose sur la formation de grandes zoospores multiciliées qui naissent à l'extrémité des liyphes. Un grand nombre de zoospores peuvent naitre successivement à l'extrémité du même filament. Toutes laissant une trace de leur |)assage j)ar la membrane rjui les a enveloppées et qui reste attachée au tilameiit. 88 SOCIÉTÉ BELGE DE iMICKOSCOIME. L'espèce nouvelle porte le nom de M. paradoxa Thaxler. De nombreuses figures reproduisent les carac- tères de ce Champignon. Nous en donnerons la description d'après l'auteur : Myrioblepliaris paradoxa Thaxter. — Hyphes étroits, branclius, formant des zoosporanges terminaux, prolifé- rant. Zoospores grandes mnlticiliées. Le contenu du zoosporange se divise en 2-4 zoospores, qui sont expul- sées par les zoosporanges en formation. Hyphes de 1 millimètre de long et de 4-5 y, de diamètre. Zoospores ovales ou oblongues de 20-50 fx sur 18-20 /x. Hab. — Sur des branches submergées mélangée au Mouoblepliaris. Weslon, Mass. È. D. W. Bull. Soc. belo-e de Micr T. XXII, pi. I. Bull. Soc. belge de Micr. T. XXII, pi. II. Bull. Soc. belge de Mirr. T. XXII, |,1. m. Bull. Soc. bele-e de iMicr T. XXII, 1.1. IV. Bull. Soc. belge de Micr. T. XXII, pi. V. Bull. Soc. belg-e de Micr T. XXII, lil. VI, Bull. Soc. belge do Micr. t. XXII, pi. VII. BILLETI\ DES SÉA^(:ES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE iMICROSCOPIE Proc**'s-vorl>al «le la MÔaiico iiioiiisiielle (lu 17 féiricM- IHiHi. Tome XXII. N' V. 1895-1896. Présidence de M. Lameere, vice-président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. M. Rouffart, président, retenu en province, prie ses confrères d'excuser son absence. M. Errera t'ait également excuser son absence. Conuniuiications : M. R. Sand, communique le résultat des observations qu'il a faites récemment sur les Acinétiens des eaux douces des environs de Rruxelles. Un résumé de la com- munication de M. Sand paraîtra dans le Couipte rendu XMI "^ 90 SOCIÉTÉ BKLGH: Dh: iMICROSCOPIE. (le la séance, le travail sera publié dans le volume, en cours de publication, des Annales de la Société. M. Francotte donne quelques détails sur l'emploi des objectifs photograpbiques et sur la mesure des grossis- sements. La notice de M. Francotte relative à ce sujet sera publiée dans les Bulletins de la Société. La séance est levée à 10 heures. LES ACINÉTIENS D'EAU DOUCE Par Rkné SAND J'avais étudié précédemment les Acinétiens marins da Porte! et de Nieuport (voir Les Acinélicns, Annales de la Société belge de microscnpie [Mémoires), t. XIX, 1895; résumé sous le même litre dans le Ihdletin de la Société belge de micvoscopie, t. XXIl, 1895). Cette année, j'ai recherché, dans les ruisseaux des environs de Bruxelles, les Suceurs d'eau douce. dTdekem en avait si^aialé deux en Belgique : Toko- phrjja(Podo))linja)iiuadripartita Claparède et I.,achmann et Trichophrya epistylidis Claparède et Lachmann. On connaissait aussi la présence dans notre pays de Dendro- comeles paradoxus Stein. J'ai trouvé, outre ces trois Acinétiens Urnnla episti/li- dis Claparède et Lachmann et Podophrya yelatinosa Sand [Acineta gelalinosa Buck). Je réserve le résultat de mes observations sur Dendro- cometes pour une note ultérieure. Podophrya gelalinosa passe par quatre stades : 1" embryon cilié; 2° Spliœrophrya ; 5° Trichophrfia ; i" Podophrya. Le stade Acineta de Buck est la forme enkystée. Cet Acinétien se reproduit par bourgeonnement — scissi- parité au stade Podophrya (comme Podophrya fixa et 92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. libéra); ou bien Podoplirya devient Sphœropliryn, se garnit de quatre couronnes de cils, erre et se tixe de nouveau quelquefois après s'être divisée à l'état de Spliœ- roplirya. Mes observations sur les Acinétiens d'eau douce con- firment les thèses que je défendais à propos des Aciné- tiens marins; je les étends donc à tout le groupe des Suceurs. Les tentacules sont le plus souvent de trois grandeurs différentes, répartis à peu près également : celte dis- position augmente la surface de capture. J'apporte de nouvelles preuves en faveur de la théorie de Maupas sur la succion. J'ai vu en effet, dans le corps de la proie les effets du courant centrifuge, c'est-à-dire des mouvements en sens divers du protoplasme de l'infusoire. Les tentacules semblent coller à la cuticule de la vic- time. l^es sphères dites huileuses ne sont constituées ni d'huile, ni de corps gras, ni de glycogène, mais d'albu- minoïdes. Elles se forment peu après la capture de la proie. Quand l'eau se défraîchit et perd son oxygène, l'Aci- nétien pousse des tentacules très longs et minces; il s'entour(; de petites sphères mates, qui restent accolées à la cuticule, et deviennent ensuite ogivales. Les tenta- cules se déforment complètement et se ratatinent; la cuticule se plisse; la vacuole puise avec peine. Le noyau au repos est pondue de granules sombres de chromatine, puis il devient filamenteux (est-ce un siuil fil très contourné)?; enfin il devient f'usiforme et fi!)rillaire. Chez Tokophrya qnadriparlila, on voit alors BULLETIN DES SÉANCES. 93 un fuseau qui icssemble beaucoup à celui de la caryoci- nèse ; à l'équaleur de chaque fibrille existe un rentle- ment sjjhérique (chromosome)? Il n'y a, ni cenlrosorne, ni sphèie attractive, ni fuseau central.. J'ai vu, sur le même sujet, un fuseau à trois pôles, anormal par consé- quent. Le fait de l'existence de la carvoeinèse écarterait beau- coup les Acinétiens des Ciliés. Ceux-ci ont en effet macronovau et micronovau ; le premier se fragmente, le second seul se divise. La struc- ture nucléaire des Acinétiens serait donc à peu près celle des cellules des Métazoaires, tandis que celle des Ciliés représente un type à part. Dans ces conditions, il est probable que, phylogénéti- quement, les Sarcodaires ont donné naissance à deux branches absolument distinctes, les Acinétiens et les Ciliés. Il serait, de plus, intéressant d'étudier à fond cette caryocinèse pour voir si, chez ces êtres inférieurs, elle ne présente pas des caractères rudimentaires, dont la connaissance ferait faire un grand pas à l'histoire de l'évolution de la division cellulaire. COiMPTES RENDUS ET ANALYSES W. Migula. Classification des Bactériacées. Dans une récente livraison de l'ouvrage général tle A. Engler et R. PrantI : Die naturliclien P fia h zen fa mi- lieu, W. Migula fait connaître une nouvelle classification des Bactériacées. Dans son système le groupe desSchizophytes se divise en deux classes : \° Les Schizomy cèles, caractérisés par un contenu cellulaire incolore plus rarement rose ou vert, et par l'absence de chromatophores. ^^ Les Scliizophijcées, à contenu coloré mais jamais en rose ni en vert. Les Schizomycètes sont classés comme suit : L Cellules arrondies ne s'allongeant pas dans une direction déterminée avant la division . . Coccacées. IL Cellules plus ou moins cylindriques, s'allongeant jusqu'à acquérir une longueur double avant la division, qui ne s'opère que dans cette direction : a. Cellules droites en bâtonnets sans gaines, immo- biles ou pourvus de cils et mobiles. Bactériacées. b. Cellules courbes sans gaines . . Simhillacées. c. Cellules entourées d'une gaine. Chlamvdobactériacées. (/. Cellules sans gaines, réunies en filaments mobiles par ondulation de la membrane . Beggiatoacées. BULLETIN DES SÉANCES. 95 COCCACÉES. .4. Cellules dépourvues de cils : a. Division s'opérant dans une direction Sux'plococcus. h. Division s'opérant dans deux directions Micrococcus. c. Division s'opérant dans trois directions Sarcina. B. Cellules pourvues de cils. a. Division s'opérant dans deux directions Plcuwcocciis. h. Division s'opérant dans trois directions Planosarcina. Dans le genre Slreplococcus , ainsi compris, rentrent les Torula de Colin et les Leuconosloc de Van Tieghem. Le genre Micrococcus comprend les ci-devant genres Lampropedia Schrôter, Hijitlococcïis Schrôter, Leiico- cijslis Schrôter, Ascococcus Bilroth, Mouas Ehrenb., Bacteridium Schrôter, Diplococcus et Slaplujlococcus Auct. Bactériacées. A. Cellules dépourvues de cils. . . . Ikiclcrium. B. Cellules munies de cils a. Cils répartis sur toute la surface du corps. Bacilliis. b. Cils polaires Pscudonionus. Les Baclerium sont caractérisés par des bâtonnets plus ou moins longs, parfois réunis en filaments, immo- biles, pi'oduisant pour la plupart des endospores. Ce genre comprendrait environ 200 espèces, actuellement connues, dont le type est le H. Anlliracis. \)dii\s le genre 96 SOCIÉTÉ BELGK UR MICIIOSCOI'IE. Bacilius de Migiila, rentrent les GramilobacterBeyev., Clostridium Prazinowsky, Cystobacter Schiôter, Pro- teiis Haiiser, Bactridmm et Plectridium Fischer, Tiji'o- tlirix Diiclaux. L'auteur y rattache également, mais avec doute, les Bliizobium des Légumineuses (/i. i^adi- cicola). Parmi les Pseudomonas, prennent place les C/iromatmm Perty, à contenu rose et pourvu de gra- nulations de soufre et le Nitrosomonas de Winogradsky. Spirillacées. A. Cellules non flexibles, n'ondulant pas à la façon d'un serpent. a. Cellules dépourvus de cils . . . Spirosoma. b. Cellules munies de cils. 1. Cellules à 1 plus rarement 2-3 cils polaires Microspirct. 2. Cellules munies à chaque pôle d'un bouquet die cils Spii'illum. B. Cellulesfaibles, mobiles par ondulation Splrocliaeta. Les Spirosoma immobiles, souvent en virgules, sont peu nombreux. Les Microspira comprennent beaucoup de vibrions, notamment celui du choléra asiatique, la M. Comma (Koch) Schrôter. Le genre Spirilinm compte une vingtaine d'espèces, la plupart saprophytes; les Tliiospiritlum de Wino- gradsky à contenu rouge et chargés de granulations de soufre, y prennent place à côté de Sp. samjuincum Ehr, Les Spirochaeta, dépourvus d'organes moteurs, doi- vent leur mobilité aux ondulations qui animent leur corps [Sp. plicatilis Ehr.). buli.riin des séances. 97 Chlamïdo-bactériacées. A. Contenu cellulaire dépourvu de granulations de soufre. a. Filaments continus. I. Division cellulaire s'opérant dans une direction Strcplollirix. II. Division s'opérant dans trois directions. 1° Cellules entourées d'une gaine délicate, peu visible (organismes marins). Phragmidiolhrix. 2" Cellules entourées d'une gaine bien visible(orga- nismes d'eau douce) .... Crenothrix. h. Filaments cloisonnés VAadolhrix. JU. Contenu cellulaire pourvu de granulations sulfu- reuses Thiolhrix. Beggiatoacées Genre unique Beggiatoa. Comme on le voit, Migula introduit dans la classifi- cation des Bactériacées plusieurs caractères nouveaux, notamment le mode de division et la présence, l'absence ainsi que la disposition des organes moteurs. Les variations secondaires de formes et dégroupement des cellules sont avec beaucoup de raison reléguées par l'auteur comme ne présentant pas une constance suffi- sante et dépendant trop des conditions physiologiques extérieures. L'idée défaire entreries cils comme caractères dans la systématique des Bactériacées appartient à A. Fischer (1) (I) A. FiscriEK. Vntersucluingen ûber Baktcrien. Pringslioim's Jahrb. Bil. XXVll, 1895. 98 SOCIÉTÉ BELCE DE MICUOSCOIME. qui, récemment, a fait connaître un système de classifi- cation dans lequel ce caractère intervient à côté de la présence et du lieu d'apparition des spores endogènes. Malheureusement, la formation des spores est influencée par les facteurs extérieurs, chaleur, oxygène, richesse du milieu. Les cils fournissent, au contraire, des caractères de la fixité desquels on n'a aucune raison de douter. On ne connaît pas jusqu'ici de faits prouvant une dépendance quelconque de la production des organes moteurs vis-à- vis des facteurs du milieu. L'essai de classification de Migula mérite donc une très sérieuse considération. Il marque une voie nouvelle, purement morphologique, qui sera d'autant plus aisée à suivre dans la suite que la technique de la coloration des cils ne peut manquer de devenir plus simple et plus sûre encore. Ém. Marchal. • Depuis quelques années on a vu paraître un grand nombre d'études sur l'histologie de la cellule, mais mal- heureusement bien peu de travaux d'ensemble sur la cytologie, aussi ne pourrons nous passer sous silence le livre que vient de publier chez Carré, à Paris, le pro- fesseur L.-F. Henneguy. Ce livre intitulé modestement « Leçons sur la cellule. Morphologie et reproduction », vient remplir une lacune. Que possédions-nous avant son apparition, des traités généraux de Zoologie et de Botanique dans lesquels, un ou quelques paragraphes étaient consacrés à l'étude delà cellule, le traité de Flemming « Zellsub- BL'LLETI.N DES SKANCES. 99 stanz, Kern iind ZelUhciluiuj » déjà un peu vieilli et peu à la portée de la généralité des travailleurs. Nous possédions la première partie, seule publiée de la « Biologie cellulaire » de Carnoy, pi'esque aussi ancienne et ne tenant pas compte, dès lors, des dernières découvertes scientifiques. Restent la petite étude de Chatin, le livre de Hertwig, traduit par Julien et le der- nier volume de J. Delages, dans lesquels les données, relatives à la cytologie, sont souvent très écourtées. Certes le travail que nous avons sous les yeux, n'est pas un traité de cytologie, l'auteur a soin d'ailleurs de le dire dans la préface de son livre : « Ces leçons consti- tuent simplement une sorte d'introduction à l'étude de l'histologie et de l'embryogénie comparée, dont les plus brillantes conquêtes, dans ces dernières années, sont dues aux progrès de la cytologie ». Celte introduction est déjà très complète et nous devons féliciter vivement le professeur Henneguy d'avoir publié les leçons faites au Collège de France en 1895- 1894 et qui ont été recueillies par M. Fabre-Domergue. Par la nature même de ses travaux, l'auteur était mieux placé qu'aucun autre pour sentir la nécessité de grouper tous ces faits en les résumant, et éviter ainsi à chacun la perte de temps qu'occasionne la lecture des mémoires originaux. L'auteur n'a pu citer tous les auteurs qui se sont occupés de la morphologie et de la reproduction de la cellule et il s'en excuse. Personne ne lui en voudra à ce sujet, il est évident (jue la chose n'eut pas été possible; on ne pourrait en trenle-et-une leçons épuiser toutes les idées émises sur les grands j)roblèmes (le la structure cellulaire. Mais il faut reconnaiire que M. IJenneguy a fait un choix judicieux des données rela- 10U SOCIÉTÉ BELGE DE MlCHOSroi'lE. tives aux grandes questions en laissant à l'écart les détails trop spéciaux. Le travail est écrit par un zoologiste, aussi le texte s'en ressent-il plus ou moins, cela est fatal, l'on est toujours amené à s'étendre sur ce que l'on connaît le mieux. Nous aurions voulu voir traiter d'une manière plus approfondie certains points se rapportant plus par- ticulièrement au règne végétal. Mais tel qu'il est, l'ouvrage est très remarquable et rendra des services nombreux à ceux qui voudront se faire une idée nette de la cellule pendant les diverses périodes de sa vie, car dans le dédale des publications relatives à la cellule, il est des plus difïicile de se frayer un chemin; le volume de M.Henneguy, servira de guide. Il sera particulièrement utile au botaniste, car celui-ci trouvera dans ce volume le résumé des données acquises en Zoologie, cela lui permettra de comparer facilement l'élément cellulaire des deux règnes. Yoici d'ailleurs les points traités par l'auteur dans la trentaine de ses leçons. 1. Histoire de la cellule. — II. Constitution physique et chimique du protoplasme. — III et IV. Constitution morphologique du protoplasme. — V. Structure du noyau. — Yl, VII, YlII. Constitution du noyau. — IX. Sphères attractives et centrosomes. Noyaux acces- soires. — X. Corps vitellin de Balbiani. — XI. Nutri- tion. — XII-XIV. Produits de l'activité cellulaire. — XY-XVI. Dilférenciation fonctionnelle de la cellule. — XVII. Modes de reproduction de la cellule. — XYIII. Historique de la division cellulaire. — XIX. Division cellulaire indirecte. — XX. Cytodiérèsc des cellules embryonnaiies. — XXI. Cylodiérèse chez les animaux BULLKII.N llbiï. SÉA.NCKS. 101 et les végétaux. — XXII. Divisions cellulaires iiulirectes anormales. — XXIII. Points controversés de la cyto- diérèse. — XXIV. Centrosonies et sphères attractives. — XXV. Division directe ou ainitose. — XXVI. (îer- mination. Sporulation. Conjugaison. — XXVIl. Conju- gaison des Infusoires. Fécondation. — XXVIl I. Lois de la division. Rapports des cellules entre elles. — XXIX. Relations entre le protoplasme et le noyau. — XXX. Mort et dégénérescence physiologique de la cel- lule. — XXXI. Questions théoricpies relativesà la cellule. Comme on peut le voir par le titre de ces chapitres, tous les grands points de la biologie cellulaire sont pas- sés en revue dans le livre de M. Ilenneguy. Nous ne pourrions examiner ici en détail toutes les données consignées dans le travail, bornons-nous à citer quelques points spéciaux. C'est cà Hugo V. MohI que l'auteur rapporte la première description de la division cellulaire. Cette observation aurait été faite en 1855 chez le Cladopliora. Ce n'est cependant pas à un auteur allemand qu'il faut taire remonter cette découverte, avant iMohl, Rarlhélemv Dumortier avait fait la même observation. Il est curieux que les observations de ce dernier botaniste, écrites en 1828, et publiées en 1852, dans les Bulletins de l'Aca- démie des Sciences de Belgique et dans les Actes des curieux de la nature, sous le titre de: ce Recherches sur la structure comparée et le développement des animaux et des végétaux », n'aient pas eu de retentissement. .Malgré les nombreuses réclamations que l'on a fait valoir, on n'a jamais rectifié le fait dans les ouvrages généraux. Voici d'ailleurs comment s'exprimait Dumortier, la division était nettement décrite. <■<■ Le développement lO-i SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. » (les Conferves est aussi simple que leur shucture, » il s'opère par l'addition de nouvelles cellules aux » anciennes, et cette addition se fait toujours par l'extré- » mité. La cellule terminale s'allonge plus que les infé- » rieures. Alors il s'opère dans le fluide intérieur une » production médiane, qui tend à diviser la cellule en » deux parties dont l'intérieure reste stationnaire, tandis « que la terminale s'allonge de nouveau, produit une » nouvelle cloison intérieure et ainsi de même. La pro- » duction de la cloison médiane est-elle simple ou » double? Voilà ce qu'il est impossible de déterminer; » mais toujours est-il vrai de dire que plus tard elle » paraît double dans les Conjuguées, et que quand deux » cellules se séparent naturellement, chacune d'elles est » close aux deux extrémités. C'est ce qui se démontre » facilement, pour les conserver en les observant à leur « maturité, et pour le tissu cellulaire, lorsqu'il a subi )) l'influence de la gelée. Dans cet état, les cellules con- » tinuent à renfermer les fluides qu'elles contenaient « précédemment, ce qui ne serait pas si elles n'étaient » closes par une membrane ». Nous avons vu avec plaisir que M. Henneguy se ran- geait pour la constitution morphologique du protoplasme à l'avis du professeur Kolliker qui, dans la dernière édition de son traité d'embryologie, a publié une théorie de la constitution du protoplasme. Kolliker trouve dans les cellules jeunes un protoplasme homogène srt?is struc- ture; ce protoplasme est formé d'un mélange de sub- stances molles semifluides. Plus tard apparaissent, par suite de la vie même de la cellule, des vacuoles qui se remplissent de suc cellulaire. Au moment de leur appa- rition ces vacuoles doivent être petites; si elles sont BULLETIN UES SÉANCES. 10? nombreuses le protoplasme se trouvera creusé de nom- breuses alvéoles et présentera dès l.)rs la structure alvéo- laire que lui trouve Bùlschli. Mais Kolliker va plus loin et ici nous nous séparerions volontiers de lui, dans cer- tains cas, dit-il, le réliciilum pourrait se rompre et don- ner naissance à des filaments libres, M. llenne^uv admet cette idée jusqu'au bout, et compare le protoplasme à du plasma sanguin, composé de deux substances, fibrine et albumine. « La coagulation du plasma sanguin privé de vie, fait apparaître, dit-il, sous forme de filaments, la fibrine qui y était dissoute », La comparaison est-elle bien exacte, et les filaments, soit disant, libres du proto- plasme des cellules vivantes existent-ils vraiment? Ne sont-ils pas les parois de grandes alvéoles ou de grandes vacuoles? Nous ne pouvons examiner toutes les données rela- tives à la structure des noyaux, à celle des sphères attractives, aux produits d'assimilation, etc. Mais nous voudrions examiner sommairement certains points con- tenus dans la XXl" leçon, lors de l'étude de la cyto- diérèse chez les animaux et végétaux, nous trouvons un paragraphe, indiqué en marge : « Plaque cellulaire ou phragmoplaste. » Cette complète assimilation de /^/«(/i/r cellulaire et de phragmoplaste, ne nous paraît pas tout à fiiit juste. Ce n'est pas la plaque cellulaire pour laquelle Eri'era à proposé le nom de phragmoplaste, mais bien le système de fibrilles achromatiques au corps lenticu- laire qui persiste entre les deux noyaux tilles souvent pendant assez longtemps après la cinèse. Nous n'avons pas identifié complètement dans nos « Études sur l'attache des cloisons cellulaires » (1), les (I) Mt'in. in-4» de VAc. des Se. de Belgique, l. LUI, 1895. 104 SOCII-- BELGIi; DE SlICflOSCOI'IE. tibrilles qui réunissent les noyaux tilles des rhizoïdes de Mousses, avec le phragmoplaste, mais Strasburger a, dans un de ses mémoires, cherché à identifier complète- ment ces deux choses peut être assez différentes. Nous nous arrêterons encore un instant sur quelques points développés dans la vingt-huitième leçon et relatifs aux lois de la division cellulaire. M. Hennetjfuv admet les deux lois de Hertwisf et les formule comme suit : « Elles s'appliquent, dit-il, aussi bien aux cellules ordi- naires qu'à l'œuf, w Loi de position du noyau. — Dans un œuf fécondé, s'apprêtant à se diviser, le noyau se place toujours au centre de gravité du protoplasma formatif. Loi de bipartition. — Les deux pôles de la figure de la division viennent se placer dans la direction de la plus grande masse de protoplasma; les deux pôles de la figures de division sont situés sur le plus grand axe passant par le centre de gravité de la masse de proto- plasma actif. Ces lois s'appliquent peut être dans la généralité des cas, aux divisions des cellules animales, mais il y a dans le cloisonnement des cellules végétales des cas qui ne semblent ne pas rentrer dans ces deux lois. A ne citer par exemples que les recherches de Stahl et deKolderup- Rosenvinge; ces derniers ont vu dans certains cas les deux pôles de la tigure cinétique se placer dans la direc- tion d'un rayon lumineux tombant sur la cellule (1). Le rayon lumineux a-t-il une action sur le centre de gravité du protoplasme? (1) Cfr. De Wii.deman. Recherches ou sujet de l'influence de la Icmpé- nilure sur la marche la durée et la frétiuenco de la caryocinèse dans le règne végétal {Meiii. soc. belge de microscopie, t \V, 1891). BULLETIN DES SÉANCES. lOo 11 est possible que les lois énoncées pins haut peuvent s'appliquer à la majorité des cas, mais alors il faut faire grande attention dans l'emploi des termes"; on peut dire en effet que les deux pôles de la figure de division viennent se placer dans l'axe passant par le centre de gravité de la masse des protoplasnies. Mais la bipartition cellulaire qui suit la division nucléaire, ne se fait pas toujours par une cloison plane, perpendiculaire à la direction du fuseau. Il suffit de jeter un coup d'œil sur les figures de la division du noyau des rhizoïdes des iMousses, dont nous avons dit un mot plus haut, pour s'assurer qu'après, la division nucléaire, les fibrilles achromati(jues,(jui semblent remplir le rôle d'un pbrag- moplasle, changent d'allure; la cloison ou plaque cellu- laire qui paraissait de prime abord devoir suivre la règle émise par llertwig, prend une double courbure. Aussi avons nous essayé (1) de ramener la forme et la disposition de toutes les membranes cellulaires, à une règle plus générale formulée déjà en 1887 par M. le professeur Errera. Cette loi était énoncée comme suit : « Une membrane cellulaire, au moment de sa genèse, tend à prendre la forme que prendrait dans les mêmes conditions une lame licjuide sans pesanteur. » C'est à cette loi, que nous rattachions comme cas par- ticuliei', le « principe de l'intersection perpendiculaire des plans de division » établi |)ar Sachs en 1877, que M. Henneguy fait dériver comme corollaire des lois de Hertwig. Ces quel((ues divergences d'opinion n'enlèvent rien à (I) Loc. cit. XXU 8 106 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. la valeur des « Leçons » de Henneguy, et nous ne pouvons assez le féliciter d'avoir réuni des données aussi nombreuses, qui sont venues combler une lacune, de notre bibliographie scientifique. Les nombreuses gravures en noir et en couleur, que l'auteur a fait reproduire dans le texte augmentent encore la valeur du travail, et font des « Leçons sur la cellule » un ouvrage unique, qui sera bientôt probable- ment entre les mains de tous les naturalistes. É. D. W. HILLKIIX DES SÉ\NCES DE LA socii^:té belge de microscopie ÏOME XXII. N" VI. 1895-1896. Procès-ivcrhal de rassemblée iiieiisitelle du lO mars 1800. Présidence de M. Rouffart, président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. M. G. Wauthy résume la communication inscrite à l'ordre du jour et intitulée : « Quelques notes sur Tiibii- laria bellis AU. ». Il montre un certain nombre de pré- parations microscopiques. Le travail de M. Wauthy accompagné d'une planche ficçurera dans le tome XX des Annales de la Société. QUELQUES NOTES SUR L.V NOMENCLATURE GÉlOIljlj'E DES CIIAIIPIGNOM PAR £m. DE ^VIL.D£MAX Depuis quelque temps la revision de la nomenclature générique botanique a fait l'objet d'un grand nombre de recherches. L'on a cherché à redresser des erreurs, et surtout de soi-disant erreurs, qui se sont glissées dans notre nomenclature actuelle, et l'on a vu divers auteurs, se basant uniquement sur des données bibliographiques, changer le nom de plusieurs centaines de genres et créer ainsi sans profit, pour la science, des milliers de noms qui devront retourner dans la synonymie. Nous ne voulons point entrer ici dans le débat, nous voudrions, nous basant sur les données énoncées au chapitre I du Codex parisien, attirer l'attention sur deux noms géné- riques de Champignons. Ces deux noms Antennaria Link et Ceratium Alb. et Schwein., doivent être aban- donnés, car ils sont de ceux « qui peuvent produire des erreurs, des équivoques ou jeter la confusion dans la Science >^. I. — CERATIUM Alb. et SchwL'in. (1805). C'est en 1805, dans le « Conspectus fungorum in BULLETIN DES SÉANCES. i09 Lusaliae superioris agro Niskicnsi crescenlium , e méthode) Pcrsooniana » que Albcilini et Seliweinitz ont (léci'it ce genre avec 5 espèces. Malheureusement pour ces deux auteurs- le nom géné- rique, employé par eux, avait déjà apparu en Science en JTO"), Schrank l'avait donné à un Péridinien. Ce nom est resté à un genre admis actuellement par tous ceux qui se sont occupés de l'étude de ces organismes. Les Péridinienssontrangésacluellement, par tous les auteurs, dans le groupe des Algues. Si donc nous conservions le gcnveCeralium Champignon nous trouverions, en faisant un relevé général des genres, deux fois le même nom. Ce qui pêche contre les principes dirigeants du code parisien. Nous proposons le nom générique Ccvaliopsis. Nous avons repris les espèces relevées dans le Sylloge Fungorum auquel nous renvoyons pour la distribution et la description. CERATIOPSIS nom. nov. Ceratiuui Albert, et Schweinitz, Consp. fung. (1805), p. 558; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 596. C. aibuscula [Berk. et Br.) Nob. Ceratium arbtiscula Berk et Broome, The Fungi of Ceylon (ISTO); Sacc. Syll. Fung. IV, p. 587. C. aureum (Link) Nob. Ccralium aureum Liiik in Ges. Nat. Frountle Mag. Vil (I-'^IG) ; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 597. C- crustosum (Berk. et Oirlis) Nob, Ceratium crnslosum Berk, el Curtis in Ann. and Magaz. of Nat. Hisi. (1859); Sacc. Syll. Fung IV, p, 597. C. ferriiginosum (Wallr.) Nob. Ceraiium (erruijincum Wallr. FI. crypt. genn.ll (1855), p. ôl)5 à 1959; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 59S. ilO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. C. filiforme (Bei'k. et Br.) Nob. Ceraiium jUilorme Berk et Broome, Cub. Fungl n. 876; Sacc. Syll. Fung. IV, p. o97. C. floccosum (Wallr.) Nob. Ceraiium floccosum Wallr. FI. <;rypt. Germ. II (1855), p. SO-in» 1956; Sacc. Syll. Fung. t. IV, p. 597. C. fuscum (Cooke) Nob. Ceratium /uscum Cooke in GrevlUea VIII (1879), p. 60; Sacc. Syll. Fung. IV, p. S97. C. hydnoïdes (Jacq.) Nob. Ceraiium lii/clnoides Alb. et Schweiii., Consp. fung. (l«0o) p. 558, pi. 2, fig. 7; Sacc. Syll. fung. IV, p. r)96. C. porioïdes (Albert, et Schw.) Nob. Ceratium poridides Albert, et Sclnvciu , Consp. fung. (ISOo), p. 559, pi. 2, fig. 6; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 596. C. pyxidatum (Albert, et Scbwein.) Nob. Ceraiium pyxidalum Albert, et Schwein., Consp. fung. (1805), p. 5rj9, pi. 12, fig. 9; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 596. C. roseum (Cooke) Nob. Ceratium roseum Cooke in Grevillea, VIII (1879), p. 60: Sacc. Syll. Fung. IV, p. 597. C. rubicumdum (Link) Nob. Ceraiium rabiamdum Link in Willdenow. Sp. pi., t. VI, |i. 11 (1824), p. 119; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 596. C. sphaeroïdeum (Kalcb. et Cooke) Nob. Cerdlium spliaerdideum Kaich. et Cooke in Grevillea, l. IX (1880), p. 22; Sacc. Syll. Fung. IV, p. 597. C. virescens (Wallr.) Nob. Ceratium virescens Wallr. FI. crypl. germ. Il (1855), p. 505; n» 1938; Sacc. Syll. Fung., t. IV, p. 598. II. — ANTENNARIA Link (1809). L'examen de ce nom est plus intéressant, il a été créé par Link, en 1828, pour VA. ericopliila. Mais l'auteur ne paraît pas s'être douté de la présence dans la nomen- clature du même nom se rapportant à des plantes de la famille des Composées. Ce dernier nom avait été publié BULLETIN DES SÉANCES. 1 1 1 en 1791 par Gaertner. Antcnnaria est admis actuelle- ment dans les grands ouvrages de systématique bola- nique; dans les « Ptlanzenlamilien «de Kngier et l^rantl, dans r « Index » de Kew, nous trouvons ce nom con- servé. La loi de priorité exige donc la conservation deAnten- naria pour le genre de la famille des Composés. En 1828, Reichenl)ach, a changé le nom du genre de Champignons et en a fait /l/j/t'«««/rt?-w. I^e Sylloge de M. Saccardo ne relève point ce nom, et Reichenbach n'avait d'ailleurs dans son travail publié aucun nom spé- cifique. Comme on le verra la synonymie générique a varié beaucoup, Fries et Strauss ont donné successivement les noms de Anlennina, Anlennula et Anlennalula. Reichenbach lui-même, postérieurement à la création âa Antenmilaria , a changé ce nom en Antcnnataria. C'est donc Antenmilaria Rchb. qui doit d'après toute justice devenir le nom générique remplaçant A nk'»»«ri«. Dès lors les noms spécifiques seront ceux que nous avons relevés dans le court census suivant. Nous avons essayé de donner pour les espèces la cita- tion originale et la date de création, ces données ne sont pas toujours aisées à retrouver, aussi certains vides restent-ils malheureusement à remplir, et plusieurs peti- tes questions de détail de synonymie restent à élucider Nous n'avons d'ailleurs donné toute la synonymie et nous renvoyons dans certains cas au « Nomenclator botanicus » de Steudel. Nous avons admis les espèces relevées par iM. Saccardo, quoique paifois d'autres auteurs aient fait des rapprochements entre des espèces. C'est au monographe à élucider ces points et non à nous m SUCIKTÉ lîKLGK ItK MICKOSCOI'l K. qui dans cette note avons voulu attirer l'attention sur le changement à effectuer dans le nom du genre. Nous ne pouvons assez attirer l'attention sur l'importance de la date de création et sur celle de la citation du travail, mais surtout sur l'importance de citer le titre de la publication dans laquelle ce travail, si c'est un tiré à part, a paru. Il faut éviter autant que possible les cita- tions incomplètes, elles forcent le naturaliste à faire de nombreuses recherches et tout en lui occasionnant une perte de temps, elles l'induisent souvent en erreur. ANTENNULARIA Reichb. Consp. regn. veget (18-28), p. 5 n° 71. Antennaria Link in Schrad. Neu. Journ. Bot. (1800), 111, p. 16; Sacc. Syll. Fung. t. 1, p. 80, IX, p. 442. Anlennalaria Reichb., Nomen. bot. (18il), p. 8, n" 515. Anlennina Fries, Summ. Veg. Scand. 11. (18i9), p. 445. Anlenmda Strauss in Flora Bes. Teil. (1850), p. 98. Antennalula Strauss in Flora loc. cit. (1850), p. 99. A. arctica (Rostr.) Nob. Anlennaria articn Rostr.; Sacc. Syll. Fung IX, p. 442. A. cistoptiila (Fr.) Nob. Antennaria cisLopliila Fries Sysl. Myc. 111, (l'JSP), p. 250, Sacc. Syll. Fung. 1, p. 82. A. cytisoptiila (Fr.) Nob. Anlennaria cijLiHophila Frics Syst. Myc. III, (1829), p. 251; Sacc. Syll. I, p. 81. A. elaeopliila (Mont.) Nob. Anlennaria elaeopliiia Moiil. in Bull. Soc. ccntr. d'Agiic. Paris, 2'> sér. IV, ( ), p. 767; Sacc. Syll, I, 1..81. Ctadosporium Ftimago Mont, in Ann. Se. nat., sér. 2, VI, |). 32. — — var. Pliillyreae Sacc, loc. cil. BULLETIN DES SÉANCES. i\3 A. ericophila (Link) Nob. Anlennana ericophila Liiik iii Sclirad. N. Journ. d. Bot. (1S09), 111, p. 16. fig. 27; Sacc. Syll. I, p. 82. A. pinophila (iVees) Nol). Antennaria pinophila Nées Fuiif;.. p. 279, fig. 2nô; Linné Sp. planl. édil. 4, t. VI, (1824), p. 118; Steudel Nom. bolanicus (!8l.i). p. 58. A. Guava (Cooke) i\ob. Anlennaria Guava Cooke in Grev. V, (1877), p. 110; Sacc. Svli. 1, p. 81. A. heteracantha (Speg.) Nol). Anlennaria heleracnnllia Speg.; Sacc. Syll. Fung. I\, p. ■Ii2. A. laevigata (Coi'tla) Nob. Anlenniiria laevigata Corda Icon. 1, (1837), 25, t. VI. tig. 289; Sacc. Syll. Fung. 1, p. 82. A. pannosa (Berk.) Nob. Anlennaria pannosa Berk. in Journ. of Bol. (1845), l. 83, fig. ' ; Sacc. Syll. Fung. I, p. 81. A. pithyophila (Nees) Nob. Anle)nia)ia piiliyopliila Nees; Sacc. Syll. I, p. 80. AnlennaLula pinopliila Fr. Torula jubiginosa Let. A. Robinsonii (Berk. et Moore) Nob. Anteiniaria Robinsonii Berk. el Moore in Journ. of !$ol. II, ( ), t. 24, fig. 2. Cladosporium Fumago var. elongalum Mont, in Ann . Se. nat., n. 55, Bot., 1855, t. III, IV. A. scoriadea (Berk.) Nob. Anlennaria scoriadea Berk. Crypt. Antarct. ( ), pi lAVlll, fig. 5, p. 75; Sacc. Syll. Fung. I, p. 82. A. semiovata (Beik et Bi'oomc) Nob. Anlennaria semiorala Berk. et Broome in Ann. nat. Hisl. ( ). 784; Sacc. Syll. Fung. I. p. 82. A. Tela (Corda) Nob. Anlennaria Tela Corda Icon. Fung. (1857), 25, t. VI, fig. 290; Sacc. Syll. Fini-. I, p. 82. A. tropica (Mont.) Nob. Anlennaria tropica Mont, in Ann. Se. Nat. Bol., sér. l. XIV, p. 552; Sacc. Syll. 1, p. 81. COMPTES RENDUS ET ANALYSES Comme nous le disions, clans le précédent Bulletin, en analysant très sommairement le travail de M. Henne- guy, les publications relatives à la structure du noyau et à celle des corpuscules annexes, deviennent tellement nombreuses qu'il est difficile de se tenir au courant de cette partie de la science. Les sphères attractives découvertes il n'y a pas très longtemps par Van Beneden, ont été retrouvées dans un grand nombre d'organismes. Mais tous les corpuscules que l'on a décrits sous ce nom, sont-ils bien comparables à la sphère des plus nette de V Ascaris'! Dans la série des Cryptogames, ces organes n'ont pas été très souvent signalés, quoique ils semblent exister dans tous les groupes. Dans divers travaux, M. Farmer a signalé leur présence chez les Hépatiques. Nous ne pouvons entrer dans le détail des observations de cet auteur, cela nous mènerait trop loin, il nous suffira de signaler ici les recherches récentes de Farmer. M. Farmer a d'ailleurs publié sur la caryocinèse d'autres notices où il a étudié en particulier la division longitudinale des anses (Flora 1895 et Anatomischer AnzeigerXI, 1895). Ces travaux sont à lire par ceux qu'intéresse l'étude de la cellule (1). (I) On the Occureiicc of Centrosphères in Pcllia epiphylla Noes (Ann. of IJol. Vol. VUI, l«9i) cl On Spore Forinalion and nucieai- Oivision in the Hepaticae (Ann. of Bol. Vol. IX, 1895). BULLETIN DES SEANCES. liJ * * * Sous le titre de « Énumération méthotluiue et raison- née des familles et des genres de la elasse des Mycopliytes (Champignons et Lichens), M. le professeur Marchand, de l'École supérieure de Pharmacie de Paris, vient de faire paraître à Paris un intéressant Mémoire (1). Tous les mycologues ne souscriront pas à la classification que propose M. Marchand, mais il faut néanmoins féliciter l'auteur d'avoir tenté de réunir en un tout bien raisonné, les nombreux genres de Champignons et Lichens. Cet essai de classification n'avait guère été entrepris dans ces derniers temps, on avait bien indiqué des tableaux géné- raux, mais on n'avait pas fait un exposé générique plus ou moins complet, et c'est là un des grands mérites de l'auteur d'avoir rangé, dans son travail, à fort peu près, tous les genres décrits. Outre cette énumération de genres, le travail comporte une longue introduction dans laquelle i'autcur expose ses idées et l'historique de la question. En tète de chaque grand groupement il est donné des généralités biolo- gi(|ues sur les organismes qui les composent, enfin des descriptions ou des renseignements accompagnent les citations de noms de groupes, sous-groupes et familles. Le travail se termine en outre par une énumération des genres de Champignons fossiles. L'ensemble des Champignons et Lichens forme pnur l'auteur une classe, portant le nom de Miicoj)liij(cs. Cette classe se sépare en deux sous-classes : (1) Paris. Société d'éditions scienliliqucs. place de i'Kcolc de incilc- cine. iMars 1896. 116 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. Mycomvcophyles ; Mycopl)ytopliytes. La première des deux, renferme les Champignons pro- prement dits, la seconde, comme son nom l'indique déjà, est formée par les organismes dans la structure desquels le microscope révèle la présence d'éléments fongiques et d'Aliïues. Nous ne sommes pas grand partisan de la création de ces deux noms nouveaux , même Mycophytes, nous semble inutile, c'est un nom dont la nécessité ne se faisait guère sentir, nous semble-t-il. Ne pouvait-on laisser à l'ensemble du groupe la dénomination Champignons qui est bien connue et aurait évité l'introduction d'un nouveau terme dans la science. Nous n'aurions pas admis non plus, nous semble-t-il, une dénomination nouvelle pour les Lichens, sous ce dernier nom ces organismes sont trop connus. Nous estimons d'ailleurs qu'il vaut mieux faire rentrer tout le groupe des Lichens dans celui des Champignons. M. Marchand divise le groupe des Mycomycophytes en deux divisions : Asporomijcés remplaçant les mots Champignons im- parfaits. Sporomijcés remplaçant Champignons parfaits. Dans la première de ces divisions l'auteur admet des sous-divisions, des cohortes, sous-cohorles, séries et sections. Dans la seconde division, les fragmentations portent d'autres noms. Ce sont alliance, ordre, sous- ordre, famille, trihu, sous-tribu. La seconde sous classe des Mycophylophytes se divise en Alliances, Sous- Alliances, ordres, familles, tribus, sous-tiibus. BULLKÏIN DKS SKANCES. 117 Les deux alliances de la sous-classe des Mijcopliiiles portent les noms de Basidiolichois et Tliécalicliens, nous voyons reparaître ici le nom liclioi, cjui a disparu du terme admis pour la sous-classe. N'eùt-il pas été préférahie de placer lidsidioliclicns et Tliécalichens dans la troisième el(|uatrième alliance des Mycomijco])lnjt('s. Cette troisième alliance Tliécamijcèlcs reiiferuîe, comme ordres Emlolliécés auxipiels viendraient se joindre tout naturellement les Tliécalichens lùiilollitila- miés de M. Marchand, groupe que l'un désigne aussi sous le nom de Pyrénolichens. Aux Ectolhécés, se rap- porteraient les Tliécalichens Eclolhalamiés ou Discoli- cliens comprenant aussi les Collémacées. Quant aux Basidiolichcns de M. Marchand ou Hyméno- lichens ils se classeraient, très facilement à la suite du troisième ordre Eclobasidiés de la quatrième alliance des Basidiomij cèles. De cette façon nous aurions, nous senihle-t-il, le grand avantage de ne pas donner au caractère fourni par ce genre de consortium bizarre entre l'Algue et le Champi- gnon, une valeur trop considérable, et nous conserverions au moins momentanément ce caractère pour séparer des autres Asconncètes ou Hvménomvcètes, les organismes dans la constitution du thalle desquels entrent deux éléments aussi difïérents que Algues et Cham|)ignons. Ce sont là quelques remarcpies (pii nous ont été suggérées par l'examen du volume de M. le professeur Marchand. Plusieurs naturalistes, beaucoup de lichénologues entre autres, ne se rangeront pas aux idées émises plus haut et déjà souvent formulées. Certes au point de vue H8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. de la facilité de l'étude, le classement proposé par M. Marchand, qui donne satisfaction en partie aux idées nouvelles sur la nature des Lichens aura des avantages, mais il ne pourra être considéré comme une classification vraiment naturelle. Ne serait-ce pas ce que nous devrions chercher à ohtenir? Quant à la classification des Mycomycophytes ou Champignons, proprement dits, elle nous a paru ration- nelle, elle sera probablement admise dans ses traits généraux. Nous ne pouvons naturellement en donner une idéecomplèteici. Les monographes qui auront à travailler des coins de ce vaste ensemble y trouveront bien certains détails à modifier; on pourra ne pas admettre certains noms proposés, donner un autreordre à certains groupes, mais cela importe assez peu. Toutes les classifications que nous présentons sont momentanées, les progrès de la Science doivent y amener de sérieux changements. Sous forme de table des matières, l'auteur a ajouté à son travail un résumé complet jusqu'aux sous-tribus, de la classification adoptée. Le but que s'était proposé l'auteur en faisant son travail, et qui était d'essayer un rangement méthodique des genres du groupe des Champignons a été bien atteint, et c'est là l'important. L'ouvrage illustré de nombreux dessins sera d'un grand secours, non seule- ment aux étudiants qui ont à se retrouver rapidement dans un domaine aussi vaste, mais encore à tous ceux qui s'occupent de l'étude des (Champignons ou de la classification de ces organismes; ils y trouveront, mieux que dans les traités généraux de botanique, un tableau d'ensemble du grand groupe des Champignons. IJLLLKTIN DES SÉANCES. il9 L'énumératioii des genres cités dans le travail a été faite d'après l'ordre qu'ils afïectent dans des tableaux dichotomiques synoptiques dressés par l'auteur; nous espérons que M. Marchand, pourra publier bientôt ces tableaux, ils seront à n'en pas douter d'une grande utilité. Le travail lui-même serait une introduction à un mémoire sur l'anatomie, la physiologie, et la taxinomie des Mycophytes, que l'auteur compte faire paraître dans la suite. É. D. \V. BILLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE Tome XX[I. N» V[. 1895-1896. l*roeès-verbal ; c'esi- à-dire la moitié du nouibre normal; rài SOCIÉTÉ BliLGK DK MlCKOSCOl'Ii:. 2" Par le trajet ondulé des iilaments du fuseau qui, aux pôles, se réunissent en des masses achromatiques houioi;ènes ou présentant des vacuoles; 5" La différence essentielle est le manque complet de centrosomes. On observe parfois des anastomoses entre les fila- ments du fuseau, c'est l'indice d'une tendance qu'ont ceux-ci de se réunir pour grossir le corps polaire signalé plus haut. Sur des stades plus avancés, ou peut consta- ter un noyau complètement achromatique environné d'une iiradiation considérable où se trouvent les chro- mosomes. Aucun réactif n'a pu mettre les centrosomes en évidence. L'opinion de Boveri qui admet leur exis- tence et leur dégénérescence après la fécondation paraît inadmissible. Si, en effet, on empêche les deux pronu- cléides de se réunir, le pronucléus femelle seul entre en division; la fécondation, d'ailleurs, ne peut êlre consi- dérée comme étant une cause de dégénérescence. Les corps polaires résultant de la dégénérescence des fuseaux entiers ou des demi-fuseaux se rapprochent fort de ce qucBoveri décrit comme « centrosome^et Wilson et Matthews comme cr archoplasma ». Ces corps forment les centres d'une irradiation protoplasmique considérable. Ce sont tout simplement des parties achromatiques du novau. Dès lors il faut admettre que le centrosome est formé par une partie de l'achromatine nucléaire devenue autonome. De l'homologie qui existe entre les centrosomes et les micro-novaux des Protozoaires. D'après Heidenhain, Hermann et Fleunning, les fila- BULLETIN l)h:> SÉANCES. I.îo ments centraux du l'useau naissent du centrusome; c'est ce que Heidenliain a appelé «centrodesmose». Avec lui il faut admettre que dans les figures caryocinéliques ordi- naires, les cenlrosomes et le fuseau central réunis équi- valent toute la figure achrouialique qu'on observe dans la division des noyaux accessoires des protozoaires. D'après Drûner, le fuseau central naît de l' « archoplasuia )> ; dès lors, la c< centrodesmose » serait un fait subséquent et secondaire. Le trajet de ces filaments centraux est onduleux; ils ne peuvent donc agir comme le feraient des fibrilles musculaires; c'est d'ailleurs ce qui a été constaté aussi chez les Protozoaires et sur l'œuf d'étoile de mer non fécondé. De ceci résulte que : cenlrosomes -\- fuseau central = micro-noijaii des Protozoaires — chromatine. C est ce que Bùtschli avait déjà entrevu. Là, où chez les Pro- tozoaires on a cru trouver les centrosomes, on n'a pu les mettre nettement en évidence; d'ailleurs, si leur pré- sence était constatée exceplionnellement chez quebjues uns, il faudrait examiner si l'origine des centrosomes est la même que chez les Métozoaires. G. Wai TIIV. lilLLKlIX UtS SÉAXIS DE LA sociî:tî: bf.lgI' Dr: MicnoscopiE Pi*oeè.«»-\ei-l)al de la *i«raii4M' iiioii««iielle (lu IN mai !>»»<;. Tome XXII. XMIII. 189o-I8%. Présidence de M. Lameere, mce-préside.nt. La séance est ouverte à S i :2 heures. M. Rouiïai't, président, retenu en province, prie ses contVères d'excuser son al)sence. M. Errera fait également excuser son absence. Communications : M. G. Wautliy analyse les dernières rcclierclies de M. Kawilz sur la sphère attractive, et le prélude de la division des sperinatocytes chez Salamantlru macnlosa. Par des figures tracées au tableau noir, il l'ait com- prendre les diverses phases par les(iuellcs passe cet élé- ment si important de la cellule. XXII 10 138 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Cet exposé est suivi d'une courte discussion à laquelle prennent part plusieurs des membres présents. Le résumé de l'expc^gé de M. Wauthy paraîtra dans le compte rendu de cette séance. M. De Wildeman, montre un certain nombre de pré- parations relatives à une Algue de Java, le Vaiiclieria siibmarina; il explique par des tracés à la plancbe noire la structure des organes reproducteurs. M. Francotte annonce le dépôt de quelques notes de technique microscopique, elles seront insérées dans le Bidlelin. La séance est levée à 10 heures. COMPTF.S RF.NDUS ET ANALYSES UiUersucliiuujcn iïhcr Zcllllicihnig,\on IV U. Ua\vit7.(I). De l'attitude de la sphère attractive dans les préludes de la division des spermatocytes de Salamandra maculosa. L'aiitoui-, dans cette étude, a modifié la mélliode (ju'il a employée dans ses recherches précédentes. Au lieu des couleurs d'aniline qui ne donnent pas une véritable coloration, il s'est adressé à l'alizarine qui a le grand avantage de rester fixée dans les préparations. Son matériel d'étude consiste en des testicules de S. maculosa recueillis en juin, juillet et août. Ceux-ci, fixés au moyen du liquide de Flemming ont été débités en coupes de 7,5 à 5 fx d'épaisseur. Dans les sphères attractives de certains spermatocytes observés sur des testicules recueillis au mois de juin, Rawitz a constaté l'existence de deux centrosomes. Ces organes dérivent certainement d'un centrosome primitif unique. L'auteur ne s'explique pas la raison de cette multiplication, mais se croit en mesure d'affirmer que ce phénomène n'a aucune influence ici sur la division de la sphère attractive et de la cellule. Ce phénomène est donc ici d'un ordre secondaire. Bientôt, la sphère gonfle, double de volume, ses con- tours perdent leur netteté, le centrosome unitiue aug- mente aussi ses dimensions. Toute la figure ne se colore plus aussi bien qu'elle le faisait dans les cellules au (t) Arcliii' fur milirosko/nsclie Anatomie iind Enlwickeliingsgcscliiclitc. M. il, Hcfl -2, 18"J(J. 4»0 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. repos. Les contours de la sphère attractive sont ondulés, l'ensemble est allongé ou même f'usiforme. Tout se passe comme si la sphère était animée de mouvements amiboides. Le protoplasme plus condensé entourant l'organe suit les mouvements de celui-ci. Par suite de l'extension de la sphère, un morceau se détache à un endroit quelconque de sa surface et, con- densant sa substance par rétraction, il se colore plus vivement. Ce phénomène se continue et bientôt toute la sphère attractive est réduite à un amas de fragments isolés ou encore réunis par des ponts de substance. Ces commissures ne tardent pas à se j'ompre. Le protoplasme concentrique entoure les granules. Vers la mi-juin, cette évolution est déjà terminée dans la majeure partie des cellules. Une erreur pourrait résulter du fait qu'un grand nombre de globules graisseux entourent la sphère, mais l'emploi de l'alizarine rend cette bévue quasi impossible. La sphère s'est fragmentée en 6 à 12 morceaux variant entre eux par rapport au volume qui est de 0,5 à 1 /^. Ni la coloration, ni le volume, ne permettent de retrouver le centrosome dans la sphère attractive ainsi transformée. Pendant tout le temps que dure la dégénérescence de la sphère attractive, le noyau reste au repos absolu. Il touche à la zone de protoplasme concentrique à la sphère. Quand la dégénérescence de celle-ci est com- plète, les granules chromatiques du noyau se fusionnent et forment des chromosomes peu nombreux d'abord (de 5 à 6) convergeant vers l'amas (jui représente la sphère attractive. Ils arrivent bientôt à n'en être plus séparés que par la paroi nucléaire. BULLETIN DES SÉANCES. <4l // parait donc évident que eet amas exerce une attrac- tion sur les chromosomes. La portion du noyau opposée à la sphère présente encore les granules chroniatiijues iriégulièreuuiit dissé- minés dans sa masse. Le noyau a conservé son aspect globuleux et ne présente jamais d'impression rappelant le champ polaire de Kabl. Le nombre de chromosomes augmente, leur conver- gence vers la spiière attractive devient de moins en moins accusée et bientôt on a la figure caractéristique du stade « spirem » décrit parFlemming. Ces transformations se passent du commencement de juillet au milieu de ce mois. La substance protoplasmique entourant les fragments de la sphère s'étire. Ces derniers, d'abord rebelles à ce mouvement, finissent par le suivre et à se ranger en une ligne correspondant à l'axe du fuseau ainsi formé. La structure de celui-ci est assez nettement tibrillaire. // sest donc formé en dehors du noyau un fuseau, dont la partie fibrillaire dérive du protoplasme entou- rant la sphère au repos. Aux sommets du fuseau se trouvent des corpuscules polaires dérivant de la sphère attractive. Il est impossi- ble de décider s'ils dérivent du centrosome ou non. Les fragments de la sphère restés dans l'axe sont utilisés à la formation du fuseau. Une partie du protoplasme pro- prement dit pourrait concourir aussi à la production du fuseau central. Entretemps, le noyau est arrivé au stade du peloton lâche. A ce moment on ne peut plus mettre en évidence aucune partie de la sphère attractive dégénérée, l^ientot on voit partir des pôles du fuseau de fortes irradiations Ui SOCIÉTÉ DELGE DE MICUOSCOPIE. allant vers le noyau. C'est le stade qu'on voit le plus fréquemment au commencement d'août. von Ratli a prétendu que durant les mois de juin et de juillet, la déviation des spermatocytes se faisait très activement. Il n'en est rien. Ce qu'il a dit ne peut s'ap- pliquer qu'aux spermatogonies qui, en effet se divisent activement, même à cette époque. Hermann indique comme premier stade de la for- mation du fuseau central, la division du centrosome. Les deux ccntrosomes néoformés sont unis par un pont de substance qui, peu à peu, se développe en fuseau. D'après cet auteur, la sphère attractive n'entrerait en action qu'au stade « spirem ». Rawitz, au contraire, a démontré que la sphère attrac- tive se divise avant le noyau. Ces divergences de vues pourraient résulter de la mau- vaise méthode de fixation de Hermann. Il est d'ailleurs à remarquer que cet auteur a eu, comme matériel d'études, des testicules recueillis au mois d'août, alors que la pre- mière division, si lente, est achevée. La rapidité de la division fait alors que les détails de la dégénérescence de la sphère attractive peuvent passer inaperçus. La con- tradiction pourrait donc n'être qu'apparente. Drûner admet l'existence d'une enveloppe à l'astro- sphère qui éclaterait et dont les lambeaux, entourant d'abord les ccntrosomes, disparaîtraient dans la suite. Rien de semblable ne s'obseive. Rawitz estime que l'erreur de Drimer provient surtout de sa mauvaise méthode de coloration fchrom-hématoxvline d'IIei- denhain avec post coloration à la safranine et décolora- lion à l'acide chlorhydrique). 11 faut, par conséquent rejeter les vues de Drûner sur la sphère attractive. liULLl-niN DES SÉANCES. US Un des principaux résultats du travail de Rawilz est la démonstration du fait que les corpuscules polaires du fuseau central ne peuvent être dérivés avec certitude du centrosome. Sa méthode de coloration ne peut lui four- nir aucun renseignement sur ce point. D'une part, Boveri considère le centrosome comme étant l'élément constant, la sphère attractive l'incouslant; d'autre part, n'ayant pu le retrouver dans le centre d'ir- radiation de l'œuf d'étoile de mer, il considère donc le centre commun formant le centrosome. D'un côté il se base donc sur le volume pour caractériser le ccutrosome; de l'autre, il donne à toute la sphère la valeur de cet élé- ment. Il y a là une contradiction évidente. Pour Rawitz, le centrosome n'est qu'un élément de valeur secondaire, la sphère attractive jouant le grand rôle. De tous les termes proposés pour désigner ce der- nier élément, celui de sphère attractive est encore le meilleur et doit être maintenu attendu que l'attraction sur les chromosomes est réelle. G. Walthy, * * * Continuant ses études surles Champignons aquatiques, M. Roland Thaxter, vient de faire paraître un fascicule intéressant dans lequel nous trouvons outre la descrip- tion et la iigure de quatre espèces nouvelles, dont une constitue un genre nouveau, un tableau d'ensemble du groupe des Leptomytacées (1). Voici comment l'auteur comprend cette famille encore peu nombreuse. (1) Bot. gaxetle, v. XXI, 189G, p. ÔIT, pi. XM— WIII. i4'f SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. GoiNAi'ODYA. — Deux cspèces : G. siliquaeformis (Reinsch) Tliax. — Eur. et Amer. G. pohjmorplia Thax. — Amer. Leptomitus. — Une espèce : L. lacleiis Ai^. — Eur. et Amer. Apodachlya. — Deux espèces : A. pirifera Zopf. — Eur. A. hraclujncma()\\\i\.]\}v\\v^û\. — Eur. et Amer. Rhipidium. — Trois espèces : R. inlermpliim Cornu. — Eur. R. conlimium Cornu. — Eur. R. americamim ïhax. — Amer. Araiospora. — Deux espèces : A. pidchra Thax. — Amer. A. sphwsa (Cornu) Thax. — Eur. Sapromyces. — Trois espèces : S. Rcinscitii (Schrœler) Frilsch. — Eur. et Amer. S. androfjijniis Thax. — Amer. S. elougaius (Cornu) Thax. — Eur. La famille renferme ainsi 6 genres et 15 espèces, parmi lesquelles 5 sont spéciales à l'Europe, 4 à l'Amé- rique et 4 se retrouvent à la fois en Amérique et en Europe. É. D. W. BILLETI^ DI^S SÉANCES du: la SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE Tome XXII. N» IX. 18U5-1800. Procôs-%'crl>al «lo la MÔaii<*o iiioii$tiiellu du m juin 18t>0. PhÉSIDENCE de m. RoUFFAUT, 1M5ÉSIDENT. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. M. G. Wauthv, se fait excuser. Le secrétaire fait part de la demande qui a élé faite à la société par le comité organisateur à l'exposition de 1897. Une lettre a élé écrite déjà au secrétaire général de l'exposition dans le hut de savoir dans quelles condi- tions pourrait se faire la participation. La l'éponse n'ayant pas encore été donnée, la société décide qu'elle ne peut se prononcer et charge le secrétaire de faire des dénuirches nouvelles pour connaître tous les détails de l'oi'ganisation de la section scienliticpie de l'Lxposition de 1897. Cette question sera donc remise à l'ordre du jour d'une prochaine séance. 446 SOCIÉTK BELGE DE MICROSCOPIE. M. DeWildeman, dépose pour la bibliothèque de la société un exemplaire de son travail intitulé « Flore des Algues de Belgique ». 11 entretient ensuite la société de quelques Algues nou- velles qu'il a eu l'occasion de trouver dans les belles récoltes faites, pour lui à Java, par M. Massart. Il cite parmi les nouveautés : (llosteriiim maximum, une des plus grandes espèces du genre, Trentepohlia bogoriensis, et diverses Cyanopliycées parmi lesquelles il en est une qui croissait dans des eaux chaudes ayant une tempéra- ture de plus de 40" centigrade. Les descriptions de ces espèces nouvelles seront publiées ultérieurement, dans un travail d'ensemble sur les récoltes algologiques de M. Massart. M. le docteur Van Heurck, fait annoncer le dépôt d'un travail posthume de Julien Deby, un de nos anciens membres. Ce travail sera publié dans le Bulletin. La séance est levée à 10 heures. LE GENRE PAR Julien DEBY Ingénieur-conseil, ancien Professeur d'Histoire naturelle, Menabre de la Société belge de Microscopie, de la Société royale de Microscopie de Londres, etc. TRAVAIL POSTHUME TRADUIT, MIS EN ORDRE ET PUBLIÉ PAR M. le docteur Henri VAX HEL'RCK Professeur de Botanique et Directeur du Jardin Botanique d'Anvers. PRÉFACE Feu notre ami Julien Deby, qui a publié une n;ono- graphie si importante des espèces du genre Campylu- disciiH se proposait d'en faire autant pour les formes du i^enre Sur ire lia. ïl commença ce travail en 1890 et le poursuivait avec un zèle extrême, lorsque la maladie — une attaque d'apo- plexie compliquant une albuminuerie — vint le clouer sur son lit. Peut-être le travail ne fùt-il pas étranger à la maladie : « Vous travaillez trop, mon cher ami, il ne faut pas fatiguer autant votre cerveau, » lui écrivait un savant anglais en novembre 1891. Le mal abattit complètement Deby, son esprit ne reprit point sa lucidité; sa belle et grande intelligence était absalument détruite. II resta étranger à tout, pendant près de deux ans. A la mort de notre ami, nous offrîmes à sa veuve, que nous avions l'honneur de connaître personnellement, de voir si nous ne pourrions tirer parti du travail du com- patriote avec qui nous avions eu de si bonnes et de si longues relations. Ce manuscrit était loin d'être achevé mais il renfer- mait cependant des choses intéressantes. Nous avons classé soigneusement tous les documents, choisi ce qui nous semblait résumer les dernières opinions de Deby — car il existait diverses copies de certaines parties — puis nous avons traduit et fait un ensemble homogène de tout ce qui nous semblait utile à publier. 4S0 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Comme un grand nombre de Surirelles de notre col- lection avaient été revues et réétiquetées par Deby, nous avons pu en différentes occasions vérifier quelle interprétation il fallait donner aux termes employés par l'auteur avec qui, au reste, nous étions en commu- nauté d'idées sur presque tous les points de la diatomo- graplîie. C'est donc un manuscrit très incomplet que nous publions mais les parties qu'il contient seront très utiles à consulter et nous sommes persuadé que tous les diato- mistes seront beureux de le posséder. Deby a mis en ordre le groupe si embrouillé des fastnosœ, et ce travail seul lui mérite la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent des Diatomées. LE GENRE SURIRELLA Vues dans la face latérale on valvaire, les espèces de ce genre de diatomées ont généralement le contour ovale ou elliptique, quelquefois pi-esque linéaire, lancéolé, circulaire, panduriforme ou même réniforme. Dans la plupart des Surirelles, près du point de jonc- tion des valves avec les zones connectives, on trouve des ailes saillantes bien accusées qui deviennent parfois de simples carènes ou restent même souvent rudi- mentaires. Le disque, en général, porte un certain nombre de stries qui, partant du bord extérieur pour rayonner vers l'intérieur, sont appelées par moi raijons et par d'autres canalicules ou côtes. Je nomme interra- diaires les espaces compris entre les rayons. Vus avec des objectifs assez forts et sous un bon éclairage, ces espaces nous apparaissent fréquemment très délicate- ment et microscopiquement lignés, striés ou ponctués- stries. J'entends par aire la partie de la valve renfermant les terminaisons internes libres des rayons. L'aire, par- fois réduite à une simple ligne centrale, est tantôt liya- line et lisse, tantôt ornée diversement par des lignes de stries. Les rayons affectent différentes structures dans diverses espèces, ils sont ou bien tout à fait simples et linéaires, ou bien ils commencent sur le bord de la valve par un bulbe ou une tête plus ou moins globulaire. Les rayons peuvent encore être in fundibidi formes, c'est-à- dire en forme d'entonnoir, et dans ce cas la j)artie 452 SOCIÉTÉ BKLGR \)E MICKOSCOPIE. supérieure ou élargie s'appelle l'entonnoir et son extréuiité inférieure conique forme la t'uje. L'aire est souvent entourée d'un rang de lignes courtes, subparal- lèles, ou de points, et constitue ce que j'appelle le cercle. L'espace compris entre le cercle est tantôt lisse, tantôt ligné sur sa surface et sa forme varie entre l'ovale, l'ellip- tique et la linéaire. Les caractères essentiels du cjenre Surirella résident dans l'absence du caractéristique i^iphé ou ligne médiane et des nodules centraux e-t terminaux des Navicules; ce rapbé est remplacé par une simple ligne ou par un espace longitudinal, étroit et byalin, sans aucune apparence de nodules centraux et terminaux (et qu'on pourrait par suite nommer pseudo-raplic) et dans la pi'ésence des ailes latérales qu'on rencontre dans la plupart des formes typiques. Dans la face frontale, les frustules sont en général plus ou moins cunéiformes ou en forme de coin, plus larges à leur sommet qu'à leur base. L'examen des extré- mités du frustule est nécessaire pour apercevoir claire- ment la projection des ailes ou des carènes caractéris- tiques. Le contenu coloré des Surirelles est formé par deux plaques d'endoclirôme continues dans cliaque frustule et chacune d'elles adhère à la surface intérieure de la valve adjacente. Ces plaques se recouibent de façon à recou- vrir une partie de l'intérieur des zones conneclives, lais- sant sous ces dernières un espace médian, irrégulier, de grandeur variable, transparent et non recouvert d'endo- chrôme. Dans la plupart des formes, les masses cen- trales et terminales de plasme vivant sont très évidentes; la masse médiane renferme un, parfois deux nucléus ou BULLETIN DES SÉANCES. iSS noyaux ronds et libres, La (iédiiplieatiun des valves des Siirirelles se fait selon le mode habiliiei, comme IMitzer l'a nettement démontré dans son important travail « Untersiiclunigen ùl)er lîaii und Entwicklung der Baeil- iariaceen. (Diatomaceen) (I) ». Pour autant qu'il est connu, la formation de nouveaux individus par conjugaison se fait d'après le plan n" 1 du professeur H.-L. Smitli (:2), dans lequel les frustules unissent leur endochrôme en apparence indifférent, (véri- table conjugaison) l'un, formé d'une cellule mâle; l'autre, d'une cellule femelle pour produire un sporange par deux frustules parents. Je dois renvoyer ceux (jue ce sujet intéresse spécialement au dernier recueil d'observations du professeur H.-L. Smitb. Limitées malheureusement à l'étude d'une seule espèce, ces observations rendent toute généralisation dangereuse. La substance vivante interne, le protoplasme, semble dans le genre Siirirella être en contact avec le monde extérieur par les terminaisons des rayons ou canalicules constituant évidemment dans plusieurs cas des tubes distincts. Cependant, à l'état sain, certaines espèces de ce genre ne se meuvent pas distinctement, comme les Navicules et les Nilzchies, mais elles paraissent exécuter ce que l'on peut appeler un « roulement faible » ou un « ren- versement lent ». Le genre Surirella renferme des espèces marines et saumâtres, quoique la plupart vivent uni({uement dans les eaux douces. Elles ont été trouvées à l'état (I) Planches I et V, p. 107 ss. (-2) Proccediiiys pI llie Amer. Soc. o( Microscopy, 1887, pi. Il ei III, pp. 56 et r<7. XXJI ' ' 1S4 SOCIETK BELGE DE MICROSCOPIE. fossile aussi bien dans des dépôts d'eau douce que dans des dépôts marins des périodes géologiques ter- tiaire et quaternaire. La plupart des formes sont remar- quables par leur grande facilité de transformation qui a fait que bien de « soi-disant » espèces ont été créées sur des caractères exceptionnels de nature purement accidentelle, ou individuels et tout à fait indignes d'être considérés comme des dilïérences spécifiques. Ces espèces sont évidemment fausses. L'examen d'un grand nombre de spécimens m'a souvent permis de les rap- porter à un petit nombre de types déterminés et réels. Aussi j'ai cbercbé souvent à faire disparaître ce que je considère comme un encombrement inutile pour la science. Le genre SurireUd a été créé par le botaniste français Turpin (1) en 1827. Il l'appela du nom du docteur Suriray du Havre, ce qui a déterminé dans ces derniers temps plusieurs botanistes à nommer \e genre Sur i7'aij a en place de Siirirella. Je n'ai point adopté ce nom, considérant comme peu correct de cbanger le nom origi- nal donné par le créateur d'un genre, car à ce dernier seul appartient l'appropriation de ses dénominations même quand elles paiaissent à quelques puristes légère- ment contraires aux règles suivies. La découverte des vrais caractères du genre basé sur la présence des ailes est due au Révérend William Smitb("2) mais ce caractère fut élucidé ultérieurement et indépen- damment par le docteur G. W. Fockc de Brème (5). (1) Observations sur le g,enve Surirelta. Mdm. Muséum d'histoire nalu- turelle, t. XVl, p. ÔG'Î. I»aiis, 1828. (i) Notes on tlic DiaLomaceae 1851, cl Synopsis of Brilish Diaioma- ceae, ISîiô. (3) Physiotofisclie Sludien, p. 20-55, figures dans le texte et planche V, 1854. BULLKTIN DES SÉANCES. iSS Toutes les formes connues du genre Surirella peuvent être l'angées en une on deux classes. Celles dont les rayons (canaliculi) piésentent la forme en entonnoir (e'esl-à-dire in jiindibidi formes), et celles dont les rayons n'affectent pas cette forme. Ces caractères sont si mani- festes qu'ils pourraient an premier coup d'œil servir à constituer des genres distincts. Toutefois, dans ce travail, suivant en cela l'exemple de mes prédécesseurs, je considérerai ces caractères comme pouvant unique- ment servir à partager le genre en sections. Section I. — Lks Infundibllifoiîmes. Cette section renferme toutes les Surirelles dont les rayons s'élargissent en forme d'entonnoir vers le bord de la valve. Le contour de leurs valves est en général ovale, elliptique, oblong ou cunéiforme mais un certain nombre d'entre elles montrent des constrictions latérales à leur milieu. Ces dernières constituent une sous-section distincte bien qu'artificielle car on rencontre fréquem- ment des intermédiaires entre la forme ovale régulière ou oblonguc et la forme panduriforme, ce qui démontre bien que le contour extérieur de la valve n'a pas de valeur comme caractère spécifique dans les diatomées. Les Surirelles se distiniiuent facilement des formes alliées du genre Campijlodiscus par la position parallèle du psciuio-raplié dans les deux valves, tandis que dans ce dernier genre ceux-ci sont placés à angles droits (c'est-à-dire en croix] dans les valves opposées d'un même frustule. Bien que je sois tant soit peu porté à croire que toutes Uil) SOCIIÏTÉ l{iiL(;t UE iMJCKUSCOI'IK. les Siii'irelles infundibuliformes constituent en réalité une seule espèce, j'ai conservé leurs subdivisions en for- mes ovales ou en coin et en formes contractées à la par- lie médiane, qui constituent respectivement mes groupes de « Surirelles ovales >y et de « Surirelles pandurilbr- mes ». Les tableaux suivants sont donnés pour faciliter l'étude des Surirelles infundibuliformes, c'est-à-dire pour celles que l'on connaît actuellement et qui ont été représentées ou suffisamment décrites. J'y ai renfermé les nombreuses formes que l'on peut nommer « fausses espèces » et les variétés décrites par divers auteurs récents. Le Surirella (usliiosa Ehr., comme je l'ai déjà dit, est une Diatomée des plus variables; on trouve à peine deux spécimens parfaitement identiques. Les individus varient par la taille, par le contour, par la forme de l'aire médiane, par la nature et la com- plication du cercle et par la structure des rayons. On trouve d'innombrables transitions entre toutes les variétés et par suite la séparation de ces formes en espèces ou même en variétés, fondées sur des bases strictement scientifiques, est totalement impossible. Tout eara(îtère acceptable pour établir une différence spécifique entre ces diverses formes manque, et on est conduit à des ari'angements uniquement artificiels, dans tous les essais de classification des formes connues. J'ai cherclié à classer les formes par leurs ressem- blances plutôt qu'à les séparer par leurs diiïérences et j'ai été amené ainsi à réduire le nombre des « soi-disant » espèces établies par divers auteurs. J'ai réuni toutes les formes ovales ou elliptiques, sous l'ancien nom de Surirella fasiuosa d'Elirenbcrg que j'ai ensuite subdivisé ItUI.LETIN DlvS SKANCKS. 157 en Siirirclla fasluosa forma tupica qui possède des stries distinctes sur ou en travers de Titire (1) et en Surirclla fasluosa forma vuhjaiis, dont l'aire est lisse, hvalinc et non striée. Les autres Surirelles infundihnliformes monti-ent en général un étranglement médian des valves (|ui peut varier entre une simple rétrissure et un contour pandu- riforme parfait. Certaines de ces formes sont sans doute simplement des variétés accidentelles de la forme ovale mentionnée ci-dessus caractérisant le groupe propre des Sin^iretla fasluosa. J'ai séparé les formes étranglées des formes ovales parce que des dialomographes de renom l'ont fait avant moi et aussi faute d'autres caractères plus appréciables ou plus appropriés pour se reconnaître dans le nombre infini de formes que l'on trouve décrites et figurées dans difïérents auteurs. J'ai divisé les Surirelles rétrécies en deux groupes pi'inci[)aux; l'un, renfermant le S«?-i>e//r/ Lonnniana de Grunovv, possède des ailes très saillantes et particu- lièrement très nettes à la partie étroite des valves, lors- qu'il est vu latéralement; tandis que l'autre groupe renfermant le Surirclla macrcana Grev. n'a pas de pareilles ailes latérales saillantes aussi visibles. Comme la lai'geur et le degré de développement des ailes varient considérablement dans des spécimens où tous les autres caractères et les conditions vitales semblent les mêmes, je ne considère pasces ailes comme fournissant un carac- tère spécifique de quelque importance. La présence ou l'absence du cercle, son degré d'étendue (I) Comme en le voit dans les figures d'Elircnbcrg, dans son ouvrage Sur les hiatomces américaines. 153 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. et la nature de ses points ou de ses stries peuvent être également considérés comme dénués de valeur, car il varie dans les deux valves d'un même fruslule,et même dans les deux extrémités d'une même valve. Le rejet des diverses formes énumérécs comme des types « spécifiques » distincts doit être laissé au juge- ment personnel de chaque observateur dont l'instinct le guidera probablement mieux dans cette matière que des règles dogmatiques quelconques. Deux naturalistes ne sont pas entièrement d'accord sur ce qu'il faut entendre par « espèce » un sujet sur lequel je crains ne pouvoir les éclairer beaucoup. Mon désir personnel de réduire les difïérences mineures aux « caractères individuels » au lieu de leur attribuer une valeur spécifique ne s'étend pas jusqu'à empiéter sur les droits d'autrui. On doit laisser à chacun la liberté de grouper les formes connues en espèces, variétés, races ou formes comme il l'entend, ceci étant de peu d'importance au point de vue des résultats scientifiques. Tableau analytique des Surirelles (*), Section I. — Surirelles lnfundibuliformes. 1 Valves au contour ovale, elliptique ou cunéiforme. Groupe des Ovales (5). 2 Valves plus ou moins panduriformes ou rétrécies à la partie médiane. Groupe deslhimluriformesijio). 5 Aire elliptique ou lancéolée. Surirella fastuosa (o). 4 Aire linéaire. Sur. fastuosa var. Comis ('2»")). (*) L'aulcur se proposait de revoir ce tableau car la feuille originale porte « à revoir ». BULLETIN DES SÉANCES. 139 5 Aire portant des lignes ou stries. Sur. fasliiosa lijpica Deby (7). 6 Aire lisse, hvaline, sans liunes ou stries ou bien ces dernières à l'état rndimentairc. Sur. fastuosa var. vuUjaris Deby (^7). 7 Formes larges et robustes à rayons fortement déve- loppés et aire longuement courbée. Sur. fasl. lijp-. f. rohusta Deby. 8 Formes plus petites, rayons moins accusés et plus délicats, aire souvent angulaire maistrès rarement courbée. (9). Lignes de l'aire formant encore une ou tout au plus deux rangées transversales. (1 1). 10 Lignes de l'aire nombreuses et irrégulières ou for- mant un tilet. Sur. fastiiosa lijp. f. opulcnta (i). 11 Valves nettement cunéiformes. Sur. (asluosa lijpica f. cuneala. 12 Valves non cunéioformes. (I5j. 15 Valves circulaires ou presque circulaires. Sur. fastuosa lijpica f. orbicularis. 14 Valves ovales ou elliptiques. (15). 15 Entonnoirs des rayons entourés distinctement par une Une ligne en spirale. Sur. /as t. tjip. f. anfracluosa A. S. 10 Entonnoirs des rayons privés de spirale ou de ligne en zigzag. (17). 17 Petites formes. (19 et "20). 18 Frustules de movenne ou de grande taille. (21). 19 Aire à inégale distance des deux extrémités de la valve. Sur. fastuosa hjp. f. rcccdcns. (l) Comprenant les Stnircila fasluosa aucl., 5. abludens, S. iiiterccdms, S. collnre et le S. re/îexa. i60 SOCIÉTÉ Itl-LGE DE MICUOSCOPIE. 20 Aire à égale distance des deux exlrémilés de la valve. Sur. fasluosa tijp. f, miunr. 21 Cercle absent. Sur. fnstuosa tijp. 1'. collare (i). 22 Cercle apparent. Surirella fasUiosa tijpica (2). 25 Les tiges des rayons légèrement renflées à la base des entonnoirs. Su7\ fast. var. Coinis f. mcxicana A. S. 2i Tiges non renflées à la base des entonnoirs. (25). 25 Aire éti'oite mais distincte. Sin\ fasluosa var. Comis lypica (ô)w 26 Aire absente ou réduite à un centre indistinct. Sarireila regina Jan. (4). 27 Rayons portant des touffues d'épines plus ou moins crocbues. Sur. jast.Mw.vulfj. f. sentis A.S. 28 Rayons sans épines. (29). 29 Cercle présent. (51). 50 Cercle manquant. Sur. fasluosa var. vulgaris f. tijpica. 51 Cercle ouvert à son sommet et à sa base. Sur. Jaslîiosa var. vulg. f. grand iusciila Castr. 52 Cercle fermé. (55). 55 Rayons renflés à la base des entonnoirs. Sur. fasluosa f. mexicana. 54 Rayons non renflés à la base des entonnoirs. Sur. fasluosa var. vulgaris. (1) Comprenanl les Surirella abludcns; S. intercedens; S. })unclala; S. np II loi /a. (2) Compi-Pii.'int los Stnirelln dires Castr.; S. jap^vica Castr.; Sur. puncliiia (iruii. S pulcltcrriina OMc-ùvix; S. gracilis ifhl.; S.spiiuililcra A. S,; .S". Hiiade-si Petit, etc. (3) Coin|ireii(l le Sur. Lepida de A. S. et probablement le 5. /iwwi- nensis Gruii. (1) CtMl(! forme, îi enjuger d'après la fisui'c de l'atias, pourrait appar- tenir au même ^l'oupe que les S. atrialula et non à la section des Infun- »^/sA.S. pi. 19, fig. 9, 10, II. *(9] « » spinulifera k. S. pi. o, fig. 15. *(iO} » « sî(/;o?7^/c? anlarctica Ebr. » antiqua Pant. [S. slviatida, var.?) » Apiae Witt. » apiculata "= angusta var, » apiculata W. Sm. » arabica Grun. (Weissfl. :2157). » araucaniae Ebr. » arcula W. Sm. [S. slrialnla). » argus Castr. » arcta A. S. » asowiana Ebr. BULLETIN HKS SÉANCES. i69 Surirella aspi.'ra Klir. Mb. [Hïo, p. I.m. » allenuata Xaeg. » australis A. S. » austral is Klir. : {iLiilopyla). Surirella IJaileyi Lewis. » Balcljicivii Xonii. » Balleiiin J. Brun. » l)alti('a Schnin. « BarroclilHa Donk. » bellisCarulh. (S. oblonga). » bengalensis Grun. « bifrons Klz. et var. bihorcnsis Pant. etc. » biseriata Bréb. et var. acuminata-Caproni Bréb. (W. 2684), W. n''-2156). » boliviensis Jan. Guano Bolivia. » Breuteliana Rabn. » brevis Ehr. » Brigbtwellii W. Sm. » caffra Elir. » calcarata Pfitz. caledonica Ehr. Mb. 1842, p. 557. (S. tur- gida). calceolus Carruth. (S. panduriformis). » caldensis Cieve. » Campylodiseus Ehr.(Campylodiscusgenus). « capensis Elir. » Capronii Bréb. » cardinaiis Kitt. -= S. ovata Elir. Mg. J. 58, 14 f. 10. » carolinensis Ehr. (Cinensis H. E. in litt.). » caspia J. Brun. » cevianensis Leud. XXU 12 » » 470 SOCIÉTÉ BELGE I)E MICROSCOPIE. Surirella chilensis Jan. (non Elir. laquelle est un ci^aticula). * » chilensis nojii. nud. H. L. coll. » circularis nom. nud. coll. » circumsuta Bail. ïrvblionella. » clatlirata Ehr. * » démentis Grun. » clypeus Ehr. (Campvl. clypeus). » coarctala Ehr. i> cocconeis Ehr. * » collare A. S. » colombonensis Lend. * » Comis A. S. » compta Ehr. » constricta W. Sm. » constricta Ehr? * » contorta Bréb. Kùlz. et Kitt.? Kitton. J. R. M. S. act. 7, 1874 (W. 2154). » cordata Ehr. » costata Neuss.? var. de striatula. * » craticula Ehr. (différ. formes de craticula). » crenulata Weiss. * » crenata Ehr, » carinata Kilt. » cruciata A. S. * » cru mena Bréb. » cuneata Bréb. = ? striatula. » cuneata A. S. : ? fastuosa var. cuneata Wilt. » curvula. Ehr. * » Davidsonii A. S. * » décora nom. nuda? in coll. voir Pritchard. BULLETIN DES SÉANCES. 171 Siu-irella deflexa A. S. » degenerans CI. » delicalissima Lewis. « demerai-ae A. S. » dentata Scliiiin. » diaphana Bleisch. » didyma Kiz. : (S. panduriformis). » dives Castr. » duplex L. W. Bailev. » eiowana Elir. » elegans Elu-. » elliptica Kz. Hréb. » eueampyla Elir. » euglypta Elir. « eximia Gi'ev. « falklandiae Elir. » fastuosa Ehr. et vars. » fausta A. S. » Febigerii Eewis. » Filholii Petit. » flexuosa Ehr. = Campylodiscus. » fluminensis Gniii. » iolium Ehr. » formosa Cleve. » IbrtiiMata Leiid. » fusca n. nud. ? Coll. » f'iisiformis Lewis. » gemma Ehr. » Geroltii Ehi*. » GodeflVovana Wilt. » gracilis Schiim. )) gracilliiiia ii. iiiki ? in coll. ^■'2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOI'IE. Surirella grand iuseula Castr. » Grundlerii Jan. » guateinalensis Elir. » Guinardii Temp. et Perag. (Perag. in Ville- tranche, fig. et descript.), » hastata A. S. » helvelica Brun. « heterocyma Naegl. (Cymatopl.). » Hoeljstetteri Raljn. » Hohcnaekeri Rabn. (Hedwigia, XIII, 2). » holosticha Elir. » Hyadesi Petit (Cap. Horn). » liybrida Gi'un. (S. lata.) .» ichthyocephala Rabn. *■ » inducta A. S. » insecta Ehr. » insulariim Ehr. » intercedens Grun. » intermedia Lewis. (Stenoptorobia.) » interrupta Leud. » japonica Ehr. » japonica A. S. » japonica Castr. » Jenneri Hass. (S. bifrons). » kerguelensis Grun. » Kittoni A. S. » Kittoniana Leud. » Kuizii Grun. » Kuelzingii Perly (Cymatopl. elliptica). » ladogensis Weiss. » lacvigata Ehr. (et * f. minuta Cl. et M.) » laevis Kz. * * BULLETIN DES SÉANCES. i73 Surirella lamclla Elir. » lamina Elii*. » lamprophylla Elir. ' » lata W. Sm. » laxa Jan. » lepida A. S. » leptotera Klir. » librile Ehr. (Cyinalopl. solea) » limosa Bail. » linea Elir. » linearis Lewis. » liolepta Ehr. » liosoma Ehr. (le Brujlirdlia liosoma est le même que Vclcgans). « longaSchum. » Lorenziana Griin. » macra Cl. et Mol. » macraeana Grev. » Maluiensis Ehr. » manca Jan. » Martensiana (Piagiodiscus). » marylandica Ehr. » m égal optera Ehr. » melosiroïdes Mcnec[li. » mexicana. A. S. » microcora Ehr. (H. E. S., ,V2(»). » minuta Bréb. » mississippica Ehr, » Moelleriana Griin. » multicoslata Castr. » multicostata Leiid. » multifasciata Kz. (un Siirirelie?). 171 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Surii'ella myoton Ehr. » naviciilai'is Bréb. » Neupauerii Pant. » nervata Grun (Plagiodisciis). * » Neumayet'i Jan. » nicobarica Ehr. * » nobilis W. Sm. » norica Brun. (Campyl. norisciis). » notabilis Leud. * » norvegica Eiil. * » oblonaja Ehr. » obtusangula Rabn. » ocellata Castr. » oosphaena Ehr. * » opulenta Grun. » orbicularis Cleve. * » oregonica Ehr. » ornata Kûlz. » O'Swaldii Jan. * » ovalis Bréb. et var. * » ovala Kiïtzetvar, Rabn. et Grun. » Ovum Naegl. (Cymalopl. elliptica). » pacifica A. S. » Pal a Menegh. * » Palmeriana Grev. * » panduriformis Wm. Sm. = (pinnata var.?) » paradoxa Ehr. » panduriformis Rabn. = didyma. * » Patella Kûlz. * » patens A. S. et var. » peruviana Ehr. * » pinnata W. Sm. BULLETIN DES SÉANCES, 173 Surirella platalea Ehr. » plicata Elir. » polyoïlon Elir. » praeclara A. S. » praetexla VAw. » pi'ocera Ehr. » productus Johnst. =^ S. lala \V. Sm. » pulchella Bréb. » pul(;heri'iina O'Meara. » piilchra Lewis. » punctata (iriin. (fastiiosa var.?) » pygmea Ehr. » pyriformis Kitt. » qiiarenensis Gnin. » radiosa Grun. » Rattrayi A. S., non rauteur de la monogra- phie des Aiiiacodiscus. » recedens A. S. » reilexa Ehr. » régulai' Ehr. (Cymatopleura parallela). » reginaJan. » reniformis L. II. » ihomboidca Ehr. » rhopala Ehr. » robusta Ehr. (S. nobilis] et var. » ■ rotunda Pant. et f. minor. » salina W. Sm. » saxoniea Aners. » S3hleinitzii Jan. » Schmidtii Witt. » sicula Ehr. = (Na\i(iiln fAmphipleuraJ siciila). 476 SOCIÉTÉ BRI.r.E DE MICIIOSCOPIE. * Siirirella semipnnctala Leud. sentis A. S. sibirica Ehr. sigmoidca Elir. slevicensis Griin = S. (elegans). Smilhii Ralfs = ? Kïilz (non Ralfs) : cons- tricta Sm. Solea Bi'éb. -= Cymatopleura. speciosa Ehr. spiralis Kùtz. splendida Elir. et var. Stella Ehr. striata Leud. striatula Tiirp. et var biplicata Grun. et var. Sluderi Jan. Slylus Elir. subalpina Donk. subsalsa Wm. Sm. = (S. pygmea Ehr.)? siiewica Grun. siiewica Zell. = ovata var. siiperba Grev. tenella Kûtz. te liera Greg. » var. splend ulula Â. S. » var. nervosa A. S. » var. diaphana Bleisch. testudinella Ehr. ïestudo Ehr. (S. striatula). Tahitiana Castr. ihermalis KiiK/. ? triscalaris Brun. )) » » * » * » * )) » * » * )) » » * » » » » * » » * » * » » * » » » » » » » » » » » BULLETIN DES SfiANCES. ^-,^ Siirirella tliuringiaca lïaniz. tiii-ida W. Sm. = l)irmns Griin. var? undala Eiir. : (Cymatoplciira). uiKliiiala VAw. = Cyniatopleiira. » uninervis Elir. » uralensis Elir. » valida Elir. » valida A. S. » Venus Corda = ovalis var. criuiicna Bréb. (I). » viridis Elir. » virginica Ehr. = Pinnidaiia viridis. » zambezac Ebr. NOTES DE TECHNIQUE. M. Amann a fait paraître dans divers journaux une série de formules pour liquides conservateurs d'Algues, de Champignons, de Mousses. Il pourra être utile pen- sons-nous aux membres de la Société de trouver ici ces diverses formules dont plusieurs donnent de fort bons résultats pour la conservation des organismes inférieurs en préparations microscopiques. I. — Lactophénol Acide phénique, cristallisé . 20 gr. Acide lactiqup (1.21) . . . 20 gr. Glycérine (1.25) 40 gr. Eau distillée 20 gr. L'auteur emploie surtout cette solution pour faire reprendre à des matériaux desséchés leur forme primi- tive. II. — Lactophénol-cuprique. Chlorure de cuivre (Cu OP) cristallisé. . 0,2 gr. Acétate de cuivre (Cu C^H^OO » . 0,2 gr. Eau distillée 93 gr. On ajoute : Lactophénol (solution I) î> gr. Cette liqueur est comme on s'en aperçoit une modifi- cation du liquide de Ripart et Petit, comme cette der- nière elle convient pour la préparation des Algues vertes, dont elle conserve fort bien la couleur. En prenant une solution dix fois plus forte on obtient un liquide précieux pour le transport en voyage, liquide BULLETIN DES SÉANCES. 170 qui permet de fixer dircetement sur place les matériaux récoltés, il sndtit d'ajouter à la récolte du Tuiuide conser- vateur en quantité sullisante pour arriver à la concen- tration du liquide II. IH. — Gélatine glycerinée avec lactophénol. fiôlalinc hlanclio 8 i^r. Kau (lislilléc; 4-i '^v. Après gonfleinenl de la géhiline : Glycérine 50 gr. Ou chauffe au bain marie cl on lillro, puis on ajoute : Lactophénol 10 gr. On peut aussi au lieu de lactophénol ajouter à cette dernière solution 10 p. 100 de lacto[)liénol cuprique, et Ton obtient alors un médium excellent pour les Algues. IV. — Lactophénol- gomme arabique. Gomme arabique .... 58 gr. Eau distillée 50 gr. Api es solution, on ajoule: Glycose 5 gr. Lactophénol G gr. Et l'on filtre le tout sur de la laine de verre. Solution pratique surtout pour la préparation des organes des Muscinées. É. D. \V. COMPTES RENDIS ET ANALYSES Le ijouvernement a institué en 189^ un concours pour ouvrages destinés à former une « Bibliotlièque nationale d'agriculture ». Une des dernières questions de concours était relative à la confection d'un manuel élémentaire de pathologie végétale, deux membres de notre société envoyèrent une réponse à ce concours et eurent le plaisir de voir leurs travaux couronnés, ce sont MM. Ém. Marchai et P. Nypels. Le mémoire de M. Marchai vient de paraître (i), nous ne nous appesantirons pas longuement sur le contenu du travail ni sur les réels mérites qu'il présente, tout le monde et en particulier, les agriculteurs reconnaitront les services que rendra le traité de notre confrère. Exposons sommairement le contenu du manuel,, le premier de ce genre qui ait fait son apparition en Bel- gique. Après un tableau analytique dans lequel sont compris plus de 40 espèces végétales ou groupes d'es- pèces, chez lesquelles ont été observées des maladies cryptoganiques, l'auteur donne des généralités sur les maladies tant au point de vue pathologique, qu'au point de vue physiologique. Arrive enfin la partie de beaucoup la plus importante du travail : l'exposé des maladies. Après une description nette de l'organisme parasite, des lésions qu'il provoque, des dégâts qu'il occasionne, l'auteur indique les moyens de combattre la maladie. (I) Les maladies crvptosaniiqucs dos phiiiles cidtivées par Ëm. Mar- chai, ingénieur agricole, aUaclié à rinstilul agricole de Gembloux. — Bruxelles, Alf. Castaigne 189(5. BULLETIN IU:s SKAXCES, 181 Plus (le 70 maladies sont passées en revue; certes tous les cas pathologiques que l'on pourra observer ne sont pas consignés dans le manuel, mais les mala- dies principales, celles qui font le plus de tort à la i;i;mde culture s'y trouvent traitées en détail. Ajoutons que la reconnaissance de la plupart des maladies, sera facilitée par les dessins nombreux et bieu compris, qui ornent le petit traité de M. Marebal. Aussi ne pouvons-nous assez féliciter notre confrère d'avoir publié un travail, qui nous n'en doutons pas sera d'une fort grande utilité. Nous souimes d'autant plus heureux de lui apporter nos félicitations, que c'est dans les Bulletins de la Société, qu'une des premières fois en Belgique, on attira l'attention sur l'utilité qu'il y aurait à créer dans notre pays un laboratoire de pathologie végé- tale. La publication du manuel de M. Marchai (jui sera suivie bientôt de celle du travail de M. Nypels remettra l'importance de celte question en vedette. f:. D. w. * * La fixation de l'azote par les plantes, question si inté- ressante, a fait l'objet de nombreuses recherches. Cer- tains auteurs étaient arrivés à la conclusion (jue les algues inférieures pouvaient fixer l'azote. M. Kossowitch a publié dans leBoKuiisclic zcit. liSDi, p. 97-116, le résultat de ses recherches sur cette ques- tion. Il résulte des observations qu'il a |)u faire qu'en cultures pures exemptes de Bactéries, les Algues ne fixent pas l'azote. Mais si les cultures sont à la 182 SOCIIÏTÉ I5ELGE DE MICUOSCOIME. lumière et si elles contiennent des Baetéries, la pré- sence (les Algues peut influencer le phénomène de la fixation de l'azote. Les Bactéries plus fortement nourries dans les cultures où se trouvent des Algues, se dévelop- pent beaucoup plus vite, et par suite la proportion d'azote, fixée par ces microoi'ganismes augmente rapi- dement. La lumière est naturellement une condition indispen- sable, car sans lumière il n'y a point de développement possible pour les Algues. É. D. W. * * * Nous avons à différentes reprises parlé dans ce Ihd- lelin des recherches de MM. Bertrand et Renault sur les organismes abondamment représentés dans les couches permiennes d'Antun, organismes auxquels ces deux auteurs ont donné le nom de Pila hibraclensis. Dans une communication récente faite à la dixième réunion des naturalistes du Muséum de Paris et publiée dans le Bulletin du Muséum, J89t), n*" 5, p. lOi, M. Renault signale l'extension considérable des Algues de ce genre dans les couches géologiques. La forme de Pila trouvée dans les bogheads d'Ecosse, de Russie, dans les torbanites qui appartiennent au terrain houiller moyen, serait une espèce particulière P. scolica. Dans le Lias supérieur (Hongrie) M. Renault a trouvé une autre forme, rapportée encore au même genre, sous le nom de P. Liasica. BULLETIN DES SÉANCES. 183 Les difïéronles espèces du genre trouvées depuis la base du Culm jusque dans le Lias supérieur dilïèrent entre elles par des caractères de grandeur de leurs thalles et des cellules qui les constituent. i:. 1). w. I BlLLEilN DES SÉA\CES Div LA SOCIÉTÉ BELGi: DE MICROSCOPE Tome XXII. N° X. 1895-1890. l*i*ocès-%ei*bal do l*a!^MOiiil»léo générale du 11 ociohre IHiHi. Pkésiuence de m. Lameeue, mce-phésident. La séance est ouverte à 11 1/4. MM. Baiiwens, Errera, Tloufïartet Van Bambeke font excuser leur absence. Êlecl ion : Sur la proposition du Conseil, M. le docteur Matagnc, présenté par MM. Coomans et De Wildenian,est nommé membre effectif de la Société. Le secrétaire donne lecture, au nom du Conseil de la Société, du rapport annuel sur les travaux de la Société, xxn ' 13 186 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. RAPPORT SIR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ PENDANT L'ANNÉE SOCL\LE 1895- 189G. Messieurs, Ponr se conformer aux statuts de notre Société, votre Conseil d'administration a l'honneur de vous présenter son vingt-deuxième rapport annuel sur la situation matérielle et scientifique de notre association. Le nombre de nos membres est resté stationnaire, si quelques membres nous ont quitté de nouveaux sont venus remplir les vides. Les communications faites à nos séances mensuelles ont pour la plupart été reproduites dans lesRullctins ou dans les Mémoires. Il sera superflu de vous faire ici un résumé des travaux présentés, vous en trouverez la liste dans la table des matières. Nous regrettons cependant que certaines communica- tions ne soient pas encore parvenues au Bureau, et n'aient par suite pu paraître dans nos publications. MM. Marchai, ^Yauthy, De Wildeman ont fourni pour nos Bulletins des comptes rendus, analyses et notes de technique. Depuis notre dernière séance générale, nous avons terminé la publication du tome XX de nos mémoires. Nous comptons faire paraître bientôt un premier fasci- cule du tome XXI. Comme les dernières années, il nous a été impossible de faire donner, à défaut de local convenable, des con- férences. Nous ne pouvons encore le faire celte année, le local que la direction du Jardin botanique nous réserve BULLETIN DES SÉANCES. iSl dans les nouvelles installations est encore loin d'être achevé. Le Conseil renouvelle à M. Crépin, directeur du Jardin botanique et membre de notre Société, ses plus vifs sentiments de reconnaissance pour la bienveillance avec laquelle il accorde un asile à la Société. Comme notre trésorier va vous le montrer, l'état de nos finances est en progrès. Nous avons obtenu de M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique un subside extraordinaire de 200 francs pour nous aider dans nos publications, mais on nous a supprimé malheu- reusement, le subside accordé par la Direction de l'Ensei- gnen)ent moyen, c'est-à-dire deux cent cinquante francs. Malgré celte perle sensible, notre situation n'est pas désespérée comme vous pourrez aisément vous en assurer vous mêmes. Avec l'aide dévouée de vous tous, nous espérons voir, dans l'année qui s'ouvre, celte situation prospérer; voir le nombre de nos membres et des communications augmenter, et par suite, notre situation matérielle et scienlifique. BILAN DK LFAKKCICH: 180.j-1890. Le secrélaii-e,au nom du trésorier, dépose les comptes de l'année sociale écoulée. Ils sont approuvés. L'encaisse de la Société, portefeuille compris, com- porte plus de 500 francs. Le Irésorier présente ensuite le projet de budget pour l'exercice 1890-1897; ce projet est adopté. 188 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOI'IE. L'assemblée vote des remerciements au trésorier pour les soins qu'il a apportés dans la gestion des finances de notre Société. M. Deiogne qui ne peut assister à notre assemblée générale, a prié le secrétaire de donner en son nom un rapport verbal sur l'état de nos collections. Pas plus que l'année passée, il ne peut être question d'établir l'élat de nos collections; aussi longtemps que les nouveaux locaux du Jardin botanique ne seront pas achevés, la plupart de nos collections doivent rester entassées. SÉANCES iMENSUELLES. L'assemblée décide que les séances mensuelles auront lieu, comme par le passé, le troisième lundi de chaque mois, à 8 1/2 heures du soir, au local ordinaire. Le Conseil a renommé pour la période 189C-J897, MM. Bordel et Pechère, secrétaires-adjoints. ÉLECTIONS. L'ordre du jour appelle l'élection de divers membres du Conseil en remplacement de M. le docteur Rouffart président, sortant et non rééligible, de M. Laurent vice- président, sortant et rééligible, de MM. Deiogne biblio- thécaire, Crépin et Errera, membres du Conseil, sor- tants et rééligibles. Sont nommés : Président : M. A. Lamcere. BULLETIN I)i:s SKANCES. 189 Vice-Présidents : MM. É. Laurent et Van Bambcke. BiJjliolliécair'e : M. Delo^ne. Membres du Conseil : MM. Crépin, Errera et Gilson. M. le Pi'ésident Lameere, remercie la Société de la charge qu'elle veut bien lui confiei' et l'assure de aon entier dévouement. M. Lameere au non) de la Société, présente des remerciements à M. le docteur Uouffarl pour le dévoue- ment qu'il a témoigné à la Société pendant ses deux années de passage à la présidence. Il félicite M. le tréso- rier, mallieureusement retenu chez lui par une indisposi- tion, pour le soin qu'il a apporté dans la gestion des tinances de la Société pendant l'exercice 1895-1890. 1! remercie également les autres membres du Conseil et espère qu'ils voudront bien l'aider dans l'exercice de ses fonctions présidentielles. Communicaliona : Vu l'heure avancée, M. le professeur Francotte qui comptait faire un exposé à la séance de ce jour, remet- tra sa communication à une séance ultérieure. La séance est levée à 1:2 l/:2 heures. COMPTES RENDUS Eï ANALYSES. Signaler à l'attention générale l'apparition d'un livre nouveau est certes, toujours, une tâche dont il est agréable de s'acijuitter. Quand le livre paraît à son heure, répond à une nécessité, vient combler une lacune, en proclamer bien haut la naissance, est un devoir. C'est la raison pour laquelle nous attirons, sur la « Flore des Algues de Belgique » que vient de publier M. De Wildeman, l'attention de tous ceux que l'étude de la botanique ou celle des infiniment petits intéresse. Grâce au « Manuel de la flore de Belgique » de M. F. Crépin rien n'est plus aisé que la détermination des plantes phanérogames; aujourd'hui, grâce à M. È. De Wildeman, les recherches des algologues sont singuliè- rement facilitées, et pour eux s'ouvre une ère de décou- vertes nouvelles. Désormais, botanistes et amateurs, sont en possession d'un guide sûr et fidèle où le dévoué secrétaire de la Société belge de Microscopie a condensé, ordonné et mis en rapport avec les idées actuelles toutes nos connaissances relatives à la dispersion des Algues en Belgique. Dans son « Introduction » M. É. De Wildeman fait ressortir, par des considérations ayant trait à la distri- bution géographique des Algues belges, le succès avec lequel notre pays peut être exploré. A ce sujet, nous croyons intéressant de rapporter ici quelques chifl^res cités par l'auteur. Des Algues actuellement signalées chez nous, 587 espèces appartiennent à l'ordre des Chloroficées,Gl5aux Diatomées, 51 aux Phéophycées, 78 aux Floridées et BULLETIN DES SEANCES. 191 oO aux Cvanopliycées, soit 1179 espèces réparties dans nos provinces comme suit : Flandre Occidentale ioD Liège 421 Brabant tOS Anvers 7A')(j Luxembourg liôU Limbourg 25i! Flandre Orientale 17i Hainaut 147 Namur 115 Par ce tableau nous voyons que la Flandre Occiden- tale est la province la plus riche en Algues, richesse assurément due aux espèces marines, dont bien des représentants, vivant attachés aux estacadcs, brise-lames, bancs de moules, etc., sont encore inconnus. Le nombre déjà élevé d'espèces signalées dans la province de Liège ne pourra être maintenu longtemps; car, déjà M. Van Heurck dans son « Synopsis des Diatomées de Belgique » dit, n'avoir reçu que peu de matériaux des provinces de Liège, de Limbourg et de Namur et les espèces récoltées par M. De Wildeman dans l'Ardenne liégeoise prouvent surabondamment que le chiffre de 421 espèces est trop faible. Le Brabant seul, semble avoir été convenablement étudié; quant aux autres provinces, la série descendante accusée pour elles, résulte du manque de recherches et les algologues pourront aussi faire d'amples moissons dans de vastes régions de l'Ardenne et de la Campine. M. De Wildeman continue son « Introduction » sous 102 SOCIÉTÉ DELGE UE MICROSCOPIE. une forme didactique fort heureuse où les amateurs trouveront des notions relatives à la structure et à la vie des Algues, ainsi que de judicieux conseils pour la récolte, la préparation et la conservation de ces organismes. Au point de vue biologique, l'auteur rappelle la sym- biose offerte par VAnahaena etYAzolla,el recommande aux chercheurs ces sortes d'associations encore peu étudiées chez nous. La diagnose des classes, des familles, des genres et des espèces, accompagnée bien souvent de tableaux analytiques, comporte près de 500 pages, enrichies de figures qui permettront aux débutants de reconnaître bien vite quelques groupes importants. Publié sous les auspices de la Société royale de Bota- nique de Belgique, le succès du livre de M. É. De Wil- deman est chose assurée et les rapports de MM. les professeurs Yan Bambeke, Gravis et Errera, chargés d'examiner les travaux envoyés pour l'obtention du « Prix-Crépin », nous dispensent de recommander plus longuement la « Flore des Algues de Belgique » que chacun sera heureux de posséder. Ém. De Droog. * * * M. le professeur Bùtschli vient de faire paraître une brochure sur la slriicliire des Cyanopliycées el des Bactéries, dans laquelle il expose avec assez bien de détails les idées qu'il avait émises, dans une publication préliminaire, en 1890. De nombreux travaux l'avaient empêché jusqu'à ce jour de publier ces détails (I). (I) Wcitere Ausfiihruniïen ùbcr don Bau dei Cyanophyccen uiui Bac- térien. Leipzig, Wiihelin Kiigeliiiann, 1896. BULLETIN DES SÉANCES. 193 Nous avons, dans ces coinples rendus, parlé à diverses reprises de la structure du pioloplasine des Cyanopliy- oées et des Bactéries, aussi avons-nous pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de signaler ce travail, et tout par- ticulièrement certains passages sur lesquels il y a lieu, pensons-nous, d'iltirer l'attention des niicrogiapiies. Le travail de M. Bùtsclili est divisé en deux parties. La première, qui nous a paru la plus intéressante, étudie la structure des Cyanophycées et des Bactéries suH'uraires. Nous connaissons les idées émises par M. Brusilili; pour lui, le contenu de la cellule des Cyanophycées est constitué par une couche protoplasmique périphérique, dans laquelle est localisé le pigment, et par un coi-ps central incolore qui est l'homologue du noyau des plantes supérieures. La même constitution se retrouve chez le Cliromalinm. L'on sait que plusieurs auteurs se sont élevés contre cette manière de voir, c'est particulière- ment à Fischer que Bïitschli s'attaque. Fischer, en ctïel, avait prétendu que le « corps central ou le noyau » était la masse contractée de presque tout le protoplasme cel- lulaire, et que c'était dans celte masse qu'il aurait fallu chercher le noyau, dont rien ne semhiait indiquer la présence. La zone externe serait due à une couche beaucoup moins dense de protoplasme; par la létraclion de la partie centrale, des filaments ténus relieraient le corps central à la paroi. M. Bùtschli montre par quelques exemples, les plan- ches accompagnant le texte t'ont voir ces structures, que si les assertions de M. Fischer étaient exactes, l'on ne devrait trouver qu'une seule couche d'alvéoles dans la portion environnant le noyau , et cela n'exit>le pas toujours. \9i SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. Cet argument est-il tout puissant? Il est ditïicile d'en- trer dans le débat. L'auteur passe ensuite à l'étude de la couche colorée, il est regrettable que l'auteur ait illustré cette partie de son travail de photographies; sans doute les clichés qui ont fourni les blocs de zinc montrent la structure que M. Bùtschli veut nous faire voir, mais les repro- ductions sont tellement confuses qu'elles viennent jeter des doutes dans l'esprit. Et cependant presque tous ceux qui ont étudié avec soin la structure du protoplasme, admettent fort volontiers la « structure alvéolaire » si bien étudiée par Bùtschli. Même dans son grand travail sur cette structure si particulière de la masse vivante de la cellule, l'auteur ne nous a pas sem- blé avoir attiré suffisamment l'attention sur les prin- cipes physiques qui régissent ce mode de disposition et forcent, pouvons-nous dire, toute substance de structure analogue à celle du protoplasme à se disposer en alvéoles. Aussi admettons-nous, et nous pensons avec raison, que les idées éniises par M. Hieronymus ne sont pas exactes, et qne la structure du protoplasme est alvéo- laire. L'auteur passe ensuite à la structure du corps central, là aussi il reconnaît la même structure et réfute des arguments posés contre ses idées par Nadson, Palla, Mitropbanow. Si, dit-il, on n'a pas reconnu toujours une structure alvéolaire et une limite bien nette entre le corps central et la couche périphérique, c'est que les préparations étaient faites avec des organismes surcolo- rés. Dans ces cas, pas plus chez ces infiniment petits que dans les organismes supérieurs, il n'est possible de voir nettement les rapports entre noyau et protoplasme. KULLETIN DES SEANCES. 19o S Signalons en passant le cinquième pai-agraplie dan lequel l'auteur nous donne la preuve que dans les Bac- téries sulfuraires, les corpuscules foncés contenus dans le protoplasme sont bien formés de soufre comme l'avait déjà fait voir Winogradsky, mais sur la composition desquels des auteurs récents avaient émis des doutes. L'auteur fournit ensuite quelques remarques sur les petits corps que l'on observe dans la cellule des Cyano- pliycées et des Bactéries et revient sur les idées qu'il a émises antérieurement. Les granules observés dans la portion protoplasmique extérieure au corps central ne sont pas des granules de cbromatine, comme le prou- vent les expériences qu'il a faites, de concert avec M. Lauterbron, sur les Diatomées ou de semblables cor- puscules se retrouvent. >[. Bùtschli termine enfin la première partie de ce travail par un paragraplie qu'il intitule : « Le corps central des Cyanopbycées et des Bactéries sulfuraires est-il un noyau cellulaire? » La conclusion de M. Bûtscbli, nous la connaissons, elle a été discutée souvent. Faut-il admettre avec lui que le corps central soit un noyau? Il nous semble que oui. Certes ce noyau ne sera pas un noyau typique, mais la manière dont celte masse centrale se conduit pendant toute la vie de la cellule et particulièrement pendant la division cellulaire, semble bien dire que nous nous trou- vons en présence d'une partie constituante de la cellule, remplissant cbez ces organismes inférieurs le rôle du noyau des cellules des organismes plus élevés du règne végétal et du règne animal. Il n'est pas pensons-nous possible de s'appesantir sur la seconde partie du travail de M. lîiilsclili, celte partie 196 SOCIliTE BELGE DE MICROSCOPIE. est dirigée en grande partie contre les asserlions de M. Fischer. Ce dernier voit dans la cellule des Bactéries nne structure analogue à celle des cellules des végétaux supérieurs; une membiane, une couche protoplasmique péripiiériqu'e et une vacuole de suc cellulaire au centre. Malgré le nombre relativement grand de publications parues sur la matière, que M. Bùtschli a examinées et dont il a admis ou refuté les idées, il en est encore qui ont été oubliées, nous citerons le travail de M. Migula : « Ueber den Zellinhalt von Iktcillus oxalalicus Zopf » publié en 1894 dans les Arb. d. bakteriol. Inst. de Karlsruhe. Là l'auteur a démontré qu'il n'y avait pas de corps central dans le sens admis par Bùtschli, mais bien une vacuole, comme des expériences de plas- molyse le lui ont montré. Le même auteur n'a pu non plus observer de structure alvéolaire. M. le professeur Errera a donné antérieurement dans ce Bulletin une analyse détaillée du travail de M. Migula, nous n'entre- rons pas ici dans les détails. Que faut-il conclure de ces idées contradictoires? 11 est difficile de se prononcer; il semblerait qu'en présence de ces opinions opposées, émises par des observateurs sérieux, on devrait admettre que la structure des orga- nismes est différente suivant l'espèce considérée. Pour arriver à une solution définitive de la question, solution qui est peut être au delà de la possibilité, il faudrait que les mêmes matériaux soient rei)ris et traités d'après les diverses méthodes, par le même auteur. M. Bùtschli rendrait certainement service à la Science s'il reprenait et augmentait encore les observations qu'il a déjà faites sur ce sujet. Cinq planches, dont deux formées de photographies. (tULLETlN DES Sli.VNCES. ly; accompagnent le texte de la brochure de M. Butschli, et font saisir certains détails d'organisation mieux que ne le font de simples descriplions.il est regrettable, comme le dit d'ailleurs lui-même M. l>utsclili,que les pliototypies ne rendent que très imparfaitement la structure de ces organismes; nous nous trouvons d'ailleurs là à la limite des choses visibles. Le travail de M. Biitschli est des plus intéressant, dans un court résumé, il n'est pas possible de mettre en lumière tous les points importants de ce mémoire. Il devra être consulté lui-même, par tous ceux qui s'inté- ressent à la question, encore pendante, de la présence du noyau chez les Schizophycées. É. D. W. * * * M. le docteur Cari Apstein vient de faire paraître un volume intitulé : « Das Siissivasser Planliloii. Mclhodc und Rcsullale dcr quantilalivcn UiUcrsiicliiuuj (1). C'est une des premières fois croyons-nous que la (jues- tion du Plankton des eaux douces se trouve résumée en un volume. L'auteiir n'a pas eu en vue de faire un résumé complet de la question, cela eût été prématuré, les renseignements que l'on possède sur le « Planklon » sont encore trop épars pour songer à faire un ensemble complet. Mais l'auteur a essavé et il est arrivé à ses fins, de réunir en un tout les renseignements épars sur les organismes du planklon des eaux douces; il a voulu (I) Lll'SlUS el TisciiEK, Leipzig; et Kicl ISO'J. i9S SOCIÉTÉ BlîLGE DE MICHOSCOPIE. seulement essayer de condenser les observations connues, 11 a étudié beaucoup lui-même et ce sont principale- ment les observations faites par lui, pendant plusieurs années, dans le Holstein, qu'il a condensées dans son volume. Après une description géograpbique de la région dans laquelle les observations ont été faites, l'auteur passe à l'étude des lacs et des « régions » que l'on est convenu de considérer dans les eaux. Puis il étudie les facteurs physiques et chimiques qui fontsenlir leur action sur les organismes des eaux douces. Il passe ainsi en revue : la pression, le mouvement de l'eau, le vent, la température, la lumière, la transpa- rence, la couleur et la constitution chimique des eaux. Il examine ensuite les organismes eux-mêmes qu'il divise, d'accord en cela avec beaucoup d'auteurs en : Organismes activement lymnétiques ou lymnétiques proprement dits. Organismes passivement lymnétiques. Organismes accidentellement lymnétiques ou lycho- lymnétiques. C'est de la première catégorie qu'il sera question surtout, dans l'ouvrage; ce sont en effet ceux-là qui peu- vent être soumis aux différentes influences, se sont eux seuls qui errent dans l'eau, s'y meuvent, s'y multiplient sans devoir recourir à un support quelconque. Nous ne nous appesantirons point sur le chapitre qui traite des diverses méthodes et appareils à employer pour pêcher, analyser, étudier et compter les organismes récoltés; nous ne pourrions entrer dans ces détails sans dépasser fortement la limite assignée à notre analyse. Il faudra que le lecteur recoure au travail original ou BULLETIN UES SÉANCIiS. 199 il trouvera d'ailleurs uue masse de détails que nous ne pourrions relever ici. Signalons en passant le inicroscope un peu spécial que l'anteur emploie; il est muni d'une grande tablette sur laquelle peuvent se placer desplaquesde 10 x 11 1 :2 cen- timètres, cette platine est mobile dans tous les sens, de façon à pouvoir Aùre passer toutes les parties de la placjue sous l'objectif du microscope. L'auteur passe ensuite à la partie la plus conséijuentc du travail, celle dans laquelle il expose les résultats de ses observations. Nous ne pouvons cependant entrer dans les détails, ce sont des données à consulter, dont un compte rendu sommaire ne peut donner d'idée nette. Nous appellerons cependant l'attention sur le para- graphe que l'auteur consacre à la « vie dans le lac », à la caractéristique des saisons. Il y montre les organismes que l'on peut trouver pendant toute l'année; c'est en jan- vier-février que le plankton est le plus pauvre, puis la faune et la flore augmentent, et c'est en été qu'elle atteint généralement son maximum. Les iSoslocacécs, Clirooccoccacécs, Palmellacécs, Vol- vocinécs, Peridinées, les Diatomées sont à leur apogée. Pour les organismes animaux ce sont les Anuracces, Pohjarlhra, Pompliohjx, Diurella, Triarllira, (ias- Iroschiza, Conocldlus, Chronuujasicv, Asplancinia qui se rencontrent en plus grand nombre. Vers l'automne les Diatomées reprennent encore, pour disparaître vers la fin de l'année et recommencer l'année suivante le même cycle d'évolution. Ces doum'-es sont appuyées par de très nombreux tableaux, oii l'auteur a noté pour beaucoup d'espèces le nombre d'individus »pii 200 SOCIÉTÉ UELGK UE MICUOSCOPIE. se trouvaient dans le plankton aux (.lifïerents mois de l'année. L'auteur décrit ensuite plus particulièrement les orga- nismes du plankton. 11 cite 8:2 espèces, zoologiques et botaniques, considérées comme caractéristi(|ues du plankton des lacs du Holstein, sur lesquelles il a pu réunir des renseignements. Cette partie descriptive n'est pas la moins intéres- sante, illustrée de nombreux dessins, dont beaucoup sont des pliotographies directes des organismes, elle sera de la plus grande utilité et pour le zoologiste et pour le botaniste; permettant au premier de taire la connais- sance de quelques végétaux inférieurs, au second de connaître un certain nombre d'animaux qu'il rencontre dans ses préparations d'Algues, elle sera souvent con- sultée. L'auteur passe, dans cette partie, un grand nombre d'espèces en revue, en donnant pour ciiacune le nombre d'écbantillons observés et souvent la date du maximum et du minimum. Nous ne regrettons qu'une cbose c'est que l'auteur n'ait pas donné plus de grapbiques nous indiquant d'un seul coup d'œil la marelie, ascendante et descendante, du nombre d'organismes de cbaque espèce pendant le courant d'une année. L'auteur termine son travail par la liste de 105 publi- cations relatives au plankton et aux organismes qui le constituent. Cintj grands tableaux donnant le nombre d'organismes, et par suite leur périodicité, sont joints au travail, lis donnent les résultats des observations laites dans : Dober- dorlér sec en 1891 et 1892, Grosse Ploner see en 1890 et 1893, et quelques plus petits lacs pour lesquels les BULLETIN DES SÉANCES. 201 observations n'ont pas été faites avec autant de suite. L'ouvrage de M. Apstein est appelé nous n'en doutons pas a avoir du succès, non seulement par sa portée scientifique pure, mais encore, nous dirions presque surtout, parce qu'il constitue une œuvre de vulgarisation qui sera des plus utiles à tous ceux qui voudront se rendre compte des organismes vivant dans les eaux douces. È. D. \V. M. J. Amann, vient de publier dans le Bulletin de l'Herbier lîoissier un article sur 1' « Application du calcul des probabilités à l'élude de la variation d'un type végétal ». Nous attirons tout spécialement l'atten- tion des naturalistes descripteurs sur cet article qui nous a semblé renfermer des idées très justes sur la définition des termes espèce, race, variété. Voici en effet ce que dit l'auteur « Pour une collection d'individus comparables, représentant un de ces types, nous avons vu qu'il y a une certaine mesure de cbaqiie caractère variable qui est représentée par le plus grand nombre d'individus et qui doit être considérée par con- (|uent comme la mesure normale de ce caractère dans les conditions où se trouvent placés les individus observés. Cette mesure normale doit être déterminée, pour clia(|ue type, par un grand nombre d'observations. La caraclé- rislique d'un type représente par conséquent l'ensemble des valeurs normales des différents caractères. La dia- gnose du type ainsi compris sera l'indication des valeurs normales des caractères importants en tenant compte XXU li 202 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. de leur variabilité. Celte façon de caractériser un type serait à la fois plus naturelle et plus logique que les deux méthodes actuellement suivies, qui consistent, ou bien à considérer un ensemble de quelques individus, souvent en nombre réduit, et de les décrire en attribuant au type la moyenne arithmétique des différents carac- tères, ou bien à décrire minutieusement un seul et unique individu que l'on considère arbitrairement comme un prototype, c'est-à-dire le représentant par excellence du type. On peut dire, du reste, qu'au point de vue mathéma- tique, Ycspèce doit être considérée en quelque sorte comme représentant Vintégrale des individus qui la com- posent, exactement comme chacun de ces individus représente l'intégrale des cellules dont il est formé «. Ces quelques points sont à méditer par le botaniste descripteur et peut-être bien par le zoologiste. É. D. W. NOTES DK ir-CFIMori-: Nous trouvons dans The American Monllihj micros- copical Journal de mai 18î)(j, la rc'|)i\;iJuclion d'une formule de liquide fixateur spécialement recommandée pour l'étude de la structure des végétaux; elle donne paraît-il de forts bons résultats. Celle solution est composée comme suit : Eau distillée 100 Chlorure mercurique ... 5 Bichromate de potassium . Sulfate de soude 1 Acide acétique glacial ... 5 — ram, -2,o - Nous pouvons recommander aussi pour la fixation et la préparation des organismes inférieurs, l'emploi de la solution à 5 p. 100 d'aldédyde formique. Cette solution d'un emploi facile, permet la fermeture au baume de Canada et l'on peut conserver pendant assez longtemps des organismes tels que des Algues vertes dans de telles préparations. La chlorophylle est bien altérée et changée de couleur mais la forme des cellules n'est pas modifiée. I I LISTE GÉNÉRALE «les HIËMDRES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME AU 11 OCTOBRE 1S'J6. Membres lioiioraires (*). MM. Abbc, prof, à l'Université d'Icua (Allemagne). Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris. Bûtschli, professeur, à Heidelberg. Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau. Jones Rupert, prof., Parson Green, Feelhan, Londres. S. W. Koeli, R., prof, d'iiygiùne à l'Université de Berlin. von Kolliker, A., prof, d'embryologie à l'Université, Wurz- bourg. Ranvier, L., prof, d'histologie au Collège de France, Paris. Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue. Smith, H.L.,prof., Hobart Collège, GenevaN. Y. (États-Unis). Sorby, Broomlleld (Sheffîeld). Strasburger, docteur Ed., prof, de botanique à l'Université de Bonn. Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, FourtU stveet. Jabez Hogg, F., 102, Palace Gardens Terrace, à Kensiug- ton W. .^Ic3iil>i'<*s cori*oN|»4»ii(laiiiH (**). MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 43-2, Cambridge, Mass. (États-Unis). (•) Le nombre des membres honoraires est limité X quinze (art. 7 des Statuts). {*■) Le nombre des membres correspondants est limite à quarante (art. 7 des statuts). 206 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. MM. Baumgarten, professeur, à Tûbingeu, Behrens, D*" W., directeur du Zeitschrift fiir mikroskopie. Gôttingen. Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, rue des Fleurs, 1, Lille. Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boecker, docteui', Institut fiir Mikroskopie, Wetzlar. • Bonté, docteur J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali- fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis). Brun, professeur à l'Université de Genève. Boveri, Wurzbourg. Cox, C. F., grand central dépôt, New-Yoï'k (Etats-Unis). Cox, D., à Cincinnati, Ohio. U. S. A. Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie, King's Collège, Londres. Crosier, E. S., M. D., Market street, 277, New Albany, Indiana (États-Unis). Curtis, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn, Londres. Cutter, docteur Epliraim, 1730. Broadway, New-York, de Castracane (abbé). Comte François, Rome. Piazza délie Coppelle, 50. de Man, docteur J. G., Jerseke (Zélande, Pays-Bas). Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Mempliis (États-Unis). Engelmann, Th. W., prof, de physiologie à l'Université d'Utrecht. Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro, 23, Paris. Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier. Harrisson, docteur W. G., 20, Mount Vernon Place, East Baltimore (Maryland) États-Unis. Hueppe, Ferd., docteur professeur, Prague, Kinne, C. Mason, 422, California street, San Francisco, Cal (États-Unis.) Klebs, professeur à l'Université de Bùle (Suisse). Kowalewsky. Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome. Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco- pical Society, Freehold, Moumouth County (New-Jersey), (États-Unis). Maupas, à Alger (Algérie). BULLKTIN DES SÉANCES. 207 MM. Metschnikoff, chef de service à l'Institut Pasteur, à Paris. Rosenbiiscli, professeur de minéralogie à l'Université de Heidelborg. Stevenson, W. C. 1525, Green "street, Philadelphie, Pens. (États-Unis). Stidham, rev. J. F., Colombus, Ohio (États-Unis), Trcub, directeur du Jardin Botanique de Buitenzorg, à Java. Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences. Palais ducal, à Venise (Italie). Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas (Venezuela). Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (États-Unis). Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Saxe). Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig. Hloiiihros ofToc'lifs (*). MM. 'Bauwens, L. M., receveur des contributions, rue de la Vanne, 33, Bruxelles. Bayet, Adrien, docteur en médecine, agrégé à l'Université, boulevard de Waterloo, 78. Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19, Bi'uxelles. Bordet, Jules, docteur en médecine, rue de la Ruche, 42. Bordet, Charles, docteur en médecine, rue Rogier, 255, Schaerbeek. Buys, Ed., docteur en médecine, rue de la Braie, 14. Carnoy, J.-B. (chanoine), professeur à l'Univerî^ité de Lou- vain. Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris. Clautriau, G., docteur en sciences naturelles, rue de la Tribune, 5. Coomans, V., chimiste, rue des Brigittiues, 3, Bruxelles. Coomans, L., rue des Brigittines, 3, Bruxelles. 'Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As- sociation, 31, Bruxelles. De Fay, J., docteur en médecine, 141 boulevard du ilainaut. Bruxelles. (*) Membre fondateur. 1208 SOCIÉTÉ BliLGE UE MICUOSCOI'IE. MM. De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Bahia (Brésil). Delogne, C.-H., conservateur au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Depago, A., docteur en médecine, rue de l'Esplanade, 8. Depaire, J.-B., professeur à l'Université de Bruxelles, rue Royale, 66, Bruxelles . de Sélys-Lonchamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la Sauvenière, Liège. Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57, Bruxelles. De Wildeman, docteur en sciences naturelles, aide-natu- raliste au Jardin botanique de l'État, rue Verboeckha- veu, 29, Saint-Josse-ten-Noode Drosteu, Rob., rue du Marais, 49, Bruxelles. 'Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles. Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins, (Allier). Errera, Léo, docteur en sciences naturelles, professeur à l'Université, Place Stéphanie, 1, Bruxelles. Fisch, opticien, rue de la Madeleine, 70, Bruxelles. Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou). Francotte, P., docteur en sciences, prof, à l'Athénée royal et à l'Université libre, rue Gillon, (î4, St-Josse-ten-Noode. Funck, Maurice, docteur en médecine, rue de Livourne, 36. Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 33, Bruxelles. Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino, 38, Vérone. Gedoelst, docteur en médecine, rue du Canal, 20, Louvain. Gilson, professeur à l'Université de Louvain. Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de Liège, rue Fusch, 22. Liège. Haward Collège, Cambridge Mass., États-Unis d'Amérique. Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue des Drapiers, 35, Bruxelles. Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14, Bruxelles. Houzeau de Le Haie, professeur, à Hyon (Mons). {*; Meiubro foïidateur. «ULLEilN DES SÉANCES. 209 MM. Janson, Paul, rue Royale, 260. Lameere, Auguste, docteur en sciences, professeur à ITui- versité de Bruxelles, cliaussùe de Cliarleroi, 1 19. Bruxelles. Lamertin, Éditeur, rue Marohé-au-Hois, Bruxelles, Laurent, Éra., professeur de botanique à l'Institut agricole de Gembloux. Lemoine, Auguste, ingénieur agricole, à Gilly. Lewin, docteur en médecine, rue de la Concorde, OH, Ixelles. Lochenies, G., botaniste, à Leuze. Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée. Mantin, Georges, quai de Billy, 54, Paris. Marchai, E., conservateur au Jardin Botanique de l'État, prof, à l'École normale, 55, rue Vonck, St-Josse-tenNoode. Massart, docteur en sciences, assistant à l'Institut buta- nique, rue de la Grande-Haie, 65. Matagne, docteur en médecine, avenue de la Porte de Hal, 62. Molle, docteur en sciences naturelles, professeur à l'École moyenne de Jodoigne. Nypels, Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7, Liège. Pechùre, V., docteur en médecine, rue de la Loi, 140, Bruxelles. Philippson, étudiant en sciences, rue Guimard, 12. Pottiez, Ch , pharmacien, à Fontaine-l'Évéque. Treudhomrae de Borre, Villa des fauvettes, Petit Saconuex, Genève. Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9. Bruxelles. *Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'bistoii-e naturelle, rue de la Loi, 177, Bruxelles. Sand, René, boulevard du Nord, 95. Simon, J.-B. , docteur en médecine, rue Haute, 108, Bruxelles. Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, ù ,\nvers. Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons. Tillier, Achille, architecte. Pâturages (Hainaut). Tocheff, professeur au lycée bulgare de Salonique (Turquie). Van Bambeke, prof, à l'Université de Gand, rue Haute, 7, Gand. (*) Membre fondateur. 210 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. MM. Van Beneden, Ed., professeur à L'Université de Liège. 'Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his- toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles. Van Ermengem, proft^sseur de bactériologie à l'Université de Gand, chaussée de Courtrai, 137, Gand. *Vau Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin Botanique, Anvers. Venneman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de Louvain. Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France). Walravens, Alfred, étudiant en sciences, àTubize. "Warlomont, René, médecin militaire, docteur en sciences naturelles, Bruges. Wauthy, rue du Béguinage, 1.5. Wybauw, étudiant en médec, rue du Beau-Site, 7, Ixelles. iMeiiibrciii associés. MM. Dewèvre, Alfred, docteur en sciences naturelles, rue de la Linière, 12, Saint-Gilles. Dedroog, docteur en sciences naturelles, rue du Charap-de- Mars, 14, Ixelles. Demoor, J., docteur en médecine, rue Belliard, 186. Dineur, E., docteur en médecine, hôpital militaire d'Anvers. Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek Saint- Jean. Lor, Louis, docteur en médecine, rue du Midi, 76. Marchai, Ém., ingénieur agricole, rue Vonck, 55, St-Josse- ten-Noode. Mersch, docteur en médecine, rue du Trône, 90, Bruxelles. INIills, Albert, docteur en méd., rue du Pépin, 30, Bruxelles, Van Rysselberghe, docteur en sciences naturelles, rue du Heysel, 103, Laeken. Vindevogel, étudiant en médecine, avenue des Arquebu- siers, 25, Saint-Josse-ten-Noode. (*) Membre fondateur. ACADÉMIES, SOCIÉTÉS ET I^STITlTIO^S avec lesquelles LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE EST EN RELATIONS D'ÉCHAN(.E. lfioI^-i<|iie. Annales de la Société médico-chirurgicale, rue des Augustins, 26, Liège. Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique Bruxelles. Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles. Association belge de photographie. Ch. Puttemaus, Palais du midi. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers, au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Musée royal d'Histoire naturelle de Belgique, M. E. Dupont, direc- teur, Bruxelles. Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat, Bruxelles. Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu- relle, Bruxelles. Société scientifique de Bruxelles, rue des Ursulines, 14, Bruxelles. Société belge de géographie, M. Dufief, rue de la Limite, 116. Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège. Société malacologique de Belgitiue, boulevard du Nord, lOy, Bruxelles. Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place de l'Industrie, 39, Bruxelles. Société médico-chirurgicale du Brabant, 181. rue Royale. Société royale des sciences, à l'Université de Liège. Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mon». Société royale des sciences médicales et naturelles, D"" Galle- maerts, rue de la Régence, 33. t>l2 SOCIlVlÉ BELGE DE MICUOSCOI'IE. Université de Bruxelles. Université de Gand. Université de Liège. Université de Louvain. Allciiiag'iic. Botanisches Centralblatt, D"" Uhlworm, Cassel. Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische Akademie der Naturfor- scher, D'' Knoltauch, à Halle, .lahresbericht ûber die Fortschritte in der Lehre von den patho- genen Mikroorganisraen, professeur Baumgarten, à Tûbingen. Naturwissenschaftliche Gesellschaft, Chemnitz. Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld. Naturwissenschaftlicher Verein des Reg. Bez., M. Klittke, bibliot., Francfort s/Oder. Offenbaclier Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M. Physikaliscb-œkonomische Gesellscbaft, Kœnigsberg. Société d'histoire naturelle de Colmar, Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz. Verein fur Naturkunde. D'' Akerraann, Cassel. Zeitschrift fiir wissenchaftliche Mikroskopie und mikroskopische Technik, D"" Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue. Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig. Centralblatt fur algemeine pathologie undpathologischeanatomie. G. Fischer, à léna. Kônigliche Biologische Anstalt-Helgoland. Aiitriclie-Bloiigric. K. K. Naturhistorisches Hofmuseum, Vienne. K. Akademie der Wissenschaften, Vienne. Mittheilungen der Section fur Naturkunde des « Osterreichischen Touristen-club ", Burgring N° 1. Vienne. Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie. Institut I. et R. géologique d'Autriche, Vienne. K. K. Zoologisch-Botanische Gesellschaft, Herrengasse, 13, à Wien I. ■ Naturforschender Verein, M. Stadhoff, Briinn. Naturwissenschaftlicher Verein fur Steirmark, Gratz. BULLETIN DES SÉANCES. i»i;{ Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram. Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest. Société adriatique des sciences naturelles, Trieste. Ungarisclier Karpathenverein, Lôese. Verein zur Verbreitung iiaturwissenschaftllcher Kenntnisse, IV, techu. Hochschule à Vienne. Eispagiie et IN»rtii^al. Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2", Barcelone. Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales. Cronica cientiflca. Barcelone, Réd. D'" Raphaël Roig y torres. Ronda de S. Pedro, 38. Gaceta Medica Catalana, D"" Rodriguez Mendez, à Barcelone. Sociedade de lustrucçao do Porto. S.-Domingos,57, à Porto Largo. Revista clinica de los Hospltales. Madrid, PI. de Isabel, II. Revista de sciencias naturaes e sociaes, rua dos Clerigos, \)6, à Porto. France. \nnales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue de Fleurus, 35b, Paris. Annales de micrographie, D^'Miquel, Rue Amelot, iOO, Paris. Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon. Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard, Lille. Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers. Feuille des jeunes naturalistes, M. Dollfus,35, rue Pierre Charron, Paris. Revue internationale de bibliographie médicale, D"" Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris. Revue scientifique du Bourbonnais, M. E. Olivier, 10, Cours de la Préfecture, ù Moulins (Allier). Le Botaniste. M. Dangeard, professeur à la Faculté de Poitiers. Revue bryologique, M. Husnot, à Caban, par. \this, (Orne.) Société Borda, à Dax. Société Linnéenne du nord de la France, M. R. Vion, rue Voi- ture, 8, Amiens. -2li SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE. Société des sciences physiques et naturelles, Hôtel des Facultés, Bordeaux. Le Diatomiste, rue Saint-Antoine, 168, Paris. Société Linnéenne de Bordeaux. Société d'étude des sciences naturelles, 16,rueBourdaloue,Nimes. Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, à Orléans. Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire). Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris. Société des amis des sciences naturelles de Rouen (Seine infé- rieure). Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome. Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier. Société des sciences naturelles, à Semur (Côte d'Or). Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne (Auxerre). Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher- bourg (Manche). Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados). Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris. Société Linnéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon. Granclo-Brcda^iic. Brighton and Sussex natural history Society, Brighton. Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturge, 20, the Waldrons, Croydon. Norfolk and Norwich naturalist Society, Norwich. Quekett Microscopical Club, Londres. Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres. Royal physical Society ofEdinburgh. Phylosophical Society, Cambridge. Patent Office Library, 25, Southampton Buildings, Chancery Lane, Londou W. C. Science progress, The scientific Press Limited, 428, Strand W. C, London. Ilollauclc. Société hollandaise des sciences de Harlem. Société néerlandaise de zoologie, D'' P.-P.-C. Hook, au Helder. Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam. BULLKTIN DES SÉANCES. 21", Physiologisch laboratorium. Université à Utrecht. Kalio. Academia pontirtcia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria, Rome. Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Académie des sciences, lettres et arts de Modène. Académie royale des sciences de Turin. Ateneo de Brescia. Bollettiuo scientiflco, Pavie. Bolletino délia Societa Romano per gli Studï zoologici, Université à Rome. Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome. Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise. Neptunia, rivista meusile \^ev gli studi di scienza pura ed applicata sul mare et sui organism. Red. D"" David Levi-Morenos S. Stefano, calle dei Fatri, 3536, Venise. iS'otarisia, commentarium Phycologicum. Parte spéciale délia Neptunia. Société des naturalistes de Modène, D"" L. Piccaglia, secrétaire, à Modène. Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile). Revista de Scienze naturali e bolletino dei naturalista, à Sieua. R. Academia dei flsiocritici à Siena. Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio délie alghe. D"" G. B. De-Toni, Galliera Veneta (Padoue). Academia medico-chirurgica di Perugia i^Pérouse). Mouitore zoologieo italiano, Instituto anatomico à Florence. l^ll\Ollll>OIII*jS^. Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place Guillaume III, Luxembourg. Fauna, Société des naturalistes Luxembourgeois, M. Kraus, Luxembourg. ' O' Aarsberetuing, Bergens muséum (Bibliothèque). « Tromsoë Muséum " à Tromsoo (Norwôge). 216 SOCIÉTK «KLGK DE MICIIOSCOPIE. Rédacteur des publications du " Stavanger Muséum «, Stavanger. Russie. Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg. Société impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarldia- noff. Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa. Société des naturalistes de l'Université de Kieflf. Institut impérial de médecine expérimentale, S*-Pétersbourg, rue Lopoukliinskaja, 12. Scripta Botanica, Horti Universitatis imperialis Petropolitanie (Bibliothèque de l'Université, Saint-Pétersbourg). Snède. Botaniska notiser, D'" Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Luud. Académie des sciences de Stockholm. Suisse. Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helmhaus, Zurich. Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à Genève. Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bàle. Naturforscheude Gesellschaft, Berne, Société des sciences naturelles, à Coire. Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Th. Steck, Bei^ne. Société helvétique des sciences naturelles, Berne. Société des science? naturelles, Neuchàtel. Société vaudoise des sciences naturelles, Lausanne. Turquie. Revue médico-pharmaceutique, 68, Yuksek-Caldirira, Galata, Constantinople. Brésil. Museu Nacional do Rio de Janeiro. Boletin du Commissao geographica e geologica da provincia BULLETIN DES SÉANCES. 21" de S. Paulo : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil). Costa Ifiica. Officine de deposito y Canje de publicationes. Republica de Costa Rica (Amérique centrale). Ciiha. Cronlca médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, 92 apartada 465. Elats-Liiiiii «r.Viiiôi'iqiio. Acaderay of science, Rochester (New-York), Académie des sciences de Pliiladelpliie. American Monthly microscopical Journal. Washington, D. C. W. Smiley. American naturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass. Boston Society of natural history, Boston. Collège of Physicians of Philadelphie. Essex Institute, Salem (Mass.). Journal of tlie New-York microscopical Society, M. Zabriskie, Waverley Avenue, Flatbush, L. S., New- York. Journal of mycology. N. S. Department of agriculture (section of vegetable pathology), à Washington. Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis. Rochester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à Rochester N. Y. (États-Unis). Journal of comparative Neurology. C. L.,Herrick, professor of biology. Denison University, à Granville. Librarian of the Surgeon generai's Ofllce. U. S. Army, Washington. M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New- York. Missouri Botanical garden, Saint-Louis, Mo. Tufts Collège, Massachusetts, U. S. A. Scientific Association, Meriden, Connecticut. (Etats-Unis). The microscope, Washington, D. C. TheTrenton Natural history Society, Trenton. Wagner Free Institute of Science, Philadelphie. XXII m ';2I8 SOCIÉTÉ «ELGt: l)K MICROSCOPIK. Smithsouian institution, Washington. Wisconsin academy of sciences, ai-ts, letters, D'' W. H. Hobbs, secretary, à Madison. California Academy of Sciences à San Francisco (Etats-Unis). .^lexique. Sociedad Cientifica « Antonio Alzate «, à Mexico. Observatorio Meteorologico magnetico central, Mexico. Chili. Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Cliile. Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252. Actes de la Société scientifique française du Chili. Castilla, 12d, à Santiago de Chile (par Magellan). Sociedad cientifica de Valparaiso. Casella. 1108, Valparaiso (par Magellan). IMoiivelie Gallois du 8uci. Linnean Society of New-South Wales, Linnean Hall, Elisabeth bay, Sydney. Fletcher ^licroscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne. — i-S3£>S— -«">- TABLE GENEUALE DES M ATI EUES CONTENUES DANS EE TOME XXII DU BULLETIN DE L\ SOCIÉTÉ BELf.E DE MICKOSCOPIE Pages. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. Composition du Conseil administratif pour l'exercice! i89o-1896 ^ Skance du 21 ouTOUKE 1893 5 Les Acinétiens, par M. Hené Sand 7 Comptes rendus et analyses V.i Séance du 18 nove.mbiœ 1895 17 Comptes rendus et analyses 20 Séance du 16 décembre 1893 22 Sur la place que les Protozoaires doivent occuper dans la classification des organismes, par M. Aug. Lame(;re 21 Les Volvocacées. — Essai de systématique du groupe, par M. Ém. De Wildeman 30 Bibliographie 47 Séance du 20 janvier 1896 50 De l'emploi du terme protoplasma, par M. le D'" Van Bambeke 52 Sur des appareils de microscopie de la maison Leit/. (Wetzlar), par M. Ém. De Wildeman 71 Note sur le Clilorolylium incrustans (Keinscli^ par 31. Ém. De Wildeman 83 Comptes rendus et analyses 86 Séance du 17 février 1896 89 Les Acinétiens d'eau douce, par M. Keiié Sand . . 91 "HO TAULE DES MATIÈRES. Pages. Comptes rendus et analyses 94 Séance nu 16 mars 1896 107 Quelques notes sur la nomenclature générique des Champignons, par M. Ém. De Wildeman . . . 108 Séance DE 20 AVRIL 1896 •. . . 120 Mesures dans les reclieiches microscopiques, par M. P. Francotte 122 Comptes rendus et analyses 128 Séance du 18 mai 1896 137 Comptes rendus et analyses 139 Séance DU 16 . HUN 1896 145 Le genre Surirella, par M. Julien Deby, travail pos- thume, traduit, mis en ordre et publié par M. le D' Henri Van Heurck 147 Notes de technique 178 Comptes rendus et analyses 180 Assemblée générale DU 11 octobre 1896 18o Rapport sur les travaux delà Société pendant l'année sociale 1895-1896 186 Bilan de l'exercice 1895-1896 187 Séances mensuelles 188 Élections 188 Comptes rendus et analyses 190 Notes de technique 203 Liste des membres de la Société 205 Liste des publications reçues en échange .... 211 FIN DE LA TABLE DES MATIERES. 85 00258 5477 mAi> ■*.* I \^** '^¥$^ n-^. '.>m tV^-v